Cité Irréelle

Les Editions Tanibis nous proposent Citée Irréelle le premier livre de D.J. Bryant. L’auteur nous plonge dans cinq histoires déstabilisantes où les apparences sont souvent trompeuses. Il aborde l’amour, la passion, la haine et la cruauté.  

Echoes into eternity : L’obsession, l’amour et l’apparence

« Echoes into eternity » est l’histoire d’une rencontre qui bouleverse au premier regard. Mais qui est Aydan cet inconnu que Nadya a croisé de l’autre coté de la vitrine ? Il l’obsède, il lui ressemble comme si c’était son double en masculin. Les apparences sont-elles trompeuses?  Qui est-elle ? Qui est-il ?

Evelyn Dalton-Hoyt : la cruauté, le sexe, la soumission

Evelyn est sexothérapeute, Henry son mari est devenu sa proie. Il a totalement perdu le contrôle de sa volonté lors de leur première rencontre. Dès qu’elle le peut, elle l’insulte, l’humilie et joue sexuellement avec lui. Il ne peut plus vivre comme ça, sous l’emprise de cette femme. Que peut-il faire pour s’en sortir?

Emordana ou l’influence du néant sur le cortex

Pour cette troisième histoire, le lecteur suit les errances d’un acteur au long nez qui ne sait pas bien pourquoi il est là. Est-ce sa réalité ? Est-ce une pièce ? Qui le regarde ? Il est acclamé mais il ne sait pas pourquoi. Est-il lui même ou est-il un autre ?

La rétrospective Yellowknife ou l’inflexion du temps sur l’histoire

Jack et Laura vont à une exposition dans une galerie bâtie selon les principes du design temporel. Jack n’est pas enchanté mais en arrivant il s’aperçoit que c’est son exposition alors qu’il n’a jamais rien exposé. Cette galerie bâtie ainsi permet de faire des bons dans le temps, de se rencontrer dans son présent, dans son passé. Mais dans de telles conditions, tout cela est-il réel ? Existe-t-il ? et Laura ?

Objet d’art : La fin avant le commencement

Elise et Léon (un artiste) se sont rencontrés il y a plusieurs années mais depuis peu leur vie n’est plus celle qu’elle aimerait. Léon est obsédé par son héroïne de bande dessinée Blanca. Lors d’une soirée costumée pour lui faire plaisir elle se déguise comme Blanca. Elle rencontre Ned le serveur qui tombe immédiatement sous son charme. Une relation s’installe entre Blanca et Ned. Cette relation est-elle le début ou la fin de cette histoire ? Ned est-il Ned ? Blanca est-elle Blanca ou est-elle Elise ?

Citée irréelle : le jeu des sens

D.J. Bryant s’amuse avec le lecteur, il prend un malin plaisir à le heurter à le faire réfléchir et à le balader dans le temps de ces histoires irréelles. Les dessins sont magnifiques. Quatre histoires sur 5 sont en noir et blanc avec un graphisme impeccable où il joue sur les profondeurs de ses noirs et les regards troublants de ses personnages. Si vous aimez être bousculé, relire plusieurs fois une histoire pour vraiment la comprendre et que les scènes réservées aux adultes ne vous gênent pas alors cette lecture est pour vous.

Article posté le samedi 07 septembre 2019 par Yoann

Cité irréelle de D.J. Bryant (Editions Tanibis)
  • Cité Irréelle
  • Scénario et Dessin D. J. Bryant
  • Éditeur : Editions Tanibis
  • Prix : 20.00 €
  • Parution :  Septembre 2019
  • ISBN : 9782848410524

Résumé de l’éditeur : Cité irréelle rassemble cinq histoires dans lesquelles il est question de passion et de haine, d’amour et de cruauté, d’hommes et de femmes jouant au chat et à la souris ; cinq histoires déstabilisantes où, comme dans un film de David Lynch, les apparences sont souvent trompeuses.

L’auteur prend un malin plaisir à plonger ses personnages tourmentés dans un univers mouvant et plein de chausse-trappes. Il met en œuvre des structures narratives sophistiquées pour retranscrire leurs émotions, complexes et parfois contradictoires. Il construit l’un des récits comme un ruban de Mœbius, donne à un autre une structure en miroir. Alternant les points de vue et multipliant les faux-semblants, l’auteur fait vaciller nos repères.

Le dessin de Cité irréelle impressionne par sa finesse, sa précision et sa diversité. Il n’est pas sans rappeler celui de Daniel Clowes, mais aussi celui des maîtres du comic book classique comme Steve Ditko ou encore des cartoons Hanna-Barbera.

Cité irréelle est le premier livre de l’auteur américain D. J. Bryant, diplômé de l’Art Institute de Seattle quelques jours après les attaques du 11 septembre. L’auteur aime également préciser dans ses entretiens qu’il dessinait la dernière page du livre au moment de l’élection de Donald Trump. Une manière de souligner que, dans le monde réel comme dans la Cité irréelle, l’avenir n’est jamais assuré

À propos de l'auteur de cet article

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Yoann

Yoann Debiais est un amoureux de la bande dessinée depuis de nombreuses années. Le temps et les rencontres lui ont permis de s'ouvrir à des lectures plus humaines et plus profondes. Il partage sa passion sur Instagram sous le compte @livressedesbulles. N'hésitez pas à découvrir son univers fait de partages.

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