Castelmaure

BDthographe (mot imaginaire provenant de la racine inventus de mythographe) chez Comixtrip, mon rédacteur en chef m’a missionné de retrouver le roi Éric de Castelmaure qui se ra-conte sous les mots de Lewis Trondheim et dans le dessin d’Alfred avec une couleur associée à Lou.

J’ai « croisé tant de gens affirmant l’avoir vu, voire même » être exposé publiquement dans les coups de cœur des libraires ainsi que dans les chroniques de passionnés sur les réseaux modernes que je n’ai point résisté à mon tour à revêtir mes bottes de sept lieux pour partir à sa recherche.

Avec enchantement et délice, j’ai ainsi dansé à sa poursuite à pas de menuet dans les bulles médiévales d’un merveilleux conte singulier.

Et tel un petit poucet qui a déposé ses cailloux tout au long de cette belle lecture pour retrouver le chemin du plaisir de lire, je ne résiste pas à l’envie de vous partager maintenant l’aventure de ma quête farfelue : Il était une fois …

UNE FORÊT ET UNE CITÉ QUI ABRITENT LE DÉCOR DE CASTELMAURE

Je décide de mener le début de mon enquête en récoltant les indices clairsemés dans les histoires des villageois et me voilà merveilleusement perdue dans le « déam-bulles » de contes et de légendes d’antan.

Dans une sombre forêt, je fais la rencontre d’une vilaine sorcière mangeant des yeux de lapins et qui comble du comble, se dresse elle -même une fortification de rameaux protecteurs pour échapper à une vision d’effroi.

Puis au détour des ruelles de la cité des troubadours, je fais la connaissance de personnalités toutes aussi étranges que solitaires : une jeune demoiselle Nathanaëlle qui tue les hommes pour une raison à découvrir (le BDthographe se doit de ne pas tout révéler), une sœur et d’un frère siamois exposés comme des bêtes de foire et un homme Théodore qui sous le manifeste de la colère doit être un ancêtre sanguinaire de Hulk.

Avec un plaisir de lecture qui s’affirme au fur et à mesure, je me retrouve encore plus égarée dans ces contes qui me hantent et je me situe désormais au pied du mur de l’histoire devant le château de Castelmaure.

LA SEMENCE DU ROI ERIC ENFANTE L’HISTOIRE

Me voilà maintenant projetée dans l’antre du château pour commencer à comprendre tout le bâti des fortifications du récit.

J’apprends alors que le roi Éric et son épouse Isabeau cherchaient à avoir un héritier mais que ceci est un espoir vain. Devant cette fatalité, le roi s’était décidé à aller consulter la sorcière pour trouver la solution à semer pour donner la vie.

Mais la fertilité de cet épisode va transformer le pont-levis en pont dormant provoquant la fuite du roi Éric dont je suis toujours à la recherche.

Et là, une formule magique révèle à mes yeux de BDthographe tout le génie de ce conte car j’assiste ébahie au rassemblement de tous les chapitres du récit qui s’ensorcellent les uns les autres pour entrecroiser tous les destins des personnages.

Mais quel est le lien subtil qui relie tous les protagonistes de cette histoire ? Tel le chasseur errant, vais-je enfin retrouver le Roi Éric à défaut de mon prince charmant ? (le BDthographe possède l’arme de l’humour et se doit aussi d’attiser la curiosité).

UN CONTE QUI PEUT SE LA RA-CONTER TELLEMENT C’EST UN PLAISIR DE LECTURE

Castelmaure est un roman graphique qui vaut son pesant d’« Éric de Bronze » tellement on prend du plaisir à le parcourir.

Un BDthographe peut parfois se plaindre de sa rémunération « Mon éditeur me paye plutôt mal, mais c’est moins vain que d’être en quête du roi Éric », les éditions Delcourt ont eu quant à eux le nez fin en ressentant le merveilleux de cet ouvrage en lui offrant leur blason d’édition.

Dans la lignée des célèbres conteurs Perrault, Andersen ou des frères Grimm qui ont réalisé ce travail de transposition à l’écrit des contes oraux, l’imaginaire talentueux de Lewis Trondheim (Lapinot, Coquelicots d’Irak) mêlé au génie du dessin dynamique d’Alfred (Senso, Come Prima, Capitaine Fripouille) avec une ambiance colorée partagée avec Lou offrent à ce conte un merveilleux arbre à palabres.

Il foisonne de merveilleuses références à la culture du ouï-dire et il mérite le meilleur bouche à oreille. Alors, sans fabuler, je chuchote à votre ouïe ce précieux conseil de lecture qui n’est pas dénué de superbes pointes d’humour.

Article posté le samedi 24 octobre 2020 par Gwénaëlle Favrais

Castelmaure de Lewis Trondheim et Alfred (Delcourt)
  • Castelmaure
  • Scénariste : Lewis Trondheim
  • Dessinateur : Alfred
  • Coloristes : Lou et Alfred
  • Éditeur : Delcourt, collection Shampooing
  • Prix : 18.95 €
  • Parution : 14 octobre 2020
  • ISBN :  9782413028901

Résumé de l’éditeur : Depuis plus de vingt ans, le mythographe arpente routes et chemins de tout le pays afin d’en collecter les contes et légendes populaires. Il aime ce travail modeste qui lui fait rencontrer toutes sortes d’affabulateurs et autres baratineurs. Mais s’il est une histoire après laquelle il court depuis toujours, c’est bien celle de la Malédiction de Castelmaure, une légende extraordinaire à laquelle tant de destins sont étrangement liés.

 

À propos de l'auteur de cet article

Gwénaëlle Favrais

Gwénaëlle Favrais

Passionnée de lecture et de course à pied, Gwénaëlle aime dénicher des trésors de bande dessinée. Instagrameuse influente en BD, elle aime les récits intimistes et humains. Son Insta : https://www.instagram.com/runforbook/

En savoir