Seule contre la loi

Notre avis : Les éditions Long Bec publient en intégrale Seule contre la loi, une histoire d’amour se transformant en polar signé Roger Seiter et Vincent Wagner.

Londres, 1875. Valeria et Eustace sont heureux, ils viennent de se marier. Le couple Woodville pourtant n’est pas très à l’aise : la famille de la mariée et celle du marié ne sont pas pour cette union. D’ailleurs, le jour de la cérémonie, seuls les témoins sont présents.

Il faut souligner que les Woodville n’approuvent pas du tout ce mariage, tandis que la famille de Valeria la met en garde sur la zone d’ombre de son mari. Peu importe les deux tourtereaux sont dans un bonheur total.

Pendant le voyage de noce, Valeria croise la mère de Eustace sur une plage. Celle-ci ne la reconnait pas et semble d’une grande douceur et amabilité. Dès qu’elle apprend qui est la jeune femme, elle change de comportement et devient désagréable. L’épouse tente de percer le mystère qui entoure son époux en lui posant des questions, ainsi qu’à Fitz-David le majordome : en vain. Il aurait utilisé un nom d’emprunt…

Fondé sur le roman de Wilkie Collins daté de 1875, Seule contre la loi est donc une adaptation. Le récit se déroule à l’époque victorienne, ce qui accentue l’ambiance de suspense de l’album. Après le merveilleux Fog avec Cyril Bonin, Roger Seiter se plongeait de nouveau dans cette ère si prestigieuse en Angleterre.

Cette histoire d’amour portant débutait mal – les deux familles des époux ne voulaient en aucun cas cette union – ce qui aurait pu mettre la puce à l’oreille de Valeria. De plus, les rumeurs se faisaient des plus pressantes autour du passé de Eustace. Héroïne d’un grande modernité pour l’époque (il n’y avait guère que des hommes détective comme Sherlock Holmes), la jeune femme sera donc un modèle pour les futures femmes policières dans les romans.

La narration très classique est extrêmement bien maîtrisée par le scénariste de l’excellent Trou de mémoire (avec Pascal Regnauld). Il met un grand soin à la décrire la psychologie des personnages et aux dialogues.

Vincent Wagner (Ogre & cie) réalise des planches sobres d’une belle efficacité. Nous préférerons ses albums pour enfants (orcières et magiciens, Le pont des pirates ou Cromalin et Cromignonne) où il excelle.

Seule contre la loi fut publié une première fois par Casterman en deux volumes à partir de 2006 .

Article posté le mercredi 12 juillet 2017 par Damien Canteau

Seule contre la loi de Roger Seiter et Vincent Wagner (Long Bec) décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Seule contre la loi, intégrale
  • Scénariste : Roger Seiter
  • Dessinateur : Vincent Wagner
  • Editeur : Long Bec
  • Prix : 25€
  • Parution : 26 mai 2017
  • IBAN : 9791092499490

Résumé de l’éditeur : Angleterre 1875. Une jeune femme du nom de Valeria Brinton épouse par amour Eustace Woodville en dépit des réticences de son entourage. Durant le voyage de noces, plusieurs indices amènent Valeria à penser que son mari porte un lourd secret en relation avec son passé et qu’il lui ment. Après avoir mené une rapide enquête, elle découvre qu’il l’a épousée sous un faux nom. Il s’appelle en réalité Eustace MacAllan. Et quand elle lui demande des explications, il refuse de répondre à ses questions et la quitte tout en lui assurant qu’il l’aime. Mais Valeria est amoureuse et est prête à tout pour connaître la vérité. Après bien des recherches, elle découvre finalement que son mari a été jugé pour l’empoisonnement de sa première épouse. Malheureusement, son procès a eu lieu en Ecosse et s’est conclu par un verdict en demi-teinte uniquement possible parce que les lois écossaises sont différentes des lois anglaises. Eustace a été relaxé faute de preuves, mais pas innocenté. Un verdict terrible pour un gentleman puisqu’il laisse planer un doute sur son innocence et entache à jamais son honneur. Valeria, qui n’est pas du genre à renoncer et à baisser les bras, se lance alors dans une véritable croisade pour prouver l’innocence d’Eustace et sauver leur mariage. Cette intégrale reprend les deux albums précédemment publiés chez Casterman sous le titre «Mysteries», augmentés d’un dossier graphique et historique inédit.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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