Ma vie dans les bois

Mangaka reconnu au Japon grâce à ses séries pour le magazine Morning, telles que Manzai Highway, Aishiteiru ou même Kangaeru Inu, Shin Morimura décide de quitter Tokyo pour vivre en complète autonomie dans la forêt. Construction de sa maison en bois ou alimentation sont au cœur de Ma vie dans les bois, une excellente série aux éditions Akata.

DONNER un sens à sa vie

En 2005, Shin Morimura vient tout juste de terminer une longue série manga. Ayant un peu perdu la foi, le mangaka de 55 ans veut se lancer un nouveau défi dans sa vie : s’installer à l’extérieur de la ville, loin de l’agitation de la capitale et vivre en autonomie.

Après plus de 30 ans de dessin, Shin veut donner un vrai sens à son existence. Avec Miki, son épouse, ils cherchent une lieu idéal : ce sera la région de Tôhoku dans le département de Fukushima.

Défrichage et arasement

C’est le départ pour ailleurs meilleur. Eté 2006, accompagné de Hime, sa femelle Terre-Neuve, il part sur son terrain tout juste acheté, laissant Miki à la maison.

Ses connaissances sont limitées concernant la nature et surtout le bricolage. Il se rend compte rapidement qu’une simple faucille n’est pas adaptée pour couper les plantes de son terrain.

Ecoconstruction

Avec un budget serré, Shin doit trouver des outils peu chers et adaptés. Débroussailleuse pour nettoyer l’espace ou tronçonneuse pour débiter les branches. Il comprend vite que déraciner les souches à la main sera impossible. Il vend alors ses deux motos pour acheter un tractopelle qu’il surnomme L’homme de fer.

En attendant de vivre dans son maison en bois, il campe seul sous une tente. Parfois son voisin lui rend visite et lui donne des conseils. Quant à Miki, elle se refuse à venir habiter au milieu de nulle part pour l’instant.

Maison en bois et potager

Après le sol en bois surélevé, il commence l’érection des murs. Les énormes billes de bois doivent être polies (ce qui lui prend énormément de temps) puis assemblées pour former les parois des murs.

Après des péripéties, le couple peut enfin emménager ensemble. Pour aller jusqu’au bout de l’expérience, ils veulent acheter le moins possibles de choses. Shin prépare un potager et construit un poulailler. C’est le début du rêve ?

Ma vie dans les bois : liberté et indépendance

Shin Morimura et Miki habitent depuis huit ans dans leur maison lorsque le mangaka décide de raconter son aventure. Les éditions Akata viennent de publier le troisième opus de Ma vie dans les bois (le premier fut édité en août 2017).

Sacrée aventure humaine, cette autobiographie est accrocheuse, drôle et sympathique. Shin Morimura met énormément d’énergie et d’humour dans ces trois volumes pour tenir en haleine le lecteur. Il y a aussi un léger suspense : Arrivera-t-il à ses fins ?

Cette entreprise semble folle pour un homme seul. Obstacles et galères ne minent pas le moral du Japonais. En se campant parfois façon kawaï – dansant avec Hime tout le temps – il apporte de la chaleur à son récit. Tel Candide, il découvre au fur et à mesure les difficultés pour bâtir une maison, vivre en autonomie et c’est ce qui est drôle.

Véritable hymne à la nature, Ma vie dans les bois se glisse parfaitement dans la ligne éditoriale de Akata : des mangas militants positifs et grand public (comme notamment Le mari de mon frère, Orange, Les royaumes carnivores).

Article posté le vendredi 09 mars 2018 par Damien Canteau

Ma vie dans les bois de Shin Morimura (Akata) décrypté par Comixtrip
  • Ma vie dans les bois, volume 3
  • Auteur : Shin Morimura
  • Editeur : Akata, collection L
  • Prix : 7.55€
  • Parution : 22 février 2018
  • ISBN: 9782369742838

Résumé de l’album : Shin Morimura et sa femme s’habituent à peu à leur nouvelle vie, et commencent même à mieux connaître l’environnement qui les entourage. Mais pour accéder à l’autonomie alimentaire, cultiver un potager ne suffit pas ! En effet, pour vivre au fil des saisons, se posent les questions de la cuisine, mais aussi et surtout de la conservation des aliments… Le couple a décidément encore beaucoup de travail !

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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