Entretien avec Lilith pour Amours liquides

C’est avec un grand plaisir que j’ai reçu Lilith mercredi 3 juin 2021 sur ma page Instagram @livressedesbulles afin qu’elle nous parle, lors de cet entretien, de son premier album Amours liquides édité chez Delcourt dans la collection Tapas.

Est-ce que tu pourrais te présenter pour qu’on sache un peu mieux qui est Lilith ?

Je te remercie de m’avoir invitée parce que c’est ma toute première interview, de toute ma vie.

Je m’appelle Lilith Bekmezian, mais volontairement j’ai demandé à ce qu’on ne mette que mon prénom sur la couverture.

J’ai fait des études littéraires et d’Histoire pour avoir un bagage même si je voulais me diriger vers la voie artistique. Puis j’ai intégré les Arts-Déco avec une spécialisation en scéno, pour apprendre les décors de théâtre et de cinéma. Mais j’ai également fait un post-diplôme en 3D pour apprendre l’image animée de synthèse.

Puis je suis partie dans le monde du cinéma, cela depuis 15 ans.

As-tu d’autres activités professionnelles parallèlement ?

J’enseigne également à la Fémis (École nationale supérieure des métiers de l’image et du son). Pour moi c’est important la transmission, quand on a suffisamment d’expérience.

Je fais également de l’art thérapie, en lien avec le processus créatif.

Dans le cinéma, j’ai réalisé pendant très longtemps des illustrations et des croquis de décors de film. Un travail en amont avec le chef décorateur en fonction du scénario.

Peux-tu nous citer quelques titres de films sur lesquels tu as travaillé ?

J’aimerais parler d’Albert Dupontel. J’aime beaucoup la personne, il est très intéressant. Il m’a inspirée pour ma bande dessinée avec sa façon de travailler. Avec lui, il est toujours possible de retravailler un scénario, même en cours de tournage. De laisser une porte ouverte.

J’ai participé à 9 mois ferme, Au revoir là-haut et Adieu les cons. Ça m’a montré qu’en bande dessinée aussi on pouvait faire des choses très librement.

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Comment as-tu fait pour passer du cinéma à Amours Liquides ?

Il y a un langage commun entre le cinéma et la bande dessinée. Le scénario, le synopsis, le découpage, le storyboard et le travail dans les plans. Je suis familière avec toutes ces notions. Mais je ne m’en étais jamais emparé.

C’est un événement personnel qui a fait que je me suis lancée dans l’aventure, celle d’écrire une bande dessinée toute seule, pour la première fois.

Peux-tu nous en parler ?

J’ai eu un déclic, une expérience personnelle après une séparation, j’ai fait des rencontres sur internet. À un moment donné,  je me suis trouvée dans un trop-plein d’expériences insatisfaisantes et je ne comprenais pas pourquoi j’allais d’échec en échec. Je me suis questionnée sur les raisons.

J’ai eu également envie de prendre mes distances avec le cinéma. J’étais dans une frustration artistique parce que mon dessin, dans le cinéma, c’est un outil, un maillon de la chaîne. Je voulais développer ma vision des choses. Ça date de 2015.

Comment est-ce que tu as présenté ce projet aux éditeurs ?

De 2015 à 2017, il y a eu un flottement. J’écrivais, je prenais des notes dans un journal de bord illustré. De l’écriture et du dessin. Mais je n’arrivais pas à les relier et ce n’était pas présentable à un éditeur. Mais j’ai obtenu trois rendez-vous avec des éditeurs, avec qui j’ai eu des retours encourageants même si ce n’était pas prêt.

En 2018, j’ai établi une maquette éditeur avec recherches de personnages, storyboard, deux ou trois planches, un synopsis et la présentation de mon parcours.

À combien d’éditeurs as-tu présenté ton projet ?

Cinq ou six, pas plus et c’est une éditrice de chez Delcourt qui m’a répondu. Elle était emballée par mon sujet. On s’est rencontrées et il a fallu six mois pour que ce soit signé. J’ai affiné pour que Guy Delcourt puisse valider. Je devais entrer dans leur ligne éditoriale.

Peux-tu nous dire de quoi parle Amours liquides ?

C’est l’histoire de Roxane, 40 ans, qui vient de se séparer. Elle s’inscrit sur un site et c’est le début d’un voyage rocambolesque avec toutes sortes de rencontres qui vont de surprise en surprise. Elle découvre ce mode de rencontres, avec différents hommes.

Ça va l’engloutir et révéler un pan de sa personnalité, l’obsession . Elle va aller jusqu’au bout de cette expérience, quitte à y perdre des plumes.

Comment qualifierais-tu cet ouvrage auto-réalité, autofiction, fiction totale ?

J’insiste beaucoup sur la notion d’autofiction ou roman personnel. Contrairement à l’autobiographie, elle peut partir d’une réalité mais on utilise le filtre de la fiction pour servir le récit. C’était intéressant d’injecter des choses que j’imaginais, tout en gardant l’authenticité des émotions. Ça me donnait une liberté d’invention et me protégeait, ainsi que les personnes dont je parle. Ma propre famille n’est pas obligée de prendre cela au premier degré.

Je ne voulais pas que le lecteur soit dans une position de voyeur.

Amours liquides fait 200 pages, est-ce le format qui était prévu au départ ?

Dans le contrat , il était écrit 130 pages. J’ai travaillé sous la forme d’un jeu de cartes que je pouvais interchanger. Je ne pensais pas que ça s’approfondirait autant. À 200 pages, on m’a dit stop pour ne pas trop décaler le délai de rendu, d’autant que je travaillais seule. C’était un travail monstrueux, mais j’avais besoin de me déployer sur autant de pages.

Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Cela vient de l’intervention d’un autre homme dans le milieu professionnel de Roxane. Ce n’était pas prévu au départ. Il s’est imposé à un moment donné et a changé la physionomie de l’histoire. Je pouvais faire sans lui, mais il aurait manqué quelque chose. Il est la rencontre imprévue.

Dès le départ, l’eau est l’élément essentiel de cet album et cela dès le titre, pourquoi ?

Au départ, j’étais dans mes recherches mais je n’avais pas identifié à quel point l’eau était dans ma façon de faire. L’eau est mon élément. Cette métaphore de l’eau s’est imposée, comme la couleur bleue.

L’album débute dans les égouts de Paris, c’est un cauchemar. L’eau est présente sous différentes formes le bain, la piscine, la pluie incessante, la Seine, l’alcool mais aussi les larmes et la sueur.

Amours liquides de Lilith - BDfugue.com

Comment t’es venu ce titre Amours liquides ?

Il n’est pas arrivé tout de suite mais s’est imposé vers la fin quand j’ai découvert le travail  de Zygmunt Bauman. Ce sociologue parle de la déliquescence des relations humaines dans son ouvrage L’amour liquide, De la fragilité des liens entre les hommes (Liquid Love, 2003).

Il dit que les réseaux sociaux ont pris le dessus sur l’individu et qu’il n’y a plus de collectif et de liens humains consistants.Amazon.fr - L'amour liquide: De la fragilité des liens entre les hommes - Bauman, Zygmunt - Livres

Comment explique-t-il cela et quel est le rapport avec Roxane ?

Sur les réseaux sociaux, les algorithmes ont pris le dessus sur ce que l’on fait. Nous ne sommes plus vraiment maîtres.

Il y a une différence entre les rencontres faites par Roxane sur internet avec les mecs bêta et la rencontre réelle avec le mec unique que j’appellerais alpha. C’est une rencontre qui n’est pas intentionnelle et ne vient pas des réseaux. C’est dans un autre espace, son cercle professionnel avec un collectif. Ce n’est pas quelqu’un hors-sol qui débarque et qui peut raconter ce qu’il veut.

Était-ce ton premier ton scénario ?

Oui et le scénario est ma bête noire, je ne suis ni scénariste, ni dialoguiste. J’écris depuis longtemps dans des journaux, pour rassembler mes pensées. Je fais des carnets, des dossiers, des fiches. Le scénario ne s’est pas fait de façon logique et rationnelle, il s’est raccordé au fur et à mesure. J’ai même eu envie à un moment de faire une galerie de portraits juxtaposés, mais c’était dommage d’abandonner l’histoire, donc je l’ai fait. Mais c’est très difficile de construire un scénario, un vrai métier.

Quelle a été ta façon de le travailler ?

Je travaille sur une feuille où je note toutes mes séquences. Puis ensuite, sur une autre, je fais la chronologie de ces séquences. Je connaissais mes faiblesses donc j’ai demandé à me faire aider grâce à des regards extérieurs. Afin que ce soit compréhensible. J’ai tout découvert en faisant cette bande dessinée.

Je n’arrive pas à travailler de manière structurée et scolaire. Je garde toutes mes idées à portée de main de peur de les perdre. Toutes les traces peuvent m’être utiles pour la création. Dans la bande dessinée, contrairement au cinéma, tout est possible tout le temps.

Dans tes dessins, comment t’y es-tu prise pour obtenir ces effets d’eau  ?

J’obtiens cet effet aquarelle avec des feutres à essence sur calque. Je voulais que ce soit léger et lumineux, que ça n’accroche pas mais que ça coule.

La technique utilisée est très rapide avec le calque. C’est un papier génial, modifiable, il suffit de le gratter avec une lame et on peut réécrire dessus.

Et pour l’effet voulu, il fallait que je trouve des crayons. Les crayons de couleur étaient trop secs. Les Promarkers  fonctionnent très bien sur le calque et ça va très vite.

On pourrait vraiment penser qu’il s’agit d’aquarelle.

Si je mets de l’eau sur le calque, il va gondoler. Donc tout est au feutre. Avec des feutres très fins qui sèchent tout de suite pour l’encrage. Ensuite j’ai fait directement la couleur sur l’encrage. Il n’y a même pas besoin de rehaut au crayon ou à la pastel pour densifier tout cela.

Penses-tu que ton album aurait été différent si tu avais travaillé avec un autre éditeur ?

Oui c’est sûr. J’ai été très étonnée que mon éditrice me laisse carte blanche pour tout. Elle était là pour m’écouter quand ça n’allait pas. Mais il n’y a eu aucune ingérence, j’ai pu faire ce que je voulais. Il faut beaucoup de patience et de confiance en l’auteur pour faire ça. Je ne suis pas sûre que tous les éditeurs fassent ainsi.

Ton éditrice n’est donc jamais intervenue dans ton travail ?

Si, quand j’ai fini mon storyboard, elle est intervenue pour me donner des conseils. Pour que je sois plus dans la bande dessinée. Il y avait trop de texte, j’avais peur que le message ne passe pas.

Elle m’a montré comment travailler la double page et le vis-à-vis. Avec elle, j’ai appris  beaucoup de termes techniques que je ne connaissais pas.

Imagines-tu garder cette double casquette scénariste dessinatrice ou aimerais-tu opter pour l’une plutôt que l’autre ?

Si je devais n’en choisir qu’une, ce serait le dessin qui est ma partie au départ. Je ne veux pas me fermer de portes, mais je ne sais pas ce que c’est que de collaborer avec un scénariste. Pour l’instant, mon envie c’est d’être autrice complète, afin de garder ma liberté de création. Ou alors il faudrait que l’autre personne fonctionne un peu comme moi.

Penses-tu qu’un homme aurait pu écrire la même bande dessinée ?

Un homme a déjà écrit sur le même sujet. Dans Des souris et un homme, Lewis Wingrove raconte toutes ses rencontres sur Meetic. Sa parole était très frontale, très directe.

Des Souris & un Homme, par Lewis Wingrove

J’ai découvert également le témoignage de Cristina Portolano dans l’album Je ne te connais pas. C’est une femme et pourtant elle a une approche plus directe et décomplexée. Peut-être plus autobiographique que moi.

Je ne te connais pas | Rackham

Par choix, je n’ai pas voulu montrer de scènes de sexe, ce n’était pas très intéressant dans mon récit. Je préférais les suggérer également pour la protection de mes proches.

Dans Amours liquides, on peut penser que tu as laissé des portes ouvertes, est-ce pour une potentielle suite ?

Pour moi l’important est de faire fonctionner l’imaginaire du lecteur. Je ne veux pas résoudre les choses. Je ne suis pas dans une idée de suite. La fin ouverte de l’album permet au lecteur d’imaginer lui-même la suite et de se projeter.

Je me pose la question de la suite de ma création mais elle ne sera pas forcément liée à cet album. Pour le moment, j’ai un personnage principal masculin. Avec Roxane, c’était plus facile, je pouvais m’identifier à elle.

Pourquoi avoir choisi un personnage masculin pour ton prochain album ?

Ce personnage et son univers me sont apparus, il y a presque un an. C’était une évidence pour moi. J’ai donné le dossier à mon éditrice. Je ne sais pas si ce projet va voir le jour, mais il y a une piste intéressante.

Pourquoi avoir intégré ce dessin de Freud dans la séquence chez la psychologue ? Quel est son sens ?

J’ai essayé de faire une représentation de la vie intérieure de Roxane. Cette image What’s on a man’s mind avec ce corps de femme sur un visage d’homme reflète ses a priori du moment. Tous les hommes ne pensent qu’à ça et elle est là dedans.

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À plusieurs endroits dans l’album, j’ai glissé des citations ou des clins d’œil reconnaissables par tous ou seulement par les personnes concernées.

À aucun moment tu n’as songé à modifier ta façon d’appréhender ton album ?

J’ai lu l’album Vingt-trois prostituées de Chester Brown, une autofiction, presque autobiographique. L’auteur y raconte comment après sa séparation, il a décidé d’aller voir des prostituées. Cet album m’a fait basculer dans l’aspect réaliste d’un récit, alors qu’au départ j’étais partie vers le burlesque. J’ai vraiment changé mon angle d’approche.

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Quelles sont les thématiques importantes que tu as voulu aborder dans ton récit ?

Dans cet album il y a différents niveaux de lecture. Quand je l’ai présenté dans la classe de ma fille de neuf ans, les enfants se sont intéressés au cheminement pour arriver à un album fini. De leur point de vue, ils ont été étonnés par le nombre de rencontres, 98, tout en étant à leur âge dans le polyamour. Ça ne les dérange pas, il n’y a pas de jugement. C’est à la frontière entre l’amitié et l’amour et les enfants ne s’imposent pas de limites.

J’ai voulu aborder une histoire et ce que ça dit de cette personne. Une personnalité obsessionnelle accumulant des relations qui finissent par l’ensevelir. Cette situation existe depuis dix quinze ans et empêche de trouver des repères stables, dans une rencontre amoureuse. Une espèce de course effrénée.

Qu’as-tu pensé des premiers retours ?

Les retours des lecteurs sont très divers. Chacun voit dans le récit quelque chose qui le concerne et qui fait écho à sa propre histoire. Quelque chose de lui, homme ou femme, quel que soit son âge. Je n’ai pas complètement raté mon truc si cela permet une identification, à différentes échelles.

As-tu utilisé d’autres références dans Amours liquides ?

Je fais également référence à une lecture de Stéphane Rose, En finir avec le couple. Avec son point de vue d’homme, il se demande pourquoi il faut absolument être en couple et pourquoi on n’envisage pas les mille possibilités qui sont à côté, de manière libre, avec bien sûr l’histoire du consentement. Il y a beaucoup de possibilités, avec lesquelles on commence à se familiariser. Sortir de ce schéma persistant du couple, ne pas être dans l’exclusivité avec quelqu’un.

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Tout cela est une question de pression sociétale.

Ça demande du courage de développer un sens critique pour faire quelque chose de bon pour soi-même et c’est important de ne pas donner à ses enfants un modèle unique. De leur dire que c’est important qu’ils fassent en fonction de leur propre sens critique.

Est-ce que des bandes dessinées t’ont aidée pour réaliser la tienne ?

Il y a l’ouvrage Faire de la bande dessinée de Scott McCloud qui m’a sauvée. Il décrit toute la bande dessinée, comment elle fonctionne, les outils, il parle de tout. Cela m’a vraiment guidée.

J’ai une culture bande dessinée depuis longtemps, classique, franco-belge puis j’ai découvert le roman graphique avec Les ignorants d’Étienne Davodeau, puis Pilules bleues de Frederik Peeters . J’ai vu qu’on pouvait raconter de manière très riche une expérience. N’importe quel sujet peut être intéressant, tout dépend de la manière dont on en parle.

 

Couverture Les ignorants      Couverture pilules bleues

Et chez des autrices ?

Il y a Aude Picault découverte avec Idéal Standard. J’ai trouvé sa manière de traiter le sujet, très pertinente et très incisive. Rien n’est fait au hasard, aucun trait, aucune ligne avec cette économie de moyen. Tous les dialogues sont super, on suit complètement son personnage avec une solarité dans le jaune. J’aime son sens aigu de l’observation ou de l’invention. On voit ce qu’il se passe dans le dit et le non-dit.

Couverture Idéal standard

As-tu demandé l’avis de gens du cinéma sur ton scénario ?

Non je n’ai pas voulu. Quand j’ai fait la démarche de rechercher des lecteurs pour qu’ils me renvoient un avis critique, j’ai voulu trouver des lecteurs “innocents” pour avoir un véritable ressenti.

J’ai également demandé à avoir l’avis d’autres éditeurs chez Delcourt, dont les retours ont été plus musclés mais très utiles. C’était très constructif et j’ai pu revoir tout ce qui n’allait pas.

Combien de temps est-ce que cela t’a pris pour faire cet album, en sachant que l’idée date de 2015 ?

J’ai signé fin 2018, donc à partir de là, deux ans et trois mois. J’ai déplacé le délai, j’aurais dû le rendre bien avant. Je n’ai pas écrit de scénario mais j’ai storyboardé. Ça m’a pris un certain temps. Puis il y a eu l’étape du crayonné, l’encrage, la couleur, la numérisation et la retouche sur Photoshop. L’avantage avec le calque, c’est que la transparence permet de récupérer les dessins.

Ça a été également très long pour l’anatomie, pour stabiliser mon personnage.

Comment s’est déroulé le travail sur la couverture et le titre ?

Pour la couverture, il y a eu pas mal essais.

Pour le titre, on a cherché. Il y a eu Amours floues, Les 400 coups d’une serial loveuse… Heureusement que j’ai changé, même si ça faisait référence au cinéma, ce n’était pas tout à fait ça. J’ai pensé aussi à Love me Tinder, mais c’était déjà pris. Je voulais que ce soit amours au pluriel. Et liquides, c’est devenu une évidence avec Bauman, mais j’avais peur que ça ne passe pas à cause de son ouvrage Amour Liquide au singulier.

Tu es très active sur ta page Instagram depuis le mois de mai, pour quelle raison ?

Depuis 2019, j’avais déjà l’envie de partager l’avancée de mon travail  avec le storyboard. Mais pour des questions d’organisation et de temps, je n’ai pas réussi à m’y mettre.

Comme ça, j’ai pu produire des photos de la fabrication des carnets mais également des images définitives, en réalisant une mise en scène.

Ça ressemblait à du teasing, 15 jours avant la sortie de l’album. En parallèle avec Delcourt qui le faisait également.

Pour terminer, quels sont les albums que tu pourrais nous conseiller ?

Il y a deux univers à découvrir, celui d’Alfred et celui de Brecht Evens, un auteur belge en langue néerlandaise. Ce qu’ils font est très différent mais je suis sensible aux deux.

Alfred pour son art de raconter des histoires avec cette vision cinématographique, des personnages très forts.

Couverture Senso          Couverture come prima

Brecht Evens, pour moi, est incomparable. C’est un illustrateur qui fait de la bande dessinée avec une liberté de ton dingue, notamment Les amateurs. Je l’ai lu trois ou quatre fois et il m’a bouleversée à chaque fois. Il y a aussi Les rigoles, Panthère.

Couverture les amateurs          Couverture Les rigoles          Couverture panthère

Et dans tes lectures plus récentes ?

Chroniques de jeunesse de Guy Delisle, tout ce que fait cet auteur est génial. Là, il revient sur sa jeunesse quand il était en stage dans l’usine où travaillait son père. C’est très intéressant. Le récit est simple, le dessin est pur, on rentre complètement dedans et on apprend plein de choses.

Tunnels de Rutu Modan, une autrice israélienne, une histoire d’archéologues israéliens qui creusent un tunnel en Terre sainte et qui rencontrent des clandestins palestiniens qui font de même. Il y a un clash des cultures, des croyances, des points de vue dans les sous-sols, sous cette frontière.

Couverture Chroniques de jeunesse          Couverture Tunnels

 

CET ENTRETIEN ET SA RETRANSCRIPTION ONT ÉTÉ RÉALISÉS EN COLLABORATION AVEC CLAIRE @FILLEFAN2BD DANS LE CADRE DU LIVE QUI S’EST TENU LE MERCREDI 03 JUIN SUR LA PAGE INSTAGRAM DE YOANN @LIVRESSEDESBULLES .
VOUS VOULEZ EN SAVOIR PLUS, N’HÉSITEZ PAS À REGARDER CI-CONTRE LE REPLAY DU LIVE.
Article posté le mardi 31 août 2021 par Claire & Yoann

Amours liquides Lilith Delcourt
  • Amours liquides
  • Autrice : Lilith
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 24,95 €
  • Parution :  19 mai 2021
  • ISBN : 9782413019923

Résumé de l’éditeur : Roxane, 40 ans, vient de divorcer. Elle s’immerge dans des amours liquides, découvrant l’inconsistance des rencontres en ligne, légères et sans lendemain, teintées de séduction factice et facile, souvent improbables, parfois absurdes. Dans cette exploration d’amours multiples, chavirée par tant de possibles, Roxane manque de se noyer dans le vortex d’une collection sans fin…

À propos de l'auteur de cet article

Claire & Yoann

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Claire Karius @fillefan2bd & Yoann Debiais @livressedesbulles , instagrameurs passionnés par le travail des auteurs et autrices de bandes dessinées, ont associé leurs forces et leurs compétences, pour vous livrer des entretiens où bonne humeur et sérieux seront les maîtres-mots.

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