Quai Des Bulles, c’est parti ! Jeudi 2 octobre se tenait à La Grande Passerelle de Saint-Malo, la conférence de presse de lancement du festival BD le plus populaire de Bretagne. Pour résumer, l’édition 2025 sera tournée vers l’extérieur et résolument… engagée.
Quai des Bulles 2025 : un engagement plus profond sur son territoire
C’est sous une version géante de l’affiche 2025 signée Nicolas Barral, qu’ont pris place les représentants de la mairie de Saint-Malo et du festival, au cœur de la médiathèque malouine.

Parlons argent
Un premier sujet se dégage rapidement de la présentation officielle : le budget. Il est facilement perceptible que la tendance actuelle au financement public, n’est pas plus réjouissante pour Quai des Bulles que pour le reste du monde de la culture. Les médias avaient déjà pu apprendre le déménagement de la salle de presse du Palais du Grand Large vers le Pavillon des pêches, pour cause de réduction des coûts de salle.
Hausse des tarifs annoncée
Les visiteurs seront eux aussi mis à contribution via une augmentation du tarif quotidien et du pass trois jours, 13€ et 25€. Le festival cherche aussi à diversifier ses ressources financières afin de ne pas se reposer sur les seules subventions publiques.
Le président de l’association a tenu à pointer qu’en contrepartie, le tarif réduit serait étendu afin d’intégrer désormais les chômeurs, étudiants et accompagnants de personnes en situation de handicap.
Il sera par ailleurs possible de récupérer son entrée dès le jeudi après-midi, sur les points de vente du festival, pour gagner du temps sur l’entrée du vendredi matin.
Le mécénat comme réponse pour fidéliser le financement privé ?
Cette dimension financière a aussi été poussée par le nouveau directeur opérationnel du festival, Nicolas Dupas, à travers une nouvelle initiative : le mécénat personnel.
Afin de servir « celles et ceux qui ont une histoire personnelle avec le festival », a été ouverte la possibilité de faire des dons à l’association, défiscalisés et servis par des contreparties physiques et des bénéfices liés aux services de l’association. Là encore, se ressent la volonté de diversifier les ressources financières du festival, dans une époque où la subvention publique ne progresse plus, voire est susceptible de se contracter.
C’est aussi ce qui a amené l’association à contractualiser de nouveaux partenariats, comme par exemple avec la SNCF Réseaux qui a permis le déploiement d’une exposition extérieure sur le parvis de la Grande Passerelle.
Connecter le festival à la ville
Et fondamentalement, cette action de partenariat traduit aussi la philosophie 2025 du festival, ainsi que celle des années futures.
La mairie de Saint-Malo a été claire sur le sujet. Elle n’attend pas que Quai des Bulles augmente son nombre de visiteurs (46 000 annoncés pour 2024), considéré comme un maximum. Elle souhaite que le développement se fasse au niveau de l’accessibilité du festival.
Une façon de dire que la municipalité ne souhaite pas s’engager aujourd’hui au-delà des 300 000€ déjà engagés. La Route du Rhum démontre tous les quatre ans que les lieux peuvent accueillir bien plus de visiteurs, pour peu que les moyens financiers le permettent. Augmenter la jauge de visiteurs ne relèverait pas de l’impossible.
Améliorer l’expérience visiteur, souhait de la municipalité

Régis Thomas et Simon Rochepeau – Photo Yaneck Chareyre pour Comixtrip
La réponse de Quai des Bulles a donc été de commencer à tracer un cordon de bande dessinée au cœur de la ville. Géographiquement, Saint-Malo se partage en deux espaces, intra-muros (la cité médiévale) et extra-muros (la ville moderne). Quai des Bulles est profondément connecté à l’intra-muros, avec sa position à l’entrée des remparts, sur le sillon. Depuis plusieurs années maintenant, la médiathèque, au cœur du centre-ville moderne, accueille une programmation gratuite intégrée à 100% dans le festival.
Désormais, entre la médiathèque et la gare, est aussi positionnée une exposition extérieure. Celle de cette année est consacrée à la collection Façades de la maison d’édition indépendante nantaise Polystyrène. Une exposition collective, mettant en valeur une petite maison d’édition et sa diversité éditoriale. Elle permet d’offrir aux festivaliers (et aux malouins) une connexion dès la sortie de la gare, grande pourvoyeuse de visiteurs pendant le festival.
Mais surtout, cette exposition est mise à disposition dès le début du mois d‘octobre, amenant le festival à essaimer au-delà du week-end du festival. Une logique de plus en plus prégnante pour les festivals BD, auxquels les collectivités financeuses demandent de plus en plus des actions concrètes au bénéfice de leurs administrés.
Reste à connecter la médiathèque au Quai Chateaubriand. L’association a pu dire que le sujet était en réflexion, sans dévoiler l’état de ses avancées.
Quelles expositions proposées ?
En termes de programmation, l’année s’annonce aussi riche que les précédentes.
Au-delà du salon du livre, qui draine toujours ses passionnés, plusieurs expositions seront proposées.
L’exposition Radiant, annoncée avec une scénographie très impactante, symbolise l’ancrage du manga au sein de l’événement. A ses côtés, une exposition patrimoniale devrait attirer beaucoup de visiteurs, puisque consacrée aux Idées Noires de Franquin.
L’autrice Léa Mazé sera mise en avant près de l’espace jeunesse et pour les adultes, ce sera la Sibylline de Sixtine Dano qui sera valorisée. Une exposition consacrée à Sylvain Vallée sera aussi au programme, pour les amateurs de BD franco-belge plus classique (mais extrêmement qualitative). Le partenariat avec le Club99, fédération des festivals BD français, amène en terres bretonnes l’exposition M comme Métal.
L’association Quai des Bulles s’engage en faveur de la cause LGBTQIA+
Mais l’exposition qui a été le plus mise en avant par l’association et Régis Thomas, co-directeur artistique du festival présent à la conférence de presse, est celle visible à la Grande Passerelle (donc gratuitement) et consacrée à la transidentité en bande dessinée. Une exposition regroupant plusieurs œuvres et donc plusieurs témoignages différents sur les parcours de transition de genre.
Une volonté d’engagement de la part du festival, dans une époque où les droits des personnes trans sont attaqués, notamment en terres anglo-saxonnes. Laurier The Fox, auteur militant ayant réalisé lui-même une transition de genre, était présent pour présenter l’exposition, où son œuvre est exposée.
Cette réalisation pédagogique a été voulue facilement partageable, La transidentité en BD rejoignant la sélection d’expositions Quai des Bulles prêtables à d’autres institutions.
Une programmation toujours aussi large
Évidemment, rencontres (dont certaines animées par l’équipe de Comixtrip), projections de films, dédicaces, ateliers viendront compléter cette offre culturelle. Retrouvez tous le programme sur le site du festival.
Rendez-vous donc les 24, 25 et 26 octobre prochains, pour une nouvelle édition du festival Quai des Bulles.
Avertissement : Comixtrip est partenaire du festival Quai des Bulles via le Prix Jeune Talent mais conserve sa liberté éditoriale sur les sujets afférant au festival.
