DanMachi 3 : Nouvelles rencontres

Notre avis : La série héroïc fantasy DanMachi continue son ascension dans notre cœur grâce à un tome 3 riche de nombreux événements.

On vous a déjà parlé du manga DanMachi dans deux précédents articles sur le tome 1 et le tome 2. Le jeune aventurier Bell Cranel vient tout juste d’obtenir son arme forgée par Héphaïstos. C’est grâce à sa déesse, Hestia, qui voulait absolument offrir à Bell un cadeau unique. Une épée de la forge d’Héphaïstos est un cadeau sublime, mais extrêmement cher. Déjà que la Familia d’Hestia, qui ne comprend que Bell, n’est pas très riche, Hestia doit prendre un second emploi pour réussir à rembourser un jour Héphaïstos. Pour cela, Hestia va travailler au magasin d’armes de la forge. Tout cela sans le dire à Bell, par peur de le décevoir.

Eina, la fille qui est en charge de surveiller les activités dans le donjon de Bell, souhaite l’emmener s’équiper correctement chez Héphaïstos. En entrant dans le magasin, Bell est très surpris de voir sa déesse avec un second emploi, alors que grâce à son cadeau il va pouvoir subvenir plus facilement à leurs besoins. Ne voulant s’expliquer, Hestia part, laissant Bell voguer à travers les rayons du magasin et trouver… une armure, qui lui sera bien utile.

Le début de ce troisième tome va inévitablement conduire à de nouvelles péripéties. Tout d’abord Bell va rencontrer une jeune demoiselle qui souhaite devenir sa porteuse, puis Bell va recevoir de la protection de la part d’une autre de ses admiratrices. Un complot va également se créer pour arracher Bell à sa Familia. Bref que d’aventures pour notre jeune héros dont le destin va dépasser tout entendement.

DanMachi est une série écrite par Fujino Omori et dessinée par Kunieda. Elle vient d’être adaptée en série animée, de quoi assurer quelques beaux jours à la sympathique saga publiée par Ototo.

  • DanMachi tome 3, La légende des Familias
  • Scénariste : Fujino Omori
  • Dessinateur : Kunieda
  • Editeur : Ototo
  • Parution : 19 janvier 2018
  • Prix : 6,99€
  • ISBN : 9782377170814

Résumé de l’éditeur :
Nombreux sont les dieux venus s’installer dans la Cité-Labyrinthe d’Orario, bénissant les mortels qui s’aventurent dans son dédale souterrain en quête de pouvoir, de fortune… ou de filles ?!C’est en tout cas le souhait de Bell Cranel, un aventurier novice sous la bénédiction de l’impopulaire déesse Hestia. Sauvé de justesse par la belle Aiz Wallenstein, une épéiste hors pair, Bell s’engage à suivre ses traces et à devenir un aventurier digne de se mesurer à elle. Bien décidé à relever ce nouveau défi, Bell plonge dans le mystérieux Donjon avec une énergie nouvelle qui ne manquera pas d’attirer l’attention de certains dieux.

Black Magick: flic ou sorcière il faut choisir

Notre avis : Les univers sombres du polar et de la magie noire réunis forment une alliance exquise, haletante et délicieusement mystérieuse dans Black Magick.

Rowan Black est une flic. Elle travaille à la criminelle de Portsmouth. Seulement elle n’est pas que flic, c’est aussi une sorcière. Et comme toute double vie qui se respecte, un jour son secret n’en est plus un. Lors d’une prise d’otages, le suspect connait sa véritable nature. Craignant qu’elle ne soit révélée au grand jour, Rowan va devoir tout faire pour se protéger, quitte à aller bien plus loin que ce qu’elle n’aurait voulu…

Entre rituels secrets, meurtres et mystérieux ennemis à ses trousses, la vie de Rowan Black va devenir très compliquée. Et ce tome 1, Réveil, n’est que le début d’une longue série de nouveaux dangers pour la jeune Rowan.

Black Magick est un album haut en noir et blanc, scénarisé par le grand et génial Greg Rucka. Lauréat de plusieurs Eisner Awards, Greg Rucka nous a habitué à des comics de qualité et à nous émerveiller avec ses créations. Il est notamment l’auteur de Gotham Central chez DC ou encore de Lazarus chez Image Comics (publié en France chez Glénat Comics). Il est accompagné par la dessinatrice superstar Nicola Scott. Ex-costumière pour le théâtre, Nicola commence sa carrière dans le comics en 2002. Elle devient rapidement connue du grand public, notamment pour son travail chez DC sur Green Lantern ou encore Batman.

Entrez dans le monde fantastique des rituels magiques et du quotidien de la crim’ de Portsmouth avec Black Magick aux éditions Glénat Comics !

  • Black Magick : Réveil
  • Scénariste : Greg Rucka
  • Dessinatrice : Nicola Scott
  • Éditeur : Glénat Comics
  • Parution : 10 janvier 2018
  • Prix : 17,50 €
  • ISBN : 9782344020166

Résumé de l’éditeur :
Rowan Black travaille à la criminelle de Portsmouth. En bonne flic, elle a pas mal de choses à cacher. Dont une en particulier : c’est aussi une sorcière. La nuit, elle participe à des rituels secrets – quand ils ne sont pas interrompus par le boulot. Le jour où elle est appelée en urgence pour régler une prise d’otage, Rowan découvre que le criminel connait sa véritable identité. Et qu’il n’est sans doute pas le seul. Alors que la lumière se fait sur son passé, l’avenir de Rowan devient soudain beaucoup plus obscur…

Urland : donner de la voix à son fils

Notre avis : Urland est un album poignant, brillamment dessiné et plein de poésie. L’amour d’un père pour son fils peut être sans frontières.

Richard Bräker est un compositeur et chef de chœur brillant. Il donne des concerts qui sont de vrais régals pour les oreilles. Un jour, sa femme accouche et donne naissance à un garçon… Malheureusement sourd et muet. Dévasté de savoir que son fils ne pourra jamais entendre ni le succéder dans sa passion, c’est une longue descente aux enfers pour Richard. Il se rend régulièrement dans un troquet pour noyer son chagrin dans l’alcool. Un jour comme les autres, alors qu’il était en pleine dégustation de plusieurs litres de vin, il aperçoit un vieillard aux longs cheveux terrifiant. Cet homme lui parle de son fils, lui dit des choses incompréhensibles pour Richard. Rapidement, cet homme lui propose un pacte. Contre une vie, il peut guérir son fils. Richard sacrifie immédiatement la sienne, mais le problème avec les pactes, c’est qu’il ne sont pas toujours très clair.

L’amour de Richard pour son fils et l’espoir que celui-ci recouvre l’usage de sa voix et de son ouïe va le traîner dans une histoire dont il n’est pas prêt de se relever… Daniel Koller signe cette bande dessinée à la fois magique, terrifiante et sociale. Dessinateur et scénariste, Daniel Koller est un véritable passionné de bandes dessinées depuis l’enfance et à également publié Le Cercle des Rois ou encore Les tribulations de Luc Lafontaine. Urland est publié aux éditions Perspective Arts 9.

  • Urland
  • Auteur : Daniel Koller
  • Editeur : Perspective Arts 9
  • Parution : 19 janvier 2018
  • Prix : 15 €
  • ISBN : 9782372450355

Résumé de l’éditeur :
Richard Bräker, chef de chœur et compositeur, nourrit pour son fils à venir, de secrètes ambitions au point de pactiser avec une ancestrale Entité lorsqu’il s’aperçoit que son fils nait sourd-muet. Il ignore, en réalité, le prix terrible qu’il lui faudra payer.

Re Zero: tome 3 du deuxieme arc !

Notre avis : Re Zero est une série passionnante que nous suivons avec enthousiasme, et ce tome nous conforte dans cette idée !

On vous a déjà parler de Re Zero dans trois autres chroniques ici, ou encore par là. Cette série suit un jeune héros appelé Subaru Natsuki. Cet adolescent est arrivé dans un autre monde par invocation. La personne qu’il doit aider s’appelle Emilia. C’est une belle jeune fille demie-elfe aux cheveux argentés dont Subaru tombe tout de suite sous le charme. Un humain invoqué dans un autre monde reçoit aussitôt des pouvoirs. Pour Subaru, c’est la mort réversible. Une fois qu’il meurt, il revient à son point de départ d’invocation.

Dans les précédents tomes du deuxième arc, Subaru atterrit dans un manoir plutôt étrange. Toujours en compagnie de sa belle, il doit résoudre… son propre meurtre qui arrive le matin du quatrième jour. De nombreux échecs plus tard, Subaru tient enfin une piste. Aidé d’une des résidentes, Béatrice, qui possède des pouvoirs, il parvient à survivre au matin du quatrième jour ! Seulement voilà, tout ne se passe pas comme prévu, et puisque ce n’est pas Subaru qui est mort, le destin a voulu frapper une autre personne de la maison… Subaru n’écoutant que son courage (ou sa folie) va alors prendre une terrible décision, afin de remédier à cette situation insoutenable pour lui. Le jeune lycéen écervelé du début prend du galon, et va repousser ses limites toujours plus loin !

Le manga écrit par Tappei Nagatsuki et dessiné par Makoto Fugestu est publié aux éditions Ototo et n’attend que vous !

  • Re Zero: Une semaine au manoir tome 3
  • Scénariste : Tappei Nagatsuki
  • Dessinateur : Makoto Fugetsu
  • Editeur : Ototo
  • Parution : 19 janvier 2018
  • Prix : 6.99€
  • ISBN : 9782377170821

Résumé de l’éditeur :
Après une troisième mort réversible, Subaru pense enfin avoir trouvé un moyen de surmonter l’épreuve. Cependant, bien que parvenu indemne au « matin de la promesse » grâce à l’aide Béatrice, un drame incompréhensible l’attend. Afin de sauver les habitants du manoir Roswaal, Subaru Natsuki prend la décision la plus idiote et la plus noble… En annexe, une histoire courte écrite spécialement par Tappei Nagatsuki : « Réunion entre filles au manoir Roswaal (Dans la garde-robe) » !

Je suis un autre

Les vacances estivales sont propices aux amours adolescentes et c’est le cas pour Peppo qui tombe amoureux d’une femme plus âgée que lui. Son frère Sylvio en est jaloux. Rodolphe et Laurent Gnoni imaginent Je suis un autre, un très beau polar thriller chez Soleil.

Tous les étés, Peppo et Sylvio – jumeaux – aiment les passer sur la plage à regarder les jolies filles. Un jour, le premier regarde par-dessus le mur d’un belle villa où des déménageurs s’agitent. Il tombe instantanément amoureux de la propriétaire – Edwige – une artiste plus âgée que lui. Ils sont alors de plus en plus attirés l’un vers l’autre, s’embrassent et font l’amour.

Cette idylle naissante n’est pas du goût de Sylvio, qui en est jaloux. Le rapprochement d’un côté, éloigne de l’autre les frères…

Premier one-shot roman graphique pour Rodolphe, le prolifique scénariste aux centaines d’albums. A 70 ans, cette incursion est une véritable réussite pour ce talentueux artiste. Thriller psychologique fort, Je suis un autre est fondé sur le grand soin apporté aux personnages (Edwige, Sylvio et Peppo). Ajouter à cela un meurtre est l’on est en présence d’un polar d’excellente facture.

Les 140 planches découpées en 3 grands chapitres sont admirablement mises en image par Laurent Gnoni (La Vénitienne, Promethée). Il restitue avec aisance l’ambiance à la fois estivale et thriller de l’album. Son découpage est dynamique et son trait d’une belle modernité.

  • Je suis un autre
  • Scénariste : Rodolphe
  • Dessinateur : Laurent Gnoni
  • Editeur : Soleil
  • Prix : 18.95€
  • Parution : 17 janvier 2018
  • IBAN : 9782302066342

Résumé de l’éditeur : Peppo et son frère Sylvio passent leurs vacances estivales sur une petite île de Méditerranée. C’est là que Peppo va tomber amoureux d’une jeune peintre avec laquelle il connait une brève idylle, sous le regard réprobateur de Sylvio. Lorsque la jeune femme est retrouvée morte, assassinée par un marginal, Peppo est persuadé que son frère est en réalité le coupable. L’affaire semble réglée, à un détail prêt : Sylvio est mort depuis des années…

King of Eden, volume 1

Thriller fort et accrocheur, King of Eden met en scène un tueur en série qui brûle les corps de ses victimes. Cet excellent manga est signé Takashi Nagasaki et Ignito aux éditions Ki oon.

Andalousie. Deux agents de la Garde Civile font leur rond dans la ville. Ils sont alertés par le corps décharné d’un chien, puis la vision d’énormes traces de sang. Ils découvrent alors un amas de corps décapités et démembrés. L’un des cadavres saute sur l’un d’eux et le mord au cou. Ils sont alors surpris par une mystérieuse silhouette qui met  le feu aux défunts.

Les deux policiers rentrent dans leur brigade. Celui mordu se transforme en zombie et débute alors son travail de destruction de ses collègues…

Ce premier volume de King of Eden est particulièrement réussi. Haletant et prenant dès le début du récit de Takashi Nagasaki, qui enchaîne les scènes sanglantes pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. Le scénariste de Master Keaton, Pluto ou Billy Bat (les trois séries dessinées par Naoki Urasawa) construit une histoire forte et digne des grands thrillers en bande dessinée. Epidémie, homme mystérieux et archéologue trouble, tout est réussi pour faire frissonner les lecteurs.

Pour accompagner Takashi Nagasaki au dessin Ignito réalise des planches en couleur saisissantes. Le tout couleur en manga étant très rare pour être souligné. L’auteur coréen réussit avec brio à restituer les scènes glaçantes du récit.

  • King of Eden, volume 1
  • Scénariste : Takashi Nagasaki
  • Dessinateur : Ignito
  • Editeur : Ki oon, collection seinen
  • Parution : 11 janvier 2018
  • Prix : 7.90€
  • ISBN : 9791032701324

Résumé de l’éditeur : Des villages entiers sont rayés de la carte par de gigantesques incendies aux quatre coins du globe. Thaïlande, Écosse, Espagne… le scénario est toujours le même : les cadavres calcinés des habitants portent des traces de morsures et ont subi de telles déformations qu’ils n’ont plus rien d’humain… Étrangement, un jeune archéologue coréen, Teze Yoo, semble lié à ces tragédies : sur chaque site, il achève le dernier survivant avant de brûler les corps. Mais pour les services de renseignements internationaux, il est surtout le suspect numéro un quant à la propagation d’un virus convoité par les groupes terroristes du monde entier ! Le Dr Itsuki, elle-même archéologue et ancienne camarade de classe de Teze, est recrutée par les services secrets coréens pour retrouver sa trace. De l’Angleterre à la Chine en passant par la Roumanie, la chasse à l’homme est lancée ! Un thriller palpitant qui vous fera remonter aux origines de l’humanité ! Après Master Keaton, Pluto ou encore Billy Bat, Takashi Nagasaki nous offre un nouveau scénario complexe et haletant, sublimé par le trait réaliste du prodige coréen Sangcheol Lee. Dans King of Eden, le premier meurtre de l’Histoire n’est plus un mythe, mais le premier indice sur la piste d’un virus mortel !

Polyphonte

Très joli album illustré de Cécile Vallade et Julie Nakache (Eidola), Polyphonte revisite ce mythe grec d’après Antoninus Liberalis.

Fille de Arès le dieu de la guerre, Polyphonte ne souhaitait pas se soumettre aux désirs des hommes. Réfugiée chez Artémis la déesse de la nature sauvage et de la chasse, elle n’aimait aucun homme et se dévouait corps et âme pour le culte de sa protectrice. En cela, elle offensa Aphrodite, la déesse de l’Amour, qui envoya à Polyphonte un Ours dont elle tomba amoureux…

Femme libre et généreuse, Polyphonte ne connaîtra l’amour que dans la douleur. Julie Nakache (scénariste du Joueur de flûte, avec Marie Caillou) adapte le mythe de la fille d’Arès d’après Métamorphoses d’Antoninus Liberalis, grammairien et mythographe grec du II-IIIe siècle de notre ère. Son livre est un recueil de 41 légendes mythologiques.

Très féministe dans son propos, cet album se termine comme une vraie tragédie antique. Enfants maudits et transformation physique sont au cœur de ce récit aux accents homériques.

Polyphonte bénéficie d’une très belle partie graphique de Cécile Vallade. Son formidable dessin en noir et blanc lui permet de réaliser des illustrations fortes, élégantes et très attirantes. Les détails par les hachures font aussi penser à des gravures du XIXe siècle.

  • Polyphonte
  • Scénariste : Julie Nakache, d’après Métamorphoses d’Antoninus Liberalis
  • Dessinatrice : Cécile Vallade
  • Editeur : Eidola
  • Parution : 05 janvier 2018
  • Prix : 15€
  • ISBN : 9791090093201

Résumé de l’éditeur : Polyphonte refuse de succomber à l’amour, au sexe et à la vie familiale, et décide de se dévouer à Artémis. Mais Aphrodite lui insuffle une passion pour un ours. De cette union, Polyphonte donne naissance à deux monstres sanguinaires. Fatigué par ces créatures, Zeus accepte, à la demande d’Arès, de les métamorphoser en oiseaux, ainsi que Polyphonte. Conte illustré tiré de « Les métamorphoses ».

Les lignes de Nazca

Après Les aurores de North Pole qui nous avait énormément séduit, Olivier Matejka et Bruno Issaly dévoilent la deuxième enquête de Arsénio et Barny, Les lignes de Nazca.

Alors que Arsénio Mac Doherty est en partance pour Rio, son avion est détourné vers Nazca au Pérou après une panne mécanique. Obligé de rester plusieurs jours dans la ville, il décide de la visiter. Avec étonnement, il retrouve l’inspecteur Barny Petrowski en vacances dans le pays.

Ensemble, ils louent un petit avion pour survoler les mystérieux géoglyphes de Nazca, dessins gigantesques sur le sol avec des cailloux. Toujours en proie à des zoopsies – hallucinations avec des animaux –  il a des visions de Maria Reiche, vieille femme mystérieuse. Leur petit engin s’enraye et Barny le pose en catastrophe…

Le premier volet des aventures de Arsénio et Barny se déroulait en Alaska, la deuxième histoire les mènent dans la région de Nazca en été. Sacrée différence de température ! Enjouée et prenante, la première enquête nous avait enchanté et c’est de nouveau le cas avec Les lignes de Nazca.

Duo disparate (un bel homme svelte et musclé, et l’autre petit et rondouillard, tous les deux ayant une personnalité très opposée), intrigue haletante et visions horrifiques, voilà de quoi passer un bon moment de lecture.

L’effet de surprise en moins, il fallait à Olivier Matejka de muscler son histoire. Il le fait avec malice en y glissant une société secrète. Pour accompagner le scénariste au dessin, Bruno Issaly réalise des planches à la palette numérique d’une redoutable efficacité.

L’album bénéficie d’une préface visible sur la quatrième de couverture signée Patrice Leconte, réalisateur mais avant tout un passionné de bande dessinée, lui qui fit les beaux jours de Métal Hurlant en tant que dessinateur.

  • Arsénio & Barny, enquête 2 : Les lignes de Nazca
  • Scénariste : Olivier Matejka
  • Dessinateur : Bruno Issaly
  • Editeur : Cerises et Coquelicots
  • Parution : 20 janvier 2018
  • Prix : 15€
  • ISBN : 9782914880275

Résumé de l’éditeur : La nuit tombe sur NAZCA, petite ville au sud du Pérou, perdue au milieu de la région désertique d’Ica ! Comme venue de nulle part, une vieille décapotable américaine roulant à tombeau ouvert, termine violemment sa course folle dans la piscine d’un hôtel miteux. Les deux mystérieux occupants du véhicule sont tués sur le coup. L’inspecteur McDoherty, toujours en proie à ses visions, est témoin de la scène. En effet, alors que celui-ci se rendait à Rio en villégiature, son avion a été détourné sur l’aéroport de NAZCA, pour raison mécanique. Tandis qu’il se trouve coincé sur la région pour plusieurs jours, la curiosité d’Arsénio va le pousser à mener l’enquête. Il sera aidé dans sa tâche par son adjoint Petrowsky, qui par une étrange coïncidence, se trouve lui aussi dans les parages !

Dans l’antre de la pénitence

Notre avis : Basé sur une histoire vraie, Dans l’Antre de la Pénitence est un récit au goût à la fois macabre et envoûtant vous entraîne dans les profondeurs du paranormal et dans une aventure folle.

La maison Winchester située à San José en Californie est connue à travers tous les Etats-UnisWinchester est la célèbre famille qui a fabriquée et vendue les carabines du même nom. En 1862, William Winchester épouse Sarah Lockwood Pardee. Ensemble ils auront une fille. Les tourments de la vie font que la fille et le père meurent. Sarah Winchester, alors seule survivante, souhaite construire une maison pour elle et tous les esprits des personnes qui ont été tuées avec la fameuse carabine, afin de faire pénitence de la malédiction qu’elle croit s’être abattu sur sa famille.

Mais ses fameux travaux se transforment en cauchemar pour quiconque y travaille. A n’importe quelle heure du jour et de la nuit, la propriétaire peut décider d’agrandir, de mettre de nouvelles fenêtres, des portes qui ne mènent nulle part… Bref un chantier titanesque et pour le moins étrange. Ainsi, cette maison comporte 160 pièces, trois ascenseurs, ou encore des placards sans fonds. Dans la réalité, on la prétendue folle et hantée par ses proches disparus. C’est une version bien plus réelle et démoniaque qui nous est servie dans l’oeuvre sélectionnée au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême 2018.

Peter Tomasi (Robin Fils de Batman, Blackest Night Blrightest Day) signe ici un véritable chef d’oeuvre de fiction, d’histoire et d’horreur. Le scénariste est accompagné au dessin par Ian Bertram (Bowery Boys, Batman Eternal) au style psychédélique et fascinant. Un album à découvrir aux éditions Glénat.

  • Dans l’antre de la pénitence
  • Scénariste : Peter Tomasi
  • Dessinateur : Ian Bertram
  • Editeur : Glénat
  • Parution : 25 octobre 2017
  • Prix : 19,95 €
  • ISBN : 9782344023648

Résumé de l’éditeur : 1905, San José en Californie. Suite à la perte de son mari et de sa fille, Sarah Winchester se lance dans la construction compulsive de la « Winchester House » : une demeure aussi étrange que démesurée. Un chantier perpétuellement troublé par les lubies de sa commanditaire, qui réveille ses domestiques en pleine nuit, ou ordonne à ses ouvriers de construire des portes et des escaliers ne menant nulle part. On la prétend folle, hantée par les esprits de ses proches disparus. Mais le jour où un étranger fait son apparition sur le pas de sa porte, les démons de Sarah pourraient bien devenir réels…

À la fois maison hantée et curiosité architecturale célèbre dans tous les États-Unis, la « Winchester House » forme le point de départ de ce graphic novel qui combine la fiction, l’histoire et l’horreur. Un récit macabre et envoûtant de Peter Tomasi magistralement habité par le trait précis au psychédélisme torturé de Ian Beltram, qui se pose en héritier direct du Mœbius de Metal Hurlant.

Istrati, tome 1 : Le vagabond

Ecrivain ayant publié notamment Vers l’autre flamme qui lui valu les foudres des communistes, Panaït Istrati fait l’objet d’une biographie dessinée, signée Golo aux éditions Actes Sud BD.

Dans le premier volet (sur 3) de Istrati, le lecteur fait la connaissance de l’écrivain à travers l’enquête de Juliette Parry juste après son décès en 1935. Le lendemain, dans les pages de L’Humanité, un article au vitriol fustigeant l’homme comme fasciste. Il faut dire que dans son ouvrage Vers l’autre flamme, Istrati racontait son périple à travers l’URSS de Staline et laissait entendre que le peuple avait été dépossédé de sa Révolution. Une vision étonnante à l’époque de la part d’un communiste. Le pays très fermé ne pouvait pas recevoir de tels invectives de la part de l’un des siens.

Le rédacteur en chef de Juliette Parry la rencarde sur un certain Georges Ionesco, un Roumain comme Istrati qui l’aurait bien connu. La journaliste se rend alors dans le Huitième arrondissement de Paris pour en savoir plus sur cet homme qui déplaisait aux Communistes. Son ami pendant 22 ans débute l’histoire du futur auteur. Il entre pour la première fois en 1913 dans la boutique de bottier de Ionesco, lui demandant de l’aide. Il lui raconte alors sa vie…

Surnommé le Gorki des Balkans par Romain Rolland, Panaït Istrati a eu une vie des plus romanesques. Né à Bayonne en 1948, Golo ne pouvait que se pencher sur ce destin hors-du-commun de l’écrivain. Il faut souligner que ce dernier à énormément voyagé. Alexandrie, Le Caire, Naples, Constantinople, Alep, Beyrouth ou Athènes, il fit différent petits métiers pour survivre tout en écrivant. Vivant dans le dénuement total, Istrati ne renonça jamais à son amour des mots.

« La moindre ligne de Panaït Istrati est un portrait de lui, car jamais écrivain ne fût plus présent, corps et âme dans son œuvre. » dira Joseph Kessel de l’auteur roumain.

Méconnu du grand public français, l’histoire de Istrati est néanmoins prenante et étonnante. Vagabond comme le souligne le titre du premier volume, le lecteur se prend d’affection pour cet homme si attachant et exalté.

Istrati est nommé dans la Sélection Officielle 2018 à Angoulême : un choix audacieux mais mérité !

  • Istrati, tome 1 : Le vagabond
  • Auteur : Golo
  • Editeur : Actes Sud BD
  • Prix : 26€
  • Parution : 11 octobre 2017
  • ISBN : 9782330086732

Résumé de l’éditeur : « La moindre ligne de Panaït Istrati est un portrait de lui, car jamais écrivain ne fût plus présent, corps et âme dans son oeuvre.  » Joseph Kessel

Les cent nuits de Hero

Après le remarquable et remarqué Encyclopédie des débuts de la Terre, Isabel Greenberg propose Les cent nuits de Hero, un album nommé en Sélection Officielle 2018 à Angoulême.

Manfred et Jérôme, deux hommes d’un âge certain, discutent des femmes au coin du feu. Le premier raconte l’histoire avec sa première épouse. Il s’avère détestable et immonde dans ses propos envers elle. Pour prouver sa fidélité, il monta un stratagème avec son domestique. Il la retrouva dans son lit. Malgré le fait qu’elle lui dise qu’elle fut forcée par lui, il ne la crut pas et la tua.

Manfred donna alors ses critères pour une nouvelle épouse, tous aussi fous et abjects. Jérôme lui répondit qu’il connaissait cette perle, c’était Cherry sa femme ! Il lui proposa alors un pari : il avait 100 nuits pour la séduire pendant qu’il serait éloigné de son château.

Ce que le mari de Cherry ignorait c’est que son épouse était avant tout amoureuse de Hero, la domestique. Ainsi les deux femmes décidèrent de s’unir contre Manfred pour le faire échouer dans son pari stupide…

Résolument féministe et d’une grande modernité, Les cent nuits de Hero attire le lecteur comme un aimant. Construit comme une fable par Isabel Greenberg, le récit mélange avec une extrême habileté l’Histoire, le fantastique et la poésie. Malgré le propos sombre, l’autrice britannique apporte une infinie douceur à son album.

Isabel Greenberg oppose les ténèbres des idées rétrogrades de ces deux hommes aux lumières de l’éducation, de l’instruction et des lettres des deux femmes. Comme pour bien insister sur cette opposition, elle met en scène Jérome et Manfred, deux riches bourgeois tout droit sortis de cette Angleterre puritaine et victorienne du 19e siècle. En quelques pages, le lecteur découvre avec stupéfaction la vision ultra-conservatrice qu’ils ont du sexe opposé ; Cherry étant leur jouet. Mais telle Shéhérazade dans le conte des Mille et une nuit, cette femme à l’allure fragile se révélera plus ingénieuse et intelligente que le cerveau des deux hommes réunis.

Sa grande force, elle la puise aussi dans son amour pour sa domestique Hero, telle une héroïne des temps modernes. En effet, l’album est avant tout une très belle histoire d’amour entre deux femmes, qui font front contre la bêtise de certains hommes.

Nous sommes toujours subjugués par la partie graphique de Isabel Greenberg : charbonneuse, géométrique même dans les visages des personnages, ne s’embarrassant pas de décors superflus pour aller à l’essentiel : les rapports humains. Ses couleurs faites de grands aplats agrémentent des planches singulières et hypnotiques.

  • Les cent nuits de Hero
  • Autrice : Isabel Greenberg
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 27€
  • Parution : 22 février 2017
  • ISBN : 9782203121959

Résumé de l’éditeur : Après les mythes universels, Isabel Greenberg revisite le grand récit fondateur : Les mille et une nuits.

Epiphania, tome 1

Réflexion sur l’Humanité et sur la filiation, Epiphania de Ludovic Debeurme est nommé en Sélection Officielle 2018 du Festival d’Angoulême. Enthousiasmant !

Jeanne et David ensemble depuis de nombreuses années décident d’aller dans un camp pour thérapie de couple. A peine arrivés, ils sont accueillis par le Dr Krüpa qui s’occupera d’eux. Dès la première nuit, une météorite tombe non loin de là entraînant un tsunami. L’ensemble du camp est dévasté. Il ne reste que David et Krüpa comme survivants.

De retour chez eux, ils découvrent comme les autres habitants, les cranes de bébés enfouis dans la terre. Ces fœtus en gestation meurent lorsqu’ils sont arrachés du sol. David en trouve un au fond de son jardin et décide de le laisser grandir. Son petit garçon est un mi-homme mi-animal et fait parti des Mixbodies

Ludovic Debeurme est un auteur talentueux à l’univers singulier dont l’œuvre pose toujours un regard acéré sur notre société actuelle. Après Un père vertueux ou Lucille, il imagine une très belle histoire fantastique, fable humaniste d’une grande intelligence.

Son récit fait écho à la série Sweet tooth de Jeff Lemire (Urban Comics) dans lequel l’auteur américain met en scène des êtres mi-hommes mi-animaux après une épidémie. Acceptation par les plus humanistes ou rejet (comme les réfugiés actuellement), ségrégation et chasse pour les exterminer, les deux séries se ressemblent en cela. Parallèle aussi étonnant sur la conditions des noirs américains au 20e siècle, Epiphania subjugue par des thématiques universelles fortes (écologie, filiation…).

Prévue en triptyque, Epiphania bénéficie du dessin très moderne de Ludovic Debeurme. Il réalise des planches très réussies notamment celles où jouent les Mixbodies.

  • Epiphania, tome 1
  • Auteur : Ludovic Debeurme
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 22€
  • Parution : 13 septembre 2017
  • ISBN : 9782203112186

Résumé de l’éditeur : La Terre, menacée par l’espèce humaine, a créé son armée : les « Epiphanians. Une fiction haletante, basée sur les grandes problématiques sociétales actuelles.