Tel Uther Pendragon, le père du roi Arthur, pour son pseudonyme, Pendragon aime le fantastique. Ce fantastique qu’il a distillé dans Sid Cooper. Nous lui avons posé des questions sur sa géniale histoire. Plongée dans l’univers de ce jeune auteur de bande dessinée, entre musique, dessin stylisé, amitié, deuil et ronces mystérieuses…

« Le cinéma d’animation, c’était pour moi l’occasion de mêler ce que j’aime beaucoup : la musique, le dessin, et écrire des histoires »
Pendragon, Sid Cooper est paru en septembre 2025. C’est votre premier album de bande dessinée. Qu’avez-vous fait auparavant ? Quel a été votre parcours dans le dessin ?
J’ai fait des études d’art. J’ai essayé pendant un moment de rentrer au Beaux-Arts, avant de me rendre compte que c’était pas tant mon univers et que c’étaient plus les arts narratifs qui allaient m’intéresser. Et avant même de matérialiser ça, j’étais déjà dans une optique de créer des personnages, de les faire interagir entre eux. Mais je n’avais pas conscience que c’était vraiment de la narration.
En fait, ce qui définit de faire de la bande dessinée, finalement, c’est juste se mettre à faire du découpage. Alors, bien sûr, quand j’ai commencé à m’y intéresser, j’ai regardé beaucoup de films. J’ai suivi des études de cinéma d’animation. Le cinéma d’animation, c’était pour moi l’occasion de mêler ce que j’aime beaucoup : la musique, le dessin, et écrire des histoires.
C’étaient vraiment les points qui me plaisaient le plus dans la narration. Après l’animé, je me suis réorienté sur la bande dessinée. L’animation, c’est, je pense, mon médium préféré ever.

« J’ai appris le découpage en suivant les règles du cinéma. »
Pourtant, il y a des différences entre les deux ?
Le souci, si c’en est un, c’est que l’animation demande des gros budgets, et que ce sont des énormes productions. Faire un film d’animation, ça demande plusieurs millions d’euros.
Faire une bande dessinée, beaucoup moins. Donc avec la BD, je pouvais, en gardant le scénario et le dessin, raconter une histoire. J’étais maître du découpage, et je pouvais faire un peu ce que je voulais.
Je me suis dit que j’allais tester la BD pour voir si j’étais capable de raconter une histoire de A à Z. Alors là, on n’est que sur un tome 1. Mais on a le A, et je bosse sur le Z en ce moment, avec le tome 2.
Là où la bande dessinée était plutôt une espèce de crash test au début, en fait, maintenant, c’est devenu un truc que je kiffe de ouf, et que j’ai envie de continuer.

« J’ai écrit mon script comme au cinéma »
En quoi ces études ont nourri Sid Cooper ?
Déjà, en animation, on apprend le storyboard. Et storyboarder pour le cinéma, ce n’est pas pareil que storyboarder pour un livre. Il y a des contraintes très différentes. Déjà, il faut des bulles dans ton image.
Au cinéma, on cadre tout de la même façon, quasiment. Enfin, je veux dire, on change très peu d’échelle de plan.
Dans la BD, on peut se permettre plus de choses. On peut sortir de la case, on peut s’amuser, de tout un tas de façons. Mais néanmoins, j’ai appris le découpage avec l’animation.
J’ai appris le découpage en suivant les règles du cinéma. J’ai également eu des cours de culture de l’image et de culture du cinéma. Et évidemment, j’ai appris le dessin, le chara-design ou les décors.
Même dans la pipeline [étapes de la création d’un projet d’animation, ndlr], je suis plus scolaire. J’ai écrit mon script comme au cinéma. Je modélise aussi beaucoup mes décors.
Comme ce qu’on fait souvent en pipeline 2D, dans les longs-métrages ou dans les séries d’animation.

Est-ce compliqué de passer de l’animation à la bande dessinée ?
Ce n’est pas aussi simple que ça. Parce que le médium bande dessinée, les auteurs ne vont pas tous l’imaginer de la même façon. J’aime bien cette idée du petit frisson avant de tourner la page, où tu as hâte de la tourner. Il faut donc réfléchir à ton découpage en fonction de ça. Au cinéma, c’est toi qui gères le rythme. En bande dessinée, c’est le lecteur qui gère le rythme.
Ce n’est pas un passage évident. Néanmoins, je suis super content d’avoir eu une formation en animé avant pour faire de la BD parce que je trouve que tout ce que j’ai pu apprendre a servi.
Comment Sid Cooper s’est-il retrouvé au catalogue Glénat ?
Je l’ai proposé à plusieurs maisons, mais mon choix s’est arrêté sur Glénat parce qu’ils me laissaient une totale liberté et la possibilité de faire deux livres. C’était donc l’idéal.

« C’est un personnage qui est blessé mais qui a envie d’aller mieux »
Qui est Sid Cooper ?
Sid, c’est un adolescent. Il a 16 ans. Il vient de perdre sa mère. Ce n’est pas la grande forme. Il est envoyé dans une école et il va essayer de faire son deuil.
Toutes les couches de fantastique et de rock’n’roll, c’est la question principale de Sid Cooper.
Je pense que c’est un personnage qui est blessé mais qui a envie d’aller mieux. Qui a envie de passer à autre chose. Mais, peut-être, un peu trop vite.
Sid Cooper a fédéré autour de lui une bande d’adolescent.e.s. Qui sont ces personnages secondaires ? Pourquoi sont-ils importants pour Sid ?
Ils sont importants parce que c’est toujours plus facile d’aider les autres à aller mieux que de travailler sur soi. C’est plus naturel, plus spontané quand on apprécie quelqu’un de vouloir faire en sorte qu’il aille mieux.
Ces personnages ont tous des peines à gérer, des traumas, des difficultés. Ils peuvent panser les plaies des uns et des autres tant bien que mal et progressivement.
Après, c’est en fonction de ce qu’ils décident de laisser paraître. C’est en fonction de ce qu’ils décident de dire aux uns et aux autres aussi.
J’ai rencontré des personnes quand j’étais au lycée avec qui je suis encore ami aujourd’hui. J’ai eu la chance d’être dans le groupe des weirdos. On se faisait des piercings dans la cour, on avait des cheveux colorés, on écoutait des openings d’animés. C’était rigolo mais c’était aussi à une époque où c’était un peu deep.
Dans les communautés animées, mangas ou alternatives, j’ai côtoyé des ados qui n’avaient pas forcément des vies de ouf. Il y avait du harcèlement, de la précarité. Tout ça mélangé m’a amené à ces personnages.

« Dans la vraie vie aussi, on met 100 pages pour devenir potes »
Comment qualifier leurs relations ? Est-ce plus que de l’amitié ?
Disons que c’est un peu tôt, je pense. Moi-même, j’arrive à calculer jusqu’où ça peut aller. Dans le tome 1, j’ai mis 100 pages pour les faire devenir copains. Parce que dans la vraie vie aussi, on met 100 pages pour devenir potes.
Je pense que ces relations vont être amenées à évoluer. Elles continuent d’évoluer dans le tome 2.
En fait, c’est évident que j’ai envie de faire en sorte que leurs liens soient très forts. Mais c’est aussi évident que je voulais que ça prenne du temps pour que ce soit le cas.
C’est de la narration. C’est de la bande dessinée. On fait des choix. Les personnages sont écrits. C’est très mécanique tout ça. Mais on peut quand même essayer de ramener ça à des fondations plus humaines de l’adolescence.

Au-delà du fantastique, le plus important dans votre album, ce sont vraiment les relations humaines entre les personnages ?
En tout cas, l’âge que j’ai voulu donner aux personnages, je pense que c’est ce dont ils avaient besoin à ce moment-là. C’est là où il fallait aller dans l’écriture.
« Je voulais twister ces univers fantastiques qu’on connaît en y ajoutant une couche un peu rock’n’roll et des personnages qui sont peut-être moins attendus »
En quoi Sid Cooper, c’est autre chose qu’une simple histoire d’adolescent.e.s dans un lycée ou un internat ?
Effectivement, c’est ça l’idée. C’est d’entrer dans le chemin tracé de la narration adolescente qu’on connaît. Et là où on twiste, c’est qu’on ne raconte pas les adolescents de la même façon. En tout cas, j’espère ne pas les raconter de la même façon.
J’ai beaucoup lu de fiction fantastique adolescente quand j’étais au collège. Les titres que je lisais au CDI. Avec du fantastique. Il y avait souvent un duo, un trio de personnages principaux.
J’avais envie d’emprunter cette voie-là. De rentrer dans des schémas qu’on connaît et ensuite de DIY un peu ça [“de le faire à ma sauce”, ndlr]. De twister ces univers fantastiques qu’on connaît en y ajoutant une couche un peu rock’n’roll et des personnages qui sont peut-être moins attendus.
Après, j’ai plus 16 ans et je ne sais pas quelles sont les attentes d’un adolescent. Mais en tout cas, j’ai essayé de le faire avec cette sincérité-là. Si je devais le faire pour le “moi adolescent”, ça aurait été comme ça.

Qu’apporte le côté fantastique à votre intrigue ?
Ça permet de mettre en image l’intime. Ça permet d’imager des questions de deuil, de sentiments.
Le seul élément fantastique de cette histoire, ce sont les ronces. Je dis le seul, mais en vrai, il est relativement présent dans l’histoire. C’est comme une espèce de bruit de fond. De temps en temps, il interagit avec les personnages. Ce bruit de fond fantastique fait écho à des problèmes personnels que rencontrent les personnages.
Maintenant, lesquels et comment ? C’est un truc que je construis au fur et à mesure.
On pourrait se dire : “réglons nos problèmes avec des épées”. Et en fait, non, ce n’est pas comme ça qu’on les règle. Il va falloir trouver d’autres solutions. C’est aussi pour ça que je voulais amener du fantastique.
Mais néanmoins, ça reste des ados normaux qui ont des cours de maths, des cours de philo, et qui ont des uniformes scolaires qui grattent.

Le château est un personnage à part entière de Sid Cooper. Pourquoi ? Que peut apporter ce huis-clos à votre récit ?
Quand t’es adolescent, ta vie ne se résume pas uniquement à ça, mais elle est quand même fondamentalement liée à ce qui se passe à l’école. C’est là que se trouve ton cercle social. Mais, c’est aussi l’occasion d’avoir les personnages sans leurs parents, de les mettre en vase clos dans un internat, ce qui permet de créer d’autres types de dynamiques.
L’idée du château, c’est que c’est vieux et que ça peut potentiellement être dangereux. Il y a aussi cette espèce de contraste naturel qui se crée. Entre ce que les élèves vivent et la vieille pierre.
Quand j’étais au collège, l’établissement, c’était un ancien monastère. C’était vraiment l’enfer sur Terre. C’était un collège catho… Hyper relou. Néanmoins, on était entre des vieilles pierres et il y avait quand même un peu de charme là-dedans. Et ce contraste, je le ressentais déjà à l’époque.

« Je m’amuse à changer d’ambiance, de couleur, entre chaque séquence. J’aime quand les choses sont rythmées »
Est-ce logique de construire un récit dynamique, qui pulse, parce que c’est un groupe d’adolescents ?
J’ai écrit plusieurs versions et j’ai storyboardé plusieurs versions, surtout des premiers chapitres. L’action était plus posée, plus lente et où le fantastique était presque caché. Puis, je me suis dit qu’on pouvait très bien plonger dans le bain rapidement et ça marchait aussi. Autant y aller franco.
Le médium bande dessinée, par la contrainte de pagination, fait qu’on doit aussi vite envoyer. J’ai une pagination un peu généreuse et je veux raconter des trucs, donc autant que ça tabasse et qu’il se passe des choses, que les dialogues rebondissent et que les scènes s’enchaînent.
Je m’amuse à changer d’ambiance, de couleur, entre chaque séquence. J’aime quand les choses sont rythmées.

Pourquoi c’était important pour vous de mettre des émotions diverses dans votre premier album ?
Je pense que c’est bien de commencer une peinture avec beaucoup de couleurs à côté de toi. Je ne sais pas forcément où ça va aller, mais je sais que si je ne me mets pas de limites, j’ai plus de chances de faire quelque chose de consistant.
D’ailleurs, je ne me serais pas vu faire une histoire purement aventure-action. Je ne me serais pas vu faire un truc trop dans le pathos et je ne me serais pas non plus vu faire de l’humour parce que je pense que c’est le plus dur à gérer. Je me suis dit qu’en fait, j’allais essayer de bien doser un peu tout ce que je peux.
Ça me permet d’avoir une palette et puis de changer le rythme d’une séquence à l’autre. On digère mieux l’action si on a un temps calme après. On digère mieux l’émotion si elle se passe après une lutte, qu’elle soit interne ou qu’elle soit externe.

« On peut faire passer toute une palette d’émotions avec des chara-design plus simples »
Votre dessin stylisé est un joli mélange de comics (Brian O’Malley – Scott Pilgrim) et de manga. Ce sont ces influences qui marquent votre trait ?
Un peu malgré moi et peut-être parce que j’ai fait des études d’animation. J’ai un trait qui est quand même assez “jeunesse”.
Ce qui est intéressant avec ça, c’est que ça permet de contraster quand il se passe des choses un peu dures ou quand les personnages se font un peu fracasser, soit par les sentiments, soit par d’autres trucs.
Le style de dessin que j’ai, il est évidemment inspiré du manga. En analysant un petit peu récemment mes références, je me suis rendu compte que c’était aussi un peu le côté premiers mangas qui eux-mêmes s’inspirent du style « Disney », et étaient un peu plus ronds.
Comme les Kodomo, pour les enfants, les tout-petits. Je trouve ça vraiment cool parce que c’est très efficace graphiquement. On peut faire passer toute une palette d’émotions avec des chara-design plus simples.
C’est effectivement vers ça que je me suis orienté avec le temps. C’est vrai que plus le temps passe, par exemple là je suis en train de bosser le tome 2, et plus j’ai envie d’amener un peu de détail dans le dessin, d’être plus juste.
Là où dans le tome 1, des fois j’étais en mode c’est un peu faux, mais on s’en fout. Puisque ce qui compte, c’est que tu captes l’énergie de la scène. Maintenant je suis plus en mode : “oui tu captes l’énergie de la scène, mais quand même dans l’anatomie, il faut être plus précis.”
Donc je l’ai retravaillé. Mais, je n’ai pas envie non plus de faire du manga, parce que je ne suis pas mangaka. Si un jour je dois en faire un, je n’hésiterai pas. Mais j’ai pas envie de trop me perdre à copier des styles de mangaka.
Je pense qu’il faut que je travaille d’autres aspects. Peut-être réfléchir mieux aux chara-design, plus de variété, mieux gérer les scènes de foule…

Pour accompagner Sid Cooper, vous avez établi une playlist. Qu’apporte cette sélection de musique aux lecteurs ? À vous ?
J’ai dû écouter la playlist à peu près tous les jours quand je bossais sur le tome 1.
Elle a un peu bougé entre sa première version et celle du livre. Je voulais à la fois plonger les lecteurs dans l’univers, non pas de la BD, mais dans l’univers de Sid. C’est bien la playlist de Sid, pas la playlist de Sid Cooper. Dans le tome 2, on aura la playlist d’un autre personnage.
Ce que je voulais faire, c’était à la fois mettre des morceaux, un peu des classiques du rock’n’roll ou du punk, pour que les gens qui connaissent un peu ces genres musicaux-là voient un peu la vibe. Mais aussi que ça puisse servir d’introduction pour des ados qui liraient le livre et qui ne connaîtraient peut-être pas ce genre musical.
Je voulais aussi essayer de mettre quelques groupes qui tournent encore. Parce que si je m’écoutais, je mettrais aussi beaucoup de gens morts. C’est bien, mais c’est un peu dommage.

« Quand j’imagine mes scènes, je les imagine souvent en musique »
Est-ce que ça apporte aussi de l’énergie dans votre dessin ?
Ouais de ouf. C’est mon régal de voir les openings ou les moments dans les films d’animation qui sont en clip-show avec de la musique.
J’adore le cinéma de Makoto Shinkai [Your Name, Suzume, Les enfants du temps, ndlr]. Il fait souvent ça dans ses films où il introduit très souvent des morceaux avec des super séquences. Quand j’imagine mes scènes, je les imagine souvent en musique. J’ai tout un tas de playlists par ambiance.
J’écoute les playlists en fonction de la scène que je suis en train de bosser. J’ai des playlists qui sont très, très shonen. J’en ai d’autres qui sont plus “émotions”.
La playlist de Sid mélange un peu des morceaux de tout ça, différents moods dans lesquels le personnage peut passer.

Vous êtes très actif sur votre page Instagram par des vidéos de dessins, de collages, d’explications de termes de bande dessinée. Pourquoi ce canal vous plaît-il ?
Il ne me plaît pas tant que ça. Je n’ai pas une grande communauté sur les réseaux. J’ai quand même envie de vendre des bouquins. Donc, il fallait faire du contenu autour du livre.
Et en me prêtant au jeu, j’ai fini par kiffer. J’ai eu envie un peu de créer ces petites vidéos. Je les ai aussi publiées un peu sur TikTok où j’étais plus présent il y a quelque temps.
Je faisais des vidéos. En fait, au moment où ça a commencé à marcher un peu pour moi, TikTok, j’ai arrêté parce que c’était trop chronophage. Mais, je ne parlais plus de mode, de lifestyle. J’avais déjà une approche. J’étais présent un peu sur les réseaux.
J’ai commencé à m’y remettre, mais avec le dessin. Mais, j’ai l’impression qu’il faut tout le temps se vendre. Et être narrateur ne suffit plus.
Il y a plein d’auteurs de bandes dessinées qui arrivent à se créer une communauté et des lecteurs fidèles grâce à des petits strips de BD. Je n’arrive pas à faire des petits strips, à raconter des petits trucs. Ce n’est pas moi. Je n’arrive pas à raconter mon quotidien. Mon quotidien est chiant : je suis à l’atelier, je dessine, je bois de la Monster.
C’était aussi l’occasion d’avoir un petit côté « pédagogique » sur d’autres vidéos, de présenter un peu ce que c’est que de faire du dessin. C’est le genre de contenu où je me suis dit que je pouvais parler de mon livre à un public adolescent.

« Le tome 1, je l’ai bossé entièrement dans des cafés et des bibliothèques »
Vous venez de dire que vous travailliez dans un atelier. Est-ce que c’est plus facile pour vous de travailler dans un atelier ?
Oui. Avant, je bossais chez moi mais ça m’a détruit. Je l’ai vu pendant le confinement. Tu alternes entre ton lit et ton bureau. De temps en temps, tu manges un truc. C’est horrible. D’autant que la bande dessinée, c’est hyper chronophage.
J’ai intégré un atelier. J’y suis depuis un an à peu près. C’est avec des copains mais il va bientôt s’arrêter.
Mais avant ça, j’allais bosser dans des cafés et dans des bibliothèques. Le tome 1, je l’ai bossé entièrement dans des cafés et des bibliothèques.

Quel est le futur de Sid Cooper ?
Je travaille sur le tome 2. Il est très bien avancé. Il va être un peu plus conséquent et va faire 304 pages. J’en ai fait deux bons tiers, même un peu plus.
« Si on continue Sid Cooper après le tome 2, j’ai plein d’idées »
Pendragon, dernière question. L’aventure Sid Cooper vous prend du temps. Est-ce que cela veut dire que vous n’êtes focus que sur le tome 2 ou que vous avez déjà réfléchi à d’autres projets ?
Si on continue Sid Cooper après le tome 2, j’ai plein d’idées. J’ai commencé à écrire une trame pour la suite. À la fin du 2, l’histoire se termine avec une très bonne fin, je pense. Mais, j’ai réfléchi à un nouvel arc.
La deuxième option, c’est que Sid Cooper se termine après le 2. Quand j’ai un peu de temps, j’essaie d’écrire de nouveaux projets, de bosser des chara-designs.
Avec, Sid Cooper, ce qui était cool, c’est que j’arrivais à amener des univers un peu indés dans du très mainstream.
Glénat est une grande maison d’édition. C’est le côté mainstream. Le côté underground vient de mon dessin, de la musique. Cette idée de mêler l’underground au pop, c’est un truc que j’ai un peu envie de continuer.
Dans le tome 2 de Sid Cooper, il y a des passages qui seront mélangés entre dessin et photographie. C’est un truc que j’avais déjà fait sur un petit one-shot que j’ai sorti avant de bosser sur Sid. J’ai adoré travailler comme ça.
Je suis allé re-shooter des environnements dans un lieu et les personnages seront dessinés par-dessus. C’est un truc qui me tente beaucoup en dessin. Ça me rapproche un petit peu d’une esthétique cinéma.
Merci Pendragon pour cet échange.
Entretien réalisé le jeudi 30 octobre 2025
- Sid Cooper, tome 1/2
- Auteur : Pendragon
- Editeur : Glénat
- Prix : 20 €
- Parution : 03 septembre 2025
- Nombre de page : 224
- ISBN : 9782344064832
Résumé de l’éditeur : Qui s’y frotte s’y pique Depuis la mort de sa mère, la vie de Sid a basculé. Quand il débarque à Berry Hill, une étrange école nichée dans un vieux château sur la côte, tout semble contre lui : l’année a déjà commencé, les douches sont glacées et… ah oui, des ronces géantes envahissent les salles ! Voilà 50 ans que ces plantes monstrueuses , connues sous le nom du Fléau, ravagent la Frangleterre, défigurant le pays. Malgré ce décor hostile et le poids du deuil, Sid se reconstruira peu à peu au contact de ses nouveaux camarades. Malcolm, le musicien au bras mécanique; Lula, la commère intarissable fan de poésie; et Kate, une fille punk et bagarreuse qui ne mâche pas ses mots. Au même moment, Julian Strokes, un présentateur TV has been tentera de sauver sa carrière. Sa mission ? Découvrir les origines du Fléau ! Ses investigations le mèneront tout droit à Berry Hill… Et si le château avait un lien étroit avec l’origine de ces ronces ? Entre mystères à élucider, concerts sauvages et courses-poursuites entre les épines, Sid et ses amis devront faire preuve de courage pour sauver leur école… et leurs vies !
À propos de l'auteur de cet article
Damien Canteau
Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une trentaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) et co-responsable du prix Jeunesse de cette structure. Il est le rédacteur en chef du site Comixtrip. Damien modère des rencontres avec des autrices et auteurs BD et donne des cours dans le Master BD et participe au projet Prism-BD.
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