Walter Appleduck

Accueillir un stagiaire dans une entreprise, ce n’est jamais simple. Accueillir un stagiaire cow-boy encore moins. Walter Appleduck est l’un d’eux. Il est accueilli par Billy, son tuteur raté. Fabrice Erre et Fabcaro imaginent ses mésaventures dans un premier volume très drôle.

Stagiaire très (trop ?) sûr de lui

Dirty Old Town. Walter Appleduck est heureux. Aujourd’hui commence son stage d’apprenti cow-boy auprès du shérif de la ville. Billy, le bras gauche de ce dernier, sera son tuteur. Il est tout de suite mis dans le grand bain avec l’évasion spectaculaire de Rascal Joe.

D’une (trop) grande intelligence, le stagiaire parle comme un étudiant de l’ENA, un peu déconnecté de la réalité. Rapidement, sa vision va être mise à mal par les événements.

Saloon transformé en grand loto des personnes âgées, indiens à combattre, calumet de la paix à fumer, mise à mort d’un condamné, duel au soleil, arrivée du télégraphe, diligence à protéger ou journal à scandales, tout est là pour un grand apprentissage et devenir un vrai cow-boy !

Walter Appleduck : mésaventures très drôles

Après l’hilarant Mars (Dargaud), Fabcaro et Fabrice Erre récidivent avec Walter Appleduck. On peut le confirmer, ce duo d’auteurs est génial et leurs histoires tordantes.

Fabcaro (Amour passion et CX diesel, Gai Luron, Zaï Zaï Zaï, Moins qu’hier plus que demain) est un vrai gagman, dans le sens noble du terme, comme René Goscinny le fut en son temps. L’auteur de Et si l’amour c’était d’aimer s’amuse avec les codes du western, les tort pour le plus grand plaisir des lecteurs qui eux aussi s’amusent en observant les planches.

Finie la conquête de l’espace, bonjour la moiteur du Far-West . Il manie avec dextérité le décalage entre les mondes des deux héros : le propret de Walter Appleduck et le sale de Billy. Racisme, homophobie et sexisme sont tournés en dérision, en plus de jeux sur les niveaux de langage.

En plus de tout cela, il y ajoute Miss Rigby dont Billy est amoureux (mais l’inverse n’est pas vrai) et on obtient toutes les vannes sur un amour impossible Quant aux habitants, le shérif et Billy, ils sont de vrais pieds nickelés mal embouchés.

Fabrice Erre : le dessin comme arme de rires massifs

Si les gags sur plusieurs pages sont désopilants et parfois jubilatoires, ils sont servis par le très bon dessin de Fabrice Erre.

Professeur et auteur de bandes dessinées (Une année au lycée), il manie parfaitement le trait gros nez pour restituer l’ambiance folle et drôle des mini-récits.

Dans la veine des série Spirou et Fluide Glacial des années 80-90 mais aussi de Edika ou Psikopat, ses pages sont visuellement amusantes.

Walter Appleduck : un premier volume prometteur, drôle et désopilant par un duo d’auteurs au meilleur de leur forme. A lire pour rire !

Article posté le dimanche 10 février 2019 par Damien Canteau

Walter Appleduck de Fabcaro et Fabrice Erre (Dupuis)
  • Walter Appleduck, tome 1 : Cow-boy stagiaire
  • Scénariste : Fabcaro
  • Dessinateur : Fabrice Erre
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 12.50€
  • Parution : 1er février 2019
  • IBAN : 9791034736850

Résumé de l’éditeur :  Walter Appleduck est un jeune homme cultivé, poli et bien éduqué qui fait un « master cowboy ». Le shérif de Dirtyoldtown et son adjoint Billy ont accepté de le prendre en stage pour lui apprendre les rudiments du métier. Les périodes de stage sont en général assez courtes, s’interrompant brutalement après le cours sur l’art du duel au pistolet. Mais Walter est bien décidé à s’accrocher et à apporter un peu d’humanité dans cette bourgade de ploucs. Sa tâche sera rude entre les évasions à répétition de Rascal Joe (qui revient à la prison parce qu’il a oublié son chapeau) et ses efforts pour aider Billy à draguer Miss Rigby (quand elle le traite d’« archétype du type rustre, macho, grossier et alcoolique aux idées dangereusement fascisantes », il croit qu’elle le drague). Dans son désir de réformer la société qu’il découvre, Walter tentera de remplacer les duels au pistolet par des tournois de jeux de société (un bon Scrabble®, c’est quand même moins sanglant). Il sera également confronté à des problèmes d’une actualité brûlante comme quand il découvre que Billy, devenu addict aux nouvelles technologies, ne cesse d’envoyer des télégrammes bourrés de smileys à Miss Rigby et menace Rascal Joe de le virer de ses amis Facebook s’il ne se rend pas (ce qu’il fait illico). Au final, Walter aura un bon rapport de stage mais, après son passage, l’Ouest aura bien changé.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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