La craie des étoiles

Notre avis : Une craie magique qui ouvre des portes vers des continents à Max, voici le propos de La craie des étoiles, un album jeunesse signé Raphaël Drommelschlager aux éditions Bamboo.

Max se fait une joie de passer l’été chez Mashka, son arrière-grand-mère. Il faut dire qu’elle possède une immense bibliothèque qui donne envie de lire. Essayant d’atteindre celui le plus haut, le petit garçon se retrouve les fesses dans le canapé avec en main le journal de bord de Théophile, l’arrière-grand-père. Explorateur, aventurier et globe-trotteur, l’homme a voyagé dans de nombreux pays au 19e siècle. En cherchant dans ses affaires enfouies dans une malle au grenier, Max découvre une craie magique, qui lui permet d’avoir des portes vers de lointains pays.

Tout d’abord attiré par une très belle couverture lumineuse et l’assurance de voyager, rapidement on est déçu par le résultat de La craie des étoiles. Si l’ouverture vers un monde parallèle par un enfant est un processus narratif très utilisé dans les albums jeunesse – ce n’est donc pas d’une folle originalité – même si les pays traversés donnent envie : Chine, Canada, Inde et Pérou. L’ouvrage pour enfants pêche par une partie pédagogique trop présente et surtout mal amenée dans le récit : à chaque fois que Max croise un animal, celui-ci décline ses caractéristiques comme un catalogue, ce qui alourdit le récit et fait oublier les intrigues des mini-histoires plutôt intéressantes et le dessin.

Dommage parce que la partie graphique est très réussie, rythmée par un découpage punchy, des animaux très réalistes et de sublimes couleurs.

A noter qu’un cahier de 8 pages reprenant les animaux croisés dans l’album est adossé à l’album. Ce dossier a été créé avec l’aide du Zoo Parc de Beauval.

  • La craie des étoiles

  • Auteur : Raphaël Drommelschlager

  • Editeur : Bamboo

  • Prix : 10,90€

  • Parution : 09 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Dans le grenier de ses grands-parents, Max découvre une craie magique ayant appartenu à un aïeul aventurier. Il lui suffit désormais de dessiner une porte puis de la franchir pour se rendre instantanément à l’autre bout de la Terre ! Ce garçon curieux et plein d’entrain peut ainsi explorer les pays lointains et rencontrer les gens et les animaux qui les peuplent. De la Chine au Pérou en passant par le Canada ou l’Inde, suivez Max au fil de ses aventures mouvementées à la découverte des plus beaux pays du monde.

 

Mara #4 Les larmes de l’oubli

 Notre avis : Cosimo Ferri signe une nouvelle enquête policière érotique pour sa délicieuse héroïne Mara. Dans ce quatrième volume Les larmes de l’oubli, l’auteur italien, originaire de Taranto, met en scène Mara qui essaie par tous les moyens de faire revenir à la vie sa tendre amie Elisa.

Mara, 29 ans, est écrivaine de romans policiers, passionnée de cas non résolus. Pour mener à bien ses projets éditoriaux, elle mène l’enquête et, souvent, démasque l’auteur des crimes. Mais c’est là que se révèle la face sombre de la jolie jeune femme : N’ayant aucune confiance dans la justice des hommes, elle décide d’être la main de Dieu et de châtier elle-même le coupable. Belle et désinhibée, elle sait fort bien attirer sa proie vers la toile qu’elle tisse tout au long de l’histoire. D’où vient cette soif de justice ? Quelle épreuve peut bien transformer une jeune femme joyeuse, douée et jolie en sinistre exécutrice ? Sans doute un secret qu’elle cache tout au fond de sa mémoire.

Dans ce quatrième volet, le lecteur retrouve Mara, blessée par la balle de Giovanni en transe après un cauchemar où Elisa, son ex-petite amie était là dans un cercueil. Elle le sent, elle n’est pas morte; la voilà donc en quête de la retrouver. Mais avant, elle doit écouter avec effroi la volonté de quelques personnes de trouver l’élixir de l’immortalité.

Comme les précédents volumes, Cosimo Ferri propose un album pour adultes avec une vraie trame policière, pas uniquement un livre érotico-pornographique. Si en effet, il est émaillé de scènes de sexe parfois rudes et hard mais la volonté de Mara de découvrir la vérité est aussi très intéressante. Les planches sont d’une belle qualité, simples et plutôt sensuelles.

  • Mara, tome 5 : Les larmes de l’oubli
  • Auteur : Cosimo Ferri
  • Editeur : Tabou BD
  • Prix : 15€
  • Sortie : 05 février 2016

Résumé de l’éditeur : Après avoir découvert l’existence d’une société secrète, Mara est plongée entre la vie et la mort. Torturée par des souvenirs démoniaques, elle s’accroche au doux souvenir de sa tendre et bien-aimée Élisa. Arrivera-t-elle à revenir d’entre les morts et à sauver son amie ? Saura-t-elle faire face à ce passé si douloureux ? Parviendra-t-elle à sécher ses larmes et à oublier ? Une nouvelle enquête policière pour la délicieuse Mara !

Kuro, un cœur de chat #5

Notre avis : Les éditions Kana dévoilent le cinquième volume de Kuro un cœur de chat, un manga animalier de Sugisaku. Le lecteur découvre l’histoire de ce petit chaton et Chinko, issus d’une grande portée, abandonnés et recueillis par Monsieur Hige.

Chez les japonais, les chats tiennent une place à part, presque vénérés, tel le chat porte-bonheur et sa patte en l’air (Maneki-neko) que l’on place à l’entrée des magasin pour inviter les clients à entrer. De plus, à Tokyo, le félin est le symbole de la protection des enfants. Il était donc normal que les mangakas s’accaparent ce phénomène, important depuis une dizaine d’années. Parmi les innombrables productions japonaises, il y a de très bonnes séries comme Chi (Glénat) et maintenant Kuro un cœur de chat.

Publiée à partir de 2001 par Kôdansha, la série comprend déjà 9 volumes au Japon. C’est donc Kana qui a décroché la licence de cette belle saga animalière. A la fois tendre et douce, l’histoire de Sugisaku est composée de petites scénettes courant sur deux pages à chaque fois. La grande originalité de Kuro, c’est que le narrateur est le chaton lui-même, ce qui incarne fortement la série et convient parfaitement aux enfants. Ce manga familial est pourtant assez réaliste, puisque rien n’est oublié, même les moments les plus délicats de la vie du félin.

Le trait en noir et blanc de la mangaka est original. Les planches composées aux pinceaux mettent en avant les animaux et les personnages d’une belle manière.

  • Kuro, un cœur de chat, volume 1
  • Auteur : Sugisaku
  • Editeur : Kana, collection Made In
  • Prix : 12.70€
  • Sortie : 05 février 2016

Résumé de l’éditeur : Abandonnés peu après leur naissance, Kuro et sa soeur sont recueillis par M. Hige. S’accoutumer au quartier, tisser des liens d’amitié et de rivalité… Une nouvelle vie commence !

Dans ta bulle

Notre avis : Domas, auteur de bande dessinée, raconte sa vie, ses amitiés et ses amours dans l’album Dans ta bulle. Ce recueil est l’intégrale composée de ses 3 précédentes publications : Litost (2008), 3 minutes (2009) et Souvenirs de moments uniques (2011), édité par La Boîte à Bulles.

Né en juin 1973, Domas (Dominique Malinas) est un auteur de bande dessinée. Après une maîtrise en mathématiques, il débute sa carrière en illustrant dans des revues telles que Le journal de Mickey, Télé 7 jeux ou encore Echo Magazine. Entre 2000 et 2006, il participe au projet 2 gars 2 mars signé Bruno Bessadi et publié dans Marseille l’hebdo. Il met en image des albums dont notamment Voltige et Ratatouille T.6 (éditions 13 étrange, 2000), La vie en rouge (deux tomes en 2005, La Boîte à Bulles), Tels pères, telles filles (Vents d’Ouest en 2011) ou encore Le petit chaperon rouge (Bamboo, 2012).

Pour cette intégrale, les éditions La Boîte à Bulles a regroupé les 3 albums autobiographiques de Domas qu’il livre avec beaucoup de pudeur, de la distance mais sans filtre. Avec Dans ta bulle, Il ne s’épargne rien et ne cache rien, même s’il n’a pas le beau rôle. A la fois sensible et intimiste, il dévoile les instants importants de sa vie : les moments de solitude lorsqu’il est plus jeune, sa rencontre avec son premier amour, son emménagement avec elle et la fin de son histoire – il retrace sa vie avec elle sous forme d’un carnet de bord – et arrive à faire ressentir les émotions à son lectorat. Il décline aussi les moments avec son et sa meilleure amie et le début de leur idylle.

Dans 3 minutes, il dévoile quelques instants de sa vie professionnelle mais surtout sa lente montée du désir pour Coquillage et cette attirance mutuelle.

A noter que les éditions La Boite à Bulles publient le nouvel album de Domas, la suite de Dans ta bulle, Le syndrome du petit pois (Max et Coquillage sont maintenant mariés et parents d’une petite fille. Ils attendent leur deuxième enfant, leurs vieux amis sont toujours là et le travail ne manque pas. En somme, tout serait parfait si un point noir ne venait entacher leur quotidien : Marie, la mère de Max, souffre du syndrome de Benson. Oublis fréquents, perte de repères, diminution des capacités intellectuelles… Pour Max, cette nouvelle réalité est dure à accepter car sa mère n’a plus rien de la femme qu’il a connue).

Pour connaître un peu plus l’univers de Domas, vous pouvez parcourir son blog : http://domas.over-blog.com/

  • Dans ta bulle
  • Auteur : Domas
  • Editeur : La Boîte à Bulles
  • Prix : 32€
  • Parution : 3 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Recueil de tranches de vie et de moments intimes, Dans ta Bulle laisse une porte ouverte sur le coeur et les émotions de son héros.

Cette intégrale raconte les histoires d’amour et d’amitié de Domas, sa rencontre avec Coquillage ainsi que les mille et un détails du quotidien qui sont autant de petits bonheurs disséminés dans la mémoire. Au gré de son trait virtuose, se dessinent toute la douceur et la légèreté que peut avoir la vie. Un ouvrage sensible et intimiste dont les récits ont inspiré le spectacle éponyme, comédie romantique qui mélange théâtre, dessin et musique et sillonne la France depuis 2011.

 

Capa, l’étoile filante

Notre avis : L’un des photographes les plus connus au monde, Robert Capa a eu une vie romanesque. Florent Silloray propose de suivre les exploits de celui qui sera le pionnier du photojournalisme, à travers son album Capa l’étoile filante aux éditions Casterman.

Après l’excellent album Omaha Beach 6 juin 1944 (de Jean-David Morvan et Dominique Bertail, Dupuis & Magnum), la bande dessinée se prend d’amour pour Robert Capa. Si le premier album se concentrait avant tout sur les préparatifs, le photographe sur le théâtre du front en Normandie, les 6 célèbres photos et leur publication, le récit de Florent Silloray s’attache à une période plus longue de la vie de celui qui naîtra en 1913 en Hongrie sous le nom de Endre Friedmann (il prendra le pseudonyme de Capa en référence à Franck Capra); puisque l’auteur du Carnet de Roger démarre son histoire en 1936, juste avant que le futur grand photographe parte pour l’Espagne et le conflit entre les Républicains et les Franquistes.

Solidement documenté, le récit retrace donc son existence alors qu’il est déjà adulte, soit les 20 dernières années de sa vie. Le lecteur croise ainsi Gerda sa femme,  fondatrice de l’agence Capa. Il retrouve Capa en Espagne, en Normandie et bien sûr au Vietnam où il trouve la mort en 1954 en sautant sur une mine à Dien -Bien-Phu. De manière très (trop ?) classique, Florent Silloray mène à bien son projet, intéressant, bien écrit mais qui ne fait pas ressentir toute la fougue de l’aventure liée aux moments intenses de l’existence de Capa. Son trait réaliste est quant à lui bien trop figé pour apporter du rythme et de la vie à ses planches.

  • Capa, l’étoile filante
  • Auteur : Florent Silloray
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 17€
  • Parution : 13 février 2016

Résumé de l’éditeur : Robert Capa dresse le bilan d’une vie passée à couvrir les champs de bataille du monde entier. Loin de l’image de tête brûlée qui lui colle à la peau et qui a fait de lui une légende du photojournalisme, il se raconte sans fard et dévoile la blessure originelle qui a décidé de toute son existence…

Collection Patte de Mouche

Notre avis : Les éditions L’Association ont créé en 1986, une petite collection, Patte de Mouche, qui cette année fête donc ses 30 ans. Parmi les dernières nouveautés de ce label, le lecteur a pu découvrir : La dernière séance de Masse, Les 24h de la BD dinner – breakfast – lunch de Lewis Trondheim, J’ai été sniper de Edmond Baudoin et Personne ne sait que je vais mourir de Matthias Lehmann.

COLLECTION PATTE DE MOUCHE

La collection Patte de mouche se caractérise par son format tout petit (A6 soit 10.5*15 cm), son nombre de pages (24) et le noir & blanc. Ces contraintes techniques permettent à l’auteur de se concentrer sur un aspect de son travail. Il y a eu 4 séries dans ce label :

  • En 1986 : 4 titres dont L’accident de Meder de Jean-christophe Menu ou Riche & Célèbre de Thiriet
  • En 1986 et 1987 : 10 titres dont L’amant de Jean-Claude Götting ou Ektor de Mokeit
  • Entre 1991 et 1994 : 21 titres dont La mutation Marc-Antoine Mathieu, La bombe familiale de David B ou La clef des champs de Killofer
  • Celle actuelle : dont Petit trait de Baladi ou Splendeur & misères du verbe de Ibn Al Rabin

J’AI ÉTÉ SNIPER

Dans ce petit fascicule, Edmond Baudoin dévoile un petit secret (lourd pour lui finalement) qui a marqué sa vie : il a été sniper. Lors de son service militaire long pendant la Guerre d’Algérie, l’auteur de Rêveurs lunaires (avec Cédric Vilanie, Gallimard) testa le tir au fusil et s’avèra être le meilleur. Il fut alors entrainé de manière intensive à être tireur d’élite…

L’on sent dans son récit que cette période ne fut pas très bonne pour Baudoin. Redevenu civil, il se refusera à toucher de nouveau à un fusil. Cet aspect autobiographique de sa vie, il la résume avec de l’habileté et une grande pudeur. Son style graphique – toujours à son zénith – est encore une fois un émerveillement.

PERSONNE NE SAIT QUE JE VAIS MOURIR

Raymond est un vieil homme vit dans un maison seul. Le seul petit bonheur qu’il s’octroie : fumer le cigare, qui lui pose néanmoins quelques petits tracas gastriques. Un jour que des nuages à perte de vue envahissent sa demeure, Pénélope sa fille et son compagnon viennent lui rendre visite…

Le récit de Matthias Lehmann est construit comme une petite fable absurde, cynique teintée d’humour noir. Dans son style graphique singulier mais d’une grande beauté, l’auteur du remarquable La favorite (Actes Sud) dévoile une belle histoire contenant une fin étonnante.

  • J’ai été sniper
  • Auteur : Edmond Baudoin
  • Editeur : L’Asscociation, collection Patte de mouche
  • Prix : 3€
  • Parution : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Au début des années soixante, Edmond Baudoin est appelé pour faire son service militaire, il est incorporé chez les hussards à Orléans. Même si la fin de la guerre est proche, l’armée française continue ses opérations en Algérie. Il sait qu’il devra tôt ou tard partir pour combattre, mais la feuille de route pour le départ n’arrivera jamais. Alors que ces camarades sont déjà sur place, il apprend qu’il n’ira pas, ses supérieurs ayant décidé de mettre à contribution ses qualités exceptionnelles de tireur d’élite dans des concours. J’ai été sniper retrace les souvenirs de l’auteur là où l’on ne l’attendait pas, lui qui préfère vraisemblablement ses pinceaux aux fusils.

  • Personne ne sait que je vais mourir
  • Auteur : Matthias Lehmann
  • Editeur : L’Asscociation, collection Patte de mouche
  • Prix : 3€
  • Parution : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Raymond le grand-père dépressif, accroc aux cigares, Pénélope la petite fille prévenante et Frédéric l’amant un peu gauche prennent tranquillement le thé alors qu’un étrange brouillard entoure la maison. L’ambiance est lourde, la mort rôde. Personne ne sait que je vais mourir est un conte absurde et onirique réalise sous contrainte par Matthias Lehmann durant les 24 heures de la bande dessinée de Bruxelles en 2012.

The woods #1

Notre avis : Que faire et comment réagir si son lycée est transporté à des années-lumières de la Terre comme par magie ? The woods conte cette étrange histoire signée Michael Dialynas sur un scénario de James Tynion IV aux éditions Ankama.

Lycée de Baypoint, Milwaukee, Winsconsin. Les élèves vaquent à leurs occupations tandis que M. Beaumont, le proviseur, a du mal à imposer son autorité. Cet établissement sans problème va basculer dans l’horreur et un monde parallèle à la suite d’un grand tremblement de terre suivi d’une forte lumière. Sans le vouloir et sans savoir pourquoi, il se retrouve isolé dans une forêt peuplée de créatures dangereuses. Si le chef du lycée demande aux élèves de ne pas s’aventurer à l’extérieur, un petit groupe désobéit, avec à sa tête Adrian, geek et qui semble détenir des informations sur les événements. Il est composé de Benjamin le colosse, Isaac le timide, Calder le blagueur, Karen et Sanami les joueuses de hockey sur gazon. Ils décident de suivre l’indication d’une flèche en béton…

Survival assez intéressant, le récit de James Tynion IV est un thriller de science-fiction où le lecteur croise pêle-mêle des créatures pas si terrifiantes que ça et des hommes costumés. Les maladies générées par les monstres, les antidotes, les blessés ou les victimes se multiplient au fil des pages. Ce petit groupe d’élèves semblent lui un peu caricatural (un fort, un faible, un petit rigolo, des filles casse-cou…) mais les autres personnages secondaires comme le proviseur, le professeur de sports ou Maria, présidente du bureau des élèves, ont une plus gros potentiel et surtout sont mieux cernés. De plus, le lecteur a du mal à entrer dans cette histoire – un peu trop classique – et peu surprenante. Prévue en 9 tomes, le récit est en cours d’adaptation télévisée chez Universal.

La partie graphique de Michael Dialynas est quant à elle, le point fort de The Woods. Le dessinateur grec qui travaille aussi sur des séries comme Spera ou Amala’s blade propose des planches très réussies au découpage d’une grand dynamisme.

  • The woods, volume 1/9
  • Scénariste : James Tynion IV
  • Dessinateur : Michael Dialynas
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 18.90€
  • Sortie : 04 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Le 13 octobre 2013, 437 étudiants, 52 professeurs et 24 membres du personnel de l’école de Bay Point à Milwaukee disparaissent sans laisser de traces. À des années-lumière, bien au-delà des frontières de notre système solaire, ces 513 personnes se retrouvent au milieu d’une étrange forêt primaire. Où sont-ils ? Pour quelle raison ont-ils été amenés ici ? Les réponses seront difficiles à trouver et surtout, à croire…

Points de chute

Notre avis : Chris, James, Alex et Fliss sont amis et/ou en couple et vivent des aventures sentimentalos-amicales dans Points de chute, un album de Andi Watson aux éditions çà et là.

James et Chris vivent en coloc. Ce dernier, chroniqueur de films pour le web sort avec Alex, tandis que son pote est amoureux de Fliss. De leur côté, les deux filles habitent le même appartement. Sans rien lui dire, James propose à Chris de sortir. Sa seule obligation : cravate et chemise. En effet, il l’emmène à l’enterrement d’un de ses anciens amis. Là, le passionné de cinéma rencontre fortuitement Una, la veuve du défunt. Attiré par la jeune femme, il la voit alors de plus en plus souvent et délaisse alors Alex…

Né en 1963 en Grande-Bretagne, Andi Watson débute sa carrière avec la série Samurai Jam en 1993. Il la poursuit avec Skeleton key et Geisha. Son œuvre est découverte en France grâce à l’éditeur çà et là et notamment Slow news day, Ruptures ou Little Star. Avec Points de chute, il propose une chronique sociale chorale, portée par un groupe d’amis, rythmée par les sorties, les souvenirs et les couples. L’arrivée de Una dans la vie de Chris bouleverse ses habitudes et fait voler en éclat sa relation avec Alex. Trentenaires agissant parfois comme des adolescents, la petite bande réagit parfois en s’emportant au gré des tensions voire des non-dits. Néanmoins pour le lecteur, il est difficile d’entrer dans ce récit, d’y prendre part et de se sentir vraiment concerné; la faute à la trop grande concision des dialogues, quasi mécanique. Ces échanges trop secs n’apportent pas de chaleur à l’histoire. Dommage parce que la thématique de départ est excellente, que les protagonistes sont intéressants et que le dessin de Andi Watson possède un seul trait d’une grande lisibilité, le tout agrémenté d’une teinte de vert bien sentie.

  • Points de chute
  • Auteur : Andi Watson
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 16€
  • Sortie : 22 février 2016

Résumé de l’éditeur : A Londres, Chris vit en collocation avec James, tandis que leurs petites amies respectives, Alex et Fliss, partagent elles aussi un appartement. Chris connaît ces trois-là depuis quelques années mais eux se fréquentent depuis le lycée, d’où un lot d’anecdotes communes et une complicité dont il se sent parfois exclu. Un jour qu’il accompagne James à un enterrement, Chris fait la rencontre d’Una, qui semble avoir été liée au trio par le passé. Intrigué par cette jeune veuve dont ils ne parlent que du bout des lèvres, il va la revoir et tenter d’en savoir davantage sur elle. Sensible et doux-amer, Points de chute chronique les fluctuations des sentiments amicaux et amoureux de ces jeunes adultes à l’heure des premiers grands engagements.

La petite patrie

Notre avis : Quartier populaire de Montréal, La petite patrie est un très beau lieu de métissage et de vie extraordinaire. Normand Grégoire, accompagné aux dessins par Julie Rocheleau, adapte librement le roman autobiographique éponyme de Claude Jasmin publié en 1972, succès immense en librairie. Cette version dessinée est éditée par La Pastèque.

1939, Montréal, La petite patrie. Les mères au foyer sont affolées; elles viennent d’apprendre le début de la Seconde Guerre Mondiale. Loin de ces considérations d’adultes, Claude et ses amis continuent de jouer comme si de rien n’était. Leur vie, elle se résume au restaurant tenu par le père du jeune garçon, le vendeur ambulant de légumes ou M. Chung, le blanchisseur qu’ils charrient, mais aussi les après-midis jeux chez Dédé le millionnaire qui a une mère très belle. C’est aussi le début des premiers émois amoureux ou du vin de messe bu en cachette.

L’adaptation du roman par Normand Grégoire est une très belle chronique sociale du Canada des années 30. Il faut souligner que l’écrit du romancier est idéal pour brosser le portrait de ce lieu formidable qu’est La petite patrie. Endroit des plus grandes joies et des grandes peines des enfants, la vie est plutôt douce alors qu’un grand événement se déroule à des milliers de kilomètres de là, en Europe. L’histoire transpire de nostalgie, un temps révolu mais important pour Claude Jasmin. Les bagarres, les blagues et les premières baisers, le lecteur ressent cette belle naïveté, loin des préoccupations des adultes.

La très grande force de l’album réside dans sa partie graphique portée par une Julie Rocheleau au sommet de son art. La jeune dessinatrice (La fille invisible ou La colère de Fantômas dont Comixtrip avait dit le plus grand bien) propose des planches dans un style reconnaissable entre tous. Son trait audacieux et  d’une belle lisibilité est agrémenté de teintes vertes et rouges du plus grand effet.

  • La petite patrie
  • Scénariste : Normand Grégoire, d’après le roman de Claude Jasmin
  • Dessinatrice : Julie Rocheleau
  • Editeur : La Pastèque
  • Prix : 21€
  • Sortie : 03 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Publié en 1972, La petite patrie de Claude Jasmin est un roman autobiographique québécois qui a connu un vif succès. Chronique d’un quartier populaire de Montréal, il nous offre le regard d’un enfant de huit ans sur le monde qui l’entoure à l’aube des années 40 : la guerre, la religion, les jeux de ruelles, l’amour et la mort… Julie Rocheleau et Normand Grégoire nous offre une adaption du populaire roman de Claude Jasmin, un livre qui nous rappelle notre enfance et l’insouciance qui s’y rattache.

Détectives #5 Frédérick Abstraight

Notre avis : Dès les premiers titres de la série Détectives Miss Crumble (dessiné par Guinebaut) et Richard Monroe (dessiné par Sure), le lecteur savait qu’il avait affaire à une formidable saga policière de grande qualité. Pour ce cinquième volet, Frédérick Abstraight A cat in the barrel, Herik Hanna, accompagné aux dessins par Julien Motteler, poursuit dans l’excellence à travers le retour en force de son personnage principal, ex-enquêteur devenu alcoolique.

L’inspecteur McGill vient rencontrer Frédérick Abstraight pour lui proposer une mission de haute-volée : retrouver le chat de M. Chester, célèbre fabriquant d’armes. Cynique, l’ex-inspecteur accepte bon gré mal gré. Il faut dire que le vieil homme était le plus fin limier de Londres, résolvant toutes les affaires les plus compliquées du pays. Son seul échec : l’affaire de l’Egorgeur de Greenhill, s’attirant les foudres de l’opinion et de son meilleur ami, Bannister, le super-juge. Rejeté par son ex-copain et les Anglais, il sombre alors dans l’alcool et la drogue.

Pour aller enquêter sur le kidnapping félin, il emprunte le British Express où il croise son ancien camarade de jeu, le juge. Mais après le dîner, des coups de feu retentissent, Bannister est mort…

Quel grand plaisir le lecteur éprouve à la découverte de ce nouvel opus de Détectives. Il faut souligner que Herik Hanna met en scène à chaque nouveau tome, une personnalité forte et c’est encore le cas ici avec Abstraight, anglais flegmatique, cynique et pince sans rire. D’ailleurs, il transpire de l’album un humour so british décapant, et c’est ce qui en fait son grand charme. il imagine une intrigue forte, à tiroirs, dans un style polars noirs anglais, comme ceux d’Arthur Conan Doyle. Bel hommage au Crime de l’Orient Express de Agatha Christie, cette histoire ravira les amateurs du genre. D’ailleurs le huis-clos imposé par le train instille un très beau climat de thriller.

Le tout est porté par une très belle partie graphique de Julien Motteler dont le trait semi-réaliste anguleux est idéal pour restituer l’ambiance policière et angoissante du récit. Ses cadrages serrés sur les visages sont extrêmement réussis.

  • Détectives, tome 5 : Frédérik Abstraight, A cat in the barrel
  • Scénariste : Herik Hanna
  • Dessinateur : Julien Motteler
  • Editeur : Delcourt, collection Conquistador
  • Prix : 14.95€
  • Sortie : 20 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Suite à son échec face à l’Égorgeur de Greenhill, l’ancien inspecteur Frédérick Abstraight n’est plus que l’ombre de lui-même. Parce qu’il est devenu un embarras pour ses anciens supérieurs, ces derniers décident de l’éloigner de Londres quelque temps. Dès lors, Abstraight se retrouve bloqué dans un train, stoppé en chemin par une avalanche. Le détective ignore encore que parmi les passagers, un meurtrier est également piégé avec lui.

L’univers à peu près

Notre avis : Didier Tronchet aime l’absurde et le décalage. Il le prouve de nouveau avec L’univers à peu près, un « petit précis de culture approximative », un petit essai, très bel exercice de style autour des mots de la vie, édité par Les Echappés.

Né en 1958, Didier Tronchet est un auteur de bande dessinée complet (scénariste, dessinateur et coloriste) de talent. Diplômé de l’Ecole de Journalisme en 1980, il débute sa carrière d’auteur en 1984 avec Raymond Calbuth. Il imagine ensuite Jean-Claude Tergal ou Raoul Fulgurex. Ces histoires humoristiques paraissent dans Fluide Glacial, dont il deviendra le Rédacteur en chef en 2007-2008. En parallèle, il met en scène des albums moins drôles comme Le quartier évanoui ou encore L’homme qui ne disait jamais non (avec Olivier Balez, Futuropolis).

Lauréat de 3 Prix de l’humour au Festival d’Angoulême, il manie avec une grande dextérité le cynisme et l’humour noir. C’est encore le cas dans L’univers à peu près. Auteur de 8 romans et textes (Le fils du yéti ou Vertiges à Quito), Didier Tronchet propose une belle pépite amusante, entre réalité et poésie, le tout avec un humour ravageur.

Composé comme un abécédaire dans le désordre, ce petit imprécis de culture approximative, il décline sa vision d’un mot : de la vérité sur la disparition des dinosaures à la pensée poétique, en passant par le petit orteil, les tongs et la paresse, les icebergs et la partie immergée, les conquistadors et la langue espagnole, les femmes battues, les testicules qui ne servent à rien, le sexe féminin, la fabrication des crêpes, le drôle d’engin qu’est le pédalo, la résistance du poulpe, les pantoufles qui glissent, l’imposture de l’accent grave ou l’athéisme.

  • L’univers à peu près
  • Auteur : Didier Tronchet
  • Editeur : Les échappés
  • Prix : 13.90€
  • Sortie : 03 mars 2016

Résumé de l’éditeur : « Tentons d’avoir une connaissance “de l’Univers à peu près”, car c’est lui laisser ainsi toute latitude de nous surprendre encore.
Il est urgent de former les générations futures à l’approximation. De vagues cours magistraux seront donnés par des professeurs traversés de doutes lumineux, merveilleusement hésitants. Les étudiants auront tous le diplôme (à peu près), et la mention “connaissances approximatives” sera la plus recherchée.
Le XXe siècle a vu les effets du rationalisme poussé à l’extrême : taylorisme, Shoah, économie libérale, rigueur financière.
Le XXIe sera approximatif ou ne sera pas. En gros. »
Au fil de ces 200 92100 chroniques sur des sujets aussi graves que les tongs, le pique-nique, les testicules, le gaz de chips ou les miroirs déformants, Didier Tronchet se plaît à déloger nos certitudes les plus endurcies et ne recule devant aucun raccourci saisissant pour redonner à l’Univers tout son sens : celui de l’humour.

Avec la sauce à part

Notre avis : Sous-titré Les aventures d’une régimeuse, Avec la sauce à part est un petit carnet de bord humoristique de Astrid M, le temps de sa volonté de perdre du poids, aux éditions Marabulles.

Auteure du blog à son nom, Le blog d’une gribouilleuse de maman mais pas seulement, Astrid M (La vie trépidante de Brigitte Tornade avec Camille Kolher, Vents d’Ouest; ou encore Avant on était deux, Marabulles) se met en scène alors qu’elle décide de maigrir. Mère de deux jeunes filles, en couple avec un homme sympathique, la blogueuse décrit tous les états qu’elle travers lors de ce moment si particulier.

D’une belle fraîcheur et plutôt amusant – ce qui est souvent rare dans ce style de bande dessinée – elle réussit son projet d’une belle manière. De son enfance – bébé et fillette – elle était déjà grosse, à l’âge de l’adolescence où elle galère, elle introduit son album par ces quelques pages cinglantes. D’ailleurs elle ne s’épargne rien et joue d’une très belle autodérision. Elle décline aussi les différents régimes qui ne fonctionnent pas : milksake, médecin nutritionniste (riz-oeufs), ananas, hypocalor, psychologue ou encore permis à points, les bilans sont désastreux : les quelques kilos s’envolent mais elle reprend plus que ce qu’elle perdu.

Avec la sauce à part ! : un album à offrir à toutes les personnes qui veulent tenter un régime. Pour sourire, pour rire.

  • Avec la sauce à part !
  • Auteure : Astrid M
  • Editeur : Marabulles
  • Prix : 14.95€
  • Sortie : 24 février 2016

Résumé de l’éditeur : Arrêt de la cigarette, stress au boulot, maternité, toutes les raisons sont bonnes pour se laisser aller ! Mais après tous les régimes successifs qu’elle a suivis, Astrid M. fait le décompte de tous les kilos… gagnés ! Et cette fois-ci, elle prend la décision de VRAIMENT s’y mettre. Accompagnée d’un médecin totalement exubérant, mais sympathique et déculpabilisant, suivez-là jour après jour dans sa vie quotidienne de mère, épouse, amie confrontées à toutes les tentations, comme cet l’affreux Magnum au chocolat blanc planqué dans le congélateur qui l’appelle discrètement…