Treat me gently, please plus +

Notre avis : Après la sortie de Treat me gently, please – Akira Story en août dernier 2015, les éditions Taifu Comics publient la suite dans Treat me gently, please plus +, un yaoi signé Yonezou Nekota.

Prépublié en 2013 au Japon dans le magazine Be X boy Gold (édité par Libre Shuppan), ce yaoi met en scène de nouvelles histoires inédites de deux couples d’hommes entrevus dans Treat me gently please : d’un côté, Maya et Nemu et de l’autre Fumi et Shunpei.

Les premiers ont des vies très opposées. Numugasa est un excellent élève, qui ne pense qu’à ses examens et son ami Maya, très beau jeune homme, séducteur et qui en joue. Même s’il repousse souvent les avances du second, prétextant des révisions, il tombe sous son charme et sa domination dès qu’il se montre entreprenant.

Comme d’habitude dans les histoires pour adultes et plus particulièrement dans les histoires érotico-pornographiques gay, l’opposition entre les deux protagonistes fonctionne (ici un étudiant et un homme installé, le timide et l’extraverti). Même si le récit n’est pas d’une folle originalité, cela se lit plutôt bien. Les scènes de sexe sont voilées ou brouillées et plutôt suggérées. Le dessin de Yonezou Nekota est abouti mettant en lumière les visages des personnages grâce à des cadrages serrés.

Les éditions Taifu Comics, comme le confiait à Angoulême Guillaume Kapp, l’attaché de presse, vont donner un nouvel élan à leur catalogue yaoi en publiant des histoires plus poussées où les amours entre hommes ne sont qu’un élément du récit. Ainsi, ils ont édité : Bi No Kyoujin (dans l’univers des yakuzas) ou Kuroneko (teinté de fantastique). Ils n’abandonnent pas pour autant les titres plus légers de romance classique.

  • Treat me gently, please plus +
  • Auteure : Yonezou Nekota
  • Editeur : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 21 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Maya est un don Juan, Nemugasa un intello… Ils n’ont aucun point en commun, que ce soit au niveau de leur caractère ou de leur style de vie, mais c’est précisément ces différences qui leur font prendre conscience, sous les draps, de leurs sentiments réciproques. Compilation d’histoires tirées de doujinshis.

Degenarate housewives, intégrale volumes 1 à 5

Notre avis : Les éditions Dynamite publient l’intégrale des volumes 1 à 5 de Degenerate Housewives pour le label Petit Pétard, signé Rebecca. Cet album adulte met en scène Catherine, une femme au foyer qui va se découvrir une libido d’enfer et devenir lesbienne.

Catherine Mitchell, gentille ménagère de 44 ans, abonnée à Elle et à Tupperware Magazine, mère de deux charmants adolescents et mariée à un homme dévoué qui l’adore…Voulant pimenter un peu son couple, elle demande à son amie Patty un conseil. Le lendemain, elle se rend chez la jeune femme qui travaille chez un gynécologue-obstétricien. Là, cette dernière glisse de la drogue dans son verre et c’est le début d’une partie fine avec elle. Catherine Mitchell n’est plus… Elle est dorénavant attirée par les femmes. Entre Patty, la voisine qui jardine ou encore Jenny, le sexe est débridé.

Les amours lesbiennes de Catherine sont transposées dans cette intégrale de 250 pages signées Rebecca. Si les scénarios de différentes histoires ne sont pas d’une folle originalité dans sa conception et dans sa réalisation (ce n’est pas ce que l’on demande réellement à ce genre de bandes dessinées), le bon point est le côté graphique. Le trait en noir et blanc de l’auteure est assez réussi et efficace. Ciblé pour les lecteurs adultes masculins, l’album ravira ce style d’amateurs. Il faut souligner que la vie d’une femme bourgeoise, bien dans sa peau, avec mari et enfants, timide mais qui s’émancipe sexuellement est très prisée des lecteurs de récits pornographiques.

  • Degenerate housewives, intégrale volumes 1 à 5
  • Auteure : Rebecca
  • Editeur : Dynamite, label Petit Pétard
  • Prix : 16€
  • Parution : 28 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Bienvenue à Hillvale, une petite bourgade du Connecticut, où Catherine Mitchell, une femme au foyer, comme il en existe tant d’autres, se découvre une libido tonitruante Fini les soap à la télé et les réu’ Tupperware©, les journées de Cathy sont désormais ponctuées par des ateliers de minous à brouter et de troufignons défoncés. Degenerate Housewives est une parodie caustique de la famille idéale et de la classe moyenne. De fait, Rebecca n’hésite pas à pousser le bouchon très loin et à faire tomber sa créature, archétype de la MILF, dans toutes les formes de perversions imaginables.

Shaker monster #1

Notre avis : Le grand-père de Justin et Gwen possède une étrange objet fantastique : un shaker monster ! qui permet de créer des petites créatures qui égayent sans trop le vouloir le quotidien de deux enfants. Mr Tan et Mathilde Domecq proposent Tous aux abris, le premier album de la série Shaker monster, une série jeunesse fantastique et humoristique chez Gallimard.

Gwen et Justin, frère et sœur, vivent dans un petit pavillon de banlieue avec leurs parents et leur papi. Toujours en train de se titiller, se chamailler et se chercher, les deux jeunes enfants désespèrent le couple. Alors qu’une énième dispute se termine, le garçon fouille dans le grenier dans les affaires de son grand-père et il y trouve un drôle d’objet : un shaker. De retour dans sa chambre, il met des jouets à l’intérieur mais un étrange phénomène se produit dans la nuit : une substance dégoulinante et visqueuse se retrouve sur les murs et les plafonds de la maison.

Papi leur explique alors qu’il a découvert ce shaker monster lors d’une expédition dans un temple. Tel Indiana Jones, le vieil homme était un vrai baroudeur-archéologue. Mais quand il y en a un, il y a en plusieurs…

Catastrophes, situations cocasses, multiplications des monstres (rigolos et avec un drôle de pouvoir, comme certains Pokémon) et relations tendues entre Gwen et Justin font de cet album une belle réussite. La tornade des créatures est rafraîchissante et assez amusante. Mr Tan et Mathilde Domecq se sont associés pour la partie graphique comme pour la partie scénaristique et cela donne un début de série jeunesse d’une belle qualité.

Antoine Dole (Mr Tan) a déjà publié Mortelle Adèle (9 volumes chez Tourbillon) et de son côté Mathilde Domecq est à la tête de 6 albums Basile et Melba & Paola Crusoé dont Comixtrip vous avait parlé chaleureusement (toutes deux chez Glénat), ce qui donne un duo à quatre mains de grande qualité. Fou et décalé, le récit ravira les plus jeunes. La partie graphique est maîtrisée et colorée.

  • Shaker monster, tome 1 : Tous aux abris !
  • Auteurs : Mr Tan et Mathilde Domecq
  • Editeur : Gallimard
  • Prix : 11.90€
  • Parution : 14 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Justin et Gwen passent leur vie à se chamailler, comme tout bons frère et soeur. Leur quotidien est bouleversé le jour où Justin trouve un objet magique dans un vieux carton de papi: le Shaker Monster. Il suffit d’y déposer n’importe quel ingrédient et de le secouer pour donner vie à un petit monstre… Si bien que la maison est rapidement transformée en véritable champ de bataille! Ensemble, ils vont devoir redoubler d’efforts pour remettre les petits monstres dans le Shaker et prouver que l’union fait la force!

Doigts d’honneur

Notre avis : Alors que Moubarak fut chassé du pouvoir depuis deux ans, les égyptiens sont convaincus qu’ont leur a volé leur révolution avec le gouvernement Morsi. Ils redescendent dans la rue pour donner de nouveau de la voix. Ferenc et Bast racontent ce moment historique si crispant dans Doigts d’honneur, un très beau roman graphique, édité par La boîte à bulles.

Layla est une jeune égyptienne, enfant de la première révolution, qui a mis à genoux le vieux Moubarak, dirigeant fort de la dictature. Ce qu’elle souhaite le plus, c’est de terminer ses études malgré le nouveau pouvoir en place de Morsi et des Frères musulmans. Libre et lettrée, elle est une jeune femme de son temps. Alors que les égyptiens sont sur le point de défier le gouvernement conservateur, elle est happée par son ami Asim jusqu’à la place Tahrir. Mais là-bas, tout ne se passe pas pour le mieux; elle est agressée sexuellement par des hommes. Alors qu’elle essaie de porter plainte après ce tragique incident, personne ne l’écoute…

Comme Etenesh édité par Des ronds dans l’o, les éditions La Boîte à Bulles continuent leur travail passionnant avec Amnesty International (un dossier est accolé à l’album). Pour parler des Révolutions égyptiennes, le scénariste Ferenc utilise un angle nouveau; à savoir : le harcèlement et les agressions sur la place Tahrir. Il faut souligner que pas moins de 5 journalistes féminines furent victimes de ces comportements odieux (dont les deux françaises Caroline Sinz de France 3 et Sonia Dridi de France 24).

Ainsi, l’auteur parisien (éditeur dans la maison d’édition depuis 10 ans) met en lumière la situation des femmes en Egypte, au Maghreb en général; celles qui furent au cœur du Printemps arabe. Entre traditions fortes et volonté de progrès et de liberté, les jeunes femmes ont du mal à trouver leur place dans cette société naissante.

Cette histoire qui glisse intelligemment vers l’enquête est mise en image par Bast d’une admirablement manière. L’auteur de En plein mythe (avec Matyo, Soleil) ou En chienneté (La Boîte à Bulles) propose de belle planches en noir et blanc, agrémenté de teintes de gris mais aussi de touches (avec parcimonie) de couleur pour souligner les vêtements ou objets importants dans le récit. Une belle réussite !

  • Doigts d’honneur
  • Scénariste : Ferenc
  • Auteur : Bast
  • Editeur : La Boîte à Bulles avec Amnesty International
  • Prix : 16€
  • Parution : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Nous sommes en juin 2013 au Caire. Deux ans après la chute de Moubarak, l’Egypte redescend dans la rue pour demander le départ de Mohamed Morsi, président récemment élu. Lassée par cette révolution qui n’en finit pas, la jeune Layla a décidé de se concentrer sur la fin de ses études d’agronomie. Un ami d’enfance, Asim, obnubilé par la politique, insiste pour qu’elle l’accompagne sur la place Tahrir. D’un naturel timoré, Layla se laisse porter par le vent de liberté et l’esprit de solidarité qui semblent y régner. Elle ignore que Tahrir s’apprête à devenir le théâtre d’une forme de harcèlement sexuel particulièrement sauvage et qu’elle comptera parmi les dizaines de victimes d’une semaine pas comme les autres. Au moment de démarrer une enquête sur le martyre d’Azza Suleiman, passée à tabac par les soldats égyptiens en décembre 2011, les auteurs de Doigts d’honneur ne pensaient pas « donner vie » à Layla. Leurs premières recherches les ont amenés à élargir le spectre de leurs investigations. Les symptômes ont beau varier, les mésaventures d’Azza, celles des femmes agressées sur la place Tahrir ou encore celles des manifestantes ayant subi des tests de virginité par l’armée en mars 2011 sont toutes des formes de harcèlement à caractère sexuel. Au coeur d’une Egypte en reconstruction, où l’honneur est sur toutes les lèvres, les femmes tentent de se frayer un chemin vers leurs droits les plus élémentaires…

Quatre soeurs # 3 Bettina

Notre avis : Cati Baur adapte la série de romans Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh publié par L’école des loisirs. Précédement édité par Delcourt, cette très belle fresque familiale est maintenant publiée par Rue de Sèvres (filiale de L’école des loisirs). Pour découvrir ce que contenaient les deux premiers volumes, vous pouvez vous référer à la chronique Comixtrip, ici.

Pour ce troisième volet, la romancière met de la lumière plus particulièrement sur Bettina, 14 ans, « piquante, épuisante, charmante, insupportable, on l’aime, on la déteste, on la re-aime, on la re-déteste… tuante », comme le souligne la presentation des personnages principaux sur la première page de l’ouvrage. Elle et ses soeurs accueillent Harry et Désirée, leurs cousins parisiens dans la Vill’Hervé pour les vacances.

Véritables petites tornades dans la quasi quiétude de la maison, il faut constamment garder un œil sur eux. De plus, les finances sont à sec et Charlie est inquiète. Elle propose alors de louer l’ancienne chambre des parents, décédés dans un accident de voiture. Débarque alors Tancrède, scientifique, qui ne laisse pas insensible l’aînée de la famille au détriment de son amoureux de docteur, Basile…

Comme pour les deux précédents volumes, le récit de Malika Ferdjoukh (adapté par Cati Baur) est savoureux. Teinté d’une certaine nostalgie voire un brin désuète, l’histoire plaît par une galerie de portraits plutôt réussie. Toutes ces filles sont amusantes, attachantes et se chamaillent pour le plus grand plaisir des jeunes lecteurs. Le trait de la dessinatrice genevoise est simple, efficace; ce qui lui permet de livrer des planches équilibrées à l’aquarelle.

  • Quatre soeurs, tome 3/4 : Bettina
  • Auteure : Cati Baur, d’après Malika Ferdjoukh
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 15€
  • Parution : 20 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Au coeur de ce troisième tome de la série, il est question de Bettina, 14 ans, qui se languit du très moche et si splendide Merlin… Pour tes vacances de printemps, les soeurs Verdelaine reçoivent leurs petits cousins Harry et Désirée, venus profiter du grand air. Hortense, de son côté, échange des mails avec Muguette, toujours hospitalisée. Mais voilà que, pour joindre les deux bouts, Charlie décide de touer une partie de la maison ! Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle. Et beau…

Cumbe

Notre avis : Principal pays d’Amérique du Sud ayant pratiqué l’esclavagisme du 15e au 19e siècle, le Brésil a accueilli des milliers d’hommes et de femmes dans les plantations. Venus du Mozambique ou d’Angola (pays lusophones), ils exploitèrent les mines d’or et les champs de canne à sucre. Marcelo D’Salete propose Cumbe, un recueil de quatre récits mettant en scène les existences d’esclaves; un très bel album historique publié par çà et là.

Les quatre récits ont pour point commun le destin fort, bouleversant et brisé d’hommes et de femmes esclaves, humiliés par leurs maîtres, en proie à la peur et aux doutes. En proposant cet album Marcelo d’Salete rend hommage à ces anonymes, en leur faisant prendre chaire, dans leurs souffrances d’Hommes non-libres. Il fait incarner l’esclavagisme par quatre êtres humains, beaux et dignes dans leur malheur. Entre la volonté de fuir, de trouver un ailleurs meilleur; le chagrin d’une mère à la perte de son enfant qu’elle a eu après un viol; la force de se rebeller ou le désir de vengeance; ces récits fascinent et questionnent.

Par quels sentiments sont mués ces êtres humains ? Que faire face à des exactions ? Quel avenir pour ses propres enfants, pour soi-même ? Quelles sont les traces laissées par l’esclavagisme ? Quelles traces culturelles ont-ils laissé au Brésil ?

L’auteur brésilien met donc en lumière un pan entier de l’histoire de son pays encore méconnu. L’ambiance sombre et pesante est admirablement restituée par un trait en noir et blanc très affirmé.

Né en 1979 au Brésil, Marcelo d’Salete est illustrateur, auteur et enseignant. Après un diplôme en beaux-arts à Sao Paulo, il travaille pour des revues et sur des livres pour la jeunesse, au début de sa carrière. Il publie deux autres recueils d’histoires courtes Noite Luz en 2008 et Encruzilhada en 2011. Cumbe est son premier album publié en langue française.

  • Cumbe
  • Auteur : Marcelo d’Salete
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 20€
  • Parution : 25 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le Brésil a été l’un des principaux pays pratiquant l’esclavage, jusqu’à son abrogation en 1888. En provenance d’Angola et du Mozambique, les esclaves étaient essentiellement affectés à l’exploitation de la canne à sucre ou des mines d’or, mais aussi pour les taches ménagères dans le cas des femmes. Certains esclaves se révoltaient, prenaient les armes et se réfugiaient dans la jungle pour créer des communautés, appelées quilombos, ou cumbe, où ils vivaient en autarcie. À travers quatre nouvelles, en partie inspirées d’événements historiques, le dessinateur brésilien Marcelo d’Salete raconte des histoires d’esclaves marrons au 17e siècle, des hommes, femmes et enfants confrontés à leurs tortionnaires et décidés à se libérer du joug de l’esclavage à tout prix,..
Dans la première histoire, intitulée Calunga, un jeune esclave tente de convaincre sa compagne de s’enfuir avec lui. Dans Sumidouro (Le Puit), une femme est prise entre deux feux ; violée par son maître et jalousée par la femme de celui-ci. Dans la nouvelle Cumbe, un groupe d’esclaves marrons fomente une rébellion. La dernière histoire, Malungo, est consacrée à des quilombolas qui reviennent dans une plantation pour se venger d’exactions.

Harmony #1

Notre avis : La nouvelle saga fantastique de Mathieu Reynès est dans les bacs. Son récit met en scène une jeune adolescente qui découvre qu’elle possède un pouvoir surnaturel.

Dans une cave sombre, une jeune adolescente se réveille à moitié. Habillée d’une simple chemise, elle ne se souvient de rien. D’ailleurs, elle ne sait pas si elle délire ou elle rêve. Parfois, d’étranges voix résonnent dans sa tête et semblent vouloir communiquer avec elle. De temps en temps, un vieil homme solitaire et qui a perdu sa fille lorsqu’elle avait 12 ans, lui apporte à manger et un médicament qu’elle n’avale pas.

Suspicieuse, elle se méfie de tout. Pourquoi est-elle ici ? Pourquoi est-elle enfermée dans une cave ? Qui sont ces voix ? Est-elle  recherchée par la police ?

Elle découvre rapidement qu’elle possède un don de télékinésie. Pourquoi ? Ce pouvoir est d’ailleurs délicat à maîtriser dans un premier temps. Pour répondre à cela, le vieil homme l’emmène chez Mahopmaa, chamane amérindienne.

Voilà une série qui démarre fort ! Emporté par l’intrigue et les nombreuses questions liés à Harmony, le lecteur dévore l’album. Il faut souligner que Mathieu Reynès met en scène un univers entre croyances ancestrales, pouvoirs surnaturels et réalités scientifiques. Ces phénomènes étranges, l’amnésie et la personnalité d’Harmony font peser un climat de doutes et de réflexions très complexes qui plaisent.

Adepte des récits de science-fiction comme Alter Ego (avec Pierre-Paul Renders et Denis Lapière, Dupuis) ou La peur géante (avec Denis Lapière, Les univers de Stefan Wul, Ankama), l’auteur français est à l’aise dans ce genre littéraire. Il fait prendre à son histoire fantastique un tournant aventurier plein de rebondissements en chaîne, qui fascine et questionne.

Le trait anguleux des visages de ses personnages apportent cette dose de froideur, de distance et d’intrigue qui conviennent parfaitement à l’ambiance électrique de l’histoire. Aidé par Valérie Vernay pour les couleurs, Mathieu Reynès propose des planches équilibrées au découpage rythmé.

  • Harmony, tome 1 : Memento
  • Auteur : Mathieu Reynès
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 12€
  • Parution : 29janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Lorsque la jeune Harmony se réveille, amnésique, dans une cave inconnue, elle ne dispose que de peu d’informations pour comprendre sa situation : le nom de son logeur, de mystérieuses voix dans sa tête et un don nouveau pour la télékinésie.
Mais il va falloir que la mémoire de l’adolescente se débloque et que tout lui revienne enfin (ses pouvoirs, sa relation avec son hôte, l’existence des autres enfants, le camp d’entraînement) pour contrer les dangers qu’elle devra affronter. Beaucoup de questions restent en suspens, et le combat ne fait que commencer…

Relation cheap

Notre avis : Davy Mourier et Elosterv tchatent depuis un certain temps et ont décidé de raconter cette relation épistolaire d’un nouveau genre dans Relation Cheap, un album à quatre mains édité par Delcourt.

D’un côté, Elosterv : jeune illustratrice et auteure diplômée en arts plastiques, blogueuse prolifique (webcomics Joseph ou son blog), elle travaille pour les revues Lapin, Papier ou Fluide Glacial et elle a publié La psychanalyse du héros d’aventure (avec Wandrille, Vraoum) et de l’autre Davy Mourier, auteur touche-à-tout : notamment Le dernier homme sur terre (Ankama) ou  La petite mort (Delcourt), il réalise, joue et scénarise des séries télévisées comme NerdZ ou Karaté Boy, et s’occupe de l’animation et de la réalisation de Golden Show, sketch sur le net (150 000 à 200 000 vues par épisode avec Monsieur Poulpe).

Ces deux-là échangent, s’amusent, se répondent avec une certaine drôlerie, en parlant parfois de leurs ouvrages. Ils parlent donc de choses et d’autres, de sexe, d’amour, de solitude; le tout chacun derrière son ordinateur. Ils vont même se rencontrer en vrai lors d’un festival. Comme la couverture (un cœur en circuit d’ordinateur), l’album est un petit ovni et perd parfois un peu le lecteur qui se sent un peu exclu de leur joute verbale, sans être vraiment intégré à leur discussion.

  • Relation cheap
  • Auteurs : Davy Mourier et Elosterv
  • Editeur : Delcourt, collection Humour de rire
  • Prix : 15.50€
  • Parution : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Depuis Internet, cest bien plus facile daller sur YouPorn mais ça na pas rendu les rapports amoureux plus simples ! Une relation à travers des écrans plats est-elle vouée à rester platonique ? Faire le même métier, ça permet de choper plus vite ? Davy et Elosterv donnent leurs réponses dans une BD sur eux, sur les relations virtuelles et « IRL » et sur lamour un peu foireux qui finit mal (en général).

Breizhskin

Notre avis : Dans les années 90, trois jeunes adolescents bretons dérivent vers l’ultra-nationalisme et deviennent skinheads-fachos. Dav Guedin et Craoman racontent ce drôle de destin et plus particulièrement un week-end d’intégration par un nationaliste pur et dur, dans Breizhskin aux éditions Ankama.

Dans un coin de la Bretagne. Yannick, 16 ans, Loïc 16 ans et Aymerick, 18 ans trainent souvent dans leur cité. Jouant les gros dur, ils arborent la vraie panoplie du petit facho : polo bleu-blanc-rouge, bretelles noires, jean délavé et rangers 18 trous à lacets blancs, par dessus, un petit bombers noir et une coupe crâne rasé. Jusqu’à présent, ils s’encanaillaient mais sans plus mais un jour le plus âgé leur propose de participer à un drôle de week-end chez Erwan, un skin breton qui a fait de la prison pour s’être battu avec des flics. Entre bières qui coulent à flots, humiliations, fidélité au Führer, passage à tabac, tout est réuni pour une plongée très forte chez les skins identitaires…

David Cenou (Mirador tête de mort, La Boîte à Bulles, 2013) nous avait déjà plongé dans le milieu skinheads avec sa propre histoire déclinée en album, cette fois-ci ce sont les souvenirs d’adolescent et les récits d’un ancien colocataire de Dav Guedin qui servent de base à Breizhskin.

C’est sale, c’est moche, les idées sont détestables mais ce récit est un formidable portrait sociologique d’une certaine jeunesse à la dérive dans les années 90. Tout y passe, sans complaisance, sans filtre. C’est brut et ça calme ! Les humiliations et la violence sont portées par une partie graphique en noir et blanc de Craoman très forte.

Les deux auteurs, qui avaient déjà travaillé ensemble sur Colo Bray-Dunes 1999 (Delcourt), publient une œuvre forte et le lecteur en prend plein la vue. C’est dur mais c’est intelligent !

  • Breizhskin
  • Scénariste : Dav Guedin
  • Dessinateur : Craoman
  • Editeur : Ankama, collection Label 619
  • Prix : 13.90€
  • Parution : 08 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Yannick est un ado de 16 ans, un peu paumé dans sa Bretagne natale. Avec deux amis, il s’est mis à adopter le look et les manières des skins, les nationalistes fiers de leurs racines. Mais le jour où ils rencontrent un « vrai » skin breton afin de se faire admettre dans ce groupe, ils se rendent compte d’un aspect du mouvement auquel ils n’avaient pas forcément pensé…

Le chant du cygne #2/2

Notre avis : Après un premier volume très réussi, succès éditorial et critique, Xavier Dorison, Emmanuel Herzet et Cédric Babouche dévoilent la fin de l’excellente série historique Le chant du cygne aux éditions Le Lombard.

Pour ce second tome du diptyque les lecteurs retrouvent le lieutenant Katzinski et ses hommes déserteurs dans leur course-poursuite avec le commandant Morvan. En effet, l’officier s’est juré de capturer ces soldats partis vers Paris et l’Assemblée Nationale afin de remettre la fameuse Pétition de la Côte 108 aux députés.

Pour cela, l’homme au visage déformé fait avertir tous les maires des communes alentours que des espions allemands sont dans le secteur afin de faire arrêter les déserteurs. De leur côté La Tiff et Bouvier ont trouvé refuge dans une auberge d’un village voisin…

De nouveau, le duo de scénariste Herzet-Dorison livrent une intrigue prenante et haletante aux lecteurs qui sont accrochés. Très documentée, l’histoire plait par son traitement narratif, son rythme et une fin étonnante.Le road movie des déserteurs poursuivis par les hommes de Morvan se transforme en jeu du chat et de la souris sanglant. Ma guerre n’est pas tendre avec les fuyards !

En plus d’un récit fort et touchant, l’album est porté par une partie graphique singulière de la part de Cédric Babouche. Influencé par les maîtres mangakas, l’auteur (réalisateur de courts métrages Imago et La routine) livre une belle prestation misant sur des aquarelles variées et des scènes de combats très maîtrisées.

  • Le chant du cygne, tome 2/2 : Qu’un seul nous entende
  • Scénaristes : Xavier Dorison et Emmanuel Herzet
  • Dessinateur : Cédric Babouche
  • Editeur : Le Lombard
  • Prix : 14.99€
  • Parution : 15 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le lieutenant Katz et ses soldats ne sont pas des lâches. Combattants aguerris, ils ont souvent surgi de leur tranchée pour charger sous la mitraille. Mais aujourd’hui, ils en ont assez. L’incompétence criminelle de leurs officiers menace une fois de plus de les emmener au désastre. Ils décident de déserter. Pas pour fuir, pas pour se cacher. Ils se rendront ensemble à Paris pour déposer une pétition au parlement au nom de leurs frères de bataille. Commence alors le plus beau et le plus désespéré des périples…

Le train des orphelins #6

Notre avis : L’une des plus belles séries éditées par Grand Angle (avec L’envolée sauvage, de Laurent Galandon, Arno Monin et Hamo) est de retour avec un second tome qui clôt le troisième cycle. Le train des orphelins de Philippe Charlot sur un scénario de Xavier Fourquemin conte un récit rocambolesque et tendre, digne de plus beaux films américains fondé sur une histoire vraie.

Le train des orphelins est né de l’imagination de Philippe Charlot. Il a basé son histoire sur un fait historique authentique : L’Orphan Train Riders. Il y a une dizaine d’années, Phil Lancaster, un  musicien américain,  lui a raconté l’histoire de ces enfants déplacés de force. Entre 1854 et 1929, des dizaines de milliers d’enfants d’orphelinats ont transité par des convois qui les conduisaient vers une nouvelle vie, vers le Grand Ouest des Etats-Unis, pour le peupler.  Ni les historiens, ni le cinéma, ni les autorités des USA ne s’intéressent à ce thème pourtant passionnant et hors du commun.

Dans le premier tome, le lecteur découvrait Jim et Joey, deux frères accompagnés de leur sœur Anna qui faisaient partie de l’expédition. Ils vont se lier d’amitié avec Harvey, un gamin débrouillard. Quelques années plus tard, un homme pousse la porte du bureau des archives où est enfermée la mémoire du Train des Orphelins. Il demande à consulter le dossier d’un certain Jim Smith. Il dit s’appeler Harvey Young…

Voilà une belle série que Le train des orphelins, mêlant habilement l’Histoire, le suspens et les enquêtes des jeunes enfants, avec de temps à autre, un brin d’humour qui permet d’alléger ce très bon drame. Le récit vivant de Philippe Charlot alterne avec beaucoup de maîtrise la quête d’identité de jeunes héros en 1920 avec une trame de ces mêmes enfants devenus adultes en 1989. Le lecteur passe allègrement d’une époque à l’autre avec aisance, piochant des indices dans les deux moments historiques. Les adultes, âgés à la fin des années 80, continuent de faire vivre cette mémoire du Train des orphelins au travers de conférences, d’expositions ou de regroupements d’anciens enfants. Le scénario sensible et parfois touchant, met en lumière un événement quasi inconnu de l’histoire des Etats-Unis. Le trait semi-réaliste de Xavier Fourquemin illustre de belle manière cette série. Les planches comme les couleurs sont équilibrées et efficaces.

  • Le train des orphelins, tome 6 : Duels
  • Scénariste : Philippe Charlot
  • Dessinateur : Xavier Fourquemin
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 13.90€
  • Parution : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Pour les orphelins du train, séparés injustement depuis 70 ans, l’heure des comptes a sonné… À sa mort, Lisa, l’adolescente qui avait pris soin des orphelins déplacés vers l’Ouest américain dans les années 1920, laisse une lettre dévoilant le secret d’Harvey. Le garçon qui a volé l’identité de Jim, l’un des orphelins, a été témoin d’un meurtre commis par Joey, le jeune frère de Jim. Soixante ans plus tard, Jim et Joey, âgés mais toujours solidaires, décident de se rendre chez Harvey pour apprendre la vérité à leur petite soeur Anna, restée toute sa vie auprès de celui qu’elle pense être son frère.

Blateman et Bobine #1

Notre avis : La petite structure éditoriale Tartamudo dévoile le premier volet des aventures de Blateman et Bobine, une histoire de Vhénin sur un scénario de Tarek.

Loindetout, petit village tranquille. Deux adolescents aiment à se faire peur en tentant d’entrer dans une maison abandonnée. Surpris par une chouette, ils fuient et se font même tirer dessus par les villageois. Par un grand hasard, ils ne sont que blessés. Les hommes armés les avaient pris pour des zombies. Il faut dire que c’est ce qu’ils redoutent le plus. Afin de repousser ces morts-vivants, ils font appel à Blateman et Bobine, célèbre duo de super-héros. L’un sur sa blatemob (pas très vaillante) et l’autre sur son scooter, ils peinent à arriver, s’offrant même une halte déjeuner. De plus, ils sont pris pour des voleurs lorsqu’ils pénètrent dans l’église…

Parodie de Batman et Robin pour jeunes lecteurs, l’histoire, peu originale et classique, se laisse lire, permettant de passer un agréable moment. Le récit de Tarek (scénariste de l’album Le concierge, avec Seb Cazes, Le moule-à-gaufre) mise avant tout sur les ratés et les situations cocasses de ses deux héros (parfois même zhéros !). En ce qui concerne la partie graphique, Vhénin (Vincent Hénin a travaillé sur l’Univers de Jacques Martin, Les voyages d’Alix) réussit son entreprise, d’une façon très efficace, idéal pour les plus jeunes. Planches équilibrés, personnages typés et amusants et couleurs pétillantes lui permettent de restituer l’ambiance humoristique de l’album.

  • Blateman et Bobine, tome 1 : Loindetout
  • Scénariste : Tarek
  • Auteur : Vhenin
  • Editeur : Tartamudo
  • Prix : 12€
  • Parution : 10 décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Blateman & Bobine , c’est l’histoire de deux super-héros peu ordinaires… Dans ce premier tome intitulé Loindetout, ils vont devoir sauver un village qui subit depuis quelques temps des attaques de zombies. Les risques que nos deux héros vont devoir prendre sont dignes de leur légende en devenir. Blateman est à l’aventure ce que Batman est à la chauve-souris… Euh, comprenez-y ce que vous voudrez bien. Blateman est un super-héros qui flirte souvent avec le super-zéro ! C’est qu’elle a quatre mains gauches, la pauvre blatte de compet’…