Un été loin des hommes

Avec Un été loin des hommes, Fabienne Blanchut, Catherine Locandro et Thomas Campi font le portrait d’une famille en crise dans les années 1980. Déchirée entre des parents au bord de la rupture et des amours naissantes, leur fille Frédérique découvre ses premiers émois amoureux.

Photo de famille

Il suffit souvent d’un rien pour retomber en enfance. Une odeur, un parfum, une sensation, une vieille photo. Quant à l’été 2022, Frédérique débarque à Nice chez son père pour préparer les funérailles de sa mère, elle va se remémorer bien des choses du passé. De celles qui vous marquent à jamais, comme cette photo de famille où tout semble figé dans un bonheur sans nuages.

Nous voici transportés 35 ans en arrière, en Corse, dans ce village où père, mère et fille se rendent chaque année à la belle saison. Et c’est là que commence Un été loin des hommes, un récit écrit par Fabienne Blanchut et Catherine Locandro, dessiné par Thomas Campi aux éditions Dargaud.

Un été loin des hommes, Fabienne Blanchut, Catherine Locandro et Thomas Campi (éditions Dargaud)

Un couple en crise

Pour la petite Frédérique, douze ans et demi, c’est le temps des longues après-midis qui s’étirent entre ennui et baignades, lecture et musique, celle qu’à l’époque on écoute un casque de baladeur ( walkman) calé sur les oreilles, au rythme des chansons de Jean-Jacques Goldman, des tubes du groupe a-HA, de Téléphone ou des Rita Mitsouko…

Mais c’est aussi le temps des découvertes sensuelles et des premiers émois amoureux. Ainsi la jeune Frédérique découvre qu’elle n’est pas insensible au charme d’une jeune patronne de restaurant.

De plus, cet été-là, ses parents semblent ne plus s’entendre vraiment. Elle le pressent. Le père s’éloigne de la Corse, prétextant un chantier sur le continent. La mère, restée seule, ne sait plus très bien où elle en est. Attendre le retour de son mari ? Divorcer ? Frédérique aussi ne sait plus quoi penser du monde des adultes, décidément bien compliqués. Les voici toutes deux loin des hommes…

Un été loin des hommes, Fabienne Blanchut, Catherine Locandro et Thomas Campi (éditions Dargaud)

Un récit sensible

Sans pathos et sans sensiblerie, les autrices nous livrent un récit tout en finesse et en tendresse, saisissant les questionnements et les espérances d’une jeunesse tourmentée. Le dessinateur Thomas Campi, avec ses encres et aquarelles aux couleurs chaudes, nous propose un décor de carte postale, une Corse aux ciels lumineux, aux paysages méditerranéens enchanteurs.

Ce qui aurait pu être une énième histoire un peu lourde de tourments adolescents se transforme ici en tranches de vie que tout un chacun aura possiblement vécues. On passe avec légèreté de l’intime à l’universel. Et l’on accepte avec plaisir de chausser ici les lunettes de la nostalgie…

Article posté le samedi 28 mars 2026 par Jean-Michel Gouin

Un été loin des hommes, Fabienne Blanchut, Catherine Locandro et Thomas Campi (éditions Dargaud)
  • Un été loin des hommes
  • Scénario : Fabienne Blanchut et Catherine Locandro
  • Dessin : Thomas Campi
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 22 €
  • Parution : 06 mars 2026
  • Nombre de pages : 136
  • ISBN : 9782505088257

Résumé de l’éditeur. Frédérique, 47 ans, revient à Nice, sa ville natale, pour les funérailles de sa mère. Dans l’appartement de son enfance, où, entourée de souvenirs, elle retrouve son père Vittorio, une vieille photo lui rappelle un été particulier, en 1985…

Cet été-là, Frédérique a douze ans et passe ses vacances en famille au Village, en Corse, chez sa tante Evelyne et ses cousines Marie-Ange et Antonia. Tout semble paisible sous le soleil insulaire, jusqu’à ce que Vittorio reparte brusquement à Nice, officiellement pour le travail. Mais est-ce la vraie raison ? À cela s’ajoute un autre questionnement pour Frédérique, qui prend doucement conscience de son attirance pour les femmes.

Après cet été « loin des hommes », plus rien ne sera comme avant…Entre tendresse et nostalgie, ce récit solaire évoque les premiers émois, les secrets de famille et l’adolescence dans un cadre vibrant et évocateur qui rappelle Été 85 ou Call Me by Your Name. Les illustrations, colorées, viennent sublimer cette exploration intime et universelle.

À propos de l'auteur de cet article

Jean-Michel Gouin

Passionné par l'écrit, notamment l'histoire, la littérature policière et la bande dessinée, Jean-Michel Gouin a été journaliste radio et presse écrite pendant une trentaine d'années à Poitiers.

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