Les beaux étés

Est-ce que tu viens pour les vacances ? Avec ce sixième tome de « Les Beaux étés », Jordi Lafebre et Zidrou nous invitent à nous joindre à une nouvelle virée estivale et familiale. Et même si la 4L ne dépasse pas Les Genets, l’aventure est au rendez-vous pour une Feel Good BD qui nous ramène en 1970.

Dans la 4L familiale (surnommée Mam’Zelle Estérel), les enfants attendent le départ en vacances

Où donc ? Oslo ? Non ! Stockholm, Non plus, cap au sud !

Dans le pavillon des Faldérault, Mado, très-très enceinte, à l’impatience froide. Elle apporte tranquillement un chocolat chaud à son dessinateur de mari (qui doit finir les dernières planches de sa dernière commande), puis prend les bagages et s’installe au volant de la 4L… rattrapé de justesse par son mari.
Comme l’année dernière, direction le soleil des calanques près de Marseille, avec un arrêt pique-nique bien mérité.

Au redémarrage, un camion bourré à ras bord de matériel de chantier déverse sur la 4L un panneau qui transperce le pare-brise. Heureusement, pas de mal, mais impossible de continuer le voyage en l’état. Il va falloir s’arrêter prêt d’Avalon, en espérant une réparation rapide…

“Beeerk ! Il est tout plein de morve !

C’est pas de la morve, idiot ! C’est le pla-cen-ta.”

Et , et 2, et 3… et 6 !

Quel plaisir de retrouver la petite famille des Faldérault pour la sixième fois ( en 1970, dans le désordre, svp). Les excellents Zidrou et Jordi Lafebre nous font de nouveau partager le quotidien estival (et souvent drôle) de leur petite famille. D’ailleurs, ils sont tellement sympathiques que je vous parie mon petit-déj’ que vous aimerez en faire partie… ou à minima, les compter parmi vos amis.

Comme durant l’été précédent (c.f. tome 2 – 1969, la Calanque), nos Belges de service s’en vont passer leurs  vacances sur les côtes ensoleillées du sud de la France. Comme toujours, Pierre est en retard dans ses livraisons de planches BD. Comme toujours, Mado est heureuse et particulièrement épanouie par l’arrivée prochaine d’un nouveau bébé. Comme toujours, Pierre est anxieux et drôle à la fois. Comme toujours, le couple heureux et complice couve leur progéniture avec bienveillance et curiosité.

Bien entendu, ça ne se passera pas comme prévu, puisque les vacances s’arrêteront aux Genêts, la ferme tenue par les charmantes Esther et Estelle, qui leur font une petite place…

“Votre zizi est loin d’être la baguette magique que tu imagines, mon chéri. Nous, les filles, nous avons nos propres tours de magie.”

Les beaux étés : Mais c’est quoi l’histoire ?

Dans la série Les beaux étés, il n’y a pas de grands conflits à désamorcer, d’explosion thermonucléaire, de pandémie mondiale, ni de virus zombiesques ou de guerres imminentes. Non, juste une tranche de vie d’une gentille famille dans leur lieu de vacances… Ça fait du bien, ce petit plaisir régressif.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœurs, les Faldérault n’ont d’autre choix que de poser leurs bagages et leur maxi tente dans la ferme de produits artisanaux d’un duo féminin, la belle rousse Esther et la belle blonde Estelle.

Cette ferme, c’est le nouveau terrain de jeu formidable pour les trois enfants urbains (Julie, Nicole et Louis dans l’ordre d’apparition). Des dindes habillées (c’est-à-dire pas comme à Noël dans le four), du lait de chèvre tout frais sorti direct des pis, les œufs-coque, des pommes de terre en forme de coeur, un poulet décapité et la naissance des bébés de la chèvre Mireille Mathieu, un monde à découvrir et à s’émerveiller pour ces petits urbains…

Zidrou nous fait profiter de ce quotidien avec beaucoup d’empathie et de drôlerie. Au delà des moments de rigolades et de découverte, il en profite pour évoquer un sujet encore tabou à l’époque, l’amour homosexuel. Guidé par le regard des enfants qui ignorent les carcans sociaux, il nous rappelle avec simplicité que l’amour peut se conjuguer en dehors de la sacro-sainte cellule traditionnelle (homme-femme). Pourtant, dans ce lieu idyllique où Esther et Estelle s’aiment avec plénitude, cette évidence butte contre les préjugés et les regards des bien-pensants… Sous le regard bienveillant de cette famille-bonheur, et à force de gaffe enfantine, peut-être que les préjugés tomberont…

Un dessin expressif en diable

Si vous ne connaissez pas encore Jordi Lafebre, il va falloir rattraper votre retard, les loulous. Si j’ai toujours aimé son trait tout en délicatesse (Lydie, La Mondaine, Les Beaux étés), son dernier album Malgré tout est mon album coup de cœur de l’année dernière.

Dans Les beaux été, il nous offre comme toujours un dessin follement expressif. Dans le langage corporel comme dans les expressions faciales, chaque détail fait sens et me tire un sourire, car ce dessinateur peut représenter tous les sentiments.

Avec son trait léger et légèrement caricatural, l’auteur de Malgré tout capte les émotions. On sent qu’il a finement observé (et intégré) les mimiques de ses proches pour en restituer toute la palette des émotions. Si les enfants surjouent un peu (normal !), Jordi Lafebre se fait subtil, tout en tendresse pour une scène d’amour, ou simplement représenter les postures d’une Mado généreusement enceinte…
Pour accompagner cette Feel-good BD, le dessin baigne dans une belle lumière, amenée par les couleurs lumineuses de Jordi Lafebre, Clémence Sapin et Mado Pena.

Ah, j’avais oublié de vous dire, la musique de l’été, ça sera “In the Summer Time” !!!!

“In the summer time,

When the weather is hot…

You can stretch right up and touch the sky…

If her daddy’s rich, take her out for a meal…”

 

Article posté le jeudi 24 juin 2021 par jacques

Les Beaux étés de Zidrou et Jordi Lafebre (Dargaud)
  • Les beaux été tome 6 – Les genêts
  • Scénariste : Zidrou
  • Dessinateur : Jordi Lafebre
  • Couleurs : Jordi Lafebre, Clémence Sapin et Mado Pena
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 14.50 €
  • Parution : 18 juin 2021
  • ISBN : 9782754817592

Résumé de l’éditeur : Youpi, c’est les vacances ! Adieu Mons, bonjour le soleil ! Comme tous les ans, la tribu des Faldérault prend la direction du Sud à bord de Mam’Zelle Estérel, la 4L familiale. Pierre n’a pas terminé son album ? Pas grave, il bouclera les dernières planches au bord de la Méditerranée. Les voilà tous les cinq partis pour ne rien faire. Enfin, cinq et demi plutôt, puisque Mado est enceinte. Mais sur la route, patatras. Un camion les double, il perd son chargement et voilà le pare-brise d’Estérel qui vole en éclats. Plus de peur que de mal, mais impossible de continuer. Pendant que le garagiste répare la 4L, la famille est hébergée par Esther et Estelle, deux femmes charmantes qui tiennent la ferme  » Les Genêts « . Tandis que Pierre se prend pour Cézanne et que Mado regarde le bébé pousser, les enfants aident à sortir les chèvres et découvrent les charmes de la campagne. Mais ils apprennent aussi les secrets de la vie… Sixième tome d’une série  » feel good  » qui nous embarque pour un voyage dans le temps, à la découverte du bonheur des vacances d’été en famille, des petites joies du quotidien et des plaisirs tout simples de la vie qui va.

À propos de l'auteur de cet article

jacques

jacques

Designer Digital, je lis et collectionne les BD depuis belle lurette. Ex Rédacteur en chef d’Un Amour de BD, j’aime partager ma passion pour ce média, et faire découvrir les pépites que je croise. Passionné par la narration sous toutes ses formes, je suis persuadé qu’une bonne BD a autant de qualités qu’un autre produit culturel (film, livre, disque…) et me fais fort de vous l’expliquer.

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