Breizhskin

Notre avis : Dans les années 90, trois jeunes adolescents bretons dérivent vers l’ultra-nationalisme et deviennent skinheads-fachos. Dav Guedin et Craoman racontent ce drôle de destin et plus particulièrement un week-end d’intégration par un nationaliste pur et dur, dans Breizhskin aux éditions Ankama.

Dans un coin de la Bretagne. Yannick, 16 ans, Loïc 16 ans et Aymerick, 18 ans trainent souvent dans leur cité. Jouant les gros dur, ils arborent la vraie panoplie du petit facho : polo bleu-blanc-rouge, bretelles noires, jean délavé et rangers 18 trous à lacets blancs, par dessus, un petit bombers noir et une coupe crâne rasé. Jusqu’à présent, ils s’encanaillaient mais sans plus mais un jour le plus âgé leur propose de participer à un drôle de week-end chez Erwan, un skin breton qui a fait de la prison pour s’être battu avec des flics. Entre bières qui coulent à flots, humiliations, fidélité au Führer, passage à tabac, tout est réuni pour une plongée très forte chez les skins identitaires…

David Cenou (Mirador tête de mort, La Boîte à Bulles, 2013) nous avait déjà plongé dans le milieu skinheads avec sa propre histoire déclinée en album, cette fois-ci ce sont les souvenirs d’adolescent et les récits d’un ancien colocataire de Dav Guedin qui servent de base à Breizhskin.

C’est sale, c’est moche, les idées sont détestables mais ce récit est un formidable portrait sociologique d’une certaine jeunesse à la dérive dans les années 90. Tout y passe, sans complaisance, sans filtre. C’est brut et ça calme ! Les humiliations et la violence sont portées par une partie graphique en noir et blanc de Craoman très forte.

Les deux auteurs, qui avaient déjà travaillé ensemble sur Colo Bray-Dunes 1999 (Delcourt), publient une œuvre forte et le lecteur en prend plein la vue. C’est dur mais c’est intelligent !

  • Breizhskin
  • Scénariste : Dav Guedin
  • Dessinateur : Craoman
  • Editeur : Ankama, collection Label 619
  • Prix : 13.90€
  • Parution : 08 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Yannick est un ado de 16 ans, un peu paumé dans sa Bretagne natale. Avec deux amis, il s’est mis à adopter le look et les manières des skins, les nationalistes fiers de leurs racines. Mais le jour où ils rencontrent un « vrai » skin breton afin de se faire admettre dans ce groupe, ils se rendent compte d’un aspect du mouvement auquel ils n’avaient pas forcément pensé…

Le chant du cygne #2/2

Notre avis : Après un premier volume très réussi, succès éditorial et critique, Xavier Dorison, Emmanuel Herzet et Cédric Babouche dévoilent la fin de l’excellente série historique Le chant du cygne aux éditions Le Lombard.

Pour ce second tome du diptyque les lecteurs retrouvent le lieutenant Katzinski et ses hommes déserteurs dans leur course-poursuite avec le commandant Morvan. En effet, l’officier s’est juré de capturer ces soldats partis vers Paris et l’Assemblée Nationale afin de remettre la fameuse Pétition de la Côte 108 aux députés.

Pour cela, l’homme au visage déformé fait avertir tous les maires des communes alentours que des espions allemands sont dans le secteur afin de faire arrêter les déserteurs. De leur côté La Tiff et Bouvier ont trouvé refuge dans une auberge d’un village voisin…

De nouveau, le duo de scénariste Herzet-Dorison livrent une intrigue prenante et haletante aux lecteurs qui sont accrochés. Très documentée, l’histoire plait par son traitement narratif, son rythme et une fin étonnante.Le road movie des déserteurs poursuivis par les hommes de Morvan se transforme en jeu du chat et de la souris sanglant. Ma guerre n’est pas tendre avec les fuyards !

En plus d’un récit fort et touchant, l’album est porté par une partie graphique singulière de la part de Cédric Babouche. Influencé par les maîtres mangakas, l’auteur (réalisateur de courts métrages Imago et La routine) livre une belle prestation misant sur des aquarelles variées et des scènes de combats très maîtrisées.

  • Le chant du cygne, tome 2/2 : Qu’un seul nous entende
  • Scénaristes : Xavier Dorison et Emmanuel Herzet
  • Dessinateur : Cédric Babouche
  • Editeur : Le Lombard
  • Prix : 14.99€
  • Parution : 15 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Le lieutenant Katz et ses soldats ne sont pas des lâches. Combattants aguerris, ils ont souvent surgi de leur tranchée pour charger sous la mitraille. Mais aujourd’hui, ils en ont assez. L’incompétence criminelle de leurs officiers menace une fois de plus de les emmener au désastre. Ils décident de déserter. Pas pour fuir, pas pour se cacher. Ils se rendront ensemble à Paris pour déposer une pétition au parlement au nom de leurs frères de bataille. Commence alors le plus beau et le plus désespéré des périples…

Le train des orphelins #6

Notre avis : L’une des plus belles séries éditées par Grand Angle (avec L’envolée sauvage, de Laurent Galandon, Arno Monin et Hamo) est de retour avec un second tome qui clôt le troisième cycle. Le train des orphelins de Philippe Charlot sur un scénario de Xavier Fourquemin conte un récit rocambolesque et tendre, digne de plus beaux films américains fondé sur une histoire vraie.

Le train des orphelins est né de l’imagination de Philippe Charlot. Il a basé son histoire sur un fait historique authentique : L’Orphan Train Riders. Il y a une dizaine d’années, Phil Lancaster, un  musicien américain,  lui a raconté l’histoire de ces enfants déplacés de force. Entre 1854 et 1929, des dizaines de milliers d’enfants d’orphelinats ont transité par des convois qui les conduisaient vers une nouvelle vie, vers le Grand Ouest des Etats-Unis, pour le peupler.  Ni les historiens, ni le cinéma, ni les autorités des USA ne s’intéressent à ce thème pourtant passionnant et hors du commun.

Dans le premier tome, le lecteur découvrait Jim et Joey, deux frères accompagnés de leur sœur Anna qui faisaient partie de l’expédition. Ils vont se lier d’amitié avec Harvey, un gamin débrouillard. Quelques années plus tard, un homme pousse la porte du bureau des archives où est enfermée la mémoire du Train des Orphelins. Il demande à consulter le dossier d’un certain Jim Smith. Il dit s’appeler Harvey Young…

Voilà une belle série que Le train des orphelins, mêlant habilement l’Histoire, le suspens et les enquêtes des jeunes enfants, avec de temps à autre, un brin d’humour qui permet d’alléger ce très bon drame. Le récit vivant de Philippe Charlot alterne avec beaucoup de maîtrise la quête d’identité de jeunes héros en 1920 avec une trame de ces mêmes enfants devenus adultes en 1989. Le lecteur passe allègrement d’une époque à l’autre avec aisance, piochant des indices dans les deux moments historiques. Les adultes, âgés à la fin des années 80, continuent de faire vivre cette mémoire du Train des orphelins au travers de conférences, d’expositions ou de regroupements d’anciens enfants. Le scénario sensible et parfois touchant, met en lumière un événement quasi inconnu de l’histoire des Etats-Unis. Le trait semi-réaliste de Xavier Fourquemin illustre de belle manière cette série. Les planches comme les couleurs sont équilibrées et efficaces.

  • Le train des orphelins, tome 6 : Duels
  • Scénariste : Philippe Charlot
  • Dessinateur : Xavier Fourquemin
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 13.90€
  • Parution : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Pour les orphelins du train, séparés injustement depuis 70 ans, l’heure des comptes a sonné… À sa mort, Lisa, l’adolescente qui avait pris soin des orphelins déplacés vers l’Ouest américain dans les années 1920, laisse une lettre dévoilant le secret d’Harvey. Le garçon qui a volé l’identité de Jim, l’un des orphelins, a été témoin d’un meurtre commis par Joey, le jeune frère de Jim. Soixante ans plus tard, Jim et Joey, âgés mais toujours solidaires, décident de se rendre chez Harvey pour apprendre la vérité à leur petite soeur Anna, restée toute sa vie auprès de celui qu’elle pense être son frère.

Blateman et Bobine #1

Notre avis : La petite structure éditoriale Tartamudo dévoile le premier volet des aventures de Blateman et Bobine, une histoire de Vhénin sur un scénario de Tarek.

Loindetout, petit village tranquille. Deux adolescents aiment à se faire peur en tentant d’entrer dans une maison abandonnée. Surpris par une chouette, ils fuient et se font même tirer dessus par les villageois. Par un grand hasard, ils ne sont que blessés. Les hommes armés les avaient pris pour des zombies. Il faut dire que c’est ce qu’ils redoutent le plus. Afin de repousser ces morts-vivants, ils font appel à Blateman et Bobine, célèbre duo de super-héros. L’un sur sa blatemob (pas très vaillante) et l’autre sur son scooter, ils peinent à arriver, s’offrant même une halte déjeuner. De plus, ils sont pris pour des voleurs lorsqu’ils pénètrent dans l’église…

Parodie de Batman et Robin pour jeunes lecteurs, l’histoire, peu originale et classique, se laisse lire, permettant de passer un agréable moment. Le récit de Tarek (scénariste de l’album Le concierge, avec Seb Cazes, Le moule-à-gaufre) mise avant tout sur les ratés et les situations cocasses de ses deux héros (parfois même zhéros !). En ce qui concerne la partie graphique, Vhénin (Vincent Hénin a travaillé sur l’Univers de Jacques Martin, Les voyages d’Alix) réussit son entreprise, d’une façon très efficace, idéal pour les plus jeunes. Planches équilibrés, personnages typés et amusants et couleurs pétillantes lui permettent de restituer l’ambiance humoristique de l’album.

  • Blateman et Bobine, tome 1 : Loindetout
  • Scénariste : Tarek
  • Auteur : Vhenin
  • Editeur : Tartamudo
  • Prix : 12€
  • Parution : 10 décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Blateman & Bobine , c’est l’histoire de deux super-héros peu ordinaires… Dans ce premier tome intitulé Loindetout, ils vont devoir sauver un village qui subit depuis quelques temps des attaques de zombies. Les risques que nos deux héros vont devoir prendre sont dignes de leur légende en devenir. Blateman est à l’aventure ce que Batman est à la chauve-souris… Euh, comprenez-y ce que vous voudrez bien. Blateman est un super-héros qui flirte souvent avec le super-zéro ! C’est qu’elle a quatre mains gauches, la pauvre blatte de compet’…

Pouvoirpoint

Notre avis : Les lecteurs d’Erwann Surcouf ( et ils sont nombreux) sont des habitués de son sens de l’absurde et du loufoque. Avec sa dernière livraison, Pouvoirpoint, joliment éditée par les Nantais de Vide Cocagne, ils ne seront pas déçus. Le dessinateur-illustrateur a croqué en 196 pages couleur le quotidien de l’univers du bureau qu’il a transporté dans un futur lointain…

Il nous campe le personnage sans visage ( il porte un casque ) d’un graphiste stagiaire catapulté à bord d’un vaisseau spatial, quelque part entre la planète Terre et Alpha du Centaure. Bien qu’à des années-lumière de sa planète, il se retrouve dans l’ENTREPRISE-2061 confronté à toutes sortes de situations que tout employé de bureau est ou a été un jour confronté : bourrage papier d’une machine, ordinateur ou robot récalcitrant ( ici il parle et s’appelle Tanguy).

Volontiers qualifié d’ Openspace Opera, ce livre aborde sans avoir l’air d’y toucher quelques grands thèmes classiques de la littérature de science-fiction : sorties dans l’hyper espace, attaques et menaces d’extraterrestres… L’histoire est découpée en dix chapitres, de l’embarquement à l’arrivée.

Les dialogues sont parfois très réussis. Les amateurs s’amuseront aussi à y repérer des extraits de tubes anglo-saxons traduits en Français.

Pochade ou réflexion sur les grandeurs et misères du monde du travail, Pouvoirpoint se lit sans ennui.

 

  • Pouvoirpoint
  • Auteur : Erwann Surcouf
  • Editeur : Vide Cocagne
  • Parution : 18 janvier 2016
  • Prix : 23 euros

Résumé de l’éditeur. Pouvoirpoint se déroule dans un futur intemporel, lointain mais déjà vintage, dans lequel les Terriens ont colonisé les systèmes solaires voisins. Nous suivons la vie d’un graphiste stagiaire à bord d’un vaisseau spatial de commerce, le temps d’un voyage de quelques mois entre la Terre et Alpha du Centaure. Sur un ton absurde, nous découvrons avec lui la vie du vaisseau, entre quotidien de bureau et grands thèmes de science-fiction (sauts en hyper-espace, menace extra-terrestre)…

Le voleur d’estampes #1

Notre avis : Manga inclassable et d’une grande poésie, Le voleur d’estampes fascine et questionne. Camille Moulin-Dupré, son auteur, met en scène un héros à la double vie : il travaille dans un restaurant le jour et cambriole les riches la nuit.

Japon XIXe siècle. Une silhouette fine et agile saute de toits en toits dans la pénombre. A l’aide de son parapluie, il arrive à échapper à ses poursuivants. Il faut souligner que l’homme vole les notables de la ville, encore endormis dans la pièce d’à côté. Tel un Robin des bois, il vole aux riches pour donner aux plus pauvres.

Pourtant ses journées sont longues, lui qui passe sa vie à aider son père propriétaire d’un restaurant au bord de la mer. Il ne rechigne pas à la masse de travail : porter des poissons ou nettoyer la boutique, même si cela l’ennuie profondément.

Une nuit sur la Colline aux palais et alors qu’il visite une riche demeure, il croise une belle jeune femme…

Après des études aux Beaux-Arts de Rennes, Camille Moulin-Dupré réalise Allons-y Alonzo, un court métrage-hommage à Jean-Paul Belmondo. Lui vient alors l’idée de créer son propre manga mettant en scène d’un côté un homme discret, volant de façon désintéressée et de l’autre une princesse, fragile mais rebelle qui se réfugie dans l’opium. Inspiré par les mangas tel Ramna 1/2 de Rumiko Takahashi ou les films d’animation d’Isao Takahata et la série Samurai Champloo, le jeune auteur utilisera la figure de Bébel dans Le voleur de Louis Malle mais aussi de Dexter pour composer son personnage principal. Amoureux de la culture japonaise, l’auteur français pour composer ses cases, prendra exemple sur les estampes des maîtres Hiroshige, Hokusai ou Harunobu.

D’une force graphique (chaque vignette est une oeuvre elle-même), Le voleur d’estampes repose néanmoins sur une intrigue un peu trop classique. A renforcer pour le second volume.

  • Le voleur d’estampes, volume 1
  • Auteur : Camille Moulin-Dupré
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 13.25€
  • Sortie : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Japon, fin du XIXe siècle. Dans une société en crise, le Voleur mène une double vie. Le jour, il œuvre dans le restaurant portuaire de son père. La nuit, il dévalise la colline aux palais. Ce qui le guide : le frisson de l’aventure, la sensation de liberté, le sentiment que le monde lui appartient.
Jusqu’au jour où il cambriole le gouverneur. Jusqu’au jour où sa fille découvre son visage. Entre l’héritière, promise à un destin qu’elle refuse, et le Voleur, piqué dans son orgueil, se noue alors un étrange chassé-croisé…

Tritons #1

Notre avis : Après l’excellent Zita la fille de l’espace de Ben Atke, les éditions Rue de Sèvres poursuivent leur incursion dans la science-fiction pour les jeunes lecteurs avec Tritons, une série signée Doug Tennapel.

Sur la planète des tritons, tout se passe pour le mieux. Zak vit avec Gullimar, son père, sa mère et Sissy sa sœur. Avec l’arrivée d’une vingtaine de nouvelles larves dans la famille, Zak doit jouer au grand frère mais il n’y arrive pas. S’il se sent comme un poisson dans le milieu aquatique, ses minuscules pattes peu robustes l’empêchent de bien se mouvoir sur Terre. De plus la grande hantise des habitants est l’attaque de lezzarks, ce qui va se produire. D’ailleurs Gullimar et deux autres tritons-pères s’aventurent pour les débusquer…

Difficile mise en place pour ce premier volume qui a vraiment du mal à démarrer. Doug Tennapel imagine pourtant un univers fantastique plutôt intéressant même si l’intrigue n’est pas d’une folle originalité. Il développe une quête initiatique à travers Zak, rapidement seul et qui doit se débrouiller seul pour survivre. Les belles relations avec ses parents ou sa sœur sont assez bien maîtrisées et le thème de la différence (le handicap) très habilement exploité, idéale pour les enfants.

Le créateur de Earthworm Jim, le célèbre personnage de jeux vidéo livre une partie graphique aboutie. En espérant que le deuxième volume de Tritons soit plus rythmé et prenne enfin son envol, car on perçoit bien tout son potentiel.

  • Tritons, tome 1 : L’invasion des lezzarks sanguinaires
  • Auteur : Doug Tennapel
  • Editeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 12.50€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Zak, un adorable petit Triton aux frêles pattes, rêve de jambes solides, ce que ses parents auraient de tout coeur voulu lui transmettre. Quand son paisible village est attaqué par les cruels Lézards, il n’a d’autre choix que de fuir et d’abandonner la seule vie qu’il ait connue. Maintenant, seul et en cavale, Zak découvre un monde dangereux, rempli de créatures étranges et de mystères sans nombre, où les amis sont rares mais où plane la menace d’un sombre seigneur…

L’odyssée du vice

Notre avis : Explorer une planète des plus étranges, voilà la mission de Roger, un astronaute. Castrateur et voluptueux, ce lieu respire l’érotisme et le sexe. Delphine Panique se prête au jeu de la collection BD Cul des éditions Requins Marteaux. En effet après les excellents La bibite à bon dieu (Guillaume Bouzard), Bernardette (El don Guillermo) ou encore PlanPlan Culcul (Anouk Ricard), ce label accueille des auteurs qui jouent avec les codes de l’érotisme et de la pornographie, toujours avec un très bel humour.

L’odyssée du vice est un petit album de format poche très réussi, très drôle et porté par une belle partie graphique. Il met en scène le gentil Roger, marié à Penny, une douce femme. Il se retrouve sur une planète qu’il va explorer de toutes les manières : olfactive et au toucher. Ses sens vont être titillés mais il y va en perdre son sexe ! Castré sans le vouloir, il va devoir refréner ses ardeurs à la vue de femmes nues…

Delphine Panique livre ainsi une réflexion sur l’Homme, la masculinité, son rapport à son sexe, ses envies, ses désirs; le tout en n’ayant plus son repère le plus fort, sa verge. De la zoophilie à l’homosexualité, au changement des genres tout y est. Ce n’est pas qu’un récit drôle, c’est aussi un récit profond (dans tous les sens du terme). L’auteure du formidable En temps de guerre (Misma, en Sélection Officielle du Festival BD d’Angoulême 2016) s’est amusée à composer cet album et ça se ressent.

  • L’odyssée du vice
  • Auteure : Delphine Panique
  • Editeur : Les requins marteaux
  • Prix : 12€
  • Sortie : 25 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Roger l’astronaute est en mission. Loin de la douce Penny qui attend patiemment son retour, il explore une étrange planète. Fasciné par ces paysages désertiques aux cieux chatoyants comme un dégradé photoshop, il se laisse aller à quelques fouilles un peu trop approfondies. A la fois rongé par l’absence de sa tendre Penny et berce par les réminiscences de leurs étreintes, Roger se laisse enivrer par le plaisir apparemment partagé d’une exploration sans tabou. La jouissance est intense mais, au petit matin, la perte est lourde : Sa bite a disparu ! Et la faune locale constituée de créatures toutes plus exotiques les unes que les autres, des vulvolantes aux baleines à bites, ne semble exister que pour lui rappeler son triste sort. Roger ne connaîtra aucun répit, du fond de ses caves moites au sommet de ses dunes voluptueuses, cette planète semble bien décider à lui faire pleurer son foutre. Ainsi commence L’Odyssée du Vice, une relecture hallucine e de la célèbre fresque mythologicle qui vous fera découvrir les plaisirs de l’ejac spatiale. A cheval entre le midnight movie et le roman épistolaire, Delphine Panique nous entraîne dans une qué-quête aux multiples embouches. Allez-y a fond : dans l’espace personne ne vous entendra jouir.

L’aigle et la salamandre #1

Notre avis : 64 après J-C, le grand incendie de Rome ravage la ville éternelle. Parmi les victime le père de Gaius Atius Mus; lui réussit à en échapper. Il hérite alors de l’affaire paternelle : l’assurance contre les incendies. Alessio Lapo et Giuseppe Quattrocchi, sur un scénario de Stéphane Piatzsezek, proposent le premier volume de L’aigle et la salamandre, un album des éditions Soleil.

Gaius, un ancien esclave affranchi, devient donc assureur par la volonté des choses. Lui qui ne connait que la poésie, la philosophie et les courses de chars court aux devants de grands problèmes. Orphelin de mère, sa vie bascule à la mort de son père adoptif. Il sera aidé par Afer, son domestique dans toutes les taches du quotidien et les contrats avec ses clients.

Son existence vacille avec les manigances du pouvoir en place : Tigellin est accusé d’avoir fomenter l’incendie et les « mignons » de l’Empereur se battent pour sa succession. Il découvre alors des « cadavres dans le placard » et ne peut finalement faire confiance à personne. Ajouter à cela des pillards venus récupérer de l’argent des assurances et le lecteur se retrouve au cœur d’un drôle de polar historique, plutôt bien mené par le scénariste.

Les deux dessinateurs italiens se sont partagés le travail sur la partie graphique : Alessio Lapo s’est occupé du story board tandis que Guiseppe Quattrocchi des dessins. Cela donne des planches efficaces et plutôt lisibles.

  • L’aigle et la salamandre, tome 1 : Naissance dans le brasier
  • Scénariste : Stéphane Piatzszek
  • Dessinateurs : Alessio Lapo et Guiseppe Quattrocchi
  • Editeur : Soleil, collection Quadrants
  • Prix : 14.50€
  • Sortie : 20 janvier 2016

Résumé de l’éditeur :  Le grand incendie de Rome + la folie meurtrière de Néron + la chasse aux premiers Chrétiens = Un cadre historique haut en couleurs pour ce polar antique plein d’esprit.

Le grand incendie de Rome lui a pris son père, et telle une salamandre, Gaius Atius Mus survit aux flammes. Pour ce noble fils d’assureur dont la fortune s’est bâtie sur des contrats incendie dans une ville qui en compte trois par jour, c’est la ruine. Pourra-t-il survivre aux sourdes manigances du préfet du prétoire, et à la folie ravageuse de l’Aigle de Rome ?

 

Les enfants de la baleine #1

Notre avis : Les éditions Glénat dévoilent Les enfants de la baleine, un très beau manga signé Abi Umeda. Prépublié depuis 2013 dans le magazine Mystery Bonita au Japon, ce très bon seinen enchante tant par son histoire que par son graphisme. Misant sur la science-fiction, ce récit a reçu la double distinction du Kono manga ga sugoi 2015 entrant dans le Top 10 classement « garçon » et « fille ». On le comprendra aisément car la fibre écologique plaira aux deux catégories. Tout en ayant un côté sombre, la mangaka propose néanmoins des lueurs d’espoir dans son histoire.

Alors que la Terre est recouverte de sable, le lecteur fait la connaissance de Chakuro, un jeune adolescent atteint d’hypergraphie (syndrome d’écriture compulsive). Ce don fait de lui une sorte d’écrivain public qui compile frénétiquement toutes les choses se déroulant dans la petite communauté, qui se distingue en deux catégorie : les non-marqués et les marqués doués du Samia, un pouvoir qui tirerait sa source des émotions (90% de la population). Ces êtres ont alors une espérance de vie très courte.

Pour ce premier volume, qui démarre plutôt bien, Abi Umeda développe un univers riche où les personnages ne sont pas tous manichéens. A l’instar de la très belle couverture en couleur, la mangaka possède un vrai don de la composition scénique et du découpage. Les décors qui ne sont pas légion permettent de bien mettre en valeur les portagonistes.

  • Les enfants de la baleine, volume 1
  • Auteure : Abi Umeda
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 6.90€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Dans un monde où tout n’est plus que sable, un gigantesque vaisseau vogue à la surface d’un océan de dunes. Il abrite des hommes et des femmes capables pour beaucoup de manipuler le saimia, un pouvoir surnaturel qu’ils tirent de leurs émotions. Ce don les condamne cependant à une mort précoce.
À bord de la “Baleine de glaise”, ils vivent leur courte vie coupés du reste du monde. Jusqu’au jour où, sur un vaisseau à la dérive, le jeune Chakuro fait une étrange rencontre…

L’art du célibat

Notre avis : Auteure de nombreux livres sur le couple, le sexe et la lose, Maïa Mazaurette est aussi chroniqueuse en sexualité pour le magazine GQ et le quotidien Le Monde. Elle propose L’art du célibat, un petit manuel qui permet de « mieux heureux en solo ». A partir de 168 pages au petit format poche (11×18 cm), elle décline ses conseils à travers 5 grands chapitres très drôles.

  • Pourquoi choisir le célibat ? Définition du couple, l’amour qui ne peut pas fonctionner, les avantages du célibat, le budget d’un célibataire et un psychotest.
  • Comment devenir célibataire ? On ne nait pas on le devient, les phases de la rupture, la gestion des ex ou la victimisation.
  • Comment rester célibataire ? S’enlaidir psychologiquement et physiquement, repousser les avances ou  créer des incompatibilités.
  • Le célibat à long terme. Comment saboter les autres couples, une relation imaginaire ou le secret inavouable.
  • Questions de célibataires. L’envie d’enfant, le coup de blues, la vieillesse, les pulsions ou la tendresse.
  • L’art du célibat
  • Auteure : Maïa Mazaurette
  • Editeur : Jungle
  • Prix : 8€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : L’histoire, vous la connaissez tous : on tombe amoureux et hop, on passe le restant de nos jours à sourire bêtement.

Malheureusement les contes de fées ont oublié deux ou trois détails sur la vie à deux : les négociations, les engueulades, le laisser-aller… Pour résumer : la réalité. Heureusement, ce livre va vous sauver la vie.

Cath et son chat #5

Notre avis : Cath a un chat Sushi, un peu trop agité. Ensemble, ils vivent de belles aventures humoristiques dans Cath et son chat. Pour ce cinquième recueil de gags en une planche, leurs créateurs Hervé Richez, Christophe Cazenove et Ygrane Ramon proposent des mini-récits pour le jeune public, plutôt réussis.

Surtout que tout n’est pas rose dans la vie de la petite fille : son père, lui, la voit en rose depuis qu’il est amoureux de Samantha. Exit sa mère, bonjour la belle-mère. La jeune femme intelligente, adore la musique et cuisine comme une déesse. Son fils, à la mèche bleue, énerve dans un premier temps Cath, mais rapidement ils vont très bien s’entendre.

Disons le tout net, souvent dans ce style de bande dessinée jeunesse tout n’est pas bon en grande majorité. Mais pour une fois, il y a une exception. Les deux scénaristes réputés (plusieurs dizaines de séries humoristiques à leur actif) livrent des gags plaisants et dans l’ensemble bien sentis. Sans être révolutionnaires, les idées sont bien amenées et permettent de passer un bon moment. Ajouter à cela, un partie graphique de Ygrane Ramon tout en rondeur  et des couleurs pétillantes et l’on comprend pourquoi l’on tient un 5e tome. La jeune illustratrice, diplômée de l’école Emile Cohl de Lyon, réussit son pari pour sa première série de bande dessinée.

  • Cath et son chat, tome 5
  • Scénaristes : Hervé Richez et Christophe Cazenove
  • Dessinatrice : Ygrane Ramon
  • Editeur : Bamboo
  • Prix : 10.60€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Depuis que son papa a rencontré Samantha, Cath n’est pas de très bon poil. D’abord, parce qu’elle va devoir devenir amie avec le fils de cette jeune femme. Mais surtout parce que Samantha adore Sushi, son félin filou. Pour Cath, pas question qu’on lui pique un chat qu’elle a mis si longtemps à apprivoiser… enfin, dans ses rêves, parce que Sushi n’obéit qu’à lui-même pour mettre la maison sens dessus dessous. Et ça, ça nous met de bon poil !