The four roses

Lorsque le lecteur découvre les belles planches de Jano qui mettent en scène les concerts, les boîtes de nuit ou encore la double-page dans un rue américaine, il se dit qu’il est heureux de retrouver le talentueux dessinateur. Il faut souligner que son dernier album datait de 2003 (Kémi le rat de brousse, Glénat). Pour notre plus grand bonheur, il est de retour avec The four roses, un récit mêlant le rock et la filiation, sur un scénario de Baru et édité par Futuropolis.

UN DUO D’AUTEURS DÉTONNANT

Baru et Jano qui s’associent pour livrer un album, le projet est alléchant ! Et le lecteur ne va pas être déçu. Quel bel album, quelle bonne histoire et que de bons personnages. Dès le titre (clin d’œil à une marque d’alcool), le lecteur sent que cela vous être bon. Il faut souligner que Baru sert admirablement le dessin de Jano en lui offrant un très beau récit. Du rock’n’roll, de la musique, des bars, des boîtes de nuit, de belles femmes et un road-trip aux Etats-Unis. Tout est réuni pour passer un excellent moment de lecture.

GROUPIES ET TEPPAZ

Porté par des personnages haut en couleur, l’histoire pulse par la musique mais semble douce dans les rapports humains. King Automatic, Jérémie, est un excellent musicien, chanteur et compositeur. Sur scène, c’est lui le boss ; il fait tout, tout seul pour le plus grand plaisir de ses groupies. Il écume les routes de France et même au-delà pour porter sa musique dans les lieux loin de la branchitude. Alors qu’il rentre d’une tournée, sa mère lui apprend la mort de Marie, sa tante. Avec son frère Gilou, ils découvrent un Teppaz (vieil appareil pour écouter les 33 et 45 tours), une boîte de disque dont un de Johnny Jano et une lettre de Rose, leur grand-mère.

JÉRÉMIE EN QUÊTE DE SES RACINES

Un drôle de producteur leur propose de partir aux Etats-Unis pendant 15 jours. King Automatic pourra jouer sa musique tout en recherchant cette fameuse Rosa. Ils partent du côté de la Louisiane sur les pas de celle qui serait décédée en 1967. La force du scénario repose aussi sur l’alternance entre les temps du passé (années 50, lorsque les soldats américains étaient encore sur le territoire français et donc passaient du bon temps avec les jeunes françaises) et ceux d’aujourd’hui. Cette quête personnelle pour découvrir ses racines aussi au cœur de l’album, est construite comme une belle chronique sociale.

UN BEAU TRAIT ANIMALIER

Le trait animalier de Jano est toujours aussi bon et agréable à l’œil. Celui qui était un pilier de Métal Hurlant, de l’Echo des Savanes et des Humanoïdes Associés dans les années 80/90 nous envoûte avec son dessin. Il faut dire que lorsqu’il illustre les moments de concerts, le lecteur ressent la musique et le tempo et c’est la grande force de ses planches. Peu d’auteurs peuvent faire passer ce style d’émotions.

 

C’est tendre, c’est dépaysant, c’est de la bonne musique : 74 pages de pur bonheur !

Article posté le dimanche 12 juillet 2015 par Damien Canteau

  • The four roses
  • Scénariste : Baru
  • Dessinateur : Jano
  • Editeur: Futuropolis
  • Prix: 20€
  • Sortie: 05 juin 2015

Résumé de l’éditeur : Jérémie, alias King Automatic, est un Big Band à lui tout seul. De retour de tournée, il apprend la mort de la tante Marie. Farfouillant dans le grenier de celle-ci, Jérémie et son frangin, Gilou, découvrent un 45 tours des années cinquante d’un certain Johnny Jano, ainsi qu’une carte postale dudit Johnny adressée à une certaine Rose. Sur le Teppaz, un tourne-disque antédiluvien, Johnny Jano hurle son rockabilly, Havin’ A Whole Lot of Fun : une tuerie ! Sur la carte postale, ces mots : « For Rose, lovely. Johnny », et une adresse : Rosa Menechetti, East Main 124, New Iberia, Louisiana. Rose ! La grand-mère de Jérémie et Gilou, soi-disant disparue sans laisser de tr aces. Un secret de famille, en somme. Quinze jours plus tard, les deux frères débarquent en Louisiane, l’adresse du dernier domicile connu de Rose d’une main, une guitare dans l’autre… Une Fender Vintage de 67, s’il vous plaît ! Jérémie et Gilou se retrouvent au numéro 124 de East Main, la porte s’ouvre…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

En savoir