Paul à la maison

La vie de Paul entre dans un hiver triste : sa mère se meurt, sa fille part en Angleterre et il est seul. Michel Rabagliati poursuit sa formidable fresque autobiographique romancée avec Paul à la maison. Émouvant !

Paul : double de papier

C’est en 1999 que Michel Rabagliati débute sa série Paul, une autobiographie romancée (Paul Rifiorati dans la bande dessinée). Né en 1961 à Montréal, l’auteur québécois y raconte sa vie ou plutôt les différentes étapes de son existence.

Il débute sa grande fresque intime par Paul à la campagne en 1999. Il dévoile sa vie à la fin des années 60 et au début des années 70. Ces petites histoires ont pour thèmes les vacances familiales.

Viennent ensuite Paul a un travail d’été (en 2002) où il parle de son expérience d’animateur en colonie, Paul en appartement (2004) où on le découvre vivant en couple dans un logement montréalais, Paul dans le métro (2005) un recueil de courtes histoires avec son amie Lucie, Paul à la pêche (2006), Paul à Québec (Prix du public à Angoulême en 2010) où l’auteur conte son arrivée dans sa nouvelle maison, Paul au parc (2011) ou son enfance à 10 ans, Paul dans le nord (2015) et son adolescence, Paul à Montréal (2018) ou l’histoire de la ville et enfin Paul à la maison, le 9e opus de la série.

La cinquantaine, c’est pas le bonheur

Montréal, 2012. Paul est tourmenté, sa vie est bouleversée. La cinquantaine, il est seul. Avec Lucie, ils ont divorcé et sa fille, Rose, aspire à partir pour l’Angleterre.

L’auteur de bande dessinée rend néanmoins visite à sa mère Aline, veuve depuis la mort de ses époux. Elle vit dans un appartement sans âme. Il vient avec des courses afin que la vieille femme puisse manger. En regardant une photo, il se remémore des souvenirs joyeux de cette famille attachante…

Paul à la maison : désenchantement ?

Si Michel Rabagliati apporte toujours autant d’humour et de bonne humeur à sa série Paul, nous pouvons constater que Paul à la maison est plus sombre que les précédents. Il se pose beaucoup de questions, il réfléchit tout au long de l’album.

Rien ne va plus pour son double de papier : divorce, solitude, fille qui quitte le foyer et deuil, rien n’est épargné à l’auteur de bandes dessinées. Son père est décédé et sa mère se meurt d’un cancer. Si le deuil de Roland, son beau-père avait des notes d’espoir, celui d’Aline est plus douloureux, sans filtre, très brut.

Il ne prend plus le temps de s’occuper de sa maison – celle qu’il avait acheté avec Lucie – qui se délabre et semble souvent désabusé.

Restent néanmoins les moments drôles, souvent par un humour noir, de ses visites chez le dentiste, son intervention scolaire, sa venue au Salon du livre de Montréal, les sites de rencontres ou dans une salle d’attente d’une caisse populaire (institution financière).

Paul à la maison : encore un merveilleux album de Michel Rabagliati. A savourer !

Article posté le dimanche 26 janvier 2020 par Damien Canteau

Paul à la maison de Michel Rabagliati (La Pastèque)
  • Paul à la maison
  • Auteur : Michel Rabagliati
  • Éditeur : La Pastèque
  • Prix : 25 €
  • Parution : 10 janvier 2020
  • ISBN :  9782897770723

Résumé de l’éditeur : Paul à la maison est le 9e tome de la série. Cette fois-ci, l’action de déroule en 2012, Paul est auteur de bande dessinée à temps plein et lance un nouvel ouvrage au Salon du livre de Montréal. Entretemps, sa fille part travailler en Angleterre, Lucie n’habite plus avec lui et sa mère ne va pas bien… Paul à la maison traite du deuil, sous de multiples formes. Un album émouvant.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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