Beyond the lipstick

Notre avis : Illustratrice et blogueuse, Muriel Douru propose Beyond the lipstick aux éditions Marabulles où elle raconte son quotidien et son coming out dans des chroniques intelligentes et drôles.

Afin de faire changer les regards des gens sur l’homosexualité, l’auteure s’est lancée dans l’aventure éditoriale avec un brin de malice et beaucoup d’humour. C’est par son parcours personnel, ses expériences mais aussi par les témoignages de son entourage qu’elle essaie de dénoncer les clichés sur les lesbiennes. Tout n’est pas simple lorsque l’on veut sortir du placard.

Fondatrice de l’atelier de création Août à Paris, Muriel Douru travaille dans différents domaines tels que la mode, le design, la papeterie et la décoration. Elle est aussi illustratrice de livres pour enfants, notamment : Cache-cache avec le Père-Noël (Larousse), Dis… maman (Gaies et lesbiennes) ou Cristelle et Crioline (KTM).

Dans Beyond the lipstick, tout commence par un mariage (entre Muriel et Alex) mais l’auteure fait un retour sur son passé où elle explique notamment que tout la prédestinait à travailler dans la mode; elle qui adorait les vêtements, et qui était d’une grande coquetterie. Végétarienne et écologiste de grande conviction, parisienne mais attirée par la province, elle est avant tout une mère comblée. Pourtant de nombreuses questions vont jaillir lorsqu’elle tombe amoureuse d’une autre femme. Pour elle, pas de problème puisque les deux sont majeures et consentantes, c’est surtout le regard de la société qui est difficile à admettre : les clichés ont la vie dure et certains ne réduisent l’homosexualité à la sexualité. Difficile à combattre, mais les mentalités changent, notamment chez les jeunes générations.

  • Beyond the lipstick
  • Auteure : Muriel Douru
  • Editeur : Marabulles
  • Prix : 14.90€
  • Parution : 11 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Illustratrice, blogueuse, coquette, écolo, végétarienne, lesbienne, maman, engagée… Autant d’étiquettes différentes qui collent à la peau de Muriel Douru, mais qui, quoi qu’en disent la société, ses codes et ses lois, peuvent coexister sans problème ! A partir de son expérience personnelle, des témoignages de son entourage, Muriel Douru dénonce les clichés qui tendent à faire croire que les lesbiennes sont toutes des garçons manqués, ou que les féministes n aiment pas les hommes ; elle dénonce les actes homophobes, gratuits et liberticides qui pourrissent le quotidien de beaucoup, elle s’insurge contre le décalage existant entre les idées et la réalité, notamment en terme de PMA, et bien d’autres choses encore. Pour elle, un objectif : faire changer le regard des gens sur l’homosexualité : un sujet majeur, car elle concerne toutes les familles, y compris celles qui ont manifesté contre le mariage pour tous !

Manuel du Stormtrooper

Notre avis : Vous avez toujours été attiré par le Côté obscur de la Force ? Vous souhaitez rejoindre l’Empire et Dark Vador ? Le Manuel du Stormtrooper est fait pour vous ! A travers des jeux et des énigmes, testez vos connaissances sur ces soldats impériaux de l’univers de Star Wars, imaginé par George Lucas.

Nouveau venu dans le monde de l’édition – une année d’existence – Hachette Heroes est une structure qui publie des ouvrages ayant ayant trait au cinéma classique et d’animation, aux jeux vidéo et aux comics. Elle est la maison des grandes licences (Star Wars, Marvel, Disney, Harry Potter), des Youtubers les plus influents (Pewdiepie) et des auteurs phares de la scène geek. Elle propose un catalogue qui se déploie dans le beau livre, le livre d’activité, le livre de cuisine ainsi que dans le loisir créatif.

Ouvrage amusant, très drôle, bien écrit et ludique, le Manuel du Stormtrooper ravira les plus grands amateurs de la saga de La guerre des Etoiles . Il faut souligner que lorsque le premier film de George Lucas sortit dans le monde entier en 1997, tout de suite les spectateurs ont été bluffé par les effets spéciaux, la quête initiatique originale et les personnages. En plus de l’Alliance rebelle portée par Luke, Leila, Han Solo et les Jedi, ils furent aussi impressionnés et attirés par Dark Vador et les soldats de l’Empire, faisant une résonance en chacun d’eux (le bien et le mal enfoui en chacun de nous).

Ainsi ils découvrent les Stormtrooper – Chasseurs impériaux en version française – placés sous les ordres de Dark Vador et de l’Empereur. Ils ont pour but d’assurer la sécurité des zones colonisées par l’Empire et de détruire les Jedi. Si au départ, ils sont des clones élevés pour servir la République, quelques-uns reçoivent une éducation secrète de Palpatine.

Elite des soldats de la galaxie, ils sont formés pour massacrer toute forme de rébellion. Entrainés physiquement, ils sont aussi endoctrinés par les idéaux de l’Empire. Armés d’un fusil blaster, ils portent une combinaison noire recouverte d’une armure blindée blanche composée de 18 éléments indépendants.

Dans Manuel du Stormtrooper, le lecteur débute par un discours d’introduction de Dark Vador qui explique aux futures recrues « Soyez forts et droits, et vous serez récompensés. Mais si vous échouez, votre châtiment sera sans appel ».

  • Partie 1 : L’empire. Une brève histoire de l’Empire, puis des questions de culture sur les événements et l’Empereur, des énigmes, un mandala, un dédale, l’équipement; puis Les siths (armes, équipement, drones, le code de conduite, des mots cachés…) et l’Acuité visuelle (droïde recherché, jeu des différences, intrus…)
  • Partie 2 : Troupes & équipements. Les véhicules des forces impériales (les différents soldats, énigmes, le chasseur TIE, énigme codée…); l’Infanterie (hiérarchie, décodage, mots cachés, jeu des différences…)
  • Partie 3 : Mater la rébellion. Les armes (codage, l’oeil de lynx, questions, les chasseurs de primes, les alliés, blaster, garnisons…); les véhicules (star destroyer, le déplacement des troupes, mandalorien…)
  • Partie 4 : Test Final. Un QCM final et un mot de la part du Grand Moff Tarkin.
  • Manuel du Stormtrooper
  • Auteurs : Stéphane Beaujouan et Philippe Touboul
  • Editeur : Hachette Heroes
  • Prix : 12.90€
  • Parution : 20 avril 2016

Résumé de l’éditeur : Rejoignez les forces de l’Empire et devenez un véritable stormtrooper au service de l’Empereur et du côté obscur.

Répondez aux quiz, résolvez les énigmes, identifiez les armes et les vaisseaux…
100 exercices pour affûter votre sens de la déduction, pour connaître l’Empire et ses fondements, pour maîtriser votre environnement et devenir un loyal soldat impérial.

Le premier manuel à destination des futurs stormtroopers de toutes les galaxies !

Dragon Axiom #1

Notre avis : D’une belle efficacité narrative et graphique, Dragon Axiom ravira les amateurs de shônen pur. En effet, le lecteur est invité à suivre les aventures fantastiques de Fenetten parti à la recherche d’une dragon légendaire. Edité par Asian District (Kotoji), ce bon manhua est signé Little Cloud.

Agile et débrouillard, Fenetten est engagé en tant que moussaillon sur un grand navire. Sur le bateau, il accomplit les plus petites taches ingrates. Le commandant de bord lui présente alors un nouveau venu : Lacus. Mais ce dernier ne fait rien, laissant tout le travail au jeune adolescent.

Il faut dire que dans le pays, et plus particulièrement dans le port Bout-du-monde, les habitants sont classés en différentes races selon la ou les cornes sur leur tête. Plus étonnant, Lacus est un homme-dragon (certains d’entre-eux peuvent prendre une apparence humaine). Il propose ailleurs à Fenetten de partir à la recherche d’un dragon légendaire qui perturbe l’ordre naturel des choses – ses larmes déclenchent les tempêtes – depuis qu’il a perdu l’un des ses meilleurs amis. Triste, il se cache et refuse tout contact avec les Hommes.

Belle aventure d’heroïc fantasy, Dragon Axiom est d’une belle efficacité. Il faut dire que Little Cloud sait tenir en haleine son lectorat grâce à une histoire mêlant habilement l’amitié, les combats, l’action, la magie et les créatures fantastiques. Si la quête – qui se révèle d’ailleurs initiatique – n’est pas des plus originale, elle ravira néanmoins les adolescents qui apprécient les shônen purs grâce à une narration fluide, une belle structure scénaristique et un l’humour très présent.

Diplômé du Département des Arts de l’Université Chinoise de Hong Kong, Little Cloud propose une belle partie graphique, elle aussi d’une redoutable efficacité. Membre de la Hong Kong Comics and Animation Federation la jeune auteure travaille aussi dans des domaines très différents (manhua, romans illustrés, mode ou conception de personnages de jeux vidéos). Ses planches détaillées misent sur des personnages agréables à l’œil.

  • Dragon Axiom, volume 1
  • Auteure : Little Cloud
  • Editeur : Asian District – Kotoji
  • Prix : 7.95€
  • Parution : 13 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Fenetten travaille en tant que moussaillon au port de Bout du- Monde. Il rencontre Lacus, un homme-dragon (dans ce monde, les dragons peuvent prendre une apparence humaine) qui lui propose d’aller chercher un dragon légendaire. Ce dernier s’avère être la mère de Fenetten, Sherry. Fenetten est donc moitié homme, moitié dragon. De ce fait, il parle la langue magique des dragons et est donc un magicien puissant.

L’ombre de Shanghai, tome 4 : Pris au piège

Notre avis : Alors que la mystérieuse super-héroïne est dans toutes les mémoires puisqu’elle continue de défendre les plus faibles et que la police ne parvient pas à lui mettre la main dessus, Gaspard succombe de plus en plus à son charme à chaque fois qu’il repense à elle. Williams Crépin et Patrick Marty, accompagnés au dessin par Li Lu poursuivent les aventures chinoises de L’ombre de Shanghai avec le quatrième volume Pris au piège, aux éditions Fei.

Toujours persuadés que c’est L’ombre de Shanghai qui a volée la célèbre tenue de gala à l’Opéra (voir le tome 3), les policiers continuent d’enquêter. Surtout que la jeune femme les tourne en ridicule à chacune de ses sorties : elle les prend de vitesse à chaque fois et aide les plus faibles qui sont mal en point avant elle. Et ça a le don d’agacer les  inspecteurs. De plus, le commissaire Lelcaire a des doutes concernant Gaspard Cartier : en effet, à chaque fois qu’elle est là, il n’est pas loin.

De son côté Lila – la vraie Ombre et sœur adoptive de Gaspard – est déçue par son frère qui n’a d’yeux que pour la super-héroïne mais pas pour elle…

Le récit  de Williams Crépin et Patrick Marty est toujours aussi agréable à suivre malgré les ressorts classiques et une histoire peu originale. Ils mêlent habilement l’action (les combats de l’Ombre contre la pègre, contre les malfrats), les histoires d’amour (Gaspard et Clara) qui ne manquent pas de piquant étant donné que le jeune français est de plus en plus sous le charme de l’Ombre mais aussi la jalousie de sa sœur adoptive. Lila a d’ailleurs toujours autant de mal à contrôler sa transformation. Tout cela avec une toile de fond, elle, singulière, peu entrevue en bande dessinée – et même en littérature – à savoir la Chine au 19e siècle et plus particulièrement les Français à Shanghai à cette époque, qui forme une vraie communauté dans cette ville qui se développe. Ces expatriés riches qui administrent la cité de main de maître. Ainsi tout au long de l’album, le lecteur voit fleurir les belles demeures, les voitures de luxe ou les garde-robes somptueuses qui tranchent avec le reste de la population.

Le gros point positif de L’ombre de Shanghai demeure encore la partie graphique portée par Li Lu, une illustratrice chinoise de grand talent. Ses couleurs très pâles lui permettent de composer des planches légères et aériennes qui tranchent avec le propos de l’album.  Elle semble néanmoins moins à l’aise dans les scènes de combat. A noter que ce quatrième volume de la série a bénéficié d’un financement participatif sur la plateforme Ulule.

  • L’ombre de Shanghai, volume 4/6 : Pris au piège
  • Scénaristes : Williams Crépin et Patrick Marty
  • Dessinatrice : Li Lu
  • Editeur : Fei
  • Prix : 12.90€
  • Parution : 27 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Lila, bouleversée, vient d’apprendre le secret de l’Ombre, et la vérité sur son enfance. À la recherche de l’Ombre de Shanghai, l’enquête de la police piétine. M. Li imagine un plan machiavélique : kidnapper Clara, la fille du riche banquier Van Herling, pour obliger « le monstre » à voler à son secours et tomber dans le piège qu’il lui a tendu. C’est sans compter sur l’initiative de Gaspard qui décide de la délivrer lui-même…

Genpet, tome 1 : Nat & Niko

Notre avis : Notre société dans le futur. Toutes les familles possèdent un Genpet, animal de compagnie génétiquement modifié. Nat reçoit alors Niko, créature fantastique qui peut le défendre. Nat & Niko est le premier volume de Genpet, la nouvelle série Ankama signé Damian et Alex Fuentes.

Hong Kong, 2036. Les Kanan se rendent dans un laboratoire ultra-moderne pour choisir le genpet de Nat, l’enfant unique de la famille. Alors qu’un genpet est un animal de compagnie génétiquement modifié, altruiste et gentil, le père exige que le futur animal puisse défendre son fils. Cas unique dans ce processus, il réussit néanmoins à obtenir cet étrange avantage. Après quelques jours, ils récupèrent Niko. Mais en montant dans leur voiture, ils sont stoppés par deux gros bras. Qui sont-ils ? Niko et Nat s’enfuient…

Cette aventure fantastique, qui démarre bien, va accrocher les adolescents. Il faut dire que Damian, le scénariste leur réserve des surprises dans son récit : il fonde Genpet sur les progrès de la génétique et donc sur ses dérives (Niko va comporter des anomalies), l’argent (les parents fortunés exigent des aspects de leur genpet), du suspens (qui sont les deux gros bras qui poursuivent les deux amis), mais aussi un beau road movie où Nat et Niko essaient d’échapper à leurs poursuivants ou des combats. Son histoire ne manque pas d’humour grâce à ses personnages secondaires (Gio, le restaurateur et sa petite-fille) et cela égaye un propos plutôt sombre.

La partie graphique signée Alex Fuentes est d’une grande qualité et d’une belle efficacité. Elle repose sur un trait moderne très rond et des couleurs numériques maîtrisées. Il imprime beaucoup de rythme à ses planches grâce à un découpage vif.

  • Genpet, volume 1 : Nat & Niko
  • Scénariste : Damian
  • Dessinateur : Alex Fuentes
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 10€ prix de lancement (jusqu’au 31/12)
  • Parution : 27 mai 2016

Résumé de l’éditeur : 2036, les progrès de la génétique permettent de créer des animaux de compagnie selon le goût du client : les GenPet. La famille Kanan se rend en Chine pour offrir à leur fils, Nat, sa peluche vivante. Seul impératif de son père : le GenPet doit être capable de défendre Nat. Mais cette exigence provoque des anomalies chez l’animal qui peuvent se révéler dangereuses. De retour à New York, la voiture des Kanan est attaquée. Nat et son GenPet se retrouvent alors seuls dans la Big Apple.

Fantasy sport, tome 2 : Les rebelles de Barbel Bay

Notre avis : Les rebelles de Barbel Bay est le deuxième volume de Fantasy Sport, une série jeunesse Gallimard signée Sam Bosma.

Wiz et Mug sont deux chasseurs de trésor. Dans le premier volume de Fantasy sport, ils recevaient un sortilège maléfique. Après ce triste événement, les deux amis se retrouvent dans une étrange ville portuaire en ruines habitée par des créatures marines rampantes. Alors qu’ils sont fatigués, ils entrent dans une auberge La perle. Mais leur butin attise les convoitises. Ils croisent alors Daphné, guérisseuse, qui dévoile directement leur vraie identité : ce sont des mages. Elle leur explique qu’avant la destruction de la ville par des mages, Barbel Bay était une cité florissante. Pendant la nuit, leur trésor est volé…

Né en 1986, Sam Bosma fut diplômé du Maryland Institut College of Art, puis y devient enseignant en illustration médaillé d’argent par la Société des illustrations et lauréat du Gold Award attribué par Spectrum. Il dessine aussi pour Steven Universe, une société d’animation. Cet auteur talentueux propose donc Fantasy sport, une aventure mouvementée teintée d’héroic fantasy. La magie, les combats, les sortilèges jetés et une quête – rien de nouveau mais très classique dans les codes – ravira les adolescents amateurs du genre. Il y glisse des sports très prisés aux Etats-Unis comme le base-ball et le volley-ball. Ce dernier se déclinera en tournoi qui ressemble furieusement à ceux de Dragon Ball avec élimination directe, violent dans l’esprit mais sans les combats d’arts martiaux.

Disney a d’ailleurs acheté les droits pour adapter Fantasy sport pour une déclinaison en série animée. Est-ce en cela un gage de qualité ? Pas si sûr tant l’album nous laisse sur notre faim; le scénario étant d’un grand classicisme, quant au dessin – très moderne – on est déçu parce qu’il est l’œuvre d’un tel auteur au pedigree impressionnant.

  • Fantasy sport, volume 2 : Les rebelles de Barbel Bay
  • Auteur : Sam Bosma
  • Editeur : Gallimard
  • Prix : 12.90€
  • Parution : 11 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Suite à un malheureux sortilège, les chasseurs de trésor Wiz et Mug échoue dans une ville en ruines habitée par d’étranges créatures marines. Quand leur butin leur est sournoisement dérobé, ils n’ont d’autre choix que de participer à un tournoi de beach-volley pour tenter de le récupérer ! Un nouveau défi qui pourrait bouleverser bien des certitudes sur l’Ordre des Mages Unis.

Les enquêtes d’Enola Holmes, tome 2

Notre avis : Après un très bon premier volume La double disparition, Serena Blasco dévoile L’affaire Lady Alistair, le deuxième volet des Enquêtes d’Enola Holmes, une très belle série policière jeunesse aux éditions Jungle.

Alors que le lecteur faisait connaissance avec Enola, la soeur de Mycroft et Sherlock dans le premier tome, l’adolescence a décidé d’ouvrir un cabinet de détective. Grimée en secrétaire du Dr Ragostin (qu’elle invente), son propre frère ne la reconnait pas. En effet, le responsable de Scotland Yard fait appel aux services d’un détective pour retrouver Enola, un comble ! Il ne veut en aucun cas demander à son frère, le célèbre Sherlock. Lors de l’entretien, il fait mention de Lady Cecily Alistair qui a disparu. Ni une, ni deux, Enola propose ses services à ses parents pour la retrouver…

La belle série Enola Holmes est une adaptation des romans de Nancy Springer publiés par les éditions Nathan depuis 2007. Quelle riche idée, la romancière américaine a eu de créer une sœur aux deux frères Holmes ! Si dans le premier volet, le lecteur découvrait qu’elle et sa mère étaient très libres et suffragettes; dans ce deuxième volume, on découvre l’adolescente dans sa vraie première enquête. Ce qui est agréable dans cet album, c’est la personnalité d’Enola et ses nombreux déguisements qui dupent tout le monde. On découvre aussi la belle détective, observatrice et fin limier malgré son âge. Cette aventure rythmée et accrocheuse est idéalement mis en valeur dans cet univers victorien qui s’inscrit parfaitement dans le monde de Conan Doyle.

Alors que l’on aurait pu passer à côté des Enquêtes d’Enola Holmes, on ne regrette pas de s’être arrêté sur cette belle série. La mise en image de Serena Blasco est originale. Son trait à l’aquarelle est agréable et efficace. Elle possède un dessin riche pour mettre en lumière les visages de ses héros.

  • Les enquêtes d’Enola Holmes, tome 2 : L’affaire Lady Alistair
  • Auteure : Serena Blasco
  • Editeur : Jungle
  • Prix : 12€
  • Parution : 25 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Londres, 1889. La jeune soeur du célèbre Sherlock Holmes, Enola Holmes, a décidé de vivre seule, suite à la disparition soudaine de sa mère.
Après avoir échappée à la vigilance de ses frères, et sous couvert d une fausse identité, elle ouvre un cabinet de « spécialiste en recherches, toutes disparitions ».
Sa première enquête la conduit tout droit sur la piste de Lady Cecily Alistair, fille d un baronnet et adolescente loin d être bien comme il faut, qui a disparu dans les dangereux bas-fonds de Londres.

Le Petit Prince hommages

Notre avis : Œuvre majeure de la littérature française parue en 1943 aux éditions Reynal and Hitchcock (premier éditeur, aux Etats-Unis), Le Petit Prince est le chef-d’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry. Les éditions Glénat ont décidé de rendre un bel hommage à ce roman d’essence philosophique dans un recueil intitulé sobrement Le Petit Prince hommages.

A travers 15 histoires courtes, 17 auteurs contemporains font voyager le célèbre héros et son ami le renard sur de nouvelles planètes. Ainsi Régis Loisel s’est attelé à la couverture tandis que les autres ont imaginé ces récits. Parmi eux, on retiendra celui de :

  • Moebius intitulé Le Petit Prince sur la planète des angles où tout est carré les personnages et même les poissons.
  • Nicolas Keramidas. Le Petit Prince rencontre le vieux jardinier de la galaxie.
  • Convard & Griffo. Le Petit Prince fait atterrir son avion sur la Planète de la liberté où tout le monde fait ce qu’il veut.
  • Matthieu Bonhomme. Le Petit Prince est tenu en joue par un vieil homme avec lequel il disserte sur la montagne de sa planète.
  • Pierre Makyo. Le Petit Prince atteint Dupliterre, la planète qui démultiplie les personnages.
  • Jérôme Jouvray. Sur la planète Céleste 4, un parlement doit faire voter l’invasion de la Terre…
  • Ptiluc. L’aviateur s’écrase à l’endroit où habite le renard…
  • Convard & Juillard ont imaginé les derniers instants de la vie de Saint-Exupéry dans son avion…
  • Le Petit Prince hommages
  • Auteurs : Collectif
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 25 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Le Petit Prince, né sous la plume d’Antoine de Saint-Exupéry, est l’un des personnages de la littérature les plus reconnus à travers le monde. Son univers, infiniment graphique, a été maintes fois transposé à l’image – dernièrement dans le magnifique film d’animation de Mark Osborne –, et notamment en bande dessinée. Ce livre vous propose de retrouver une compilation des plus beaux hommages en cases et en bulles réalisés par quelques grands auteurs de la bande dessinée, toutes générations confondues : de Mœbius à Tebo, en passant par Griffo, Mathieu Bonhomme ou Makyo… Des interprétations sous forme d’histoires courtes de 2 à 4 pages, aussi réussies que variées, d’un personnage mythique de la littérature française et internationale.

Mène l’enquête avec Anatole Latuile & Les enquêtes de Sherlock Latruffe

Notre avis : Les éditions BD Kids du groupe Bayard dévoilent deux livres-jeux Mène l’enquête avec Anatole Latuile de Anne Didier, Olivier Muller et Clément Devaux & Les enquêtes de Sherlock Latruffe de Matyo.

  • Mène l’enquête avec Anatole Latuile. A travers 80 pages, le jeune lecteur est invité à jouer avec le héros de papier imaginé par Anne Didier, Olivier Muller et Clément Devaux et ses amis. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Anatole Latuile vous pouvez parcourir la chronique Comixtrip, ici. A l’intérieur de l’album, on trouve ainsi : des énigmes codées, des labyrinthes, des ombres mystères, des conseils de dessin, des Grandes enquêtes, des jeux de 7 erreurs, Les idées folles d’Anatole Latuile, du bricolage (des éléments pour se déguiser dans les rabats de l’album) ou des sudokus.

matyoSherlocklatruffe

  • Les enquêtes de Sherlock Latruffe. Le drôle de chien avec son gros nez et son chapeau sur les yeux est une création de Matyo. Ses enquêtes sont visibles dans le magazine Moi je lis depuis 2005 et font donc l’objet d’un album pour le première fois. Accompagné par Albide, ce fin limier et véritable détective fut créé pour les très jeunes lecteurs à l’instar de L’inspecteur Bayard ou Enigmus. A travers les 64 pages, les plus petits mènent l’enquête avec lui. Au programme, 17 histoires courtes, qui sont composées toujours de manière identique : deux planches et demie de mise en situation et une demi-page de solution. Au son de « Gigawatt », les héros de papier hurlent leur réponse !

Voici deux albums agréables, très bien écrits et dont les parties graphiques sont avantageuses. Un excellent point pour Sherlock Latruffe pour l’intelligence des récits, ne prenant les lecteurs pour des idiots !

  • Mène l’enquête avec Anatole Latuile
  • Scénaristes : Anne Didier et Olivier Muller
  • Dessinateur : Clément Devaux
  • Editeur : BD Kids, Bayard
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 04 mai 2016

Résumé de l’éditeur :  Anatole Latuile a l’âme d’un détective… Il a déjà fait ses preuves, avec son fidèle accolyte Jason, pour bricoler un périscope ou des journaux découpés pour la filature. Vous voulez voir le maitre en action ? Justement, ce premier livre de jeux vous propose de le suivre dans ses enquêtes (si vous y arrivez)… Pêle-mêle, à l’intérieur : des contenus inédits à base de grandes enquêtes, casses-têtes, labyrinthes, mots fléchés, énigmes… Saurez-vous seconder efficacement Anatole ? Pour vous donner des idées, le livre contient aussi des planches des « Idées folles d’Anatole «, parues dans Mes Premiers J’aime Lire : imaginez Anatole chargé de garder sa petite soeur… Ca y est, vous visualisez les dégâts ?

  • Les enquêtes de Sherlock Latruffe, tome 1 : Gigawatt !
  • Auteur : Matyo
  • Editeur : BD Kids, Bayard
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 04 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Créé pour des lecteurs plus jeunes que ceux de l’inspecteur Bayard ou du docteur Enigmus, Sherlock Latruffe n’en est pas moins un véritable détective. Au cas où vous en douteriez, et où sa tenue écossaise et sa loupe n’y suffirait pas, Sherlock s’attaque à toutes les énigmes qui se présentent à lui. Doué d’un sacré sens de l’observation (bien que l’on n’aperçoive jamais ses yeux), flanqué d’un assistant faire-valoir dénommé Albide (ça vous rappelle quelque chose ?), le petit enquêteur hurle systématiquement « Gigawatt ! « dès qu’il a trouvé la solution. Regardez bien, lisez, pesez, réfléchissez… et tentez de crier avant lui !

Tu n’as rien à craindre de moi

Notre avis : Joann Sfar est de nouveau dans les bacs avec Tu n’as rien à craindre de moi, une histoire d’amour et d’Art, publié par Rue de Sèvres.

Le soir de Noël. Searbearstein, un drôle de bonhomme est en couple avec Loreleï Van Darc, qu’il surnomme malicieusement Mireilledarc. Etonnant car sa compagne ne comprend pas l’allusion, elle qui ne connait pas la célèbre actrice célèbre dans les années 70.

Elle l’aime, il l’aime, ils s’aiment et elle souhaite l’épouser. Lui rêve, cherche l’inspiration – d’ailleurs c’est souvent elle sa muse –  et parle souvent de ses parents qui ne sont pas revenus d’Auschwitz…

On aime Joann Sfar lorsqu’il propose Donjon avec son compère Lewis Trondheim (Delcourt), on l’apprécie lorsqu’il nous charme avec La chat du rabbin (Dargaud), Petit vampire, Sardines de l’espace (avec Emmanuel Guibert), Pascin (L’Association), Le petit monde du Golem (L’Association), Klezmer ou encore lorsqu’il illustre La promesse de l’aube de Romain Gary. Mais on n’apprécie moins lorsqu’il se perd dans des histoires fades comme La vallée des merveilles ou encore son roman Grandclapier. Quand on produit autant – est ce maladif ? – tout ne peut donc être réussi !

C’est donc le cas ici avec Tu n’as rien à craindre de moi, un récit compliqué à suivre, qui part dans tous les sens et au processus narratif très incertain. Néanmoins, il existe des entrées positives dans cet album, notamment l’auteur semble proche des femmes – les comprend alors un peu mieux – il en démontre sa proximité. Serait-il finalement plus féminin qu’on ne le pense ? De plus, il sublime l’acte amoureux, la poétise et l’intellectualise; et cela est plutôt très intéressant. Enfin, il effleure la thématique de la création et l’Art et là encore c’est réjouissant.

Il rend aussi hommage aux films de la Nouvelle vague et l’une de ses égéries, Mireille Darc. Sublime dans ces longs métrages, il la met merveilleusement en scène par son trait vif et jeté qui la rend encore plus belle (et pourtant elle l’était et le reste encore aujourd’hui). On referme l’album déçu, sans en retenir grand chose. Dommage, il y avait de la matière.

  • Tu n’as rien à craindre de moi
  • Auteur : Joann Sfar
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 18€
  • Parution : 20 avril 2016

Résumé de l’éditeur : C’est l’histoire des meilleurs moments de l’amour : ils se rencontrent, se regardent, se parlent des nuits entières, s’aiment sans cesse. il la peint, elle s’amuse à être peinte.et après ?Véritable portrait d’un couple contemporain, cet album traverse les questions éternelles de l’amour et les éternelles questions de son auteur : l’art, la religion, l’amitié. Le mot de l’auteur :« C’est si fréquent, de traverser sans trembler de vrais drames de vie, et d’être fichu par terre par une bête histoire d’amour. D’une façon ou d’une autre, cet album de bandes dessinées essaie de trouver comment on s’en remet, comment on retrouve le sourire. »

Seven short stories

Notre avis : Nakaba Suzuki, auteur de la série fantasy Seven deadly sins, dévoile 7 histoires courtes toutes très différentes dans Seven short stories, un recueil édité par Pika.

L’auteur propose notamment :

  • Seven deadly sins. Melodias est tenancier d’une auberge plutôt tranquille de Britannia. Alors que le calme est perceptible, une jeune fille débarque dans son établissement en hurlant : « Je cherche les seven deadly sins » Etonnant car ces personnes sont mises au ban de la société car ce sont des malfrats. Pourquoi les cherche-t-elle ? Alors que des soldats sont dans l’auberge, le jeune garçon les met dehors grâce à une trappe dans le sol; il faut dire que la jeune fille toute crasseuse les interpelle par ses dires. Melodias l’aide,  la fait manger et dormir dans une de ses chambres. Le lendemain, un chevalier sacré se rend dans la taverne pour capturer la mystérieuse femme…

Le lecteur découvre ainsi le préquel de la série phénomène Seven deadly sins. Cette histoire imaginée après la série-mère permet de comprendre comment Melodias le patron de Boar Hat rencontre Elisabeth, la princesse qui cherche son père. Comment le jeune garçon se révèle être l’un des SDS (le dragon de la colère) et comment elle le persuade de partir en quête des 6 autres membres de la confrérie.

  • Agneaux égarés (1). Moko a 14 ans. Il est secrètement amoureux de Kejime, un belle jeune adolescente, depuis l’école primaire. Alors qu’il lui avait déclaré sa flamme en CM2, elle l’avait rejeté. Mais aujourd’hui, malgré ce très beau râteau, il retente sa chance. Étonnamment, la jeune fille se confie et lui explique pourquoi elle s’était comportée de la sorte, il y a quelques années…
  • Agneaux égarés (2). Lors des vacances d’été, Shun, 14 ans, se rend chez son ami Futoshi. Un peu vantard et sûr de lui, le jeune adolescent pense tout connaître de l’art de la séduction des filles. Il est bouleversé par l’arrivée de la sœur de son ami dans sa chambre. Quelques jours plus tard, ils se retrouvent tous les deux au chevet de Futoshi, hospitalisé par une intoxication alimentaire…

Deux très belles histoires d’amours adolescentes, simples et d’une beau romantisme. Comme dans bon nombre de récits mettant en scène les jeunes enfants, les deux sont d’exact opposés. Dans ces deux histoires, les filles sont sublimes, plutôt mâtures et les garçons empruntés et maladroits, malgré une assurance de façade.

Seven short stories est donc un petit recueil qui possède un charme fou par des histoires très différentes (de la fantasy, des comédies romantiques, un western, du patinage artistique et des maîtres du kung-fu). La partie graphique simple, lisible est d’une grande efficacité.

  • Seven short stories
  • Auteur : Nakaba Suzuki
  • Editeur : Pika
  • Prix : 8.05€
  • Parution : 07 avril 2016

Résumé de l’éditeur : À travers sept histoires, toutes plus étonnantes les unes que les autres, le talentueux Nakaba Suzuki vous fait partager les aventures épiques de princesses et de chevaliers, mais aussi de cow-girls, de maîtres du kung-fu et de patineurs artistiques ! De l’action, de l’humour, du sport et de la romance… Préparez-vous à explorer toutes les facettes du manga par un maître du genre. Et pour ouvrir le bal, l’épisode pilote à l’origine de Seven Deadly Sins !

Mélodie Bloo

Notre avis : Après la publication de Mimo et les dinos des Antipodes de Mazan, les éditions Eidola proposent Mélodie Bloo, une version moderne du mythe de Faust, signé par Rosane Chawi.

Dans un hôtel de luxe, Mélodie est heureuse, elle est en charmante compagnie. Sur le point de conclure, l’homme s’évapore. A la place, se tient Mélanie, sorte de créature mi-femme mi-serpent qui est en fait le Diable ! C’est sous ces traits qu’il apparait à la jeune femme, en été 2014, quelques mois auparavant.

Auteure, elle doit recevoir une prestigieuse récompense sur un bateau de croisière. Alors qu’elle aurait du se préparer avec soin pour la cérémonie, elle décide néanmoins de passer un maximum de temps avec Ben, son compagnon. Elle arrive pourtant pile au moment de récupérer son trophée. Cet ultime moment, elle le doit à Mélanie. En contrepartie d’un vœu exaucé, le Diable lui vole alors ses petits copains, ses amis et sa famille. Plus jamais, elle ne pourra construire de véritable histoire d’amour. Tous ses prétendants disparaîtront après une seule nuit. Elle pourra alors mixer dans une boîte, le B-12, son rêve secret…

Revister le mythe de Faust et le fameux pacte avec le Diable – cela n’est pas très novateur, notamment avec le remarquable Le sculpteur de Scott McCloud – ici Rosane Chawi le modernise avec une jeune femme qui n’a qu’une envie : satisfaire tous ses désirs amoureux et sexuels. De plus, Satan a les traits de Mélanie, une jeune femme qui ressemble presque à Mélodie. Seuls ses yeux jaunes en amande, ses ongles très longs et sa couleur sont différents de ceux de l’écrivaine. En plus des hommes qui émaillent l’histoire – qui ne sont que des faire-valoir de Mélodie – elle pimente son récit de jeune homme beau aux cheveux blancs, Mikel, qui trouble Mélodie et qui va faire exploser le pacte avec Mélanie.

Née en 1992 au Liban, Rosane Chawi vient tout juste d’achever son master en illustration et bande dessinée à l’Académie libanaise des Beaux-Arts l’année dernière. Avant la jeune auteure avait entrepris des études en art chez Jean-Paul Guiragossian, un peintre de son pays. Avec Mélodie Bloo, elle démarre dans le monde du Neuvième Art et réussit partiellement son premier ouvrage. En effet, si l’idée de départ – le diable en femme et sa pactisante, une femme qui est une dévoreuse d’homme – est très habile et bien mise en place; la suite est moins convaincante : la faute à une histoire trop rapidement terminée. Il manque donc juste ce petit détail de la narration et du découpage qui semblent pas assez maîtrisés. Un bémol qu’elle pourra travailler facilement tant son univers graphique est fort. Son trait numérisé à bloc est d’une belle efficacité, agrémenté par des couleurs flashy très intéressantes.

  • Mélodie Bloo
  • Auteure : Rosane Chawi
  • Editeur : Eidola
  • Prix : 14€
  • Parution : 05 mai 2016

Résumé de l’éditeur : À 25 ans Mélodie Bloo est arrivée au sommet de sa carrière d’écrivaine. Elle est devenue riche et célèbre au prix d’un pacte avec son démon Mélanie à qui elle a offert tout ce qu’elle désirait contre le sacrifice de sa vie relationnelle. Ce pacte lui a couté cher. Après avoir perdu son petit ami et sa famille, sa vie est devenue un cycle répétitif où ses nouvelles relations sont sacrifiées à Mélanie pour avoir ce qu’elle désire. La vie matérialiste et facile de Mélodie est bouleversée lorsqu’elle tombe amoureuse de Mikel.