Avec Impénétrable sorti le 06/09 dernier, Alix Garin signe un album autobiographique d’une profonde sincérité. Évoquant sans détour le vaginisme dont elle a été victime et questionnant son rapport à la sexualité et au couple, l’album est d’ores et déjà un titre incontournable de cette rentrée. Mais la carrière d’Alix a commencé, elle, il y a quelques années. Nous sommes en 2017 et le festival Quai des Bulles souffle alors ses 37 bougies…

Alix Garin, bonjour. Le festival Quai des bulles, 43ᵉ du nom, se tient les 25, 26 et 27 octobre prochain dans la cité corsaire de Saint-Malo. Un évènement que vous connaissez bien puisque vous y avez été lauréate du prix Jeunes Talents en 2017. Que représentent pour vous cette manifestation et ce prix ?
Alix Garin : Ce festival, c’est un peu celui de mon cœur, celui de mes débuts. Le fait d’avoir remporté ce prix Jeunes Talents à l’époque, en 2017. J’avais 20 ans, j’étais encore étudiante à Saint-Luc à Liège, en études de bande dessinée et je considère que ce prix a marqué mon entrée dans le milieu de la bande dessinée.

(Alix Garin en 2017 à Quai des Bulles)
« C’est lors de ce festival que j’ai pu faire des rencontres […] déterminantes pour lancer ma carrière«
C’est là que pour la première fois, j’ai pu côtoyer de nombreux professionnels, auteurs et autrices installés, qui m’ont ouvert les bras, ont été très, très bienveillants, qui m’ont donné beaucoup de conseils. Et puis c’est aussi lors de ce festival que j’ai pu faire les rencontres qui ont ensuite été déterminantes pour lancer ma carrière en tant qu’autrice, puisque c’est grâce à ça que j’ai signé mon premier album au Lombard.
Pourquoi avoir choisi de postuler pour ce prix des jeunes talents du Quai des Bulles ?
J’avais entendu parler de ce festival pendant les cours que je suivais à Saint-Luc, à Liège. Nos profs nous encourageaient alors à participer aux différents concours jeunes talents qui sont proposés par les festivals francophones, dont celui organisé par Quai des Bulles. Et donc j’avais suivi leurs conseils. Le thème de cette année-là s’intitulait « Au-delà du Rio Grande » et il m’a particulièrement inspirée. J’ai donc fait mes deux planches pendant l’été. Je me souviens encore d’être allée les poster avec mes potes et puis j’ai croisé les doigts et quand j’ai reçu la lettre chez mes parents qui disaient « Félicitations, vous faites partie des quinze sélectionnés ! », quel vertige !


(Les deux planches d’Alix Garin pour le concours)
« À partir de là, mes pieds ont quitté le sol »
C’était quinze jours avant le festival. Les billets de train étaient très chers depuis la Belgique. Je m’en souviens très bien, on était assis à table avec mes parents et je leur lis la lettre et ils me disent: « Écoute, on sait jamais, on te paye le billet de train. Et pour le reste, tire ton plan. Mais vas-y ! »
Et donc j’ai débarqué comme ça dans la cité corsaire avec mon petit sac à dos. Je dormais à l’auberge de jeunesse… Et puis il s’est avéré que j’avais gagné ! À partir de là, mes pieds ont quitté le sol et je me suis dit : « Wow, Alix, tu as trois jours pour tirer parti de cette opportunité incroyable, il ne faut pas que tu laisses passer ça ».
« On essaye surtout de ne pas se comparer alors que l’on est déjà extrêmement comparables ! »
Un autre auteur de bande dessinée que vous connaissez – Jean Crémers – a également été couronné en 2020. Avez-vous tous les deux échangé sur vos expériences respectives par rapport à ce prix Jeunes Talents que vous avez mutuellement remporté ?
Jean est en effet un très bon copain. On a fait nos études ensemble, cela fait des années que l’on se connaît et on a des parcours qui sont complètement parallèles l’un à l’autre. Et ça me réjouit car c’est quelqu’un dont j’admire énormément le travail (Vague de Froid aux éditions du Lombard et le Grand large chez Glénat) mais on n’échange pas spécialement sur nos expériences. On échange d’avantage sur notre amitié quand on se voit mais nous n’avons pas échangé sur cette expérience-là en particulier. On essaye surtout de ne pas se comparer alors que l’on est déjà extrêmement comparables !

Est-ce que vous continuez d’aller régulièrement au festival Quai des Bulles ? Car on parle souvent de Saint-Malo comme étant LE festival préféré de autrices et auteurs de bandes dessinées. Est-ce que tu partages aussi ce point de vue ?
Je ne vais pas démentir ça, c’est clair. Et oui, j’y suis retournée depuis 2017 déjà. J’ai été invitée l’année suivante par le festival en tant que lauréate de l’année précédente. Et une fois que mon premier album est sorti (Ne m’oublie pas), Le Lombard m’a invitée et cette année, je reviens enfin grâce à la sortie d’Impénétrable et je suis trop contente !

Serez-vous présente pendant les trois jours du festival 2024 ?
Oui, je dédicace tous les jours. J’ai aussi une rencontre le dimanche 27 à 11h45 et je participe à Contes à bulles le vendredi 25 à 13h50. On aura donc plein d’occasions de se voir !
Merci Alix pour cette interview, on te retrouve donc à Quai des Bulles les 25,26 et 27/10, ça va venir vite !
Interview réalisée le 18/09 dans locaux des éditions Dargaud-Lombard.
- Impénétrable
- Autrice: Alix Garin
- Éditeur : Le Lombard
- Prix : 29,90 €
- Sortie : 06 septembre 2024
- Pagination : 304 pages
- ISBN : 9782808210805
Résumé de l’éditeur : Dans un récit profondément intime et émouvant, Alix Garin nous raconte son voyage libérateur à travers les méandres des troubles de la sexualité. Comment le combat pour reprendre possession de son corps, de son désir et sauver son couple se transforme en une quête émouvante de guérison, d’émancipation et d’amour.
À travers des hauts et des bas, des échecs et des victoires, elle explore les profondeurs de sa psyché, les liens entre le physique et le mental et la complexité de la sexualité. Avec courage et honnêteté, Alix livre un témoignage sincère, beau et bouleversant sur les difficultés liées à la sexualité, encore trop méconnues et souvent taboues.
Contes à bulles
Depuis plus de 25 ans, cette animation, inventée par Jean-Claude Fournier et bien connue des habitués de Quai des Bulles, réunit sur scène une conteuse ou un conteur, une musicienne ou un musicien, ainsi qu’une dessinatrice ou un dessinateur, pour un spectacle unique et éphémère.
Cette année, trois auteurs de grand talent illustreront en direct les contes des îles du Pacifique de Céline Ripoll, qui sera accompagnée aux percussions par Jean-Jacques Barbette. Au programme : Les illustrateurs Alix Garin, Manuele Fior et Benjamin Flao illustreront « La légende du cocotier et autres contes de Tahiti », « Aotearoa, Terre des Maoris » (légendes de Nouvelle-Zélande) et « À l’ombre des moai » (légendes de l’île de Pâques).
Alix interviendra, pour sa part, le vendredi 25/10 à 13h50 dans l’auditorium Chateaubriand du Palais du Grand Large.

