Arnaud Poitevin : rencontre Spectaculaire

Rencontre Spectaculaire avec Arnaud Poitevin ! Avec lui nous avons parlé de son parcours, de son travail avec le scénariste Régis Hautière sur Le marin, l’actrice et la croisière jaune mais surtout sur Les Spectaculaires, leur série chez Rue de Sèvres. Plongée dans l’univers de ce dessinateur chaleureux et très drôle.

Arnaud Poitevin, avez-vous été baigné dans l’univers de la bande dessinée, plus jeune ?

Je suis tombé dedans quand j’étais petit. Ma mère m’a utilisé comme prétexte pour acheter des Tintin alors que je ne savais pas lire. J’étais super fasciné par le dessin. Je dessinais des Tintin et je me suis même auto-dédicacé Tintin en  Amérique, aux crayons de couleurs à 4 ans que ma mère a essayé de gommer en râlant. Je l’ai d’ailleurs gardé.

« J’ai créé des récits inédits de Lucky Luke, comme par exemple : Lucky Luke contre Rocky IV, qui se prend une branlée d’ailleurs »

Plus petit, est-ce que vous dessiniez vos histoires et fabriquiez vos livres ?

Vers l’âge de 10 ans, j’imaginais des histoires de cow-boys et je les reliais avec des agrafes. Tout se passait à Tours City. Je rajoutais le City derrière, ça faisait son effet ! J’étais très inspiré par Lucky Luke. J’ai créé des récits inédits de Lucky Luke, comme par exemple : Lucky Luke contre Rocky IV, qui se prend une branlée d’ailleurs. Tu ne peux rien faire contre l’homme qui tire plus vite que son ombre.

Est-ce que adolescent vous avez continué ?

J’ai un peu lâché l’affaire parce que j’en avais fait beaucoup jusqu’à 15 ans au point d’oublier de faire mes devoirs. A l’adolescence, j’ai commencé à m’intéresser aux filles. J’ai arrêté 5/7 ans au moins. J’en avais aussi marre d’être identifié «le dessinateur de l’école». Je ne pouvais pas passer une heure de permanence sans qu’une personne me demande un dessin. Ça rend populaire, c’est sympa mais j’ai stoppé d’un seul coup.

Avez-vous effectué des études dans le graphisme ?

J’ai fait un Bac d’imprimerie. Comme la bande dessinée était un rêve de gosse, je me suis dit qu’il fallait que je reprenne. Seulement quand tu as arrêté de dessiner pendant autant de temps, tu cravaches pour le rattraper ; ce que je n’ai jamais réussi à combler. Il ne faut surtout jamais s’arrêter et encore plus à l’adolescence parce que c’est là que tu te cherches, ton dessin est plus naturel et tu te poses moins de questions. Quand j’étais gosse, je ne me posais pas de questions et ça fonctionnait, même si c’était très copié sur Morris. D’ailleurs, c’est toujours mon idole.

Ensuite, j’ai fait une école de graphisme : j’ai dessiné des typo à la gouache parce qu’il n’y avait pas d’ordinateur.

« C’était très dur, je me suis souvent planté mais c’était une très belle école de la vie. J’ai beaucoup appris de mes erreurs »

Entre la fin de vos études et votre premier album Orge l’ogre en 2005 (avec Yeb, Panini), qu’est-ce que vous avez fait ?

J’ai suivi les cours à l’Ecole des Gobelins. J’étais dans les plus mauvais élèves mais c’était super. Je me retrouvais avec les dessinateurs largement meilleurs que moi. Ça fait bizarre au début parce que tu découvres que tu n’es pas si rare que cela. C’était très dur, je me suis souvent planté mais c’était une très belle école de la vie. J’ai beaucoup appris de mes erreurs.

« Nous sommes partis sur du feeling et nous en sommes déjà à notre sixième albums ensemble »

Vous avez déjà travaillé avec Régis Hautière sur Le marin, l’actrice et la croisière jaune. Comment l’avez-vous rencontré ?

Je l’ai rencontré par hasard au Festival de Saint-Malo. A l’époque, il chapeautait tous les dossiers que présentaient les auteurs pour une grande maison d’édition et il est tombé sur le mien qui était un projet d’humour. Il me dit alors que dans sa structure, ils ne faisaient pas d’album avec des gags. Dans mon dossier, j’avais mis des dessins en vrac dont la dernière page avec des voitures, des petits personnages et j’avais écrit : Croisière jaune. En voyant cela, il me dit qu’il en avait parlé avec son père dans la semaine qui pensait qu’il fallait en faire un album. Un heureux hasard.

Je le rappelle plus tard et je lui propose de faire un essai sur ce thème avec lui. Je n’avais pas lu un seul de ses albums. Nous sommes partis sur du feeling et nous en sommes déjà à notre sixième albums ensemble !

« L’intelligence de Régis, c’est qu’il se nourrit de son dessinateur »

Comment pourriez-vous définir le travail avec Régis ? Y a-t-il des interactions entre vous ? Vous laisse-t-il des latitudes, des libertés quant au dessin ?

Ce qui est génial avec Régis, c’est qu’il y a plein de portes ouvertes. C’est le genre de scénariste qu’il me faut : il me laisse des libertés tout en contrôlant bien évidemment. Il me laisse proposer des tas de choses. Par exemple, pour le tome 2, j’avais vu un reportage sur Sarah Bernhardt, je me suis dit qu’elle était complètement barrée comme femme et qu’elle irait très bien avec nos personnages. Je lui envoie l’idée sur Facebook et il me dit que ce serait parfait pour le tome 3. Le lendemain, il me rappelle pour me dire que ce sera pour le 2 parce que cette actrice est parfaite pour une histoire des Spectaculaires.

Il m’envoie un séquencier et je lui propose des choses en le lisant. J’aime trouver des trucs marrants pour enrichir. L’intrigue ne change pas, ce sont des petites actions en arrière plan ou alors une séquence que l’on pourrait jouer encore plus burlesque. J’essaie toujours d’aller vers la bêtise.

L’intelligence de Régis, c’est qu’il se nourrit de son dessinateur. C’est l’un des rares scénaristes où tu mets ses albums côte à côte, cela ne va pas se ressembler. Que ce soient les textes ou le graphisme, ce ne sont jamais les mêmes. Je l’admire pour cela, il peut aller vers des genres complètement différents, en écrivant tout en même temps.

Comment est née la série Les Spectaculaires ?

Entre chaque album de La croisière jaune, il se passait beaucoup de temps avant qu’on nous valide le prochain. Le trois, nous ne le sentions pas et Régis m’a demandé si je voulais faire autre chose. Il me demande alors si j’ai une envie de dessin, je lui réponds que j’aimerais faire des super-héros dans le Paris de 1900 et surtout que je voulais changer de graphisme.

Je lui envoie des dessins que j’avais fait pour un projet avec Zidrou qui est tombé à l’eau. Régis a été séduit par ce nouveau style. Je lui transmets aussi des super-héros plus ridicules les uns que les autres et ça lui a vraiment plu. J’en ai dessiné plein mais nous n’en avons gardé qu’un seul : Evariste, l’homme-volant. Il y avait aussi La Mante que nous avons utilisé dans le 2.

Les albums s’ouvrent sur la galerie de personnages. Pouvez-vous nous les présenter rapidement ?

Les spectaculaires 2 de Régis Hautière et Arnaud Poitevin (Rue de Sèvres) décrypté par Comixtrip le site BD de référenceLes spectaculaires 2 de Régis Hautière et Arnaud Poitevin (Rue de Sèvres) décrypté par Comixtrip le site BD de référence

Pétronille est une femme moderne, elle est féministe bien avant l’heure. Elle est meneuse d’hommes, elle a un caractère bien trempé alors qu’elle est la plus jeune. C’est la vraie cheffe de bande. Sans elle, ils seraient à la rue.

Félix est assez lunaire, il est tout le temps malade, est allergique aux poils sauf qu’il a le costume d’un lycanthrope et qu’il est naturellement très poilu. Il éternue quand il ne faut pas et cela donne des moments drôles avec lui.

Eustache est sensé être l’homme le plus fort du monde mais comme il vient du spectacle, son pouvoir c’est de la magie. Il est plutôt gros que fort. Il grignote toute la journée.

Evariste, nous avons beaucoup d’affection pour lui. C’est notre Jean-Claude Duss à nous ! Il se prend râteau sur râteau, il est très prétentieux et très sûr de lui mais je l’adore. Je suis admiratif, j’aurais aimé être comme lui : il n’a pas peur des râteaux, il y va, ce n’est pas grave s’il en prend un et il se dit qu’il aura une autre chance plus tard.

Est-ce que l’on peut dire que ce sont des artistes ratés ? Comme le lecteur peut le voir dans le tome 1 où la salle est vide lorsqu’ils jouent.

Ils ne sont pas très bons, ils ne font pas recette. Ils sont pleins de bonne volonté mais ils sont maladroits.

Les Spectaculaires se déroule dans l’univers du music-hall. Pourquoi ? Avez-vous un lien particulier avec cet univers ?

Au tout départ, cela devait être du cirque. Quand Régis m’a envoyé le scénario, je lui ai dit que ce serait plus sympa que cela se déroule dans un cabaret à Paris. J’ai pas mal de livres sur le Paris de 1900, même s’il y a plein de façades de cabarets qui ont été détruites. Le cirque on l’a déjà un petit peu vu dans la bande dessinée comme Le cirque aléatoire. Régis aimait le côté pratique du cirque qui permettait de voyager. Mais on l’a bien vu avec le tome 2, on peut quand même les faire voyager sans cela. En faire des artistes de music-hall, c’est une idée de Régis.

«Papa, plus grand, je veux être un Spectaculaire !»

Comment sont-ils devenus des Spectaculaires ?

Ils ne le savent pas eux-mêmes qu’ils sont des Spectaculaires. On ne les qualifie jamais de super-héros dans la bande dessinée.

Le mot de Spectaculaires, il était parfait pour cette série mais ce n’est pas nous qui l’avons trouvé : c’est mon fils de 5 ans à l’époque ! Nous avions signé le projet sans avoir de titre. Mon gamin est venu s’asseoir dans le canapé – je le revois encore – et me dit : «Papa, plus grand, je veux être un Spectaculaire !» Il avait fait une faute de français mais je me suis dit banco, c’est ça ! Ça fait bande de super-héros et ça fait music-hall. J’appelle Régis qui me dit qu’il valide. Je lui dis encore merci à mon fils. Il aura des royalties quand je mourrai !

Pourquoi avoir voulu imaginer un univers steam punk dans le Paris d’avant guerre ?

C’était mon envie de dessin. On va essayer dans les tomes futurs de montrer les tensions entre les nations en fond parce que notre but c’est de divertir et non de créer une bande dessinée historique. C’est pour cela que l’on a mis Sarah Bernhardt dans le 2 et dans le prochain, il y aura le préfet Lépine. Nous allons intégrer des guest-stars pour chaque épisode.

« Régis comme moi, nous avons voulu créer une bande dessinée que nous aurions aimer lire quand on était gosses »

L’humour est très présent dans la série faisant des Spectaculaires une série burlesque notamment par les inventions de Pipolet qui ne fonctionnent pas ou sa mémoire qui flanche. Pourquoi était-ce important que Les Spectaculaires soit une comédie ?

Régis comme moi, nous avons voulu créer une bande dessinée que nous aurions aimer lire quand on était gosses. Surtout, revenir à un genre qui n’existe plus : populaire familial humoristique. Le terme grand public n’existe plus.

Les deux volumes peuvent se lire indépendamment. Pourquoi cette volonté ?

C’est une envie de revenir vers des bandes dessinées que l’on aimait quand on était plus jeune. Quand t’es gosse, tu n’aimes pas attendre. Quand on avait fini l’album, l’histoire était terminée. Tu pouvais lire les tomes dans le désordre. D’ailleurs sur les couvertures, il n’y a pas écrit tome 1 ou tome 2 mais seulement sur le dos.

Pourquoi Sarah Bernhardt et le théâtre ?

Ce personnage nous plaisait. Nous n’avons pas beaucoup romancé dans l’album. Elle vivait avec des animaux sauvages et dormait dans un cercueil, nous n’avons rien inventé. Ce fut aussi la première vedette internationale, elle a joué aux Etats-Unis mais toujours en français.

René Goscinny et Morris l’ont mise en scène dans un Lucky Luke. Passer après ce grand dessinateur, comment l’avez-vous appréhendé ?

Oui cet album est fabuleux. Ce fut d’ailleurs une grosse difficulté pour moi. Je l’ai d’ailleurs rapidement rangé afin de ne pas être influencé. En plus comme Morris est mon idole et que j’ai appris à dessiner en le recopiant, il ne fallait pas que je fasse la même Sarah que lui. Sauf que lui, c’est la vraie qu’il a fait et en 3 traits il l’avait trouvé. La sienne est très belle, la mienne est moche.

Je l’ai donc faite très longiligne, plus grande qu’elle n’était je pense et j’ai beaucoup joué sur sa gestuelle. Elle surjouait dans ses pièces, donc je l’ai faite surjouer dans l’album avec ses longs bras.

Quelles techniques graphiques utilisez-vous pour réaliser vos planches ?

Je les réalise classiquement, il n’y a pas d’ordinateur. Je fais d’autres albums entièrement en numérique sous mon co-pseudonyme Milly Chantilly avec Mickaël Roux.

[Christophe] « Il y a une vraie magie à recevoir ses couleurs »

Comme pour La croisière jaune, c’est Christophe Bouchard qui colorise vos planches sur les Spectaculaires. Pourquoi ?

Tout simplement parce que Christophe est mille fois meilleur que moi. Il y a une vraie magie à recevoir ses couleurs. C’est aussi une super histoire de camaraderie, on s’entend très bien tous les trois. Christophe ramène sa patte à lui, je ne connais pas comment il fait pour apporter ce côté petit grain de papier.

Ce que les gens savent moins, c’est que Christophe est un excellent dessinateur. Efficace, rapide et extraordinaire.

Prenons un temps pour regarder vos planches et en discuter. Tout d’abord dans le tome 1, la page 9.

Les Spectaculaires 1 de Régis Hautière et Arnaud Poitevin (Rue de Sèvres)

C’est assez amusant puisque la planche que vous avez sélectionné, c’est la toute première que j’ai dessiné pour les Spectaculaires ; c’est avec celle-là qu’on a vendu le projet alors qu’il n’y a pas de super-héros. C’est mystérieux et comme il y a beaucoup de noir, cela attire.

Toujours dans le tome 1, la dernière vignette de la page 39 où l’on aperçoit Pétronille de dos.

Les spectaculaires 2 de Régis Hautière et Arnaud Poitevin (Rue de Sèvres) décrypté par Comixtrip le site BD de référence

Pour cette case, j’ai fait un peu ce qui me passait par la tête. J’ai voulu des boulons partout. Le lecteur semble derrière elle, derrière son épaule. J’aime beaucoup cette planche.

Je n’aime pas faire des effets gratuits. Pour en revenir aux classiques, mes références ce sont Morris ou Hergé. Quand ils utilisaient des grandes cases, ce n’était jamais gratuit. La seule prétention que j’ai lorsque je fais de la bande dessinée, c’est la lisibilité. Je veux qu’elles soient faciles à lire, que l’on n’ait pas à revenir en arrière parce qu’il s’est passé un truc avant que l’on a pas saisi. Si je fais une contre-plongée, ce n’est pas gratuit, c’est que l’on a en besoin. Plus on est dans la simplicité de la narration, mieux c’est, surtout quand c’est de l’humour.

Dans le tome 2, il y a beaucoup de course-poursuites entre les Spectaculaires et la Mante. Cette fois-ci votre travail prend encore plus d’ampleur puisque cela est très visuel, comme dans les pages 15 à 19 dans le théâtre ou 28 à 33 dans le train.

Les spectaculaires 2 de Régis Hautière et Arnaud Poitevin (Rue de Sèvres) décrypté par Comixtrip le site BD de référence

J’essaie de rendre la séquence la plus vivante possible. J’aime bien que les personnages en arrière-plan fassent un petit truc sans que cela parasite. Ce sont des petits plus pour rendre ta bande dessinée plus vivante. C’est hyper dur de faire un truc simple et très vivant.

Mon étape la plus longue, c’est le story-board. J’en fais deux par jour parce que je reviens toujours dessus et que je me pose plein de questions. Lorsque j’ai un doute, je fais relire à mon fils des pages muettes et je lui demande de me raconter ce qui se passe. Si ça correspond à ce que je veux, c’est gagné ! Moins tu as de cases, plus tu es efficace. Si tu en ajoutes, cela ralentit l’action.

Les spectaculaires 2 de Régis Hautière et Arnaud Poitevin (Rue de Sèvres) décrypté par Comixtrip le site BD de référence

J’essaie avant tout d’être fidèle à ce que m’écrit Régis. Je suis là pour servir l’histoire et les personnages. Comme j’ai travaillé dans le dessin animé, le mouvement c’est très important pour moi. Deux choses sont essentiels : les personnages avec leur design et leur caractère marqué, ainsi que le mouvement.

Quand j’arrive à condensé trois cases en une, je suis content. Régis se rend alors compte de la force du dessin d’humour. Tu peux raconter plein de choses en une seule vignette. Nous nous amusons beaucoup de cela. Ce sont ces moments qui nous permettent de faire des ping-pong entre nous. Cette étape d’échanges est très agréable.

Avec Régis, vous êtes dans le registre grand public. Pourquoi est-ce important pour vous ?

Je veux dessiner ce qui m’a nourrit.

« C’est peut être la première fois de ma vie que je vais dire que je suis fier d’une série. Et surtout, je suis fier de la faire avec Régis et Christophe »

Que représente les Spectaculaires dans votre parcours artistique ?

Je pense que c’est MA série ! C’est celle que j’attendais depuis que je suis gosse. Si elle avait existé quand j’étais jeune, c’est celle que j’aurais prise dans le rayon et de me dire c’est celle que je ferai quand je serai grand. Je suis épanoui grâce à elle. C’est celle où je m’amuse vraiment. Elle est calibrée pour moi. Je ne renie pas le reste mais dans celle-ci, il y a beaucoup de moi même si je ne l’ai pas écrite. C’est peut être la première fois de ma vie que je vais dire que je suis fier d’une série. Et surtout, je suis fier de la faire avec Régis et Christophe, chez Rue de Sèvres !

Entretien réalisé le samedi 27 janvier 2018 à Angoulême.
Article posté le samedi 24 février 2018 par Damien Canteau

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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