Wunderwaffen #8

Notre avis : La foudre de Thor est le huitième tome de la série Wunderwaffen, scénarisée par Richard D. Nolane et dessinée par Maza. Cette série est une uchronie de la Seconde Guerre Mondiale ; les deux auteurs imaginent que les Alliés ont échoué lors du Débarquement et que les Nazis ont réussi à fabriquer des avions révolutionnaires.

Le 6 juin 1944, les Alliés (Etats-Unis, Angleterre et France) débarquent en Normandie mais essuient un échec retentissant. Battus, ils doivent continuer la guerre et l’Allemagne Nazie poursuit son expansion. Et en été 1946, les Japonais sont battus et la seconde guerre mondiale continue. En parallèle, les Nazis développent la fabrication d’étranges avions à réaction totalement révolutionnaires, surnommés Wunderwaffen, «armes miracles». Ces avions défendent efficacement l’Allemagne.

Dans le premier volume, le lecteur fait la connaissance du major Walter Murnau, tête brûlée, un pilote émérite de cette section aérienne. Pour ses faits d’armes, il est décoré par Adolf Hitler et obtient le surnom de Pilote du Diable. Pourtant il déteste ce régime dictatorial alors qu’il devient paradoxalement l’icône de celui-ci. Suspicieux à cause de cette nouvelle image, Hitler décide alors de le faire éliminer pour de mystérieuses raisons.

Le huitième opus se déroule en février 1947 en Antarctique. Murnau et son équipe ont pris quartier en Nouvelle-Souabe dans une base secrète allemande. Ils sont ici pour commencer le forage de ce sol riche. Ils découvrent alors l’origine de la Foudre de Thor. C’est à ce moment-là que le récit glisse vers le fantastique.

Le scénario fantastique de Nolane se fonde sur de véritables prototypes d’avions du IIIe Reich qui n’ont jamais dépassés le stade de projets et maquettes. Ce qui confère au récit une grande crédibilité. D’ailleurs, certaines nations ont organisé, après la chute du régime nazi, des missions pour récupérer les plans et les informations sur ces armes révolutionnaires. Le dessin de Maza met en images des très beaux combats aériens grâce à de grandes cases qui permettent de rendre au mieux la force de ces oppositions.

  • Wunderwaffen, tome 8 : La foudre de Thor
  • Scénariste : Richard D. Nolan
  • Dessinateur : Maza
  • Editeur : Soleil, collection Aventure
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 22 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Pendant que les tous premiers U-boot apportent discrètement dArgentine de quoi reconstruire la base de Nouvelle-Souabe, Murnau et ses compagnons découvrent, à mille mètres sous la glace, lorigine réelle de la Foudre de Thor. À l’autre bout du monde, au cœur du Reich, Himmler commence alors à se dire que son heure a cette fois sonnée pour de bon.

Bosch

Notre avis : Auteur multi-facettes reconnu (Giacomo C., SOS Bonheur, Monsieur Noir ou Vlad), Griffo surprend encore son lectorat en s’aventurant dans les pas de Hieronymus Bosch, le célèbre peintre flamand du 15e siècle.

Pour brosser le portrait de cet être au parcours singulier et que d’aucun traitait de dément, l’auteur de Sherman met en scène Mathilde, une spécialiste d’art de l’Université de Gand qui a pour mission de restaurer une toile du maître. Le lecteur découvre le jeune Bosch alors adolescent qui commence à dessiner dans les années 1460. S’inspirant de la nature et des créatures fantastiques des légendes, il développe un sens artistique hors du commun.

On découvre ainsi un peintre obsédé par des pulsions démoniaques et ce dès l’enfance. Griffo fait même sortir ces créatures des Enfers de ses toiles et de ses croquis de recherche. Son récit est d’ailleurs plutôt agréable à la lecture, fluide et efficace. Son trait semi-réaliste convient parfaitement pour le propos de son histoire. A noter qu’un dossier de huit pages est adossé à l’album. Signé Dimitri Joannidès, il retrace les moments importants de la vie de Bosch, ses inspirations et des textes explicatifs sur ses œuvres majeures.

  • Bosch, le jugement dernier
  • Auteur : Griffo
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 12 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Dans la Flandre du XVe siècle, il est un peintre qui surprend par l’originalité et l’ampleur de ses tableaux. Son nom : Hieronymus Bosch. On le dit fou. Car d’où peuvent bien provenir les formes étranges et hallucinatoires, les créatures, les monstres hideux et fascinants qui parcourent ses œuvres, si ce n’est de l’esprit d’un dément ?

De nos jours, Mathilde de Vlaeminck, une jeune et brillante spécialiste de l’université de Gand, entreprend justement la restauration d’un tableau du maître. À mesure que son travail avance, elle va plonger malgré elle dans son œuvre, naviguant entre un univers fantastique, hallucinant, et la réalité.

Mais la frontière entre ces deux mondes, opposés en apparence, est-elle aussi tranchée qu’elle n’y paraît ?

Pico Bogue #8

Notre avis : Agé de 6/7 ans, Pico Bogue réagit comme les grands. Avec sa soeur Ana-Ana, ils posent un regard franc, intelligent, parfois naïvement sur la vie et les personnes qui les entourent.

Pour ce huitième opus, L’original, Dominique Roques propose avec une infinie tendresse des mini-récits mettant en scène les deux enfants, leurs parents, la maîtresse d’école, le professeur de sport et les camarades de Pico et de Ana-Ana. Parmi eux, il y a toujours le copain aux cheveux bruns en brosse qui essaie de se faire des amis mais qui par son manque de tact, les fait fuir. Il veut aider mais réussit surtout à faire peur.

La scénariste dévoile aussi de nombreuses pages sur la fête de l’école. Coincée par son petit garçon, la mère de Pico doit tenir un stand de frites, elle qui déteste la friture. Course en sac, cornet de glaces, pêche aux canards, tout est prétexte à la rigolade avec le jeune héros.

Accompagnée au dessin par Alexis Dormal, son fils, elle plonge aussi son personnage principal dans un état fiévreux qui le cloue au lit. Entre crise, état aux bord de la mort et sa sœur qui en rajoute, le jeune lecteur s’amuse de ces situations cocasses.

Comme pour les précédents volumes, le dessinateur démontre tout son talent par ses très belles planches à l’aquarelle et son trait d’une belle rondeur qui imprime à la série sa douceur de vivre et son grand charme.

  • Pico Bogue, tome 8 : L’original
  • Scénariste : Dominique Roques
  • Dessinateur : Alexis Dormal
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 11.99€
  • Parution : 06 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Dans ce huitième tome de Pico Bogue, nous retrouvons l’enfant terrible de la bande dessinée dans ses petites et grandes aventures du quotidien.

Entre deux gags où Pico fait montre de toute sa malice et de sa gentille impertinence se déroule un grand événement : la fête de l’école ! Pico a inscrit sa mère sans la prévenir pour tenir un stand, et c’est une avalanche de gags, bien entendu. Mais Pico tombe malade…

L’enfant terrible de la bande dessinée récidive ! Toujours avide de connaissance, Pico a le don de nous charmer et de nous exaspérer en même temps ! Un huitième tome à l’humour tendre sur les petites aventures du quotidien.

Le Bus 2

Notre avis : Les éditions Tanibis proposent le deuxième opus de Le bus, un recueil de mini-histoires muettes signé Paul Kirchner. L’auteur imagine un univers autour de la télé très singulier. Après la fermeture des studios qui produisaient Le bus en pleine crise économique en 1985, en 2012 des amateurs plus jeunes de la série font le forcing pour son retour. Le fils du héros principal Harvey P. Farquhar reprit alors son rôle.

Toutes les scènes de ce recueil au format à l’italienne ont pour décor un bus de ville de type américain. A l’intérieur, le nouveau héros (quasiment chauve, lunettes, embonpoint et gabardine) se confronte avec les autres passagers. Pour chaque planche, l’auteur utilise habilement le découpage en gaufrier (de 6 à 8 vignettes) pour délivrer un message proche de l’absurde, du non-sense et de l’extravagance. Entre onirisme, Paul Kirchner fait voyager son lectorat dans des recoins insoupçonnés. Son trait en noir et blanc renforce une ambiance entre admiration et parfois répulsion.

  • Le bus
  • Auteur : Paul Kirchner
  • Editeur : Tanibis
  • Prix : 12€
  • Parution : 14 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Les strips de the bus furent initialement publiés entre 1979 et 1985, oubliés, puis réédités en album par Tanibis en 2012. 30 ans après sa mise au dépôt, alors que le tour semblait bouclé, le bus reprend du service. Dépoussiéré, huilé, le véhicule sort du garage, l’homme à l’imperméable se poste à l’arrêt. C’est reparti pour un tour ! Les failles spatio-temporelles et les incursions incongrues du fantastique parasitent de nouveau avec brio et inventivité ce trajet routinier vers l’inconnu. Le bus 2 est plus que jamais une porte vers tous les possibles : à son approche la réalité vacille, les dimensions s’entremêlent, les rôles s’inversent… Si le bus en lui-même est toujours le même, quelques détails, comme les téléphones « intelligents » et le look des passagers, ancrent ces histoires dans le XXIe siècle. Mais on saisit surtout que l’humour absurde de Paul Kirchner est d’une vitalité indémodable. L’artiste se joue des époques, ajoutant à ses strips une pointe de mélancolie qui les rend encore plus percutants. Son univers, sous l’incidence croisée des tableaux de Magritte, de la série télévisée La Quatrième Dimension ou encore des pastiches de Mad Magazine, n’a pas pris une ride. Le bus avait été retenu dans la sélection Patrimoine du festival d’Angoulême en 2013. Ces nouveaux strips ont été partiellement prépubliés dans divers magazines : Aaarg! en France, Le Vif en Belgique et Tin House Magazine aux États-Unis.

L’île Louvre

Notre avis : Après Moderne Olympia (Catherine Meurisse), L’art du chevalement (Philippe Dupuy & Loo Hui Phang), Le chien qui louche (Etienne Davodeau) ou Les gardiens du Louvre (Jiro Taniguchi), les éditions Futuropolis poursuivent leur travail avec les musées nationaux de France avec L’île Louvre, un roman graphique de Florent Chavouet.

Comme les précédentes publications, l’auteur a carte blanche pour dévoiler les trésors du lieu. Le dessinateur de Petites coupures à Shioguni (éditions Philippe Picquier) propose un voyage original entre réalité et onirisme. Il fait du Louvre, un île entourée de canaux et ainsi un lieu hors du temps. Il suit alors différents visiteurs qui se trouvent devant les œuvres célèbres : Le sacre de Napoléon de David, La présentation au temple de Simon Vouet mais aussi la Vénus de Milo ou La victoire de Samothrace.

Cet album original pourra dérouter certains lecteurs et certains même ne continueront pas sa lecteur au-delà des premières pages.

  • L’île Louvre
  • Auteur : Florent Chavouet
  • Editeur : Futuropolis et Louvre éditions
  • Prix : 20€
  • Parution : 05 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Chacun d’entre eux devient, le temps d’un livre, un visiteur aux yeux grands ouverts, parcourant l’immense palais qui abrite les collections inouïes du grand musée. Regards toujours inattendus, libres et pétillants. Une visite personnelle et inédite d’un des lieux les plus fréquentés du monde. Chavouet, passionné de géographie et collectionneur de cartes, dessine ici le Louvre comme jamais et donne au musée une autre mémoire en ouvrant les canaux de l’imagination

Balez et Malina #1

Notre avis : Romain Pujol, Thitaume et Baptiste Amsallem mettent en scène deux enfants préhistoriques et leur bébé mammouth dans le premier volet de Balez et Malina, un recueil d’histoires pour jeunes lecteurs publié par BD Kids.

Les deux premiers, scénaristes, ont imaginé la vie de deux tribus que tout oppose à l’époque de la Préhistoire : les Fort-Fort sont forts mais pas malins tandis que les Malin-Malin sont malins mais pas forts. Si les premiers vivent dans des grottes, les seconds ont construit leurs abris dans des arbres. Malina appartient aux Malin-Malin et Balez aux Fort-Fort.

Un jour les deux enfants découvrent en même temps un bébé mammouth orphelin et après l’avoir sauvé d’un tigre à dents-de-sabre, ils décident de devenir amis et donc un trio inséparable.

Le duo d’auteurs proposent alors des mini-récits plutôt amusants autour des trois personnages. De son côté, Baptiste Amsallem met en image ces histoires courant sur deux planches sans grande révolution.

  • Balez et Malina, tome 1 : Un amour de mammouth !
  • Scénaristes : Romain Pujol et Thitaume
  • Dessinateur : Baptiste Amasallem
  • Editeur : BD Kids, Bayard
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 04 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Une nouvelle série qui se passe au temps de la préhistoire avec de nouveaux héros : Balez, rejeton de la tribu des Fort-Fort et Malina, du clan des Malin-Malin. Autant dire que, lorsque les deux enfants se rencontrent, la méfiance règne. Pourtant, ils vont devenir amis… Un miracle qui s’explique par le bébé mammouth orphelin qu’ils découvrent ensemble. Car, chacun à leur manière, les deux enfants sont prêts à tout pour lui venir en aide !

Animaux fabuleux

Notre avis : Pilier du magazine Fluide Glacial, Jean Solé arrive encore à nous surprendre. Avec Animaux fabuleux édité par Hugo Image, il dévoile un album de coloriage psychédélique.

Pour les petits comme pour les grands, ses illustrations double format à détacher émerveillent par le soin apporté par l’auteur de Superdupont avec Gotlib (Dargaud). Précis et fouillé, son trait en noir et blanc interpelle agréablement. Son bestiaire fantastique est multiple et d’une très belle poésie.

L’apprenti coloriste croisera pêle-mêle : des tortues, des dragons, des oiseaux et des félins, parfois même des croisements originaux : un aigle avec des cornes et une queue de poisson, un manchot à moteur ou un paon armé d’un revolver. C’est beau, original et onirique, c’est du Solé à l’état pur. On en redemande !

  • Animaux fabuleux
  • Auteur : Jean Solé
  • Editeur : Hugo Image
  • Prix : 14.95€
  • Parution : 19 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : On parle de  » Art Thérapie « , d’apaiser son stress en retrouvant une des grandes joies de l’enfance, le coloriage aux crayons de couleur. Mais pour être sincère, la plupart des dessins proposés en général ne sont pas à la hauteur de la promesse annoncée. Ce n’est pas le cas de cet ouvrage réalisé par Jean Solé, 40 dessins panoramiques inédits réalisés spécialement pour cet album, de véritables enluminures par l’un des graphistes les plus doués de sa génération, un bestiaire fantastique de créatures mythiques et étonnantes, que nous présentons en pages qui se déplient pour un confort maximum de travail.

Madame, l’année du chat

Notre avis : Nancy Pena, auteure de l’excellente série Médée (Delcourt), accueille dans son maison de Besançon, un petit chaton prénommé Madame. Capricieuse et espiègle, la jeune chatte fait souvent tourner en bourrique sa maîtresse. Entre les vêtements troués, l’encre de Chine par terre, la boîte de thon qu’elle lèche qui lui donne une odeur infecte (elle doit alors prendre un bain), elle joue à faire sa « Madame ». Siestes interminables, repas à réclamer à toute heure, Madame à la belle vie.

Avec pléthore d’albums sur les chats (notamment venus du Japon), Nancy Pena doit se démarquer pour attirer l’attention. Et c’est ce qu’elle réussit parfaitement grâce à un très bel humour, une sacré dose d’auto-dérision et une maîtrise narrative des petites saynètes.

Madame est douée de parole et douée pour la bêtises, ce qui rend l’album attachant et très drôle. Ajouter à cela, une très belle partie graphique en bichromie verte et noire et l’on obtient un recueil qui ravira les amateurs de félins filous.

  • Madame, l’année du chat
  • Auteure : Nancy Pena
  • Editeur : La Boîte à Bulles
  • Prix : 13€
  • Parution : 18 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Le saviez-vous  ? L’appartement d’une artiste est le lieu idéal pour expérimenter mille et une bêtises. Et ça, Madame, chaton de son état, l’a bien compris.

Non contente de pouvoir exprimer à loisir sa créativité féline, Madame évolue dans l’univers de sa propriétaire, entre encre de chine et suite Adobe.

Au fil des saisons, elle découvre le monde alentour, virevolte dans les jambes de Nancy et atterrit dans ce petit recueil plein d’humour qui raconte avec tendresse la relation d’un maître et de son chat.

 

La saga d’Atlas et Axis #3

Notre avis : Très belle série d’héroïc-fantasy, La saga d’Atlas et Axis est signé Pau, un très bon auteur espagnol. Il faut souligner que Ankama a l’habitude de présenter d’excellentes séries dans ce genre, comme notamment Kairos d’Ulysse Malassagne.

Très bien écrit, le récit fantasy de Pau met en scène Atlas et Axis, deux chiens en quête de délivrer des villageois emprisonnés par des pirates dans le premier volume. Le suivant leur permettaient de partir à la recherche des Tarses, le peuple – chaînon manquant de l’évolution des chiens. L’album présenté aujourd’hui les plongent dans une drôle de guerre, alors qu’ils étaient en quête de retrouver l’Os magique de Khimera.

Les points forts de la série résident dans l’univers imaginé par l’espagnol : Pangea, un monde médiéval parallèle dans lequel les animaux parlent; mais aussi dans les deux rôles principaux, opposés mais complémentaires : Axis est un chien coursier réfléchi et très rationnel, tandis que Atlas fait confiance à son instinct et son flair. Telles les deux premières vertèbres (Atlas et Axis), cette opposition permet aussi à Pau de jouer sur les contrastes amusants qui apportent de la fraîcheur à son histoire. L’humour est aussi présent dans des jeux de mots, parfois absurdes mais tellement drôles. La partie graphique finit de nous convaincre, tellement elle est vivante et d’une belle modernité.

  • La saga d’Atlas et Axis, volume 3
  • Auteur : Pau
  • Editeur : Ankama, collection Etincelle
  • Prix : 12.90€
  • Parution : 06 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Après avoir vengé la destruction de leur village par les terribles Vikiens du Nord, après être partis en Orient à la recherche du peuple oublié des Tarses, c’est maintenant dans une guerre que nos deux héros se retrouvent embrigadés, alors qu’ils étaient à la recherche de l’Os magique de Khimera, clé de la légende de la gamelle d’abondance. Vont-ils réussir à se sortir de ce nouveau coup du sort et trouver réponses à toutes les énigmes qui guident leurs aventures ?

La poudre d’escampette

Notre avis : Les éditions Delcourt lancent une nouvelle collection jeunesse Les enfants gâtés. Se voulant une passerelle entre l’album jeunesse et l’album de bande dessinée traditionnelle, elle veut transmettre la passion du 9e art aux nouvelles générations. Les histoires sont composées d’histoires complètes dans un format de récit court, 22 planches avec des pages très grandes pour permettre aux dessins d’exercer tout leur pouvoir de séduction. Les quatre premiers albums de ce nouvel univers sont les suivants : Le maître du tapis d’Alexis Nesme et Olivier Bleys, Le secret de Zara de Benjamin Flao et Fred Bernard, Pieter et Lokken d’Olivier Ka et Olivier Supiot et enfin La poudre d’escampette de Chloé Cruchaudet.

La jeune auteure met en scène Paul, un petit garçon très seul, qui ne connaît personne dans la nouvelle ville dans laquelle il vient d’emménager. Accompagné de Paulette son gros chien blanc, il atterrit dans l’eau. Là, il se retrouve nez à nez avec une étrange embarcation tenue par Paillon, Scotch, Boulon et Lili Lapin. Les quatre enfants ont construit de leurs mains un formidable bateau très fonctionnel qui leur permettra de partir vers l’océan. Méfiants, ils posent de nombreuses questions à cet intrus très curieux mais rapidement décident d’en faire un membre d’équipage. Ils prennent alors la poudre d’escampette.

L’auteure de Mauvais genre dévoile une très belle histoire pour enfant qui valorise l’imagination, la réalisation collective et le vivre-ensemble. Entre un garçon seul qui va enfin trouver des amis, faire parti d’une bande et participer à un projet collectif pour partir, s’évader, laisser leur vie et les adultes pour un ailleurs meilleur. Petite aventure sans prétention, le jeune lecteur va apprécier cet album. La partie graphique de Chloé Cruchaudet est très belle et très aboutie. La grand format permet à la dessinatrice de démontrer tout son talent et notamment de belles illustrations aux crayons de couleurs sans cadre.

 

  • La poudre d’escampette
  • Auteure : Chloé Cruchaudet
  • Editeur : Delcourt, collection Les enfants gâtés
  • Prix: 14.50€
  • Parution : 18 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Paul Dubreuil vient d’emménager avec ses parents dans une ville traversée par la Grôsne. Lors de sa première sortie, sa chienne Paulette l’entraîne jusqu’au bord du fleuve. Ils y découvrent un étrange radeau sur lequel un équipage d’enfants s’affaire aux préparatifs du départ. Quand la bande apprend que Paul vient de «l’ailleurs », but de l’expédition, elle décide de l’accepter à son bord.

 

 

Wytches #1

Notre avis : Les éditions Urban Comics dévoilent le premier volume de Wytches, signé Scott Snyder et Jock. Cet album fut proposé gratuitement pendant le premier week-end de mai lors de de l’opération Free Comic Book Day. Ce mois-ci, le premier tome est proposé à 10€ ! Pourquoi s’en priver !

Les Sorcyères (Wytches) exaucent tous les vœux des Hommes. Prêts à tout pour qu’ils se réalisent, ces derniers vont même jusqu’à certains sacrifices. En 1919, emprisonnée dans un tronc d’arbre, une femme demande de l’aide à son jeune fils mais ce dernier ne l’écoute pas. Pire ! il lui donne un violent coup sur la tête avec une énorme pierre. Elle disparaît alors dans les entrailles du grand végétal. Au plus loin que les Hommes s’en souviennent, ces étranges créatures hantent la Terre.

Dès ce premier tome, Scott Snyder surprend son lectorat. Installant une ambiance lourde, mystérieuse et angoissante, il happe tout de suite le lecteur. Ne sachant pas réellement ce qui se passe ni qui elles sont, il se pose alors de nombreuses questions. Quant au dessin de Jock, il faut souligner qu’il est d’une excellente facture. Le talentueux auteur propose de belles planches agrémentées par les formidables couleurs de Matt Hollingsworth (transparence, superposition et tramages sont une vraie réussite).

  • Wytches, volume 1
  • Scénariste : Scott Snyder
  • Dessinateur : Jock
  • Editeur : Urban Comics, collection Urban Indies
  • Prix: 10€
  • Parution : 13 novembre 2015

Résumé de l’éditeur :  À travers la planète, siècle après siècle, des femmes et des hommes suspectés de sorcellerie furent brûlés vifs, noyés, pendus, torturés, emprisonnés, persécutés, assassinés. Si aucun de ces malheureux n’a jamais été sorciers ou sorcières, ils sont cependant morts en protégeant un terrible secret : celui de l’existence des véritables sorcières. Des entités ancestrales, sauvages et insatiables pour quiconque pactisera avec elles. De nos jours, après un épisode tragique durant lequel leur fille Sailor fut victime de harcèlement, la famille Rooks choisit de déménager et de se reconstruire en paix, loin de cette pénible expérience. Leur proximité avec la forêt environnante va cependant les exposer à un mal plus ancien que l’humanité…

Give peace a chance

Notre avis : Peintre, illustrateur et auteur de bande dessinée, Marcellino Truong avait publié Une si petite guerre en 2012 où il revenait sur son enfance dans le Sud de la Vietnam; il poursuit ce formidable récit avec Give peace a chance, toujours chez Denoël Graphic.

1961, Mercellino et sa famille quittent le Vietnam pour Londres. Son père fut diplomate et interprète du président d’alors Ngô Dinh Diêm, assassiné; sa mère étant française. Dans la capitale britannique, le petit garçon s’occidentalise (d’ailleurs il déteste son nez « bridé), joue et va à l’école. Il faut dire que son frère et ses parents, qui arrivent du Sud du Vietnam n’apprécient guère les Viet Cong.

C’est aussi la découverte du rock, de Woostock, des manifestations pour la liberté et contre cette guerre qui s’éternise entre les Etats-Unis et leur pays d’origine. Le petit Marcellino s’émancipe alors.

Cette belle biographie mélange la petite et la grande Histoire, celle d’expatriés-réfugiés et celle qui se déroule encore dans leur pays. Par son très bon récit, il dresse aussi le portrait de la Grande-Bretagne des années 60. Parfois drôle, parfois critique, l’album est d’une belle sensibilité et d’une grande nostalgie. De plus, le lecteur retrouve toute la force du trait de Truong, découvert dans In bluer skies (Magic Strip en 1985), entre peinture et trait anguleux, le tout agrémenté de superbes couleurs.

  • Give peace a chance
  • Auteur : Marcellino Truong
  • Editeur: Denoël Graphic
  • Prix: 24.90€
  • Parution : 13 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Marcelino Truong a six ans quand ses parents quittent le Vietnam où, depuis 1961, la présence américaine n’a cessé de s’intensifier. Après cette période chaotique, brillamment racontée dans Une si jolie petite guerre, sa famille s’installe à Londres. Pour Marco, son frère et ses deux sœurs, c’est la découverte d’un monde en pleine ébullition : le Swinging London des Sixties. Une jeunesse au son d’une musique nouvelle, celle des Beatles, des Stones et de Jimi Hendrix. Jeunesse paradoxale, partagée entre l’hédonisme pacifiste qui culmine à Woodstock et l’attachement à un Vietnam martyr. Entre la guerre civile et les fêtes dans les belles town houses. Entre le bruit terrifiant des bombardiers et celui, électrisant, des guitares.