Rocketfellers – Tome 1

Une envie d’aventures pour une famille coincée dans un siècle qui n’est pas le sien, Peter J.Tomasi et Francis Manapul signent avec ce scénario leur entrée chez Ghost Machine, et le lancement de la collection Familly Odysseys!

Ghost Machine, Image Comics

 

Ghost Machine, c’est quoi ?

Depuis maintenant quelques années, tout le monde dans l’industrie du comics y va de son univers partagé. Marvel et DC ont respectivement Ultimate et Absolute, deux nouveaux univers alternatif, Image a l’Energon… Et Ghost Machine ! Dans ce dernier, on pouvait retrouver (entre autre) un homme radioactif dans un monde post-apocalyptique, une rue pour les âmes mortes, et désormais, une famille perdue dans le temps.

C’est l’occasion pour Peter J.Tomasi (The Mighty ou l’excellent Robin, fils de Batman) et Francis Manapul (Clear) de rajouter une ambiance familiale à cet univers. Cependant, la situation de Ghost Machine est plus complexe qu’il ne peut y paraître. En effet, les différents titres ne se connecteront pas forcément les uns aux autres, mais proposeront parfois le lancement de leurs propres univers… dans l’univers de Ghost Machine lui-même.

Pour y voir plus clair, en toile de fond se dresse Ghost Machine avec quatre collections (The Unnamed, Hyde Street, Rook Exodus et Family Odysseys). Il est ensuite possible de zoomer dans chacune de ses collections pour trouver différents titres. En l’occurrence, Rocketfellers se trouve dans la dernière collection citée.

 

Sauter dans le tempsRocketfellers, Peter J.Tomasi, Francis Manapul (Urban Comics)

Le récit s’ouvre sur une famille en plein voyage dans leur vaisseau spatial, avant que celui-ci ne s’écrase suite à une attaque de missile. Pourchassé par un cyborg (Raina), devant laisser derrière eux la grand-mère (7), nos protagonistes se retrouvent forcés à sauter vers l’inconnu pour s’y réfugier. Dans ce premier chapitre, l’intrigue générale est alors assez rapidement posée, et les personnages caractérisés. Roland (1), le bon père de famille tente tant bien que mal de faire revenir sa famille dans les bons temps. Son propre père, Rodney (5) fait office de sage sportif, tandis que, Rachel (2), la mère travaille pour subvenir aux besoins de la famille. Le fils, Richie (3), de son côté, déprime à cause du déménagement temporel quand il n’est pas occupé à exploiter des failles d’internet. La petite dernière, Rae (4), elle, fait office d’élément perturbateur, de l’énergie revigorant la famille.

 

Prendre le temps

Le récit reste cependant plutôt classique, avec une famille coincée dans un cadre qui lui est impropre en parallèle des avancées de Raina dans sa traque des Rocketfellers. Celle-ci se trouve en 2425, tout comme Reggie, le frère de Roland qui est en charge d’une sorte d’agence temporelle protégeant justement la famille de son frère. Derrière ces deux personnages se cache ce qui semblent être une organisation, Cronex, pour laquelle Raina travaille et contre laquelle Reggie et son agence luttent.

Néanmoins, il faut attendre quelques chapitres pour que le tout offre une idée relançant le titre. Les temporalités se mélangent enfin dans le chapitre quatre. En 1875, dans le Dakota du Sud, la voyageuse temporelle, Elizabeth (femme et collègue de Reggie), des sioux, Raina, et un ancien employé de l’agence temporelle se mêlent les uns aux autres. Le résultat promet, à condition de continuer ainsi, un récit qui pourrait être plus amusant que ce premier tome assez classique.

 

Une vie de chien

Suite à ce sursaut d’intérêt grâce au chapitre quatre, le chapitre cinq ne fait pas bien avancer l’histoire (quoi que…), mais offre un passage assez plaisant. Après que deux frères oligarques d’Angleterre ont perdu une partie de leur fortune, pillée par Richie via internet, ceux-ci envoient une unité d’élite régler cette affaire chez les Rocketfellers. Cependant, toute la famille est partie suite à une fièvre de Rae. Comme seul accueil, l’équipe de choc envoyée par les oligarques se retrouve face au dernier membre de la famille (?) : Rex (7). Le chien de la famille, armé d’un bon nombre d’implants cybernétiques, reçoit alors comme il se doit l’unité d’élite au sein d’une séquence bien rythmée par les dessins et découpages de Francis Manapul.

La conclusion du récit apporte néanmoins un twist, attendu mais bienvenu, du côté de Raina. Un dialogue de cette dernière, confronté à la vision de Rachel et Rae endormies chez elle, laisse entendre qu’elle-même ferait partie de la famille Rocketfellers. De quoi faire des repas de famille un poil tendu, lorsque tout le monde sera réuni.

 

Les Rocketfellers valent-ils le coup d’œil ?

Le premier tome se construit plutôt comme une succession de chapitres divertissants, présentant les dynamiques de la famille et chacun de ses membres. L’intrigue se met en place lentement, trop pourrait-on même dire, pour permettre un véritable jugement sur le potentiel du récit. Il faudra certainement attendre la sortie du second tome chez Urban pour pouvoir véritablement se faire un avis sur Rocketfellers, voir si les promesses posées ici et là sont tenues.

Article posté le mercredi 08 avril 2026 par Hippolyte Girier

Rocketfellers, Peter J.Tomasi, Francis Manapul (Urban Comics)
  • Rocketfellers tome 1 
  • Scénaristes : Peter J.Tomasi, Francis Manapul
  • Dessinateurs : Francis Manapul
  • Coloristes : Francis Manapul, John Kalisz, Ian Herring
  • Traducteur : Benjamin Viette
  • Éditeur USA : Image Comics
  • Éditeur France : Urban Comics
  • Collection : Urban Indies
  • Nombre de pages : 168
  • Prix : 18,50€
  • Date de publication : 20 mars 2026
  • ISBN : 9791026824480

Résumé de l’éditeur : Dans un 25e siècle idyllique, la famille Rocketfeller, légèrement dysfonctionnelle,, découvre un terrible secret : le destin de l’humanité repose entre ses mains. Menacés et pourchassés, les Rocketfeller s’engagent dans un programme de protection qui va les amener à se réfugier au 21e siècle, à notre époque. Désormais, l’avenir du monde dépend de leurs chances d’échapper à leurs poursuivants comme de leur capacité à mieux communiquer entre eux !

À propos de l'auteur de cet article

Hippolyte Girier

Il est né en même temps que le Printemps, il ne jure que par le Hawkeye de Matt Fraction et le Grand Vide de Léa Murawiec. Il croit dur comme fer à la prise de pouvoir artistique de Zoé Thorogood, autant qu'il renie l'existence de roman graphique. Bref, cet article vous est offert avec plaisir, mais surtout par Hippolyte Girier.

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