Le cercle des rois

Notre avis : Après Le galop du silence de Derib, la petite maison d’édition Perspective Art9 propose Le cercle des rois, un album sur le thème de la lutte suisse signé Daniel Koller.

Erzan Manzer est une star dans sa discipline sportive : la lutte suisse. Ce grand colosse trentenaire qui attire les foules n’a pas pourtant connu une enfance facile. Sans père et vivant seul avec sa mère, il avait l’habitude de se faire embêter par la bande à Elias, un gros dur.

Alors qu’il est encore enfant, sa mère décède. Il est alors pris en mains par un club de lutte suisse qui va le mener à la célébrité.

Sport ressemblant à la lutte sénégalaise (voir Yékini, roi des arènes) mais habillé, la lutte suisse permet à Daniel Koller de livrer une très belle histoire, le destin d’un homme mal parti dans la vie qui devint célèbre grâce au sport. Cette belle forme d’intégration – modèle intéressant dans nos sociétés contemporaines – est construite comme une grande succes story, un drame qui s’illumine.

Le trait réaliste de l’auteur de IRS all watcher (avec Desberg, Le Lombard) est idéal pour restituer l’ambiance survoltée des stades mais aussi les scènes plus intimistes de Erzan.

  • Le cercle des rois
  • Auteur : Daniel Koller
  • Editeur : Perspective Art 9
  • Prix : 15€
  • Parution : 26 août 2016

Résumé de l’éditeur : Imaginez… Une arène, des ronds de sciure, des lutteurs, les applaudissements, la montagne Suisse. «Le cercle des rois» raconte le parcours d’un jeune garçon, Erzan Manzer, de père suisse et de mère kosovare, qui vit une enfance très difficile. C’est par hasard qu’il va découvrir la lutte suisse, qui va lui permettre de s’accomplir et de s’en sortir.

Personne n’aime les Gobelins

Notre avis : Un petit Gobelin doit retrouver son ami Squelette enlevé par des aventuriers dans le magnifique album jeunesse Personne n’aime les Gobelins de Ben Hatke.

Comme tous les matins, Gobelin se réveille dans son antre et va visiter son ami Squelette avec qui il passe du temps, rit et joue. La couronne du tas d’os sur la tête, le petit monstre est le Roi des Gobelins. Tout à coup, les deux copains entendent des bruits, vite Gobelin se cache. Des aventuriers pillent son donjon et kidnappe le pauvre Squelette. Son ami décide de partir à sa recherche…

A travers 40 pages, Ben Hatke dévoile une belle histoire pour tout-petits (3/6 ans) construite comme un conte fantastique. Il met en scène un Gobelin – êtres que personne n’aime et dont tout le monde à peur, leur réputation est surfaite; la petite créature est inoffensive et affectueuse – et d’autres êtres fantastiques. Il faut souligner que l’auteur américain aime les histoires fantastiques puisqu’il a publié Julia et les monstres perdus (Dargaud) mais son chef-d’œuvre reste Zita la fille de l’espace (Rue de Sèvres, Sélection Jeunesse à Angoulême en 2014), un récit de science-fiction d’une grande valeur narrative et graphique.

Pour Personne n’aime les Gobelins, il met en place une histoire simple, traditionnelle mais qui inverse les rôles : les Hommes sont des voleurs et les Gobelins, des êtres sympathiques. Dépassement de soi, amitié, entraide et rejet des personnes différentes sont au cœur de ce bel album. Gobelin deviendra quelqu’un après toutes ces épreuves, comme une belle quête personnelle sur sa propre identité.

Les planches de Ben Hatke sont sublimes, chaleureuses et pleine de vie. Pour mettre en scène son histoire, il privilégie les illustrations pleine-page, idéales pour les plus jeunes lecteurs.

  • Personne n’aime les Gobelins
  • Auteur : Ben Hatke
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 7.95€
  • Parution : 02 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Un gentil petit gobelin vit dans le donjon d’un vieux château avec son meilleur ami, Squelette. Tous les jours, ils s’amusent dans la salle du trésor. Un jour, un groupe de « valeureux chevaliers » débarque, et c’est la débandade ! Ces malotrus saccagent le donjon, volent le trésor, mais surtout embarquent Squelette ! Le petit gobelin se retrouve tout seul. Osera-t-il affronter le monde pour sauver son meilleur ami ? Une très belle histoire sur la différence et l’amitié.

Le monde magique de la bande dessinée

Notre avis : Grand Prix de la ville d’Angoulême en 1995 et auteur des géniales Sales blagues de l’écho, Philippe Vuillemin fait paraître tous les mois des dessins dans la revue DBD. Les éditions Hugo Desinge compilent en recueil ces illustrations dans un album Le monde magique de la bande dessinée.

Dans la préface Vuillemin explique son projet : « Cet ouvrage nécessaire est un recueil de dessins qui paraissent chaque mois dans le magazine DBD et qui commentent toute l’actualité de la bande dessinée ». Tout y est ou presque : les relations éditeur-auteur, la bande dessinée érotique de Filippini, Zep et Happy sex, la surproduction qui donne des sueurs froides aux libraires, l’animation 3D et Le chat du rabbin, les séries à rallonge, le retour de Pif, Spirou et les vieux lecteurs, l’hommage à Comès et à Philippe Delaby, l’adaptation de Charly 9, les doutes des auteurs face à la création ou l’album L’affaire des affaires.

A travers 168 pages, Philippe Vuillemin revient sur les 7/8 dernières années qui ont bouleversé-changé-animé le milieu de la bande dessinée. Humour cynique, acide et satirique fait merveille dans ce recueil grâce au talent de l’auteur de Y’a rien d’pire que l’ignorance et Hitler = SS qui déploie toute sa palette pour faire rire le lecteur. Son trait « ligne crade » – par opposition à la ligne claire – fait encore mouche. On en redemande !

  • Le monde magique de la bande dessinée
  • Auteur : Philippe Vuillemin
  • Editeur : Hugo Desinge
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 1er octobre 2016

Résumé de l’éditeur : Depuis quelques années, Vuillemin réalise l’éditorial en dessin de DBD, les dossiers de la bande des sinée, le magazine le plus vendu des spécialisés BD.

Cosplayers

Notre avis : Après le remarquable Doctors, on attendait avec impatience le nouvel album de Dash Shaw. Edité par çà et là, Cosplayers plonge le lecteur dans le monde des fans de séries, dessins animés ou jeux vidéos et qui se déguisent le temps de rencontres, festivals et concours.

D’après l’article de wikipédia :  » le cosplay mot-valise composé des mots anglais « costume » et « play » (« jouer »), est un loisir qui consiste à jouer le rôle de ses personnages en imitant leur costume, leurs cheveux — à l’aide d’une perruque ou en réalisant la même coupe de cheveux que celle du personnage — et leur maquillage. Les thèmes les plus courants sont les personnages de mangas, de bande dessinée, d’animation japonaise, de dessins animés, de tokusatsu, de films, de jeux vidéo et de comics mais viennent à inclure également les séries télévisées et toute sorte de costumes à thème. On appelle les pratiquants des cosplayers ».

Annie est une jeune femme de son temps qui aime se costumer en archère, tel Green Arrow. Elle écume les conventions ou festivals où elle peut arborer fièrement son costume qu’elle a confectionné elle-même sous le nom de Otakon. Lors d’un rassemblement, elle croise Verti, photographe. Ensemble, elles tentent de réaliser un film sans argent et en utilisant les personnes qu’elles rencontrent en les filmant à leur insu…

Habitant à Brooklyn, Dash Shaw est un artiste à part sur la scène comics américaine. Né en 1983, il suit des cours de la School of Visuel Arts de New-York et publie cinq romans graphiques dont deux sont sortis en France – Bottomless Belly Buttom en 2008 et Doctors en 2015, tous deux en Sélection Officielle du Festival BD d’Angoulême – ce dernier étant un petit bijou narratif. Avec Cosplayers, un récit qui semble plus accessible mais parvient moins à nous surprendre et nous accrocher que dans ses deux précédents ouvrages. Alors que la thématique est intéressante et originale (peu de livres sont consacrés à ce phénomène, connu en France aussi), il navigue trop entre le second degré et la relation étrange qui s’installe entre les deux femmes. Si tous les aspects du cosplay sont abordés : la confection, les conventions, les concours et la célébrité des cosplayers, la trame autour du tournage de la vidéo est trop étrange et glauque pour ne pas dire repoussante. Dommage !

  • Cosplayers
  • Auteur : Dash Shaw
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 20€
  • Parution : 21 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Annie et Verti sont devenues amies grâce à leur passion commune : le cosplay. Elles fabriquent elles-mêmes leurs costumes, afin d’incarner des personnages de mangas, de films ou encore de jeux vidéo ; elles participent ensemble à des concours, vont à des conventions, et tournent des vidéos qu’elles mettent en ligne. Les deux jeunes femmes prennent plaisir à se réapproprier des histoires, à en inventer des nouvelles, mais elles se heurtent constamment à une réalité qui les contrarie. Elles râlent contre les jurés qui votent toujours pour les filles en bikini, se moquent des commentaires haineux sur leur chaîne Youtube et doivent trouver comment se débarrasser des fans un peu trop collants… Dans « Cosplayers » Dash Shaw crée deux personnages de jeunes femmes très attachantes que le lecteur suit avec amusement au gré de leurs petites aventures quotidiennes dans le monde des fans de comics, de mangas et de jeux vidéos. Une immersion décalée et un brin ironique dans le microcosme fascinant de la culture geek.

Ernest et Rebacca, tome 7 : Il faut sauver Monsieur Rébaud !

Notre avis : Très jolie série jeunesse qui a bien trouvé son public grâce à une grande qualité narrative et graphique, Ernest et Rebecca est de retour avec un 7e volume : Il faut sauver Monsieur Rébaud !, un album signé Guillaume Bianco et Antonello Dalena.

Résumé de la série par l’éditeur : Rebecca est une petite fille de six ans (presque et demi !). Grandir n’est pas toujours simple, avec des parents qui se disputent, une grande soeur en pleine crise d’adolescence et les rhumes de saisons. Mais quand on a un ami microbe du nom d’Ernest la vie devient plus douce. Alors l’enfance s’anime de découvertes merveilleuses et d’aventures diverses que traversent ensemble les deux inséparables copains.

Dans ce septième opus, Rebecca, toujours accompagné de Ernest, n’est pas très heureuse de venir à l’école. Il faut dire que Monsieur Rébaud, son ancien instituteur, a été écarté de son poste à cause de ses méthodes éducatives trop novatrices et il a été remplacé par une maîtresse véritable petite dictatrice et à l’humeur changeante. Lorsqu’elle décide d’aller se réfugier dans la bibliothèque, Rebecca retrouve alors son ex-maître d’école affecté à sa nouvelle tache, elle se met en tête de tout faire pour qu’il retrouve son poste.

Publiée pour la première fois en 2008, la série Ernest et Rebecca possède ce petit charme qui la rend de suite sympathique. Il faut souligner que Guillaume Bianco (Billy Brouillard, L’atelier Mastodonte, chroniqués par Comixtrip) a forgé un vrai duo de bande dessinée pour le jeune lectorat. De ce couple improbable – une petite fille malade et son virus – il en fait une complémentarité forte et agréable. Maladie, divorce de ses parents étaient au cœur des premiers albums de la série, Guillaume Biacno n’hésite pas à aborder des sujets délicats et cette fois-ci, il raconte la mise à l’écart du professeur des écoles de Rebecca parce qu’il n’entre pas assez dans le moule de l’Education Nationale. De plus, il consacre ses pages à parler de la période délicate qu’est l’adolescence à travers le personnage de la sœur de la petite fille et aussi de l’autoritarisme chez les professeurs.

Si les scénarii de Bianco sont très bons, la partie graphique est forte grâce à Antonello Dalena, proche des dessinateurs italiens Barbera Canepa et Alessandro Barbucci. L’auteur de plus de 25 albums (Monster Allergy ou Lys) a effectué ses armes chez Disney Italie avec notamment deux volumes de Donald Junior. Cette douceur et ce charme se retrouvent dans Ernest et Rebecca. Ses planches sont un subtil mélange de Disney et de manga. Son trait tout en rondeur accompagné des couleurs de Cecilia Giumento est d’une belle lisibilité, idéale pour les plus jeunes lecteurs.

Ernest et Rebecca avaient fait l’objet d’une très belle exposition pendant le Festival BD d’Angoulême en 2014 qui illuminait le quartier jeunesse de la ville.

  • Ernest et Rebecca, tome 7 : Il faut sauver Monsieur Rébaud !
  • Scénariste : Guillaume Bianco
  • Dessinateur : Antonello Dalena
  • Editeur : Le Lombard
  • Prix : 10.60€
  • Parution : 26 août 2016

Résumé de l’éditeur : Une nouvelle maîtresse, aux méthodes strictes et extrêmement autoritaires, arrive dans la classe de Rebecca. La discipline de fer imposée par Mademoiselle Bello succède aux méthodes « anarchiques et non conventionnelles » de Monsieur Rébaud pour lesquelles il a été mis à pied. Soucieuse de rétablir la justice et opposée au climat de peur qui règne désormais en classe, Rebecca et ses amis, François, Nadine et bien sûr Ernest, vont unir leurs forces pour sauver Monsieur Rébaud !

Wonder

Notre avis : François Bégaudeau et Elodie Durand dévoilent leur vision de mai 68 à travers la vie de Renée, une ouvrière de l’usine Wonder.

Renée, jeune femme dans la vingtaine, travaille depuis quelques années dans une usine Wonder qui fabrique des piles. La cadence est élevée, le contremaître détestable et les produits nocifs nombreux qui entrent par tous les pores de la peau et qui se collent sur les poumons. Son esprit rebelle ne plait guère dans l’entreprise, pourtant, elle reste toujours à la limite pour ne pas perdre son emploi.

Le soir, elle rentre dormir dans sa chambre de bonne, seule mais toujours à écouter des disques. Les temps sont troubles, les facs sont bloquées et l’icône Daniel Cohn-Bendit se retrouve rapidement en face des caméras. C’est le début de mai 68 ! Son usine est elle-même bloquée par des grévistes. Renée et Jeanine, son amie, sont alors entrainées dans une manifestation : les slogans et les gaz lacrymo font tourner la tête, les pavés volent. Au détour d’un rue, elle croise Antoine, un drôle de zig…

Parler de Mai 68 n’est pas une entreprise très simple. François Bégaudeau (romancier, remarqué par son roman adapté en film Entre les murs, palme d’or à Cannes) y parvient presque. En mettant en scène, une femme – femmes importantes à cette période, mais peu utilisées dans les fictions comme rôle principal – Renée qui participera à ce moment tourmenté alors que cela n’était pas prévu.

Le scénario documenté de l’auteur de Mâle occidental contemporain (avec Clément Oubrerie) est comme un tourbillon, telles ces manifestations et son héroïne qui sera emportée comme de nombreux français. Le récit est léger mais le propos très fort et les conditions de vie à l’usine sont bien restituées. La seconde partie de l’album, elle semble plus légère, avec plus d’humour comme pour fustiger les idées, les utopies de ces néo-intellectuels.

Le gros point fort de Wonder est sa partie graphique. Elodie Durand dévoile de belles planches grâce à un trait aérien qui fait entrer Renée dans ce fameux tourbillon comme une très belle danse. Le trait en noir et blanc, agrémenté de gris de l’auteur de La parenthèse permet de mettre de la distance avec la violence des actes. Les 7 premières pages sur la société de consommation et celles pendant la manifestation (les slogans, les touches de rouge par-ci par là) sont sublimes.

  • Wonder
  • Scénariste : François Bégaudeau
  • Dessinatrice : Elodie Durand
  • Editeur : Delcourt, collection Mirages
  • Prix : ~17.95€
  • Parution : 14 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : En mai 68, Renée, une jeune ouvrière de l’usine de piles Wonder, est emportée malgré elle par le flux de la grève générale. Au gré des rencontres et des événements, elle va gagner son émancipation. Étudiants et ouvriers, unis contre le patronat, c’est la collision de deux mondes qui vont s’entrechoquer. Rebaptisée « Wonder » par des étudiants bourgeois, Renée va vivre avec eux, découvrir leur système de pensée, la joute verbale, la culture, la politique et comprendre qu’elle vit un moment clé. Elle a pu entrevoir un univers foisonnant. où tout est à réinventer. Les lignes peuvent bouger.

Signé Le vin

Notre avis : Alors que le dernier volume des Gouttes de dieu est paru en août chez Glénat, les auteurs de cette très bonne série se lancent dans un nouveau projet avec Signé Le Vin, un très bon seinen autour de la thématique du vin français.

Cinq personnes amoureuses du bon vin forment une association secrète : Le Vin. Se réunissant fréquemment pour parler des nectars français, il y a là Maître Haut-Brion, Princesse Margaux, Latour, Mouton et Lafite. Plutôt jeunes, ils dégustent et continuent leur formation. De plus, ils acceptent des missions étonnantes que leur demandent des clients riches : récupérer des breuvages entre les mains de personnes qui ne connaissent pas vraiment l’œnologie et qui se servent des bouteilles pour faire fructifier leur argent. Spéculer sur le vin : une hérésie pour ces cinq amateurs éclairés de vin…

Manga étonnant mais extrêmement bien écrit, Signé Le Vin accroche le lecteur par la qualité des personnages et les missions dignes d’as de la cambriole. La série est un spin-off des Gouttes de Dieu, manga de 44 volumes édité au Japon depuis 2008 et qui est actuellement terminé. Ses deux auteurs ont décidé de continuer l’aventure avec Signé Le Vin, manga prépublié dans la revue Morning des éditions Kodansha au Japon depuis 2014.

Il faut dire que la série-mère est un véritable phénomène au Japon et suscite un engouement sans précédent pour les vins français et la série-parallèle risque de prendre le même chemin tant il est agréable, sympathique et de grande qualité. Shu Okimoto est au diapason de cette histoire pleine de suspense et à l’intrigue forte.

Pour chacun des volumes, Pika a fait appel au Guide Hachette des Vins pour proposer un dossier à la fin de chaque manga (goûts, achats, histoire des cuvées vues dans l’histoire…).

  • Signé Le Vin, volumes 1 & 2
  • Scénariste : Tadashi Agi
  • Dessinateur : Shu Okimoto
  • Editeur : Pika
  • Prix : 9.10€ par volume
  • Parution : 07 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Un nectar qui porte en lui le rêve de l’immensité de l’univers. Le trésor façonné sans regret par un génie qui n’a pas reculé devant l’effort. Ces vins d’une valeur inestimable mis en cage par des hommes sans scrupule, nous, membre de Signé, Le Vin, allons les leurs dérober. Ce soir encore, nous trinquerons dans un éclat de rire !

Magic 7, tome 2 : Contre tous !

Notre avis : Après un premier volume dévoilé le 1er avril, voici le deuxième tome de Magic 7, la série fantastique jeunesse des éditions Dupuis, signée Kid Toussaint, Rosa La Barbera et Guiseppe Quattrocchini.

La directrice de l’école Mercury, Julie, convoque le père de Farah après ses deux amis Léo et Hamelin. Elle reproche à la jeune adolescente, son accoutrement provocant. Et pourtant elle et son père avaient des vêtements encore plus étranges quelques années auparavant. D’ailleurs, la directrice rappelle les règles qui se sont durcies à tous les élèves.

Du côté de Lupe, la police s’en prend à lui et lui confisque ses robots, tandis que les animaux de Hamelin sont presque récupérés par la fourrière…

Comme pour le premier opus, l’intrigue a toujours autant de mal à nous accrocher à cause d’une intrigue trop convenue. Si l’on découvre de nouveaux enfants (Alice et Lupe) en plus de Hamelin, Léo et Farah, cela ne permet pas de comprendre où Kid Toussaint veut en venir, surtout que chacun d’entre eux à son histoire propre mais surtout des soucis qui parasitent trop l’histoire.

Restent l’humour, le rythme de l’album et la partie graphique. Cette dernière du duo La Barbera-Quattrocchi est simple et efficace.

  • Magic 7, tome 2 : Contre tous !
  • Scénariste : Kid Toussaint
  • Dessinateurs : Rosa La Barbera et Guiseppe Quattrocchi
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 9.90€
  • Parution : 26 août 2016

Résumé de l’éditeur : Une grande série fantastique qui se passe dans un univers scolaire. Ils sont sept. Sept ados. Sept mages aux pouvoirs immenses. Ils peuvent sauver le monde… ou le détruire ! Pour l’instant, leur principale mission est d’arriver à l’heure au cours.

Le Cid en bande dessinée

Notre avis : Beaucoup de collégiens français ont planché sur les pages de la pièce de théâtre Le Cid de Pierre Corneille. Les éditions Petit à Petit rééditent sa version en bande dessinée, signée Olivier Petit, Jean-Louis Mennetrier et Christophe Billard.

La pièce de Corneille jouée pour la première fois en 1639 est tout de suite un succès qui ne se démentira pas au fil des années jusqu’à nos jours. D’ailleurs, elle a déjà été jouée plus de 1500 fois à la Comédie Française. Cette version dévoilée par Olivier Petit (réédition de 2006) est fidèle à l’œuvre originale, avec les mêmes mots. La grande force d’un album dessiné est sa possibilité de découvrir des lieux non-entrevus dans la pièce. Ainsi, le fondateur de la maison d’édition s’en donne à cœur joie pour décliner les ellipses des décors du texte.

Délicat dans sa lecture lorsque nous étions plus jeunes, elle le demeure encore même plus âgés. Si la partie bande dessinée peut permettre une meilleure compréhension (les personnages, les décors et les situations ne sont plus à imaginer), nous avons toujours autant de mal à plonger au cœur de la pièce. Nous ne ferons pas offense à son auteur – la pièce est un chef-d’œuvre – mais nous ne sommes toujours pas accrochés. La version est destinée aux collégiens, d’où des astérisques de renvoi et un dossier pédagogique en fin d’album (Corneille et son temps, Le théâtre à l’époque de Corneille, Richelieu et le théâtre, Le succès et la querelle et l’adaptation en BD).

En ce qui concerne la partie graphique proposée par Jean-Louis Mennetrier et Christophe Billard, elle est simple et efficace, sans rien révolutionner. Leur trait à 4 mains en noir et blanc ne met pas de mouvements dans les cases, les personnages sont très figés et représentés soit de 3/4 soit de face.

A noter qu’une nouvelle édition de Cyrano de Bergerac en BD sort simultanément avec Le Cid. L’album signé Fanch Juteau est une version de la pièce de Edmond Rostand.

  • Le Cid en bande dessinée
  • Scénariste : Olivier Petit d’après Pierre Corneille
  • Dessinateurs : Jean-Louis Mennetrier et Christophe Billard
  • Editeur : Petit à Petit
  • Prix : 10€
  • Parution : 02 septembre 2016

 

Roller girl

Notre avis : Depuis qu’elle est allée voir une compétition de Roller derby, Astrid rêve d’intégrer l’équipe locale de ce sport populaire aux Etats-Unis. Au prix d’un sacrifie d’une amitié et de nombreux entrainements, elle tentera le tout pour le tout. Son récit est raconté dans Roller girl, un album signé Victoria Jamieson.

Astrid, en classe de CM2, habite avec sa mère aux USA. Son amitié avec Charlotte est infaillible. Malgré les nombreuses sorties culturelles proposées par sa maman, elle s’ennuie; ça ne bouge pas assez. Pourtant un soir, elle offre aux deux filles des places pour voir une compétition de Roller derby (Sport d’équipe de contact se pratiquant en quads sur une piste de forme ovale, le but du jeu étant pour l’une des joueuses de réussir à dépasser en un laps de temps donné les joueuses adverses sans se faire projeter au sol ni sortir de la piste).

Etonnée par la vitesse, les courses et les costumes des patineuses, Astrid se prend au jeu et demande à sa mère de l’inscrire à un stage dans sa ville. Si elle se rêve en grande roller girl, son amitié avec Charlotte en pâti, pire, cette dernière devient amie avec Rachel la pimbêche qui l’entraine vers la danse classique…

Best-seller du New-York Times, Roller girl est un bel album de Victoria Jamieson. Au-delà d’un sport méconnu en France (c’est d’ailleurs peut être l’un des points qui pourrait ne pas accrocher les lecteurs ici en France), l’auteure dévoile un récit mettant en lumière une belle relation amicale entre deux petites filles qui subira les assauts, des dissensions, des non-dits et de la jalousie. Ajouter à cela un gros mensonge tenu face à sa mère et l’on découvre une histoire sur l’adolescence plutôt réussie (on préférera néanmoins les albums de Riad Sattouf ou de Max de Radiguès sur cette période de la vie).

Etonnament, on se prend au jeu grâce aux personnages (Astrid et Charlotte) très bien campés, à la psychologie très soignée mais aussi l’univers du Roller derby qui donne un rythme soutenu au récit. Les 240 pages bénéficient d’un traitement graphique d’une belle valeur, proche de l’esprit de Bryan Lee O’Malley (Seconds, Scott Pilgrim).

  • Roller girl
  • Auteure : Victoria Jamieson
  • Editeur : 4D4 éditions
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 22 septembre 2016

Résumé de l’éditeur :Astrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte. Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl !

Conrad et Paul, Une station spatiale nommée désir

Notre avis : Créée en 1994 par Ralf König, la série Conrad et Paul met en scène un couple d’homosexuels en Allemagne. L’auteur base les aventures de ces deux allemands sur sa propre expérience de vie. Après plus de 15 ans de sommeil, il revient avec un sixième tome : Une station spatiale nommée désir.

Paul se met en branle pour écrire un nouveau roman se situant dans l’espace. Le propos de départ est simple : en 2201, l’Humanité est privée de testostérone. Rapidement son écrit se transforme en fantasmes non avoués, il met en scène les personnes qu’il aimerait rencontrer, avec qui il aimerait coucher.

Conrad n’en peut plus de ces sous-entendus. Surtout qu’un autre fait se présente : la sœur de romancier en herbe est enceinte !

Alors que les trois premiers volumes de Conrad et Paul étaient des histoires longues, les suivants mettaient en scène le couple très libre dans des mini-récits et pour Une station spatiale nommée désir, Ralf König revient à ses premières amours avec une histoire complète. Comme à son habitude, l’auteur allemand fait rire grâce au quotidien de ses personnages. Car oui, ce couple est normal, avec ses envies, son amour, ses rires, ses doutes, ses engueulades et les belles-familles. A un tournant de leur vie en commun, il pimente son histoire de la relations haine-amour de Paul et sa sœur mais surtout les folles envies de ce dernier dans son roman.

Surnommé « le Bretécher gay », Ralf Konig est depuis les années 80, l’un des auteurs allemands les plus lus dans le monde. Grâce à ses personnages fétiches Conrad et Paul mais aussi La capote qui tue, Comme des lapins (prix du scénario en 2005 à Angoulême), Les onze mille vierges ou Mignardises, il a fait avancé les revendications de la communauté homosexuelle (acceptation de la différence, rapports homme-femme et homo-hétero, sida…). Il faut dire que ses propos sont chocs mais toujours amusants. Le recul et l’auto-dérision font de ses albums de purs moments de bonheur. Son propos très drôle lui permet de rendre plus visible les homos et surtout d’un point de vue positif.

  • Conrad et Paul, tome 6 : Une station nommée désir
  • Auteur : Ralf König
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 25€
  • Parution : 21 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Pour son prochain livre, Dans l’espace, personne ne t’entend grogner, Paul s’est mis à la science-fiction. Il imagine un monde en 2201 où l’humanité, privée de testostérone, doit récolter cette précieuse ressource sur les terres écarlates de Mars. Mais pour Conrad, ce livre est clairement un nouveau prétexte à coucher ses fantasmes sur papier. Il aimerait bien que, pour une fois, Paul écrive un livre qui parle à tout le monde : glabres, velus, virils, efféminés, homo, hétéros, hommes et femmes ! Mais ce n’est pas gagné… Conrad et Paul, couple culte de la BD d’humour, revient après près de 15 ans d’absence ! Et pour ce grand retour, Ralf König leur offre un ouvrage imposant : 160 pages de délires en tous genres, avec des vaisseaux spatiaux et des extra-terrestres aux appendices… inattendus !

Myrmidon et la grotte mystérieuse

Notre avis : Un jour cow-boy, un jour spationaute, un jour chevalier affrontant un dragon, un jour pirate, Myrmidon enchaine les folles aventures. Cette fois-ci, le petit garçon enfile le costume d’un homme préhistorique dans Myrmidon et la grotte mystérieuse.

Suivant son petit chien, le garçon en pyjama tombe et met une peau de bête sur ses frêles épaules. Ni une ni deux, il se retrouve à l’entrée d’une grotte. Il croise alors un tigre à dents de sabre et un mammouth…

Pour ce cinquième opus de Myrmidon, Loïc Dauvillier imagine son héros à l’époque de la préhistoire. Comme à son habitude, le scénariste de La petite famille (avec Marc Lizano) fait naviguer son personnage dans un univers entre poésie et rêve, le mettant en situation inconfortable mais qui s’en sort toujours après de nombreux rebondissements.

Muet et destiné aux primo-lecteurs, Myrmidon et la grotte mystérieuse est d’une grande fraîcheur. Loïc Dauvillier fonde son histoire sur une grande lisibilité comme un long plan séquence au cinéma. De plus, il sera très facile pour le jeune lecteur de s’identifier au héros, tellement il lui ressemblera. Un lecteur avide d’aventure comme Myrmidon. Thierry Martin, réalisateur de nombreux story-boards comme Le Marsupilami ou Le magasin des suicides, apporte une touche pétillante à l’histoire. La narration permet une lecture fluide ; le découpage est toujours identique : une, deux ou trois vignettes par planche. Les cases n’ont que peu de détails invitant l’enfant à faire fonctionner son imaginaire lors de la lecture. Le héros étant toujours visible dans toutes les cases, afin de faire le lien plus facilement. (Lui est en couleurs tandis que les animaux sont en noir et blanc).

Et comme l’album est muet, le lecteur pourra facilement se créer son propre récit, ses propres dialogues ; et c’est l’une des forces de Myrmidon.

  • Myrmidon et la grotte mystérieuse
  • Scénariste : Loïc Dauvillier
  • Dessinateur : Thierry Martin
  • Editeur : La Gouttière
  • Prix : 9.70€
  • Parution : 16 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Lorsque Myrmidon enfile un déguisement, le monde qui l’entoure n’est plus le même… Vêtu d’une peau de bête et lance en main, Myrmidon se retrouve projeté à l’époque de la Préhistoire, mais attention à l’effrayant tigre aux dents de sabre…