Au bonheur des fans

Notre avis : Après Gazoline – l’intégrale et avant Zonard des étoiles, les éditions Les requins marteaux proposent Au bonheur des fans, un très beau recueil de 25 histoires courtes signées Jano. Publiées entre 1983 et 2002 dans divers magazines (Métal Hurlant, Picsou…), quelques unes d’entre elles sont même inédites en album. Au bonheur des fans fut publié la première fois par les éditions Automne 67 en avril 2007. Pour l’occasion, une jaquette inédite a été créée par Jano et Cizo.

Parmi ces 25 récits, il y a notamment :

  • Planète rouge. Les deux premiers chapitres de cette histoire dont Comixtrip vous a parlé.
  • Secoue tes puces (1983). La copine de Kebra n’en peut plus de vivre dans un taudis. Agacée, elle réussit à convaincre son amoureux de vendre ses babioles aux Puces…
  • La vie secrète de Benoît Bonchien (scénario JL Fromental, histoire parue dans Félix et le bus). Benoît prend le bus, s’assoupit et se retrouve au milieu de la jungle…
  • Spatiopostale (1991, La Poste). Fuinella décide de raconter ses aventures dans l’espace à ses trois filles. Elle devait acheminer le courrier aux habitants de l’espace…
  • Nomade (1996, Unesco). Jano raconte la vie de nomades dans le désert et leur évolution rapide à partir du moment où les touristes se sont pointés…
  • Les aventures estivales de Linda Panzer (1996, L’écho des Savanes). Belle jeune femme, Linda décide d’aller bronzer sur la plage. Topless, elle attise les convoitises et les hommes se battent pour la conquérir…
  • La forêt des nounours (2002, Picsou). 3 gags en une planche mettant en scène un ours et ses trois oursons, ainsi que Pimprenelle…

Ces histoires ont été publiées dans les années 80/90, celles des gentils loubards, des motos de Margerin, des Restos du Coeur de Coluche, des années Mitterrand, celles des banlieues joyeuses. Si quelques-unes ont pris un peu de plomb dans l’aile, notamment l’argot de l’époque, celles qui mettent en scène la science-fiction (Gazoline, Spatiopostale, Les maîtres des temps pourris), l’Afrique (Nomade, Sur la route, Gri gri guerilla) et celles plus fantastiques et onirique (Benoît Bonchien) sont encore très modernes et agréables à lire. Le dessin virevoltant de Jano, qui bouillonne et grouille lui permet de tout raconter et de parler de toutes les thématiques.

Au bonheur des fans, comme l’indique son nom est idéal pour les amateurs de l’œuvre de Jano, l’excellent dessinateur de Fours roses (avec Baru, Futuropolis).

  • Au bonheur des fans
  • Auteur : Jano
  • Editeur : Les requins marteaux
  • Prix : 15€
  • Parution : 13 juin 2016

Résumé de l’éditeur : 

Nils, tome 1 : Les élémentaires

Notre avis : La nature semble en panne. Nils et son père Ruben décident de partir à la recherche de solutions dans Les élémentaires, le premier volume de la nouvelle saga Soleil, Nils, signée Jérôme Hamon et Antoine Carrion.

Dans le Nord de l’Europe, très au Nord, une petite tribu survit aux difficiles conditions climatiques. Depuis des décennies, elle a trouvé des stratégies pour les surmonter. Mais voilà, alors que l’hiver est à son zénith, la nature semble comme arrêtée : les plantes ne poussent plus et les animaux ont déserté. Ruben, le botaniste explique même que les germes ne prennent plus depuis maintenant deux lunes. De plus, les brebis ne mettent plus bas et Méjane n’arrive pas à tomber enceinte. Le moment est grave. Il explique aux autres membres que ce ne sont pas les plantes qui sont en cause mais bien la terre elle-même qui est malade.

Accompagné de Nils son fils, Ruben décident de partir vers l’Est pour tenter de trouver des solutions à ce mystérieux problème. Pour le convaincre de le suivre, le père fait lui fait croire qu’ils partent chercher un faucon qu’il pourra apprivoiser. La première nuit, ils croisent une femme et ses deux enfants et leur proposent de partager leur repas. Mais elle décline car elle veut se trouver le plus loin possible des hommes du Royaume de Cyan, qui détruisent tout sur leur passage…

Jérôme Hamon propose un très bon récit fantastique avec Nils. Pour ce premier tome qui permet au scénariste de mettre en place son histoire, emprunte d’écologie, d’environnement et donc des problèmes qui y sont liés : les plantes qui ne poussent plus ou les animaux qui sont déboussolés. Pour pimenter Nils, il y intègre une tribu barbare qui fait le mal autour d’elle. En effet, d’un côté les membres de la tribu de Ruben, classique voire archaïque et qui repose sur l’agriculture raisonnée et de l’autre, les Cyan, une tribu développée et technologiquement avancée, où les robots sont préparés à la guerre. Une sorte de remake du pot de fer contre le pot de terre. Ce côté survivaliste commence tout juste à prendre forme dans ce premier volume.

Les grands espaces sombres et hivernaux lui permettent aussi de délivrer une histoire quasi en huis-clos et c’est un tour de force énorme. Au milieu de cette hostilité, le scénariste de Yokozuna (avec Marc Van Straccele, Kana) met en scène Ruben et Nils muent par les Dieux et leur sens de la nature. Entre le père, scientifique et le fils, enjoué et qui ne connait pas le monde qui l’entoure, le lecteur se plait à les suivre dans leur quête fantastique.

Le gros point fort de l’album réside dans les merveilleuses planches de Antoine Carrion. Le dessinateur du remarquable Temudjin (avec Antoine Ozanam, Daniel Maghen) mais aussi L’ombre blanche (avec le même scénariste, Soleil) enchante le lecteur par des pages dans la veine de Hayao Miyazaki et de sublimes couleurs. Un régal pour les yeux !

  • Nils, tome 1 : Les élémentaires
  • Scénariste : Jérôme Hamon
  • Dessinateur : Antoine Carrion
  • Editeur : Soleil, collection Métamorphose
  • Prix : 14.95€
  • Parution : 25 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Nils est une scintillante saga écologique à mi-chemin entre la mythologie nordique et les oeuvres de Miyazaki. Selon de vieilles légendes, il existerait un monde au-delà de la matière. Un monde constitué d’êtres lumineux, sans lesquels cette matière resterait inerte. Ainsi, quand les territoires du Nord, jadis fertiles et florissants, se muent en terres arides où plus rien ne pousse, ces légendes ressurgissent et les regards se tournent vers les dieux anciens… Jeune garçon dans la fleur de l’âge, Nils, accompagné de son père, tente d’élucider ce mystère. Il rencontre ainsi ces êtres lumineux, les âmes de la nature qui le guident jusqu’à un royaume voisin à la technologie avancée… Une quête qui bouleversera son existence. Mémoire, souvenir, équilibre entre le monde des vivants et des morts, une histoire qui immerge et intrigue à travers des questions métaphysiques et existentielles où l’on suit l’épanouissement d’un jeune homme..

Quantum and Woody, tome 1 : Les pires super-héros du monde

Notre avis : Après The Valiant, les éditions Bliss Comics dévoilent le premier tome de Quantum and Woody, un duo de super-héros déjantés signé James Asmus et Tom Folwer.

Eric et Woody sont frères : l’un est noir et l’autre est blanc, en effet ce dernier fut adopté par les parents du premier. Leur enfance est à l’image de leurs années d’adulte : tendues ! Eric est est un excellent élève, officier militaire et très droit, Woody est un loser magnifique, gentil mauvais garçon. Il faut dire que ce dernier partira du foyer familial parce qu’il pensait qu’il était de trop.

Derek, leur père, un brillant scientifique, est assassiné dans son laboratoire. Même pour son enterrement, les deux enfants se battent. Pourtant, ils décident d’aller sur le lieu de travail de l’homme de science et y découvrent un mini-disque externe. Mais ce diable de Woody ne peut pas s’empêcher de pénétrer dans une salle interdite et active le processus d’une expérience. Ils obtiennent alors des super-pouvoirs incroyables…

Le récit de James Asmus est d’une redoutable efficacité. Il met en scène un duo improbable reposant sur une inversion salutaire par rapport à l’adoption. En effet, c’est une famille noire qui adopte un petit blanc, qui bouge tout le temps et qui ne se sent pas très bien dans son foyer, au point d’en partir rapidement. L’éloignement ne remise pas au placard les rancœurs entre les deux enfants. Les dialogues et les situations cocasses apportent énormément d’humour. Après la manipulation scientifique, ils vont devoir se liguer ensemble – leur deux bracelets s’aimantent – et chasser les monstres et les méchants de la Terre, souvent sans réelle réussite. N’oublions pas non plus les costumes des deux, l’un est classe et en smoking tandis que l’autre doit se vêtir d’une combinaison avec un masque.

Le scénariste dévoile un schéma narratif d’une grande originalité et efficacité. En effet, il alterne quasiment toutes les deux pages l’époque actuelle et l’enfance de Eric et Woody. Du côté graphique, Tom Fowler fait très bien le travail. Son trait anguleux et moderne lui permet de composer des planches soignées avec des scènes de combats virevoltantes.

Quantum and Woody : c’est fou, décalé, amusant. A découvrir !

  • Quantum and Woody, tome 1 : Les pires super-héros du monde
  • Scénariste : James Asmus
  • Dessinateur : Tom Fowler
  • Editeur : Bliss Comics
  • Prix : 10€ (prix de lancement jusqu’au 31/08/16)
  • Parution : 27 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Il était une fois Eric et Woody. Ils étaient inséparables. Frères d’adoption. Meilleurs amis. Des esprits brillants. Des années plus tard, ils ne peuvent plus se supporter, ils se chamaillent pour un rien et sont de vrais ratés. Lorsque la mort de leur père les mènent à être victimes d’un accident scientifique qui va les changer à jamais, Eric et Woody se trouvent un nouveau but et un parfait prétexte pour enfiler des costumes et combattre le crime. Enfin, ils font ce qu’ils peuvent… (Ah, oui, il y a une chèvre aussi).

Fantasio se marie, le Spirou de … Feroumont

Notre avis : Après les excellents Spirou de … Tarrin et Yann (Le tombeau des Champignac), Le Gall (Les géants pétrifiés), de Emile Bravo (Le journal d’un ingénu) ou de Schwartz et Yann (Le groom-vers-de-gris & La femme-léopard), c’est au tour de Benoît Feroumont de dévoiler une histoire de Spirou et Fantastio : Fantasio se marie. Mais on ne peut pas dire qu’il nous a enchanté comme ses remarquables prédécesseurs !

Bruxelles, 1942. Une femme et sa fille sont dénoncées par un voisin à la Gestapo. Au détour d’une ruelle, la mère sort un collier magique de son sac et après une incantation, la fille prend une forme de fillette. Si elle réussit à fuir, la mère est arrêtée. L’objet magique se retrouve alors au siège des allemands…

Bruxelles, de nos jours. Depuis un certain temps, Fantasio n’est pas le même, il se comporte bizarrement : il est amoureux ! Il convie son ami Spirou chez Gallantine éditions afin de lui présenter sa future épouse, Clothilde. Il est accueilli fraîchement par la mère de la jeune femme. Quand soudain, une voleuse tente de dérober un collier de valeur – en fait le fameux collier magique qui a été séparé en 3 – mais malgré le groom, la voleuse part avec le butin.

Est-ce parce que Le Spirou de Feroumont est complétement différent des autres titres de la collection que cela ne fonctionne pas ? Est-ce parce qu’il n’utilise pas les codes convenus des aventures du groom et de son ami ? Est-ce qu’il est trop lisse, trop léger et trop « girly » ? Un peu des trois ! Il faut souligner que l’auteur a enfin glissé des femmes dans les bras de Fantasio, dans cet univers qui en manquait cruellement, qu’enfin elles y jouent un vrai rôle et que c’est le seul point positif de l’album (Seccotine, Clothilde, la voleuse, Mme Gallantine). De plus, le côté fantastique par le collier magique ne fonctionne pas du tout. Pourtant, nous ne sommes ni sectaires, ni conservateurs puisque nous avions beaucoup aimé ceux notés en préambule et à un degré moindre La grosse tête de Téhem, Makyo et Toldac.

Même s’il a un air très frais et moderne, le récit de Benoît Feroumont manque de relief et de punch. Dommage parce que c’est un auteur talentueux que l’on apprécie énormément, notamment avec sa série Le royaume, Le merveilleux spectacle de la téléréalité ou encore L’atelier mastodonte (tous chez Dupuis).

  • Le Spirou de … Feroumont, Fantasio se marie
  • Auteur : Benoît Feroumont
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 10 juin 2016

Résumé de l’éditeur : Avec humour et subtilité Feroumont donne à Spirou l’occasion de découvrir la gent féminine, fort discrète jusqu’à présent dans ses aventures. Suite aux fiançailles de Fantasio, Spirou se retrouve avec Seccotine comme partenaire. Une aventure où Spirou aura l’occasion de découvrir la gent féminine, fort discrète jusqu’à présent dans ses aventures.

L’année du lièvre, tome 3 : Un nouveau départ

Notre avis : Suite et fin de la très belle saga familiale de Tian dans l’enfer Kmer avec Un nouveau départ, le troisième et ultime volume de L’année du lièvre aux éditions Gallimard.

Dans le Cambogde des années 70, les parents de Tian, Khim et Lina sont toujours enfermés dans le camp de rééducation des Khmers. Fortes têtes, lettrés et ouverts sur le monde, ce couple était forcément une menace pour le pouvoir en place, comme de nombreux opposants. D’ailleurs, dans le village-camp, les forces d’opposition s’organisent, prêtes à renverser le gouvernement de Phnom-Penh. En attendant, Kim prévoit de faire passer toute sa famille en Thaïlande pour fuir… Est-ce le début de la Liberté ?

«Détruisons la monarchie, établissons l’Angkar ! Détruisons l’impôt, instituons les contributions volontaires ! Détruisons le blanc, mettons en valeur le noir ! Ennoblissons les ignorants et éliminons les érudits !» Voilà l’un des préceptes ineptes du régime khmer. C’est ainsi que les habitants du Cambodge devaient se comporter pour être en osmose avec les valeurs de l’Angkar, c’est-à-dire l’Organisation.

D’ailleurs les Hommes et les Femmes du village-camp doivent écouter inlassablement et sans donner leur avis, les chefs palabrer sur le nouveau Kampuchéa et comment ils doivent se comporter, le soir lors de réunions. Les villageois affamés sont maltraités, quelques fois sont très malades. Les adultes travaillent dans les champs sans relâche où des haut-parleurs crachent à longueur de journée des messages des grands chefs khmers. La vie quotidienne est régie par l’Angkar : leurs besoins matériels, leurs besoins primaires, leurs repas et jusqu’aux protocoles médicaux. Les enfants reçoivent des cours sur la famille idéale et apprennent même à devenir des espions au service des chefs de camp.

L’année du lièvre est la première bande dessinée du cambodgien Tian, né en 1975 et dont la famille fuit le régime khmer pour Paris en 1980. Le récit fort et sensible qu’il met en scène est directement tiré des témoignages de ses proches. Ce document tout en finesse sur un sujet pourtant effrayant est porté par la tendresse qu’il éprouve pour ses proches. Une belle réussite !

  • L’année du lièvre, tome 3/3 : Un nouveau départ
  • Auteur : Tian
  • Editeur : Gallimard
  • Prix : 17.25€
  • Parution : 02 juin 2016

Résumé de l’éditeur : Cambodge, 1978. Alors que Khim et Lina sont toujours prisonniers du village où ils ont été transférés, les forces d’opposition parviennent à s’organiser et à renverser la dictature. Mais la situation reste très instable et le danger omniprésent. Gagner la Thailande semble la seule issue pour Khim et sa famille… La fin du cauchemar ?

Le printemps humain, tome 2 : Résistants

Notre avis : Les Orts, visiteurs extra-terrestres, ont colonisé la Terre depuis de nombreuses décennies. Ils organisent une société où les humains n’occupent aucune place dans la hiérarchie. Parmi eux, Téomas décide de créer un réseau de résistance. Le printemps humain décline cette histoire, très bon récit d’anticipation signé Hugues Micol et publié par Casterman.

Dans le premier volume de cette série, le lecteur faisait connaissance de Jaq qui dirigeait l’Agence Terrienne qui collabore avec les Orts. De son côté, Téomas, son frère, avait décidé de rejoindre la résistance et ainsi de mettre au point une action révolutionnaire contre les occupants.

Dans le deuxième volet de cette saga de science-fiction, Jaq et ses compagnons sont de retour sur Terre après un passage au bagne. Graciés, ces hommes sont toujours avides de faire la Révolution et faisant de la résistance par l’intérieure….

A travers Le Printemps humain, Hugues Micol dévoile une excellente fable d’anticipation. Depuis quelques années, nous découvrons des séries où les humains tentent de coloniser des planètes, ici, l’auteur de Chico de la muerte propose le concept inverse : des aliens règnent sur la Terre, organisent une société hiérarchisée où un petit nombre de personnes gouverne la majorité de la population (sorte de vision d’une société ségrégationniste) avec une police-armée forte, un asservissement des êtres humains et où il n’y a aucune distraction.

Pour réenchanter cette société, Hugues Micol installe des personnages avides de résistance, voulant renverser le pouvoir. Cet embryon révolutionnaire commence tout juste à s’organiser, à trouver des membres. Parmi eux, Téomas en devient le chef. Cette liberté, il l’a au fond de lui depuis longtemps, mais elle est mise à mal dans sa propre famille puisque Jaq, son frère collabore régulièrement avec les Orts.

A travers ces deux destins opposés, l’auteur crée une véritable tension narrative. Pourtant leurs consciences seront ébranlées aux premières secousses insurrectionnelles, faisant de l’histoire une récit non-manichéen. En effet, le résistant n’est pas si loyal que cela et le collaborateur éprouve des sentiments pour ses congénères et dans la seconde partie de la saga, jaq rejoint même la Rébellion.

La culture, muselée par le pouvoir en place, joue, elle aussi, un rôle important dans les couches populaires, seul diffuseur de messages révolutionnaires. De plus la religion, elle aussi interdite, permet de se rassembler et penser à une idéal dans le futur. La galerie de portraits est formidable et variée : résistants, collabos, actrice, Petite monnaie le poulbot débrouillard, Monsieur Hazou, une aide à la résistance ou encore des gros bras.

Pour mettre en scène ce beau récit de science-fiction, Hugues Micol déploie tout son talent graphique. Son trait semi-réaliste est d’une belle efficacité. Dans la veine des histoires de Métal Hurlant, il se nourrit de ses lectures de jeunesse dans ses planches (Moebius ou Valérian).

  • Le printemps humain, tome 2 : Résistants
  • Auteur : Hugues Micol
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 18€
  • Parution : 08 juin 2016

Résumé de l’éditeur : La Terre outragée, la Terre brisée, la Terre martyrisée…mais la Terre libérée ? Ce devoir de guerre, tous les hommes sur Terre savent qu’il exige l’unité humaine. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n’avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu’à la fin, dignes de Moz.

Entre toi et moi #1

Notre avis : Reita et Mokoto, deux amis d’enfance, vont devenir un couple dans Entre toi et Moi, un shôjo de Haru Tsukishima aux éditions Kana.

Arrogant et coureur de jupons, Reita plait à toutes les filles de son lycée. Populaire, mignon et sûr de lui, il multiplie les conquêtes, contrairement à Mokoto, jolie jeune fille douce et timide. Il faut dire que les deux adolescents se connaissent depuis l’enfance, sont voisins et amis. Un jour, à la cantonade, le garçon lance en pleine rue : « Je veux bien te faire la faveur de sortir avec toi ! Mokoto ! Si tu désires à ce point un petit ami… » Tout en délicatesse !!!

Pas du tout attirée par lui, l’adolescente ne lui répond pas et le plante là devant tout le monde. Narcissique et imbu de lui même, il avait annoncé cela pour rigoler. Elle ne veut en aucun cas sortir avec lui…

Prépubliée depuis 2013 au Japon dans la revue Dessert des éditions Kôdansha, la petite série Entre toi & moi plaira sûrement aux jeunes lectrices. Si la thématique n’est pas très originale – deux amis d’enfance au caractère opposé tombent amoureux – les personnages sont pourtant très attachants : Reita est détestable, arrogant mais c’est ce qui attire dans ce garçon. Le lecteur le sent, il fait cela mais il est timide et finalement peu sûr de lui. De l’autre côté, Mokoto, qui semble timide et qui se révèlera très forte. L’amitié qui se transforme en amour est pourtant assez bien construite dans cette histoire et surtout ne se dévoile pas trop vite. Le dessin est Haru Tsukishima est moderne et très efficace.

  • Entre toi et moi, volume 1
  • Auteure : Haru Tsukishima
  • Editeur : Kana
  • Prix : 5.45€
  • Parution : 20 mai 2016

Résumé de l’éditeur :  Reita est un séducteur qui ne manque pas de confiance en lui. Pourtant, lorsqu’il s’intéresse à son amie d’enfance, Makoto, celle-ci ne répond pas à ses avances. En effet, elle est convaincue qu’elle peut trouver mieux que lui ! Mais quand Makoto se vante devant ses amies d’avoir trouvé un très beau petit ami, elle n’a d’autre choix pour dissimuler son mensonge que de faire semblant de sortir avec Reita.

Zoo Box

Notre avis : Jungle jeunesse est une nouvelle collection destinée aux enfants de 4 à 6 ans. Elle propose une introduction au genre de la BD avec des textes et des découpages adaptés aux apprentis lecteurs. Les deux premiers titres de ce label : Gaspard et Berlingot de Silvia Vecchini et Sualzo et Zoo Box de Ariel Cohn et Aron Nels Steinke dont nous allons vous parler.

Eliott et Sophie habitent avec leur parents dans un très beau petit pavillon de banlieue. Le couple décide de sortir et de laisser les enfants seuls le soir à la maison. Après les recommandations d’usage et le départ des adultes, ils décident d’aller explorer le grenier. Ils ouvrent une première malle où se trouvent des déguisements. Eliott devient un ours et Sophie un tigre. Puis sous le lit, le petit garçon découvre une boîte zébrée où il est écrit : Ne pas ouvrir ! Ni une, ni deux, ils retire le couvercle et des animaux s’en échappent…

Récompensé par le prestigieux Eisner Award 2015 dans la catégorie BD jeunesse, Zoo Box va forcément plaire aux plus petits. Il faut dire que Ariel Cohn propose une très jolie petite histoire où le fantastique et le surréalisme prévalent. Deux enfants attachants, un peu espiègles (ils n’obéissent pas à leurs parents et lèvent un interdit) sont idéaux pour que les lecteurs s’identifient à eux. Pas méchants pour un sou, ils vont vivre une aventure fantastique originale et spectaculaire. En ajoutant des animaux, la scénariste attire le jeune lectorat (autruche, rhinocéros, crocodile… et un drôle de zoo inversé) et cela fonctionne. Professeur le jour, Aron Nels Steinke (le compagnon de la scénariste) dévoile une formidable et remarquable partie graphique.  Le côté rétro de son trait et ses couleurs (un peu 80/90) lui permettent de composer de très belles cases (grandes, de 1 à 4 par page maximum).

  • Zoo box
  • Scénariste : Ariel Cohn
  • Auteur : Aron Nels Steinke
  • Editeur : Jungle, collection Jungle Jeunesse
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 08 juin 2016

Résumé de l’éditeur :  Eliott et Sophie sont seuls à la maison ! Leurs parents étant sortis pour la soirée, c est l occasion de s amuser un peu. Quoi de plus drôle que de se déguiser ? Direction le grenier, pour trouver de vieux vêtements avec lesquels confectionner des super tenues d animaux. Mais en fouillant dans les malles, ils tombent sur une grande boîte où il est écrit « NE PAS OUVRIR ». La tentation est trop forte, Elliot soulève le couvercle et laisse s échapper une autruche, puis toute une ménagerie !

Noragami, Histoires errantes

Notre avis : Les éditions Pika dévoilent Noragami histoires errantes, un spin-off de la série-mère Noragami signé Adachitoka. Elles mettent en scène Yato et tous les autres personnages dans 7 aventures inédites.

Prépubliée dans la revue Monthly shônen Magazine au Japon Noragami est signé Tôka Adachi. Cette série raconte l’histoire de Yato, un dieu mineur,  malaimé des humains comme des autres divinités. Il vend ses services aux êtres humains pour quelques yens. Un jour, il sauve la vie de Hiyori mais un bus la renverse. A partir de cet événement, son esprit vagabonde et elle peut voir les vivants et les morts. En attendant de retrouver sa vraie forme, elle doit composer avec Yato.

Quant aux Histoires errantes, elles furent prépubliées dans la revue Shônen Magazine + de Kôdansha entre 2011 et 2013 au Japon. Elles dévoilent le quotidien loufoque des divinités entrevues dans Noragami. Parmi elles, le lecteur peut notamment découvrir :

  • La chute. Un jeune homme dépressif se retrouve en haut d’une tour pour se jeter dans le vide. Mais c’était sans compter sur ce diable de Yato et Hiyori. Avant de tomber, l’homme suicidaire tente de téléphoner une dernière fois à ses parents mais il appelle le Dieu mineur. Pendant sa chute, il raconte son histoire et sa rencontre avec une belle jeune femme…
  • Ce que veulent les Shinki. Yukine est le Shinki de Yato et se change en épée. Un jour, il reçoit From les cieux, un journal gratuit envoyé par les dieux. Alors que son maître essaie de s’interposer pour qu’il ne puisse pas le lire, il découvre avec stupéfaction un annonce de Ebisu, l’une des 7 divinités du Bonheur qui recherche des Shinki…
  • Traque sur internet. Désespéré, Yato supplie Hiyori de l’aider : il est harcelé par une fille sur internet depuis qu’il a posté une photo sur un forum. Celle qui doit partagé son existence avec le dieu cherche et trouve Kiki, un site qui résout les problèmes en ligne…

Les 7 histoires de ce recueil sont décalées parfois absurdes, dans la veine de la série-mère et mettent en scène ce pauvre Yato toujours en prise avec ses vieux démons, sa pingrerie et sa mégalomanie. Adachitoka propose donc des récits qui ont pour but de faire rire et de détendre. C’est plutôt simple, bien écrit et efficace. Sous leurs airs amusants et qui ne paient pas de mine, ils sont pourtant intéressants. Pour cela, la mangaka puisse dans des thématiques fortes (suicide, internet, le travail…).

  • Noragami, histoires errantes
  • Auteure : Adachitoka
  • Editeur : Pika
  • Prix : 7.20€
  • Parution : 25 mai 2016

Résumé de l’éditeur : Pendant ce temps, entre le Higan et le Shigan… Vous vouliez savoir ce qu’il se passe entre les chapitres de Noragami ? Tout découvrir du quotidien des divinités et de leurs shinki ? Retrouvez Yato et tous vos personnages préférés dans sept aventures inédites toutes plus loufoques les unes que les autres !

L’ours Barnabé, tome 17 : Un pour tous, tous pour un

Notre avis : Un pour tous, tous pour un est le dix-septième recueil des aventures de L’ours Barnabé, le très bel univers poétique et surréaliste de Philippe Coudray, édité par La Boîte à Bulles.

A travers les 48 pages, l’auteur bordelais dévoile les mini-récits de son héros de papier favori, L’ours Barnabé. Créé en 1980, le plantigrade traverse les âges et enchante les différentes générations. Récompensée par le Prix des Ecoles à Angoulême en 2011, la série plait aux petits comme aux plus grands qui trouveront un second niveau de lecture et un humour subtil. D’une rare intelligence, l’album manie la poésie, la philosophie et la joie de vivre.

Entouré de ses amis animaux, L’ours Barnabé vit des aventures folles qui soulignent des thématiques contemporaines très fortes : la nature et l’écologie (le poisson dans un bocal, un cerf qui veut se battre, la marée, les œufs d’autruche, les salades qui poussent); la peinture,  la sculpture et les Arts (musée militaire, l’aquarium…) mais aussi le sport et l’amitié.

L’ours Barnabé : une série à (re)découvrir assurément !

  • L’Ours Barnabé, tome 17 : Un pour tous, tous pour un
  • Auteur : Philippe Coudray
  • Editeur: La Boîte à Bulles, collection La malle aux images
  • Prix: 12.50€
  • Parution : 08 juin 2016

Résumé de l’éditeur : Déambulant à son gré à travers les plaines et les montagnes en compagnie de son ami le lapin, l’Ours Barnabé est aussi fin philosophe qu’il peut être poète (et ce parfois malgré lui !). Créé en 1980, Barnabé traverse les âges et fait le bonheur des petits comme des grands. Mu par une douceur de vivre communicative, notre ours fait preuve d’une spiritualité pleine d’humour qui fait mouche.

Carthago Adventures, tome 4 : Amarok

Notre avis : Les Humanoïdes Associés dévoilent le quatrième volume de Carthago Adventures, le prequel du thriller écologique Carthago. Toujours scénarisé par Christophe Bec (aidé par Gilles Daoust), il est mis en image par Drazen Kovacevic.

Chasseur d’animaux surprenants et disparus, London Donovan se rend dans le Grand Nord pour découvrir des traces de vie de l’Amarok, un énorme loup. Comme pour les autres missions, il est payé par Feiersinger, riche homme d’affaires au passé douteux qui souhaite garnir sa collection personnelle.

L’Amarok résiste, se défend et fait un carnage. Aidé par le Centenaire des Carpates, Donovan va tenter de le capturer coute que coute…

Le récit très solide de Christophe Bec et Gilles Daoust mêle habilement le thriller, le suspens et l’action. Le rythme soutenu permet à l’histoire de prendre une belle tournure. Les personnages sont bien campés, comme Feiersinger, étrange homme collectionneur de bêtes disparues à la double personnalité ou encore Donovan, homme de main du vieux scientifique aux méthodes expéditives. Plaisant à la lecture, la grande force de cet album est sans conteste le scénario de l’auteur de Pandemonium ou Sanctuaire. Côté dessin, le lecteur est agréablement surpris par les planches de Drazen Kovacevic. Le Croate, qui a obtenu un diplôme à l’Académie des Arts Appliqués de Belgrade, prend la suite de Jaouen (premier volet), Fafner (2e) et Cossu & Santenac pour le précédent.

Carthago adventures : un album plaisant et classique à l’intrigue solide.

  • Carthago Adventures, volume 4 : Amarok
  • Scénaristes : Christophe Bec et Gilles Daoust
  • Dessinateur : Drazen Kovacevic
  • Editeur : Les Humanoïdes Associés
  • Prix : 14.20€
  • Parution : 08 juin 2016

Résumé de l’éditeur : London Donovan et le Centenaire des Carpates se lancent dans une nouvelle traque ! Sur les traces de l’Amarok, un loup géant du grand Nord canadien, ils s’aventurent dans des paysages de neige et de glace. Lorsqu’ils découvrent que l’Amarok chasse en meute, la chasse s’avère plus dangereuse que prévue. De l’homme et du loup, qui sera le prédateur ? Réunissant à nouveau le duo de choc formé par London Donovan et le Centenaire des Carpates, cet épisode haletant fait la part belle à l’action.

Droit au but, tome 13

Notre avis : Milieu de terrain portant le numéro 13, Nino vit sa treizième aventure 13 pour Nino, un album dans l’univers du foot imaginé par Agnello, Davoine, Garréra et Colombo au éditions Hugo BD.

Nino et ses camarades de club de l’OM vont avoir le grand honneur de jouer le Mondial des Clubs pour les jeunes. Cet événement est encore plus fort pour eux car il va se dérouler à Marseille; la pression est donc importante sur leurs frêles épaules.

Les joueurs professionnels de l’équipe fanion leur font même la surprise de venir les encourager lors de leur dernier entrainement. C’est ce moment que choisit Rémy Cabella pour offrir son maillot au jeune Nino, capitaine des minots. Mais le plus délicat, c’est lorsqu’une journaliste l’interroge entre deux portes et qui lui tresse des louanges dans son papier, ce qui attire les jalousies de ses coéquipiers…

Alors que l’Euro de football débute vendredi 10 juin, les publications autour du ballon rond se multiplient. Le treizième album de Droit au but, une série pour les plus jeunes amoureux de l’Olympique de Marseille, sort donc juste avant ce grand événement sportif. Comme pour les précédents volume, l’histoire – pas d’une grande originalité et aux ressorts scénaristiques classiques – est néanmoins d’une grande efficacité. Idéale pour les plus jeunes, elle met en scène Nino, future vedette du ballon rond, à qui il arrive de nombreuses aventures. Dans 13 pour Nino, le duo de scénaristes imagine un récit autour de la jalousie. On se doute, un happy end attend le jeune lectorat pour achever l’album. C’est simple, ça se lit facilement et c’est assez bon dans ce genre de bande dessinée.

  • Droit au but, tome 13 : 13 pour Nino
  • Scénaristes : Agnello et Davoine
  • Dessinateurs : Garréra et Colombo
  • Editeur : Hugo BD
  • Prix : 10.45€
  • Parution : 09 juin 2016

Résumé de l’éditeur : Les jeunes de l’OM sont toujours en lice dans le Mondial des clubs accueilli par la cité phocéenne. Après une défaite contre Santos et une victoire contre le New England Revolution, ils doivent gagner face à l’étoile du Sahel pour rester dans la course et passer en quarts de finale. Et c’est un sans faute ! Une brillante victoire 3 buts à 1 permet à l’OM de se qualifier pour les quarts. Avec deux buts inscrits et une passe décisive, Nino est l’homme du match. Tout lui sourit et le nouveau coach, le sévère et mystérieux Pepe, semble lui faire confiance. À la fin du match, en se dirigeant vers les vestiaires, une équipe de la presse locale pose quelques questions à Nino. Tout Marseille s’intéresse à la coupe du monde des jeunes et parle des minots. Nino avoue qu’il est en forme, qu’il a beaucoup travaillé et qu’il est désormais meilleur qu’avant. Pourtant, le lendemain, à l’entraînement, les coéquipiers de Nino sont froids et distants. Personne ne lui passe le ballon, tout le monde semble l’ignorer. Pepe lui-même est cassant avec lui, l’appelle « la starlette », lui donne des exercices supplémentaires. Nino, déboussolé par cette attitude, comprend bientôt ce qu’on lui reproche quand un de ses camarades lui tend le journal. Il est titré : « Nino Fachetti :  »je suis le meilleur »». Les ennuis ne font que commencer… Comment Nino va t il se sortir de ce mauvais pas et comment va t il supporter cette pression et faire gagner l’OM ?