Aristophania

Recueillis par la comtesse Aristophania, trois enfants vont vivre dans le paradis enchanteur du Royaume d’Azur. Le passé de leur père défunt va pourtant ressurgir. Pourquoi est-il mort ? Pourquoi sont-ils protégés ? Ces questions et bien plus encore, dans le premier volume d’Aristophania, la superbe série fantastique de Xavier Dorison et Joël Parnotte. De la magie, du suspense, des combats et de l’humour : début prometteur.

Combat mortel

Marseille, 1900. Depuis de longues années, Clément Francoeur travaille dans une usine de sidérurgie. Apprécié de ses collègues, il est accueilli à la fin de sa journée de travail par la comtesse Aristophania Léontine Armance Bolt-Privat de Rochebrune.

Il monte dans sa voiture mais la discussion s’anime entre eux. Elle lui intime l’ordre de se cacher dans le Royaume d’Azur. Sa couverture a été découverte et il est en danger. Clément avoue alors à la vieille femme qu’il est marié, a trois enfants et ne peut donc pas partir.

La voiture est stoppée par un colosse du nom de Barboza. Un combat épique débute entre le géant et l’ouvrier. Les deux ont une puissance surnaturelle qu’ils maîtrisent à la perfection. Clément décède d’un coup de poignard dans la tête.

Aristophania et le dé magique

Quelques jours après le drame, Aristophania se rend chez les Francoeur. Ni la veuve ni les enfants ne comprennent pourquoi elle est venue. Ses paroles sont mystérieuses mais elle leur confie que Clément lui a jadis sauvé la vie. Avant de partir, elle donne à Basile un dé magique. Plongé dans une eau claire et profonde, il fera alors apparaître la vieille femme, en cas de dangers.

Calixte, Victor, Basile et leur mère quittent précipitamment leur foyer pour se cacher du côté de la Cannebière. Cette étrange femme et la mort de leur père les questionnent.

Aristophania : un formidable début de saga fantastique

Nous connaissions la grande qualité du duo Parnotte-Dorison par Le maître d’armes, le revoici avec autant de force et d’enthousiasme dans un nouveau projet. Prévu en quatre volumes, Aristophania bénéficie de tout le talent de conteur de Xavier Dorison pour accrocher le lecteur avec une facilité déconcertante.

Le début est fort et mené tambour battant. Dès les premières pages, une discussion enflammée avec des mystères, un combat magique (tels des super-héros) et un mort hypnotisent le lecteur.

Le scénariste (Le chant du cygne, Undertaker, Kriss de Valnor) imagine un univers fantastique élégant. Dans un monde  réaliste du début du XXe siècle, il invente un formidable récit à la croisée de Dickens, Conan Doyle, Mary Poppins, Pagnol, voire Les 4 de Baker Street ou encore le Peter Pan de Loisel. Ce étonnant mélange est d’une intelligence et d’un vivacité impressionnante.

Un dessin qui apporte une dimension spectaculaire

Cette saga fantasy n’oublie pas non plus l’humour et la curiosité des trois enfants apporte son lot de dangers. La période de l’adolescence est idéale pour se permettre cela. D’ailleurs Calixte, Victor et Basile – frères et sœurs – ont des personnalités fortes, différentes mais complémentaires. Les rebondissements s’enchaînent et le puzzle de dévoile sous les yeux des lecteurs. Malgré les mises en garde, la comtesse va devenir leur protectrice et son majordome leur percepteur.

Ce premier tome de Aristophania est beau sous les pinceaux de Joël Parnotte. Le dessinateur de Hong Kong Triad, Les Aquanautes et Sang des Porphyres nous enchante par des décors époustouflants. L’usine aveuglante, Marseille crasseuse et le Royaume d’azur lumineux sont superbes. Les couleurs soulignent le côté magique et fantastique de la série. Le découpage, ainsi que la mise en scène sont parfaites et les visages des personnages sont très expressifs.

Aristophania : un souffle magique et épique pour un premier tome enchanteur !

Article posté le lundi 04 mars 2019 par Damien Canteau

Aristophania 1 de Xavier Dorison et Joël Parnotte (Dargaud)
  • Aristophania, tome 1 : Le royaume d’azur
  • Scénariste : Xavier Dorison
  • Dessinateur : Joël Parnotte
  • Editeur : Dargaud
  • Parution : 18 janvier 2019
  • Prix : 14.99€
  • ISBN : 9782505070047

Résumé de l’éditeur : Marseille, 1900. Clément est un ouvrier apprécié de tous. Un homme juste et droit, père de famille, mais dont la vie semble receler d’étranges secrets. Sa mort sera aussi brutale que mystérieuse. Gennevilliers, 1909. Les trois enfants de Clément ont grandi. Livrés à eux-mêmes, privés de leur mère qui croupit en prison, ils n’ont que la faim et la violence comme horizon. Un jour, une femme âgée prend contact avec eux. Elle se dit comtesse et prétend avoir connu leur père. Elle est à la fois étrange et rassurante, excentrique et attachante. Elle s’appelle Aristophania Bolt. Pour les arracher à leur vie de misère, elle les emmène loin de leur grisaille quotidienne et des morsures de l’hiver. Direction le Sud, son soleil et ses calanques, ses rivières et ses paysages sauvages. Direction l’Azur – c’est ainsi qu’elle nomme ce qui ressemble, pour les trois orphelins émerveillés, au Paradis sur terre. Mais il faut se méfier des apparences. Toute médaille a son revers, et l’Azur n’échappe pas à cette règle. Derrière la beauté et la lumière, de sourdes menaces étendent leur ombre. Elles ont pour nom Barboza, le chasseur de rats, ou encore le Roi banni et sa sinistre cour de laquais. Tous attendent leur heure, tapis dans les recoins des quartiers sombres de Marseille. Aristophania, la dernière fée d’Azur, convoquera toutes les ressources de sa magie afin de protéger les enfants et de les révéler à leur Destin… Avec Aristophania, Xavier Dorison et Joël Parnotte inaugurent une saga de French fantasy en quatre tomes, qui navigue entre fantastique flamboyant et réalisme social, entre merveilleux et romantisme noir. Bienvenue en Azur, mais attention à ses dangers…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

En savoir