Meutes

Notre avis : Le duo d’auteurs Jean Dufaux – Olivier G. Boiscommun revisite un des mythes légendaires : les loups-garous. Après un bon premier tome intitulé Lune Rouge et édité par Glénat, ils referment le premier cycle de leur série fantastique Meutes.

Dans le premier volume, le lecteur faisait la connaissance de Otis, une jeune femme dont le père possédait des canines proéminentes et qui disparaissait plusieurs jours dans la forêt, sans que personne ne s’en soucie. Comme si cela ne suffisait pas souvent ses vêtements et le coffret de la voiture étaient maculés de sang lorsqu’il réapparaissait. Enfin, la jeune adolescente avait souvent de drôles de pulsions dont celle de vouloir mordre le cou de son petit copain. Et l’on découvrait ainsi que la famille faisait partie d’une ligne de loups-garous.

Dans ce second volet, Oscar, le plus jeune fils, doit entrer dans la célèbre confrérie des loups-gourous. Pour cela, il devra surmonter des défis liés à cette intronisation lors d’une étrange traque qui durera deux nuits…

Passé maître du genre fantastique, Jean Dufaux (Rapaces avec Marini ou La complainte des landes perdues avec Grzegorz Rosinski) dévoile de nouveau un récit plutôt réussi même si quelque peu original dans un Paris contemporain. Efficace dans son histoire, la psychologie des personnages sont beaucoup moins travaillés que dans l’excellente série Rapaces. On se trouve donc dans une saga grand public accrocheuse mais sans grande surprise. En effet, il manque ce petit plus qui aurait permis à la série de prendre son envol (trop classique ?).

La belle surprise est la partie graphique de Olivier G. Boiscommun. Reconnu grâce à ses formidables séries Trolls, Le livre de Jack ou Anges, il livre de nouveau une belle partition sans fausse note. Il faut dire qu’il a pris l’habitude de nous émerveiller avec ses planches au trait aérien et lumineux, grâce à des aquarelles très abouties. On le préférera dans les moments fantastiques plutôt que dans les scènes urbaines contemporaines.

  • Meutes, tome 2/2 : Lune rouge
  • Scénariste : Jean Dufaux
  • Dessinateur : Olivier G. Boiscommun
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 14.50€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Actuel maître de la meute, Oblast prépare sa succession. C’est Oscar, le fils de la famille Keller, qu’il destine à prendre sa suite au cours d’une cérémonie qui aura bientôt lieu dans la Chapelle des Expiations, à Paris. Mais le Daïki Ephrat, détenteur du pouvoir avant Oblast et descendant d’une antique et prestigieuse lignée, compte bien le léguer à son fils. De son côté, la jeune Otis Keller, bousculée par les nouvelles sensations qui naissent en elle, découvre les codes qui régissent la caste à laquelle sa famille appartient. Quel rôle va-t-elle jouer dans cette lutte de pouvoir qui s’annonce au sein de la meute ?

La vraie vie

Notre avis : L’arrivée d’internet, doublée par l’usage intensif des réseaux sociaux, a considérablement bouleversé notre quotidien. C’est la cas de Jean, dont l’existence est déclinée en bande dessinée par Grégory Mardon et Thomas Cadène dans La vraie vie aux éditions Futuropolis.

Employé municipal, le jeune trentenaire, passe ses longues nuits sur internet, entre jeux en ligne (sous le pseudo Olivétom), twitter, facebook, les actualités en temps réelles et du porno sur Youtube; ses levers le matin sont difficiles. Ses collègues de travail, notamment Didier, ne comprennent pas son irrésistible attrait pour le virtuel. D’ailleurs son aîné lui dira en blaguant : « Putain mec, ton internet c’est pire qu’une meuf ». Lui, il aime discuter avec des inconnus comme Timfusa, une mystérieuse américaine du Wyoming.

Le récit de Thomas Cadène est plutôt une bonne surprise. En effet, rien de plus délicat que de raconter en album le quotidien d’un geek en puissance sans tomber dans les clichés. Spécialiste de la bande dessinée numérique, auteur de la série collaborative Les autres gens (Dupuis), il brosse le portrait toute en justesse d’un jeune homme à la dérive, qui pense être ouvert aux autres mais qui est finalement toujours enfermé chez lui. Symbole de l’hyper connexion, il ressemble aux jeunes qui ne parviennent plus à communiquer.

La partie graphique proposée par Grégory Mardon est quant à elle, plutôt réussie. Son trait simple proche de celui du duo Dupuy-Berbérian est d’une belle lisibilité.

  • La vraie vie
  • Scénariste : Thomas Cadène
  • Dessinateur : Grégory Mardon
  • Editeur : Futuropolis
  • Prix : 20€
  • Sortie : 07 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Jean, la trentaine heureuse, est employée municipal dans une ville de province. Célibataire, il partage son temps entre son travail, ses collègues, les visites à sa maman, et sa vie, une partie de la nuit, sur internet : il tchatte, s’informe, dialogue avec des inconnus aux pseudos bizarres comme VieilleTruieVolage, écoute de la musique, regarde des films et des vidéos porno, joue à des jeux genre Counter-Strike, prend et envoie des photos. Bref, il mène une vie qui lui convient parfaitement. La vraie vie, pour lui, c’est ça, ce mélange d’un réel somme toute paisible et du virtuel que fabriquent les nouvelles technologies. Mais, pour Jean, le virtuel ne s’oppose pas au réel, il en est même partie prenante. Il appartient à sa vie, une vie d’aujourd’hui, intense et partagée. Partagée notamment avec TIMFUSA, qui semble vivre dans le Wyoming aux États-Unis, avec qui il échange mots délicats et photos muettes. Une rencontre qui l’intrigue. Partagée aussi avec Carine, nouvelle collègue de travail, nouvelle amoureuse. Deux rencontres vives, intenses, qui construisent son équilibre. Jusqu’au moment où Jean apprend qu’il va mourir…

Your lie in april #6

Notre avis : L’une des plus belles séries sur la musique en manga est de retour dans un sixième volume. Edité par Ki oon, Your lie in April de Naoshi Arakawa poursuit son petit bonhomme de chemin avec toujours autant de maîtrise narrative. Il faut souligner que l’univers mis en place par le mangaka est d’une grande richesse, de belle amitié, d’entraide, de musique mais aussi de tensions. De plus, il a pris un grand soin dans la psychologie de ses deux personnages principaux, Kaori et Kosei, ce qui rend l’intrigue forte. Le lecteur prend toujours autant de plaisir à suivre les réussites mais aussi les doutes des deux protagonistes.

Comme à son habitude, le talentueux garçon n’arrive pas à franchir le pas de jouer en public et le fameux concours Maiho lui échappe encore, alors qu’il le mériterait amplement. Pour mettre toutes les chances de son côté, Kosei décide de faire appel à Hiroko Seto, la célèbre pianiste virtuose pour lui donner des cours. Si sa technique est irréprochable, proche de la perfection, son mental ne suit pas à cause de son passé très traumatisant avec sa mère. Or pour devenir pianiste professionnel, il lui faudra franchir ce gros obstacle.

Your lie in April : une très très belle série à découvrir, simple, belle, attendrissante, touchante mais très accrocheuse !

  • Your lie in April, volume 6
  • Auteur : Naoshi Arakawa
  • Editeur: Ki oon, collection shônen
  • Prix: 6.60€
  • Parution : 10 décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Kosei s’est arrêté en plein morceau… Pour lui, le concours est terminé. Qu’à cela ne tienne : ce qui compte vraiment pour le pianiste, c’est de jouer ! Inspiré par le style libre de Kaori, il livre une performance aussi envoûtante qu’imparfaite.

La tension n’a même pas le temps de retomber que c’est au tour de la violonniste de montrer ce qu’elle sait faire, à l’occasion cette fois d’un concert de gala…

Le don du loup

Notre avis : Après le phénomène Twilight de Tephenie Meyer adapté en film, les éditions Pika surfent sur cette vague en dévoilant Le don du loup, un manga fantastique de Ashley Marie Witter fondé sur le roman de Anne Rice.

Reuben Golding, jeune journaliste est invité pour plusieurs jours par Marchent Nideck dans sa riche et vaste demeure. Intriguée par cette entrevue, la jeune découvre que son aînée de 38 ans, a hérité de cette maison de son oncle Félix. Rapidement, le charme opère et les deux adultes se rapprochent physiquement. Pendant la nuit qu’ils passent ensemble, la riche héritière et sa servante sont sauvagement assassinées par un sorte de loup-garou… Etudiés scientifiquement, ces nouveaux monstres sont appelés morphenkinds.

Si le scénario de Ashley Marie Witter est construit comme un shôjo, il tarde à se mettre en place. Il faut souligner que les premières pages sont d’une grande lenteur, faisant intervenir les loups-garous que tardivement. Laissant des questions en suspend (sans réellement y répondre), le manga interpelle mais pas de façon positive. Les dialogues trop nombreux sont lourds et perdent le lecteur. Si la thématique de départ est plutôt intéressante, le récit est peu maîtrisé et la lecture altérée. Il reste néanmoins la partie graphique mais qui ne sauve pas cette histoire de la collection Black Moon Graphics de Pika. Dommage, les histoires de Anne Rice (Entretien avec un vampire) sont d’habitude formidables !

  • Le don du loup
  • Auteure : Ashley Marie Witter, d’après Anne Rice
  • Editeur : Pika, collection Black Moon Graphics
  • Prix : 12.90€
  • Sortie : novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Lorsqu’une mystérieuse propriétaire demande au journaliste Reuben Golding d’écrire un article sur sa demeure isolée, ce dernier n’imagine pas un instant que cette courte mission l’amènera à se faire attaquer et mordre par une étrange bête tapie dans les ténèbres. Ce simple événement va provoquer une métamorphose à la fois terrifiante et envoûtante qui révélera aux yeux de Reuben un monde invisible et inconnu. Pourquoi a-t-il reçu ce don du loup ? Sa nature est-elle bonne ou maléfique ? Et est-il seul à vivre cette expérience surréaliste ?

Robin Hood

Notre avis : Le grand public a découvert Simon Roussin grâce à son formidable Barthélémy l’enfant sans âge (Cornélius). Les éditions L’employé du moi publient à nouveau l’une de ses premières bandes dessinées, Robin Hood.

Ce recueil est composé de petites saynètes mettant en scène le célèbre hors-la-loi, vivant au cœur de la forêt de Sherwood. Pour raconter les exploits de celui qui vole aux riches pour redonner aux pauvres, l’auteur le met en scène de façon humoristique. Tantôt, il couche avec la femme du Shérif de Nottingham, tantôt il est envoûté par le charme de Marianne, tantôt il s’arrête dans son attaque d’une diligence en voyant sa belle, tantôt il ferraille avec Petit Jean.

Devenus amis et compagnons d’armes, leur relation est plutôt trouble. Il faut souligner que l’auteur fait du colosse, un homme naturiste, attiré par les hommes et même les jeunes garçons. Ces pulsions nombreuses et variées permettent quelques situations cocasses. Pour compléter son ouvrage, Simon Rousssin gratifie le lecteur de nouvelles pages dans son style inimitable, à la fois naïf et enfantin aux crayons feutres mais tellement maîtrisé.

Né en 1987, le jeune auteur, diplômé des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2011, travaille régulièrement pour les revues XXI ou le New York Time; il est aussi cofondateur avec Marion Fayolle et Matthias Malingrëy de la revue Nyctalope.

  • Robin Hood, nouvelle édition
  • Auteur : Simon Roussin
  • Editeur : L’employé du moi
  • Prix : 15.90€
  • Sortie : novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Du Moyen Âge à nos jours, chansons et ballades, pièces de théâtre et comédies musicales, films et séries télévisées ont façonné un mythe en résonance avec leur temps, fredonné par le peuple ou par le pouvoir en place. Les récits s’étoffent de péripéties et finissent par s’associer. Mais connaissez-vous la véritable légende de Robin des bois ?

Ce qui relie ces « différentes » versions est en fin de compte l’idée de liberté, une valeur abstraite et l’un des fondements de la culture occidentale. Réévaluée d’époque en époque, cette liberté s’exprime dans l’histoire du personnage, raturée, copiée/collée, remaniée, adaptée sans vergogne à travers les âges. Reprendre Robin Hood aujourd’hui, c’est donc à la fois revendiquer le refus de propriété de ce mythe et questionner ce que peut signifier la liberté dans notre culture ! La nostalgie qui se dégage de l’ensemble du Robin Hood de Simon Roussin n’est pas sans écho avec notre génération. Le déchirement de Robin entre loyauté et pulsions est un lourd prix à payer.

Cela dit, le moteur de Robin Hood, au-delà de son désir de justice, correspond bien à un sourd appétit de vie que les feutres fauves de Simon Roussin font pulser dans la matière même du dessin, à chaque page de ce récit !

Boitelle et le café des colonies

Notre avis : Lorsqu’il était plus jeune Boitelle, alors soldat, tomba follement amoureux de la belle Norène, une serveuse du Café des Colonies. Si la couleur noire de sa peau ne gênait en rien le jeune homme, il n’en allait pas de même pour quelques uns de ses collègues mais aussi de ses parents. Sébastien Morice sur un scénario de Didier Quella-Guyot dévoilent cette très belle histoire dans Boitelle et le Café des colonies, adaptée de la nouvelle de Guy de Maupassant.

Devenu nettoyeur des bases besognes (égouts, fosses sceptiques), Antoine Boitelle raconte son premier émoi amoureux à M. Aubanne. Sur les quais du Havre, alors jeune homme, il découvre la silhouette de Norène dans l’établissement qui l’emploie. Native d’Afrique, elle devient la serveuse après la mort de sa mère adoptive. Charmé par la très belle femme, Antoine est éperdument amoureux. Si la réciprocité est vraie, leur envie de mariage se heurte aux schémas mentaux de l’époque : noir = sauvage.

Didier Quella-Guyot adapte la célèbre nouvelle de Maupassant en comblant les quelques vides laissés par le romancier afin d’être plus compréhensive dans sa bande dessinée. Comme il l’explique en préface, le colonialisme triomphant du début du XXe siècle était fondé sur l’inégalité des races. Croiser des hommes ou des femmes de couleur dans une grande ville était rare, dans les campagnes, personne n’en avait jamais vu. C’est pourquoi les parents d’Antoine, et plus particulièrement sa mère, sont étonnés par la couleur de Norène. D’ailleurs pour son père : « Une femme honnête à la peau blanche ».

Hymne à la tolérance, au respect d’autrui, l’album bénéficie d’un scénario simple mais efficace, mais également d’un traitement graphique réussi. Sébastien Morice, qui a déjà travaillé avec le même scénariste sur Facteur pour femmes (Grand Angle) apporte de la légèreté et parfois de la naïveté à ce récit pourtant sombre. Son trait semi-réaliste lui permet de proposer des planches où le visage des protagonistes possède une gamme variée d’émotion.

  • Boitelle et le Café des Colonies
  • Scénariste : Didier Quella-Guyot
  • Dessinateur : Sébastien Morice
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 13.90€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Malmené par la vie, le père Antoine Boitelle se remémore sa chère jeunesse : lorsqu’il était soldat au Havre, à rêver devant les navires en partance pour les pays lointains ; son coup de foudre pour la belle Norène, une jeune Africaine serveuse au Café des colonies. Si le jeune Antoine vécut une immense passion, il se heurta également à la laideur du racisme quotidien et à la résistance de ses parents, paysans, face à un mariage beaucoup trop « coloré » à leur goût.

Kuroneko, la passion #1

Notre avis : Paru au Japon en 2014, Kuroneko la passion (Kuroneko kareshi no aishikata) est un yaoi (manga pour adultes mettant en scène des amours homosexuelles entre hommes) de Aya Sakyo, édité en France par Taifu Comics.

Ce manga est la suite de Kuroneko le jeu et Kuroneko la dépendance, qui poursuit les aventures de Shingo et Kagami, deux hommes-félins. Ce dernier peut se transformer en léopard, tandis que le premier en chat. C’est en tout cas difficile d’admettre pour lui la relation qui s’installe enfin. Il faut dire que Kagami est un acteur très en vue et qui plaît à toutes les femmes autour de lui, qu’il aime dominer son monde. Son caractère hautain, c’est pourtant ce qu’aime beaucoup Shingo. Il faut dire que le jeune homme se pose beaucoup de questions quant à sa sexualité débridée qu’il peut avoir avec son compagnon. Ses doutes, il les partage avec Masayan, son ami, en couple avec la belle Mayu.

Le récit Aya Sakyo, sans révolutionner le genre, est agréable à la lecture. Il faut souligner que la mangaka distille une légère part de fantastique dans son histoire. Elle explique que « 0.001% de la population mondiale est composée d’humains félidés, des êtres capables de se transformer en félins ». Si ce ce côté poétique est plus suggéré qu’observé dans le manga, il lui donne un accent original. Les amateurs de yaoi seront servis puisque les scènes d’ébats sexuels sont fréquents et crus. La partie graphique est très réussie puisque la mangaka apporte un grand soin à ses planches.

  • Kuroneko, la passion, volume 1
  • Auteure : Aya Sakyo
  • Editeur : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 26 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Shingo est un humain qui se transforme en chat noir. Il a une relation avec Kagami, l’acteur le plus en vue du moment (qui lui se transforme en léopard). Kagami souhaiterait qu’ils s’engagent plus l’un envers l’autre et propose à Shingo de vivre avec lui.

Ruines

Notre avis : George et Samantha, deux new-yorkais, décident de prendre une année sabbatique à Oaxaca au Mexique. Elle, auteure et lui, peintre, se retrouvent dans une belle ville, dans une période trouble où le gouverneur réprime les manifestants d’enseignants. Peter Kuper met en scène ce merveilleux voyage initiatique dans Ruines, un roman graphique édité par çà et là.

L’auteur de Sticks and stones et Le système (nominé aux Eisner Awards en 1997 et 1998) s’est énormément inspiré de ses deux années passées dans la cité mexicaine avec son épouse par son récit en 2006.

Marqué par les soulèvements contre Ulises Ruiz Ortiz dit Uro que les habitants veulent chasser du pouvoir après des élections truquées, l’auteur réussit à nous faire ressentir à la fois la chaleur des mexicains, leur passion pour leur histoire et les cultures amérindiennes mais aussi le soufre des tensions entre pro et anti.

Son histoire est aussi celle des rencontres, des relations le tout avec un beau brin d’humour à travers les personnages de George mais surtout celui de Angelina l’aide-ménagère.

A noter que Peter Kuper travaille aussi pour le New Yorker, Libération et Time Magazine mais aussi pour le mensuel Mad avec sa série Spy vs Spy depuis 1996. En plus de tout cela, il a le temps d’être enseignant en bande dessinée à la School of Visual Arts de New York depuis 25 ans.

  • Ruines
  • Auteur : Peter Kuper
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 28€
  • Parution : 23 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Ruines est le cinquième ouvrage que Peter Kuper publie chez çà et là. Il met en scène deux trentenaires new-yorkais, qui vont tenter de sauver leur couple au bord de l’implosion en venant passer une année sabbatique à Oaxaca, une petite ville provinciale mexicaine. George et Samantha se retrouvent confrontés à une double crise : celle de leur relation affective, et la crise politique que connaît la ville au moment où des manifestations d’enseignants sont violemment réprimées par le gouverneur local. En fil rouge de ce récit et symbole de cet aller sans retour pour l’un des protagonistes, Peter Kuper suit la migration d’un papillon monarque depuis les États-Unis jusqu’à la région d’Oaxaca pour se reproduire, un parcours de plus de 4000 km qui est aussi l’occasion pour l’auteur de montrer les ravages causés par l’homme sur son environnement.

Princesse Leia, l’héritage d’Aldorande

Notre avis : Après Dark Vador (Kieron Gillen et Salvador Larroca) et Luke Skywalker passe à l’attaque (de Jason Aaron et John Cassaday), les éditions Panini Manga poursuivent leur production autour de l’univers de Star Wars (des histoires inédites), avec un album  Princesse Leia signé Terry Dodson sur un scénario de Mark Waid. Cette histoire se déroule quelques secondes après Star Wars : un nouvel espoir (épisode IV).

Aldorande vient d’être tout juste détruite et un très grand nombre de ses habitants tués. La Princesse Leia se retrouve donc sans royaume mais pas résignée. Le triomphe des Rebelles est de courte durée et le chagrin des amis morts pour détruire L’étoile Noire encore très présent.

Depuis lors Leia Organa a l’impression de ne servir à rien à part réchauffer les cœurs dans des discours aux survivants. Elle croise alors Evaan, une pilote rescapée qui pense que sa tristesse est feinte. Si les premiers échanges sont froids et tendus, rapidement la jeune femme lui accorde sa confiance. Sans l’accord des chefs des Rebelles, elles quittent le vaisseau principal pour la planète Naboo afin d’y rencontrer incognito le seigneur Juun et le Premier Ministre Solo.

Si l’histoire de Mark Waid emporte moins que Dark Vador et Luke Skywalker passe à l’attaque, met aussi beaucoup de temps à démarrer. Ce ronronnement n’est pas si déplaisant, laissant entrevoir la personnalité forte de Leia, celle qui tiendra tête à Han Solo, celle qui n’aura pas froid aux yeux pour se battre et celle qui restera l’un des ciments de l’Alliance Rebelle.

La partie graphique de Terry Dodson possède de nombreuses lacunes : les vingt premières planches souffrent d’un manque de clarté dans la mise en scène à l’intérieur des vignettes qui s’estompera non sans mal à partir de l’épisode 3 de l’album; mais la grosse difficulté du dessinateur réside dans l’illustration des visages : trop changeant d’un case à l’autre et surtout uniquement des plans de 3/4; ce qui limite les expressions et fige les personnages.

  • Princesse Leia, L’héritage d’Aldorande
  • Scénariste : Mark Waid
  • Dessinateur : Terry Dodson
  • Editeur : Panini Comics
  • Prix : 13€
  • Parution : 04 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Capturée par l’Empire, la princesse Leia na jamais trahi ses convictions malgré l’anéantissement de sa planète natale Aldorande. Après son sauvetage, elle rejoint la bataille au côté de l’Alliance rebelle et participe à la destruction de l’Étoile noire. Suite à cette victoire, Leia décide de partir en mission dans le monde souterrain de Sullust où elle espère trouver des survivants de son peuple.

Ogrest #2

Notre avis : Coup de cœur de la Rédaction Comixtrip, Ogrest est un excellent manfra (manga français) de Mig. Le premier volume présentait le célèbre personnage issu de la galaxie Dofus; sa création, son père adoptif Otomaï et sa charmante amie Dathura (poupée vivante); il se terminait sur la transformation physique et l’évolution psychologique du petit ogre vert; tout cela agrémenté d’une belle intrigue et d’une partie graphique époustouflante.

Le deuxième opus est dans la même veine que la précédente publication : tourment psychologique, combat ou quête d’identité. Pour pimenter son intrigue Mig met en scène la mystérieuse Lacrima qui aurait un passé commun avec Dathura. Il revient aussi sur la création des poupées du dieu Sidida. Cela permet de donner du rythme au récit par ces trois très histoires qui s’entremêlent habilement; le tout grâce à une narration solide. Le lecteur sent tout  le potentiel de ces mini-récits et l’auteur de Un petit livre oublié sur un banc (avec Jim, Grand Angle) se laisse des portes ouvertes pour les développer.

Si le scénario est accrocheur et habile, la partie graphique est plaisante et agréable à l’oeil. On le sent Mig prend du plaisir à décliner Ogrest en manga et le lecteur lui dit un grand merci !

  • Ogrest, volume 2
  • Auteur : Mig
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 6.95€
  • Parution : 30 octobre 2015

Résumé de l’éditeur : Découvrez la véritable histoire d’Ogrest, le légendaire ogre du Monde des Douze ! Alors qu’Otomaï ne sait plus comment protéger ceux qu’il aime des attaques extérieures, le pire arrive : Dathura disparaît ! Ogrest, amoureux transi de la poupée, veut partir immédiatement à sa recherche, fonçant tête baissée sans écouter les conseils avisés de son père. Il embarque avec Lupa, une mystérieuse Sacrieuse accompagnée d’enfants et d’une bande de mercenaires, en direction de l’inconnu.

L’actu en patates #4

Notre avis : Avec What a wonderful world de Zep, L’actu en patates est l’un des blogs dessinés le plus visité du site lemonde.fr

Depuis 7 ans, Martin Vidberg offre sa vision du monde qui l’entoure tous les jours à travers un dessin d’actualité. Les éditions Delcourt proposent le quatrième recueil de ses meilleurs illustrations 2014-2015 intitulé Mieux vaut en rire !

Comme à son habitude, l’auteur ouvre son album par un récit plus intimiste le mettant en scène, lui et sa famille. Ainsi, il explique l’inspiration lui veut alors qu’il prend sa douche; sa femme étant toujours agacé des poils de barbe qu’il laisse sur le lavabo.

Dans ce quatrième opus, le lecteur retrouvent avec délice les personnages publics représentés en patates dans des situations amusantes; Martin Vidberg rebondissant à un fait d’actualité. Ainsi le Président Hollande doit se défaire de l’ex-première dame de France, Valérie Trierweiller, et ne plus cacher sa nouvelle compagne, Julie Gayet. Il doit aussi faire face au conflit syrien, la hausse chômage, le FN qui s’enracine après les Municipales et les Européennes, le débat sur le travail du dimanche, le Gouvernement Valls et les départs de Hamon, Filippetti et Montebourg ou encore la crise des Mistral avec la Russie.

Dessinateur de presse qui commence à être reconnu en France, Martin Vidberg n’oublie pas ses mentors (Cabu, Wolinski ou Tignous) tombés à la rédaction de Charlie, mais aussi l’après-attentat, la liberté d’expression et la dangerosité du métier. Sans être méchant, souvent avec bienveillance, l’auteur du Journal d’un remplaçant réussit sa mission : faire rire avec l’actu !

  • L’actu en patates, tome 4 : Mieux vaut en rire !
  • Auteur : Martin Vidberg
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 16.95€
  • Parution : 25 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Retrouvez le regard drôle et mordant de Martin Vidberg dans une hilarante rétrospective qui vous fera vivre et revivre les événements de ces dernières années sous le signe de l’humour. Enrichi de nombreux inédits et d’un fil rouge sur le métier de dessinateur de presse, ce best-of 2014-2015 sera l’occasion de retrouver tous ceux qui ont fait l’actualité pour le meilleur et pour le. rire !

 

Undertaker #2

Notre avis : Xavier Dorison et Ralph Meyer poursuivent l’aventure d’Undertaker, dans un deuxième volume qui referme l’histoire impulsée dans le premier tome. Avec 50 000 exemplaires vendus, la série débutait ainsi de la plus belle des manières, récompensée par une nomination dans la Sélection Polar Angoulême 2016.

Si la comparaison avec Blueberry opérée par l’éditeur pour des fins commerciales est usurpée; le premier opus de ce très bon western était haletant misant sur le croque-mort à la gâchette facile et une intrigue autour d’un trésor stimulante.

Ce deuxième volume s’ouvre sur le canyon entr’aperçu dans le tome 1 et plus particulièrement sur les personnages principaux Jonas Crow, Rose et Lin sa gouvernante, toujours sur le trajet de la mine d’or pour enterrer Cusco. Derrière eux, les soldats les poursuivent tandis que les mineurs souhaitent protéger leur bien.

Si le précédent opus était très intéressant, celui-ci est moins convaincant. Si les qualités entrevues dans Le mangeur d’or sont ici réelles, l’intrigue semble moins accrocheuse. Les planches concernant le canyon même si elles sont rythmées auraient pu être plus ramassées. Restent les bagarres mortelles, les personnages très bien campés et le dessin abouti de Ralph Meyer.

  • Undertaker, tome 2 : La danse des vautours
  • Scénariste : Xavier Dorison
  • Dessinateur : Ralph Meyer
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 13.99€
  • Parution : 27 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Jonas Crow, croque-mort ; Rose, gouvernante anglaise ; et Lin, domestique chinoise, doivent ramener la dépouille remplie d’or du vieux Cusco au filon « Red Chance ». Ils ont trois jours. Trois jours, un corbillard, 50 miles à parcourir et une ville entière de mineurs survoltés à leurs trousses ! « La Danse des vautours » est la suite du 1er tome d’Undertaker, un western décoiffant signé par deux maîtres de la B.D. : Xavier Dorison et Ralph Meyer.