À l’occasion du premier weekend de la 29e édition des Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens qui s’est déroulé les 7 et 8 juin 2025 à la Halle Freyssinet, l’équipe de Comixtrip a eu la chance de rencontrer les commissaires des expositions présentées.

Gilles Hautière, commissaire d’Abracada-Brume, nous a expliqué comment, avec son équipe Animateam, ils ont œuvré pour mettre en place cette exposition. Abracada-Brume rend hommage au travail de Karine Hinder et Jérôme Pélissier, dessinatrice et scénariste de la série en trois tomes Brume, publiée chez Glénat.
Pourquoi avez-vous fait le choix de Brume, série en trois tomes de Carine Hinder et Jérôme Pélissier publiée chez Glénat, pour cette exposition Abracada-Brume ?
Gilles Hautière : Alors c’est une question qui va se répondre en deux réponses. Déjà pourquoi une exposition jeunesse. C’est parce qu’en fait donc ça fait maintenant quatre années que je m’occupe de l’équipe animateam, l’équipe de bénévoles qui s’occupe de l’animation jeunesse sur le festival. Tous les ans, en petit auditorium, on fait des lectures pour les enfants, des kamishibai, des lectures picto signées, des tapis de lecture, etc. Ainsi que d’autres animations, que ce soit en exposition ou ailleurs.
Cette année, on a eu à cœur, avec cette équipe de plus en plus soudée et avec notre expérience, de réaliser enfin notre exposition animateam, donc une exposition jeunesse.

Pourquoi la série Brume alors ?
Gilles Hautière : Il y avait un peu la thématique de sorcière déjà qui revenait dans l’envie de chacun et de chacune. En plus Brume c’est une bande dessinée que pas mal de membres de l’animateam avaient lue et qui avait beaucoup plu.

La série se suffit largement à elle-même pour faire une exposition.
D’autres sorcières ou sorciers ne vous ont-ils pas attirés ?
Gilles Hautière : Au début, on a hésité. On s’était dit pourquoi pas une exposition sur les sorcières et les sorciers en général. Puis finalement, on a décidé de faire un focus sur Brume parce qu’il y avait déjà beaucoup de choses à dire. La série se suffit largement à elle-même pour faire une exposition. Elle peut parler à beaucoup d’enfants parce qu’à la base, Brume n’est pas une sorcière.

Cette série parle à beaucoup d’enfants, que ce soit graphiquement ou dans le ton.
En tant qu’adulte on prend beaucoup de plaisir à la lire, un peu comme quand on regarde un Pixar par exemple. Il y a vraiment un double niveau de lecture, avec de l’humour et des jeux de mots, qu’on peut comprendre d’une certaine manière quand on est petit. Et d’une autre manière quand on est plus grand. Puis graphiquement la série est vraiment magnifique. On avait envie de parler de ses auteurs, Jérôme Pélissier et Carine Hinder.
Pouvez-vous nous les présenter ?
Gilles Hautière : C’est leur première série de bande dessinée. À la base, ils travaillent dans l’animation. Jérôme Pélissier a aussi pas mal fait de jeux vidéo chez Ubisoft notamment. Carine Hinder a travaillé pour des séries animées.
Donc on ressent beaucoup cette pâte graphique. Je ne dirais pas de la 3D, mais il y a quelque chose avec beaucoup de relief dans le travail des couleurs et de la texture. Dans l’expression des visages des personnages, il y a un petit côté un peu Pixar je dirais.

On a donc fait notre truc en confiance avec les auteurs.
Comment avez-vous travaillé avec les auteurs pour construire l’exposition Abracada-Brume ?
Gilles Hautière : On ne leur a presque rien montré avant leur venue sur le festival. On leur a demandé des fichiers, des scans pour les visuels. Sinon rien d’autre, ils nous ont vraiment fait confiance.
Ils avaient même envie, en tout cas au départ, qu’on leur en dise le moins possible, pour être le plus surpris à l’arrivée.
De notre côté, à l’Animateam, on est quand même une dizaine, voire une quinzaine de personnes. Ça fait beaucoup de cerveaux, avec beaucoup d’envies, pour réfléchir à l’exposition. C’est déjà pas mal de gens à mettre d’accord. On a donc fait notre truc en confiance avec les auteurs.

Comment s’est fait le choix des illustrations qu’on peut retrouver sur les murs de l’exposition Abracada-Brume ?
Gilles Hautière : C’est nous qui avons demandé telle planche ou telle planche. Glénat l’éditeur, nous a directement fourni des PDF complets des albums. Donc on a pu piocher un peu comme on voulait. Après, Jérôme et Carine nous ont envoyé un dossier avec plein de croquis, de scans, d’affiches annexes.

Est-ce que ça veut dire qu’on peut aussi trouver quelques inédits parmi les illustrations de l’exposition ?
Gilles Hautière : C’est ça. Carine Hinder, à part ses croquis, travaille uniquement en numérique. C’est pour ça qu’il n’y a pas d’originaux dans l’exposition. On a fait de la reproduction uniquement. C’est mieux pour les enfants, d’autant plus que là, les illustrations sont à portée d’eux. Ils peuvent y toucher.

On peut difficilement mettre des originaux à la portée d’enfants. Les seuls qu’on aurait pu avoir, ce sont des carnets de croquis. Donc on aurait eu peut-être trois ou quatre carnets de croquis qu’on aurait mis sous des vitrines. Mais seulement ouverts à une seule page. On trouvait qu’en termes de logistique et de prise d’espace, ça n’en valait pas forcément la peine pour une exposition jeunesse.

Parce qu’une exposition pour enfants, il faut qu’elle soit tactile.
Ce qui explique que vous soyez appliqué sur la scénographie.
Gilles Hautière : On a vraiment essayé de mettre plus le paquet sur la scénographie. Donc de construire une cabane, le puits du village, une fausse façade, la forêt, plutôt que d’essayer de mettre des originaux.
Parce qu’une exposition pour enfants, il faut qu’elle soit tactile. Il faut que les enfants puissent agir. Alors, c’est vrai que cette cabane, c’est le meilleur exemple pour plonger dans l’univers de Brume.

Comment avez-vous conçu cette cabane ?
Gilles Hautière : On voulait vraiment entrer dans son univers. Donc on a reproduit sa boutique de sorcières. Là, on a essayé d’être le plus fidèle possible. On le voit sur une petite planche à l’accueil. Alors, on n’a pas pu faire exactement ce qu’il y a dans la bande dessinée, parce que ce n’est jamais possible de refaire à 100%. Mais on a essayé de reprendre le même motif sur les vitraux. On a refait la banderole de bienvenue. On a mis le fauteuil jaune qui est là-bas. Il ne manque le feu. Malheureusement, pour des raisons de sécurité, ce n’est pas toujours possible. Même si on a ignifugé la cabane.

Pour la décoration, on a essayé de reconstituer quelques éléments bien distinctifs. Et après, on s’est lâchés. On a vraiment mis un peu de bazar partout, des petites fioles, des vieux parchemins. Afin de donner l’impression d’être dans l’univers de la cabane de Brume.
Les enfants vont s’y retrouver dans cette cabane. Et pour ceux qui connaissent l’univers de Brume, ça va être une incroyable façon d’entrer dans l’univers de leur héroïne.

Vous avez beaucoup misé sur la manipulation.
Gilles Hautière : Bien sûr, une exposition pour enfants, ça signifie qu’on regarde, on touche, mais on manipule aussi. On a créé plusieurs jeux pour cela.
Cette exposition est, bien évidemment, principalement pour les enfants. Mais avec également du contenu pour que les adultes et les plus grands puissent s’intéresser à cet univers. Il y a donc du texte, ce qui n’est pas forcément le cas dans toutes les expositions de jeunesse. Il fallait faire un mix des deux.

Mais on a aussi essayé de mettre de l’interactivité. Pas uniquement à travers le jeu, mais vraiment dans l’immersion. Par exemple, on a reconstitué le puits. Et si on regarde dedans, on est censé voir un passage, une sorte de porte de téléportation vers la forêt. C’est de l’interaction, puisque les enfants vont se pencher, regarder.

Vous avez aussi répertorié tous les personnages qu’on retrouve dans la série Brume.
Gilles Hautière : Avec ce mur, on avait la volonté d’apporter du contenu et de faire apprendre aussi des choses. Comme ce mur sur les mythes et légendes présentes dans la série Brume. De quoi se sont inspirés les auteurs pour créer leur univers. Et on se rend compte que ce qu’on voit dans la bande dessinée existait auparavant dans la mythologie. Que ce soient le dragon, Excalibur, les fées, le yéti, même l’Ankou du folklore breton.

Vous avez également insisté sur un accès à hauteur d’enfant.
Gilles Hautière : Il faut toujours faciliter l’accès aux illustrations pour les enfants en les mettant à leur hauteur. Comme ça, ils vont avoir envie de toucher, de regarder, de commenter.

Vous avez donc reconstitué des endroits importants dans l’album.
Gilles Hautière : C’est ça, avec la place du village. On ne le voit pas encore, mais il y aura aussi de la brume qui va sortir derrière un rocher là-bas. Elle se dispersera dans la forêt pour renforcer l’ambiance un peu mystique. J’imagine les enfants assis dans l’herbe à jouer aux deux jeux qui se trouvent ici.

Est-ce que vous attendez beaucoup de monde ?
Gilles Hautière : De toute façon, il va y avoir du monde. Surtout que cette année, on est plus que sur trois week-ends au lieu de quatre. Donc ce sera peut-être un peu plus condensé.
Le samedi et le dimanche, il y a énormément de familles, d’autant plus que le festival est gratuit et accessible à tous. On espère vraiment que cet espace sera occupé par les enfants.
Bravo encore à vous et à votre équipe pour cette très belle exposition réalisée dans le cadre de cette 29e édition des Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens 2025.
Interview avec Jérôme Pélissier à retrouver ici.
- Brume, tome 1/3 : Le réveil du dragon
- Scénariste : Jérôme Pélissier
- Dessinatrice : Carine Hinder
- Coloriste : Jérôme Pélissier
- Éditeur : Glénat
- Prix : 12,50 €
- Parution : 26 avril 2023
- ISBN : 9782344051733
Résumé de l’éditeur : Apprentie sorcière : croire en soi reste le plus puissant des sortilèges !Recueillie dans la forêt par un père aimant, Brume est une petite fille espiègle qui ne rêve que d’une seule chose : devenir sorcière ! Le jour où son papa adoptif lui dévoile l’ouvrage secret qui entoure sa naissance, un grimoire de magie, tout s’éclaire. Et si Brume était une véritable sorcière ? Et la voilà, traînant un chaudron d’occasion derrière elle, prête à ouvrir sa première échoppe de sorcière ! N’en faisant qu’à sa tête, elle recrute en chemin son assistant, un petit cochon prénommé Hubert, et se lie d’amitié avec Hugo, un petit garçon ravi de l’aider dans cette entreprise exaltante. Mais Brume ne semble pas avoir les aptitudes d’une véritable sorcière… Ses sorts ne produisent aucun effet. Quant à sa première potion, elle vient de plonger tout le village dans un épais brouillard ! Peu importe : convaincue de la puissance de ses pouvoirs, elle décide de s’engouffrer dans la forêt interdite pour combattre un dragon légendaire qu’elle tient pour seul responsable de ce brouillard nauséabond. Têtue, déterminée et un brin arrogante, elle va entraîner Hugo et Hubert dans une folle aventure qui va en surprendre plus d’un. Et si Brume avait réellement un don et une destinée hors du commun ? Jérôme Pélissier et Carine Hinder entrent au catalogue Glénat avec une série désopilante mettant en scène une petite héroïne forte, drôle et attachante qui évolue dans univers hors du temps. Le dessin très doux et soigné de Carine Hinder et le scénario rythmé de Jérôme Pélissier font de cette trilogie la série jeunesse de la rentrée à ne pas manquer !
- Brume, tome 2/3 : La Forêt des âmes perdues
- Scénariste : Jérôme Pélissier
- Dessinatrice : Carine Hinder
- Coloriste : Jérôme Pélissier
- Éditeur : Glénat
- Prix : 12,50 €
- Parution : 03 janvier 2024
- ISBN : 9782344056424
Résumé de l’éditeur : Le grand frisson Après avoir terrassé le dragon, Brume apprend qu’elle est en possession du grimoire de Naïa, la puissante sorcière qui veillait jadis sur son village et qui a disparu depuis de longues années. La fillette est bien décidée à dissiper le mystère qui entoure cette disparition ! Toujours accompagnée de son fidèle assistant, le petit cochon Hubert, et d’Hugo son meilleur ami, Brume entreprend la plus dangereuse des quêtes : trouver l’antre de Naïa ! La bâtisse se situerait au plus profond de la forêt des âmes perdues, or selon la légende, quiconque pénètre dans ces bois hantés se perd pour l’éternité… Nos aventuriers vont rapidement se retrouver en très mauvaise posture car dans les profondeurs de la forêt, là où le soleil ne brille jamais, une créature terrible rôde… Brume va-t-elle réussir à s’approcher de Naia et à rassembler par la même occasion les morceaux de sa propre histoire ? Perdus, nos trois amis sortiront-ils indemnes de leur expédition ? Toujours aussi drôle et inventive, Brume poursuit son chemin et affirme son caractère à travers cette série désopilante qui continue de nous faire rire avec des dialogues savoureux, un dessin doux et soigné et une héroïne fort attachante.
- Brume, tome 3/3 : La source des secrets
- Scénariste : Jérôme Pélissier
- Dessinatrice : Carine Hinder
- Coloriste : Jérôme Pélissier
- Éditeur : Glénat
- Prix : 13,00 €
- Parution : 23 octobre 2024
- ISBN : 9782344061329
Résumé de l’éditeur : C’est presque sûr que c’est pas la fin ! Après avoir terrassé le dragon, Brume est toujours à la recherche de Naïa. Cette puissante sorcière qui veillait jadis sur son village pourra peut-être lui révéler le secret qui entoure sa naissance… Hélas Naïa semble s’être volatilisée en ne laissant derrière elle que très peu d’indices. Qu’à cela ne tienne ! Accompagnée de son fidèle assistant, le petit cochon Hubert, et d’Hugo son meilleur ami, Brume est bien décidée à poursuivre son enquête. Par le plus grand des hasards, c’est la mère d’Hugo qui va la mettre sur une piste : il faudra que nos trois aventuriers suivent le ruisseau jusqu’à une étrange source ! C’est le début d’un long voyage semé d’embûches, car le ruisseau traverse une région aussi enchantée qu’hostile… Sur la route, nos trois amis vont rencontrer des créatures fantastiques, grelotter de froid et s’apercevoir enfin que les apparences sont souvent trompeuses. Capturés par les fées, ils ne sont pas au bout de leurs surprises. Et si cette source qui coule à l’envers était magique ? Pour élucider le mystère de ses origines, Brume pourra compter sur l’amitié d’Hugo et d’Hubert, car il lui faudra affronter un plus grand danger : l’Ankou ! Toujours aussi inventive, Brume arrive au bout de sa première histoire et affirme son caractère ! Avec ce troisième tome, Jérôme Pélissier et Carine Hinder continuent de nous faire rire avec des dialogues savoureux, un dessin doux et soigné et une héroïne fort attachante. Une série désopilante qui n’a pas fini de vous ensorceler ! Rendez-vous en 2025 pour un nouveau chapitre des aventures de Brume.
À propos de l'auteur de cet article
Claire Karius
Passionnée d'Histoire, j'affectionne tout particulièrement les albums qui abordent cette thématique. Mais pas seulement ! Je partage ma passion de la bande dessinée dans l'émission Bulles Zégomm sur Radio Tou'Caen et sur ma page Instagram @fillefan2bd.
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