Après une première publication en 2016, Oldman revient dans un nouveau format et chez un nouvel éditeur. Le manhua de Chang Sheng sort désormais chez Glénat. Découvrez l’étrange histoire d’Oldman, ce vieil homme enfermé dans les geôles de la Reine et cachant un terrible secret…

Le retour d’Oldman
Créée en 2013 par Chang Sheng, Oldman est la quatrième série de l’auteur taiwanais. Bien qu’il s’agisse de la dernière en date à avoir été traduite, sa publication originelle se situe juste après Baby et avant Nine Lives Man (en 2019 en VO, 2024 aux éditions Paquet) et Yan (2020 en VO, 2024 aux éditions Glénat). Oldman avait déjà fait l’objet d’une première publication, en quatre tomes, aux éditions Kotoji. C’est désormais dans un nouveau format, en deux volumes massifs, que la série revient, cette fois aux éditions Glénat.

Oldman nous raconte l’épopée du mystérieux Oldman, un personnage âgé, charismatique, enfermé dans les geôles du palais d’une Reine éternellement jeune. En s’enfuyant, il va libérer une redoutable guerrière, Rebecca, à qui la Reine a coupé bras et jambes pour la laisser dans l’impuissance. Oldman décide alors de s’allier à un anatomiste de génie, capable de redonner des membres à Rebecca. Mais les autorités cherchent toujours à retrouver les fugitifs…
À travers le temps
Tournant autour de la jeunesse éternelle, des complots politiques et d’un secret qui appelle une vengeance, Oldman oscille entre récit classique et mise en scène originale. On apprécie particulièrement les scènes de combats, dynamiques et pleines d’action. Cependant, force est aussi de constater la présence de quelques traits “d’humour” ne visant que le personnage féminin, et étant très limites, justifiés uniquement par le fait qu’un des personnages est un pervers. À cela s’ajoutent des tenues suggestives pour les femmes, propre à certains courants de médiéval fantasy.

Outre cela, la narration est entrecoupée de problèmes de cohérence. Nos fugitifs semblent rester dans la capitale, à proximité de la prison d’où ils se sont échappés. Ils donnent des spectacles de magie à la vue de tous, pendant qu’ils sont recherchés, par exemple. Les frontières du temps qui s’écoulent sont ici floues. Et on le comprend rapidement, car il s’agit d’un des enjeux de la narration. Celles de l’espace le sont aussi, et on s’interroge sur les potentielles révélations d’un deuxième opus qui viendront nous faire revoir différemment les incohérences de ce tome.
Ce sont ces petits moments qui nous font sortir de notre lecture et nous interrogent sur les réelles motivations des personnages. Il n’aura d’ailleurs pas échappé aux lecteurs que notre Oldman n’est autre que Sean Connery. L’auteur a en effet utilisé les traits de l’acteur pour représenter son personnage principal. Cela donne à la fois une impression de proximité. Mais cela renforce aussi le cadrage presque cinématographique de certaines cases.
Une course contre la montre
Oldman nous parle de temps volé, d’existence niée et de vengeance. Des thèmes intéressants qui sont ici mis en avant dans une narration assez classique, avec une vaste galerie de personnages. Certes, ceux-ci peuvent ressembler à des archétypes, avec l’anatomiste pervers, le magicien qui cache un secret, la guerrière qui ne pouvait plus combattre… Il faudra tout le talent graphique de l’auteur pour parvenir à aller au-delà de ces stéréotypes, ou de les utiliser à bon escient.

Le second tome nous dira si cela fonctionne. Car ce premier tome s’achève sur un cliffhanger, une révélation attendue, certes, mais qui va bouleverser le petit groupe. Peut-être Oldman souffre-t-il lui aussi d’un petit décalage avec son époque. Toujours est-il que le dessin est intéressant, même s’il est parfois déconcertant d’y voir Sean Connery. D’autres personnages ont des airs de ressemblances avec d’autres actrices et acteurs, mais on vous laisse jouer à “qui est-ce” en lisant ce titre !
Oldman retrouve donc une nouvelle jeunesse, remontant à son tour le temps pour revenir sur le devant de la scène. Le premier volume de la série de Chang Sheng est disponible chez Glénat.
- Auteur : Chang Sheng
- Dessinateur : Chang Sheng
- Traducteur : Nube Consulting
- Editeur : Glénat
- Prix : 15,95 €
- Parution : 11 février 2026
- Nombre de pages : 360 pages
- ISBN : 9782344071731
Résumé de l’éditeur : Le temps n’est qu’une illusion Dans un pays lointain règne une Reine sur laquelle le temps n’a pas de prise. Au fond de ses geôles croupit Billy Oldman, un vieux magicien accusé de trahison et qui, derrière ses tours de passe-passe, cache une vérité tragique. Un destin auquel semble lié le secret de l’éternelle jouvence de la Reine… Mais aujourd’hui, l’heure est venue de rendre des comptes. Grâce à ses talents d’illusionniste, Oldman s’évade et délivre au passage une autre âme abîmée : Rebecca, une ancienne générale amputée qui retrouvera sa force d’antan grâce à l’art de Wilson, anatomiste excentrique et concepteur d’automates. Bientôt, ils vont former un improbable trio d’anonymes, exerçant leurs talents dans les théâtres de la ville, attendant secrètement le moment tant attendu de leur revanche…
À propos de l'auteur de cet article
Bénédicte Coudière
Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.
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