
Photo : Chloé Wary
Il y a des interviews qu’il faut prendre le temps de laisser monter. Il serait dommage de la lâcher trop tôt sur vos yeux de lecteurs enthousiastes. C’est pour cela que nous avons attendu de rencontrer Chloé Wary à l’occasion des rendez-vous de la Bande Dessinée d’Amiens, début juin 2026. Avec elle nous avons pu enfin nous libérer de toutes nos questions concernant Big Bang Cunni, son album publié dans la collection BD Cul. Pour comprendre comment s’est construite la révolution des Chattes à Ta Mère, le mieux est encore de lire sa principale instigatrice.
Yaneck Chareyre : BD Cul est une collection qui a accueilli des auteurs et autrices très différents. Quelle était votre image de la collection quand on vous a proposé d’y participer ?
Chloé Wary : J’avais l’image d’une collection qui met un peu en avant un rapport à la sexualité débridée différent. En fait, j’avais surtout en tête les bouquins de Nine Antico, Aude Picault, notamment Déesse, Vulve Vulgaris qui m’avaient vraiment plu. J’avais aimé le regard féminin, surtout les autrices. Ça m’avait assez inspiré pour être moi peut-être aussi en capacité de raconter un récit tout aussi subversif quoi.
Big Bang Cunni est un album satirique, qui va venir pousser de nombreux curseurs à fond pour moquer, à partir de quoi avez-vous construit cet univers-là ?
Je pense que c’est vraiment la dinguerie du monde dans lequel on vit. Que ce soient les propos des politiciens toujours plus agressifs qui stigmatisent toujours plus les femmes, les minorités.
Le président états-unien qui est l’espèce de caricature hyper toxique, qui est un agresseur, un criminel en fait, mais qui est quand même à la tête d’un État surpuissant.
En fait, tous ces slogans, toutes ces sorties comme ça, médiatiques, hyper gênantes, j’avais envie de les reprendre, les réutiliser et vraiment fabriquer une espèce de dystopie qui est une espèce de miroir grossissant de ce qu’on supporte et de ce qu’on subit déjà, et de mettre en avant une révolte, un mouvement féminin de résistance qui vient déboulonner, défoncer cet ordre phallique établi qui est insupportable et par le prisme de l’humour et de la dérision, d’aller vers quelque chose de d’ultra golri, quoi.
Cet ordre phallique, vous lui donnez une esthétique qui utilise beaucoup de codes gays. Qu’est-ce que cela vient dire pour vous ?
Alors c’est marrant que vous parliez d’imagerie gay, ce ne sont pas forcément les premières références auxquelles j’avais pensé. Je crois que, comment dire, la sexualisation des corps masculin est liée au regard d’un homme homosexuel sur un autre homme. C’est un peu ce qui a façonné notre rapport à la sexualisation du corps masculin.
En tout cas, c’est un peu comme ça que je le ressentais. Et donc, le fait de sexualiser ces corps d’homme qui sont en fait des oppresseurs, pour le coup dans le livre, des groupes de femmes, de les dévoiler et de les soumettre à une sexualisation, c’était aussi une manière de les discréditer dans leur mouvement ultra agressif et répressif.
Et c’était aussi une façon de les rendre un peu ridicules dans leur idéologie ultra phallocrate et en fait de démonter à la fois ce qu’ils prônent et en même temps comment cela s’incarne, dans le livre.
Vous venez de dire être surprise de la référence à l’imagerie gay, mais il me semblait pourtant que leurs costumes, par exemple, était une référence assez évidente. Ce n’était donc pas le cas pour vous ?
Non. Je suis allé chercher des références de costume de cow-boy, pour faire un pied de nez à toute cette culture masculine des États-Unis qui a aussi façonné notre imaginaire de l’homme puissant, fort, conquérant. Et donc l’idée c’était de casser cette espèce d’armure de colon et de le parodier.
Après, en faisant mes recherches, c’est vrai que je suis tombé sur des costumes un peu détournés déjà de base, que j’ai un peu personnalisés. J’ai utilisé d’autres couleurs. Mais je pense que c’est justement la culture gay qui a commencé à se réapproprier ces codes pour les détourner.

Le cunnilingus, une religion
Le cunnilingus c’est le titre de l’album, c’est le grand axe de transformation de la société choisi par le groupe révolutionnaire. Qu’est ce qui vous a fait choisir cette pratique sexuelle précisément dans votre histoire ?
En fait pour moi le cunnilingus c’est vraiment le renversement de l’ordre hétéronormé. Du moins c’est vraiment l’inverse de la pénétration, c’est le moment où la femme jouit sans pénétration.
Et du coup, c’était une manière de renverser les rapports de force, de mettre en avant une sexualité féminine qui jouit et qui s’épanouit autrement qu’à travers l’acte de pénétration, et d’en faire une espèce de tabou dans le livre. C’était vraiment hyper drôle d’en faire plus qu’un tabou, un interdit. Ça permet de rendre cet acte là encore plus subversif alors qu’en réalité il ne l’est pas.
« POUR LES MECS HÉTÉROS, ÇA N’A PAS TOUJOURS ÉTÉ UNE ÉVIDENCE QUE DE SATISFAIRE OU QUE DE DONNER DU PLAISIR À SA PARTENAIRE DE CETTE MANIÈRE-LÀ. »
C’est un peu le parallèle de la fellation qui lui est dans notre imaginaire sexuel. C’est une espèce d’acte hyper banal, contrairement au cunnilingus qui est quand même un peu moins accepté. Enfin, j’ai l’impression que moi, dans mon rapport à la sexualité, ça a toujours été, en tout cas du point de vue des garçons, un peu ambivalent quoi. Tu sens que pour les mecs hétéros, ça n’a pas toujours été une évidence que de satisfaire ou que de donner du plaisir à sa partenaire de cette manière-là, et qu’en réalité c’est plutôt un acte qui arrive après une déconstruction déjà de son rapport à la sexualité.
Et donc voilà ça me faisait vraiment rigoler d’en faire un moment de célébration, le moment où les femmes se réapproprient aussi leur jouissance, leurs désirs et où les hommes se mettent au service de ça. Sans qu’en fait on y voit un acte de faiblesse ou de vulnérabilité.
Enfin, j’avais envie que ça devienne un rapport consenti des deux côtés aussi. C’est pour ça qu’à un moment donné tu as des missionnaires qui se libèrent aussi et qui sont genre trop contents de lécher quoi.

Récolte de cyprine pour des canons à « eau »
Quand vous répondez à la proposition éditoriale, à partir de quoi construisez-vous cette réponse, dans ce foisonnement d’idées ?
C’est un petit peu tout en même temps qui se construit à mesure. Mais on va dire que j’avais vraiment en tête cette société phallique, phallocrate, ultra oppressive et ce groupe de résistantes qui vont en fait à un moment donné engager une révolution.
Ça m’a vraiment trop fait rire de tourner les mots, de les transformer, de jouer avec le langage. Ce n’est pas ce qui m’a aidé à construire et structurer l’histoire, mais disons que ça faisait quand même partie du propos : l’ensauvagement des femmes, « make your phallus great again », tout ça, ça a vraiment rythmé aussi un certain moment des prises de parole, des personnages.
« C’EST VRAIMENT AUSSI LEUR APPRENTISSAGE À TOUS LES DEUX. »
Et aussi donc les deux personnages principaux qui sont deux adolescents.
Jesse ça blesse et Blix la trix, c’est vraiment en fait leur histoire d’amour et leur rencontre. La naissance de leur sexualité qui est dysfonctionnelle au début parce qu’elle est hétéronormée, elle ne fonctionne pas. Blix n’y arrive pas, parce qu’il n’y va pas de la bonne manière, parce que lui-même est imprégné d’une façon de faire ultra patriarcale dans laquelle il n’arrive pas à se retrouver lui aussi.
Et donc avec Jesse, ils vont apprendre petit à petit comment s’accueillir, à accueillir le désir de l’autre et comment faire autrement que sur les standards de la pénétration, du patriarcat etc… Et donc c’est vraiment aussi leur apprentissage à tous les deux. Le fait qu’on va rencontrer ce groupe de résistance au travers du recrutement de Jesse, de comment on va rentrer dans les geôles de la Gogaulerie au travers de l’enfermement de Blix.
Et c’est vraiment en fait leurs deux trajectoires à eux qui nous font rencontrer ces deux pôles, ce contexte politique ignoble, qui m’a permis de construire un peu le récit.
En lisant l’album, on perçoit bien comment vous avez pu vous faire plaisir avec tous ces concepts. Est ce qu’il y a des choses que vous avez dû malgré tout laisser de côté ?
Honnêtement non. Enfin en tout cas, je crois que j’ai essayé d’aller au bout, VRAIMENT, du délire. Je ne me suis pas du tout censurée ni bridée. Dès que j’avais une intention, j’ai toujours essayé de faire ce qu’il faut pour que cela rentre en fait, que cela serve l’histoire
La nature même de cette collection, c’est surtout de ne pas s’interdire d’aller trop loin. Et donc je crois que j’ai été un peu portée, tu vois, par la dynamique globale de la collection et que ce soit Charlotte ou Cizo, il y a toujours eu un super soutien, un bon accompagnement, de bonnes relectures.
Je me rappelle, j’en ai parlé avec Charlotte à un moment donné. Je ne sais plus à quel sujet, mais je sentais qu’il fallait justement que j’aille un peu plus loin par rapport au CTM, les Chattes à Ta Mère. Il y a un truc où je n’arrivais pas à trouver une bonne tournure et ils m’ont laissé le temps de chercher et finalement j’y suis arrivée.
Mais non, franchement, je ne suis rien interdit. En tout cas, j’étais vraiment heureuse à la fin, à la restitution du livre. J’étais heureuse parce que j’étais allée au bout de ce que j’avais envie de dire.

Maximilia dans Big Bang Cunni
En tant qu’autrice complète, comment est-ce que vous travaillez ? Est-ce que vous écrivez toute l’histoire avant ou bien au fil du dessin ?
Pour ce bouquin, j’ai beaucoup écrit en fait. J’ai fait une espèce de synopsis un peu détaillé dans lequel j’ai essayé de structurer un peu les grandes parties du récit, donc beaucoup d’écriture. Et ensuite, en même temps que l’écriture, j’ai les images des personnages qui me viennent, qui sont toujours nourries de tout un tas de références.
Je me rappelle que pour Maximilia La bonté divine qui est la prêtresse divine, je me suis pas mal inspirée des costumes de Beyoncé. Il y avait quelque chose d’assez puissant.
Donc en même temps que l’écriture se déploie de plus en plus, il y a aussi des personnages à côté que je commence à dessiner. Je réfléchis aux costumes, aux coiffures… Et les personnages apparaissent petit à petit en même temps que l’histoire se précise. Et donc c’est un peu un ping-pong entre ces deux dynamiques, qui fait qu’à la fin j’arrive à une espèce d’idées globales. Donc je travaille à la fois sur des carnets pour les persos, les croquis d’ambiance et autres. Et puis en même temps, j’ai mon doc sur lequel j’écris régulièrement.
On va parler un peu de technique graphique. Quand vous avez été repérée avec Saison des Roses, on vous a identifié pour un travail, notamment de la couleur. Comment avez-vous évolué sur ce plan-là depuis ces premiers albums ?
Je pense que mon trait change, évolue et c’est hyper normal puisque plus je dessine et plus des choses se précisent, moins il y a de maladresses.
Quand je relis Saison des roses, quand je retombe dessus en tous cas, je vois vraiment des maladresses qu’aujourd’hui je ne serais plus capable de faire. C’était un dessin plus naïf en fait, juste parce que j’étais plus jeune. Et je me dis tiens, c’est marrant, il y a des trucs qu’on perd à force d’être de plus en plus exigeant avec son dessin.
Mais bref, c’est très bien, que ça évolue, ça bouge, que ce soit mouvant. Le feutre, je pense que ça ne me quittera jamais vraiment. C’est vraiment un outil qui me permet d’exprimer d’une manière hyper entière ce que je ressens, de mon rapport à la couleur, à comment faire vivre et incarner ces personnages et l’environnement dans lequel ils vivent.
« JE POUVAIS APPUYER, PUIS ÇA COULAIT, C’ÉTAIT TROP COOL, VRAIMENT. »
Parce que l’environnement est vraiment indissociable des personnages. Je crois que c’est un truc, plus le temps passe et à chaque fois que je construis un récit, il y a toujours un cadre qui vient l’asseoir, une trajectoire de personnages
Pour Big Bang Cunni, c’est drôle mais j’ai changé un peu de feutres. J’avais des feutres plus juteux. Là pour le coup, vraiment, tu vois, je pouvais appuyer, puis ça coulait, c’était trop cool, vraiment. Donc j’explore aussi un peu les différentes marques de feutres. En revanche, c’est un peu toujours la même manière de colorier, même si parfois je dilue un peu.

Rosigny Zoo, extrait
Depuis Rosigny Zoo, je me suis rendu compte que je pouvais diluer, parce que ce sont des feutres à eau, que quand j’ai envie de jouer avec les flous je peux me le permettre.
Après j’ai des codes, tu vois, il y a vraiment genre les arbres, ça sera toujours ce vert bleu là, le sol ce sera toujours un gris un peu chaud. J’ai des références comme ça qui m’aident, qui me rassurent quand je commence un nouveau récit. J’ai mes petites bases et je les réutilise. Ma manière d’aborder la couleur, c’est que j’ai des couleurs bien spécifiques pour des objets et je fais vraiment du remplissage et du coloriage au moment de la réalisation.
C’est un peu un je pense un kiff d’enfant que j’aime bien entretenir.
Pour terminer quand même, parlons aussi de votre participation à l’album collectif consacré à Gisèle Pélicot, Notre affaire. Qu’est ce qui vous a amené à participer à cet album et quel message avez-vous voulu transmettre ?
En fait, ils m’ont contacté un peu en urgence. Un désistement d’autrice qui fait que je me retrouve avec cette proposition, donc très cool, sur la thématique de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle dans les écoles. En fait, je pense que je le savais sans le savoir, mais en fait c’est obligatoire depuis 2001, je crois, ces cours d’éducation. Et donc c’est Mathieu Palin en fait qui m’a contactée. On se connaissait un peu de loin parce que c’est un gars qui vient de Grigny, donc du 91, un peu comme moi. Et à l’époque de Saison des Roses, on avait échangé, j’avais lu un peu ses bouquins. C’étaient toujours des trajectoires adolescentes donc ça me parlait beaucoup.
« JE ME SUIS VACHEMENT ATTACHÉE À CETTE HISTOIRE ALORS QU’EN RÉALITÉ C’ÉTAIT POUR DOUZE PAGES. »
Bref, il m’appelle, on en parle et il m’explique la thématique. Une prof qui fait un premier cours en gros sur les organes génitaux. Et elle parle du clitoris, elle parle de la vulve.
Et c’est vrai qu’au collège, c’est la préadolescence, la puberté quoi. Les enfants sont souvent déjà ultra fascinés dans leur imaginaire et dans leur rapport au corps et à la sexualité. J’avais beaucoup aimé le parti pris. Mais j’ai vachement réécrit les dialogues, et il m’a laissé faire. En même temps, je lui ai dit que je n’arrivais pas à faire autrement. Que même si l’on me fournit un scénario, il y a un moment où je dois m’approprier les personnages, que ce soient mes enfants presque. Donc il m’a laissé réécrire les dialogues. J’ai fait le découpage toute seule. Il devait y avoir cinq planches, il y en a douze à la fin je crois.
Et c’était vraiment une trop chouette expérience, j’ai trop aimé servir ce propos.
Par contre, je regrette un peu mes choix de feutres, mon choix de papier. C’est ultra personnel et j’espère que les gens sont quand même heureux de le lire et de regarder. Mais moi je sais que je me suis foirée sur les couleurs. Mais en fait c’est marrant parce que même un projet de commande, je suis allée chercher des souvenirs, des trucs du collège, j’ai dessiné mon collège sur la première page, j’ai inventé une relation entre le personnage de l’infirmière qu’on voit en flash-back à son époque à elle. Je me suis vachement attachée à cette histoire alors qu’en réalité c’était pour douze pages.
Mais ouais, c’était une grosse responsabilité. Et puis c’était un honneur de participer à ce projet, vu le contexte dans lequel il a été fait. Pouvoir participer à la déconstruction de cette culture du viol qui nous pollue, en fait, c’est trop important. C’était une chance de pouvoir y contribuer.
Big Bang Cuni est sorti en 2025. Aujourd’hui sur quoi travaillez-vous ?

Alors j’ai un flip book qui vient de sortir, chez FLBLB. C’était très cool parce que j’ai vu s’animer Barbara, mon héroïne de Saison des Roses. J’ai choisi de faire un enchaînement de dribbles où elle frappe à la fin, et puis elle démonte une grue et le verso, elle dribble, petites roulettes et puis elle défonce une pelleteuse avec un coup de tête. Donc voilà, c’est un peu la rencontre de Rosigny Zoo et de Saison des roses, tu vois, mais en faisant s’animer Barbara.
Et vraiment c’était assez génial comme exercice hyper difficile. C’est l’animation, c’est costaud quoi le découpage du mouvement. Mais j’adore ! Donc c’est rigolo parce que ça m’a un peu fait ressortir les toutes premières recherches de Saison des roses, les croquis de footballeurs, les croquis de dribble, les trucs comme ça. C’était vraiment trop cool.
C’est un peu moins de l’histoire, mais plus du mouvement. Et comme j’adore dessiner des personnages en mouvement, c’était trop trop bien. Ça s’appelle Claquer une praline et de l’autre côté c’est Fumer le ballon.

Voilà. Et sinon, là actuellement je travaille aussi sur un projet de livre avec un scénariste. On a signé il y a déjà deux ans, donc je suis un peu en retard. Mais pareil, une trajectoire de deux adolescentes à Los Angeles issues de la communauté latino, donc vraiment un territoire que je ne connais pas, une sociologie complètement différente de ce que de ce que j’ai pu déjà travailler sur la banlieue parisienne. Mais finalement en fait plein de points communs sur un rapport à cette fin d’adolescence, l’entrée dans l’âge adulte avec toutes les injonctions qui vont avec, en particulier pour des jeunes femmes. Et pour le coup, là, il y a vraiment le prisme américain avec cette immigration mexicaine qui est hyper réprimée, le contexte social qui est encore plus rude, avec très peu de soutien institutionnel.
« LE SCÉNARISTE A ÉCRIT UNE FICTION, MAIS C’EST UNE DE SES RENCONTRES. »
On va les suivre, elles vont en fait être amenées à rencontrer une association qui met en place de l’éducation populaire au travers de la culture skate, et elles, elles sont issues de familles avec des carences affectives et une précarité sociale très lourde. Et donc voilà, on va voir comment ces différentes figures un peu parentales de substitution permettent à la jeunesse d’avoir d’autres modèles que leur schéma à elles, quoi, pour essayer de leur proposer un avenir plus un peu plus vivable.
On est allés sur place avec le scénariste, mais lui en fait ça fait dix ans qu’il y va. Il a écrit une fiction, mais c’est une de ses rencontres.
C’est exactement ce que j’aime faire aussi. On comprend du coup cette communauté, ces gens qui fabriquent de la solidarité, du lien social, qui donnent de l’amour aux enfants, et ben c’était vraiment l’occasion de reconstruire tout un tas de scènes qui n’étaient pas spécialement écrites à la base.
On a rencontré un graffeur donc il se rapporte aussi au dessin dans l’espace public, à cette culture hip hop à Los Angeles qui a été un des berceaux culturels avec New York de toute cette culture qui vient des quartiers populaires et qui permet à tout un pan de la population invisibilisée de s’émanciper et de se reprendre aussi en main.
C’est ultra puissant. Et ce sera chez Gallimard.
Entretien réalisé lors des Rendez-vous de la Bande Dessinée Amiens, le samedi 06 juin 2026.
Bibliographie sélective
