Père et fils, volume 3

Notre avis : Après un excellent début de saga – dont Comixtrip vous a largement vanté les méritesKi oon propose le troisième volume de Père et fils, le magnifique seinen de Mi Tagawa.

Après avoir arpentés les routes, Torikachi et Shiro reviennent au village afin de se reposer et passer les fêtes en famille. Si le petit garçon se trouve tout de suite bien dans sa maison, son père est déstabilisé. Il faut dire que l’homme n’est jamais revenu depuis que Kaya, sa femme, est décédée.

Tatsumi, la tante de Shiro et sœur de Torikachi, est toujours aussi stricte avec l’enfant et très distante avec son frère; ses enfants, eux, sont heureux du retour du petit garçon. Il faut dire qu’ils ont été élevés ensemble pendant les trois premières années de la vie de Shiro alors que son père partait sur les routes pour travailler.

Que dire de plus que nous n’ayons pas dit sur cette très belle série, tendre, comique et bouleversante ! Pour ce nouvel opus, Mi Tagawa fait revenir ses deux héros dans leur village – finies donc les routes campagnardes – pour opposer Torikachi à sa soeur. Comme pour les précédents volumes, les langues se délient, le passé refait surface et le lecteur navigue de rebondissements en rebondissements. Quelle intelligence dans la narration que nous offre la mangaka !

Volume essentiel et pivot de l’histoire, l’on découvre comment est décédée Kaya, les tensions survenus après cet événement tragique, mais aussi la volonté de Tatsumi pour récupérer Shiro. Malgré ses airs froids, elle apparaitra beaucoup plus humaine dans cet album. L’humour est toujours aussi présent (Eiji l’oiseau apprivoisé mais aussi la naïveté du petit garçon), mais aussi l’amour d’un père pour son fils et enfin de l’émotion – saine mais pas voyeuriste – pour offrir un volume sublime-parfait-merveilleux. La suite vite !!!!

  • Père et fils, volume 3
  • Auteure : Mi Tagawa
  • Éditeur : Ki oon
  • Prix : 7.90€
  • Parution : 18 août 2016

Résumé de l’éditeur : Torakichi, apothicaire ambulant, passe la majeure partie de son temps sur les routes pour rendre visite à ses clients. Résultat, il n’a quasiment jamais vu son fils de trois ans, Shiro. À la mort de sa femme, il prend une décision qui changera sa vie : celle d’emmener le petit garçon avec lui sur les routes ! Mais si Torakichi est incollable sur les plantes médicinales, il n’y connaît rien aux enfants et est loin d’être un père modèle. Pourquoi Shiro pleure-t-il ? Pourquoi se réveille-t-il en pleine nuit ? Entre les soucis du quotidien et son travail éreintant, le jeune papa est complètement dépassé. Les aléas du voyage et les rencontres diverses l’aideront-ils à renouer le lien perdu avec son fils ? Laissez-vous attendrir par le duo père-fils le plus improbable du manga ! Mi Tagawa décrit avec une grande délicatesse les joies et les peines de ses héros hors du commun. Avec son trait fin et minutieux, l’auteur nous entraîne dans un voyage à travers le Japon traditionnel. Quelle que soit l’époque, la paternité s’apprend à petits pas !

Trivial pour cuite

Notre avis : Les éditions Onapratut sont de retour avec deux nouveaux albums de leur collection Alambic : La soif du samedi soir (Frédéric et François Duprat) et Trivial pour cuite de Elric Dufau. Penchons-nous plus particulièrement sur ce dernier :

Depuis quelques temps, la ville n’est pas sûre : des jeunes femmes se font tuer dans des ruelles sombres. Cela n’empêche pas Mathilde de sortir tous les soirs pour boire des verres. Journaliste, plutôt rigolote, elle croise Antoine – chimiste qui vient de se faire renvoyer de son travail après avoir fait sauter son laboratoire – qui lui laisse sa carte de visite : il prétend être proche de découvrir une formule qui changera le monde…

Le récit de Elric Dufau est fou, amusant mais pas que ! En effet, sous ses faux airs de comédie policière mais très réussie (les meurtres de jeunes femmes), l’auteur de Marche ou rêve (avec Laurel, Dargaud) parle aussi des relations entre les Hommes, l’amour, le tout avec de l’alcool ! Si les boissons sont nombreuses, elles ne sont que prétexte à raconter une belle histoire.

Le dessinateur de Harpignies (avec François Darnaudet) fonde son récit – mais aussi le titre – sur un jeu qui existe réellement : on pose des questions du Trivial poursuit, si l’on répond mal, on boit. Un façon de s’amuser avec ses amis et ici pour rencontrer des gens. La folie d’Antoine – sorte de savant fou qui met au point un sérum d’intelligence – mais aussi Mathilde – jeune fille moderne, célibataire qui aime boire entre amis font de cet album un bon moment de lecture. Pour mettre en image son récit, il utilise son  dessin si original fait de simples traits qui permet de fluidifier la lecture.

*La soif du samedi soir, signé Frédéric et François Duprat, met en scène Max qui déprime depuis que sa sa copine l’a quitté. Un album sympathique, agréable mais pas révolutionnaire. Du même auteur (François) on préférera l’excellent Mon cousin dans la mort ou encore Space Karibou (La Boîte à Bulles).

  • Trivial pour cuite
  • Auteur : Elric Dufau
  • Éditeur : Onapratut, collection Alambic
  • Prix : 7€
  • Parution : 08 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Mathilde, la petite souris journaliste, est adepte du ‘Trivial pour Cuite’, détournement éthylique du célèbre jeu de culture générale. Les règles sont simples : on boit un coup à chaque mauvaise réponse !

Le rose vous va si bien

Notre avis : Avec Le rose vous va si bien, Véronique Grisseaux et Eva Rollin rendent un bel hommage à Barbara Cartland, la reine du roman à l’eau de rose.

Hiver 1853. Mathilde se presse. Elle vient postuler comme gouvernante de Sarah, la fille de comte Edward de Kenston. Embêtée par un chien, elle trouve les ressources nécessaires pour sonner à la porte du château. Il faut dire que le propriétaire est subjugué par la beauté de la jeune fille, tandis que l’enfant ne veut pas d’elle comme préceptrice. Ajouter à cela, un majordome à l’allure glaçante et le fantôme de Carlota Bartland, une femme excentrique et l’on obtient une histoire folle.

Après Pépé Roni et Mémé Graphone (éditions Clochette), Véronique Grisseaux et Eva Rollin reprennent leur travail en commun avec une histoire loufoque fantastique plutôt réussie. Les personnages sont plus fous les uns que les autres et les situations cocasses s’enchainent à chaque page pour le plus grand bonheur des lecteurs. Entre une fillette véritable peste, un majordome qui fait froid dans le dos et un fantôme complétement déjanté, l’histoire prend une drôle de tournure.

Eva Rollin propose une partie graphique très intéressante. Gros point fort de l’album, le trait tremblé et moderne de l’auteure de Brune Platine (Casterman) lui permet de proposer des planches rythmées et très vivantes.

  • Le rose vous va si bien
  • Scénariste : Véronique Grisseaux
  • Dessinatrice : Eva Rollin
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 16€
  • Parution : 24 août 2016

Résumé de l’éditeur : La truculente mise en abyme de l’œuvre de la reine du roman à l’eau de rose : Barbara Cartland.

La cuisine des sorcières

Notre avis : Après L’alphabet des monstres, La château invisible, Le secret de l’alchimiste, L’odeur de l’or et La cachette des fées, Capucine Mazille publie un nouvel album jeunesse La cuisine des sorcières, aux éditions Mosquito.

Place aux sorcières et aux plats gastronomiques dans cet album ! 20 recettes amusantes et folles, notamment :

  • Pommes au four : un dessert d’enfer. Blanche Neige demande à Mémé Mygale et Solphurina Krembrulée de fabriquer des pommes au four. La première propose alors à Eglantine, la stagiaire, de s’en occuper…
  • Coquillettes cowboy. Monsieur Chanceux et Yakari reçoivent la visite de Mémé qui vient leur confectionner des pâtes…
  • Sanglier en cocotte. Des bretons arrivent chez les sorcières pour déguster des sangliers…
  • Choucroute au haddock. Au café du port, un vieux loup de mer va servir de matière première pour une choucroute…
  • Toad in a hole. Trois anglais s’invitent à manger chez les trois sorcières pour un repas so british…

Bel album fantastique jeunesse, La cuisine des sorcières ravira les amateurs de recettes magiques et complètement folles. De plus, Capucine Mazille rend un bel hommage aux grands héros des contes enfantins (Blanche- Neige, les 7 nains, Hansel et Gretel, Alice) et du Neuvième Art (Gaston, Lucky Luke, Yakari, Blueberry, Astérix, Haddock, Clifton, Blake et Mortimer, Holmes et Watson, X Men, Superman, Valérian…).

Née en 1953, cette illustratrice et auteure est reconnue dans le monde jeunesse. Originaire des Pays-Bas, elle vit actuellement en France. Son beau trait à l’aquarelle se rapproche parfois de certains maîtres comme Brueghel ou Bosch. Pour découvrir son univers, vous pouvez parcourir son blog : capucinemazille.com

  • La cuisine des sorcières
  • Auteure : Capucine Mazille
  • Éditeur : Mosquito, collection Lily Mosquito
  • Prix : 14€
  • Parution : 02 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Quelques recettes concoctées dans les vieux chaudrons des sorcières. Bande dessinée et cuisine font bon ménage chez Capucine Mazille.

Charles de Gaulle, tome 2 : 1939-1940 L’homme qui a dit non

Notre avis : Après un premier volume intéressant et instructif, Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail dévoilent le deuxième volet de leur saga historique Charles de Gaulle, mettant en scène le futur grand homme d’état dans la période 1939-1940.

Pas encore général, Charles de Gaulle est colonel, reçu par Paul Reynaud et Léon Blum, ancien président du conseil. Le premier tente de fomenter le renversement du gouvernement Daladier, qu’il réussit. Après cet événement, il nomme le futur homme d’état, conseiller militaire du gouvernement. Pourtant, ce dernier n’est pas bien vu par ses pairs, il faut souligner qu’il a des opinions très différents des hauts officiers français.

La guerre est déclarée, les défaites militaires s’accumulent et le gouvernement doit fuir vers Bordeaux. De Gaulle est alors nommé Sous-secrétaire d’état à la guerre…

Alors que le précédent tome de la série était plutôt amusant et joyeux par le décalage d’éducation entre De Gaulle et ses camarades (ne pas le tutoyer) et les nombreuses tentatives d’évasion pendant la Première Guerre Mondiale, ce nouvel opus prend une tournure plus sombre, empli de tensions et d’actions avec l’entrée de la France dans le second conflit mondial.

Complots politiques, négociations de l’armistice et  Pétain jouant un rôle central dans la défaite, sont au cœur de l’album. De Gaulle commence alors à endosser le costume d’homme d’état, celui qui refuse l’abdication et qui multiplie les allers-retours à Londres pour négocier avec Churchill.

Si le récit est excellent, très documenté et instructif – il est l’objet de Jean-Yves Le Naour, historien – il n’en va pas de même pour la partie graphique de Claude Plumail. Ses personnages ont des postures vraiment trop figées, les visages sont trop changeants d’une case à l’autre mais surtout les proportions de De Gaulle ne sont pas réussies, lui qui était grand (1m96) et qui apparait à la même taille que les autres personnages. Avec un dessin plus soigné et plus précis, la série aurait été excellente ! Dommage.

  • Charles de Gaulle, tome 2 : 1939-1940, L’homme qui a dit non
  • Scénariste : Jean-Yves Le Naour
  • Dessinateur : Claude Plumail
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 13.90€
  • Parution : 24 août 2016

Résumé de l’éditeur : Septembre 1939. La France est en guerre et le grand Charles, petit colonel, ne parvient toujours pas à convaincre l’État-major d’adopter une stratégie plus offensive fondée sur la concentration des blindés. Mais il est déjà trop tard : le 10 mai 1940, les forces allemandes déferlent sur la France. Face aux traîtres qui souhaitent pactiser avec l’ennemi, il veut continuer à se battre. Mais quand Pétain s’empare des rênes du gouvernement, il part pour Londres le 17 juin, emportant avec lui l’honneur de la France.

 

Polo, tome 1 : Le voyage de Polo

Notre avis : Polo, petit chien, décide de sortir de chez lui, son sac sur le dos. Il va vivre de belles aventures sous l’eau, dans les airs ou dans un arbre. Régis Faller décline ce périple dans Le voyage de Polo, un formidable album pour les tout-petits.

Polo, un jeune chien, habite sur une île-arbre. Un jour de plein soleil, il met son sac sur son dos, prend son parapluie et ferme la porte de sa maison. Il emprunte alors un fil tendu sur lequel il marche. Après les escaliers et un toboggan, il se retrouve dans un bateau. La nuit arrivant, il enfile son scaphandre et explore les fonds marins : coffre au trésor et roi des poissons sont au rendez-vous…

Oh le magnifique album pour enfants que Le voyage de Polo ! Coup de cœur Comixtrip, cette belle histoire muette  imaginée par Régis Faller va enchanter les tout-petits par sa très belle partie graphique et son scénario. En mettant en scène le petit chien rêveur, chaleureux et doux, il permet aux enfants de s’identifier à lui. L’animal va vivre des aventures extraordinaires à la limite du rêve. Il rencontre des animaux fabuleux, emprunte des parcours fantastiques et sourit toujours.

Ces expériences nouvelles l’enrichissent, le font grandir et les lecteurs en même temps que lui. Charmant, cet excellent album fait voyager, fait rire et permet aux jeunes lecteurs de faire fonctionner leur imagination. Cette aventure est portée par une partie graphique de très grande qualité. Régis Faller – illustrateur reconnu dans le monde jeunesse – dévoile de très belles planches (grandes vignettes, de 1 à 5 maximum), agrémentées de couleurs chaleureuses.

  • Polo, tome 1 : Le voyage de Polo
  • Auteur : Régis Faller
  • Éditeur : BD Kids, collection Mini BD Kids
  • Prix : 10.95€
  • Parution : 07 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Polo est un aventurier, doux et rêveur… Une histoire sans paroles, pleine de poésie , de tendresse et de surprises pour s’endormir en rêvant. Avec cet album, les plus petits se laisseront emporter au rythme de leur imagination. Polo emporte un sac à dos, un parapluie, il sort de chez lui et part en voyage… Au cours de cette aventure pleine de charme, Polo se laisse guider par la curiosité, l’imagination et les rencontres. Il voyage à bord d’un nuage, d’un bateau, d’un avion, d’une montgolfière, d’un sous-marin, d’une fusée… Il visite le fond des océans, les îles volcaniques, l’intérieur des icebergs, la lune… Polo fait ainsi le tour de la terre, avant de rentrer à la maison, riche d’expériences et de nouvelles amitiés.

Jules B, l’histoire d’un Juste

Notre avis : Jules, un cordonnier, va voir sa vie bouleversée par l’arrivée inopinée de trois enfants juifs. Cet homme va alors les cacher, les aider et se transformer en un véritable Juste. Armelle Modéré met en scène cette très très très belle histoire dans Jules B aux éditions Des ronds dans l’o.

Bourgogne pendant la Seconde Guerre Mondiale. Dans son petit village, Jules est connu comme un homme simple, sans problème. Cordonnier, il attend patiemment la livraison de son cuir afin de fabriquer des chaussures. Mais voilà, les restrictions et réquisitions sont telles qu’il n’y en aura pas aujourd’hui.

Il faut souligner que la vie de cet homme n’est pas toute rose : son ex-femme est partie avec un baron et il noie son chagrin dans l’alcool. Alors qu’il vient de se faire jeter du bistrot du village, il assiste à un accident de voiture. Il découvre alors trois petits enfants juifs enfermés dans le coffre. Leurs parents décédés, Jules décide de les amener chez lui. Il les cache et demande de l’aide aux habitants mais aucun ne veut, ils ont tous peur des représailles. Il propose alors aux trois petits de les ramener chez eux à Paris…

On commence à le découvrir de plus en plus, la ligne éditoriale de la maison d’édition Des ronds dans l’o est de proposer des albums (bande dessinée ou jeunesse) engagés voire parfois militants (En chemin elle rencontre…, Etenesh, Koko au pays des toutous). C’est encore le cas avec Jules B. Afin de rendre hommage à son grand-père mais aussi à tous ces anonymes droits et solidaires, Armelle Modéré a imaginé une histoire de « Juste parmi les Nations ». L’auteure de Lili Pirouli (3 albums chez le même éditeur) le souligne : « L’histoire que j’écris, Jules B, est un témoignage sur la faculté de l’homme à écouter son cœur et sa raison, à être doué d’empathie, à faire fi des idées créées par l’extrémisme ». Car, oui cet homme ne semble pas engagé dans guerre, comme de nombreux Français, il tente juste de survivre. D’ailleurs son quotidien se résume à sa cordonnerie et l’alcool qu’il ingurgite en grande quantité.

Jules ne sait même pas ce que c’est qu’un juif, il ne sait pas ce qu’il se passe pour eux (arrestation, rafle, déportation, camps et génocide); tout cela semble très loin pour lui. Mais la vue de ces trois petits êtres fragiles, orphelins va le bouleverser, son cœur est touché : il ne peut les laisser seuls, sans protection. Si les habitants ne veulent pas les aider, lui le sent : il doit le faire. En faisant cela, il se met lui même en danger. Son périple est fou, haletant et empli de suspens : Les soldats les rattraperont-ils ? les enfants vont-ils être arrêtés ?

Armelle Modére sait parler aux plus jeunes – elle compte plus de 35 albums jeunesse – et met en scène une histoire ciblée pour les plus de 12 ans. Son discours est simple, le propos est fort et les personnages principaux chaleureux et attachants. Pour cela, elle utilise des animaux anthropomorphes (qui réagissent comme des hommes) et joue sur les oppositions : Jules est un cochon costaud tandis que les trois enfants sont de tout-petits chatons minuscules. De plus, les uns vont aider les autres : Hanna, l’aînée, fait la morale à Jules sur l’alcool, tandis que l’homme va les aimer et les protéger comme ses enfants qu’il n’a jamais eu. Son trait aux feutres et crayons de couleurs lui permet de proposer des planches d’une grande efficacité.

Jules B. : un formidable album pour entamer la discussion sur la Seconde Guerre Mondiale, les juifs et la déportation, la résistance et les Justes. A recommander aux parents, aux enseignants et aux documentalistes.

  • Jules B, l’histoire d’un Juste
  • Auteure : Armelle Modéré
  • Éditeur : Des ronds dans l’o
  • Prix : 16€
  • Parution : 14 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Jules Badey est un cordonnier bourguignon pendant la seconde guerre mondiale, un homme sans histoire qui essaie tant bien que mal d’exercer son métier dans un pays occupé. De la guerre, il ne pense pas grand-chose, hormis qu’elle l’empêche de traiter ses commandes correctement par le manque de matières premières, ces dernières étant souvent bloquées et/ou réquisitionnées par les Allemands. C’est un homme seul et abattu qui accuse le coup du départ de sa femme pour un autre homme, un « baron » qui possède un manoir à la sortie du village. Il noie sa détresse dans son vin quotidien. Des juifs, il ne pense rien non plus. A peine sait-il qui ils sont. De la déportation, il n’a jamais entendu parler et l’exode qui commence sous ses yeux est pour lui un simple défilé de voitures qui partent se mettre en lieu sûr plus au Sud. Alors quand il croise sur sa route 3 petits enfants juifs, il est décontenancé. Son cœur parle et lui demande de les protéger. Mais voilà que les voisins s’en mêlent. Jules, soumis aux pressions, décide de se débarrasser des petits. Mais, lors de sa montée vers la capitale, des évènements vont contrarier ses plans et lui faire prendre une décision irrévocable : il sauvera ces enfants coûte que coûte. La route sera semée d’embuches et Jules en grand danger.

 

 

Baby-sitters, tome 12

Notre avis : Les éditions Glénat dévoilent le douzième volume de la très belle série Baby-sitters de Hari Tokeino.

Pour vous remémorer la genèse et le résumé de la série, vous pouvez vous parcourir la chronique Comixtrip du dixième volet de cette saga humoristique.

La directrice de la crèche doit s’absenter pour l’examen d’un financement de son établissement. Mais ce jour-là, Ryuchi, le jeune baby-sitter, participe à une sortie scolaire (il est encore lycéen). Ainsi, Kotaro, le petit frère de Ryuchi, n’a plus personne pour le garder et se retrouve seul.

C’est pourtant la première fois que les deux frères seront séparés pour une nuit. Après avoir longuement réfléchi, le petit garçon décide d’aller chez Usha Usaida, le responsable de la crèche…

Comme dans les précédents volumes, le lecteur retrouve avec beaucoup de plaisir les aventures des frères Kashima – Kotaro et Ryuchi – qui s’entendent à merveille depuis la disparition de leurs parents. Orphelins, ils évoluent dans l’environnement sain et protégé de la crèche. La grande force de la série réside dans la galerie de portraits, agréable et attachante. Les situations sont souvent cocasses et prêtes à sourire.

  • Baby-sitters, tome 12
  • Auteure : Hari Tokeino
  • Éditeur : Glénat
  • Prix : 6.90€
  • Parution : 24 août 2016

Résumé de l’éditeur : Ryuichi et la directrice s’absentant en même temps, Kotaro doit aller dormir chez un ami. À la surprise de tous, il choisit d’aller chez Usaida ! Seulement, il pourrait bien découvrir là-bas un secret qui embarrasse le jeune homme… Mais c’est lorsqu’arrivent les vacances d’été que les vrais problèmes commencent : ce qui devait être une joyeuse sortie en bordure de rivière devient une véritable série de catastrophes!

 

Adivasis meurtris

Notre avis : Au cœur de l’Inde, vivent en autarcie les Adivasis, un peuple autochtone primitif. Comme dans de nombreux pays, ces Hommes pacifistes sont pourchassés. Accompagné par Matthieu Berthod au dessin, Eddy Simon dévoile cette chasse tragique dans Adivasis Meurtris à La Boîte à Bulles.

Juin 2012, dans l’état du Chhattisgarh. Au cœur de l’Inde, des Hommes et des Femmes Adivasis de plusieurs villages se réunissent afin de prendre des décisions importantes sur les fêtes des semences, sur le bétail ou les familles modestes. Mais des tirs de fusil arrêtent les discussions. Des policiers abattent quelques membres de la réunion; ils sont ici pour démasquer les terroristes naxalistes-maoïstes.

Pacifistes, les Adivasis ne sont en aucun cas des naxalistes (mouvement classé terroriste par l’Etat Indien, qui se bat contre l’installation des entreprises étrangères sur les terres mais aussi contre les fonctionnaires corrompus). Après avoir rendu un dernier hommage à leurs congénères tombés, ils protestent devant le poste de police pour demander la libération des prisonniers. En une scène de terreur, voilà résumé le sort de ce peuple pourchassé par les autres qui veulent exploiter le riche sous-sol sur lequel ils vivent. Ils sont donc coincés entre les intérêts du gouvernement et les Naxalistes-maoïstes.

Soutenu par Amnesty International, le récit de Eddy Simon est construit chronologiquement afin de bien appréhender leur histoire. Notamment la création de l’Etat de Chhattisgarh en 2000 avec ces 25 millions d’habitants souvent très pauvres dont les Adivasis, faisant partis à une des sous-castes indiennes. L’auteur de Rouge Karma (avec Pierre-Henry Gomont, Sarbacane) connait très bien l’Inde pour y avoir vécu plusieurs années. Comme pour son précédent ouvrage, il nous plonge au cœur de ce vaste pays très peuplé et nous en parle à travers des anonymes. Avec Adivasis meurtris, il dépeint la pauvreté, une gouvernance politique complexe et une envie folle de liberté. Vivre simplement comme ils le souhaitent, sans entrave.

L’album donne tour à tour la parole aux différents protagonistes (habitants, politiciens, médecin, insurgés) afin d’avoir une belle vue d’ensemble.

Ne voulant pas prendre parti pour les naxalistes, ils se retrouvent seuls (alors qu’ils seraient 100 millions), sans aide ni protection. Cette faiblesse ne leur permet pas de se défendre contre l’exploitation de leurs terres par les grands groupes industriels indiens ou étrangers.

Pour mettre en image cette tragédie, Eddy Simon a fait appel à Matthieu Berthod, auteur suisse qui a notamment publié Cette beauté s’en va & L’homme perdu dans le brouillard (les deux aux éditions Les impressions nouvelles). Son trait en noir et blanc, agrémenté de touches de sépia-marron, est proche de carnet de voyage. Simple et lisible, son dessin est d’une belle efficacité.

  • Adivasis meurtris
  • Scénariste : Eddy Simon
  • Dessinateur : Matthieu Berthod
  • Editeur : La Boîte à Bulles, collection Contre-coeur
  • Prix : 16€
  • Parution : 24 août 2016

Résumé de l’éditeur : Peuple indigène pacifique et quasi-autarcique, les Adivasis seraient, selon un recensement en 2010, au nombre de 100 millions. Un chiffre aléatoire et décroissant car le sort de cette population reste mal connu. En effet ses conditions de vie deviennent de plus en plus catastrophique et son avenir, alarmant. Spoliés par l’Etat qui exploite et pille les richesses naturelles de leurs terres, menacés d’expulsion par la déforestation intensive et les industries de minerais, massacrés par l’armée indienne car amalgamés aux révolutionnaires « naxalistes », les Adivasis se retrouvent dans une situation désespérée qui n’émeut pourtant ni leurs compatriotes, ni l’opinion publique mondiale. Considéré comme une « sous-caste », le peuple des Adivasis, n’a pas voix au chapitre et disparaît en silence, oublié des médias et écrasé par les vagues de la mondialisation d’un pays en plein essor. Eddy Simon (qui a enquêté sur place) et Matthieu Berthod dévoilent ici leur calvaire et analysent avec recul et minutie la descente aux enfers d’une population abusée.

Gon, volume 3

Notre avis : Les éditions Pika poursuivent la réédition de Gon, le formidable manga de Masashi Tanaka. Comme pour les deux premiers volumes, le lecteur retrouve avec beaucoup de bonheur le petit dinosaure, dernier de son espèce, qui continue d’explorer le monde qui l’entoure.

Afin de comprendre la genèse et l’histoire de Gon, vous pouvez parcourir la chronique des tomes 1 et 2.

Pour ce volet, le petit dino décide de descendre une rivière, d’y pêcher des poissons, de découvrir des oiseaux, ainsi que des crocodiliens, d’immenses serpents ou de jouer avec des dauphins d’eau douces. Plus tard, il aide des koalas, des autruches et des kangourous contre une meute de loups affamés. Il fera même appel à des crocodiles pour les chasser de ces terres paisibles.

Quelques jours après, il part cueillir des champignons dans la forêt avec ses amis les animaux. Mais au fur et à mesure, ces copains tombent comme des mouches après les avoir ingurgité. Pire, ils sont dans un état second…

Que dire de plus que nous n’ayons dit sur cette merveilleuse série muette ? Rien ! C’est beau, c’est fort, c’est instructif, c’est joyeux, c’est optimiste ! On en redemande !!!

  • Gon, volume 3
  • Auteur : Masashi Tanaka
  • Editeur : Pika
  • Prix : 6.95€
  • Parution : 24 août 2016

Résumé de l’éditeur : Gon continue d’explorer le monde et de se faire de nouveaux amis ! Toujours prêt à s’amuser, il trouve tout de même le temps de faire fuir un loup affamé, combattre un tigre de Sibérie et bien sûr déguster d’étranges champignons… Chaque jour est une aventure avec Gon !

Monster club, tome 2 : Décapodes et vieilles lanternes

Notre avis : Le dessinateur de la remarquable série De cape et de crocs Jean-Luc Masbou est de retour en tant que scénariste avec Monster Club. Après Thierry Leprévost pour le volume 1, il a fait appel à Faw pour ce deuxième tome aux éditions Delcourt.

Dans le premier volet, le lecteur faisait connaissance avec le Club de cryptozoologie (espèces disparues) de Baltimore et ses membres attachants voire loufoques.

Terre-Neuve, 1879. Un jeune garçon et son père découvrent un calamar géant échoué sur une plage. Artémus convoque alors les autres membres du Club afin de se rendre sur place. Avant cela, il a pris le soin d’imaginer un sous-marin en forme de cachalot. Il décide alors de partir avant, donnant des nouvelles tous les soirs. Mais depuis quelques jours, silence radio.

Quelques mois plus tard, le reste du groupe débarque alors à Port-aux-Basques, prend possession de la vieille bicoque qui leur servira de maison et découvrent le fameux sous-marin de Artémus…

Comme pour le précédent volume, le lecteur prend plaisir à suivre les aventures de ce Monster Club, notamment par ses membres à la folie-douce, ne réussissant pas toujours leurs missions. Sorte de pieds-nicklés anglais du 19e siècle, on rit parfois à leurs reparties ou les situations cocasses dans lesquelles ils se retrouvent. Jean-Luc Masbou met en scène une univers légèrement steampunk à la Jules Verne. L’action est au rendez-vous par des petits rebondissements çà et là qui maintiennent le suspense.

Ce joyeux et rafraichissant récit est idéalement restitué par Faw, un auteur marocain expérimenté. Son trait se marie parfaitement au scénario de Masbou.

  • Monster Club, tome 2 : Décapodes et vieilles lanternes
  • Scénariste : Jean-Luc Masbou
  • Dessinateur : Faw
  • Editeur : Delcourt, collection Terres de légendes
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 17 août 2016

Résumé de l’éditeur : Depuis longtemps, de nombreux témoignages font mention d’échouages de calmars de taille considérable sur des plages de Terre-Neuve. Malheureusement, aucun de ces animaux n’a pu être ramené sur le continent afin de prouver de façon irréfutable leur existence à la science. Vous avez dit « une mission pour les membres du Monster Club » ?

D4VE, tome 1

Notre avis : En quelques années, les robots ont conquis la Terre. Il n’y a plus une âme humaine qui vive. Parmi ces machines, il  a D4VE, ex-héros de guerre qui s’ennuie dans sa nouvelle vie. Valentin Ramon, sur un scénario de Ryan Ferrier, met en image le premier tome de D4VE, une série Ankama.

Dans le futur, tous les êtres humains ont été remplacés sur Terre par les Robots. La paix est de mise depuis plusieurs années. Les Intelligences Artificielles (IA) vivent normalement, copiant même le quotidien des humains qu’ils ont anéantis. Ainsi, D4VE travaille dans un bureau, tyrannisé par un petit chef. Pourtant, ce robot était le plus grand et le plus fort d’entre eux, un modèle, un super-héros ayant repoussé de nombreuses attaques extra-terrestres dans le passé mais aussi participé à l’extermination des Hommes. Ces moments, il se le remémore fréquemment, vivant dans une douce nostalgie.

Marié, mais peu sûr de son couple, il est déstabilisé lorsqu’un bébé leur est livré. Il va pourtant retrouver des couleurs lorsque des aliens vont tenter d’envahir la Terre…

Très fou et décalé dans son histoire, D4VE ravira les amateurs de science-fiction amusante et emplie d’actions. Sans être révolutionnaire dans la thématique de départ (les robots ont tué et remplacé tous les humains), le récit se lit bien et semble plaisant. Malgré quelques lourdeurs dans la narration, on apprécie les blagues, les reparties bien senties de D4VE. Cette histoire permet à Ryan Ferrier de glisser quelques belles réflexions sur l’Humanité, la technologie et l’hyper-connectivité.

Valentin Ramon fait le job sur la partie graphique. Son trait lui permet de mettre en scène des robots et des aliens très réussis. Manquant parfois de décors, les planches sont néanmoins équilibrées et d’une réelle efficacité.

Sur la même thématique, chez Ankama, on préfèrera mille fois, Bots des talentueux Aurélien Ducoudray et Steve Baker !

  • D4VE, volume 1
  • Scénariste : Ryan Ferrier
  • Dessinateur : Valentin Ramon
  • Editeur : Ankama, label 619
  • Prix : 14.90€
  • Parution : 26 août 2016

Résumé de l’éditeur : Sur Terre, les robots ont conquis le pouvoir et anéanti toute vie dans la galaxie. D4ve, un héros de guerre robot, est maintenant confiné derrière son bureau pour un travail qui l’aliène. Il rêve de son glorieux passé et de s’arracher à cette vie désolante lorsque la présence d’aliens inconnus est signalée.