Garth Ennis est un scénariste qui aime le trash. The boys nous en a donné la preuve. Avec The kids, le scénariste livre un conte acide dessiné par Dalibor Talajic. Lecteurs et lectrices parents, vos chérubins sont la cible de cette histoire publiée aux éditions Delcourt.
The kids : les bébés ont un message pour le futur !
Une famille tranquille, dans une petite ville américaine. Papa et maman ont couché le petit dernier, son grand frère a lui aussi rejoint sa chambre. Fin de journée, on éteint les lumières. Mais en pleine nuit, un cri vient de la chambre du bébé. Un homme nu hurle et s’en prend aux parents qui venaient à la rescousse. Obligés de fuir, la famille se rend compte que les rues sont remplies de personnes nues et violentes. Mais que se passe-t-il donc ?
Plus c’est long, plus c’est bon ?
Un mot d’édition pour commencer. The kids est un récit court, 43 pages seulement. Delcourt a fait le choix d’un format proche du format franco-belge classique. Le parti pris n’est pas illogique. Espérons que ceci permettra à un public plus large de regarder l’album en librairie.
Un nombre de pages frustrant ? Pas tant que cela. Si Jean-Christophe Menu s’était exprimé contre la domination du 48 CC, oser composer un récit synthétique permet aussi de ne pas diluer inutilement un concept sympathique. De la contrainte née la créativité.
The kids : un récit métaphorique (si si ! )
Et donc, la proposition du scénariste est simple, elle est compréhensible dès les premières pages, les bébés sont devenus des adultes. Des physiques d’hommes et de femmes accomplis, l’esprit de tout-petits qui ne comprennent rien au monde qui les entoure.
L’invasion des bébés-tueurs, ça pourrait être une autre façon de décrire cet album. Un moyen, sans doute, pour le scénariste de se moquer du culte moderne des nouveau-nés. Ennis en fait des machines à tuer. Avec l’idée que la planète nous envoie un message via nos chères têtes blondes. La jeunesse doit se révolter contre les errances des générations précédentes. Et si les humains ne comprennent pas cela, alors la Nature se charge de leur faire comprendre.
Un duo graphique inégal
Dalibor Talajic, avec un trait réaliste, vient offrir une mise en abîme plus efficace pour les lecteurs. La famille témoin pourrait être la nôtre. Ce monde sans dessus dessous pourrait être le nôtre aussi. Alors à nous de réfléchir sur les conséquences de nos actes pour nos enfants.
Notons le travail de Stjepan Bartolic à la couleur. Croate comme son dessinateur, il ne restera pas dans les meilleures partenaires de l’artiste. Ses partis pris de mise en couleur sont parfois difficiles à comprendre. Il ne gâche pas le dessin, mais n’apporte finalement pas grand-chose. Dommage, pistonner les copains, ça n’est pas toujours gage de réussite.
The kids : le petit plaisir coupable
Vous aimez les récits régressifs dotés d’un petit fond réflexif ? The kids, de Garth Ennis et Dalibor Talajic, publié aux éditions Delcourt, devrait vous faire plaisir. 10€50, 43 pages et un concentré de mauvais goût réjouissant. Le shot de vos lectures bd du moment.
- The kids
- Scénariste : Garth Ennis
- Dessinateur : Dalibor Talajic
- Coloriste : Stjepan Bartolic
- Traducteur : Enzo Pirat
- Éditeur USA : Image Comics
- Éditeur France : Delcourt
- Nombre de pages : 43
- Prix : 10€50
- ISBN : 9782413093329
Résumé éditeur : Tous les parents pensent que leurs enfants grandissent trop vite… C’est en partant de ce postulat que Garth Ennis, le créateur de The Boys, Preacher et Freddie L’Arrangeur, imagine ce récit apocalyptique ! En une minute, le monde a basculé dans l’horreur ! Tous les enfants de moins d’un an ont disparu… remplacés par des créatures incompréhensibles pour leurs parents. Qu’est-il arrivé à ces enfants ? Qui sont ces adultes dérangés et hyperviolents qui ont pris leur place ? Un couple horrifié fait de son mieux pour résoudre cette énigme, mais avant de trouver les réponses, ils doivent survivre à une nuit cauchemardesque !
