Entretien avec Magali Le Huche pour Nowhere Girl

Retour à notre série d’entretiens consacrée à des autrices avec Magali Le Huche, qui nous a accordé un peu de son temps pour nous parler, entre autres, de sa dernière sortie « Nowhere Girl »  chez Dargaud.

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?

Je m’appelle Magali Le Huche, je suis illustratrice, je fais beaucoup de livres jeunesse depuis 2005.

Pour certains je les ai illustrés et écrits, pour les autres je travaille avec des auteurs. J’ai fait des séries comme “Jean-Michel le caribou”et “Non-Non”, qui sont adaptées en dessin animé. J’en fais un tous les ans.

Je suis parisienne et j’ai fait mes études aux Arts Décoratifs de Strasbourg pendant 5 ans et je suis revenue à Paris après mon diplôme.

Quelles sont tes influences ?

Les Beatles, entre autres !

J’aime beaucoup de choses, j’ai grandi avec Quentin Blake, Roald Dahl, Maurice Sendak, Tomi Ungerer. Sur la table basse de mes parents, il y avait toujours un livre de Topor, j’étais fascinée par ses dessins. Ça me faisait peur et ça m’attirait. Agrippine, j’ai passé des heures à observer le monde des adultes représenté de manière drôle et crade. C’est le génie de Claire Brétécher. Et puis Sempé, ça faisait partie des bouquins que j’avais chez moi.

J’ai découvert la bande dessinée avec mon grand cousin Gwen qui fait connaître beaucoup de choses en bandes dessinées, notamment , « Le petit cirque » de Fred, je lui dois beaucoup.

Couverture Le petit cirque

Tu as écrit plusieurs séries « Non-Non », « Jean-Michel », « Paco », qu’ont-ils en commun ?

J’aime bien les héros qui n’en ont pas l’air, qui au départ sont rejetés.

Non-Non est énervé    Jean-Michel le caribouJean-Michel le caribou des bois_1ere_ed      Paco à l'Opéra

Sais-tu combien d’albums tu as écrits ?

Je ne sais pas, je n’ai pas compté, beaucoup.

Le site de la BnF indique 152 ressources.

Je commence à être vieille, ça fait longtemps que je travaille. C’est la maturité.

Peux-tu nous parler des adaptations que tu as faites pour Marie Desplechin ?

Il s’agit de « Verte », « Pome » et là je commence « Mauve ». C’est tout un travail d’adaptation, « Mauve » est plus compliqué et plus dense que les précédents. C’est toujours un plaisir de travailler à ces adaptations.

Couverture Verte                Couverture Pome

 

Comment as-tu commencé à travailler avec Marie Desplechin ?

C’est Charlotte, mon éditrice chez Rue de Sèvres – on avait déjà travaillé ensemble avant chez Flammarion – qui  m’a proposé d’adapter « Verte », que j’avais lu. J’adore Marie Desplechin, c’est une fille géniale, j’aime ses idées. On s’est rencontrées, elle m’a laissée libre mais était présente si besoin.

C’est vraiment agréable de travailler avec elle. Ses personnages sont attachants et j’ai essayé de récupérer ses dialogues qui sont savoureux.

C’est un vrai plaisir d’avoir pu donner forme à ses personnages.

As-tu une idée de la date de sortie de Mauve ?

Je me réjouis de continuer à travailler dessus actuellement et j’aimerais bien terminer pour fin novembre. Une sortie plutôt pour 2022.

C’est vrai que je traîne un peu, mais j’ai fait une grosse bande dessinée entre-temps.

Tu as également travaillé sur deux bandes dessinées adultes ?

Oui, deux tomes avec Gwendoline Raisson, le premier s’intitule “Les mères anonymes” et le deuxième “À la recherche du nouveau père”. Au départ, ça parle de mères qui se retrouvent dans un groupe d’anonymes. J’ai rencontré Gwendoline, je venais d’avoir un enfant, j’étais fatiguée. Elle m’a demandé si je connaissais quelqu’un qui faisait de la bande dessinée. Je lui ai dit moi. C’est comme cela que ça a commencé. D’ailleurs une adaptation en animé est prévue. C’est un projet en cours qui est en train de prendre forme.

Couverture Mères anonymes                    Couverture À la recherche du nouveau père

Peux-tu nous parler de ton album “Nowhere girl” ?

Au début je voulais parler des Beatles, je saoulais tout le monde avec cela. Mes amis me disaient qu’il fallait que j’en parle. Mes anecdotes les faisaient rire. Je jetais des petits papiers dans la rue sur lesquels il était écrit “N’oubliez pas le Beatles”, j’envoyais des courriers aux radios. Je voulais raconter ces petites choses drôles avec de l’autodérision.

Quand j’en ai parlé avec Pauline Mermet, mon éditrice chez Dargaud, on a discuté du contexte, de la phobie scolaire que j’ai faite à l’entrée en sixième. Elle m’a dit que c’était bien de parler des Beatles, mais que le véritable sujet, c’était la phobie scolaire.

Comment as-tu procédé ?

Je me suis replongée dans mes souvenirs d’entrée en sixième et de ce mal-être que j’ai développé dans les premiers mois. J’étais impatiente d’entrer dans la cour des grands, mais rapidement j’ai ressenti de l’angoisse, la peur de grandir.

C’est à cette période que je découvre les Beatles et ils vont devenir un refuge pour moi en m’aidant à traverser ce passage clouté entre l’enfance et l’adolescence, cette période de la puberté où le corps change. Je ne voulais pas grandir.

Mais à cette époque les Beatles n’existaient plus ?

C’était ma grande tristesse, je n’étais pas née à cette période donc ça donnait raison à mon sentiment d’injustice et de mal-être.

Je regardais des vidéos, pour me sentir dans les années 1960 et avoir l’impression de contrôler le temps.

Quelle est ta chanson préférée ?

Alors c’est très compliqué, parce que ça dépend des semaines. Il y en a beaucoup. “Dear Prudence” me touche beaucoup, elle a quelque chose de lancinant. John Lennon la chante de façon très juste sans faire de manières.

J’adore “A day in the life”, une des premières que j’ai entendue et m’a complètement transporté dans le monde parallèle Beatles. J’ai eu une grande période “Rocky Raccoon”.

Il n’y en a pas une que je préfère, il y en a plein que je préfère. “Tomorrow never knows” est très moderne.

Sur la couverture est-ce également une référence ?

Bien évidemment et dans le titre je fais référence à John Lennon. Il a écrit “Nowhere man” à une période où il n’était pas bien, il avait besoin de changement.

Pour moi l’adolescence c’était “nowhere land”. Quelques mois avant j’étais une petite fille, maintenant je ne sais plus ce que je suis. C’est l’état de « nowhere girl », on ne sait pas où se situer.

Beaucoup de pré-ados peuvent ressentir ça. Ma fille de 13 ans m’a récemment demandé si elle était encore une petite fille. Ce sont des questions qu’on se pose quand le corps change rapidement. Le titre était évident dès le début.

C’était le premier titre ?

Oui mais je l’ai laissé tomber et j’ai vachement galéré pour en retrouver un autre. Ça ne collait pas.
J’ai même voulu faire référence à “Christiane F. 13 ans droguée prostituée”, avec “Magali L 13 ans n’aime pas l’école, aime les Beatles”, un truc très compliqué, une référence que personne n’allait comprendre.

Longtemps j’ai pensé à “Beatles addict” mais c’est un peu naze.

As-tu envoyé ton album à Paul McCartney et à Ringo Starr ?

Oui, mais je n’attends rien, ils doivent avoir des étages entiers consacrés au courrier, mais je l’ai envoyé. Tant mieux si un jour ils tombent dessus.

Est-ce que tu préfères adapter ou être adaptée ?

C’est totalement différent. Être adaptée, je n’ai rien à faire. Avec « Jean-Michel » c’est super. Et pour « Non-Non » c’est Léonie de Rudder qui est là dans mon atelier, qui a fait toute la direction d’écriture avec les scénaristes.

Mathieu Auvray a adapté « Non-Non » et « Jean-Michel » en compagnie de Pauline Pinson.
Je leur ai confié « Jean-Michel » et ils s’en occupent hyper bien. Pour moi c’est l’idéal.

Adapter c’est dans l’autre sens. Pour les romans de Marie Desplechin, c’est un énorme travail. J’adore, c’est très agréable de travailler avec une matière, un si bon texte. J’ai l’impression que c’est moi qui l’ai écrit.

Dans les deux cas, je suis très chanceuse.

Comment es-tu passée de l’album jeunesse à la bande dessinée ?

J’ai commencé avec « Jean-Michel » qui est un peu bande dessinée jeunesse. Ce n’est pas le même rapport texte image. En bande dessinée il faut faire bouger les personnages, les faire parler. C’est différent de l’album jeunesse quand il faut une image graphique qui vient illustrer l’album.
En bande dessinée, le texte c’est les dialogues. Alors j’ai essayé d’adapter mon dessin.

Pour « Nowhere girl » j’avais peur d’avoir un trait trop jeunesse. J’ai essayé d’être plus précise dans mon trait pour que ce soit différent de ce que je fais en jeunesse.

Quel a été ton point de départ ?

Je suis partie d’une histoire et de lieux réels, c’était très important pour retrouver les souvenirs, je voulais être précise dans les détails du salon, de ma chambre. Donc j’ai regardé beaucoup de photos et je voulais qu’il y ait un peu de réalisme même si j’ai un dessin sommaire. J’ai essayé d’être précise dans des détails, qui font références aux années 1980 comme les plots des trottoirs.

Je me suis souvenue de choses que j’avais, des madeleines de Proust !

Et la radio ?

J’avais ce poste là, le son devait être tout pourri, mais je m’en foutais. Il était portatif; on le voit quand j’étais dans mon lit, avec un lecteur de cassettes et j’écoutais des albums des Beatles partout.

Cet album débute quand tu as 11 ans et Verte a 11 ans.

Ce sont les étoiles qui s’alignent. J’ai eu l’idée de « Nowhere girl » avant d’adapter « Verte ». C’est pour cela que j’étais contente d’adapter « Verte », ça me parlait complètement. Dans le rapport mère-fille, je suis Ursule maintenant. C’est la même période et les mêmes questions. Verte parle de sorcières mais aussi de changement.

Sur le site de Dargaud figure une playlist de dix titres, est-ce toi qui l’a composée ?

On m’a obligée ! C’était sympa, j’ai dû choisir 10 chansons, j’ai beaucoup hésité. C’était horrible ! La prise de tête !

Combien de temps mets-tu pour réaliser l’adaptation d’un livre de Marie Desplechin ?

C’est long quand-même. Je ne sais pas, en même temps je fais toujours des trucs en parallèle. Entre le tout début et la fin, je pense qu’il me faut bien… C’est hyper dur de répondre.

Mauve j’ai commencé à le relire, à faire des découpages il y a déjà quatre mois, alors que je n’ai pas encore commencé les “crayo”. Et pour les faire, il me faut quatre, cinq mois. Il y a vraiment un temps de gestation en bande dessinée. Je mets du temps pour me lancer, mais pendant tout ce temps, j’y pense énormément. J’ai besoin de ce moment où je me fais ces petites scènes dans ma tête.

Comment est-ce que ça se passait en primaire ?

J’étais déjà un peu sensible avant le CM2. Je croyais qu’il fallait que la maîtresse m’aime, il fallait faire plaisir donc je me mettais la pression. En plus d’être un peu rêveuse, je faisais tout le temps l’andouille. Je me faisais souvent gronder parce que je ne m’en rendais pas compte.

Arrivée en sixième, le basculement a été radical avec cette Mademoiselle Rioufol, et ça ne marchait plus ce truc d’être aimée par les profs. Il y a quelque chose que je n’avais pas compris dans l’idée d’aller à l’école. On y va pour soi, pour apprendre. J’avais tellement peur de l’échec, je n’étais pas très bonne élève en primaire. Ça me demandait beaucoup d’efforts. Mes cahiers étaient sales et la directrice les montrait pour expliquer ce qu’il ne fallait pas faire. J’essayais d’être bonne élève alors que ça ne me correspondait pas. Cela faisait longtemps que je me mettais la pression et quand je suis arrivée au collège j’avais doublement la pression.

Est-ce qu’il y a eu un élément déclencheur à cette phobie ?

Ça a éclaté avec cette prof et avec le contexte, les lieux plus grands, plus de monde; j’étais perdue. Il y a plusieurs profs, ils sont là pour faire cours, on n’est plus des petits.

Je me souviens de ce moment d’angoisse où je me suis dit que je n’y arriverais jamais. La phobie scolaire se manifeste physiquement, c’est pour cela que c’est diagnostiqué comme maladie. J’étais en vraie souffrance, je n’arrivais plus à manger, j’avais des troubles physiques liés à l’angoisse d’aller à l’école.

Je ne comprenais plus rien à ce que j’apprenais. J’avais tellement peur qu’on m’interroge, de l’échec et donc j’étais en situation d’échec.

Te sentais-tu non comprise ou non soutenue ?

Au début j’ai culpabilisé. Je n’avais pas compris que ça n’allait pas, je voulais aller à l’école. C’est mon mal-être physique qui a alerté mes parents. J’ai eu la chance qu’ils soient attentifs, même s’ils étaient pris et que j’étais très jalouse de la place que prenait leur métier. Ils ont été à l’écoute parce que j’avais ces troubles physiques. J’ai fait un malaise en cours, je perdais du poids, je ne mangeais plus, je vomissais.

Quand le diagnostic a été posé, est-ce que ça a été un soulagement pour toi ?

Oui, en plus je ne connaissais pas le mot phobie, mais ça me rassurait et donnait une légitimité à mon mal-être. J’avais quelque chose de sérieux, une phobie scolaire. J’ai culpabilisé quand mes parents ont pris la décision de me déscolariser pour faire l’école à la maison. J’étais gênée, je ne faisais pas comme mes copines, qu’est-ce qu’elles allaient penser ?

Quand on a une reconnaissance de son mal-être, ça rassure. C’était une maladie, je pouvais guérir et retourner à l’école après.

Je me suis déconnectée des autres. Mes copains c’étaient les Beatles, enfin il y avait Agathe quand-même.

As- tu un carnet sur lequel tu travailles ?

J’ai fait une résidence à Liverpool pour faire cette bande dessinée. Je prends des carnets quand je pars en vacances, ils sont jolis.

Les autres sont hyper crades, j’y marque mes idées. Mon carnet pour « Verte », « Pome », « Mauve » n’a pas d’intérêt sauf pour moi.

Je fais le découpage et j’essaie de trouver la tête de Mauve. C’est une prise de notes méthodique, pour ne pas perdre mes idées.

Comment as-tu présenté ton histoire à Dargaud ?

J’ai de la chance parce que Pauline Mermet m’a poussé à écrire cette histoire. Au départ j’avais juste une idée, les Beatles et la phobie scolaire. On s’est régulièrement vues au café et elle m’a beaucoup aidé avec son enthousiasme.

J’étais vraiment motivée. J’écrivais mes ressentis, mes souvenirs et il fallait qu’on en parle. On a fait du modelage. Pauline fait complètement partie de l’histoire de cette bande dessinée.

Est-ce que le dessin a été libérateur pour toi ?

J’ai toujours dessiné, ça a toujours été libérateur. À certaines périodes, quand je ne dormais pas bien, j’ai dessiné ce qui me faisait peur, mes cauchemars. Ça me faisait du bien.

Au collège, en plus des Beatles, le dessin a été un refuge vital.

Chez la psychologue, je dessinais aussi en même temps que je discutais. Ça libérait mon esprit pour pouvoir parler d’autre chose plus facilement.

Par la suite, as-tu trouvé un autre établissement scolaire ?

C’était un établissement où il y avait à l’époque, des secondes F12, Arts Appliqués. Le fait de pouvoir envisager l’avenir dans le dessin, m’a donné une perspective. J’avais envie d’avoir des cours de dessin au collège et au lycée, ça me rassurait pour plus tard.

Les Beatles ont aussi contribué à cette perspective de création, qui ne m’a pas quittée. La musique m’a toujours inspirée, même si je n’en fais pas. Il se passe quelque chose, c’est physique.

La possibilité de faire une section artistique lourde m’a donné un espoir de faire quelque chose où je n’allais pas échouer.

Peux-tu nous expliquer comment tu travailles ?

Avec “Nowhere Girl”, j’ai tout fait à l’Ipad pro que j’ai découvert pour cet album et j’ai pris un plaisir fou. Un plaisir du dessin que je ne soupçonnais pas. Ce petit objet maintenant ne me quitte plus.

Pour « Verte » et « Pome », j’ai fait le dessin au crayon, puis je scannais et je faisais les couleurs sur Photoshop.

Récemment pour d’autres albums, destinés à la maison d’édition jeunesse Les Fourmis Rouges que j’adore, j’ai dessiné à l’encre couleur et à la plume.

Je réfléchis à la technique en fonction des projets. La bande dessinée avec l’Ipad c’est génial parce qu’on peut tout faire à la fois, le texte, les bulles, les couleurs, refaire, déplacer, découper, coller. C’est très agréable, on peut essayer plein de choses.

Qu’est-ce que cela t’apporte de travailler dans un atelier ?

J’ai cette chance de pouvoir aller à l’atelier et d’avoir un atelier chez moi. Je peux être seule ou avec mes copains du Yem Studio. Ça m’apporte un échange, on se conseille. Ils sont tous doués, c’est une richesse.

Je les remercie tous car ils sont curieux, comme à chaque fois qu’il y en a un qui a un nouveau projet. Les retours et les avis des collègues sont assez importants.

Ça permet d’avoir des échanges et de se remonter le moral, d’avoir de la motivation.

Comment s’est passé le choix de la couverture ?

C’était terrible, je me suis pris la tête. Je voulais cette représentation hyper mythique des Beatles qui avait un sens particulier avec ce passage de l’enfance à l’adolescence. Mais je n’avais pas besoin de mettre le nom Beatles dans le titre parce qu’on reconnaissait tout de suite de quoi il s’agissait. J’ai fait beaucoup de versions différentes.

Abbey road - Remasterisé              Couverture Nowhere girl - Beatles-addict, le récit d'une phobie scolaire

Est-ce que les Beatles jouent toujours un rôle dans ta vie d’adulte ?

Ce truc avec les Beatles sera toujours là, j’ai toujours besoin d’eux. Je ne me lasse pas, c’est un puits sans fond. Je découvre des chansons que je n’avais pas écoutées de la même façon avant.

Il y a deux ans, j’ai écouté leur premier album qui a une énergie très particulière. Il a été fait en une journée, il y a quelque chose de brut, de l’ordre de l’urgence dans cet album. Je l’ai écouté comme une folle, j’avais besoin d’eux. J’ai encore parfois besoin de m’évader avec eux.

Qu’ont pensé tes parents de cet album ?

Ma mère ne savait pas que je faisais tout ça avec les Beatles, quand j’étais toute seule à la maison. Que je balançais des papiers dans la rue, que j’avais gravé un tampon sous ma Clarks, que j’écrivais aux radios. Cette période n’était pas évidente pour eux et ma mère a compris que le personnage principal de l’album, ce n’était pas elle, mais les Beatles et l’école. Ce n’est pas évident pour elle, parce qu’elle a beaucoup donné.

Ils ont beaucoup aimé. J’imagine que ça doit les remuer de revivre cette période qui n’était pas facile, ni pour ma sœur d’ailleurs. Elle s’est mise de côté pour qu’on s’occupe de moi.

C’est ma façon de dire l’importance qu’ils ont eu.

Tu as vraiment été entourée !

J’ai eu de la chance, la souffrance scolaire est partout et parfois ça ne se passe pas bien. J’ai eu la chance d’avoir ces parents là, ils ont fait ce qu’ils ont pu. Maintenant que je suis parent, je me rends compte que c’est compliqué de prendre des décisions quand la situation est douloureuse pour son enfant.

Ça n’a pas dû être facile.

Pour terminer, quels sont les derniers albums qui t’ont vraiment plu ?

J’ai lu « Oleg » de Frederik Peeters que j’ai vraiment adoré, il est vraiment très fort au niveau du dessin, de la narration. C’est fascinant son idée de l’autobiographie qui n’en est pas vraiment une. J’adore Camille Jourdy, j’ai aimé « Les vermeilles ».

Couverture Oleg               

Les albums de mes collègues de l’atelier sont trop bien.

Merci beaucoup Magali Le Huche pour ce temps que tu nous as accordé.

Cet entretien et sa retranscription ont été réalisés en collaboration avec Claire @fillefan2bd dans le cadre du live qui s’est tenu le mercredi 07 avril sur la page Instagram de Yoann @livressedesbulles .
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Article posté le mardi 27 avril 2021 par Claire & Yoann

Nowhere Girl de Magali Le Huche (Dargaud)
  • Nowhere Girl
  • Scénariste : Magali Le Huche
  • Dessinateur : Magali Le Huche
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 19,99 €
  • Parution : 5 mars 2021
  • ISBN : 9782205085037

Résumé de l’éditeur : Magali a 11 ans. Elle aime les Beatles, dans la catégorie « passionnément » ou « à la folie ». Ce qu’elle aime moins, c’est l’école, surtout depuis qu’elle est au collège. Elle qui pensait être une élève comme les autres éprouve soudainement une peur panique à l’idée d’aller au collège. Telle une « Alice au pays des merveilles », elle se réfugie alors dans l’univers parallèle des Beatles nourri de leur musique et de couleurs éclatantes. Une bande dessinée autobiographique, sensible et drôle, en dépit de la gravité du sujet, la phobie scolaire.

À propos de l'auteur de cet article

Claire & Yoann

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Claire Karius @fillefan2bd & Yoann Debiais @livressedesbulles , instagrameurs passionnés par le travail des auteurs et autrices de bandes dessinées, ont associé leurs forces et leurs compétences, pour vous livrer des entretiens où bonne humeur et sérieux seront les maîtres-mots.

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