L’aigle et la salamandre #1

Notre avis : 64 après J-C, le grand incendie de Rome ravage la ville éternelle. Parmi les victime le père de Gaius Atius Mus; lui réussit à en échapper. Il hérite alors de l’affaire paternelle : l’assurance contre les incendies. Alessio Lapo et Giuseppe Quattrocchi, sur un scénario de Stéphane Piatzsezek, proposent le premier volume de L’aigle et la salamandre, un album des éditions Soleil.

Gaius, un ancien esclave affranchi, devient donc assureur par la volonté des choses. Lui qui ne connait que la poésie, la philosophie et les courses de chars court aux devants de grands problèmes. Orphelin de mère, sa vie bascule à la mort de son père adoptif. Il sera aidé par Afer, son domestique dans toutes les taches du quotidien et les contrats avec ses clients.

Son existence vacille avec les manigances du pouvoir en place : Tigellin est accusé d’avoir fomenter l’incendie et les « mignons » de l’Empereur se battent pour sa succession. Il découvre alors des « cadavres dans le placard » et ne peut finalement faire confiance à personne. Ajouter à cela des pillards venus récupérer de l’argent des assurances et le lecteur se retrouve au cœur d’un drôle de polar historique, plutôt bien mené par le scénariste.

Les deux dessinateurs italiens se sont partagés le travail sur la partie graphique : Alessio Lapo s’est occupé du story board tandis que Guiseppe Quattrocchi des dessins. Cela donne des planches efficaces et plutôt lisibles.

  • L’aigle et la salamandre, tome 1 : Naissance dans le brasier
  • Scénariste : Stéphane Piatzszek
  • Dessinateurs : Alessio Lapo et Guiseppe Quattrocchi
  • Editeur : Soleil, collection Quadrants
  • Prix : 14.50€
  • Sortie : 20 janvier 2016

Résumé de l’éditeur :  Le grand incendie de Rome + la folie meurtrière de Néron + la chasse aux premiers Chrétiens = Un cadre historique haut en couleurs pour ce polar antique plein d’esprit.

Le grand incendie de Rome lui a pris son père, et telle une salamandre, Gaius Atius Mus survit aux flammes. Pour ce noble fils d’assureur dont la fortune s’est bâtie sur des contrats incendie dans une ville qui en compte trois par jour, c’est la ruine. Pourra-t-il survivre aux sourdes manigances du préfet du prétoire, et à la folie ravageuse de l’Aigle de Rome ?

 

Les enfants de la baleine #1

Notre avis : Les éditions Glénat dévoilent Les enfants de la baleine, un très beau manga signé Abi Umeda. Prépublié depuis 2013 dans le magazine Mystery Bonita au Japon, ce très bon seinen enchante tant par son histoire que par son graphisme. Misant sur la science-fiction, ce récit a reçu la double distinction du Kono manga ga sugoi 2015 entrant dans le Top 10 classement « garçon » et « fille ». On le comprendra aisément car la fibre écologique plaira aux deux catégories. Tout en ayant un côté sombre, la mangaka propose néanmoins des lueurs d’espoir dans son histoire.

Alors que la Terre est recouverte de sable, le lecteur fait la connaissance de Chakuro, un jeune adolescent atteint d’hypergraphie (syndrome d’écriture compulsive). Ce don fait de lui une sorte d’écrivain public qui compile frénétiquement toutes les choses se déroulant dans la petite communauté, qui se distingue en deux catégorie : les non-marqués et les marqués doués du Samia, un pouvoir qui tirerait sa source des émotions (90% de la population). Ces êtres ont alors une espérance de vie très courte.

Pour ce premier volume, qui démarre plutôt bien, Abi Umeda développe un univers riche où les personnages ne sont pas tous manichéens. A l’instar de la très belle couverture en couleur, la mangaka possède un vrai don de la composition scénique et du découpage. Les décors qui ne sont pas légion permettent de bien mettre en valeur les portagonistes.

  • Les enfants de la baleine, volume 1
  • Auteure : Abi Umeda
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 6.90€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Dans un monde où tout n’est plus que sable, un gigantesque vaisseau vogue à la surface d’un océan de dunes. Il abrite des hommes et des femmes capables pour beaucoup de manipuler le saimia, un pouvoir surnaturel qu’ils tirent de leurs émotions. Ce don les condamne cependant à une mort précoce.
À bord de la “Baleine de glaise”, ils vivent leur courte vie coupés du reste du monde. Jusqu’au jour où, sur un vaisseau à la dérive, le jeune Chakuro fait une étrange rencontre…

L’art du célibat

Notre avis : Auteure de nombreux livres sur le couple, le sexe et la lose, Maïa Mazaurette est aussi chroniqueuse en sexualité pour le magazine GQ et le quotidien Le Monde. Elle propose L’art du célibat, un petit manuel qui permet de « mieux heureux en solo ». A partir de 168 pages au petit format poche (11×18 cm), elle décline ses conseils à travers 5 grands chapitres très drôles.

  • Pourquoi choisir le célibat ? Définition du couple, l’amour qui ne peut pas fonctionner, les avantages du célibat, le budget d’un célibataire et un psychotest.
  • Comment devenir célibataire ? On ne nait pas on le devient, les phases de la rupture, la gestion des ex ou la victimisation.
  • Comment rester célibataire ? S’enlaidir psychologiquement et physiquement, repousser les avances ou  créer des incompatibilités.
  • Le célibat à long terme. Comment saboter les autres couples, une relation imaginaire ou le secret inavouable.
  • Questions de célibataires. L’envie d’enfant, le coup de blues, la vieillesse, les pulsions ou la tendresse.
  • L’art du célibat
  • Auteure : Maïa Mazaurette
  • Editeur : Jungle
  • Prix : 8€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : L’histoire, vous la connaissez tous : on tombe amoureux et hop, on passe le restant de nos jours à sourire bêtement.

Malheureusement les contes de fées ont oublié deux ou trois détails sur la vie à deux : les négociations, les engueulades, le laisser-aller… Pour résumer : la réalité. Heureusement, ce livre va vous sauver la vie.

Cath et son chat #5

Notre avis : Cath a un chat Sushi, un peu trop agité. Ensemble, ils vivent de belles aventures humoristiques dans Cath et son chat. Pour ce cinquième recueil de gags en une planche, leurs créateurs Hervé Richez, Christophe Cazenove et Ygrane Ramon proposent des mini-récits pour le jeune public, plutôt réussis.

Surtout que tout n’est pas rose dans la vie de la petite fille : son père, lui, la voit en rose depuis qu’il est amoureux de Samantha. Exit sa mère, bonjour la belle-mère. La jeune femme intelligente, adore la musique et cuisine comme une déesse. Son fils, à la mèche bleue, énerve dans un premier temps Cath, mais rapidement ils vont très bien s’entendre.

Disons le tout net, souvent dans ce style de bande dessinée jeunesse tout n’est pas bon en grande majorité. Mais pour une fois, il y a une exception. Les deux scénaristes réputés (plusieurs dizaines de séries humoristiques à leur actif) livrent des gags plaisants et dans l’ensemble bien sentis. Sans être révolutionnaires, les idées sont bien amenées et permettent de passer un bon moment. Ajouter à cela, un partie graphique de Ygrane Ramon tout en rondeur  et des couleurs pétillantes et l’on comprend pourquoi l’on tient un 5e tome. La jeune illustratrice, diplômée de l’école Emile Cohl de Lyon, réussit son pari pour sa première série de bande dessinée.

  • Cath et son chat, tome 5
  • Scénaristes : Hervé Richez et Christophe Cazenove
  • Dessinatrice : Ygrane Ramon
  • Editeur : Bamboo
  • Prix : 10.60€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Depuis que son papa a rencontré Samantha, Cath n’est pas de très bon poil. D’abord, parce qu’elle va devoir devenir amie avec le fils de cette jeune femme. Mais surtout parce que Samantha adore Sushi, son félin filou. Pour Cath, pas question qu’on lui pique un chat qu’elle a mis si longtemps à apprivoiser… enfin, dans ses rêves, parce que Sushi n’obéit qu’à lui-même pour mettre la maison sens dessus dessous. Et ça, ça nous met de bon poil !

Silas Corey #4

Notre avis : Succès éditorial et critique (en Sélection Officielle à Angoulême 2014), la série populaire Silas Corey est de retour avec le second tome de son deuxième cycle Le testament Zarkoff.

Fabien Nury dévoile la fin du diptyque dans lequel le lecteur retrouve le célèbre espion-détective en bien mauvaise posture en Bavière juste après la Première Guerre Mondiale. Toujours à la recherche de l’héritier de l’empire Zarkoff, il a juste retrouvé sa femme. En coulisse, les successeurs potentiels sont heureux, pas d’héritier, pas d’épouse donc l’entreprise leur reviendraient. Proches du mouvement Wotan, ils militent pour la restauration de la Grande Allemagne. Ils sont anti-bolcheviques et antisémites et surtout utilisent des méthodes expéditives.

Aux trousses de Silas et Nina, des tueurs envoyés par ces tristes individus. La poursuite se mue alors en road movie délicat puisque la jeune femme a été blessée à l’abdomen par une balle; sa plaie béante lui fait perdre beaucoup de sang. Entre la cavale et le retour au siège de Zarkoff, Silas ne doit pas ménager ses efforts.

Encore plus sombre que le premier cycle, cet album mise avant tout sur l’aventure, les combats et une quête haletante. De nouveau, Silas Corey, même s’il est payé pour cela, fait preuve d’un grand cœur. Fabien Nury apporte une belle caution historique utilisant la période trouble de l’après Première Guerre Mondiale en Allemagne, la montée des extrémismes et les tensions sanglantes, et c’est ce qui plaît aux lecteurs. Ajouter à cela, la personnalité du héros et le lecteur passe un agréable moment. L’ensemble est porté par un dessin d’une grande élégance de Pierre Alary.

  • Silas Corey, tome 4 : Le testament Zarkoff 2/2
  • Scénariste : Fabien Nury
  • Dessinateur : Pierre Alary
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 14.95€
  • Sortie : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Infiltré en Bavière, Silas Corey n’a pas pu mettre la main sur l’héritier de la mère Zarkoff. Il a néanmoins retrouvé sa femme, Nina Zichler. Il a surtout découvert le triste état dans lequel se trouve cette Allemagne sortant de la guerre… En faillite, le pays traverse une crise profonde. La colère gronde parmi le peuple et un mouvement, foncièrement antibolchévique et antisémite, commence à prendre de l’ampleur. S’inspirant des exploits mythologiques du dieu Wotan, il milite pour la restauration de la grandeur de l’Allemagne. Et celui qui est à sa tête pourrait bien être le même qui cherche à s’emparer de l’empire Zarkoff… S’il veut empêcher ça, Silas doit à tout prix protéger Nina, pourchassée et menacée de mort. Mais derrière eux, l’Histoire est déjà en marche… et elle n’est pas belle à voir.

Le souffle du vent dans les pins

Notre avis : Les éditions Mosquito nous font découvrir Zao Dao, une jeune artiste chinoise, grâce à son premier album publié en français Le souffle du vent dans les pins, un conte initiatique de son pays.

A travers les 110 sublimes pages de son histoire, l’auteure met en image une très belle histoire fantastique entre mythe, quête initiatique, animaux fabuleux, croyances ancestrales et démons à combattre. Cet album est composé de 5 chapitres, tels les 5 éléments chinois.

Dans une Chine médiévale, Yaya un jeune garçon parcourt les plaines et les montagnes pour survivre. Sans nourriture et en pleine hiver, il doit repousser des créatures maléfiques. Sur sa route, il croise Dugu, adepte des arts martiaux ou le fée gardienne des monts Jiuling…

Résolument sombre dans l’histoire mais lumineux à travers la personnalité du jeune Yaya, ce récit est beau, prenant et singulier. Il faut souligner que Zao Dao en plus d’une belle histoire, économe en mot (il n’y a pas de dialogues mais quelques récitatifs), fait preuve d’une grande dextérité en se mettant en danger graphiquement. En effet, elle utilise différentes techniques variant d’une page à l’autre : encres, crayons, feutres, pastels ou aquarelles et parfois l’alliance de ces dernières et permet une belle unité; ce qui rend l’histoire originale sans perdre le lecteur. Elle se rapproche parfois même des miniatures ou des estampes chinoises. Une belle réussite !

  • Le souffle du vent dans les pins
  • Auteure : Zao Dao
  • Editeur : Mosquito
  • Prix : 20€
  • Sortie : 08 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Conte initiatique chinois, Tomber les masques, Apprendre à affronter l’inconnu, Surmonter ses angoisses et ses démons, Devenir soi-même… Voilà le rude chemin de Yaya.

Sledgehammer 44

Notre avis : Un homme en armure de combat se retrouve en France lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il a pour mission de tuer la Flamme Noire. Cette arrivée inopinée et ces drôles de combats sont contés dans Sledgehammer 44, un comics de Jason Latour et John Arcudi, sur un scénario de Mike Mignola.

Récit complet en deux épisodes, Sledgehammer 44 vient enrichir l’univers si singulier de Hellboy et B.P.R.P imaginé par le talentueux Mike Mignola, dès 1994. Pour la première fois, la fameuse combinaison d’énergie Vril se retrouve en Europe sur les épaules du Capitaine Fields pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ce vêtement si particulier est composé de cuir et de métal (gants, bottes et casque) ainsi que la Fourche d’Anum, sa source d’énergie qui lui permet de produire une grande puissance et terrasser ses adversaires.

Plutôt classique dans la narration, l’album est original par la psychologie du personnage principal. En revêtant sa combinaison, il tue de nombreux nazis, peut se confronter à leurs robots ultra-sophistiqués mais lui fait aussi perdre la tête. En effet, il ne sait plus vraiment qui il est.

Le premier épisode est merveilleusement mis en image par Jason Latour, dans un style identique à celui du formidable Southern Bastards (avec Jason Aaron, Urban Comics). Le second est l’œuvre de John Arcudi (The Creep, Homicide ou B.P.R.D). Son dessin plus abstrait lui permet de resituer avec grande qualité l’ambiance très sombre du ce récit.

  • Sledgehammer 44
  • Scénariste : Mike Mignola
  • Dessinateurs : Jason Latour et John Arcudi
  • Editeur: Delcourt, collection Contrebande
  • Prix: 15.95€
  • Parution : décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Un homme dans une armure de combat ultra-sophistiquée pour l’époque, est largué depuis un avion en plein territoire français pendant la guerre. Sa mission : combattre le super-vilain desForces de l’Axe : la terrifiante Flamme Noire (bien connue des lecteurs de B.P.R.D. !). L’univers de Hellboy, créé par Mike Mignola, n’en finit pas de s’enrichir. pour notre plus grand bonheur !

 

Les Simpson #29

Notre avis : Troisième série la plus vendue en France, avec 3.5 millions d’albums, Les Simpson s’offrent un vingt-neuvième album : Club Privé ! Ce nouveau recueil de deux histoires inédites est fondé sur les célèbres personnages de la série animée de Matt Groening diffusée sur Canal + et W9.

  • A musée vous m. Burns ! (de Ian Boothby et Phil Ortiz). Smithers et Burns se rendent au cinéma pour visionner un film « Le Burns et l’argent du Burns », un film indépendant à charge contre lui qui démonte son système avilissant. Peu de temps après, le maire de Springfield vient toucher son pot-de-vin du directeur de la centrale nucléaire pour ouvrir un deuxième musée en ville. Alors que celui de la cité est peu visité (seule Lisa s’y rend), le second sera un lieu à la gloire de la famille Burns. Il sera d’ailleurs construit sur les ruines de l’orphelinat…
  • La famille Je-sais-tout (de Ian Boothby et Phil Ortiz). Marge a décidé de reprendre ses études et s’est ensuite en cours de l’université de Springfield : science ou économie, elle doit gérer la quotidienne de la famille. Pour cela, elle prépare tout pour le mois (linge et repas)…

Peu originales, moins amusantes et novatrices que la série animée, les deux histoires de Ian Boothby de ce 29e recueil sont ciblées pour les plus jeunes lecteurs. On ne sera pas trop regardant sur leur qualité narrative. Pour ce qui concerne la partie graphique, Phil Ortiz s’en tient à la « Bible » et aux codes dictés par les équipes de Matt Groening, sans révolution. C’est efficace sans être beau. Un travail de commande…

  • Les Simpson, volume 29 : Club Privé
  • Scénariste : Ian Boothby, d’après les personnages de Matt Groening
  • Dessinateur : Phil Ortiz
  • Editeur : Jungle
  • Prix : 10.60€
  • Sortie : 13 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : A-Musée-Vous M. Burns : Pour améliorer sa réputation, M. Burns transforme sa centrale nucléaire en musée (en son honneur bien évidemment). Pendant ce temps, Homer, aidé du professeur Frinks passe son temps libre à déranger Arnie Pie, l’animateur radio qui donne systématiquement des informations erronées sur le trafic de l’autoroute.

La famille je sais tout : Après une réunion de famille, Homer et Marge décident de reprendre leurs études et laisse le foyer aux soins de leurs enfants. Mais tout part en vrille, quand deux enfants prennent les commandes…

Meutes

Notre avis : Le duo d’auteurs Jean Dufaux – Olivier G. Boiscommun revisite un des mythes légendaires : les loups-garous. Après un bon premier tome intitulé Lune Rouge et édité par Glénat, ils referment le premier cycle de leur série fantastique Meutes.

Dans le premier volume, le lecteur faisait la connaissance de Otis, une jeune femme dont le père possédait des canines proéminentes et qui disparaissait plusieurs jours dans la forêt, sans que personne ne s’en soucie. Comme si cela ne suffisait pas souvent ses vêtements et le coffret de la voiture étaient maculés de sang lorsqu’il réapparaissait. Enfin, la jeune adolescente avait souvent de drôles de pulsions dont celle de vouloir mordre le cou de son petit copain. Et l’on découvrait ainsi que la famille faisait partie d’une ligne de loups-garous.

Dans ce second volet, Oscar, le plus jeune fils, doit entrer dans la célèbre confrérie des loups-gourous. Pour cela, il devra surmonter des défis liés à cette intronisation lors d’une étrange traque qui durera deux nuits…

Passé maître du genre fantastique, Jean Dufaux (Rapaces avec Marini ou La complainte des landes perdues avec Grzegorz Rosinski) dévoile de nouveau un récit plutôt réussi même si quelque peu original dans un Paris contemporain. Efficace dans son histoire, la psychologie des personnages sont beaucoup moins travaillés que dans l’excellente série Rapaces. On se trouve donc dans une saga grand public accrocheuse mais sans grande surprise. En effet, il manque ce petit plus qui aurait permis à la série de prendre son envol (trop classique ?).

La belle surprise est la partie graphique de Olivier G. Boiscommun. Reconnu grâce à ses formidables séries Trolls, Le livre de Jack ou Anges, il livre de nouveau une belle partition sans fausse note. Il faut dire qu’il a pris l’habitude de nous émerveiller avec ses planches au trait aérien et lumineux, grâce à des aquarelles très abouties. On le préférera dans les moments fantastiques plutôt que dans les scènes urbaines contemporaines.

  • Meutes, tome 2/2 : Lune rouge
  • Scénariste : Jean Dufaux
  • Dessinateur : Olivier G. Boiscommun
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 14.50€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Actuel maître de la meute, Oblast prépare sa succession. C’est Oscar, le fils de la famille Keller, qu’il destine à prendre sa suite au cours d’une cérémonie qui aura bientôt lieu dans la Chapelle des Expiations, à Paris. Mais le Daïki Ephrat, détenteur du pouvoir avant Oblast et descendant d’une antique et prestigieuse lignée, compte bien le léguer à son fils. De son côté, la jeune Otis Keller, bousculée par les nouvelles sensations qui naissent en elle, découvre les codes qui régissent la caste à laquelle sa famille appartient. Quel rôle va-t-elle jouer dans cette lutte de pouvoir qui s’annonce au sein de la meute ?

La vraie vie

Notre avis : L’arrivée d’internet, doublée par l’usage intensif des réseaux sociaux, a considérablement bouleversé notre quotidien. C’est la cas de Jean, dont l’existence est déclinée en bande dessinée par Grégory Mardon et Thomas Cadène dans La vraie vie aux éditions Futuropolis.

Employé municipal, le jeune trentenaire, passe ses longues nuits sur internet, entre jeux en ligne (sous le pseudo Olivétom), twitter, facebook, les actualités en temps réelles et du porno sur Youtube; ses levers le matin sont difficiles. Ses collègues de travail, notamment Didier, ne comprennent pas son irrésistible attrait pour le virtuel. D’ailleurs son aîné lui dira en blaguant : « Putain mec, ton internet c’est pire qu’une meuf ». Lui, il aime discuter avec des inconnus comme Timfusa, une mystérieuse américaine du Wyoming.

Le récit de Thomas Cadène est plutôt une bonne surprise. En effet, rien de plus délicat que de raconter en album le quotidien d’un geek en puissance sans tomber dans les clichés. Spécialiste de la bande dessinée numérique, auteur de la série collaborative Les autres gens (Dupuis), il brosse le portrait toute en justesse d’un jeune homme à la dérive, qui pense être ouvert aux autres mais qui est finalement toujours enfermé chez lui. Symbole de l’hyper connexion, il ressemble aux jeunes qui ne parviennent plus à communiquer.

La partie graphique proposée par Grégory Mardon est quant à elle, plutôt réussie. Son trait simple proche de celui du duo Dupuy-Berbérian est d’une belle lisibilité.

  • La vraie vie
  • Scénariste : Thomas Cadène
  • Dessinateur : Grégory Mardon
  • Editeur : Futuropolis
  • Prix : 20€
  • Sortie : 07 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Jean, la trentaine heureuse, est employée municipal dans une ville de province. Célibataire, il partage son temps entre son travail, ses collègues, les visites à sa maman, et sa vie, une partie de la nuit, sur internet : il tchatte, s’informe, dialogue avec des inconnus aux pseudos bizarres comme VieilleTruieVolage, écoute de la musique, regarde des films et des vidéos porno, joue à des jeux genre Counter-Strike, prend et envoie des photos. Bref, il mène une vie qui lui convient parfaitement. La vraie vie, pour lui, c’est ça, ce mélange d’un réel somme toute paisible et du virtuel que fabriquent les nouvelles technologies. Mais, pour Jean, le virtuel ne s’oppose pas au réel, il en est même partie prenante. Il appartient à sa vie, une vie d’aujourd’hui, intense et partagée. Partagée notamment avec TIMFUSA, qui semble vivre dans le Wyoming aux États-Unis, avec qui il échange mots délicats et photos muettes. Une rencontre qui l’intrigue. Partagée aussi avec Carine, nouvelle collègue de travail, nouvelle amoureuse. Deux rencontres vives, intenses, qui construisent son équilibre. Jusqu’au moment où Jean apprend qu’il va mourir…

Your lie in april #6

Notre avis : L’une des plus belles séries sur la musique en manga est de retour dans un sixième volume. Edité par Ki oon, Your lie in April de Naoshi Arakawa poursuit son petit bonhomme de chemin avec toujours autant de maîtrise narrative. Il faut souligner que l’univers mis en place par le mangaka est d’une grande richesse, de belle amitié, d’entraide, de musique mais aussi de tensions. De plus, il a pris un grand soin dans la psychologie de ses deux personnages principaux, Kaori et Kosei, ce qui rend l’intrigue forte. Le lecteur prend toujours autant de plaisir à suivre les réussites mais aussi les doutes des deux protagonistes.

Comme à son habitude, le talentueux garçon n’arrive pas à franchir le pas de jouer en public et le fameux concours Maiho lui échappe encore, alors qu’il le mériterait amplement. Pour mettre toutes les chances de son côté, Kosei décide de faire appel à Hiroko Seto, la célèbre pianiste virtuose pour lui donner des cours. Si sa technique est irréprochable, proche de la perfection, son mental ne suit pas à cause de son passé très traumatisant avec sa mère. Or pour devenir pianiste professionnel, il lui faudra franchir ce gros obstacle.

Your lie in April : une très très belle série à découvrir, simple, belle, attendrissante, touchante mais très accrocheuse !

  • Your lie in April, volume 6
  • Auteur : Naoshi Arakawa
  • Editeur: Ki oon, collection shônen
  • Prix: 6.60€
  • Parution : 10 décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Kosei s’est arrêté en plein morceau… Pour lui, le concours est terminé. Qu’à cela ne tienne : ce qui compte vraiment pour le pianiste, c’est de jouer ! Inspiré par le style libre de Kaori, il livre une performance aussi envoûtante qu’imparfaite.

La tension n’a même pas le temps de retomber que c’est au tour de la violonniste de montrer ce qu’elle sait faire, à l’occasion cette fois d’un concert de gala…

Le don du loup

Notre avis : Après le phénomène Twilight de Tephenie Meyer adapté en film, les éditions Pika surfent sur cette vague en dévoilant Le don du loup, un manga fantastique de Ashley Marie Witter fondé sur le roman de Anne Rice.

Reuben Golding, jeune journaliste est invité pour plusieurs jours par Marchent Nideck dans sa riche et vaste demeure. Intriguée par cette entrevue, la jeune découvre que son aînée de 38 ans, a hérité de cette maison de son oncle Félix. Rapidement, le charme opère et les deux adultes se rapprochent physiquement. Pendant la nuit qu’ils passent ensemble, la riche héritière et sa servante sont sauvagement assassinées par un sorte de loup-garou… Etudiés scientifiquement, ces nouveaux monstres sont appelés morphenkinds.

Si le scénario de Ashley Marie Witter est construit comme un shôjo, il tarde à se mettre en place. Il faut souligner que les premières pages sont d’une grande lenteur, faisant intervenir les loups-garous que tardivement. Laissant des questions en suspend (sans réellement y répondre), le manga interpelle mais pas de façon positive. Les dialogues trop nombreux sont lourds et perdent le lecteur. Si la thématique de départ est plutôt intéressante, le récit est peu maîtrisé et la lecture altérée. Il reste néanmoins la partie graphique mais qui ne sauve pas cette histoire de la collection Black Moon Graphics de Pika. Dommage, les histoires de Anne Rice (Entretien avec un vampire) sont d’habitude formidables !

  • Le don du loup
  • Auteure : Ashley Marie Witter, d’après Anne Rice
  • Editeur : Pika, collection Black Moon Graphics
  • Prix : 12.90€
  • Sortie : novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Lorsqu’une mystérieuse propriétaire demande au journaliste Reuben Golding d’écrire un article sur sa demeure isolée, ce dernier n’imagine pas un instant que cette courte mission l’amènera à se faire attaquer et mordre par une étrange bête tapie dans les ténèbres. Ce simple événement va provoquer une métamorphose à la fois terrifiante et envoûtante qui révélera aux yeux de Reuben un monde invisible et inconnu. Pourquoi a-t-il reçu ce don du loup ? Sa nature est-elle bonne ou maléfique ? Et est-il seul à vivre cette expérience surréaliste ?