Odyxes #2 L’écume des sables

Notre avis : Oscar, étudiant parisien contemporain, est devenu Odyxes, capitaine d’une flotte de 8 navires en Grèce Antique. Pourquoi ?  C’est la question à laquelle Christophe Arleston tente de répondre dans le deuxième tome de sa série fantastique Odyxes, intitulé L’écume des sables. Pour l’aider dans sa tache, il a confié la partie graphique de ce dernier à Steven Lejeune. Fin de diptyque édité par Soleil.

Christophe Arleston aime le fantastique et il le démontre encore dans la série Odyxes. A cheval sur deux époques très différentes : la Grèce Antique et le Paris contemporain, Oscar ne sait pas où il en est. Il se pose de nombreuses questions comme le lecteur d’ailleurs : Comment en est-il arrivé là ? Qui est cette mystérieuse jeune fille ? Pourquoi il se retrouve dans le corps d’un capitaine grec ? Pourquoi sa force est décuplée lorsqu’il est Odyxes ? Toutes ses interrogations étaient légitimes dans le premier volet de cette saga.

Le récit du prolixe scénariste est un peu ardu au premier abord, passant d’un lieu à un autre mais s’avère rapidement assez accrocheur. Comme une sorte de filiation avec la sublime série manga Thermae Romae (Mari Yamazaki, Casterman), il s’amuse avec les deux époques. Dans le second volume, Oscar-Odyxes découvre un élément surprenant : Pharaon, le roi des égyptiens est en fait un puissant officier yankee de la Guerre de Sécession qui a combattu et fait tué des milliers d’indiens. La difficulté du jeune homme est de faire prendre conscience aux personnes qui l’entourent que le futur homme-fort de la région méditerranéenne est un despote sanguinaire et qu’il doit être arrêté.

En ce qui concerne le dessin, c’est assez réussi. Le trait semi-réaliste de Steven Lejeune est très agréable à l’œil. Ses planches fourmillent de détails dans les décors et les scènes enneigées indiennes, le zouk égyptien, Olympie ou encore les moments plus contemporains.

  • Odyxes, tome 2/2 : L’écume des sables
  • Scénariste : Christophe Arleston
  • Dessinateur : Steven Lejeune
  • Editeur : Soleil
  • Prix : 14.50€
  • Sortie : 16 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Oscar a découvert que Pharaon est aussi un homme du futur, un colonel yankee aux mains pleines de sang indien, qui s’est forgé de solides inimitiés à de très hauts niveaux. Et cet homme, devenu roi d’Egypte, exige quOscar lui fabrique des armes à feu… Aidé par la scribe Aumëh, Oscar va devoir arrêter ce fou sanguinaire avant que la maîtrise de la technologie n’en fasse un conquérant impossible à stopper.

Pinkerton #4 Dossier Allan Pinkerton 1884

Notre avis : La Pinkerton Agency, peu de personne connait réellement ce qui se cache derrière cette célèbre agence de détectives américains. Pourtant beaucoup de romans, de films y font référence. Pour découvrir ce qui se passe dans ses murs, Rémi Guérin et Damour entr’ouvrent la porte de l’agence dans la très bonne série Pinkerton. Après trois albums intéressants, ils dévoilent le quatrième et dernier opus Dossier Allan Pinkerton 1884, aux éditions Glénat.

The Wild Bunch, les Dalton, les Molly Maguires ou encore Butch Cassidy, tous ces noms sont réputés pour être ceux des plus grands hors-la-loi de l’Ouest américain. Mais le monde connaît moins le nom de celui qui les a pourchassés pendant des années… Un homme qui n’a jamais lésiné sur les moyens pour arriver à ses fins, n’hésitant pas à verser le sang et semer les cadavres pour servir la justice. Allan Pinkerton, père de la police moderne, est encore aujourd’hui un paradoxe à lui tout seul, aussi dangereux que les criminels qu’il poursuivait et sans plus de pitié qu’eux.

Dans ce quatrième volet, le médecin est au chevet de Allan Pinkerton, très mal en point. Sachant son crépuscule arriver, il a décidé de rédiger ses mémoires. Au sommaire, son enfance à Glasgow au début du 19e siècle jusqu’à sa fin à Chicago en 1884, en passant par le départ de sa famille écossaise vers le Canada et enfin l’ouverture de l’agence de détectives qui porte son nom. A travers ces moments autobiographique, il raconte ainsi les débuts de la Pinkerton Agency, le recrutement de son personnel pas toujours en odeur de sainteté et bien sûr les méthodes expéditives dont ils ont fait usage.

Rémi Guérin, le scénariste, à qui l’on doit aussi les séries City Hall ou Explorers, concocte un album très original où il n’y a pas de gentils ni de véritable héros. Il s’intéresse à Allan Pinkerton, le créateur de l’agence de détectives, pourtant très respectable,  qui est dépeint de façon cruelle, qui se révèle être sans cœur et cynique. Il fréquente les puissants, amasse beaucoup d’argent et essaie de devenir l’un des leurs. Le trait de Damour, à qui l’on doit aussi l’excellente série Nash, est sobre mais efficace notamment pour les grands espaces. Ses cadrages sont d’une grande qualité.

  • Pinkerton, tome 4/4 : Dossier Allan Pinkerton 1884
  • Scénariste : Rémi Guérin
  • Dessinateur : Damour
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 13.90€
  • Sortie : 17 février 2016

Résumé de l’éditeur : 1884. Gravement malade, Allan Pinkerton sent que la fin est proche et entreprend la rédaction de ses mémoires. Il y raconte son enfance dans les rues de Glasgow, la migration de sa famille au Canada puis à Dundee, Illinois, où il fondera la Pinkerton National Detective Agency. La « méthode Pinkerton » se met alors en place : recrutement de durs à cuire, réseau d’indicateurs, récolte d’indices et de témoignages, utilisation quasi systématique de la violence. Méthode qui fera ses preuves lors d’affaires devenues légendaires : les Dalton, Jesse James, les Molly Maguires, le Wild Bunch… À travers son récit, Pinkerton nous fait surtout découvrir l’origine de cet esprit de vengeance et d’injustice qui l’a habité toute sa vie.

Ce dernier album de Pinkerton, qui retrace les grands moments de la vie du célèbre détective, nous permet de découvrir l’homme qui se cache derrière la légende…

La créature du lagon maudit

Notre avis : Une grande menace s’abat sur le tournage du film de Harry : un monstre aquatique terrorise les acteurs ! Laurent Adouin propose – sur un scénario de Stéphane TamaillonLa créature du lagon maudit, la première aventure de sa nouvelle série jeunesse Cinémonstres, aux éditions Sarbacane.

Harry Hausen et son équipe de tournage se déplacent dans la jungle pour filmer quelques scènes de son nouveau long-métrage. Rose et Edward, les acteurs, doivent lutter contre une créature aquatique jouée par Buddy. Tel un film de série B des années 60, le scénario n’est pas des plus originaux. L’ambiance est délétère, surtout que le cinéaste a tendance à s’énerver pour un rien; tout le monde en prend pour son grade, y compris sa fille Brooks, son assistante.

Débarque alors, Faraway, un capitaine de rafiot qui conseille à Harry d’aller dans un lieu plus effrayant. Toute l’équipe part vers un bayou angoissant. Là, une vraie créature vient perturber le tournage…

Les éditions Sarbacane dévoilent le premier album de leur nouvelle série Cinémonstres fondée sur le cinéma et des créatures terrifiantes pour les 8-12 ans. En effet, les aventures de cette collection tourneront autour de Brooks, fille du célèbre réalisateur Harry Hausen, spécialiste des films de science-fiction et d’horreur. Accompagnée des deux acteurs fétiches de son père Rose et Edward, mais aussi Pikwik, un ouistiti farceur qu’elle adopte dans ce premier volet, la petite fille vivra des aventures sur les tournages de son père.

Clin d’œil au deuxième film en relief de l’histoire du cinéma L’étrange créature du lac noir de Jack Arnold, sorti en 1954, La créature du lagon maudit – méconnu des plus jeunes – est plutôt un bon album jeunesse. Si l’humour est présent grâce aux – presque – mots-valises de Harry mais aussi sa colère, les facéties de Pikwik ou encore les relations amusantes entre les adultes, le texte de Stéphane Tamaillon manque un peu de peps. Les rebondissements sont nombreux mais le scénario n’est pas d’une grande originalité. Pourtant le lecteur le sent, il y a un grand potentiel dans cette série : les personnages sont bien campés, les situations plutôt réussies et le mélange cinéma-monstres est idéal pour les plus jeunes lecteurs. Il faudra à l’auteur de Dans les griffes du Klan, Krine ou L’ultramonde (Seuil) nous prouver que cette collection à de l’avenir dans le deuxième volume Menace d’outre-espace prévu en août 2016.

Reste le dessin de Laurent Audouin qui nous enchante toujours autant. L’auteur de la série Les enquêtes de Mirette (avec Fanny Joly, Sarbacane) illustre avec toujours autant d’élégance et légèreté cet ouvrage. Les personnages adoptent des expressions appropriées (émerveillement, peur, colère…) grâce à son trait tout en rondeur.

Parrain de Comixtrip, vous pouvez découvrir son univers dans la vidéo suivante : https://www.comixtrip.fr/atelier/laurent-audouin/

  • Cinémonstres, tome 1 : La créature du lagon maudit
  • Scénariste : Stéphane Tamaillon
  • Dessinateur : Laurent Audouin
  • Editeur : Sarbacane
  • Prix : 12€
  • Sortie : 03 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Harry et son équipe débarquent dans la jungle amazonienne pour tourner un film sur un monstre aquatique imaginaire. Enfin,  » imaginaire « … D’après la légende locale, le lagon choisi serait maudit et quand Rose, la vedette, est kidnappée par la véritable créature qui hante le lagon, la malédiction semble se réaliser – et le tournage vire à la catastrophe ! La traque dans la forêt commence, sous la direction de Brooks, bien décidée à tirer le mystère au clair.

Six mois d’abonnement

Notre avis : Six mois, c’est le temps pendant lequel Gabriel Dumoulin, auteur de bande dessinée, a fréquenté un site de rencontre sur le net. Durant cette période, il a noué des relations virtuelles voire physiques avec quelques femmes. Cette expérience, il la met en dessin dans Six mois d’abonnement aux éditions Atrabile.

Alors célibataire, Gabriel décide de tenter l’aventure des sites de rencontres. Après l’établissement de son profil, il découvre – étonné – la multitude de femmes qui cherchent de la compagnie. De la simple nuit à l’envie d’engagement, elles sont là, nombreuses et accessibles; enfin, le croit-il. Avec la première Anaïs, la relation virtuelle s’installe vite. Cette jeune femme de 29 ans a un humour subtil. Enthousiaste, il déchante vite après un échec de rencontre. Puis il a y la conversation avec Chloé qui cache ses rondeurs, puis Sterenn professeur d’histoire-géo passionnée de philo, puis Daphnée, puis Claude, puis Rebecca, puis…, puis…

Entrevue dans La vraie vie (de Cadène et Mardon, Futuropolis), la thématique de la recherche de l’âme sœur sur internet commence à intéresser aussi les auteurs de bande dessinée. Si le premier ouvrage était mâtiné de suspens et de polar, celui de Gabriel Dumoulin reste uniquement sur les échanges virtuels avec des femmes lointaines et inaccessibles.

De l’enthousiasme des premiers jours aux désillusions, l’autobiographie de l’auteur de Mon meilleur ami (Ego comme X) est plutôt fidèle aux ces rapports. Forcément moderne dans les échanges (le lecteur a même le droit aux erreurs orthographiques ou échanges type SMS), l’ouvrage néanmoins ne parvient pas à nous captiver réellement. Peut-être parce que le lecteur est trop exclu de ces échanges et peut parfois être mal à l’aise par tant d’intimité ou même encore qu’il ne représente essentiellement que lui et que ce textes imposants couvrent trop les pages.

On notera la grande faculté de Gabriel Dumoulin pour l’auto-dérision – il n’a pas toujours le beau rôle comme avec la fille en surpoids – et l’immense recul qu’il a pris de cette expérience.

  • Six mois d’abonnement
  • Auteur : Gabriel Dumoulin
  • Editeur : Atrabile
  • Prix : 18€
  • Sortie : 14 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Six mois: c’est la durée pendant laquelle Gabriel Dumoulin a fréquenté un site de rencontre sur internet – et c’est ce semestre pas comme les autres qu’il raconte dans Six mois d’abonnement. C’est avec un regard distancié et le recul nécessaire qu’il livre cette expérience, et ce qui aurait pu dès lors se transformer en un galimatias egocentré et voyeuriste forme à l’arrivée un portrait cinglant de ce que peut être une relation amoureuse à l’heure du consommable et du tout-jetable. Les rencontres se suivent, plus ou moins fortes, plus ou moins intéressantes, plongeant parfois dans l’intime ou restant plus distantes, le livre décryptant alors par petites touches les motivations comme les limites de ces relations. Mais ce qui rend Six mois d’abonnement absolument formidable et procure une lecture si enthousiasmante, c’est le ton avec lequel tout ça nous est raconté, car derrière ce qui ressemble à une retranscription brute et frontale de la réalité, se cache un art consommé de la mise en scène, permettant à l’ouvrage d’adopter un ton proche de la comédie – et comme dans toutes les bonnes comédies, la critique n’est pas loin, qu’elle soit autocritique (et là l’auteur n’est pas toujours tendre avec lui-même), ou qu’elle adopte un versant quasi sociologique, quand elle décrit les mécanismes de ces rencontres «virtuelles». De l’autobiographie, Gabriel Dumoulin ne fait pas une mission ou un objet d’étude en soi, mais s’en sert pour raconter son époque, certes par le petit bout de la lorgnette, mais avec un regard acéré et une lucidité qui font mouche.

Koko au pays des Toutous

Notre avis : Koko affamé par une situation précaire, décide de partir pour le pays des Toutous. Plein d’espoir, il va vite déchanter. Jean-Benoît Meybeck dévoile Koko au pays des Toutous, un formidable livre jeunesse sur le thème des migrants pour les tout-petits.

PARTIR POUR MIEUX VIVRE

Malheureux car il ne peut pas manger à sa faim, Koko le petit chien est contraint de partir de chez lui. Attiré par des récits concernant le Pays des Toutous – la vie meilleure et riche -, il quitte le Pays des Cabots. Baluchon sur l’épaule, os donnés par sa famille, il va voir Passy le passeur. Délesté de la moitié de ses os, il grimpe sur un éléphant accompagné de quelques-uns de ses congénères et part vers de grands obstacles et dangers…

KOKO AU PAYS DES TOUTOUS : UNE EXCELLENTE INITIATIVE

Enfin un livre sur le thème des migrants pour les tout-petits ! Saluons chaleureusement cette excellente initiative de Jean-Benoît Meybeck et les éditions Des ronds dans l’o, déjà éditeur de Etenesh de Paolo Castaldi sur la même thématique. Soutenu par Amnesty International, ce petit livre de 42 pages au format carré et au prix modeste – 10€ – est idéal pour amorcer le dialogue sur ce délicat sujet avec les jeunes enfants. En choisissant des chiens colorés, l’auteur permet une entrée en matière plus attrayante.

TOUS LES ÉLÉMENTS SONT ABORDÉS

Tous les éléments concernant les migrants sont abordés : la famine qui pousse à partir, la volonté d’un ailleurs meilleur, la famille qui se cotise, les passeurs véreux, l’exiguïté et la fragilité des moyens de transports, les zones de guerre, la mer à traverser, le naufrage, les secours, la police et l’enfermement ou la vie difficile dans un pays inconnu.

Déracinés, trimballés d’un endroit à l’autre, dépouillés de leurs biens, ces migrants-toutous sont alors habitués à la mort et à la faim.

Sensibilisé à cette cause depuis quelques années, notamment entr’aperçu dans son précédent ouvrage CRA -qui mettait en lumière les conditions déplorables des réfugiés enfermés dans un centre de rétention administrative près de Toulouse, Jean-Benoît Meybeck réalise l’exploit de parler de migrants aux plus petits de fort belle manière.

  • Koko au pays des Toutous
  • Auteur : Jean-Benoît Meybeck
  • Editeur : Des ronds dans l’o
  • Prix : 10€
  • Sortie : 24 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Koko est heureux dans son pays mais il n’y a plus rien à manger. Il est obligé de partir vers d’autres pays pour survivre. Sa famille l’encourage et l’aide à partir. Malheureusement le voyage va s’avérer dangereux et difficile. A l’arrivée, il est mis en prison pourtant il n’a rien fait. Mais dans le pays où il vient d’arriver, les autres toutous ne veulent pas de lui. Koko ne comprend pas. Seuls les chiens errants comme lui l’acceptent dans leur groupe et deviennent ses amis.

Ana Ana #7 On n’a pas peur du noir !

Notre avis : Ana Ana et tous ses doudous ont peur du noir ! La sœur de Pico Bogue s’offre une septième petite aventure grâce à Dominique Roques et Alexis Dormal.

Alors qu’elle est endormie, Ana Ana, est réveillée par une bruit : une créature monstrueuse est à la fenêtre ! Tous ses doudous autour d’elle, elle hurle pourtant de peur. Goupille le renard la rassure : c’étaient des branches d’arbre et il l’affirme : « Les monstres n’existent pas ». Pourtant la suite va troubler nos petits amis…

Ana Ana est la petite sœur de Pico Bogue, le héros de la merveilleuse série éponyme de Dominique Roques et Alexis Dormal. Ce formidable univers – que Comixtrip vous a présenté – est donc décliné autour de la petite fille de 3/4 ans. Dans un format à l’italienne de 28 pages, les auteurs proposent des thématiques pour le jeune public : la mer, le désordre ou encore le bain. Pour ce septième opus, ils abordent un thème cher à l’enfance : la peur du noir ! Comme les précédentes publications, Ana Ana peut compter sur ses doudous qui prennent vie pour la rassurer. Suspens et humour émaillent cette belle histoire de la scénariste et mère du dessinateur.

Comme pour Pico Bogue, l’auteur enchante le lecteur par un trait à l’aquarelle formidable. Rond et chaleureux, il propose des planches (3 à 5 vignettes sans cadre maximum) pour le plus grand bonheur des petits de 3 à 6 ans. On recommande chaudement !

  • Ana Ana, tome 7 : On n’a pas peur du noir !
  • Scénariste : Dominique Roques
  • Dessinateur : Alexis Dormal
  • Editeur : Dargaud, collection Jeunesse
  • Prix : 7.95€
  • Sortie : 04 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Tout le monde a peur du noir ! Enfin, tout le monde… sauf l’intrépide Ana Ana ! Mais quand Touffe de poils, qui s’acharne à lui faire des blagues, se déguise en fantôme, la fillette tremblote, frémit et se cache sous sa couette. Heureusement, les doudous ont plus d’un tour dans leur sac pour rassurer Ana Ana et faire comprendre à Touffe de poils qu’il ne faut pas jouer avec la peur des autres

Le bon petit Henri

Notre avis : Découvert grâce aux excellentes séries Spécial Branch (Roger Seiter, Glénat) et L’envolée sauvage (deux titres avec Laurent Galandon, Grand Angle), Hamo adapte Le bon petit Henri, un conte de la Comtesse de Ségur, aux éditions Bamboo.

Henri vit paisiblement avec sa maman dans une modeste demeure à la campagne. Mais un jour, elle tombe gravement malade. Triste, le petit garçon demande de l’aide à la fée qui lui conseille d’aller chercher une plante magique qui guérit. Ni une ni deux, il part à sa recherche…

Issu des Nouveaux contes de fées, Le bon petit Henri est une très belle quête initiatique. Pour décliner cette histoire, Hamo a décidé de la produire sans texte (à l’exception des titres au-dessus des planches). Pour ce périple, le jeune garçon rencontre tour à tour un géant, un coq, un renard et un chat à qui il rend service et qui lorsqu’il se trouve coincé par une épreuve, lui rendent la pareille. Mettant en lumière de belles valeurs : générosité, amour et entraide, l’histoire plaira aux primo-lecteurs voire non-lecteurs.

Pour la partie graphique, l’auteur utilise un trait simple et d’une belle lisibilité. D’ailleurs, il donne des astuces pour reproduire ses personnages, à la fin de l’album.  Né en 1982, Pierre-Yves Berhin dit Hamo est un auteur belge qui a suivi des cours de dessins aux Beaux-Arts avant de parfaire sa formation dans l’illustration et la bande dessinée. Encore une fois, il démontre tout son talent dans ce petit album, entrevu dans L’envolée sauvage où son trait fait déjà merveille. Comixtrip aime cet auteur !

  • Le bon petit Henri
  • Auteur : Hamo, d’après La Comtesse de Ségur
  • Editeur : Bamboo, collection Pouss’ de Bamboo
  • Prix : 10.60€
  • Sortie : 02 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Il était une fois un jeune garçon nommé Henri qui vivait heureux avec sa maman. Quand un jour, celle-ci tomba gravement malade, l’enfant implora la fée bienfaisante de lui venir en aide. Celle-ci répondit à son appel et lui conseilla de rapporter à sa maman la plante de vie, seule capable de la guérir. Pour le bon petit Henri, c’est le début d’un formidable périple peuplé de personnages étonnants qui lui démontreront que l’amour, la générosité et la vertu sont toujours récompensés…

Le meilleur de Tom-Tom et Nana #6

Notre avis : Quasi quadragénaire, la série jeunesse Tom-Tom et Nana a fait découvrir la lecture et/ou la bande dessinée a un grand nombre d’enfants. Les éditions Bayard publient Le meilleur de Tom-Tom et Nana, sixième recueil d’histoires du duo infernal signé Jacqueline Cohen et Evelyne Reberg, mis en image par Bernadette Després-Charignon.

Parmi les 16 mini-récits de cette intégrale, il y a notamment :

  • Un chic unique : Rémi arbore fièrement un tee-shirt Baboon Boy. Envieux, Tom-Tom désire ardemment le même…
  • Le Tom-Tom Club : Dans un terrain vague, une cabane va servir de Club pour Tom-Tom, Nana, Rémi et Sophie. Rapidement, l’aîné des Dubouchon en fait un lieu à sa gloire, tel un dictateur…
  • Le championnat de ménage : Les parents Dubouchon sont excédés : la chambre des enfants est toujours en bazar. Ils décident de partir au cinéma ce qui laisse deux bonnes heures à Tom-Tom et Nana pour ranger. Le garçon a une idée : inviter ses amis pour le faire à sa place…
  • La foire aux lapins : Adrien Dubouchon n’en peut plus des lapins des enfants qui trainent dans sa cuisine. Pour s’en débarrasser, Tom-Tom décide de les donner à ses amis…
  • Boul-Bouch-Pharm : Mme Kellmer est paniquée; elle a perdu ses clefs d’appartement. Elle demande à Tom-Tom et Nana de l’aider à les retrouver…

Prépublié pour la première fois en 1977 dans le magazine J’aime Lire, Tom-Tom et Nana est la série phare des éditions Bayard. Sous forme de mini-récits d’une dizaine de pages, le trio d’auteures enchante les jeunes lecteurs. Il faut souligner que la série animée diffusée sur France 3 en 1998 a permis d’asseoir sa notoriété. La vie familiale folle des Dubouchon est amusante et décalée. Adrien, propriétaire cuisinier de A la bonne fourchette est marié à Yvonne qui sert les clients, parents de Tom-Tom (9 ans) et Nana ainsi que Mary Lou l’aînée adolescente. Tout ce petit monde circule et vit dans ce lieu convivial. En plus des clients attachants, les enfants ont des amis avec qui ils partagent des aventures : Rémi, Sophie et Fatiah. Une belle série pour un public dès 6 ans

  • Le meilleur de Tom-Tom et Nana 6 : Tous potes, tous au top !
  • Scénaristes : Jacqueline Cohen et Evelyne Reberg
  •  Dessinatrice : Bernadette Després-Charignon
  • Editeur : Bayard jeunesse
  • Prix : 9.95€
  • Sortie : 9 mars 2016

 

L’apocalypse selon Magda

Notre avis : Dans un an, le Monde aura disparu ! Tous les scientifiques en sont sûrs, ils connaissent le jour de sa fin. Au milieu de tout ce bazar, il y a Magda, une jeune adolescente qui glisse vers l’âge adulte et ce n’est pas simple. Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel propose L’apocalypse selon Magda, une formidable chronique sociale bouleversante, éditée par Delcourt.

La fin de l’année scolaire est animée. Tous les élèves doivent se rendre dans la cour. Le principal doit faire une annonce qui est une véritable bombe : la fin du monde est programmé pour dans un an ! La Terre va connaître une série de phénomènes naturels qui vont la faire imploser; les scientifiques en sont sûrs et certains.

Au milieu de cette annonce forte, il y a Magda, 13 ans, Julie et Léon, ses amis. Comment ne pas y penser malgré les vacances estivales qui s’annoncent ? A la maison, le soir, ce n’est pas mieux, sa grande sœur et ses parents sont sur le qui-vive. Plus rien n’a d’intérêt, pas même l’anniversaire de l’adolescente le lendemain. Tout se bouscule dans sa tête, elle a ses premières règles et son père décide de partir du foyer familial et de rejoindre sa maîtresse. Quoiqu’il arrive, Magda veut profiter au maximum de cette dernière année : s’amuser, boire, essayer d’autres substances et succomber aux appels de Léon pour ne plus être vierge…

La fin du monde annoncée et une chronique sociale pour dépeindre les affres de l’adolescence – tout cela n’est pas original en bande dessinée – pourtant Chloé Vollmer-Lo fait de L’apocalypse selon Magda un album d’une grande singularité, à la fois tendre et dur, onirique et ancré dans la réalité. C’est fort, c’est poignant, c’est accrocheur et c’est intelligent. Se précipiter pour vivre, grandir et découvrir la vie, telle pourrait être la devise de la jeune adolescente.

La pertinence de son récit se fonde sur une protagoniste torturée par ce délicat passage qu’est l’adolescence; un personnage qui voit le monde autour d’elle se fissurer, partir à vau-l’eau. Le lecteur s’attache rapidement à cette jeune fille se muant en femme, belle et rebelle.

Pour son premier album, la scénariste met en lumière aussi les méfaits de la religion à travers la fuite vers un ailleurs meilleur des parents de Julie, le lâcher-prise des adolescents, l’amour, le vol, la drogue mais aussi la volonté de se retrouver en bande pour échapper à son destin – être nombreux pour faire face – comme dans la deuxième partie du livre. Pas de happy-end dans L’apocalypse selon Magda mais un tourbillon d’émotions fortes : le sourire, le rire, la tristesse ou l’angoisse. La peur du départ du père – qui devrait être protecteur dans ce moment délicat – celle de Léon, de Julie ou des élèves qui vident le collège, qui lui aussi se délabre.

Ce bel ode au temps qui passe est porté par une très belle partie graphique de Carole Maurel. Le trait semi-réaliste de l’auteure de Comme chez toi (Casterman) est d’une belle modernité, notamment grâce à une palette de couleurs variées bien sentie. L’ambiance lourde du récit est admirablement portée par des planches d’une grand lisibilité.

  • L’apocalypse selon Magda
  • Scénariste : Chloé Vollmer-Lo
  •  Dessinatrice : Carole Maurel
  • Editeur : Delcourt, collection Mirages
  • Prix : 22.95€
  • Sortie : 27 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : L’apocalypse annoncée il y a un an n’aura finalement pas lieu ! Tandis que l’humanité tout entière célèbre la nouvelle, Magda, 14 ans, est dévastée. Pourquoi ? Pour le comprendre, il faut revenir en arrière, à ce jour où Magda décide qu’elle mourra sans regrets. D’amours maladroites en paradis artificiels, sous le compte à rebours des saisons, la jeune fille se découvre à elle-même, dans un monde d’adultes dépassés par les événements.

Bjorn le morphir #5 Le choc des armées

Notre avis : Enfin la suite de Bjorn le morphir ! Fondée sur les romans éponymes de Thomas Lavachery, l’histoire de ce petit adolescent frêle qui deviendra l’un des plus grands guerriers et chef de clan est de retour dans un cinquième volet toujours aussi haletant. Edité par Rue de Sèvres, la partie graphique est confiée à Thomas Gilbert. On y est, la guerre va avoir lieu !

Plaine d’Akrar, 1068. L’armée du Fizzland conduite Bjorn fait face à celle du roi Hakon. La bataille peut commencer, rude et très meurtrière (8000 morts, 5000 ghizois et 3000 fizzlandais). Pourtant accompagnées de fidèles dragons, les troupes du jeune morphir sont inférieures en nombre. Alors que tout ne va pas pour le mieux, les hommes de Koy leur viennent en aide et repoussent l’ennemi.

Sur le chemin du retour, Bjorn vient au chevet de Sigrid, son amour; elle est de plus en plus faible. Comme un malheur n’arrive jamais seul, Updala, la capitale est détruite par le roi Hur et son père est vaincu au combat. Petit à petit, les fizzlandais reconstruisent la cité mais le repos est de courte durée : le Skudland du roi Karl attaque le nord du pays. Le jarlal décide d’aller prêter main forte aux assiégés…

L’une des plus belles séries d’heroic-fantasy pour adolescents de ces dernières années, Bjorn le morphir régale encore le lecteur. Comme pour les 4 précédents tomes – dont Comixtrip vous avez fait l’éloge – ce cinquième volet est accrocheur, entrant dans le dur avec les 30 premières pages consacrées aux différents conflits meurtriers. La deuxième partie de l’album se muant en quête initiatique pour Bjorn : retrouvailles avec son frère, chasse et rencontre avec Runolf, vieil ermite. Pas de temps mort dans ce récit de Thomas Lavachery enlevé et intelligent. La partie graphique de Thomas Gilbert (Vénéneuses, Sarbacane) est elle aussi au diapason : nerveuse, précise et au découpage rythmé.

La suite vite !

  • Bjorn le morphir, tome 5 : Le choc des armées
  • Scénariste : Thomas Lavachery
  •  Dessinateur : Thomas Gilbert
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 14€
  • Sortie : 16 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Aussi vaillants soient Bjorn et ses armées, ils ne résistent pas longtemps face aux ruses de leurs ennemis… Acculé, son cher Daphnir blessé, Bjorn part sur les routes chercher du soutien chez un lointain allié, seul espoir pour le Fizzland. Il devra pour ce voyage se réconcilier avec son frère, son compagnon d’infortune dans ces nouvelles péripéties qui feront d’eux des prisonniers des elfes. Le Morphir trouvera-t-il à nouveau en lui la force de sauver son peuple et ses proches ?

L’homme de la maison

Notre avis : Il n’est pas chose aisée d’avoir 12 ans et de vivre dans un quartier populaire de Singapour. C’est le sort dramatique de Yong que nous décrivent Dave Chua et Koh Hong Teng, dans L’homme de la maison, un manga fort édité par Steinkis.

Singapour de nos jours. Yong, 12 ans vit dans une immense barre d’immeuble avec son père peu présent et joueur invétéré, une mère aimante, un petit frère espiègle et Ah Ma sa grand-mère. Ses parents sont durs avec lui parce qu’ils veulent qu’il réussisse à tout prix et donc l’arracher à sa condition sociale toute tracée; il est plutôt doué dans les études. Grand pour son âge, l’adolescent est obéissant, généreux et serviable : il aide sa mère dans les tâches ménagères et s’occupe de sa grand-mère douce mais qui perd déjà un peu la tête.

Sa vie est rythmée par le collège, sa famille très importante, ses devoirs et ses amis. Parmi eux, Liang, un jeune garçon livré à lui même, rebelle et qui défie l’autorité. Tous les deux passent leurs journées d’été sur le terrain de jeux en bas des immeubles. Cet endroit de toutes les possibilités va d’ailleurs bientôt être transformé. Mais, la vie de Yong bascule le jour où son père décide de quitter le foyer familial.

L’homme de la maison, voilà le destin tout tracé de Yong après le départ de son père couplé au décès de Ah Ma. Le récit de Dave Chua était au départ deux romans parus en 2011 et 2012 qu’il a décliné en bande dessinée et même en série télévisée. Forte, parfois bouleversante et d’une grande mélancolie, cette histoire est une très belle chronique sociale d’une famille lambda singapourienne, petit pays riche mais méconnu des Français. Ce beau manga permet de le découvrir à travers une foyer en déshérence qui va basculer. Alors qu’il avait tout pour fonctionner, basé sur des fondations solides (le couple), il dérive lentement vers l’abîme. Et au milieu de tout cela, un jeune garçon qui perd ses propres repères. Dave Chua confie : « Dans l’histoire de Yong, ce qui est difficile, c’est cette charge supplémentaire d’avoir à accompagner sa grand-mère dans la maladie, à quoi s’ajoute sa tristesse, quand
son père s’éloigne du foyer, au moment même où Yong aurait le plus besoin de lui. »  Pourtant, l’adolescent lui continue de rêver comme il en a eu l’habitude depuis longtemps.

Le scénariste le présente d’ailleurs ainsi : «  Celui-ci doit jongler entre la préparation à son examen d’entrée au
collège, la garde de son petit frère et les tâches ménagères. Aux soucis du quotidien s’ajoutent ceux de la famille : les parents qui ne s’entendent plus, la disparition de la grand-mère qui jusqu’ici vivait avec eux et bien sûr l’obligation d’aller à l’école… » Il appuie son propos sur des protagonistes très bien cernés, au caractère complexe et fort.

Le déterminisme social, la mort, le passage à l’âge adulte, tout cela est évoqué avec une grande pudeur et une belle intelligence. Le dessin confié à Koh Hong Teng est lui aussi très réussi. Son trait en noir et blanc est d’une grande lisibilité, simple mais fort. Il livre de belles planches où l’architecture de ces immeubles très présente est un personnage à part entière.

  • L’homme de la maison
  • Auteur : Koh Hong Teng, d’après les romans de Dave Chua
  • Editeur : Steinkis
  • Prix : 22€
  • Parution : 09 mars 2016

Résumé de l’éditeur : Yong a 12 ans, une grand-mère lunaire, un petit frère turbulent, un père joueur invétéré, une mère courage et un meilleur ami rebelle.
Et la vie n’est pas toujours douce pour ce garçon rêveur dont on attend qu’il devienne l’homme de la maison.
Une fenêtre inédite, tour à tour poétique, âpre et évocatrice, sur la société singapourienne.

Le monde selon Uchu

Notre avis : Référence graphique au Japon, Ayako Noda débarque en France avec Le monde selon Uchu, un manga chronique sociale autour d’un lycéen se prenant pour un héros de papier. Un album Casterman Sakka.

Alice est nouvelle dans le lycée. Dès son arrivée, elle est fascinée par Uchu, un mystérieux garçon ténébreux et dont les yeux sont emplis de tristesse. Alors qu’il sèche les cours, elle décide d’aller lui rendre visite avec l’aval de Shinri, son frère jumeau. On ne peut pas dire que cela enchante le jeune adolescent. Mais un jour alors qu’il est au lycée, une scène étrange se produit : Iya, un autre camarade de classe, effrayé par le lycéen mystérieux tente de se suicider en se jetant du toit de l’établissement. Uchu se précipite, tous les deux tombent mais sont arrêtés dans leur chute par un arbre apparu comme par magie… En fait, il ne peut pas mourir car il est un héros de manga !

Prépublié au Japon en 2012 dans la revue Gekkan Ikki des éditions Shôgakukan, Le monde selon Uchu est un seinen étonnant et apporte son lot de questions. D’une très grande originalité et d’une belle sensibilité, ce manga est une belle mise en lumière de la volonté de paraître, de changer de vie ou de vivre à travers une passion. Ayako Noda a particulièrement réfléchit la personnalité de ses héros; ils sont complexes, torturés et se posent de nombreuses questions sur leur existence. A souligner que l’exigence de son scénario ne plaira pas à tous les lecteurs. Il faut prendre le temps d’entrer dans cette très belle histoire pour y goûter tout le sel.

Celle qui fut invitée d’honneur lors du dernier Festival d’Angoulême, dévoile de sublimes planches. Entr’aperçue lors des Concerts de Dessins de cette même édition, sa gestuelle graphique est très impressionnante ! A coup sûr, un manga en deux tomes à découvrir car surprenant !

  • Le monde selon Uchu
  • Auteure : Ayako Noda
  • Editeur : Casterman Sakka
  • Prix : 8.45€
  • Parution : 17 février 2016

Résumé de l’éditeur :  » Le monde dans lequel nous vivons est un manga et j’en suis le héros.  » Telle est la révélation ahurissante que fait Uchu à ses camarades de classe ! Créatures de papier qui se croyaient de chair et de sang, les élèves de l’établissement comprennent que ce regard qu’ils sentent peser sur eux en permanence pourrait bien être le vôtre, lecteur…Mais il y a plus important : quelle fin l’auteur a-t-il prévue ? Suivez les personnages dans ce récit qui dynamite les codes de la comédie scolaire pour livrer une chronique du passage à l’âge adulte tour à tour rieuse, poignante et mystérieuse.