Tokyo Tarareba Girls

Trentenaire, Rinko se rend compte que si elle a réussi sa carrière professionnelle, elle n’a pas réussi sa vie sentimentale. Elle le sait : elle devra être mariée avant les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Après Le tigre des neiges, Akiko Higashimura dévoile sa nouvelle série, Tokyo Tarareba Girls, un manga très drôle aux éditions Le Lézard noir.

Boire pour oublier ?

Rinko a 33 ans. Célibataire, elle est scénariste de séries télé. Si elle s’est épanouie dans son travail, côté cœur, c’est le vide intersidéral.

Tous les soirs après la journée de travail, Rinko rejoint Kaori et Koyuki – ses amies de lycée – dans le bar du père de cette dernière pour s’y raconter leurs peines de cœur et boire, énormément boire.

Elles ont inventé un code d’urgence. Lorsqu’elles s’ennuient, elles parlent d’une urgence de niveau 1. Si c’est pour se plaindre de leur travail ou de leurs collègues, c’est un niveau 2. Si elles veulent juste dégoiser sur quelqu’un, c’est le 3 mais l’ultime, le 4, c’est pour une histoire de mec. Autant dire qu’elles se voient tous les soirs !

Trouver un mari avant les Jeux olympiques

Rinko se rend de plus en plus compte qu’elle risque de rester seule toute sa vie. Les us et coutumes du Japon voient d’un mauvais œil, une célibataire de plus de trente ans. C’est décidé, elle devra être mariée avant les Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Il lui reste alors six ans pour se trouver le mari idéal.

Il faut souligner qu’il y a dix ans, Rinko avait déjà laissé passer sa chance. Hayasaka, alors assistant de production dans la même entreprise qu’elle, l’avait invité pour son anniversaire. Là, paniqué et maladroit, il lui avait offert une bague de fiançailles. Trop peu pour la jeune femme qui avait décliné l’offre, avec dédain.

Depuis, le jeune homme est devenu plus beau et est monté en grade dans l’agence de production audiovisuelle. Le pensant célibataire, Rinko tente alors un rapprochement…

La folie Tokyo Tarareba Girls

Après Le tigre des neiges (Fauve jeune adultes à Angoulême en 2020), les éditions Le lézard noir dévoilent la nouvelle série d’Akiko Higashimura. Et quelle série ! La folie précède ce titre : un Eisner Award de la meilleur édition américaine d’un titre asiatique en 2019 et une série télévisée. Diffusé en 2017 sur Nippon TV, le drama compte à ce jour 10 épisodes. Bonne pioche donc pour l’éditeur poitevin.

Publié par Kodansha depuis 2014 au Japon, Tokyo Tarareba Girls est un josei de grande qualité et très drôle. Tout en folie et en décalage, ce titre est idéal pour passer un bon moment de rigolade.

Le lancement du manga devait correspondre à la tenue des Jeux olympiques de Tokyo en août 2020. Mais le Covid-19 est passé par là et la sortie du titre, en France, fut décalé. Quant au Japon, le même événement sportif devait marquer la fin de la série (9 volumes).

Y a qu’à, faut connes

Ce que l’on apprécie beaucoup dans Tokyo Tarareba Girls, c’est cette gentille moquerie envers les jeunes Japonaises. Célibataire et en quête d’un mari (elle cherche pour trouver), Rinko est drôle à ses dépens. Elle rejette son prétendant il y a 10 ans pour tenter de le reconquérir aujourd’hui. Elle rame et c’est drôle. Lorsque l’on cherche pour combler une envie ou un manque, cela ne peut que mal se passer.

Pour pimenter le tout, Akiko Higashimura glisse Key, un jeune mannequin sexy, dans les pattes de Rinko. Ce dernier est toujours franc du collier et très cash avec la trentenaire. Il baptise les trois amies, « Y-a-qu’à-faut-connes », du fait de leur comportements immatures de mal-élevées. S’il a des choses aussi à se reprocher – il est lui aussi hautain – il permet à Rinko de revenir sur terre. Il ne la ménage pas et lui fait prendre conscience de pans non-réussis de sa vie.

Entre modernité et traditions, au Japon, il n’est pas très bien vue pour une jeune femme de 30 ans de ne pas être mariée. C’est aussi cela que veut pointer du doigt la mangaka, autrice de Princess Jellyfish.

Le premier opus de Tokyo Tarareba Girls se termine sur un rebondissement dans ses dernières pages qui donne envie de poursuivre l’aventure avec Rinko. Le trait d’Akiko Higashimura est toujours aussi agréable, entre dessin réaliste et personnages kawaï. Le découpage est dynamique et fluide pour une lecture agréable.

Tokyo Tarareba Girls : un manga très drôle sur les déboires d’une trentenaire célibataire à Tokyo. Entre temps qui passe, mari à trouver, beuveries et répliques cinglantes.

Article posté le jeudi 13 août 2020 par Damien Canteau

Tokyo Tarareba Girls de Akiko Higashimura (Le lézard noir / Kodansha)
  • Tokyo Tarareba Girls 1
  • Autrice : Akiko Higashimura
  • Traductrice : Miyako Slocombe
  • Éditeur : Le lézard noir
  • Prix : 11 €
  • Parution : 02 septembre 2020
  • ISBN : 9782353481903

Résumé de l’éditeur : 2014, Tokyo. Rinko, scénariste de séries télévisées, est une trentenaire célibataire à la carrière professionnelle épanouie. Son petit plaisir consiste à passer des soirées alcoolisées avec ses deux copines Kaori et Koyuki, elles aussi trentenaires et célibataires. Un soir, alors qu’elles sont encore en train de se soûler et de s’auto-rassurer bruyamment avec des « y a qu’à, faut qu’on » dans leur bar favori, elles sont interrompues par un jeune homme aux allures de mannequin. Agacé de les entendre brailler, il les ridiculise méchamment en les traitant de vieilles filles avant de quitter les lieux. Alors qu’elle pensait avoir encore tout son temps, Rinko réalise qu’il va falloir se réveiller si elle ne veut pas finir sa vie toute seule…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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