Et si le battement d’ailes d’un papillon à l’autre bout du monde pouvait faire changer le destin d’une personne à des milliers de kilomètres. C’est à partir de cette théorie que Mathieu Siam a développé L’effet papillon, un album de témoignage autour d’un territoire zéro chômeur de longue durée à Poitiers. Damien a pris quelques minutes pour discuter avec l’auteur poitevin de cette bande dessinée forte autour d’une expérimentation qui mérite d’être connue de tous.
Pourquoi avoir voulu parler de cette expérimentation du territoire zéro chômeur de longue durée (TZCLD) ?
J’étais attiré par cette thématique économique. J’ai fait des études de mathématiques appliquées aux sciences sociales. Je connaissais donc un peu le sujet de la macro-économie et de la micro-économie.
Pour faire simple, il y a l’économie de l’État, des institutions et l’économie des entreprises. Et dans ce modèle-là du TZCLD, c’est un des rares modèles dans lequel on trouve les deux.
C’est-à-dire que c’est à la fois du financement de l’État, mais ce sont aussi des vraies règles d’entreprise, parce qu’il faut être rentable. Et ça c’est assez rare. En plus, ça ne s’adapte qu’à l’économie sociale et solidaire.
Donc là, ça cochait plein de trucs qui faisaient écho en moi. Je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir ça. Mais je ne pensais pas en fait trouver plein de thèmes parallèles dans cette expérimentation.

« Pour que ça fonctionne, il fallait que les gens soient d’accord. »
Quel a été votre premier contact avec les personnes de l’expérimentation du territoire zéro chômeur de longue durée de Poitiers (TZCLD) ?
Dans un premier temps, il y a eu un rendez-vous avec Vincent, le directeur d’une maison quartier de Poitiers et Gwen, le président de l’entreprise Papiole, qui emploie les personnes liées à cette expérimentation. Ce sont deux personnes qui ont été un peu ressources pour moi.
Je leur ai demandé si je pouvais les suivre et s’il pouvait m’accueillir. Ils étaient enthousiastes et ont dit oui.
Par la suite, j’ai été invité à manger au restaurant social La Ruche de Poitiers avec eux. Vincent s’est levé pour me présenter aux salariés.
Pour que ça fonctionne, il fallait que les gens soient d’accord. Alors tout le monde a applaudi. C’était chouette.

Saviez-vous déjà ce que vous alliez faire de cette matière ?
Avant de commencer l’album, je ne savais vraiment pas ce que j’allais faire, quelle forme il aurait. Mais, ils m’ont accueilli chaleureusement même s’ils ne savaient pas ce que je ferais vraiment.
Je pensais que cela serait un carnet illustré avec des textes. Je me demandais si ça m’enthousiasmerait et si j’allais avoir assez de matière pour raconter.
« Je ne l’ai vu que le jour de la signature des contrats, et ça a été évidemment un moment super fort pour moi »
À ce moment-là dans le restaurant, Fabien, votre ami, n’était pas présent ?
Non. Fabien, je le connais depuis l’année de ma 5e. On a fait beaucoup de choses ensemble dont un groupe de musique. On a même été coloc lors de nos études à La Rochelle avec Slimane, un ami et Tony mon cousin. Puis, la vie nous a un peu éloignés. Je ne l’avais pas vu depuis des années.
Je ne l’ai vu que le jour de la signature des contrats, et ça a été évidemment un moment super fort pour moi. Je ne savais pas qu’il était l’un des salariés de cette expérimentation.

Dans L’effet papillon vous touchez aussi à l’intime des gens. Et jusqu’à présent, vous n’aviez écrit que des livres de fiction. C’est donc votre premier album du “réel” ?
Oui, c’est ma première écriture de reportage. Là, c’était vraiment du réel.
J’avais déjà tenté d’écrire sur le “réel”. L’histoire d’un douanier décédé dans un go-fast. Mais, je n’ai jamais réussi à trouver la bonne formule pour en parler. J’ai bossé dessus pendant 7 mois, mais ça n’a rien donné.
Dans L’effet papillon, vous êtes le témoin. Est-ce plus simple pour en parler ?
En prenant un pas de côté, c’est moins intime pour moi. Je voulais mettre une distance nécessaire. Pas celle du journaliste, mais celle du témoin.
Je ne pensais vraiment pas que j’allais écrire par l’intime. À ce moment-là, je ne pensais pas que c’était l’écriture par l’intime.
« La machine de l’écriture était lancée »
Comment est arrivée cette écriture de l’intime ?
Avec la présence de Fabien. Et encore, ce n’était pas gagné non plus, parce que Fabien, quand je lui ai dit : “écoute, qu’est-ce qu’on fait de ça ?” Le fait qu’on se retrouve… Il m’a dit : “Tu veux me citer dans le livre ?” J’ai répondu qu’il y avait une grande chance.
“Quand même, tu te rends compte, la probabilité qu’on se retrouve là était quand même faible.” Il m’a alors répondu : “d’accord”.
Puis, on a commencé à parler des absents de nos vies, ceux qui avaient compté mais qui n’étaient plus là. La machine de l’écriture était lancée.

Et les autres salariés, comment avez-vous appréhendé de leur parler ?
Je faisais des entretiens individuels. Ça leur permettait de me dire des choses uniquement à moi, sans être obligés de le dire à tout le monde.
Je dessinais aussi dans mon carnet. Souvent, je me mettais dans un coin mais ils avaient un peu l’impression d’être épiés. Je faisais cela de la manière la plus discrète possible. Et le soir, chez moi, je réécrivais correctement mes notes.
Mais, au bout d’un moment, je me suis dit qu’on ne pouvait pas continuer comme ça. Les encadrants ont rassemblé les employés. Ils ont expliqué que j’avais bien avancé sur le projet. Je voulais savoir qui voulait en faire partie ou non.
« L’album, il fallait que je sois vraiment très complet »
Comment fait-on le tri dans la parole recueillie ?
Il fallait que je fasse le choix entre les témoignages. C’est-à-dire qu’il y avait des choses qui étaient parfois un peu redondantes. J’ai fait un choix de ce qu’ils disaient qui était le seul témoignage à mettre dans le livre.
La plus grosse erreur que j’aurais pu faire, c’était de ne pas être complet. Je me suis rappelé une phrase de Manu Larcenet qu’il avait écrite à Polza sur Carnet de santé foireuse : “Tu veux raconter ton histoire, très bien, t’as le droit. Par contre, moi, je veux tout savoir sur la maladie de Crohn. Il faut que le lecteur connaisse tout de A à Z. Ça doit être un livre de référence sur la maladie de Crohn.”
Et ça, je l’avais gardé en tête en me disant, si un jour, je fais une bande dessinée de reportage sur quelque chose, il fallait que je sois vraiment très complet.
Je ne pouvais pas me contenter de n’être que sur le territoire de Poitiers. Il fallait que je prenne de la hauteur par rapport au sujet.

« Il y a un équilibre à trouver entre apporter de l’émotion, apporter du témoignage et apporter une dimension scientifique au propos »
C’est délicat de trouver le bon équilibre ?
Le risque, c’est d’avoir beaucoup de personnages et de témoins et donc de perdre mon lecteur. Il y a un équilibre à trouver entre apporter de l’émotion, apporter du témoignage et apporter une dimension scientifique au propos. C’est pour cela que le livre est très dense.
Ce qui était important pour moi, c’était de ne pas rater les dernières pages.
Ces personnes-là, forcément, elles ont des parcours qui sont chaotiques. Comment ne pas tomber dans le pathos ?
C’est une forme de respect pour eux. Je les ai suivis dans une phase de reconstruction. C’est surtout plus positif que lorsque que l’on tombe.
« Ce livre, c’est le leur »
Certains vous ont-ils demandé un droit de regard ?
Plusieurs m’ont demandé d’enlever des passages. L’idée, c’est quand même que ce livre soit le leur, qu’ils le portent. Il n’y a pas eu de discussion là-dessus. C’était normal pour moi d’enlever si ça les gênait.
Je n’ai pas encore eu le retour sur la version dessinée pour l’instant. Un petit film va être tourné pour recueillir leur parole après la lecture. Sur cette période d’avant. Et aussi sur le rapport qu’ils ont aux livres.
Et, je suis assez à l’aise par rapport à ce que j’ai vu, ce que j’ai dit.
C’est pour ça que je leur ai fait relire les passages sur leur témoignage. Mais par exemple, Sylvie ne savait pas ce que j’allais dire sur Nathalie. Nathalie ne savait pas ce que j’allais dire sur Sylvie. Je les ai pris individuellement. Pour qu’ils ne soient pas influencés.

Comment vous êtes-vous documenté ?
Tout d’abord, c’est important de dire que le TZCLD est une expérimentation et non un dispositif. Le mot dispositif est assez négatif. Il draine le côté assistanat sans contrepartie.
On n’est pas dans de l’aide, on est dans du travail. Il y a une forme particulière de travail, mais tu es dans le travail. Ce sont des formes de fierté.
Je suis arrivé novice avec les compétences économiques que j’avais. J’arrivais assez vite à comprendre de quoi on parlait. D’abord, il y a Gwen et Vincent qui m’ont expliqué avec leurs mots. Après, j’ai rencontré Gilles qui est universitaire.

J’ai rencontré tout le territoire zéro chômeur au niveau national. J’ai rencontré Louis Gallois. Il a été chargé en juin 2016 de présider le Fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée.
Laurent Grandguillaume, président de TZCLD, je ne l’ai pas rencontré. Mais, il a écrit une superbe postface de L’effet papillon. Avec ses mots, le livre devient ainsi une référence sur le sujet.
« J’ai bien aimé la place du novice »
Comment emmagasiner et restituer au mieux ces rencontres, cette documentation ?
Si je ne suis pas exhaustif sur le sujet et si je ne dis pas que voici comment ça marche économiquement, voici comment ça marche socialement, voici pourquoi c’est fragile, je passe complètement à côté du sujet.
Mais la difficulté, c’est que cette matière-là, on a beau la prendre dans tous les sens, elle est complexe. J’ai beau la vulgariser, elle est difficile à comprendre.
J’ai néanmoins bien aimé cette place de novice. De celui qui pose toutes les questions pour comprendre.
Pourquoi avoir choisi le territoire zéro chômeur de longue durée de Poitiers ?
Parce que c’est chez moi et que je pouvais y aller régulièrement. Et c’est aussi notre territoire, on le partage et on a envie de le défendre. C’est chouette.

« Grâce à tous ces gens, c’est un territoire qui renaît »
Comme le montre L’effet papillon, vous êtes arrivé au tout début, quand les salariés découvrent le lieu et le remettent en état. Était-ce vraiment comme dans le livre, comme une ruche où tout tourbillonne ?
Oui, c’était ça. Il y avait vraiment un tourbillon. Mais en même temps, certains ne trouvaient pas leur place à ce moment-là.
Ceux qui étaient employés pour faire de la recyclerie de jouets. Ils disent que c’est long, parce que les bâtiments n’étaient pas prêts.
Donc il y a eu une phase d’ennui. Mais ça, c’est globalement dans tous ces processus d’insertion, la phase d’ennui est présente parce que l’autonomie n’est pas toujours là. Et donc, il faut gérer ça.
Quand je les ai suivis, ils étaient 35 dont 11 qui sont présents dans l’album. Aujourd’hui, ils sont 80. C’est énorme. Il y a l’idée que les premiers, les pionniers, ont accueilli des nouveaux. Il y a eu une deuxième vague, que je raconterai peut-être s’il y a un deuxième tome.
La vérité, c’est que c’est un truc énorme. Humainement, économiquement, c’est énorme. Grâce à tous ces gens, c’est un territoire qui renaît.
Les limites qu’on pourrait émettre, elles sont complètement disproportionnées par rapport aux bénéfices, aux gains sur ces gens, sur le territoire.
Quels sont les bénéfices pour les salariés ?
Ça leur fait du bien psychologiquement. Ils retravaillent. Comme on dit, un chômeur, c’est un père, une mère. C’est le modèle qu’ils véhiculent. Les enfants, leur père ou leur mère travaille. Ça change aussi la donne. Ça se crée dans le long terme.
En fait, très honnêtement, c’est extraordinaire ! C’est très étonnant qu’on ne généralise pas une expérimentation comme ça. Je crois profondément en ce système, qu’il puisse être pérennisé.

« Ce sont des visions étriquées et à court terme »
Le ministre de l’économie hier a annoncé que le budget de l’économie sociale et solidaire allait baisser…
Ce sont des visions étriquées et à court terme. Ne pas non seulement maintenir, mais en plus élargir le territoire des chômeurs. C’est vraiment un calcul pourri.
Tu supprimes des possibilités à des gens de s’en sortir. C’est catastrophique. Là, en plus, ils ont trouvé un truc qui fonctionne.
Mais, on le sent que c’est fragile. Bien sûr. Ce n’est pas vieux. Ça a moins de 10 ans.
La première expérimentation a eu lieu à Mauléon dans les Deux-Sèvres en 2016. Les débuts ont été compliqués.
Après cela, le territoire zéro chômeur s’est armé d’un conseil scientifique et d’un observatoire. Maintenant, on ne peut plus argumenter que ça n’a pas de bénéfices.
Dans le temps, on voit que les territoires, ils en ont de plus en plus besoin. Mais on sent aussi qu’il s’est lié, quelque part, aux volontés politiques.
Quand il y a eu un désengagement de l’État, ça veut dire que derrière, les territoires s’imaginent qu’il y a un désengagement aussi local. Donc, c’est un cercle vicieux. Alors qu’il nous faudrait un cercle vertueux. Un État qui dit : « oui, nous avons ici une expérimentation qui est forte. »
L’effet papillon doit servir aux territoires qui ont besoin de visibilité. Parce qu’il y a une loi qui est posée sur la table et qu’elle doit être soutenue.
Ce livre est porté par les instances du TZCLD mais il peut aussi l’être par des territoires dans toute la France.

« Je voulais que le livre leur ressemble »
Comment l’association nationale TZCLD vous a aidé ?
Ils ont lu et relu afin que ce soit le plus juste possible et que je ne dise pas trop de bêtises.
Dans L’effet papillon, je cite Catherine. Elle a été précieuse pour moi. Pendant le processus de création, je l’appelais souvent. Je lui faisais part de mes doutes et de mes questions et avec ses mots, elle réussissait à débloquer les situations. Et surtout, elle insistait sur des points importants qui devaient être absolument dans la bande dessinée.
Mais ce n’était pas un livre de commande donc je pouvais en faire ce que je voulais. Néanmoins, je voulais qu’il leur ressemble et puisse leur servir de support.
Quelle va être la vie de L’effet papillon ?
Plusieurs événements sont déjà programmés. Je suis invité à la Fondation François-Mitterrand pour une table ronde avec des élus. Je vais donc y donner ma vision en tant que témoin et auteur.
L’association nationale TZCLD m’a demandé de venir à la Mutualité à Paris pour parler devant ses partenaires.
J’ai aussi quelques pistes avec des festivals ou des salons qui ont eux-mêmes un TZCLD.
Le 17 mai à la médiathèque Médiasud de Poitiers sera inaugurée une exposition autour de l’album et une table ronde organisée. Puis, l’exposition doit circuler dans les territoires comme notamment à Montmorillon.

« Ce sentiment de déclassement, de penser que l’on ne sert plus à rien et que l’on ne sait pas de quoi sera fait demain »
Vous parlez de personnes de votre entourage, de votre famille dans la bande dessinée. Qu’apportent ces portraits ?
Ce sont des éléments inavoués au départ. Pourquoi est-ce que je m’intéresse au territoire zéro chômeur ? Parce que c’est un beau modèle économique et que ça se passe chez moi.
Et puis, d’un seul coup, il y a Fabien qui est là. Et la première chose que l’on fait ensemble, c’est de parler de Slimane notre ami et de Tony mon cousin. Donc de parler des personnes qui sont notre ADN, avec lesquelles on a grandi. Mais, on avait perdu Tony et Slimane, broyés par le système.
Ces récits de vie que je décris – ma tante Claire, Tony et Slimane, qui sont décédés – ne font donc pas partie du TZCLD. Mais, je les voulais ici parce que beaucoup de lecteurs ont peut-être ressenti les mêmes choses qu’elles ou que moi. De dire aussi que les vies ne sont jamais lisses.
Les disparitions de ma tante et de mes amis m’ont énormément affecté. Il y a aussi ce sentiment de déclassement, de penser que l’on ne sert plus à rien et que l’on ne sait pas de quoi sera fait demain. Et cet espoir de se relever. Que la vocation du TZCDL, c’est que cela n’arrive plus.

Comme dans vos précédents albums, vous utilisez plusieurs techniques graphiques. Quelles sont-elles ?
Lors de mes venues au local, pour mes dessins sur le vif, j’utilisais une pipette d’encre de brou de noix.
Mes lavis ont été réalisés avec ce brou de noix. C’est très coloré, comme du sépia ou du marron.
Quand tu utilises des couleurs, tu peux monter tes teintes. Sauf que quand c’est déjà coloré, c’est plus compliqué. Ma contrainte était de garder mes outils très minimalistes et donc de renforcer ce côté dessins de carnet, mais également de trouver une gamme de couleurs qui s’allie avec le brun du brou de noix. D’où le bleu.
Niveau dessin, tous mes traits sont réalisés à la main pour L’effet papillon.

Cet album a été réalisé, en partie, pendant une résidence au Moulin Boissard près de Poitiers. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
J’ai effectué deux résidences pour ce livre. Une au Moulin Boissard, l’autre à Montmorillon. Tous les deux dans la Vienne.
Au Moulin Boissard, je n’étais pas seul. Il y avait Pierre-Laurent Daurés, dit Pilau. Tous les jours, je réalisais mes planches et le soir je les lui apportais. Il regardait de son œil d’auteur et on validait ensemble. J’étais encore dans une phase où les choses étaient mouvantes.

Pour bien comprendre, pouvez-vous expliquer ce qu’est le Moulin Boissard ?
Pilau est quelqu’un de très impliqué dans le monde de la bande dessinée. Il est auteur, médiateur et commissaire d’expositions.
Le moulin Boissard une maison de famille. Mais, son épouse et lui n’y vivent pas à l’année.
L’idée était de créer dans ce lieu, une résidence d’artistes. Le faire vivre dans le territoire à travers la création.
Une des contraintes pour que soit acceptée la résidence, c’est que le projet proposé touche le territoire. Les dossiers sont examinés par un comité de lecture géré par une association.
Par exemple, dans l’album Dans l’ombre de Mélusine, Sarah Ayadi raconte l’histoire de cette fée à Lusignan.

Dans Bruno, portrait d’un professeur des écoles titulaire remplaçant, Olivier Crépin a suivi cet enseignant dans le pays mélusin.

Marine Blandin a choisi de parler de Léodile Béra connue sous le pseudonyme d’André Léo, écrivaine féministe du temps de la Commune et qui est originaire du territoire. Son album sortira bientôt chez Steinkis.

Comment s’est déroulée la résidence à Montmorillon ?
La municipalité de Montmorillon m’a contacté pour faire cette résidence. Elle gère notamment la Cité de l’écrit et le Festival du livre impulsé à l’époque par Régine Desforges.
J’ai accepté notamment pour réaliser la fin de l’album. J’étais seul donc je ne devais me concentrer que sur mes planches. Et étonnamment, malgré parfois des doutes, ça m’a donné de l’énergie. J’avais quand même des liens avec Pilau, Marie Moinard, mon éditrice et avec Thibaud Lambert. Je leur envoyais mes planches régulièrement.
Depuis 2018 et notre interview autour de votre livre Arc-en-ciel, finalement il s’en est passé des choses dans votre carrière d’auteur. Quoi exactement ?
Oui, j’ai commencé en 2016 avec Galet. J’ai publié 10 livres depuis et j’ai plongé dans la bande dessinée avec Thibaut (Les frontières du Douanier Rousseau, … Je continue). Une conférence dessinée autour du Douanier Rousseau. Un sacré parcours jusqu’à L’effet papillon !

« J’ai enfin eu le sentiment d’utilité »
Quelle place tient L’effet papillon dans votre carrière, dans votre vie ?
C’était d’abord de parler d’intime, d’aller au-delà de mes livres de poésie pure. J’ai enfin eu le sentiment d’utilité. Mais aussi d’être en accord avec l’adolescent que j’étais et mes indignations de l’époque.
Je voulais avant tout mettre en avant les gens qui “font” et parler d’eux (les employés, les encadrants, les travailleurs sociaux).
Merci Mathieu Siam pour ce déjeuner et d’avoir répondu à mes questions sur L’effet papillon.
Entretien réalisé le mercredi 16 avril 2025 au Confort Moderne à Poitiers.
- L’effet papillon – Carnet en territoire zéro chômeur de longue durée
- Auteur : Mathieu Siam
- Éditeur : Des ronds dans l’O
- Date de publication : 23 avril 2025
- Nombre de pages : 160
- Prix : 24,90€
- ISBN : 9782374181592
Résumé éditeur : Face aux réalités de la vie économique et à l’augmentation du chômage, Mathieu s’intéresse à une expérience territoriale près de chez lui : le zéro chômage longue durée et rencontre le président d’une entreprise participant à l’expérience. Pendant un an, il accompagne, rencontre dans différents lieux, apprend beaucoup et retrouve un ancien ami. Le principe des Territoires zéro chômeurs longue durée, est de créer des Entreprises à but d’emploi et de donner du travail rémunéré au smic aux chômeurs volontaires de plus d’un an. Un groupement d’employeurs socio culturel les accompagnent en parallèle.et leur permet de se remettre debout. Pour Mathieu, dont la tante et le cousin se sont suicidés, broyés par le système, l’expérience est encourageante et salvatrice. Récit touchant et plein d’espoir.
À propos de l'auteur de cet article
Damien Canteau
Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une trentaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) et co-responsable du prix Jeunesse de cette structure. Il est le rédacteur en chef du site Comixtrip. Damien modère des rencontres avec des autrices et auteurs BD et donne des cours dans le Master BD et participe au projet Prism-BD.
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