Dodoma, volume 1

Orbis, cité-forteresse qui vit en autarcie autour d’un arbre gigantesque, est attaquée par des géants. Au milieu du chaos, Mana et Shino tentent de fuir vers le monde extérieur. Jin Shiraishi imagine Dodoma, un seinen prometteur, édité en France par Komikku.

ORBIS : VILLE-FORTERESSE

Les Dieux ont créé la cité-forteresse d’Orbis, il y a un millénaire, après une attaque de lances qui a changé les terres en océan. La ville est entourée d’immenses murs de protection avec en son centre un arbre qui sert aux habitants – au nombre de 300 – à survivre. Le végétal central serait pour eux l’unique moyen de vivre puisque dehors c’est impossible. D’ailleurs, tout en haut, se trouverait la Chambre des Dieux, pour lesquels les villageois font des offrandes régulières. Depuis deux ans, il n’y a plus de séismes meurtriers, qui rythmaient leur existence. Tous pensent que les cadeaux font effet et certains disent qu’il faudrait les arrêter.

Le quotidien des habitants est méticuleusement réfléchi, tous un rôle bien particulier au sein de la société.

MANA ET SHINO : DEUX FRÈRES DANS LA TOURMENTE

Les deux frères, Mana et Shino, habitent Orbis depuis qu’ils sont nés. Sans parents, ils doivent se débrouiller pour survivre. Pour l’instant, ils veillent l’un sur l’autre et continuent à s’amuser sur les hautes branches de l’arbre central. Dans cette quiétude toute relative, Mana remarque des événements plutôt singuliers et étranges : les décès se multiplient au sein de la communauté et deux femmes étrangères ont pénétré dans l’enceinte de la cité.

La forteresse paisible va alors connaître une attaque extérieure sans précédant : une énorme main traverse le mur et des géants (les Dodoma) pénètrent dans la cité. Les deux frères se retrouvent alors au centre du chaos, décident de fuir, se rapprochent de la Chambre des Dieux et tentent de sortir d’Orbis

DODOMA : SEINEN ACCROCHEUR

Jun Shiraishi propose aux lecteurs un seinen plein de punch, accrocheur misant sur l’action et l’aventure. Il ne faut pas attendre 100 pages pour que le manga commence. Dès les premières pages, le ton est donné et ne s’arrêtera pas jusqu’à la fin de ce premier volume. Dodoma est original malgré quelques références notables : L’attaque des titans de Hajame Isayama (Pika) , pour les Géants qui attaquent la cité ou  Trees de Jason Howard et Warren Ellis (Urban Comics) pour l’Arbre de vie au centre de la ville.

Au fur et à mesure qu’avance l’histoire, le mangaka distille des révélations et des rebondissements afin de tenir en haleine son lectorat. Les mystères nombreux dans ce premier volume de Dodoma intriguent et font même réfléchir.

ORBIS : PERSONNAGE CENTRAL DE DODOMA

Orbis est aussi un personnage à part entière : cité-forteresse vivant en autarcie, construite et régie comme si le temps s’était figé (les métiers ou les vêtements des personnages en atteste – comme s’ils vivaient à une période de l’Antiquité), quasi hypnotique. D’ailleurs la pierre tranche avec le végétal central – porteur de vie – qui trône en son centre.

Pourquoi avoir construit une cité avec des murs aussi hauts ? Pourquoi les habitants ne peuvent-ils pas en sortir ? Pourquoi l’Histoire de la ville est devenue légende, comme le monde extérieur ? Pourtant, il se dégage une certaine forme de tranquillité et de paix dans la ville lorsqu’elle n’est pas menacée.

Prépubliée dans la revue Gekkan Comic Zenon des éditions Tokuma Shoten au Japon, cette aventure fantastique est bouleversée par l’arrivée d’immenses Géants – golems de pierre surpuissants – qui mettent la cité sans dessus-dessous. L’un des autres points forts de Dodoma réside dans les relations fraternelles entre Mana et Shino. Le premier n’hésitant jamais à protéger le second, voire de se sacrifier pour qu’il vive. Sa maturité force le respect. Cette complicité sera importante dans leur quête de vérité et pour sortir d’Orbis.

UN DESSIN POÉTIQUE ET HYPNOTIQUE

La grande richesse de Dodoma est visible dans la partie graphique proposée par Jun Shiraishi. D’une grande douceur, quasi poétique et onirique dans les moments de calme de la cité, elle peut se muer en force dans les planches mettant en scène les combats : le dessin est agrémenté d’une multitude de traits pour figurer le chaos et la vitesse. Les pages sont méticuleuses et précises (les Géants et les costumes sont très détaillés). Ajouter à cela une mise en scène et un bon découpage et l’on obtient un manga très rythmé. De plus, l’architecture d’Orbis et l’Arbre de vie ont été méticuleusement pensés.

Article posté le samedi 06 août 2016 par Damien Canteau

Excellent manga, Dodoma est signé Jun Shiraishi, édité par Komikku et décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Dodoma, volume 1
  • Auteur : Jun Shiraishi
  • Éditeur : Komikku
  • Prix : 7.90€
  • Parution : 12 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Partez à la découverte d’Orbis, un monde de pierre, fermé, éprouvé par de multiples tremblements de terre avec en son centre un Arbre de vie. Mana, un jeune homme, intrépide, dynamique, optimiste et maçon de son état, et son frère, le studieux Shino, beaucoup plus modéré font la joie des autres résidents. L’un répare dans la bonne humeur les habitats tandis que l’autre les décore de runes qui maintiennent les vieilles croyances de son peuple. Mais malgré la paix apparente, tout bascule ! Un terrible séisme frappe violemment Orbis et la cité, autrefois paisible, est attaquée par un peuple étranger. Mana et Shino vont alors percer les secrets de leur petit monde et découvrir une bien étrange réalité…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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