Journal d’Anne Frank

Notre avis : Tout le monde connait l’histoire tragique d’Anne Frank, cette jeune adolescente juive qui s’est cachée avec le reste de sa famille dans un appartement clandestin des Pays-Bas pour échapper aux rafles des nazis et qui termina sa courte vie dans un camp de concentration. Son fameux Journal, tombé dans le domaine public en 2016 – ce qui fait quelques polémiques depuis – est adapté fidèlement en bande dessinée par Antoine Ozanam et Nadji, aux éditions Soleil.

Ce formidable et poignant album est la déclinaison de L’annexe : notes du Journal du 14 juin 1942 au 1er oût 1944 que son père fit édité avec beaucoup de difficultés en 1947 (éditions Contact).

Antoine Ozanam réalise un numéro d’équilibriste pour pouvoir présenter devant son lectorat cette histoire maintes fois racontée et maintes fois adapté au cinéma ou à la télévision. A travers ces 144 pages, il décline l’existence de la famille Frank dans la fameuse Annexe, refuge des 4 membres de la famille mais aussi d’amis ou d’inconnus. Lieu à la fois mystérieux, oppressant mais protecteur, il permet un huis-clos fort et bouleversant.

Le scénariste de Gueule Noire (avec Lelis, Casterman), s’en sort avec plutôt avec les honneurs. Il faut souligner qu’il s’est associé à Nadji qui permet à son récit de trouver un écho positif à l’histoire poignante d’Anne. D’un trait simple, fluide et d’une grande lisibilité l’auteur dont c’est le premier album propose des planches qui tranchent avec le propos. Il les agrémente de couleurs d’une belle variété. On déplorera juste le peu de décors dans ses vignettes.

Journal d’Anne Frank : un bon complément au livre, très intéressant pour les collégiens ou les lycéens qui l’étudient.

  • Journal d’Anne Frank
  • Scénariste : Antoine Ozanam
  • Dessinateur : Nadji
  • Editeur : Soleil
  • Prix : 17.95€
  • Parution : 27 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le jour de ses 13 ans, Anne reçoit en cadeau un cahier dont elle fait aussitôt son journal intime. Jeune juive allemande exilée au Pays-Bas, la jeune fille va raconter son quotidien, ses émois d’adolescente, la fuite, la cache, la peur…
Publié par son père Otto deux ans après la fin de la guerre, Le Journal d’Anne Frank sera traduit en plus de 70 langues et vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.

 

Le rendez-vous d’onze heures

Notre avis : La vie des grands peintres se déclinent depuis quelques mois dans une collection chez Glénat (Toulouse-Lautrec, Jean Van Eyck ou encore Goya), les éditions Long Bec proposent elles aussi la déclinaison de l’existence d’un artiste, Gustave Courbet, dans l’album Le rendez-vous d’onze heures signé André Houot.

Café de la Tour de Peilz, Suisse, 1877. Gustave Courbet ivre rencontre un jeune homme qui lui demande de raconter sa vie. Il débute alors son récit par son enfance dans le Doub. Fils de riches agriculteurs, il finit au pensionnat à Besançon à cause de son insolence envers son maître d’école. Bègue, il sera exempté de son service militaire. Plus tard, alors qu’il peint, il est repéré par un jury de spécialiste et commence à exposer se premières toiles…

Le récit de André Houot est ambitieux; il a d’ailleurs consacré 3 ans à sa confection. Il faut souligner que la vie de l’exigeant Courbet est multiple et riche et que c’est une gageure de la faire tenir dans un seul album. Pourtant tout y est : l’enfance, l’entrée en peinture, ses idées proches de celles de Proudhon, de la Commune et ou du radicalisme, qui lui vaudra quelques soucis en fin de vie. Très documentée, l’histoire est très fidèle à la réalité de celui qui fit scandale avec son fameux tableau : L’origine du monde.

Côté graphisme, le trait réaliste de l’auteur de Chroniques de la nuit des temps (Fleurus, Lombard, Glénat), de Septentryon (Glenat) ou encore Le mal (avec Py, Glénat) est plutôt abouti même si le tout manque de rythme. Les postures et les visages des protagonistes sont quant à elles un brin figées.

  • Le rendez-vous d’onze heures
  • Auteur : André Houot
  • Editeur : Long Bec
  • Prix : 16.50€
  • Parution : 22 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Suisse, fin décembre 1877.  Au crépuscule de sa vie, le peintre Gustave Courbet rencontre un mystérieux visiteur… Les deux hommes entament une conversation dans laquelle le peintre va revivre tous les épisodes de sa vie mouvementée, depuis les bords de la Loue près d’Ornans jusqu’à son séjour en Suisse, en passant par le Paris de la Commune.

Sous le trait unique d’André Houot, Courbet prend vie, nous entraîne tout au long de ses engagements artistiques et politiques et nous fait partager son intimité.

Anatole Latuile #9

Notre avis : Anatole Latuile est un gentil garçon. Inventeur obstiné, c’est un gaffeur né. Ça déménage ! est le neuvième tome de ses amusantes aventures. Ce recueil de mini-récits pour jeunes lecteurs est l’œuvre de Anne Didier et Olivier Muller pour le scénario et Clément Devaux pour le dessin.

Anatole Latuile vit avec ses parents et sa petite sœur dans un beau petit pavillon. Ce qu’il apprécie le plus c’est de n’en faire qu’à sa tête, ce qui apporte son lot de catastrophes et de gaffes en tout genre. Mais la plupart de ses gentils méfaits, il les réalise à l’école. Dans la classe de Madame Goulominoff, il y retrouve ses amis Jason Bombix, Henriette Bichon, Olympe Fayoli et Noémie Crumble, avec qui il partages ses nouvelles inventions farfelues.

Au sommaire de ce neuvième tome, 10 histoires courtes dont :

  • Jason a des ennuis. Le meilleur ami d’Anatole subit le chantage de sa grande sœur Mylène depuis qu’elle l’a pris en photo avec son doudou. La vengeance est en marche…
  • La fête des mères pères. Anatole a une merveilleuse idée pour la fête des mères : il tond un paillasson avec une belle inscription; mais la tondeuse grille…
  • Ce n’est qu’un au-revoir. La directrice de l’école d’Anatole part à la retraite. L’espiègle garçon décide de lui faire une surprise, entre dans son bureau pendant la cérémonie d’adieu…

Série BD Kids éditée par Bayard, Anatole Latuile s’est déjà vendue à plus de 20 000 exemplaires. Prépubliée dans le magazine J’aime Lire, c’est une belle série jeunesse dans la même veine que Tom-Tom et Nana ou Kiki et Aliène. Les mini-récits de Anne Didier et Olivier Muller sont agréables, fluides à la lecture et très inventifs. Le duo de gaffeurs Anatole et Jason, s’ils n’en font qu’à leur tête, sont de gentils malfaiteurs. Leurs inventions et mensonges gentillets sont plus amusants que méchants. Rigolos et foufous à souhait, ils plairont forcément aux jeunes lecteurs qui pourront facilement s’identifier à eux. La joyeuse équipe autour d’eux et les adultes forment une belle galerie de personnages attachants. Pour sa première série, le dessinateur Clément Devaux s’en sort merveilleusement, mettant en scène de beaux personnages, tout en rondeur. Misant sur des planches de 2 à 5 cases, il permet une grande fluidité de lecture. De plus, les couleurs pastel adoucissent les pages.

Anotole Latuile : petite série agréable et amusante, pour passer un bon moment de lecture-plaisir, à partir de 7 ans.

  • Anatole Latuile, tome 9 : ça déménage !
  • Scénaristes : Anne Didier et Olivier Muller
  • Dessinateur : Clément Devaux
  • Editeur : BD Kids, Bayard
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 03 février 2016

Résumé de l’éditeur : Des idées farfelues, Anatole Latuile en trouve à la pelle… Pas besoin de se forcer ! Alors quand en plus son copain Jason est dans le coup, le challenge vaut le détour : décolorer totalement la fourrure de la chienne Princesse, chercher à effacer coûte que coûte une photo compromettante sur le portable de la soeur de Jason, customiser un paillasson pour la fête des pères… Ce n’est plus à démontrer : Anatole est un poète. Bien plus, un artiste de la catastrophe ! Retrouvez avec délice le Gaston Lagaffe de l’école… mais n’oubliez pas votre casque !

Le trou de la zone

Notre avis : Très belle fable animalière écologiste, Le trou de la zone est un très bon récit signé Julie M et édité par Akileos.

Les animaux sont en panique, leur environnement a changé : il fait plus chaud, il n’y a plus d’eau et les barils de déchets nucléaires sont à même le sol. En cause, le fameux trou dans la couche d’ozone. Argos, le cochon punk essaie de comprendre le pourquoi du comment. Pour cela, il demande à ses deux amis, Bella la vache et Doville l’étalon. Afin de se rafraîchir, les trois partent vers l’étang, lieu connu… Mais patatras, plus d’eau ! Il faut alors sauver les poissons…

Drôle, originale et très étonnante, l’histoire de Julie M intrigue. Pour délivrer son propos écolo, elle choisit des animaux zoomorphes. Cela lui permet de fustiger plus facilement les méfaits provoqués par l’Homme sur l’environnement. Cette satyre plutôt intelligente parle pêle-mêle des déchets nucléaires, de la hausse des températures, des mutations génétiques mais aussi des bouleversements qui en découlent comme le dérèglement de la chaîne alimentaire. Pour pimenter son récit, elle glisse quelques références à la religion bien senties.

Le trait humoristique de Julie M fonctionne à merveille pour ce récit amusant mais basés sur des propos sensés. Les couleurs en trichromie (gris, bleu et ocre) et les tramages pour les décors permettent à la jeune auteure de centrer ses vignettes sur les protagonistes.

  • Le trou de la zone
  • Auteure : Julie M
  • Editeur : Akileos
  • Prix : 15€
  • Parution : 04 février 2016

Résumé de l’éditeur : Alors qu’il chemine pour rejoindre ses camarades, Argos, le cochon casse-cou (et casse-c…) croise Rocco le cochon d’Inde, qui contemple la fouine dressée sur une pierre, la truffe en l’air, sous un soleil de plomb. Au bout d’un moment, cette dernière leur fait une révélation… la fin est proche ! Et peut-être n’a-t-elle pas tort après tout, car l’eau se fait rare. Le lit de la rivière est à sec et les gorges commencent à se déshydrater. Récit à la fois humoristique, poétique et actuel, « Le Trou de la zone » est une aventure animalière qui ravira toute la famille .

L’attaque des titans, Junior high school #1

Notre avis : L’attaque des titans est une excellente série de science-fiction de Hajime Isayama dont Comixtrip vous a parlé lors de la réédition en intégrale des premiers volumes. Les éditions Pika ont décidé de publier Junior high school, la parodie officielle de la série-mère. Signée Saki Nakagawa, elle met en scène Eren et Mikasa dans des aventures décalées.

Le manga de Saki Nakagawa est composé de huit petits récits dont l’humour peut parfois nous échapper. Il faut souligner que si le lecteur veut goûter tout le sel des blagues, il vaut mieux pour lui qu’il connaisse l’univers de L’attaque des titans.

Si dans la série-mère Eren est déjà un garçon sûr de lui, qui apporte des pauses amusantes dans le récit sombre de Hajime Isayama, dans ce manga ce trait est encore plus renforcé. Tête brûlée, il aime défier les titans. Les deux adolescents font d’ailleurs leur entrée au collège et cela permet au mangaka de proposer des histoires décalées. Le jeune garçon tente tout le temps de tourner en ridicule les gigantesques créatures puisqu’ils partagent les mêmes classes que les êtres humains.

Si graphiquement l’auteur japonais fait le job en livrant des planches agréables agrémentées du style kawaï pour renforcer le côté absurde des situations, les mini-récits ne sont pas des plus convaincants.

  • L’attaque des Titans, Junior high school, volume 1
  • Auteur : Saki Nakagawa, d’après Hajime Isayama
  • Editeur : Pika
  • Prix : 6.95€
  • Parution : 20 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Eren et Mikasa font leur entrée au collège des Titans, fréquenté par les Humains et les Titans. Cependant, Eren hait les Titans depuis une sombre affaire qui s’est déroulée cinq ans auparavant. Quelle est donc cette mystérieuse histoire ?! La cohabitation semble mal partie…

Nelson #16

Notre avis : Créée en 2001, dans le quotidien suisse Le Matin, la série jeunesse d’humour Nelson poursuit ensuite ses aventures dans le magazine Spirou et en albums chez Dupuis. A ce jour, le petit diablotin orange a vécu plus de 3000 strips sous la plume de son papa Bertschy. Le petit animal est prêt à tout pour empoisonner la vie de son entourage, grâce à une imagination débordante. Voici son seizième opus, Déplorable surprise.

Nelson est un petit diablotin orange, à la croisée d’un chat et d’un chien doté d’une queue en forme de pointe, mi-ange mi-démon. Ce petit être facétieux, espiègle et farceur, vit avec Fanny, sa jeune et jolie maîtresse dans un beau pavillon. La vie de Fanny est alors un véritable enfer à cause de Nelson qui n’arrête pas une minute : du colorant artificiels du sirop à la menthe à l’adoption d’un bébé vautour, jusqu’à sa visite dans les locaux où travaille Fanny avec Floyd, son chien souffre-douleur.

A la manière des grands auteurs américains (Charles Schultz avec les Peanuts ou Jim Davis avec Garfield), Bertschy livre une partition amusante de la vie trépidante du petit diable catastrophique. Les gags sous forme de strips en 3 cases tombent souvent justes et permettent aux jeunes lecteurs de rire de bon cœur. Le diablotin n’en rate pas une pour embêter son entourage (Fanny ou Floyd). Son imagination débordante apporte de grandes conséquences et participe à l’ambiance joyeuse dans la vie de sa maîtresse. Le trait punchy et les couleurs pétillantes de l’auteur rendent parfaitement l’ambiance humoristique de la série. Les strips qui ne comportent que peu de décors mettent parfaitement en avant les personnages, les situations comiques et les pitreries de Nelson.

  • Nelson, tome 16 : Déplorable surprise
  • Auteur : Bertschy
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 10,60€
  • Parution : 15 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Nelson reste égal à lui-même : une véritable calamité ambulante et débordante d’imagination lorsqu’il s’agit de rendre la vie impossible à Julie, sa jeune et jolie maîtresse, et à Floyd, son labrador un peu empoté. Si seulement Julie pouvait oublier son infernal diablotin pendant la journée, mais, pas de chance, Nelson adore l’accompagner au bureau où il perturbe les (bonnes ?) relations entre collègues. Comme la fois où sa mauvaise influence sur Hubert, le collègue un peu crétin de Julie, a amené celui-ci à photocopier certaines parties de son corps après avoir snifé des feutres à l’alcool… Avec Nelson, Julie a un diablotin à temps plein qui ne lui réserve que de déplorables surprises !

Treat me gently, please plus +

Notre avis : Après la sortie de Treat me gently, please – Akira Story en août dernier 2015, les éditions Taifu Comics publient la suite dans Treat me gently, please plus +, un yaoi signé Yonezou Nekota.

Prépublié en 2013 au Japon dans le magazine Be X boy Gold (édité par Libre Shuppan), ce yaoi met en scène de nouvelles histoires inédites de deux couples d’hommes entrevus dans Treat me gently please : d’un côté, Maya et Nemu et de l’autre Fumi et Shunpei.

Les premiers ont des vies très opposées. Numugasa est un excellent élève, qui ne pense qu’à ses examens et son ami Maya, très beau jeune homme, séducteur et qui en joue. Même s’il repousse souvent les avances du second, prétextant des révisions, il tombe sous son charme et sa domination dès qu’il se montre entreprenant.

Comme d’habitude dans les histoires pour adultes et plus particulièrement dans les histoires érotico-pornographiques gay, l’opposition entre les deux protagonistes fonctionne (ici un étudiant et un homme installé, le timide et l’extraverti). Même si le récit n’est pas d’une folle originalité, cela se lit plutôt bien. Les scènes de sexe sont voilées ou brouillées et plutôt suggérées. Le dessin de Yonezou Nekota est abouti mettant en lumière les visages des personnages grâce à des cadrages serrés.

Les éditions Taifu Comics, comme le confiait à Angoulême Guillaume Kapp, l’attaché de presse, vont donner un nouvel élan à leur catalogue yaoi en publiant des histoires plus poussées où les amours entre hommes ne sont qu’un élément du récit. Ainsi, ils ont édité : Bi No Kyoujin (dans l’univers des yakuzas) ou Kuroneko (teinté de fantastique). Ils n’abandonnent pas pour autant les titres plus légers de romance classique.

  • Treat me gently, please plus +
  • Auteure : Yonezou Nekota
  • Editeur : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 21 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Maya est un don Juan, Nemugasa un intello… Ils n’ont aucun point en commun, que ce soit au niveau de leur caractère ou de leur style de vie, mais c’est précisément ces différences qui leur font prendre conscience, sous les draps, de leurs sentiments réciproques. Compilation d’histoires tirées de doujinshis.

Degenarate housewives, intégrale volumes 1 à 5

Notre avis : Les éditions Dynamite publient l’intégrale des volumes 1 à 5 de Degenerate Housewives pour le label Petit Pétard, signé Rebecca. Cet album adulte met en scène Catherine, une femme au foyer qui va se découvrir une libido d’enfer et devenir lesbienne.

Catherine Mitchell, gentille ménagère de 44 ans, abonnée à Elle et à Tupperware Magazine, mère de deux charmants adolescents et mariée à un homme dévoué qui l’adore…Voulant pimenter un peu son couple, elle demande à son amie Patty un conseil. Le lendemain, elle se rend chez la jeune femme qui travaille chez un gynécologue-obstétricien. Là, cette dernière glisse de la drogue dans son verre et c’est le début d’une partie fine avec elle. Catherine Mitchell n’est plus… Elle est dorénavant attirée par les femmes. Entre Patty, la voisine qui jardine ou encore Jenny, le sexe est débridé.

Les amours lesbiennes de Catherine sont transposées dans cette intégrale de 250 pages signées Rebecca. Si les scénarios de différentes histoires ne sont pas d’une folle originalité dans sa conception et dans sa réalisation (ce n’est pas ce que l’on demande réellement à ce genre de bandes dessinées), le bon point est le côté graphique. Le trait en noir et blanc de l’auteure est assez réussi et efficace. Ciblé pour les lecteurs adultes masculins, l’album ravira ce style d’amateurs. Il faut souligner que la vie d’une femme bourgeoise, bien dans sa peau, avec mari et enfants, timide mais qui s’émancipe sexuellement est très prisée des lecteurs de récits pornographiques.

  • Degenerate housewives, intégrale volumes 1 à 5
  • Auteure : Rebecca
  • Editeur : Dynamite, label Petit Pétard
  • Prix : 16€
  • Parution : 28 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Bienvenue à Hillvale, une petite bourgade du Connecticut, où Catherine Mitchell, une femme au foyer, comme il en existe tant d’autres, se découvre une libido tonitruante Fini les soap à la télé et les réu’ Tupperware©, les journées de Cathy sont désormais ponctuées par des ateliers de minous à brouter et de troufignons défoncés. Degenerate Housewives est une parodie caustique de la famille idéale et de la classe moyenne. De fait, Rebecca n’hésite pas à pousser le bouchon très loin et à faire tomber sa créature, archétype de la MILF, dans toutes les formes de perversions imaginables.

Shaker monster #1

Notre avis : Le grand-père de Justin et Gwen possède une étrange objet fantastique : un shaker monster ! qui permet de créer des petites créatures qui égayent sans trop le vouloir le quotidien de deux enfants. Mr Tan et Mathilde Domecq proposent Tous aux abris, le premier album de la série Shaker monster, une série jeunesse fantastique et humoristique chez Gallimard.

Gwen et Justin, frère et sœur, vivent dans un petit pavillon de banlieue avec leurs parents et leur papi. Toujours en train de se titiller, se chamailler et se chercher, les deux jeunes enfants désespèrent le couple. Alors qu’une énième dispute se termine, le garçon fouille dans le grenier dans les affaires de son grand-père et il y trouve un drôle d’objet : un shaker. De retour dans sa chambre, il met des jouets à l’intérieur mais un étrange phénomène se produit dans la nuit : une substance dégoulinante et visqueuse se retrouve sur les murs et les plafonds de la maison.

Papi leur explique alors qu’il a découvert ce shaker monster lors d’une expédition dans un temple. Tel Indiana Jones, le vieil homme était un vrai baroudeur-archéologue. Mais quand il y en a un, il y a en plusieurs…

Catastrophes, situations cocasses, multiplications des monstres (rigolos et avec un drôle de pouvoir, comme certains Pokémon) et relations tendues entre Gwen et Justin font de cet album une belle réussite. La tornade des créatures est rafraîchissante et assez amusante. Mr Tan et Mathilde Domecq se sont associés pour la partie graphique comme pour la partie scénaristique et cela donne un début de série jeunesse d’une belle qualité.

Antoine Dole (Mr Tan) a déjà publié Mortelle Adèle (9 volumes chez Tourbillon) et de son côté Mathilde Domecq est à la tête de 6 albums Basile et Melba & Paola Crusoé dont Comixtrip vous avait parlé chaleureusement (toutes deux chez Glénat), ce qui donne un duo à quatre mains de grande qualité. Fou et décalé, le récit ravira les plus jeunes. La partie graphique est maîtrisée et colorée.

  • Shaker monster, tome 1 : Tous aux abris !
  • Auteurs : Mr Tan et Mathilde Domecq
  • Editeur : Gallimard
  • Prix : 11.90€
  • Parution : 14 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Justin et Gwen passent leur vie à se chamailler, comme tout bons frère et soeur. Leur quotidien est bouleversé le jour où Justin trouve un objet magique dans un vieux carton de papi: le Shaker Monster. Il suffit d’y déposer n’importe quel ingrédient et de le secouer pour donner vie à un petit monstre… Si bien que la maison est rapidement transformée en véritable champ de bataille! Ensemble, ils vont devoir redoubler d’efforts pour remettre les petits monstres dans le Shaker et prouver que l’union fait la force!

Doigts d’honneur

Notre avis : Alors que Moubarak fut chassé du pouvoir depuis deux ans, les égyptiens sont convaincus qu’ont leur a volé leur révolution avec le gouvernement Morsi. Ils redescendent dans la rue pour donner de nouveau de la voix. Ferenc et Bast racontent ce moment historique si crispant dans Doigts d’honneur, un très beau roman graphique, édité par La boîte à bulles.

Layla est une jeune égyptienne, enfant de la première révolution, qui a mis à genoux le vieux Moubarak, dirigeant fort de la dictature. Ce qu’elle souhaite le plus, c’est de terminer ses études malgré le nouveau pouvoir en place de Morsi et des Frères musulmans. Libre et lettrée, elle est une jeune femme de son temps. Alors que les égyptiens sont sur le point de défier le gouvernement conservateur, elle est happée par son ami Asim jusqu’à la place Tahrir. Mais là-bas, tout ne se passe pas pour le mieux; elle est agressée sexuellement par des hommes. Alors qu’elle essaie de porter plainte après ce tragique incident, personne ne l’écoute…

Comme Etenesh édité par Des ronds dans l’o, les éditions La Boîte à Bulles continuent leur travail passionnant avec Amnesty International (un dossier est accolé à l’album). Pour parler des Révolutions égyptiennes, le scénariste Ferenc utilise un angle nouveau; à savoir : le harcèlement et les agressions sur la place Tahrir. Il faut souligner que pas moins de 5 journalistes féminines furent victimes de ces comportements odieux (dont les deux françaises Caroline Sinz de France 3 et Sonia Dridi de France 24).

Ainsi, l’auteur parisien (éditeur dans la maison d’édition depuis 10 ans) met en lumière la situation des femmes en Egypte, au Maghreb en général; celles qui furent au cœur du Printemps arabe. Entre traditions fortes et volonté de progrès et de liberté, les jeunes femmes ont du mal à trouver leur place dans cette société naissante.

Cette histoire qui glisse intelligemment vers l’enquête est mise en image par Bast d’une admirablement manière. L’auteur de En plein mythe (avec Matyo, Soleil) ou En chienneté (La Boîte à Bulles) propose de belle planches en noir et blanc, agrémenté de teintes de gris mais aussi de touches (avec parcimonie) de couleur pour souligner les vêtements ou objets importants dans le récit. Une belle réussite !

  • Doigts d’honneur
  • Scénariste : Ferenc
  • Auteur : Bast
  • Editeur : La Boîte à Bulles avec Amnesty International
  • Prix : 16€
  • Parution : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Nous sommes en juin 2013 au Caire. Deux ans après la chute de Moubarak, l’Egypte redescend dans la rue pour demander le départ de Mohamed Morsi, président récemment élu. Lassée par cette révolution qui n’en finit pas, la jeune Layla a décidé de se concentrer sur la fin de ses études d’agronomie. Un ami d’enfance, Asim, obnubilé par la politique, insiste pour qu’elle l’accompagne sur la place Tahrir. D’un naturel timoré, Layla se laisse porter par le vent de liberté et l’esprit de solidarité qui semblent y régner. Elle ignore que Tahrir s’apprête à devenir le théâtre d’une forme de harcèlement sexuel particulièrement sauvage et qu’elle comptera parmi les dizaines de victimes d’une semaine pas comme les autres. Au moment de démarrer une enquête sur le martyre d’Azza Suleiman, passée à tabac par les soldats égyptiens en décembre 2011, les auteurs de Doigts d’honneur ne pensaient pas « donner vie » à Layla. Leurs premières recherches les ont amenés à élargir le spectre de leurs investigations. Les symptômes ont beau varier, les mésaventures d’Azza, celles des femmes agressées sur la place Tahrir ou encore celles des manifestantes ayant subi des tests de virginité par l’armée en mars 2011 sont toutes des formes de harcèlement à caractère sexuel. Au coeur d’une Egypte en reconstruction, où l’honneur est sur toutes les lèvres, les femmes tentent de se frayer un chemin vers leurs droits les plus élémentaires…

Quatre soeurs # 3 Bettina

Notre avis : Cati Baur adapte la série de romans Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh publié par L’école des loisirs. Précédement édité par Delcourt, cette très belle fresque familiale est maintenant publiée par Rue de Sèvres (filiale de L’école des loisirs). Pour découvrir ce que contenaient les deux premiers volumes, vous pouvez vous référer à la chronique Comixtrip, ici.

Pour ce troisième volet, la romancière met de la lumière plus particulièrement sur Bettina, 14 ans, « piquante, épuisante, charmante, insupportable, on l’aime, on la déteste, on la re-aime, on la re-déteste… tuante », comme le souligne la presentation des personnages principaux sur la première page de l’ouvrage. Elle et ses soeurs accueillent Harry et Désirée, leurs cousins parisiens dans la Vill’Hervé pour les vacances.

Véritables petites tornades dans la quasi quiétude de la maison, il faut constamment garder un œil sur eux. De plus, les finances sont à sec et Charlie est inquiète. Elle propose alors de louer l’ancienne chambre des parents, décédés dans un accident de voiture. Débarque alors Tancrède, scientifique, qui ne laisse pas insensible l’aînée de la famille au détriment de son amoureux de docteur, Basile…

Comme pour les deux précédents volumes, le récit de Malika Ferdjoukh (adapté par Cati Baur) est savoureux. Teinté d’une certaine nostalgie voire un brin désuète, l’histoire plaît par une galerie de portraits plutôt réussie. Toutes ces filles sont amusantes, attachantes et se chamaillent pour le plus grand plaisir des jeunes lecteurs. Le trait de la dessinatrice genevoise est simple, efficace; ce qui lui permet de livrer des planches équilibrées à l’aquarelle.

  • Quatre soeurs, tome 3/4 : Bettina
  • Auteure : Cati Baur, d’après Malika Ferdjoukh
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 15€
  • Parution : 20 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Au coeur de ce troisième tome de la série, il est question de Bettina, 14 ans, qui se languit du très moche et si splendide Merlin… Pour tes vacances de printemps, les soeurs Verdelaine reçoivent leurs petits cousins Harry et Désirée, venus profiter du grand air. Hortense, de son côté, échange des mails avec Muguette, toujours hospitalisée. Mais voilà que, pour joindre les deux bouts, Charlie décide de touer une partie de la maison ! Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle. Et beau…

Cumbe

Notre avis : Principal pays d’Amérique du Sud ayant pratiqué l’esclavagisme du 15e au 19e siècle, le Brésil a accueilli des milliers d’hommes et de femmes dans les plantations. Venus du Mozambique ou d’Angola (pays lusophones), ils exploitèrent les mines d’or et les champs de canne à sucre. Marcelo D’Salete propose Cumbe, un recueil de quatre récits mettant en scène les existences d’esclaves; un très bel album historique publié par çà et là.

Les quatre récits ont pour point commun le destin fort, bouleversant et brisé d’hommes et de femmes esclaves, humiliés par leurs maîtres, en proie à la peur et aux doutes. En proposant cet album Marcelo d’Salete rend hommage à ces anonymes, en leur faisant prendre chaire, dans leurs souffrances d’Hommes non-libres. Il fait incarner l’esclavagisme par quatre êtres humains, beaux et dignes dans leur malheur. Entre la volonté de fuir, de trouver un ailleurs meilleur; le chagrin d’une mère à la perte de son enfant qu’elle a eu après un viol; la force de se rebeller ou le désir de vengeance; ces récits fascinent et questionnent.

Par quels sentiments sont mués ces êtres humains ? Que faire face à des exactions ? Quel avenir pour ses propres enfants, pour soi-même ? Quelles sont les traces laissées par l’esclavagisme ? Quelles traces culturelles ont-ils laissé au Brésil ?

L’auteur brésilien met donc en lumière un pan entier de l’histoire de son pays encore méconnu. L’ambiance sombre et pesante est admirablement restituée par un trait en noir et blanc très affirmé.

Né en 1979 au Brésil, Marcelo d’Salete est illustrateur, auteur et enseignant. Après un diplôme en beaux-arts à Sao Paulo, il travaille pour des revues et sur des livres pour la jeunesse, au début de sa carrière. Il publie deux autres recueils d’histoires courtes Noite Luz en 2008 et Encruzilhada en 2011. Cumbe est son premier album publié en langue française.

  • Cumbe
  • Auteur : Marcelo d’Salete
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 20€
  • Parution : 25 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le Brésil a été l’un des principaux pays pratiquant l’esclavage, jusqu’à son abrogation en 1888. En provenance d’Angola et du Mozambique, les esclaves étaient essentiellement affectés à l’exploitation de la canne à sucre ou des mines d’or, mais aussi pour les taches ménagères dans le cas des femmes. Certains esclaves se révoltaient, prenaient les armes et se réfugiaient dans la jungle pour créer des communautés, appelées quilombos, ou cumbe, où ils vivaient en autarcie. À travers quatre nouvelles, en partie inspirées d’événements historiques, le dessinateur brésilien Marcelo d’Salete raconte des histoires d’esclaves marrons au 17e siècle, des hommes, femmes et enfants confrontés à leurs tortionnaires et décidés à se libérer du joug de l’esclavage à tout prix,..
Dans la première histoire, intitulée Calunga, un jeune esclave tente de convaincre sa compagne de s’enfuir avec lui. Dans Sumidouro (Le Puit), une femme est prise entre deux feux ; violée par son maître et jalousée par la femme de celui-ci. Dans la nouvelle Cumbe, un groupe d’esclaves marrons fomente une rébellion. La dernière histoire, Malungo, est consacrée à des quilombolas qui reviennent dans une plantation pour se venger d’exactions.