À coucher dehors #2

La dernière planche du premier tome d‘à coucher dehors, s’était avérée frustrante tant nous nous étions épris des aventures de Nicolas, Amédée et ses compagnons de rue. Fort heureusement, Aurélien Ducoudray et Anlor ne nous ont pas fait languir trop longtemps. Et la première satisfaction, à la fin de cette histoire, c’est que le rythme effréné est maintenu jusqu’au bout. Ainsi, est-ce qu’Amédée parviendra à ramener Nicolas à la maison à temps ? C’est une véritable course contre la montre qui s’annonce et l’enjeu est clair : si le clochard échoue, il perdra son statut de tuteur et le toit qu’il avait hérité. 

LA POISSE D’AMÉDÉE

Amédée l’a compris. Si il veut retrouver Nicolas, cela ne peut-être que dans le seul endroit où il pense réaliser son rêve d’être cosmonaute : à l’Astro Parc. Mais mettre la main sur un garçon trisomique déguisé en Youri Gagarine va s’avérer compliqué dans la masse noire de gens excités par les diverses attractions spatiales. Accompagné de l’infirmière, Mme Louison, cet épisode détaillera un homme à qui toutes les mésaventures arrivent. De la petite fille perdue à la rencontre avec un touriste russe, Amédée doit faire face à une malchance aussi envahissante que drôle.

Ce sera surtout l’occasion pour le tout frais héritier de connaître un peu mieux celle qui s’est occupée de sa « tantine ». Et, de leur nuit à l’hôtel en passant par le dîner aux chandelles dans la voiture, ces deux caractères bien trempés nous offriront des situations bien cocasses.

Mais ce qu’Amédée n’avait pas prévu c’est que laisser ses deux acolytes – Prie-Dieu et la Merguez – dans sa nouvelle demeure, allait lui attirer de nouveaux ennuis. Sans solution, on voit mal comment celui qui se revendique comme « ancien flic qui refusait d’arrêter les voleurs et coffrer les clodos », va pouvoir faire tourner la chance en sa faveur. Mais cet ultime tome réserve encore son lot de surprises.

DUCOUDRAY ET SON INCROYABLE IMAGINATION…

Aurélien Ducoudray ajoute une nouvelle belle pierre à son édifice. Pour à coucher dehors, il allie, avec maîtrise, humour et sujets graves. Avec des dialogues détonants et des réparties aussi bien senties que dans le premier opus, l’auteur accorde à chacun de ses personnages une vraie importance. Avec, bien sûr, Amédée au centre de l’intrigue car c’est à lui qu’arrivent toutes les situations rocambolesques.

En effet, Jean-Pierre Rousseau de son vrai nom, n’est pas épargné dans ce récit graphique. Mais quelle que soit la situation (comme se retrouver sur un « sputnik à l’envers » pour empêcher un drame, supporter un cours sur les bienfaits de la Reine des abeilles régnant dans sa sa ruche, ou s’attacher les services de frères religieux pour former une équipe d’investigations), le scénariste apporte à son héros la psychologie et l’humanité nécessaires pour qu’il réagisse intelligemment. Et ainsi donner l’image d’un grognon au grand cœur.

… QU’ANLOR RESTITUE BRILLAMMENT EN IMAGES

Pour le premier tome, nous avions déjà souligné l’importance du travail d’Anlor pour que cette histoire, à priori absurde, coule de source au fil des pages. Il est évident que la dessinatrice s’est totalement imprégnée de la trame imaginée par son compère. Ainsi, son trait qui pourrait paraître surjoué tant les faciès des personnages changent constamment et violemment, illustre en fait parfaitement le feu d’artifice émotionnel proposé par les protagonistes. Et confirme surtout qu’Anlor, en gardant son identité graphique, s’adapte très bien à des sujets plus « légers ».

À COUCHER DEHORS OFFRE UN ATTERRISSAGE RÉUSSI

Sans oublier la colorisation qui est très variée dans ce diptyque. Anlor offre deux partitions distinctes selon l’album. En témoignent les deux magnifiques couvertures qui résument parfaitement ce qui nous attend à l’intérieur de chacune d’entre elles. Elle ne triche pas et se veut même rassurante avec ses couleurs plus chaudes pour ce deuxième tome. De quoi nous faire pressentir une jolie fin.

À coucher dehors est une histoire en deux parties différentes. Et n’y voyons rien de préjudiciable tant elles offrent la même richesse…

Article posté le jeudi 28 septembre 2017 par Mikey Martin

Suite et fin d'À coucher dehors d'Aurélien Ducoudray et Anlor (Bamboo - Grand Angle-) décryptée par Comixtrip le site BD de référence
  • À coucher dehors : Tome 2
  • Auteur : Aurélien Ducoudray
  • Dessinatrice : Anlor
  • Couleur : Anlor
  • Éditeur : Bamboo -Grand Angle-
  • Prix : 13,90 €
  • Parution : août 2017

Résumé de l’éditeur : Nicolas a disparu ! Amédée essaie tant bien que mal de le trouver au milieu des visiteurs du Parc de l’Espace. À la maison, Prie-Dieu a accroché sur le toit de la baraque les signes des trois religions monothéistes, provoquant un afflux des adeptes de tout poil. Ce qui n’est pas du goût d’Amédée, surtout que la priorité serait plutôt de retrouver l’apprenti cosmonaute ! Car huissiers et gendarmes attendent, montre au poignet. Si Nicolas n’est pas là rapidement, Amédée ne sera plus son tuteur et ce sera l’expulsion pour les trois clochards !

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey Martin

Originaire de Charente-Maritime, il débarque sur Poitiers il y a 17 ans et s'installe avec sa compagne juste en face d'une librairie spécialisée en bande dessinée. Une aubaine pour s'y remettre. Sa passion sans cesse grandissante pour le Neuvième Art se doit d'être partagée par de petites chroniques.

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