Quatre soeurs # 3 Bettina

Notre avis : Cati Baur adapte la série de romans Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh publié par L’école des loisirs. Précédement édité par Delcourt, cette très belle fresque familiale est maintenant publiée par Rue de Sèvres (filiale de L’école des loisirs). Pour découvrir ce que contenaient les deux premiers volumes, vous pouvez vous référer à la chronique Comixtrip, ici.

Pour ce troisième volet, la romancière met de la lumière plus particulièrement sur Bettina, 14 ans, « piquante, épuisante, charmante, insupportable, on l’aime, on la déteste, on la re-aime, on la re-déteste… tuante », comme le souligne la presentation des personnages principaux sur la première page de l’ouvrage. Elle et ses soeurs accueillent Harry et Désirée, leurs cousins parisiens dans la Vill’Hervé pour les vacances.

Véritables petites tornades dans la quasi quiétude de la maison, il faut constamment garder un œil sur eux. De plus, les finances sont à sec et Charlie est inquiète. Elle propose alors de louer l’ancienne chambre des parents, décédés dans un accident de voiture. Débarque alors Tancrède, scientifique, qui ne laisse pas insensible l’aînée de la famille au détriment de son amoureux de docteur, Basile…

Comme pour les deux précédents volumes, le récit de Malika Ferdjoukh (adapté par Cati Baur) est savoureux. Teinté d’une certaine nostalgie voire un brin désuète, l’histoire plaît par une galerie de portraits plutôt réussie. Toutes ces filles sont amusantes, attachantes et se chamaillent pour le plus grand plaisir des jeunes lecteurs. Le trait de la dessinatrice genevoise est simple, efficace; ce qui lui permet de livrer des planches équilibrées à l’aquarelle.

  • Quatre soeurs, tome 3/4 : Bettina
  • Auteure : Cati Baur, d’après Malika Ferdjoukh
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 15€
  • Parution : 20 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Au coeur de ce troisième tome de la série, il est question de Bettina, 14 ans, qui se languit du très moche et si splendide Merlin… Pour tes vacances de printemps, les soeurs Verdelaine reçoivent leurs petits cousins Harry et Désirée, venus profiter du grand air. Hortense, de son côté, échange des mails avec Muguette, toujours hospitalisée. Mais voilà que, pour joindre les deux bouts, Charlie décide de touer une partie de la maison ! Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle. Et beau…

Cumbe

Notre avis : Principal pays d’Amérique du Sud ayant pratiqué l’esclavagisme du 15e au 19e siècle, le Brésil a accueilli des milliers d’hommes et de femmes dans les plantations. Venus du Mozambique ou d’Angola (pays lusophones), ils exploitèrent les mines d’or et les champs de canne à sucre. Marcelo D’Salete propose Cumbe, un recueil de quatre récits mettant en scène les existences d’esclaves; un très bel album historique publié par çà et là.

Les quatre récits ont pour point commun le destin fort, bouleversant et brisé d’hommes et de femmes esclaves, humiliés par leurs maîtres, en proie à la peur et aux doutes. En proposant cet album Marcelo d’Salete rend hommage à ces anonymes, en leur faisant prendre chaire, dans leurs souffrances d’Hommes non-libres. Il fait incarner l’esclavagisme par quatre êtres humains, beaux et dignes dans leur malheur. Entre la volonté de fuir, de trouver un ailleurs meilleur; le chagrin d’une mère à la perte de son enfant qu’elle a eu après un viol; la force de se rebeller ou le désir de vengeance; ces récits fascinent et questionnent.

Par quels sentiments sont mués ces êtres humains ? Que faire face à des exactions ? Quel avenir pour ses propres enfants, pour soi-même ? Quelles sont les traces laissées par l’esclavagisme ? Quelles traces culturelles ont-ils laissé au Brésil ?

L’auteur brésilien met donc en lumière un pan entier de l’histoire de son pays encore méconnu. L’ambiance sombre et pesante est admirablement restituée par un trait en noir et blanc très affirmé.

Né en 1979 au Brésil, Marcelo d’Salete est illustrateur, auteur et enseignant. Après un diplôme en beaux-arts à Sao Paulo, il travaille pour des revues et sur des livres pour la jeunesse, au début de sa carrière. Il publie deux autres recueils d’histoires courtes Noite Luz en 2008 et Encruzilhada en 2011. Cumbe est son premier album publié en langue française.

  • Cumbe
  • Auteur : Marcelo d’Salete
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 20€
  • Parution : 25 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le Brésil a été l’un des principaux pays pratiquant l’esclavage, jusqu’à son abrogation en 1888. En provenance d’Angola et du Mozambique, les esclaves étaient essentiellement affectés à l’exploitation de la canne à sucre ou des mines d’or, mais aussi pour les taches ménagères dans le cas des femmes. Certains esclaves se révoltaient, prenaient les armes et se réfugiaient dans la jungle pour créer des communautés, appelées quilombos, ou cumbe, où ils vivaient en autarcie. À travers quatre nouvelles, en partie inspirées d’événements historiques, le dessinateur brésilien Marcelo d’Salete raconte des histoires d’esclaves marrons au 17e siècle, des hommes, femmes et enfants confrontés à leurs tortionnaires et décidés à se libérer du joug de l’esclavage à tout prix,..
Dans la première histoire, intitulée Calunga, un jeune esclave tente de convaincre sa compagne de s’enfuir avec lui. Dans Sumidouro (Le Puit), une femme est prise entre deux feux ; violée par son maître et jalousée par la femme de celui-ci. Dans la nouvelle Cumbe, un groupe d’esclaves marrons fomente une rébellion. La dernière histoire, Malungo, est consacrée à des quilombolas qui reviennent dans une plantation pour se venger d’exactions.

Harmony #1

Notre avis : La nouvelle saga fantastique de Mathieu Reynès est dans les bacs. Son récit met en scène une jeune adolescente qui découvre qu’elle possède un pouvoir surnaturel.

Dans une cave sombre, une jeune adolescente se réveille à moitié. Habillée d’une simple chemise, elle ne se souvient de rien. D’ailleurs, elle ne sait pas si elle délire ou elle rêve. Parfois, d’étranges voix résonnent dans sa tête et semblent vouloir communiquer avec elle. De temps en temps, un vieil homme solitaire et qui a perdu sa fille lorsqu’elle avait 12 ans, lui apporte à manger et un médicament qu’elle n’avale pas.

Suspicieuse, elle se méfie de tout. Pourquoi est-elle ici ? Pourquoi est-elle enfermée dans une cave ? Qui sont ces voix ? Est-elle  recherchée par la police ?

Elle découvre rapidement qu’elle possède un don de télékinésie. Pourquoi ? Ce pouvoir est d’ailleurs délicat à maîtriser dans un premier temps. Pour répondre à cela, le vieil homme l’emmène chez Mahopmaa, chamane amérindienne.

Voilà une série qui démarre fort ! Emporté par l’intrigue et les nombreuses questions liés à Harmony, le lecteur dévore l’album. Il faut souligner que Mathieu Reynès met en scène un univers entre croyances ancestrales, pouvoirs surnaturels et réalités scientifiques. Ces phénomènes étranges, l’amnésie et la personnalité d’Harmony font peser un climat de doutes et de réflexions très complexes qui plaisent.

Adepte des récits de science-fiction comme Alter Ego (avec Pierre-Paul Renders et Denis Lapière, Dupuis) ou La peur géante (avec Denis Lapière, Les univers de Stefan Wul, Ankama), l’auteur français est à l’aise dans ce genre littéraire. Il fait prendre à son histoire fantastique un tournant aventurier plein de rebondissements en chaîne, qui fascine et questionne.

Le trait anguleux des visages de ses personnages apportent cette dose de froideur, de distance et d’intrigue qui conviennent parfaitement à l’ambiance électrique de l’histoire. Aidé par Valérie Vernay pour les couleurs, Mathieu Reynès propose des planches équilibrées au découpage rythmé.

  • Harmony, tome 1 : Memento
  • Auteur : Mathieu Reynès
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 12€
  • Parution : 29janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Lorsque la jeune Harmony se réveille, amnésique, dans une cave inconnue, elle ne dispose que de peu d’informations pour comprendre sa situation : le nom de son logeur, de mystérieuses voix dans sa tête et un don nouveau pour la télékinésie.
Mais il va falloir que la mémoire de l’adolescente se débloque et que tout lui revienne enfin (ses pouvoirs, sa relation avec son hôte, l’existence des autres enfants, le camp d’entraînement) pour contrer les dangers qu’elle devra affronter. Beaucoup de questions restent en suspens, et le combat ne fait que commencer…

Relation cheap

Notre avis : Davy Mourier et Elosterv tchatent depuis un certain temps et ont décidé de raconter cette relation épistolaire d’un nouveau genre dans Relation Cheap, un album à quatre mains édité par Delcourt.

D’un côté, Elosterv : jeune illustratrice et auteure diplômée en arts plastiques, blogueuse prolifique (webcomics Joseph ou son blog), elle travaille pour les revues Lapin, Papier ou Fluide Glacial et elle a publié La psychanalyse du héros d’aventure (avec Wandrille, Vraoum) et de l’autre Davy Mourier, auteur touche-à-tout : notamment Le dernier homme sur terre (Ankama) ou  La petite mort (Delcourt), il réalise, joue et scénarise des séries télévisées comme NerdZ ou Karaté Boy, et s’occupe de l’animation et de la réalisation de Golden Show, sketch sur le net (150 000 à 200 000 vues par épisode avec Monsieur Poulpe).

Ces deux-là échangent, s’amusent, se répondent avec une certaine drôlerie, en parlant parfois de leurs ouvrages. Ils parlent donc de choses et d’autres, de sexe, d’amour, de solitude; le tout chacun derrière son ordinateur. Ils vont même se rencontrer en vrai lors d’un festival. Comme la couverture (un cœur en circuit d’ordinateur), l’album est un petit ovni et perd parfois un peu le lecteur qui se sent un peu exclu de leur joute verbale, sans être vraiment intégré à leur discussion.

  • Relation cheap
  • Auteurs : Davy Mourier et Elosterv
  • Editeur : Delcourt, collection Humour de rire
  • Prix : 15.50€
  • Parution : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Depuis Internet, cest bien plus facile daller sur YouPorn mais ça na pas rendu les rapports amoureux plus simples ! Une relation à travers des écrans plats est-elle vouée à rester platonique ? Faire le même métier, ça permet de choper plus vite ? Davy et Elosterv donnent leurs réponses dans une BD sur eux, sur les relations virtuelles et « IRL » et sur lamour un peu foireux qui finit mal (en général).

Breizhskin

Notre avis : Dans les années 90, trois jeunes adolescents bretons dérivent vers l’ultra-nationalisme et deviennent skinheads-fachos. Dav Guedin et Craoman racontent ce drôle de destin et plus particulièrement un week-end d’intégration par un nationaliste pur et dur, dans Breizhskin aux éditions Ankama.

Dans un coin de la Bretagne. Yannick, 16 ans, Loïc 16 ans et Aymerick, 18 ans trainent souvent dans leur cité. Jouant les gros dur, ils arborent la vraie panoplie du petit facho : polo bleu-blanc-rouge, bretelles noires, jean délavé et rangers 18 trous à lacets blancs, par dessus, un petit bombers noir et une coupe crâne rasé. Jusqu’à présent, ils s’encanaillaient mais sans plus mais un jour le plus âgé leur propose de participer à un drôle de week-end chez Erwan, un skin breton qui a fait de la prison pour s’être battu avec des flics. Entre bières qui coulent à flots, humiliations, fidélité au Führer, passage à tabac, tout est réuni pour une plongée très forte chez les skins identitaires…

David Cenou (Mirador tête de mort, La Boîte à Bulles, 2013) nous avait déjà plongé dans le milieu skinheads avec sa propre histoire déclinée en album, cette fois-ci ce sont les souvenirs d’adolescent et les récits d’un ancien colocataire de Dav Guedin qui servent de base à Breizhskin.

C’est sale, c’est moche, les idées sont détestables mais ce récit est un formidable portrait sociologique d’une certaine jeunesse à la dérive dans les années 90. Tout y passe, sans complaisance, sans filtre. C’est brut et ça calme ! Les humiliations et la violence sont portées par une partie graphique en noir et blanc de Craoman très forte.

Les deux auteurs, qui avaient déjà travaillé ensemble sur Colo Bray-Dunes 1999 (Delcourt), publient une œuvre forte et le lecteur en prend plein la vue. C’est dur mais c’est intelligent !

  • Breizhskin
  • Scénariste : Dav Guedin
  • Dessinateur : Craoman
  • Editeur : Ankama, collection Label 619
  • Prix : 13.90€
  • Parution : 08 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Yannick est un ado de 16 ans, un peu paumé dans sa Bretagne natale. Avec deux amis, il s’est mis à adopter le look et les manières des skins, les nationalistes fiers de leurs racines. Mais le jour où ils rencontrent un « vrai » skin breton afin de se faire admettre dans ce groupe, ils se rendent compte d’un aspect du mouvement auquel ils n’avaient pas forcément pensé…

Le chant du cygne #2/2

Notre avis : Après un premier volume très réussi, succès éditorial et critique, Xavier Dorison, Emmanuel Herzet et Cédric Babouche dévoilent la fin de l’excellente série historique Le chant du cygne aux éditions Le Lombard.

Pour ce second tome du diptyque les lecteurs retrouvent le lieutenant Katzinski et ses hommes déserteurs dans leur course-poursuite avec le commandant Morvan. En effet, l’officier s’est juré de capturer ces soldats partis vers Paris et l’Assemblée Nationale afin de remettre la fameuse Pétition de la Côte 108 aux députés.

Pour cela, l’homme au visage déformé fait avertir tous les maires des communes alentours que des espions allemands sont dans le secteur afin de faire arrêter les déserteurs. De leur côté La Tiff et Bouvier ont trouvé refuge dans une auberge d’un village voisin…

De nouveau, le duo de scénariste Herzet-Dorison livrent une intrigue prenante et haletante aux lecteurs qui sont accrochés. Très documentée, l’histoire plait par son traitement narratif, son rythme et une fin étonnante.Le road movie des déserteurs poursuivis par les hommes de Morvan se transforme en jeu du chat et de la souris sanglant. Ma guerre n’est pas tendre avec les fuyards !

En plus d’un récit fort et touchant, l’album est porté par une partie graphique singulière de la part de Cédric Babouche. Influencé par les maîtres mangakas, l’auteur (réalisateur de courts métrages Imago et La routine) livre une belle prestation misant sur des aquarelles variées et des scènes de combats très maîtrisées.

  • Le chant du cygne, tome 2/2 : Qu’un seul nous entende
  • Scénaristes : Xavier Dorison et Emmanuel Herzet
  • Dessinateur : Cédric Babouche
  • Editeur : Le Lombard
  • Prix : 14.99€
  • Parution : 15 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le lieutenant Katz et ses soldats ne sont pas des lâches. Combattants aguerris, ils ont souvent surgi de leur tranchée pour charger sous la mitraille. Mais aujourd’hui, ils en ont assez. L’incompétence criminelle de leurs officiers menace une fois de plus de les emmener au désastre. Ils décident de déserter. Pas pour fuir, pas pour se cacher. Ils se rendront ensemble à Paris pour déposer une pétition au parlement au nom de leurs frères de bataille. Commence alors le plus beau et le plus désespéré des périples…

Le train des orphelins #6

Notre avis : L’une des plus belles séries éditées par Grand Angle (avec L’envolée sauvage, de Laurent Galandon, Arno Monin et Hamo) est de retour avec un second tome qui clôt le troisième cycle. Le train des orphelins de Philippe Charlot sur un scénario de Xavier Fourquemin conte un récit rocambolesque et tendre, digne de plus beaux films américains fondé sur une histoire vraie.

Le train des orphelins est né de l’imagination de Philippe Charlot. Il a basé son histoire sur un fait historique authentique : L’Orphan Train Riders. Il y a une dizaine d’années, Phil Lancaster, un  musicien américain,  lui a raconté l’histoire de ces enfants déplacés de force. Entre 1854 et 1929, des dizaines de milliers d’enfants d’orphelinats ont transité par des convois qui les conduisaient vers une nouvelle vie, vers le Grand Ouest des Etats-Unis, pour le peupler.  Ni les historiens, ni le cinéma, ni les autorités des USA ne s’intéressent à ce thème pourtant passionnant et hors du commun.

Dans le premier tome, le lecteur découvrait Jim et Joey, deux frères accompagnés de leur sœur Anna qui faisaient partie de l’expédition. Ils vont se lier d’amitié avec Harvey, un gamin débrouillard. Quelques années plus tard, un homme pousse la porte du bureau des archives où est enfermée la mémoire du Train des Orphelins. Il demande à consulter le dossier d’un certain Jim Smith. Il dit s’appeler Harvey Young…

Voilà une belle série que Le train des orphelins, mêlant habilement l’Histoire, le suspens et les enquêtes des jeunes enfants, avec de temps à autre, un brin d’humour qui permet d’alléger ce très bon drame. Le récit vivant de Philippe Charlot alterne avec beaucoup de maîtrise la quête d’identité de jeunes héros en 1920 avec une trame de ces mêmes enfants devenus adultes en 1989. Le lecteur passe allègrement d’une époque à l’autre avec aisance, piochant des indices dans les deux moments historiques. Les adultes, âgés à la fin des années 80, continuent de faire vivre cette mémoire du Train des orphelins au travers de conférences, d’expositions ou de regroupements d’anciens enfants. Le scénario sensible et parfois touchant, met en lumière un événement quasi inconnu de l’histoire des Etats-Unis. Le trait semi-réaliste de Xavier Fourquemin illustre de belle manière cette série. Les planches comme les couleurs sont équilibrées et efficaces.

  • Le train des orphelins, tome 6 : Duels
  • Scénariste : Philippe Charlot
  • Dessinateur : Xavier Fourquemin
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 13.90€
  • Parution : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Pour les orphelins du train, séparés injustement depuis 70 ans, l’heure des comptes a sonné… À sa mort, Lisa, l’adolescente qui avait pris soin des orphelins déplacés vers l’Ouest américain dans les années 1920, laisse une lettre dévoilant le secret d’Harvey. Le garçon qui a volé l’identité de Jim, l’un des orphelins, a été témoin d’un meurtre commis par Joey, le jeune frère de Jim. Soixante ans plus tard, Jim et Joey, âgés mais toujours solidaires, décident de se rendre chez Harvey pour apprendre la vérité à leur petite soeur Anna, restée toute sa vie auprès de celui qu’elle pense être son frère.

Blateman et Bobine #1

Notre avis : La petite structure éditoriale Tartamudo dévoile le premier volet des aventures de Blateman et Bobine, une histoire de Vhénin sur un scénario de Tarek.

Loindetout, petit village tranquille. Deux adolescents aiment à se faire peur en tentant d’entrer dans une maison abandonnée. Surpris par une chouette, ils fuient et se font même tirer dessus par les villageois. Par un grand hasard, ils ne sont que blessés. Les hommes armés les avaient pris pour des zombies. Il faut dire que c’est ce qu’ils redoutent le plus. Afin de repousser ces morts-vivants, ils font appel à Blateman et Bobine, célèbre duo de super-héros. L’un sur sa blatemob (pas très vaillante) et l’autre sur son scooter, ils peinent à arriver, s’offrant même une halte déjeuner. De plus, ils sont pris pour des voleurs lorsqu’ils pénètrent dans l’église…

Parodie de Batman et Robin pour jeunes lecteurs, l’histoire, peu originale et classique, se laisse lire, permettant de passer un agréable moment. Le récit de Tarek (scénariste de l’album Le concierge, avec Seb Cazes, Le moule-à-gaufre) mise avant tout sur les ratés et les situations cocasses de ses deux héros (parfois même zhéros !). En ce qui concerne la partie graphique, Vhénin (Vincent Hénin a travaillé sur l’Univers de Jacques Martin, Les voyages d’Alix) réussit son entreprise, d’une façon très efficace, idéal pour les plus jeunes. Planches équilibrés, personnages typés et amusants et couleurs pétillantes lui permettent de restituer l’ambiance humoristique de l’album.

  • Blateman et Bobine, tome 1 : Loindetout
  • Scénariste : Tarek
  • Auteur : Vhenin
  • Editeur : Tartamudo
  • Prix : 12€
  • Parution : 10 décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Blateman & Bobine , c’est l’histoire de deux super-héros peu ordinaires… Dans ce premier tome intitulé Loindetout, ils vont devoir sauver un village qui subit depuis quelques temps des attaques de zombies. Les risques que nos deux héros vont devoir prendre sont dignes de leur légende en devenir. Blateman est à l’aventure ce que Batman est à la chauve-souris… Euh, comprenez-y ce que vous voudrez bien. Blateman est un super-héros qui flirte souvent avec le super-zéro ! C’est qu’elle a quatre mains gauches, la pauvre blatte de compet’…

Pouvoirpoint

Notre avis : Les lecteurs d’Erwann Surcouf ( et ils sont nombreux) sont des habitués de son sens de l’absurde et du loufoque. Avec sa dernière livraison, Pouvoirpoint, joliment éditée par les Nantais de Vide Cocagne, ils ne seront pas déçus. Le dessinateur-illustrateur a croqué en 196 pages couleur le quotidien de l’univers du bureau qu’il a transporté dans un futur lointain…

Il nous campe le personnage sans visage ( il porte un casque ) d’un graphiste stagiaire catapulté à bord d’un vaisseau spatial, quelque part entre la planète Terre et Alpha du Centaure. Bien qu’à des années-lumière de sa planète, il se retrouve dans l’ENTREPRISE-2061 confronté à toutes sortes de situations que tout employé de bureau est ou a été un jour confronté : bourrage papier d’une machine, ordinateur ou robot récalcitrant ( ici il parle et s’appelle Tanguy).

Volontiers qualifié d’ Openspace Opera, ce livre aborde sans avoir l’air d’y toucher quelques grands thèmes classiques de la littérature de science-fiction : sorties dans l’hyper espace, attaques et menaces d’extraterrestres… L’histoire est découpée en dix chapitres, de l’embarquement à l’arrivée.

Les dialogues sont parfois très réussis. Les amateurs s’amuseront aussi à y repérer des extraits de tubes anglo-saxons traduits en Français.

Pochade ou réflexion sur les grandeurs et misères du monde du travail, Pouvoirpoint se lit sans ennui.

 

  • Pouvoirpoint
  • Auteur : Erwann Surcouf
  • Editeur : Vide Cocagne
  • Parution : 18 janvier 2016
  • Prix : 23 euros

Résumé de l’éditeur. Pouvoirpoint se déroule dans un futur intemporel, lointain mais déjà vintage, dans lequel les Terriens ont colonisé les systèmes solaires voisins. Nous suivons la vie d’un graphiste stagiaire à bord d’un vaisseau spatial de commerce, le temps d’un voyage de quelques mois entre la Terre et Alpha du Centaure. Sur un ton absurde, nous découvrons avec lui la vie du vaisseau, entre quotidien de bureau et grands thèmes de science-fiction (sauts en hyper-espace, menace extra-terrestre)…

Le voleur d’estampes #1

Notre avis : Manga inclassable et d’une grande poésie, Le voleur d’estampes fascine et questionne. Camille Moulin-Dupré, son auteur, met en scène un héros à la double vie : il travaille dans un restaurant le jour et cambriole les riches la nuit.

Japon XIXe siècle. Une silhouette fine et agile saute de toits en toits dans la pénombre. A l’aide de son parapluie, il arrive à échapper à ses poursuivants. Il faut souligner que l’homme vole les notables de la ville, encore endormis dans la pièce d’à côté. Tel un Robin des bois, il vole aux riches pour donner aux plus pauvres.

Pourtant ses journées sont longues, lui qui passe sa vie à aider son père propriétaire d’un restaurant au bord de la mer. Il ne rechigne pas à la masse de travail : porter des poissons ou nettoyer la boutique, même si cela l’ennuie profondément.

Une nuit sur la Colline aux palais et alors qu’il visite une riche demeure, il croise une belle jeune femme…

Après des études aux Beaux-Arts de Rennes, Camille Moulin-Dupré réalise Allons-y Alonzo, un court métrage-hommage à Jean-Paul Belmondo. Lui vient alors l’idée de créer son propre manga mettant en scène d’un côté un homme discret, volant de façon désintéressée et de l’autre une princesse, fragile mais rebelle qui se réfugie dans l’opium. Inspiré par les mangas tel Ramna 1/2 de Rumiko Takahashi ou les films d’animation d’Isao Takahata et la série Samurai Champloo, le jeune auteur utilisera la figure de Bébel dans Le voleur de Louis Malle mais aussi de Dexter pour composer son personnage principal. Amoureux de la culture japonaise, l’auteur français pour composer ses cases, prendra exemple sur les estampes des maîtres Hiroshige, Hokusai ou Harunobu.

D’une force graphique (chaque vignette est une oeuvre elle-même), Le voleur d’estampes repose néanmoins sur une intrigue un peu trop classique. A renforcer pour le second volume.

  • Le voleur d’estampes, volume 1
  • Auteur : Camille Moulin-Dupré
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 13.25€
  • Sortie : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Japon, fin du XIXe siècle. Dans une société en crise, le Voleur mène une double vie. Le jour, il œuvre dans le restaurant portuaire de son père. La nuit, il dévalise la colline aux palais. Ce qui le guide : le frisson de l’aventure, la sensation de liberté, le sentiment que le monde lui appartient.
Jusqu’au jour où il cambriole le gouverneur. Jusqu’au jour où sa fille découvre son visage. Entre l’héritière, promise à un destin qu’elle refuse, et le Voleur, piqué dans son orgueil, se noue alors un étrange chassé-croisé…

Tritons #1

Notre avis : Après l’excellent Zita la fille de l’espace de Ben Atke, les éditions Rue de Sèvres poursuivent leur incursion dans la science-fiction pour les jeunes lecteurs avec Tritons, une série signée Doug Tennapel.

Sur la planète des tritons, tout se passe pour le mieux. Zak vit avec Gullimar, son père, sa mère et Sissy sa sœur. Avec l’arrivée d’une vingtaine de nouvelles larves dans la famille, Zak doit jouer au grand frère mais il n’y arrive pas. S’il se sent comme un poisson dans le milieu aquatique, ses minuscules pattes peu robustes l’empêchent de bien se mouvoir sur Terre. De plus la grande hantise des habitants est l’attaque de lezzarks, ce qui va se produire. D’ailleurs Gullimar et deux autres tritons-pères s’aventurent pour les débusquer…

Difficile mise en place pour ce premier volume qui a vraiment du mal à démarrer. Doug Tennapel imagine pourtant un univers fantastique plutôt intéressant même si l’intrigue n’est pas d’une folle originalité. Il développe une quête initiatique à travers Zak, rapidement seul et qui doit se débrouiller seul pour survivre. Les belles relations avec ses parents ou sa sœur sont assez bien maîtrisées et le thème de la différence (le handicap) très habilement exploité, idéale pour les enfants.

Le créateur de Earthworm Jim, le célèbre personnage de jeux vidéo livre une partie graphique aboutie. En espérant que le deuxième volume de Tritons soit plus rythmé et prenne enfin son envol, car on perçoit bien tout son potentiel.

  • Tritons, tome 1 : L’invasion des lezzarks sanguinaires
  • Auteur : Doug Tennapel
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 12.50€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Zak, un adorable petit Triton aux frêles pattes, rêve de jambes solides, ce que ses parents auraient de tout coeur voulu lui transmettre. Quand son paisible village est attaqué par les cruels Lézards, il n’a d’autre choix que de fuir et d’abandonner la seule vie qu’il ait connue. Maintenant, seul et en cavale, Zak découvre un monde dangereux, rempli de créatures étranges et de mystères sans nombre, où les amis sont rares mais où plane la menace d’un sombre seigneur…

L’odyssée du vice

Notre avis : Explorer une planète des plus étranges, voilà la mission de Roger, un astronaute. Castrateur et voluptueux, ce lieu respire l’érotisme et le sexe. Delphine Panique se prête au jeu de la collection BD Cul des éditions Requins Marteaux. En effet après les excellents La bibite à bon dieu (Guillaume Bouzard), Bernardette (El don Guillermo) ou encore PlanPlan Culcul (Anouk Ricard), ce label accueille des auteurs qui jouent avec les codes de l’érotisme et de la pornographie, toujours avec un très bel humour.

L’odyssée du vice est un petit album de format poche très réussi, très drôle et porté par une belle partie graphique. Il met en scène le gentil Roger, marié à Penny, une douce femme. Il se retrouve sur une planète qu’il va explorer de toutes les manières : olfactive et au toucher. Ses sens vont être titillés mais il y va en perdre son sexe ! Castré sans le vouloir, il va devoir refréner ses ardeurs à la vue de femmes nues…

Delphine Panique livre ainsi une réflexion sur l’Homme, la masculinité, son rapport à son sexe, ses envies, ses désirs; le tout en n’ayant plus son repère le plus fort, sa verge. De la zoophilie à l’homosexualité, au changement des genres tout y est. Ce n’est pas qu’un récit drôle, c’est aussi un récit profond (dans tous les sens du terme). L’auteure du formidable En temps de guerre (Misma, en Sélection Officielle du Festival BD d’Angoulême 2016) s’est amusée à composer cet album et ça se ressent.

  • L’odyssée du vice
  • Auteure : Delphine Panique
  • Editeur : Les requins marteaux
  • Prix : 12€
  • Sortie : 25 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Roger l’astronaute est en mission. Loin de la douce Penny qui attend patiemment son retour, il explore une étrange planète. Fasciné par ces paysages désertiques aux cieux chatoyants comme un dégradé photoshop, il se laisse aller à quelques fouilles un peu trop approfondies. A la fois rongé par l’absence de sa tendre Penny et berce par les réminiscences de leurs étreintes, Roger se laisse enivrer par le plaisir apparemment partagé d’une exploration sans tabou. La jouissance est intense mais, au petit matin, la perte est lourde : Sa bite a disparu ! Et la faune locale constituée de créatures toutes plus exotiques les unes que les autres, des vulvolantes aux baleines à bites, ne semble exister que pour lui rappeler son triste sort. Roger ne connaîtra aucun répit, du fond de ses caves moites au sommet de ses dunes voluptueuses, cette planète semble bien décider à lui faire pleurer son foutre. Ainsi commence L’Odyssée du Vice, une relecture hallucine e de la célèbre fresque mythologicle qui vous fera découvrir les plaisirs de l’ejac spatiale. A cheval entre le midnight movie et le roman épistolaire, Delphine Panique nous entraîne dans une qué-quête aux multiples embouches. Allez-y a fond : dans l’espace personne ne vous entendra jouir.