Lou, tome 8

Lou vole de ses propres ailes dans le tome 8 de ses aventures. Elle part seule sur les routes pour passer un été de rencontres. Encore un super-mega-génial-formidable-intelligent volume signé Julien Neel !

Lou n’est plus une toute petite fille. Maintenant adolescente débrouillarde, elle a eu l’autorisation de sa mère pour partir seule sur les routes. Elle s’arrête dans un petit village du Sud de la France. Elle cherche un endroit pour dormir et tombe sur Violette et Pyjama, un couple sympathique qui accueille toujours beaucoup de monde chez eux : une très belle auberge espagnole ! Tout de suite bien intégrée au groupe, Lou fait de superbes rencontres…

Nous avions découvert les premières pages de ce huitième excellent opus dans SuperTchô. Tout de suite, nous étions emballé par cette quête, cette envie de rencontres de Lou.

Que de temps a passé depuis le premier tome de cette magistrale série aux accents hyper réalistes ! De petite fille de huit ans, nous découvrons Lou, jeune femme. Julien Neel est un très grand auteur (on le dit rarement pour un auteur jeunesse/grand public, mais c’est vrai !). Il a réussi à évoquer dans sa série des sujets sociétaux contemporains toujours avec une infinie justesse. Tout sonne vrai dans Lou ! Il a réussi le pari de faire grandir son héroïne (c’est rare en bande dessinée) sans jamais perdre son lectorat, touchant d’autres lecteurs au fil des ans. Les fidèles de Lou ont grandi en même temps qu’elle; et ça c’est fort !

Dans ce huitième tome, amour, vacances estivales, ouverture aux autres, nostalgie et rencontres en tout genre, sont au cœur de cette belle conclusion de premier cycle.

On envie la simplicité et le naturel dont fait preuve Julien Neel dans sa narration ! En 15 ans, Lou est devenue l’amie des petits comme des grands : 3 millions d’exemplaires vendus en 7 albums, un film, une série animée, 20 traductions dans des langues étrangères, des goodies et deux prix à Angoulême ! Une sacré performance !

On attend avec impatience l’ouverture d’un nouveau cycle ! Lou : une série chouchou de la rédaction Comixtrip !!!

  • Lou, tome 8 : En route vers de nouvelles aventures
  • Auteur : Julien Neel
  • Editeur : Glénat
  • Parution : 21 novembre 2018
  • Prix : 10.50€
  • ISBN : 9782344023594

Résumé de l’éditeur :  Partez sur les routes avec Lou ! Pour Lou, il s’en est passé des choses depuis sa rencontre avec Tristan au tome 1 ! Après tous ces événements, toutes ces rencontre, Lou s’est émancipée, elle a grandi. Il est maintenant temps qu’elle apprenne à se connaître vraiment. Elle décide donc de partir seule, en road trip à l’aventure ! Car quoi de mieux que s’ouvrir au monde pour se découvrir soi-même ? Découvrez la conclusion de Lou ! – ou du moins, de sa saison 1 – dans un voyage initiatique doux et sensible où Lou prend son envol et se retrouve face à ses choix. Entre quotidien décalé, évocation des problématiques adolescentes et références à la popculture, Lou ! est une série attachante, mystérieuse, fascinante par sa créativité, à la fois atypique et pour autant l’une des BD les plus en phase avec son époque. Car les lecteurs ont grandi, ils ont évolué avec son héroïne et son créateur. En l’espace de 13 ans, Julien Neel s’y est affirmé comme un véritable auteur, capable de se surprendre et de surprendre ses lecteurs en se renouvelant constamment. Résultat : un succès mérité avec 8 tomes, près de 3 millions d’exemplaires vendus, deux prix au festival d’Angoulême, une série animée, un film au cinéma et des traductions dans près de 20 vingt langues ! Succès qui n’est pas prêt de s’arrêter puisque, comme le titre de cet album le suggère, Lou nous invite bientôt vers de nouvelles aventures…

Oscar et la baleine carrée

Une fois n’est pas coutume, Comixtrip vous parle d’un album jeunesse : Oscar et la baleine carrée, un récit de Florent Bénard et Jacques de Loustal.

Station balnéaire colorée au bord de l’océan. Oscar est étonné. Il vient de voir aux jumelles, une superbe baleine blanche carrée. Il en parle à son père qui ne le croit pas, à sa maîtresse pareil et une camarade d’école qui pense la même chose. Pourtant, il en est sûr, il n’a pas rêvé !

Très grand illustrateur (romans, albums ou bandes dessinées), Jacques de Loustal nous charme encore avec Oscar et la baleine carrée. Ses dessins colorés et son style reconnaissable au premier coup d’œil lui permettent de réaliser une partie graphique de premier ordre. Après Clichés d’amour, Kid Congo ou Les amours insolentes en bande dessinée, il régale les plus jeunes lecteurs avec des illustrations sur double-page sublimes. On aime Jacques de Loustal pour cela : une élégance, une poésie, un exotisme et une grande qualité dans son dessin.

Cette belle histoire de Florent Bénard joue sur les croyances enfantines, sur les rêves et sur les relations enfant/adulte. Comment ne pas être frustré lorsque les adultes ne nous croient pas ? Comment les convaincre ?

A la frontière de la poésie et du fantastique, Oscar et la baleine carrée, ravira les plus jeunes lecteurs !

  • Oscar et la baleine carrée
  • Scénariste : Florent Bénard
  • Dessinateur : Jacques de Loustal
  • Editeur : Les Arènes
  • Prix : 18€
  • Sortie : 03 octobre 2018
  • IBAN : 978-2352048800

Résumé de l’éditeur : Non Oscar n’a pas rêvé. Oui Oscar a bien vu un animal étrange, une baleine blanche et carrée. Personne ne le croit, alors il garde son secret jusqu’au jour où…

Les femmes dans le monde de Tintin

Rares, Les femmes dans le monde de Tintin peuvent pourtant avoir un rôle important dans les albums du reporter à la houppe. Renaud Nattiez s’est penché sur l’œuvre de Hergé pour brosser le portraits de ces personnages hergéens.

Après Le mystère Tintin les raisons d’un succès universel (Les impressions nouvelles) et Le dictionnaire Tintin (Slatkine-Honoré), Renaud Nattiez scrute l’univers du reporter d’Hergé pour définir au mieux les femmes qui y sont visibles.

Dès le début de ce petit ouvrage de 70 pages, le lecteur découvre un tableau reprenant quelques personnages féminins selon les titres des albums, viennent ensuite une préface de Philippe Goddin, archiviste attitré de Moulinsart et un avant-propos de l’auteur.

Il faut souligner que 70 pages suffisent parfaitement à recenser ces figures illustres tellement elles sont rares. La plus célèbre Bianca Castafiore joue un rôle non négligeable dès Le sceptre d’Ottokar. Elle aide même Haddock et Tintin lorsqu’ils sont en passe d’être découverts par Sponz dans L’affaire Tournesol. Il y aussi Peggy, la femme de Alcazar ou encore Mme Lampion, l’épouse du « casse-pieds ».

Souvent taxé de misogyne, Renaud Nattiez tente de réhabiliter Hergé en contextualisant son œuvre. Très caricaturales (Peggy qui tient la « culotte », les discrètes concierges, la mystérieuse Irma ou l’extravagante Castafiore), elles marquent néanmoins Tintin et ses amis.

Clair, simple et rapide à lire, cet essai ravira les amateurs d’Hergé et de Tintin. A noter, la sublime couverture signée Stanislas, un auteur trop méconnu du grand public mais ô combien talentueux !

  • Les femmes dans le monde de Tintin
  • Auteur : Renaud Nattiez
  • Editeur : Sépia
  • Parution : 24 octobre 2018
  • Prix : 15€
  • ISBN : 9782747098427

Résumé de l’éditeur : « Curieusement, alors que tout a été dit sur Hergé et Tintin, peu d analyses ont été consacrées aux femmes dans une oeuvre pourtant universelle. Cela signifie-t-il que cette moitié de l humanité est si peu présente dans les 24 albums qu il n y a rien à en dire ? L univers du petit reporter serait-il uniquement masculin ? Les héros qui le peuplent seraient-ils machistes au point de ne laisser aucune place à leurs homologues féminins ? Ce livre a pour ambition de combler cette lacune, en s interrogeant sur cette rareté, et de faire le point sur la pertinence de la critique la plus répandue à l encontre d Hergé (en concurrence avec le racisme !) : la misogynie du monde de Tintin… »

Simone, tome 1

Simone est l’amie d’une créature extra-terrestre, Maurice. Ils vivent des aventures humoristiques dans Simone, une très belle série jeunesse de Rémy Simard.

Premier tome de Simone est première belle réussite ! Nous avions découvert Rémy Simard par sa formidable série Boris, des albums sans texte à La Pastèque. Nous retrouvons l’auteur québécois dans un univers différent mais toujours aussi efficace et de grande qualité.

Deux amis : Simone humaine et Maurice extra-terrestre. Les gags en une planche s’enchaînent, c’est mignon et surtout très drôle (il faut le souligner car cela est rare en BD pour les tout-petits). Simone semble être la seule être humain de ce monde, tandis que l’on voir les parents et les amis de Maurice mais aussi tout un tas de créatures fantastiques.  Ce duo fonctionne parfaitement bien dans les bêtises comme dans les situations loufoques.

L’auteur de Mes Dinky (La Pastèque) met tout cela en musique par un dessin joyeux et coloré.

Simone : un début de saga prometteur et réussi ! La suite, vite !

  • Simone, tome 1 : Joli monstre
  • Auteur : Rémy Simard
  • Editeur : BD Kids
  • Parution : 03 octobre 2018
  • Prix : 8.95€
  • ISBN : 9782747098427

Résumé de l’éditeur : Dans l’univers extravagant de Maurice, les gens normaux sont des monstres, les brocolis sont vivants et Simone, avec ses cheveux blonds et son amour des fleurs, fait trembler de peur les habitants… Bienvenue dans les aventures hilarantes de deux amis vraiment très différents !

Madame, grand reporter

Madame grand reporter. Madame, féline espiègle de Nancy Pena, devient grand reporter. Ses (mes)aventures sont contées dans ce recueil de l’autrice française aux éditions La Boîte à Bulles.

C’est décidé, Madame veut entrer dans la congrégation des journalistes. Ni une, ni deux, elle se penche sur tous les sujets de société qui se sont déroulés entre l’été 2017 et l’été 2018 : fusillade dans une école américaine, Brexit, les grèves contre le changement de statut de la SNCF ou l’assassinat d’une journaliste maltaise, tout est l’objet d’un bon mot et d’humour.

Comme sa propriétaire, les portes du monde.fr lui sont grandes ouvertes par un blog Le chat Madame créé en 2015, à l’image de ses collègues Zep ou Martin Vidberg. Le ton est toujours enjoué, drôle et taquin. Il y a de l’amour et de la complicité entre Madame et Nancy.

Madame, grand reporter : un moment badin et rigolo pour se remémorer les actus plus ou moins essentielles de l’année écoulée. Drôle et tendre.

  • Madame grand reporter
  • Autrice : Nancy Pena
  • Editeur : La Boîte à Bulles
  •  Parution : 7 novembre 2018
  • Prix : 9.90€
  • ISBN : 9782849533215

Résumé de l’éditeur : L’appartement de Nancy, c’est bien, mais Le Monde c’est mieux ! Après avoir exprimé sa créativité féline dans les pattes de sa maîtresse, Madame revient dans un troisième tome en lien avec l’actualité, tout en humour et en jeux de mots. La verve toujours aussi vive, Madame décrypte et commente les grands titres avec lucidité, poésie et une logique aussi implacable que désopilante. Grève des cheminots, affaire du lait contaminé, réchauffement climatique, rien n’échappe à son oeil aguerri ni à ses griffes affûtées ! Toute l’actualité, même la rubrique des chiens écrasés !

Si Uté approuve, tome 1

Travailler sur un chantier ne suffit plus à nourrir la famille d’Ob. Il décide alors d’entrer dans les combines illégales de Luiss et c’est l’engrenage. Flush dévoile le premier volume de Si Uté approuve, un étonnant album d’anticipation.

Comme depuis plusieurs mois, Luiss tente de convaincre Ob de l’aider dans ses petits plans pour gagner un peu plus d’argent. Travaillant sur des chantiers en plein cagnard, le jeune homme décide de se laisser d’accepter. Une aubaine, depuis que sa copine lui a annoncé la très bonne nouvelle : ils vont être parents.

Futé et débrouillard, il est accepté par K-Loss, une organisation mafieuse du nom d’un grand bandit local Klos. Après avoir tatoué son allégeance sur son dos, il commence le boulot de petite main du caïd et à rapporter beaucoup d’argent. Sa copine se méfie. Surtout, il ne l’a pas prévenu qu’il a démissionné de son ancien travail…

Ancien élève au LISAA Paris Design graphic, Clément Thimonnier alias Flush signe ici sa premier bande dessinée. Il est indéniable que le récit et le dessin frappent fort. C’est prometteur et il y a du potentiel. Il avait deux histoires en tête, a beaucoup réfléchi et a réussi à en former qu’une seule. Il faudra trois ans pour la murir. Après un financement participatif, le projet peut enfin voir le jour et être signé par Cerises et Coquelicots dans le label Comics Art Café.

Prévue en deux tomes, cette très bonne série flirte avec l’anticipation, entre le réalisme des cités de nos jours mais aussi la mafia. Si parfois les enchaînements ne sont pas toujours fluides et certains plans moins lisibles, l’histoire est agréable et l’on passe un bon moment de lecture.

Le gros point fort reste le dessin. Toujours graphiste, Flush y imprime un véritable parti-pris audacieux et orignal dans les couleurs. Cela plait beaucoup ! Généreux dans les plans (trop ?), les décors fleurent bon les banlieues des grosses métropoles avec leurs interminables gratte-ciels et leurs caves minables. Les personnages ont de vraies trognes.

Leader avec son frère du groupe de funk Noflipes, ce graphiste a tout pour être un grand auteur demain ! D’ailleurs Patrice Leconte, qui s’y connait en BD, dit de l’album :  « J’ai lu ce matin cette BD si singulière, en tout cas très originale et personnelle. À une époque où beaucoup d’éditeurs et de créateurs se demandent comment renouveler l’univers de la BD, la réponse est en grande partie ici. Car, de façon très culottée, l’album s’écarte de tout ce qui est convenu, déjà vu, pour mettre en place un « système visuel » nouveau, avec des partis pris de couleurs, de cadres, d’explosion des cases, très gonflés et très efficaces aussi. En tout cas, tous ces partis pris osés donnent
à l’album une personnalité forte et unique ».

  • Si Uté approuve, tome 1 : 111 jours
  • Auteur : Flush
  • Editeur : Cerises et Coquelicots
  • Parution : 05 novembre 2018
  • Prix : 19€
  • ISBN : 978-2914880329

Résumé de l’éditeur :

J’étais plutôt dans mon élément là-haut,
Sauf qu’une fois en bas,
C’est pas ta paie qui te file le vertige.

Ça rapporte pas de construire leurs buildings,
Pas de quoi nourrir ta p’tite famille.

J’aurais jamais dû écouter Luiss,
M’intéresser à ses plans foireux,
Mais j’ai pas vraiment eu le choix.

Au début, je voulais la jouer petit bras,
Juste gagner un peu plus de tune,
Sauf qu’ils ont vu beaucoup plus en moi.

D’abord, l’organisation s’est approprié ma peau,
Pour y encrer ses noirs desseins…
Et après…

Obscurcia, tome 1

Alex tente de retrouver sa sœur happée dans un monde parallèle. David Boriau et Steven Dhondt imaginent Obscurcia, une série jeunesse science-fiction chez Delcourt.

Les cauchemars, ce n’est jamais agréable en pleine nuit pourtant cela fait partie intégrante des cycles de sommeil. Alex, adolescent de 12 ans, en fait pratiquement toutes les nuits. Un soir, Nina, sa sœur, se retrouve happée dans un monde parallèle. N’écoutant que son cœur, il décide d’aller la récupérer. Il découvre Obscurcia, le monde des cauchemars…

Après Death road et Inferni, David Boriau dévoile le premier volume d’Obscurcia, une belle série de science-fiction ado-adultes. Sans révolutionner le genre ni se démarquer narrativement, le lecteur est néanmoins accroché par ce récit plus profond qu’il n’y parait.

Si La brigade des cauchemars de Dumont et Thilliez reste la plus belle référence dans le monde des cauchemars, Obsurcia plait par la simplicité des propos et des personnages complexes. Alex va forcément grandir dans cette quête insensée. Tout de suite, il est mis à contribution et sa vie est en danger à cause de créatures fantastiques peu avenantes.

Le lecteur est surtout impressionné et charmé par la partie graphique de Steven Dhondt. L’auteur belge (Red Rider, Babyboem) invente un bestiaire SF de premier plan. Ses personnages sont beaux et son découpage d’une belle efficacité.

Obscurcia : une série en trois tomes rapprochés (janvier, avril) assez efficace. On attend plus de surprises et d’audace dans le deuxième volume.

  • Obscurcia, chapitre 1
  • Scénariste : David Boriau
  • Dessinateur : Steven Dhondt
  • Editeur : Delcourt, Hors collection
  • Prix : 15.95€
  • Sortie : 12 septembre 2018
  • IBAN : 9782413000143

Résumé de l’éditeur : Alex a 12 ans. Il fait beaucoup de cauchemars. Peut-être parce que sa mère est partie. Peut-être parce que son père est souvent absent. Il doit aussi s’occuper et prendre soin de sa petite soeur, Nina. Tout se passait bien jusqu’à cette nuit où l’esprit de Nina se retrouve alors piégé au pays d’Obscurcia, la terre des cauchemars. Pour tenter de la sauver, Alex va devoir passer de l’autre côté du miroir.

Stand still stay silent, tome 1

Après un fléau mortel qui a duré 90 ans, la Terre panse ses plaies. Les rares survivants tentent de rejoindre le Nord pour y vivre en communauté. Stand still stay silent conte le périple d’habitants différents, un album de Minna Sundberg.

Après 90 ans, la Rouille n’a pas réellement disparu mais il existe un traitement pour en guérir. Quelques survivants sont là alors que la maladie a décimé la majeure partie de la population mondiale. Le fléau a muté et la Terre a vu apparaître des créatures mythologiques.

Un groupe de personnes ne parlant pas la même langue tente de rejoindre les terre du Nord de l’Europe et plus particulièrement l’Islande qui a fermé ses frontières dès le premier jour de l’épidémie…

Très dense (voire parfois un peu trop), Stand still stay silent est un bel album d’aventure fantastique d’anticipation. Minna Sundberg a dans un premier temps publié son histoire sur Hiveworks Comics, une plateforme pour BD numérique (Blindspring, Robinson).

L’univers post-apocalyptique de l’autrice américaine est sympathique. Très réalistes, les décors nous semblent contemporains, comme si l’album se situait de nos jours. Elle a pris un grand soin à définir ses personnages par une personnalité riche. L’atmosphère est mystérieuse et tendue. Le gros point fort de ce récit de 328 pages est la partie graphique. Minna Sundberg livre de superbes planches aux couleurs froides de circonstance.

  • Stand still stay silent, tome 1
  • Autrice : Minna Sundberg
  • Editeur : Akileos
  • Parution : 24 octobre 2018
  • Prix : 32.50€
  • ISBN : 9782355743535

Résumé de l’éditeur :

90 ans ont passé depuis la grande maladie, et la plus grande partie du vieux monde a été oubliée et laissée à la merci des trolls, des bêtes et des géants. Une petite équipe d’explorateurs nordiques se lance dans la première mission de recherche officielle. Ce premier tome est une aventure post-apocalyptique pleine d’insouciance et d’amitié, de magie, de drame et d’un peu d’horreur, le tout imprégné d’éléments de la mythologie nordique

Heimat, loin de mon pays

Immigrée allemande à New-York, Nora Krug raconte son passé, ses racines, ses ancêtres et son sentiment d’appartenance à la nation allemande dans Heimat, un excellent album Gallimard.

Délicat à définir par un unique mot, Heimat désigne à la fois le pays où l’on nait, l’endroit où l’on a grandi mais aussi la demeure où l’on a passé son enfance.

Entre nostalgie, désir de connaître ses racines, Nora Krug tente de se construire une identité dans ce roman graphique fort et singulier. Original dans sa forme, l’album allie les clichés photographiques, les découpages, les illustrations et les textes qui prennent une grande place dans les planches.

Pour comprendre d’où elle vient, Nora Krug nous livre ses sentiments et ses recherches dans des pages comme si elle tenait son journal intime.

Dans une Allemagne où il est toujours délicat d’interroger le passé de chacun pendant la guerre, cette autrice née en 1977 tente de recoller les morceaux du grand puzzle familial. Elle ne sait pas qui sont ses grands-parents et surtout comment ils se sont comportés sous le IIIe Reich.

Elle interroge les survivants ou les descendants et échafaude des hypothèses pour tout connaître. Willi (1902-1988), son aïeul, a bien pris sa carte au NSDAP (parti nazi). En observant avec attention les archives américaines, elle découvre un être horrible : antisémite, il avait pour mission d’aryaniser les entreprises juives.

Comment ne pas culpabiliser, quand bien même elle est née 30 ans après la fin du conflit. Comment se situer dans la société, la vie lorsque l’on apprend de telles choses ? Fardeau, honte, résilience ou pardon, tels sont les cheminements évoqués par Nora Krug tout au long des pages.

Nommé en Sélection officielle à Angoulême 2019, Heimat est un livre fort, bouleversant et prégnant sur le devoir de mémoire, sur l’Histoire et sur la construction de soi. Superbe !

  • Heimat, loin de mon pays
  • Autrice : Nora Krug
  • Editeur : Gallimard
  • Parution : 18 octobre 2018
  • Prix : 32.50€
  • ISBN : 9782070663156

Résumé de l’éditeur : Depuis toujours, Nora Krug ressent que le simple fait d’être citoyenne allemande la relie à l’Holocauste, la dépossédant d’un quelconque sentiment d’appartenance culturelle. Après douze ans passés aux États-Unis, et alors qu’un non-dit plane sur la participation de sa propre famille à la guerre, elle part à la recherche de la vérité… Entre bande dessinée et album photo, une enquête intime stupéfiante au coeur de l’Allemagne nazie.

The art of splatoon

Sorti sur Wii U en 2015, Splatoon est un jeu vidéo a succès. Les éditions Soleil ont publié une déclinaison en manga signée Sankichi Hinodey. Aujourd’hui, la maison d’édition propose The art of Splatoon, un très bel artbook.

Déjà 3 volumes du manga Splatoon et 30 000 exemplaires vendus en France ! L’histoire de Sankichi Hinodey décline en dessin les combats épiques autour de la peinture. Ce manga a été prépublié depuis février 2016 dans Bessatsu CoroCoro Comics.

Au prix de 34.99€, l’artbook issu de cet univers de jeu vidéo est en librairie depuis le 14 novembre, prolongeant ainsi le monde de joueurs s’éclatant autour de compétitions de tirs à la peinture. Ce bel ouvrage de 328 pages est composé de 5 grands chapitres :

  • Artwork : illustrations 2D et 3D de couvertures, de joueur, de cartes diverses, de portraits, pour Splatune, de générique de fin du monde Histoire, promotionnelles, de coffrets…
  • Créatures vivantes : calamars, octariens, filles, garçons, Anne & Mone, Amiral Macalamar, Charbitre, Cartouche, G. Latineux, Omar, Kipik…
  • Armes et accessoires : armes principales, armes spéciales et galeries d’images, casquettes, chapeaux, lunettes, bandeaux, vêtements (hauts, chaussures)
  • Monde : Octavallée, Mine-marine, Passage turbo, Tours girelle, Hippo-camping, docks, documents mystérieux, graffitis et design de joueurs
  • Bonus

The art of Splatoon : un cadeau de Noël idéal pour tous les amateurs de jeux vidéo, d’amateurs de Splatoon et de geeks.

  • The art of Splatoon
  • Auteur : Sankichi Hinodey
  • Editeur : Soleil Manga & Nintendo
  • Parution : 14 novembre 2018
  • Prix : 34.99€
  • ISBN : 9782302072695

Résumé de l’éditeur : The Art of Splatoon contient 320 pages d’incroyables illustrations 3D et 2D de vos personnages préférés, des cartes, des concepts arts, les designs des armes et équipements, scénarios, croquis, bandes dessinées… et bien plus encore. Bref, c’est le must-have pour tous les fans du jeu vidéo à succès de la Wii U, Splatoon ! Quand y en a marre y a calamar !!!

Bledard sur seine, tome 1

Quasi 600 pages pour raconter Bledard sur Seine, une cité imaginaire mais ô combien juste par Leni Malki. Toutes les communautés vivent dans ces lieux où la vie est omniprésente. Une belle surprise BD !

Très jeune auteur de 23 ans, Leni Malki impressionne les lecteurs de Bledard-sur-Seine par son gigantisme, sa folie, ses 200 personnages et cet univers urbain de très grande qualité. Mention très bien à l’ESAG Penningen 2017, ce projet transmédia fascine par la qualité de ses propos et sa justesse d’écriture.

En plus de cette très bonne histoire, il y a 20 inserts (journal…) et cinq films d’animations – faits par Leni Malki – en ajout dans l’album via des QR Codes. En plus de cela, il existe un escape game non loin de Cluny-Sorbonne : 1h30 de jeux pour sortir de ce lieu unique en France et décliné de la bande dessinée.

A Penningen pendant 5 ans, Leni Malki apprend son métier et plus particulièrement de directeur artistique. Cela se ressent d’ailleurs dans ce premier très bon volume. Il sait, il connait les rouages du métier et apporte de suite ce que les lecteurs attendent. Il y a du design mais aussi beaucoup de communication, de pub qui cognent fort pour présenter les personnages et les situations.

Dans Bledard-sur-Seine, il donne sa vision de la banlieue, une convergence de plusieurs cités ou villes de Paris. Pourtant tout cela sonne très juste. Il met en lumière ces anonymes, ces milliers de personnes dont personne ne se soucie. Ils sont tous là, ceux qu’il côtoie depuis tout-petit. Les Bledards sont forts, ils sont nombreux et veulent aussi jouer un rôle dans la société.

  • Bledard sur Seine, tome 1 : Le bâtisseur de nuages
  • Auteur : Leni Malki
  • Editeur : Michel Lafon
  • Parution : 11 octobre 2018
  • Prix : 49.95 €
  • ISBN : 9782749936079

Résumé de l’éditeur : Et si Bledard-sur-Seine existait réellement ? LENI MALKI, au travers de ses 200 personnages, peint une cité aux portes de Paris où toutes les communautés tentent de vivre ensemble. Les gitans, les blacks, les Russes, les beurs, les feujs, etc. La débrouille, les petites combines, les deals, chacun survit à son rythme. Au fil des 600 pages, les portraits se succèdent, hauts en couleur, et le lecteur passe des niveaux, comme dans un jeu vidéo. 20 goodies se cachent au milieu des portraits : ici les inventions pourries du professeur Shlaggo, là le programme du cinéma russe « Prietzny », ou encore l’incroyable « petit journal de Zord », sans oublier les QR codes, qui raviront les fans de dessins animés, dont l’animation et la musique sont réalisées par Leni Malki, l’homme-orchestre de cette oeuvre atypique.

L’Homme invisible, le chef d’oeuvre H.G. Wells en bande dessinée

Notre avis : L’adaptation du célèbre roman de H.G. Wells L’Homme invisible publié en 1897 est une vraie réussite avec une partie graphique somptueuse et un sens du détail incroyable.

Londres, octobre 1866, une naissance est en cours dans la maison des Griffin. Un garçon, un héritier, naît sous les yeux de son père. Mais lorsqu’il le voit, il s’aperçoit qu’il est différent. Très différent. La peau très blanche, des yeux rouges, un début de cheveux blancs, bref un enfant anormal. Et cette différence ne disparaît pas en grandissant. Persécuté par ses pairs, renié par son propre père, le jeune Jack Griffin est la cible de quolibets et de jets de pierres constants. Les gens détournent le regard en le voyant, personne n’ose l’approcher. Scientifique dans l’âme, il réussit à trouver une formule qui le rend… invisible.

Lui qui a toujours voulu fuir ces regards, le voici indétectable. Seulement être invisible a quelques inconvénients, qui se font vite ressentir. Jack n’a d’autre choix que de trouver une autre solution. Sans le sou, il doit constamment fuir, et finit par se retirer dans un hôtel à la campagne, où un homme vêtu de bandages, afin de le rendre visible aux yeux des autres, ne passe pas vraiment inaperçu, surtout au moment où Jack l’éventreur sévit dans les rues de la capitale.

Le premier tome de la série est à la fois magnifique graphiquement, fidèle au célèbre roman de science-fiction, mais aussi parfaitement différentiable et offre aux lecteurs une plongée dans le Londres du XIXème siècle absolument fascinante. Une bande dessinée à découvrir aux éditions du Long Bec (El Boxeador, Max les années 20).

  • L’Homme invisible tome 1/2
  • Auteur : Pontarolo d’après l’oeuvre de H.G. Wells
  • Editeur : Editions du long bec
  • Parution : 19 septembre 2018
  • Prix : 17 €
  • ISBN : 9791092499957

Résumé de l’éditeur : Un étranger décide de poser ses valises dans un hôtel situé dans le tranquille et petit village d’Ipen. Les habitants sont très vite perturbés par la venue de ce mystérieux scientifique qui cache sans arrêt son visage et préfère la solitude. Et lorsqu’ils découvrent que sous ses innombrables bandages se cache en réalité un homme invisible, ils prennent peur et décident de le chasser. Mais il reviendra pour se venger… Le paisible village ne va pas tarder à se retrouver hanté par un esprit rempli de haine.