Peanut butter, le journal de Molly Fredrickson

Notre avis : Molly, lycéenne délurée, aime donner à manger à ses conquêtes – hommes comme femmes – du beurre de cacahuète qu’elle s’étale sur le corps. Cornnell Clarke livre les récits initiatiques de cette jeune fille dans Peanut Butter, le journal de Molly Fredrickson, aux éditions Dynamite.

Tous les jours, Molly note dans son journal intime ce qui lui arrive dans son existence et notamment sa première expérience homosexuelle avec son amie Erica. Elle décrit sans filtre ses ébats et ce qui fait sa marque de fabrique : le fameux beurre de cacahuète. Dans l’après-midi, le copain de son amie arrive et c’est le début d’une partie de sexe mais cette fois-ci à trois.

Elle décrit aussi toutes ses expériences folles au lycée, un institut catholique très strict mais qui lui permet de batifoler avec ses camarades filles mais aussi avec les garçons ou encore les plans à plusieurs avec ses voisins beaucoup plus âgés.

Né en 1972, Cornnell Clarke s’est spécialisé dans l’écriture d’œuvres pour adultes tels Short big apple, Sizzle ou Peanut Butter Presents: Les Confessions de Soeur Jacqueline – une suite à l’album qui nous concerne. L’originalité de Peanut Butter réside dans le style narratif utilisé, à savoir : le journal d’une jeune lycéenne. Ainsi, cela permet à l’héroïne une sorte de distance et donc une petite analyse de ce qui lui arrive. Il faut donc souligner la partie textuelle, les dialogues mais surtout récitatifs très nombreux qui prennent un peu de place sur le dessin (ils sont imprimés sous forme de calque afin de deviner le reste de la vignette).

L’album de 48 pages est composé de 4 chapitres courts qui permettent de découvrir une partie graphique de l’auteur plutôt réussie. Si les poses classiques sont un brin figées, les scènes d’ébats sont plus vivantes.

Dans le même temps, les éditions Dynamite proposent la réédition du deuxième volume de Hôtel Con-d’or de Jack-Henry Hopper, paru en 1990 chez CAP.

  • Peanut Butter, le journal de Molly Fredrickson, volume 1
  • Auteur : Cornnell Clarke
  • Editeur : Dynamite
  • Prix : 8€
  • Sortie : 18 février 2016

Résumé de l’éditeur : Molly, lycéenne dans un institut catholique américain, livre le récit de ses initiations délurées, de découvertes bisexuelles en plans à trois. Se jouant des nonnes qui la surveillent jusque dans les toilettes du lycée, lieu de toutes les débauches, Molly entraîne ses camarades dans ses délires nymphomanes. Même soeur Jacqueline, la plus sévère des enseignantes, finit par être dépravée dans une scène d’orgie mémorable. Sans oublier, bien sûr, ce fameux beurre de cacahuète («peanut butter») que Molly donne à manger à ses conquêtes, après se l’être étalé où vous imaginez.

Histoire décolorée

Notre avis : Encore une très belle découverte grâce à Misma ! Amandine Meyer et son Histoire décolorée, fascinante, élégante, troublante, décalée, psychédélique et … en un mot : formidable !

Comment résumer cet album muet ? Alors là, pas facile. On s’y essaie néanmoins en disant que ces petites histoires ont pour point commun les relations entre des filles et des garçons, qui parfois jouent, parfois se chamaillent et parfois s’aiment.

Originaire de Metz, Amandine Meyer a été diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art de Metz. Elle débute son travail d’illustratrice dans de nombreux fanzines collectifs à partir de 2004. Anton et Lotti, son premier ouvrage publié en 2012. Elle développe son talent dans les albums jeunesse comme Les bretzels d’Alicette ou Albert au pays du munster.

Dans Histoire décolorée, elle trouble son lectorat par des mini-récits entre réalité et fantasme, entre joie et tristesse, le tout souvent teinté d’un fantastique chatoyant et exubérant. C’est étrange, déconcertant mais il faut faire l’effort pour goûter ce voyage paradisiaque et enchanteur.

Le trait mue au gré des pages, agrémenté de couleurs très tranchées pour porter cet onirisme attirant et singulier.

Pour découvrir l’univers coloré de Amandine Meyer, vous pouvez parcourir son blog : http://www.amandinemeyer.com/

  • Histoire décolorée
  • Auteure : Amandine Meyer
  • Editeur : Misma
  • Prix : 16€
  • Sortie : 13 février 2016

Résumé de l’éditeur : Am, Stram, gram, pic et pic et colégram… Toutes les histoires d’Amandine Meyer pourraient commencer comme une comptine enfantine. Des garçons et des filles qui font la ronde, jouent à cache-cache, s’attrapent et fabriquent des couronnes de fleurs… Ils vivent loin des adultes, sur une île paradisiaque à la flore luxuriante, dans un monde onirique rempli de gentils animaux. Mais en s’enfonçant plus profondément dans cette jungle, on s’aperçoit que cet univers est loin d’être doux comme un agneau. Les enfants, sans visage, ont les yeux bandés pour ne pas affronter la réalité. Ils s’égratignent, se tirent les cheveux, se noient et tombent des arbres. L’innocence fait place au silence coupable. Les plantes se couvrent d’épines, elles envahissent le moindre espace, l’atmosphère devient asphyxiante et tout ce microcosme improvisé fond et dégouline comme neige au soleil.

Anguilles démoniaques #1

Notre avis : Karami, homme colossal, a contracté de nombreuses dettes de jeu. Pour s’en sortir, il doit « travailler » pour le compte de Chawaki et effectuer des tâches pas très légales. Les aventures de cet être singulier sont contées dans le très bon manga de Yusuke Ochiai et Yû Takada, Anguilles démoniaques, édité par Komikku.

Acculé par les dettes à des usuriers véreux, Masaru Kurami n’a plus qu’une chose à faire : se suicider. Pourtant ce colosse aux pieds d’argile est sauvé par Chawaki, le patron d’une étrange entreprise. Pour effacer ses ardoises, il doit effectuer des « travaux » particuliers : extorsions de fond, transport de marchandises illicites ou aller récupérer les « loyers » de gens endettés.

Celui qui est pourtant plutôt timide, naïf et gentil doit changer de personnalité afin d’effrayer les clients : raser ses cheveux et ses sourcils, porter des lunettes de soleil ou se vêtir d’un costume sombre; toute la panoplie du mafieux. Avec cette nouvelle mine patibulaire, il peut alors partir chercher un container chez un éleveur d’anguilles. Pour cela, il doit le récupérer sans poser de question. Son compagnon d’infortune, Tomita, veut alors doubler son patron…

Prépublié dans la revue Young King au Japon à partir de 2014, Anguilles démoniaques est un très bon seinen. Le récit de Yû Takada, plutôt classique au départ, glisse rapidement dans un suspens lourd proche du thriller. En situant son histoire dans le milieu mafieux des yakuzas, il imprime de l’action forte à son manga et une ambiance très sombre. Haletant et surprenant, il  happe le lecteur dès les premières pages, notamment par la personnalité de Kurami, extrêmement bien cernée. Prévu en triptyque, ce premier volume est plus qu’une mise en place d’intrigue, puisque rapidement le lecteur est plongée dans cet univers angoissant de la mafia.

Comme avec Moon Shadow dont Comixtrip vous a parlé, la partie graphique de Yusuke Ochiai est très réussie. Précis et fouillé, son dessin est idéal pour restituer  le côté sombre du récit. Les expressions du visage et des yeux de Kurami sont impressionnantes de vérité. En appliquant des hachures sur ses personnages, il amplifie très bien leurs émotions.

  • Anguilles démoniaques, volume 1
  • Scénariste : Yû Takada
  • Dessinateur : Yusuke Ochiai
  • Editeur : Komikku
  • Prix : 8.50€
  • Sortie : 11 février 2016

Résumé de l’éditeur : Masaru Kurami est criblé de dettes. Le seul moyen de s’en sortir : un job illégal pour le compte de Mr Chiwaki à la tête d’un empire criminel. Chargé de récupérer les dettes des autres ne sera pas bien difficile pour Masaru, cet homme imposant au visage presque effrayant. Mais le jour où il se verra confier une mission bien étrange, tout basculera dans sa vie qu’il voulait simple et tranquille. Il devra transporter une mystérieuse cargaison de 60 kg dans une ferme d’élevage d’anguilles sans en connaitre le contenu. Mais que contient-elle ? Panique, ambiance oppressante, suspense épouvantable et peur seront au rendez-vous de ce sublime Thriller !

Private secretary #1

Notre avis : Jusqu’où aller lorsque l’on veut obtenir un travail ? Quelles relations doit-on avoir avec son patron ? Ce sont les questions que se pose Ai quand elle accepte le travail de secrétaire dans l’entreprise de Takara dans le premier volume de Private secretary, un manga de Aya Oda, aux éditions Soleil manga.

Depuis que sont entreprise a coulé, Ai Fukumoto est désespéramment à la recherche d’un travail. Cinq tentatives se sont soldées par des échecs. Pourtant, à la sixième, elle est embauchée en tant que secrétaire dans la boîte de Takara Umenishi.  Heureuse, elle est même tombée amoureuse de son nouveau patron, qui lui a fait tout de suite des avances dès l’entretien. Emoustillée par ce moment de pré-embauche, elle en a oublié ce qu’il lui a dit. A savoir qu’elle devienne sa bonne à tout faire. En plus de son travail de secrétaire, elle devra ranger et même nettoyer les bureau sans rien demander de plus. Le vrai visage de Takara est alors mis en lumière : il agit comme un véritable sadique…

Prépublié dans le magazine Petit Comic au Japon en 2013, Private secretary est un jôsei déroutant. Il faut souligner que cette histoire (prévue en deux tomes) signée Aya Oda met en avant ce que l’on connait déjà souvent dans les récits japonais : l’humiliation et le sadisme. Cette fois-ci, c’est le patron, tout puissant, qui peut prendre une jeune femme comme souffre-douleur. D’ailleurs, il n’hésite pas à profiter de son consentement forcé pour lui faire faire d’étranges choses. La thématique attirance-répulsion permet de jouer sur l’opposition et les situations paradoxales. Sans être d’une folle originalité ni de révolutionner le genre, ce manga plaira aux jeunes femmes dont c’est le cœur de cible.

  • Private secretary, volume 1/2
  • Auteure : Aya Oda
  • Editeur : Soleil Manga
  • Prix : 6.99€
  • Parution : 10 février 2016

Résumé de l’éditeur : Ai Fukumoto na quune idée en tête : devenir la meilleure secrétaire du Japon ! Mais jusquici, tous ses emplois se sont soldés par un échec et elle désespère de trouver le job de ses rêves. Elle finit tout de même par se faire embaucher par un fameux fournisseur de kimonos. Pleine de bonne volonté, elle perd rapidement ses illusions face à son jeune patron, Takara Umenishi, qui nhésite pas à profiter de son dévouement.

Candide de Voltaire illustré par Wolinski

Notre avis : Candide était le livre de chevet de Georges Wolinski et il était normal qu’il en illustre une version publiée par Les éditions du Chêne.

C’est en 1994 que parait Candide de Voltaire illustré par Wolinski, que les éditions du Chêne rééditent pour commémorer la disparition de l’auteur pendant les attentats de Charlie en janvier 2015. Ainsi le Grand Prix de la ville d’Angoulême en 2005 met son talent au service de ce texte paru en janvier 1759 à Genève. Grand succès (20 rééditions du vivant de l’auteur), ce conte philosophique est connu des lycéens depuis de nombreuses décennies. Avec malice, cette version compte des additions du Docteur Ralph, pseudonyme de Voltaire pour éviter la censure pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Cette satyre politique, chronique sociale féroce et pamphlet contre l’optimisme leibnizien ne pouvait que plaire à ce cher Wolinski. En effet, le texte est un hymne à la vie, à la douceur et à la bonne chair a séduit le dessinateur de presse qui a fait de cette philosophie, sa ligne de conduite et de vie. Il réinterprète ainsi ce conte philosophique à sa manière, entre le côté sombre (Candide qui marche dans des rues en ruine, l’exécution du Biscayen, le viol par des soldats…) mais aussi les scènes plus coquines voire parfois érotiques (Candide et Cunégonde, des femmes et des singes…).

Une belle façon de (re)découvrir le fameux texte de Voltaire !

  • Candide de Voltaire, illustré par Wolinski
  • Auteur : Georges Wolinski, d’après Voltaire
  • Editeur : Le Chêne
  • Prix : 14.90€
  • Parution : 04 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Quoi de plus évident de réunir dans un même ouvrage le texte de l’un des plus fervents défenseurs des droits de l’homme au xviiie siècle et les dessins de Georges Wolinski, cet artiste qui entendait défendre la liberté au péril de sa vie ? Le célèbre dessinateur propose ici de remettre au goût du jour l’un des plus grands succès littéraire français du siècle des Lumières, en posant sur Candide un regard à la fois brutal et tendre, violent et passionné, innocent et cynique.

Heidi

Notre avis : Histoire devenue culte grâce à la série animée diffusée sur TF1 à partir de 1978, puis sur Antenne 2 et France 5, Heidi connait une adaptation en manga par les éditions nobi nobi !

Publié pour la première fois en 1880 par Johanna Spyri, auteure suisse, Heidi conte les aventures charmantes et bucoliques d’une petite fille orpheline qui vient habiter chez Tobias, son grand-père dans les alpages suisses, dans le canton des Grisons, au dessus de la ville de Maienfeld. Au milieu des animaux et de la chaleur humaine de son papi, elle se fait sa place dans ce lieu parfois rude de la montagne, surtout que le vieil homme vit en solitaire dans une cabane, fâché des hommes. Elle croise Peter, le petit chevrier qui deviendra son ami. Mais un jour, sa tante vient la chercher pour aller habiter à Francfort en Allemagne. Là-bas, elle doit tenir compagnie à Clara, jeune fille paralysée et en fauteuil. Après de nombreuses tensions, Heidi retrouve ses alpages et son grand-père.

Dans ce manga, l’histoire de Heidi est fidèlement adaptée. Le lecteur retrouve tous les moments importants du roman, véritable best-seller  : l’arrivée de la petite fille emmenée par sa tante, la rencontre avec Peter, celle tendue avec son grand-père, l’installation dans le chalet, les chèvres en été, la neige en hiver, la grand-mère aveugle de Peter, le voyage vers Francfort, la tante acariâtre et la douce Clara.

Une belle initiative de la part de la petite maison d’édition nobi nobi ! que de faire découvrir l’un des plus célèbres récits de la littérature enfantine à la nouvelle génération. Simple mais très fort émotionnellement, le récit ravira les plus jeunes lecteurs. Même si la partie graphique de Gyugo Yamada n’est pas révolutionnaire, il permet de passer un excellent moment de plaisir.

  • Heidi
  • Auteur : Gyugo Yamada, d’après le roman de Johanna Spyri
  • Editeur : nobi nobi !
  • Prix : 8.75€
  • Parution : 11 février 2016

Résumé de l’éditeur : Heidi est une fillette qui vit dans les Alpes auprès de son grand-père. Douce et généreuse, elle fait le bonheur de ceux qui l’entourent. Pour elle, chaque jour est une aventure merveilleuse entre le pré, les chèvres, Peter et la luge en hiver ! Mais un jour, sa tante Dete revient la chercher pour l’emmener à Francfort afin de tenir compagnie à Clara, la fille d’un riche homme d’affaires. C’est le début d’une nouvelle amitié et de grands changements pour Heidi ! À quel point la jolie enfant et son attachement à ses chères montagnes vont-ils modifier les vies de chacun ?

Fou d’amour, Wolinski

Notre avis : Les éditions du Cherche Midi poursuivent la publications des ouvrages de Georges Wolinski. Après sept recueils de dessins, elles proposent Fou d’amour.

Disparu dans les Attentats de Charlie, le 7 janvier 2015, Wolinski aimait les femmes, toutes les femmes mais par dessus tout la sienne, Maryse. Née en 1943 à Alger, elle devient journaliste et écrivain à la fin des années 60. C’est au Journal du Dimanche qu’elle rencontre celui qui deviendra son mari. C’est : « un jour de juillet 1971 » qu’elle l’épouse dans un petit village de Normandie « accompagné de deux témoins engagés sur place » comme elle le raconte dans la préface de cet ouvrage. Dès lors, ils ne se séparent jamais et filent le parfait amour durant les 44 ans de leur vie en commun.

Pour Fou d’amour, aidée de sa fille Elsa et leur éditeur, Maryse choisit soigneusement les dessins qui compose le recueil. Il faut dire que Wolinski dessinait tous les jours et qu’il multipliait les illustrations. Malgré la sieste quotidienne, il promenait ses crayons sur ses feuilles frénétiquement. Ainsi, comme le souligne la journaliste : « Ses très nombreux carnets de croquis fourmillent de silhouettes féminines, des lianes comme des « bien en chair », vêtues de jeans retroussés ou de jupes balançant sur leurs mollets. Des petites, des grandes, des jeunes et des moins jeunes, caricaturées mais jamais ridicules ».

Grâce à son trait léger et aérien, les amateurs de son œuvre retrouveront son avatar graphique et Maryse souvent allongés dans leur lit devisant, mais aussi des illustres anonymes (comme vous et moi) parlant d’amour, de sexe… de la vie; le tout avec un humour intelligent, sans une once de méchanceté, sans tourner au ridicule ces êtres de papier. Il aimait les femmes, il aimait les êtres humains tout simplement. Il y a encore dans les tiroirs de Maryse et Elise des tonnes de dessins, de quoi poursuivre la publication de l’œuvre de Wolinski. Pour notre plus grand bonheur.

  • Fou d’amour
  • Auteur : Georges Wolinski
  • Editeur : Cherche Midi
  • Prix : 13.80€
  • Parution : 18 février 2016

Résumé de l’éditeur : Ce fou d’amour, ce fou des femmes, comme l’écrit Maryse Wolinski dans sa préface, vouait un culte infini à la femme.
On retrouve dans ces dessins – pour la plupart inédits – son trait incisif, son humour qui lui permettait de dissimuler sa délicatesse d’amoureux perpétuel. Wolinski n’est jamais aussi drôle que lorsqu’il parle d’amour. Et on n’a pas fini de rire avec lui ! Les femmes vont adorer son livre. Les hommes aussi.

Oldman #1

Notre avis : Une reine d’un âge certain ne vieillit plus. Pour protéger son secret, elle est prête à supprimer les récalcitrants, notamment un vieillard enfermé dans les geôles du château et même sa propre fille. Edité par Kotoji, Chang Sheng met en scène cette histoire fantastique troublante et nerveuse dans Oldman, un manhua d’action.

Un vieil homme emprisonné depuis des lustres dans les cachots du château royal prévient le chancelier qu’il va s’en échapper. Paniqué à l’écoute de ces révélations, le gentilhomme court le dire à sa souveraine. C’est en effet elle qui a fait embastillé Oldman pour d’obscures raisons. Comment un homme sans forces pourra-t-il s’évader d’une tour si bien gardée ?

Le soir venu, par un subtil jeu d’illusions d’optique, il fuit. Mais avant de sortir du château, il récupère Rebecca, ancienne grande guerrière dont on a coupé les 4 membres et décide de l’emmener voir Vincent pour qu’il trouve une solution à son état physique.

Prépublié dans la revue Dragon Youth, puis édité par Tong Li Publishing, Oldman est un très bon manhua d’action, qui ravira les fans de fantastique médiéval. Il faut souligner que Chang Sheng, auteur originaire de Taipei (Stanle et X-girls, chez Paquet) met en place une intrigue plutôt aboutie, fondée sur le secret de la jeunesse éternelle mais surtout sur des personnages complexes qui se complètent plutôt bien : Oldman, avatar de Sean Connery, magicien intelligent et astucieux, Rebecca forte tête et agile aux combats et Vincent, rêveur et inventeur de génie. Les trois étant poursuivis par la Reine et ses sbires.

Classique dans sa narration, les thématiques abordées sont elles plus originales. Grâce à un dessin d’une grande maîtrise technique, l’auteur restitue l’ambiance à la fois sombre et plein d’espoir du manga. Les scènes de combat avec Rebecca sont d’une belle tenue graphique, très rythmés.

  • Oldman, volume 1
  • Auteur : Chang Sheng
  • Editeur : Kotoji, label Asian District
  • Prix : 7.95€
  • Parution : 29 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Début du XVIIème siècle, dans un lointain royaume. En recueillant et élevant des orphelins, la reine prouve à ses sujets que même les gens du peuple pourront un jour prétendre à la couronne. Les années passent, et la reine, dont le visage aurait dû se couvrir de rides, retrouve une seconde jeunesse. Quel est donc le secret de sa jouvence ? Le magicien OLDMAN, emprisonné par la reine, détient la réponse à ce secret.

Robny clochard

Notre avis : Robny est un sans domicile fixe qui vit de petites combines par-ci par-là. Ses aventures sont contées dans le très bel album Robny clochard de Joan Boix édité par Mosquito. Dans ce recueil de 7 histoires courtes, il y a :

  • Epaves. Pour se faire un peu d’argent, Robny a été embauché dans une casse pour voitures. Alors qu’il est très fatigué et après une sieste dans le bureau du gérant, il sort réveillé par des bruits suspects. Il tombe nez à nez avec des voleurs…
  • Sentence de mort. Pour les fêtes de Noël, Robny porte des colis-cadeaux directement chez les habitants. Entre les clients généreux ou ceux plus désagréables, il donne un paquet à Monsieur Houston. Juste après qu’il ait fermé la porte, la maison explose. Le SDF est tout de suite accusé…
  • Revivre le passé. Robny décide de retourner en Grande-Bretagne, son pays natal, lui qui l’a quitté pour les Etats-Unis. On découvre alors qu’il fut écrivain, marié à Iriam, une femme de bonne famille…

Né en 1945 à Badalone, Joan Boix est un auteur espagnol qui démarre sa carrière en 1962 avec une version dessinée du film Sissi, puis La tierra del futuro en 1968. Il se spécialise dans la bande dessinée d’horreur avec Dossier negro ou SOS dans les années 70 et dans la décennie suivante, il imagine des histoires pour adultes. Dans le même temps, il donne des cours de dessins et a pour élève célèbre Ruben Pellejero, le dessinateur de Dieter Lumpen (avec Jorge Zentner, Mosquito) mais aussi le nouveau Corto Maltese (avec Juan Diaz Canales, Casterman).

Parues en 1976, les aventures de Robny clochard (Robny el vagabundo) même datées sont d’une grande modernité. Elles permettent à son auteur de faire une belle chronique sociale des Etats-Unis des années 70 (des critiques encore très actuelles). Ainsi, il met en scène un vieil homme, qui fut écrivain reconnu grâce à un titre, riche mais rapidement proche de la banqueroute, qui quitte sa femme et son domicile pour parcourir les rues et devenir volontairement SDF. Il distille aussi des enquêtes et des actions avec des voyous pour pimenter la vie de Robny. Son trait en noir et blanc est d’une grande élégance et d’une grande force graphique.

  • Robny Clochard
  • Auteur : Joan Boix
  • Editeur : Mosquito
  • Prix : 16€
  • Parution : 05 février 2016

Résumé de l’éditeur : Robny, le sans domicile fixe comme l’on dit à présent, est un de ces marginaux qui traînent de ville en ville passant d’un petit boulot plus ou moins légal à un autre.
Une épave ? Pas vraiment, plutôt un philosophe au regard acéré, mais bienveillant. En tentant de survivre, il comprend les faiblesses de ses congénères et dévoile petit à petit sa fêlure intime, les raisons de son errance…

Caste heaven

Notre avis : Une lycée est régit par un jeu de cartes. Tout en haut de la pyramide, Azusa, le roi, qui maltraite tous les autres et en bas de l’échelle, Kusakabe, souffre-douleur. Cet étrange jeu de dominant-dominé est mis en image dans Caste heaven, un manga de Chise Ogawa, aux éditions Taifu Comics.

Drôles, intrigantes et cruelles règles que celles de ce lycée japonais qui sont fondées sur la possession de cartes. Le Jeu des castes régit ainsi la hiérarchie dans les classes. Cachées dans tout l’établissement, les cartes positionnent ainsi la fonction de ces derniers. Ils sont obligés de s’y conformer jusqu’à la partie suivante. Ainsi, les classes supérieures sont composées du Roi, du valet (son bras droit), les courtisans et les flatteurs; viennent ensuite les classes moyennes avec les messagers, les prépas et les bouffons; et enfin les classes inférieures avec les geeks, les gothiques et les brains. La cible est, quant à elle, le dernier échelon, souffre-douleur. Les élèves qui ne veulent pas se plier aux règles deviendront alors des cibles.

Azusa est ce roi, il domine tout le monde, se comporte en véritable dictateur mais personne ne remet en cause son autorité. Il aime les femmes mais les jette facilement. Kusakabe est son véritable souffre-douleur et l’humilie tous les jours. Seulement, un matin, des maîtres du jeu entrent en classe et expliquent qu’une nouvelle partie va débuter. Le roi essaie de soudoyer la cible pour lui trouver la carte la plus forte. Karino, va trouver le précieux sésame, devenir le roi; Azusa devient alors la cible et donc le souffre-douleur de Karino.

Prépubliée au Japon depuis 2014 dans le magazine Be X boy Gold, des éditions Libre Shuppan, ce yaoi n’est pas une histoire romantique simple où deux hommes s’aiment. En effet, le récit de Chise Ogawa est surtout construite comme une excellente chronique sociale. L’attraction dominant-dominé est assez diffusée au pays du soleil levant. Beaucoup de films et de mangas sont basés sur cette thématique. Ici, un simple jeu de cartes fonde un régime politique qui permet tous les coups. Pour pimenter son histoire, le roi et la cible inversent leur rôle dès les premières pages. L’humiliation est psychologique mais aussi physique, voire très sexuelle. Les pages sur le viol de Azusa par Karino sont parfois très fortes et même dérangeantes. Pourtant, ce manga se lit très bien, flattant nos bas instincts. Il faut donc bien s’accrocher pour le découvrir !

  • Caste heaven, volume 1
  • Auteure : Chise Ogawa
  • Editeur : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 21 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le jeu des castes. Un jeu de cartes décidant de la hiérarchie des élèves de chaque classe. Azusa est le « roi », il gouverne de façon absolue, jusqu’au jour où il est trahi par un de ses camarades et se retrouve déchu au rang de « cible », autrement dit souffre-douleur. C’est alors le début du cauchemar pour lui.

Akatsuki #1

Notre avis : Une maladie fait rage ! Elle transforme tous les humains en monstres. Une seule solution pour y remédier, faire appel au Kiriishi, médecins-guerriers dont font partie Hibiki et Kirisha. Le lecteur suit leurs exploits musclés dans Akatsuki, un manga de Motoki Koide aux éditions Pika.

Série terminée en 9 volumes, Akatsuki fut prépubliée entre 2009 et 2012 au Japon dans la revue Shônen Rival (des éditions Kôdansha), ce bon shônen de Motoki Koide ravira les adeptes de ce genre de manga. De l’action, des monstres, des combats, un univers médiéval et des personnages très tranchés, tous les ingrédients sont réunis pour passer un agréable moment de lecture.

Nouveaux venus dans le cercle très fermé des Kiriishi, Hibiki et Kirisha sont coéquipiers. Lui est forte tête, fonce sans trop réfléchir, gaffeur, traumatisé pendant son enfance (comme dans tout bon shônen qui se respecte – peu d’originalité donc-) et elle, plus réfléchie, d’une grande adresse aux combats. Ils sont en bas de l’échelle de la célèbre caste de médecins-guerriers, ne leur assurant pas de quoi réellement vivre. Pour gagner un peu plus d’argent, le jeune adolescent veut multiplier les guérisons-combats même contre des monstres de haut-niveau quitte à mettre son existence en danger. En faisant revenir à la vie normale les humains, il pense monter les échelons plus vite.

Rien de bien original donc dans cette série, si ce n’est les monstres singuliers et la partie graphique d’un bonne maîtrise technique. La lecteur se fait assez facilement mais les héros ne sont pas très bien définis et manquent de singularité. Bien mais en attente de mieux dans les futures volumes.

  • Akatsuki, volumes 1 & 2
  • Auteur : Motoki Koide
  • Editeur : Pika
  • Prix : 6.95€
  • Parution : 03 février 2016

Résumé de l’éditeur : Hibiki et Kirisa sont deux jeunes kiriishi, des médecins-guerriers, seuls capables de vaincre les Akatsuki, des maladies infectieuses mortelles qui transforment tout être contaminé en monstre redoutable. Les kiriishi parcourent le monde afin d’aider les contaminés et de détruire les foyers d’infection d’Akatsuki ! Au fil de leurs missions, Hibiki, un garçon désinvolte, et Kirisa, une jeune fille dévouée, feront face aux pires Akatsuki dans des combats épiques qui révéleront la rage  incommensurable de Hibiki contre cette maladie et son désir de sauver tous les contaminés.

Arsène Lupin, les origines #3

Notre avis : Tout le monde connaît Arsène Lupin, le gentleman-cambrioleur, créé par Maurice Leblanc ou par la célèbre série télévisée avec Georges Descrières et son fameux générique interprété par Jacques Dutronc. Mais connaît-on vraiment sa jeunesse ? C’est le pari que se sont lancés Benoît Abtey, Pierre Deschodt et Christophe Gaultier dans leur nouvelle série Arsène Lupin les origines. Le trio d’auteurs a décidé de raconter l’adolescence du héros en s’inspirant librement du romancier.

Héros romanesque et populaire, Maurice Leblanc n’avait jamais réellement parlé des origines d’Arsène Lupin et c’est ce qu’ont décidé de faire Benoît Abtey et Pierre Deschodt. Et le résultat est plutôt intéressant, accrocheur, inventif et d’une grande originalité.

Dans le premier volet, le jeune adolescent de 12 ans avait été placé dans la maison de redressement parce qu’il aurait été témoin du meurtre de Théophraste Lupin, un maître de boxe-savate. Placé dans un bagne pour enfants, il tentait par tous les moyens de s’en échapper. Le Comte de La Marche décida alors de l’adopter et lui prodigua des conseils afin de se méfier de la Confrérie des Lombards, qui gouverne le monde en coulisse par le crime et l’argent mais fit aussi son éducation (cours, boxe, escrime…). Pour le moment, l’adolescent est timide, plutôt très avenant et attentionné aux autres, loin de son futur métier.

Dans ce troisième tome, Il faut mourir !, Arsène sauve son meilleur ennemi de la noyade lors d’un concours de kayak. En effet, tous les ans, le pensionnat ultra-strict et conservateur de Croix de Walhs organise des jeux pour désigner le meilleur dans les domaines sportifs. La journée du célèbre cambrioleur continue avec des exploits forts (javelot, équitation…). La dernière épreuve de boxe n’y changera rien : Arsène sera le grand vainqueur ! Mais en coulisse, La confrérie des Lombards joue des coudes et ose même tuer le père adoptif du jeune adolescent qui est alors accusé de son meurtre…

Le trait vif et quasi instinctif de Christophe Gaultier est toujours aussi agréable à l’œil. L’auteur de la meilleure adaptation en bande dessinée de Robinson Crusoé (Delcourt) livre des planches très équilibrées, agrémentées par de belles couleurs de Marie Galopin.

  • Arsène Lupin, les origines, tome 3/3 : Il faut mourir !
  • Scénaristes : Benoît Abtey et Pierre Deschodt
  • Dessinateur : Christophe Gaultier
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 13.50€
  • Parution : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Tandis que la France se passionne pour les exploits du mystérieux « Prince des voleurs », les olympiades tant attendues concluent la formation de nos héros à la Croix des Walhs. Arsène y gagnera l’amour d’Athéna et de solides ennemis, qui n’hésiteront pas à le faire accuser de l’assassinat de son père adoptif. Il faudra toute la ruse du jeune homme et de ses meilleurs compagnons pour renverser le destin… et ouvrir un nouveau chapitre dans la vie d’Arsène, sous le nom de Lupin. BD tout public.