Boule à zéro, le fantôme de la chambre 612

Toujours hospitalisée pour sa leucémie, Zita voit débarquer dans sa chambre, son père. Cette rencontre fait des étincelles. Zidrou et Ernst dévoilent le huitième tome de Boule à zéro, l’une des plus belles séries jeunesse de ces dernières années !

Boule à zéro ou l’espoir malgré la maladie

Comme nous vous l’avions confié pour le tome 3 et le tome 5, Boule à zéro est une des plus belles série jeunesse de ces dernières années. Raconter le quotidien à l’hôpital d’une petite fille de 13 ans atteinte d’une leucémie, c’est le pari risqué mais ô combien réussi de Zidrou et Ernst.

Pas d’école et pas de camarades de classe pour Zita Sayyah, mais une vie avec des médecins, des infirmières, des piqûres et autres perfusions. Diagnostiquée à l’âge de 4 ans, elle a passé 9 ans au Goff, cet établissement hospitalier. Autant dire qu’elle le connaît par cœur, toute sa vie pratiquement elle l’a passé dans ses chambres et ses couloirs.

Alors que Zita pourrait se plaindre, pleurer toutes les larmes de son corps, elle est le rayon de soleil de cet unité pour enfants malades. Toujours là pour apporter la bonne humeur, elle console les plus tristes et joue les confidentes pour ses camarades d’infortune.

Si elle voit certains sortir parce que guéris, elle a du mal à se remettre du décès d’Evelyne, son amie. Elle se sent seule mais peut compter sur le personnel soignant qui l’adore.

Partir, le lot de tout à chacun

Dans le grand vaisseau qu’est le Goff, les patients vont et viennent, apportant avec eux leur lot de visiteurs pas toujours heureux de se retrouver parmi les patients ou les malades. C’est le cas de ce garçon qui doit venir voir son frère malade.

« Les malades, les cassés, ceux qui souffrent… les vivants n’aiment pas ça ! »

C’est aussi le cas de Moïse, petit garçon ayant une leucémie et qui partage la chambre de Zita. Encore une fois, l’adolescente voit partir un de ses amis puisqu’il va être adopté.

Un père non-désiré

Alors que sa mère est loin d’elle, aux îles Canaries, Zita reçoit la visite de son père qui l’abandonna, elle et sa maman lorsqu’elle était petite.

Autant vous dire que les retrouvailles sont glaciales ! Elle ne veut en aucun cas parler à cet étranger à ses yeux. Elle lui reproche de n’avoir jamais était là dans les moments difficiles…

On pleure, on rit, c’est la vie de Zita

Avec Boule à zéro, Zidrou (Les beaux étés, L’obsolescence programmée de nos sentiments, Emma G. Wilford, L’adoption, Les brûlures…) est au sommet de son art. Il fait vaciller même les plus récalcitrants. Parce que oui, cette héroïne malade – la première récurrente en bande dessinée – est lumineuse, solaire, intelligente et altruiste mais parfois peut aussi sombrer dans le chagrin. Oui, il y a des moments drôles mais encore plus dans ce 8e volume, les rires alternent avec les larmes. Il sait jouer sur notre corde sensible mais il n’y a jamais d’impudeur, juste des émotions à vif.

C’est aussi cela l’hôpital, des périodes de spleen et de rires. C’est un lieu extrêmement vivant. Ajouter à cela, un père qui débarque sans crier gare et l’on obtient des moments de tensions, de colères et de larmes pour les lecteurs.

Dans ce nouvel opus, le focus se fait aussi sur les aidants des malades. Comment réagir face aux patients gravement malades et qui nous affectent parce que proches. Les sœurs et les frères, les parents ou les amis, ce n’est jamais simples d’avoir une posture. D’ailleurs, il n’y en a pas, il suffit juste d’être soi. Plus simple à dire qu’à faire…

De la chaleur du dessin

Si l’histoire est réussit, que dire du dessin qui l’accompagne ? Il est d’une grande fraîcheur, comme son héroïne. Tout en rondeur, il apporte ce surplus d’humanité et de chaleur à la série.

Le trait de Serge Ernst est sobre, il n’en rajoute pas. Pas de grandiloquence, il joue avant tout sur la lisibilité – la série est ciblée pour les enfants.

Cet auteur belge né en 1954 a suivi les cours du célèbre Institut Saint-Luc de Liège avant de débuter sa carrière dans le Journal de Tintin par ses Clins d’oeil. Suivent ensuite les séries dans Spirou, William Lapoire (4 volumes), Les Zappeurs (12 tomes et un hors-série), Zapping Génération (5 opus) et enfin Boule à zéro depuis 2011. Un parcours professionnel sans bruit mais un talent indéniable.

  • L’association 2000 BD, créée par le dessinateur, a pour but de promouvoir la culture dans les hôpitaux, en proposant des bandes dessinées, des rencontres d’auteurs ou des ateliers. Pour plus d’informations : http://www.2000bd.org/
Article posté le mardi 03 mars 2020 par Damien Canteau

Boule à zéro tome 8 Le fantôme de la chambre 612 de Zidrou et Ernst (Bamboo)
  • Boule à zéro, tome 8 : Le fantôme de la chambre 612
  • Scénariste : Zidrou
  • Dessinateur : Ernst
  • Éditeur : Bamboo
  • Prix : 10.90 €
  • Parution : 04 Mars 2020
  • ISBN :  9782818968369

Résumé de l’éditeur : Les aventures pleines d’humour et de tendresse d’une petite fille hospitalisée. Je m’appelle Zita. Mais ici, à l’hôpital, tout le monde m’appelle « Boule à Zéro ». J’ai 13 ans et j’habite au 6e étage, réservé aux enfants. Je suis – comme qui dirait – la mascotte de cet hôpital. Il faut dire que ça fait bientôt 10 ans que j’y vis, me battant toute seule contre un cancer. Toute seule parce que ma mère est du genre courant d’air et mon père… ben, mon père, il nous a abandonnées alors que j’avais quatre ans, quand il a appris que sa… « petite fille chérie » était atteinte d’une leucémie (il est permis, ici, de huer !). Et vous savez quoi ? Mon père, que j’ai jamais trop connu, vient de débarquer dans ma vie… Vous allez voir qu’il va falloir que je l’adopte !

 

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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