Il faut flinguer Ramirez 2

Des bad girls en cavale, un tueur au trousses, des tirs à gogo, des couleurs saturés, une action débridée et de l’ironie… Avec le 2e tome de « Il Faut flinguer Ramirez », bienvenue dans le monde coloré et pêchu de Nicolas Petrimaux.

Pablo del Rio, 1938.

Le parrain Don Carlos accompagne son fils Hector au Santa Pablo Hotel. Dans la chambre 403, il lui présente son associé, Ramirez, accompagné lui aussi de son rejeton, car les deux hommes ont décidé de laisser leur business à la génération suivante. Côté répartition du boulot, c’est assez simple. Diego Ramirez, grosse moustache et tache de vin au milieu du visage, s’occupe des missions délicates. C’est le nettoyeur !


10 octobre 87. Jacques Ramirez a échappé aux flics et aux fils d’Hector grâce à l’intervention inattendue de son paternel. Pour le sortir de ce merdier, Diego lui donne rendez-vous dans un petit aéroport bien loin d’ici et disparaît avant le retour du duo des filles en cavale. Ramirez embarque avec elles, destination Black Rock

Il faut flinguer Ramirez, un beau bordel !

S’il y a bien une suite que j’attendais avec impatience, c’est bien le second tome du polar improbable de Nicolas Petrimaux. L’auteur/dessinateur/coloriste nous avait régalé d’une histoire bien délirante, ambiance 80’s. Dans le trou du cul du monde de l’Amérique, près de la frontière mexicaine, le “gentil” employé modèle et réparateur expert d’aspirateur (de la fameuse marque Robotop !!!) n’est peut-être pas celui qu’on pense. Muet et toujours serviable, le voici suspecté par un mafieux mexicain d’être un tueur redoutable qu’il faut moucher une bonne fois pour toutes…

Difficile de se tromper, avec sa tache de vin et sa gueule typée, Jacques (quel beau prénom !) Ramirez se retrouve coincé dans une histoire… qui part rapidement en eaux de boudin… Galerie de portraits (très décalés), explosions, flinguage à tout va et poursuite de bagnole digne des meilleurs films du genre, ça chauffe sévère pour les fesses de Ramirez qui laisse dans son sillage… un petit tas de cadavres…

Un road movie sous extasy

Ce tome 2 de Il faut flinguer Ramirez tient toutes ses promesses. Nous retrouvons Jacques Rodriguez, Tyler et Smith dans un road movie survitaminé. Avec l’aide de deux starlettes qui jouent les bad girls, poursuivi par des méchants de la Mafia (qui ont confondu Jacko avec son père) et les flics, Ramirez est parti pour une cavale explosive de plus de 150 pages.

Quand une BD s’inspire de la folie des frères Cohen et de Tarantino

Alternant scènes de papotage et grosses scènes d’action, Nicolas Petrimaux joue avec les codes. Côté personnages, on se croirait dans un film des frères Coen. À croire que pas un seul petit employé, flic ou voyou n’ont deux neurones branchés ensemble. C’est un festival de niaiserie et d’erreurs en tout genre qui débouchent sur de belles boulettes et des cadavres…

Très référencé 80’s, le scénario me fait penser à un bon Tarantino (on peut avoir plus mauvais comme référence). Nicolas connaît ses classiques et les a bien digérés. Lorgnant sur la mise-en-scène excessive d’un Sam Peckinpah ou d’un John Woo, il puise ses références dans le film de série Z ou tout est permis. Personnages caricaturaux, tueurs fous, gerbes de sang  et ironie à tous les étages, on ne s’ennuie pas une minute…

Un dessin cinématographique

Au visuel, là aussi, Nicolas Petrimaux assure ! Il nous transporte dans l’Amérique carte-postale des road-movie. Petites villes pourries et grands paysages minéraux, les “arènes” de ce nouvel opus sont grandioses.

Jouant avec les capacités du médium, il multiplie les cadrages et les formats de cases pour des scènes d’action très spectaculaires, ponctuées d’effets spéciaux “atmosphériques” (explosion, feu, vitesse…) et de couleurs saturées. C’est chaud, non de dieu, ce que c’est chaud !

Bonus à tire-larigot

Comme si l’histoire ne suffisait pas (et sans doute parce que ça le fait marrer), Il faut Flinger Ramirez est émaillé de faux documents en tout genre qui nous immergent un peu plus dans son univers décalé. Fausses pubs de bagnoles, d’aspirateurs, affiches de film, et même un faux magazine people, son imagination n’a pas (beaucoup) de limites.

Alors, conquis ? Il ne vous reste plus qu’à acheter cette petite bombe avant qu’elle ne vous explose à la tronche, les amis !

Article posté le jeudi 04 février 2021 par jacques

Il faut Flinguer Ramirez T2 de Nicolas Petrimaux
  • Il faut Flinger Ramirez T2
  • Scénariste : Nicolas Petrimaux
  • Dessinateur : Nicolas Petrimaux
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 22,95 €
  • Parution : 2 décembre 2020
  • ISBN :9782344018743

Résumé de l’éditeur : Ramon Perez est fou à lier. Il ferait tout pour flinguer la rock star du S.A.V. ! Suspecté d’être impliqué dans l’attentat visant la Robotop, Jacques Ramirez est désormais recherché par la police de Falcon City ! Alors qu’un étrange personnage ressurgit dans sa vie, il décide de fuir la ville en compagnie de Chelsea Tyler et Dakota Smith. Mais les hommes du cartel n’ont pas dit leur dernier mot. Ils feront tout, absolument tout, pour retrouver l’homme qui les a trahis.La suite tant attendue d’Il faut flinguer Ramirez arrive dans les bacs ! Jacques se retrouve embarqué bien malgré lui dans une chasse à l’homme aussi explosive que pittoresque. L’occasion idéale pour régler certains conflits familiaux et profiter des richesses qu’offrent l’État d’Arizona.

À propos de l'auteur de cet article

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Designer Digital, je lis et collectionne les BD depuis belle lurette. Ex Rédacteur en chef d’Un Amour de BD, j’aime partager ma passion pour ce média, et faire découvrir les pépites que je croise. Passionné par la narration sous toutes ses formes, je suis persuadé qu’une bonne BD a autant de qualités qu’un autre produit culturel (film, livre, disque…) et me fait fort de vous l’expliquer.

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