Sixtine, tome 2

En passe d’être expulsées de leur maison, Sixtine et sa mère font les cartons et le moral n’est pas au beau fixe. Alors qu’elle veut toujours connaître ses racines, la jeune adolescente est menacée par une mystérieuse ombre. Frédéric Maupomé et Aude Soleilhac dévoilent le deuxième tome de Sixtine, une série vraiment au top !

Depuis le décès de François – le père – la famille Vernon a beaucoup de difficultés financières. La mère de Sixtine n’arrive pas à combler les dettes et les huissiers ont procédé à la saisie de la maison. Les cartons s’accumulent avec les souvenirs qu’ils charrient comme celui que prend l’adolescente pour en savoir plus sur le passé de son papa.

Elle découvre avec étonnement un livre Ma vie avec les fantômes qui le fascine. Malgré les réticences de ses pères-fantômes, elle est heureuse d’en apprendre plus sur les spectres.

Martin, son ami, lui sert même de porte-monnaie pour aller acheter des livres sur le sujet dans une boutique spécialisée. Elle rencontre le propriétaire et mieux elle voit un autre fantôme dans cette librairie. La pile des bouquins est importante, de quoi assouvir la soif de connaissance de Sixtine ?

Alors que le premier volet de Sixtine nous avait emballé et charmé, ce deuxième tome est tout aussi prenant ! Le récit de Frédéric Maupomé est intelligent parce qu’il utilise à bon escient l’écrin du fantastique pour parler de sujets contemporains. Comme avec Supers, il imagine une histoire autour de l’adolescence et de ses affres (la construction de la personnalité, l’affirmation de soi, le regard des autres, les premiers émois). En choisissant une héroïne, il peut amplifier ces thématiques. Positive, pas très studieuse, sportive et ne se laissant jamais marcher sur les pieds (elle peut se battre pour défendre l’honneur de sa mère), Sixtine est une adolescente moderne et vivante. Elle n’a que faire de son apparence et ne cultive pas ses différences. Elle est comme elle est, point !

En véritable quête de ses racines – son père est décédé – elle peut compter sur un trio de fantôme un peu crétins mais tellement humains pour la faire avancer dans la vie. Ils sont la figure paternelle qu’elle n’a pas, protecteurs et anges-gardiens.

Aude Soleilhac présente d’ailleurs Sixtine comme « une adolescente qui a grandi sans son père, avec sa mère et qui a été «élevée» par trois fantômes de pirates, qui sont un peu crétins (rires). Par eux, elle a hérité de ce côté un peu casse-cou. Ce n’est pas quelqu’un qui est dans la norme – j’aime beaucoup cela – elle est androgyne et pour elle, l’apparence cela n’est pas important.

Elle a surtout beaucoup moins peur que la plupart des adolescents de son âge, elle se moque du «qu’en-dira-t-on», cela ne la dessert pas d’être à part. Elle est positive mais possède aussi ce charme de la naïveté. Elle est accompagnée par des amis qui eux ont bien les pieds sur terre. » (interview pour Comixtrip le 23/08/17).

Elle peut aussi compter sa mère aimante. L’intelligence du récit du scénariste de Anuki réside aussi dans la précarité dans laquelle la famille Vernon se trouve. Comme Philippine Lomar habitant avec sa mère sourde dans une HLM de Amiens ou le trio de Supers caché par des SDF, Sixtine et sa mère font face à un fléau très présent de nos jours, celui de la pauvreté. Rarement mis en avant dans les bandes dessinées jeunesse, il faut souligner que ce sujet est toujours abordé de façon pudique et optimisme par Frédéric Maupomé. D’ailleurs, l’adolescente le dit très bien : « Je m’en fiche qu’on soit pauvres. Je suis juste contente qu’on ne quitte pas notre maison ». Un moment fort et poignant !

Comme nous le confiait le scénariste à Saint-Malo en octobre dernier dans un entretien : « Je trouve que ce qu’a apporté Aude à Sixtine, c’est très beau. Elle n’est pas super jolie et plutôt androgyne. Elle l’a fait évoluer dans le bon sens. Elle avait complètement raison quand elle m’a fait voir ses recherches. » Et on ne peut qu’être d’accord avec lui. Sixtine ce sont deux très beaux albums !

Si les dialogues sont souvent drôles, Aude Soleilhac apporte aussi son lot d’humour par un dessin tout en rondeur, notamment à travers les trois pirates fantômes. Cette aventure pertinente et accrocheuse bénéficie de tout le talent graphique de l’autrice angoumoisine. On apprécie aussi  la grande expressivité dans le visage des protagonistes.

Sixtine : c’est moderne, vivant, intelligent, drôle, tendre, fantastique et beau ! On adopte toutes et tous Sixtine !

  • Sixtine, tome 2 : Le chien des ombres
  • Scénariste : Frédéric Maupomé
  • Dessinatrice : Aude Soleilhac
  • Editeur : La Gouttière
  • Prix : 13.70€
  • Parution : 28 septembre 2018
  • ISBN: 9791092111781

Résumé de l’album :  En pleine préparation de cartons pour le futur déménagement, Sixtine tombe sur une boîte ayant appartenu à son père, contenant plein de vieux films, de vieux romans et de souvenirs. La jeune fille est notamment attirée par un livre s’intitulant « Ma vie avec les fantômes » et passe sa nuit à le dévorer. Ses trois amis-pirates Igor, Archembeau et Tranche-Trogne ne sont pas loin et ne voient pas cette découverte d’un très bon œil. Serait-ce (de nouveau) le début des ennuis pour Sixtine ? Ou va-t-elle enfin en apprendre davantage sur ses origines ?

L’aventure fantastique, tome 1

Lorien, Lylian et Paul Drouin ont décidé de poursuivre l’aventure de La famille fantastique avec un nouveau cycle : L’aventure fantastique aux éditions Glénat.

En un mois, 12 adolescents ont mystérieusement disparu de la ville. Comme Ludovic 8 ans, Léo et Sarah Chanois sont aspirés dans un monde parallèle. A peine revenus de leur périple sur Fantastica (voir les tomes 1 et 2 de La famille fantastique), ils doivent faire face à une étrangeté : ils se retrouvent en haut d’une immense tour sans fenêtre ni porte. Après être descendus grâce aux draps de leurs lits, ils découvrent tous les enfants ayant disparu mais aussi Dalkos, un homme mystérieux caché derrière un masque…

Comixtrip avait apprécié les trois volumes de La famille fantastique (avec une publication très rapprochée de février 2016 à septembre 2017). Comme Paul Drouin nous l’avait confié en off dans un entretien à Rochefort en Bulles à l’époque de la sortie du tome 3, Lylian planchait sur un nouveau cycle. Ce premier tome de L’aventure fantastique peut se lire indépendamment des trois précédents volets de la saga. En effet, le scénariste a glissé que peu de références à Fantastica, permettant aux nouveaux lecteurs de pouvoir facilement se plonger dans son histoire.

Les ressorts – qui ont fait le succès de la série – sont les mêmes : projeter les protagonistes dans un monde parallèle fantastique. Si dans le cycle 1 les parents, Sarah et Léo y avaient tous atterris, ce n’est pas le cas ici. Seuls les enfants Chanois arrivent dans ce lieu mystérieux. Construit comme un jeu vidéo où pour gagner il faut combattre un être malfaisant afin de sortir du lieu (à la manière de bons mangas tel Sword art online), le récit est accrocheur dès la première page.

Pour accompagner le scénariste de La quête d’Ewilan dans la partie graphique, Paul Drouin remet le bleu de chauffe pour livrer des planches vivantes et très belles. Avec Lorien aux couleurs, ils forment un duo inspiré et fort sur le dessin.

L’aventure fantastique : un premier tome de diptyque accrocheur et prometteur. De l’aventure, de la magie, de l’action et un être maléfique ! Un très bon combo !

  • L’aventure fantastique, volume 1/2 : Le maître de la tour
  • Scénariste : Lylian
  • Dessinateur : Paul Drouin
  • Coloriste : Lorien
  • Editeur : Glénat, collection Tchô l’aventure
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 12 septembre 2018
  • ISBN: 9782344029442

Résumé de l’album : Prêts à vivre l’aventure de votre vie ? Alors qu’une mystérieuse affaire de disparition d’enfants secoue la ville, Léo et Sarah sont un beau jour projeté comme par magie dans un monde parallèle. Prisonniers d’une chambre à l’intérieur d’une étrange tour, ils imaginent un stratagème pour s’échapper et descendre. Mais arrivés en bas de la tour, les voilà à nouveau pris au piège, en compagnie des autres enfants disparus. Visiblement, quelqu’un a décidé de les rassembler tous au même endroit. Reste à savoir qui. Et pourquoi.Plongez dans monde parallèle et magique où tout peut arriver, et où vous pouvez devenir quelqu’un d’autre ! Une nouvelle série d’aventure jeunesse à la fois magique, épique et attachante, quelque part entre Narnia et Le Labyrinthe.

La fille du temple aux chats, tome 1

Pour quitter la folie de la ville, Gen décide de quitter son foyer familial pour un lycée de campagne. Makoto Ojiro dévoile le premier volume de La fille du temple aux chats chez Soleil Manga.

C’est décidé : pour fuir le stress de la ville et alors qu’il est en conflit avec ses parents, Gen va venir vivre à la campagne dans un temple entretenu par de la famille éloignée. Cet endroit, il le connait pour y avoir vécu dans ses jeunes années.

Il profite des vacances de printemps pour venir s’installer. Il est accueilli par Chion, une cousine éloignée dont les parents vivent à l’étranger, le grand-père est décédé et la grand-mère est en pèlerinage. C’est donc seule avec la vieille femme qu’elle s’occupe de l’entretien du temple. Pas simple parce que les finances manquent et le lieu est en voie de délabrement, tout du moins à l’extérieur.

Après un salut au temple et la visite des lieux, un repas copieux attend Gen. Le lendemain, les souvenirs ressurgissent, ceux avec Chion qui aimait l’embêter et avec laquelle il jouait beaucoup. Mais voilà à 19 ans, elle est presque une femme maintenant ce qui trouble l’adolescent…

Prépublié au Japon depuis 2016 dans la revue Big Comic Spirits par les éditions Shogakukan, La fille du temple aux chats est un joli petit seinen de Makoto Ojiro. Cette belle romance est tendre, nostalgique parfois et sympathique. Il y a surtout beaucoup d’humour à travers les yeux de Gen. Il porte un regard de citadin sur cette femme de la campagne. Il hallucine en voyant comment Chion s’habille lorsqu’elle sort.

Construite en petits chapitres, l’histoire met tout d’abord en place les personnages et les lieux dans ce premier volume. Les opus suivants (au nombre de 6) se concentreront sur le lycée au étudiera Gen. La mangaka (Nude chez Glénat) livre des planches efficaces et simple. Elle fait néanmoins beaucoup d’efforts dans les décors, très beaux.

  • La fille du temple aux chats, volume 1/6
  • Auteur : Makoto Ojiro
  • Editeur : Soleil Manga
  • Prix : 7.99€
  • Parution : 26 septembre 2018
  • IBAN : 9782302071551

Résumé de l’éditeur : Gen décide de quitter son cocon familial et d’intégrer un lycée à la campagne où il a vécu étant tout petit. Il retrouve sa grand-mère et s’installe dans le vieux temple où vit déjà Chion, une jeune femme d’une vingtaine d’année. Cette cousine éloignée a pris la succession de la grand-mère et garde un excellent souvenir de Gen, enfant. Leur complicité enfantine aurait-elle survécu à toutes ces années ?

Ginza neon paradise

Juste après la fin de la Seconde guerre mondiale, Aoi attend patiemment le retour de son ami Takihiko. A peine arrivé, le jeune japonais entre dans une colère noire. Unohana dévoile Ginza neon paradise, une romance compliquée entre deux hommes, un beau yaoi.

Cela fait maintenant trois ans que la guerre est terminée mais Aoi n’a toujours aucune nouvelle de son ami Takihiko. Comme fréquemment le jeune japonais attend sur le port lorsque les bateaux arrivent pensant qu’il sera à bord. Doit-il se faire une raison : S’il était mort ?

Un jour sur les quais, accompagnée d’une femme, se tient Takihiko devant lui. Pourquoi diable n’a-t-il pas envoyé ne serait-ce qu’une lettre ? Il aurait passer les deux dernières années après les combats à Osaka. Pourquoi ? Mystère ! Aoi entre alors en colère et décoche un coup de poing dans la figure de Takihiko

Prépublié dans la revue Karen des éditions Nihon Bungeisha au Japon en 2015, Ginza neon paradise est une jolie romance entre deux hommes signée Unohana. De l’attende très longue à la mise en couple, cela donne un yaoi intéressant à suivre et bien écrit. Aoi et Takihiko se connaissent depuis de nombreuses années, s’apprécient mais n’ont jamais franchi le pas de se mettre en couple. Il faut dire que le premier est persuadé que le second passe ses soirées chez une multitude de femmes, ne se soucie que de lui et ne pense à personne d’autre.

Le théâtre et le cinéma pour Takahiko, ainsi que le travail pour les Américains de Aoi apportent un soupçon de réalité à ce joli yaoi. La toile de fond historique de Ginza neon paradise est intelligente. Le Japon doit se reconstruire après la guerre, après Hiroshima & Nagasaki et doit surtout vivre sous le joug des Américains, qui se comportent comme une véritable force d’occupation.

Aoi tente de remettre Takahiko sur le droit chemin en ne l’épargnant pas, lui disant des vérités (parfois la jalousie l’emporte) et en lui mettant fréquemment son poing dans la figure. Tandis que l’autre joue la carte de la séduction et de la désinvolture, au point d’avoir été déshérité par son père.

Le récit finalement assez classique bénéficie de la toile de fond – rare en yaoi – mais aussi d’une partie graphique efficace. La grande force des planches de Unohana réside dans les costumes bien documentés.

  • Ginza neon paradise
  • Auteur : Unohana
  • Editeur : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 27 septembre 2018
  • IBAN : 9782375061114

Résumé de l’éditeur : Trois ans ont passé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais Aoi n’a toujours aucune nouvelle de son ami d’enfance parti au front : Takahito. Pourtant, un soir comme tant d’autres, un homme apparait à l’entrée du club qu’il fréquente. Cette silhouette qui lui semble si familière n’est autre que Takahito. D’abord surpris, Aoi ne peut contenir sa rage quand ce dernier lui dit avec un certain détachement qu’il est rentré il y a de ça deux ans, mais qu’il n’a pas trouvé le temps de prévenir ses proches. En l’espace de quelques secondes, Aoi laisse alors éclater tout la souffrance qu’il a dû supporter durant ces deux dernières années. Qu’est-il arrivé à son ami après la guerre ? Pourquoi n’a-t-il donné aucun signe de vie ?

Marco and Co, tome 1

Rêvant d’effectuer des études de dessin, Marco quitte la ferme familiale pour Paris. Olivier Jouvray et Sylvain Bec dévoilent le premier opus de Marco and Co, série sympathique et très drôle chez Gallimard.

Lycéen en Terminale, Marco habite une ferme avec ses parents. Alors que le bac approche à grands pas, il redit à son père son rêve d’entrer dans une école de dessin. Un brin mère-poule et surjouant la tristesse de le voir partir, son paternel lui fait de nombreuses recommandations. En plus, Marco va habiter chez Cloclo, sa grand-mère maternelle, une femme que son père ne porte pas dans son cœur et inversement…

Prépubliée dans le magazine Spirou l’année dernière, la série Marco and Co est jubilatoire ! Le récit de Olivier Jouvray est sympathique et surtout très drôle. Les personnages du père et de Cloclo sont dignes des grandes comédies burlesques. Entre un papa-poule, une vieille dame farfelue et une cousine gothique, Marco est super bien entouré !

Jeune étudiant plein de sagesse et plutôt mâture, il doit faire face à des situations saugrenues et cocasses, surtout à cause des trois protagonistes de sa vie. Cet exil volontaire vers Paris permet au scénariste de Lincoln de développer un récit d’apprentissage tendre et optimiste. Passer de la campagne à la capitale, quelle épopée !

Le trait de Sylvain Bec, dont c’est la première bande dessinée, est idéal pour restituer l’ambiance amusante de l’histoire. Son dessin lâché et nerveux peut parfois faire penser à celui de Benjamin Renner. Il faut souligner que les deux auteurs ont en commun la profession d’animateur dans le cinéma.

Marco and Co : un récit initiatique drôle, loufoque et tendre !

  • Marco and Co, tome 1 : Adieu veaux, vaches, cochons…
  • Scénariste : Olivier Jouvray
  • Dessinateur : Sylvain Bec
  • Editeur : Gallimard BD
  • Prix : 14€
  • Parution : 13 septembre 2018
  • ISBN: 9782075102667

Résumé de l’album : Marco vit à la campagne dans la ferme de ses parents, au milieu des tracteurs, des vaches et des cochons. Carnet de croquis toujours en main, il rêve de faire des études de dessin. Mais quand il est accepté dans une école parisienne, c’est tout son monde qui se trouve bouleversé. Hébergé par Cloclo, sa grand-mère parfaitement farfelue, il va tenter de relever un vrai défi : l’apprentissage de la vie d’artiste !

Fate / stay night aux éditions Ototo

Notre avis : Le manga tiré du jeu vidéo Fate / Stay Night a gardé l’esprit de l’œuvre originale et nous emmène aux confins de l’imaginaire.

Sauvé d’un incendie alors qu’il n’était qu’un enfant, Shirô Emiya a été recueilli par un puissant mage, Kiritsugu Emiya. Celui-ci appris à son nouveau protégé les bases de la magie, avant de disparaître lui aussi. Se servant de ces pouvoirs pour réparer les choses, Shirô rêve d’être un défenseur de la justice. Sa vie va se retrouver chamboulée lorsque la ville de Fuyuki va être le théâtre d’une Battle Royale sans merci afin de remporter le Saint Graal.

Enrôlé malgré lui dans cette histoire, Shirô doit également faire avec les sentiments de profonde affectation qu’il éprouve envers la douce Sakura, possédant en réalité de lourds secrets en lien avec le Saint Graal.

Le manga, tiré du jeu vidéo éponyme, répond à la même trame lancée en 2004 par TYPE-MOON et nous entraîne dans les profondeurs de ce monde magique, mais avide de pouvoirs et sans aucune pitié pour les autres. Un excellent ouvrage à découvrir aux éditions Ototo (Re:Zero, Sword Art Online).

  • Fate / Stay Night
  • Scénariste : Type-Moon
  • Dessinateur : Taskohna
  • Editeur : Ototo
  • Parution : 6 juillet 2018
  • Prix : 7,99 €
  • ISBN : 9782377171293

Résumé de l’éditeur : Miraculeusement sauvé des flammes lorsqu’il était enfant, Shirô Emiya est un adolescent ordinaire, ou presque…
Élevé par Kiritsugu Emiya, un mage lui ayant appris les bases de la magie, le garçon poursuit une scolarité paisible.
Pourtant, sa vie bascule lorsque la ville de Fuyuki est désignée pour accueillir la cinquième Guerre sainte. Pour remporter le Saint Graal, la coupe sacrée exauçant n’importe quel souhait, sept mages accompagnés de leurs esprits héroïques s’affrontent dans une Battle Royale sans merci. Enrôlé malgré lui dans un tourbillon d’évènements qui le dépassent, Shirô doit réussir à survivre tout en protégeant la douce Sakura, dont les sombres secrets semblent profondément liés au Saint Graal.

Chansons de Jacques Brel en bandes dessinées

Le 09 octobre nous célébrerons les 40 ans de la disparition de Jacques Brel, l’immense interprète et compositeur belge. Pour l’occasion, les éditions Petit à Petit publient Chansons de Jacques Brel en bandes dessinées.

Avec plus de 400 chansons à son répertoire, Jacques Brel marqua profondément la chanson francophone, fut un artiste immédiatement apprécié et au succès phénoménal. Onze textes sont mis en image dans ce très beau recueil (avec en plus des textes biographiques signés Michels Mabel) pour le plus grand bonheur des amateurs du Grand Jacques. Parmi ces chansons, retenons-en quelques unes :

  • Les bourgeois (BD par Olivier Martin) : ce texte de Jacques Brel eut un retentissement immense parce que l’auteur y fustigeait cette classe dominante avec notamment les paroles : « Les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête… Les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient C… »
  • Au suivant (par Benoît Frébourg). Ce qui attire dans cette adaptation dessinée, c’est l’excellente partie graphique de Benoît Frébourg, auteur de Jean-Loup ou Les carnets de Georg Weiss.
  • Ne me quitte pas (par Antoine Ronzon). Audacieuse adaptation sans aucun phylactère, juste des mots qui s’entremêlent autour de la jeune femme.
  • Les bonbons (par Heidi Jacquemoud). Un homme pas très beau se prépare pour rencontrer Germaine, une belle jeune femme. Il lui apporte des bonbons…
  • Jef (par Marie Terray). Là encore, on apprécie la partie graphique de l’autrice de Malgré nous, tout en délicatesse et en aquarelle.

Après Barbara, voici un petit recueil autour de la chanson sur le Grand Jacques. Idée de cadeau originale pour les amateurs de Jacques Brel.

  • Chansons de Jacques Brel en bande dessinée
  • Auteurs : Collectif
  • Editeur : Petit à Petit
  • Prix : 16.90€
  • Parution : 09 octobre 2018
  • IBAN : 9791095670612

Résumé de l’éditeur : Onze chansons inoubliables du grand Jacques Brel, adaptées en bandes dessinées avec la volonté de respecter intégralement les magnifiques paroles et l’univers d’un de nos plus grands chanteurs. Au détour des pages documentaires, c’est toute la vie du grand Jacques que l’on découvre !

Marion

Après Moon Shadow, Arte et Somali, les éditions Komikku mettent en lumière une nouvelle vraie héroïne Marion, une cheffe de bande signée Yuu Hikasa.

Paris, 1940. Marion, dite Chaton, prépare un nouveau forfait avec sa bande de jeunes malfrats. Pendant qu’elle amuse la galerie avec ses acrobaties sur un marché, ses trois complices volent sur les étals des marchands. En pleine course-poursuite, Aaron Rosenberg la repère. Il la suit, l’entend chanter et tombe sous son charme. Elle ferait une belle Jeanne d’Arc dans son nouveau spectacle musical. Il lui propose le rôle mais elle n’est pas pour l’instant décidée à quitter sa liberté et les rues de Paris…

Caractère fort et ne se laissant jamais marcher sur les pieds, Marion est une héroïne rare en manga. Véritable cheffe de file d’une bande de garnements n’ayant pas dépassée 10 ans, elle va connaître une aventure folle dans le Paris occupé des années 40.

Yuu Hikasa a pris un grand soin dans la construction de la personnalité de Marion. Si on ne sait pas pourquoi elle est seule dans la capitale, le lecteur découvre sa misandrie, une aversion pour la gente masculine. Ressemblant au destin d’Edith Piaf, si elle n’a pas la gouaille de Arletty, elle en a la force de conviction et de caractère.

Le lecteur est aussi charmé par les décors du mangaka. La ville de Paris est sublimée sous les pinceaux de Yuu Hikasa. L’on reconnait des lieux célèbres ce qui fait que Marion aurait très bien pu faire partie du Guide Fantrippers Paris.

  • Marion, volume 1/2
  • Auteur : Yuu Hikasa
  • Editeur : Komikku
  • Prix : 8.50€
  • Parution : 27 septembre 2018
  • IBAN : 9782372873109

Résumé de l’éditeur : Paris, 1940. Nous sommes à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et de l’invasion de la capitale par les Allemands. Marion est une jeune femme qui vit par choix dans les rues de Paris. Elle est à la tête d’un groupe d’enfants qu’elle aide à voler sur les marchés pour pouvoir manger, tout en veillant sur eux. Un jour, un homme qui passe près d’elle l’entend chanter. Subjugué par sa voix, il souhaite lui parler, mais Marion refuse, car elle déteste les hommes. L’homme est déterminé et il insiste : il s’appelle Aaron Rosenberg et il est compositeur. Avec ses associés, il a monté un spectacle au music-hall d’Orion, mais il n’a pas encore trouvé de chanteuse pour interpréter le rôle de Jeanne d’Arc à 1 mois de la première. Il veut à tout prix que ce soit Marion, mais cette dernière refuse catégoriquement. Comment pourra-t-il la convaincre ?

Errances d’Emanon

Après un premier volume enchanteur, Souvenirs d’Emanon, les éditions Ki oon dévoilent sa suite – Errances d’Emanon – toujours aussi beau et prenant. Un superbe manga fantastique de Shinji Kajio et Kenji Tsuruta.

Après une traversée sur le Sun flower et ses histoires enchanteresses, Emanon se ressource en pleine forêt. Alors qu’elle se baigne nue dans une rivière, elle est épiée par un jeune garçon. Après des présentations mouvementées, Emanon commence à raconter ses histoires. Ensemble, ils se rendent à un temple où l’on vénère les kappas (créatures fantastiques des eaux). Elle lui confie alors une fiole précieuse.

Dans la seconde histoire d’Errances d’Emanon, le lecteur fait la connaissance de celui que la jeune femme présente comme son frère…

L’univers fantastique créé par Shinji Kajio et Kenji Tsuruta est absolument formidable. S’encrant dans le réel, ils inventent une jeune femme sans nom – Emanon – qui aurait vécu plusieurs milliards d’années. En se glissant dans les différent corps de femmes d’une même famille, elle raconte les moments inouïs qu’elle aurait vécu.

Si l’atmosphère douce et chaleureuse du récit plait dès les premières pages, la partie graphique renforce ce sentiment. Il est à noter que les huit premiers chapitres bénéficient d’une très belle mise en couleur, chose assez rare dans l’univers du manga pour le souligner.

Errances d’Emanon : la mémoire du monde sur ses épaules. Superbe !

  • Errances d’Emanon
  • Scénariste : Shinji Kajio
  • Dessinateur : Kenji Tsuruta
  • Editeur : Ki oon, collection Latitudes
  • Prix : 15€
  • Parution : 06 septembre 2018
  • ISBN: 9791032703151

Résumé de l’album : À bord du Sun Flower, Emanon a confié son étrange histoire à un étudiant qui lui rappelait son époux défunt. Mais cette traversée en bateau n’était qu’une infime partie du voyage de la jeune femme à la mémoire de trois milliards d’années : pour elle, une vie ne dure qu’un instant ! Cette passagère du temps poursuit inlassablement sa route, toujours prête pour de nouvelles rencontres. À la recherche d’un mystérieux trésor enfoui ou d’un frère perdu de vue, retrouvez-la dans ses errances… Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…

Bugz, tome 1

Le royaume de Muzarland est constamment en conflit avec les peuples voisins. La tranquillité des musaraignes, elle le doit au don surnaturel de son muzaroi. Toldac et Makyo dévoilent le premier volet de Bugz leur nouvelle série fantasy jeunesse chez Kennes.

Muzarland. La nouvelle année est là et Oléo 1er le muzaroi présente ses bons vœux à ses sujets. Il leur souhaite « bienveillance et harmonie ». Il le sait les conflits sont fréquents avec les voisins du royaume, surtout avec les Chamouraïs. D’ailleurs l’un d’eux vient défier le souverain. Ni une ni deux, il l’endort grâce à son don surnaturel venu d’une piqûre d’insecte.

Quelques jours plus tard, dans une poubelle est trouvé un petit musaraigne. Mustine le recueille et lui donne le prénom de Bugz

Après Manipulator (Les Arènes BD), Pierre Makyo est de nouveau au dessin d’un album ! Fait rare depuis quelques années, le lecteur est heureux de ce retour ! Pour cela, il renoue avec un genre qui l’avait fait connaître au jeune public avec Gully (Dupuis), le fantastique pour le jeune lectorat.

Pour Bugz, il s’associe de nouveau avec son frère Toldac (Les Bogros) pour le scénario. Ensemble, ils imaginent un univers anthropomorphique riche, dans la veine des séries parues dans les années 80/90 ou encore celles de Raymond Macherot (Sibylline, Chlorophyle). S’il semble désuet, ce genre permet au duo de livrer une aventure agréable à la lecture et prenante. A travers ce récit animalier, ils peuvent parler du pouvoir, de transmission et des guerres dont parfois on ne connait pas les causes. Bugz est un musaraigne intello, mal voyant et peureux qui se révèlera être un véritable chef de fil.

Accompagné aux couleurs par Alessandra Dottori, Makyo réalise de belles planches où le bestiaire est bien cerné et chaleureux.

Bugz : une belle surprise jeunesse

  • Bugz, tome 1 : Même pas peur
  • Scénaristes : Toldac et Makyo
  • Dessinateur : Makyo
  • Coloriste : Alessandra Dottori
  • Éditeur : Kennes
  • Prix : 13.95€
  • Parution : 22 août 2018
  • IBAN : 9782875806123

Résumé de l’éditeur : Au pays des Muzarins, le Muzaroi a fort à faire pour assurer une paix durable avec les Hystérichats, les Pulmocrapauds et autres espèces belliqueuses qui convoitent son trône. L’âge avançant, il lui est de plus en plus difficile de faire régner la bienveillance et l’harmonie sur son royaume. Heureusement, le Muzaroi détient seul un pouvoir mystérieux qui lui permet encore et toujours de repousser les ardeurs de ses ennemis. Mais il sent peu à peu ses forces le quitter. L’heure est venue pour lui de transmettre son secret. Le petit Bugz semble être l’heureux élu…

Aromantic (love) story

Kiryu est une autrice de mangas plutôt bien installée. Poussée par son éditeur à imaginer une histoire romantique, elle rechigne mais le succès est au rendez-vous. Haruka Ono dévoile Aromantic (love) story chez Akata.

Les éditions Akata aiment les shôjos mais pas ceux à la romance plate et gnangnan, elles préfèrent publier des histoires romantiques avec un fond social assumé. Après Jumping, La valeur de ma vie, Zombie cherry ou Ugly princess, elles dévoilent le premier volume de Aromantic (love) story, un excellent récit très drôle de Haruko Ono.

Cette histoire, la mangaka la situe dans le monde même du manga, un univers codifié et pas simples dans les relations. Comme tout artiste, souvent l’auteur est seul chez lui devant sa table à dessin, ses seuls interlocuteurs sont ses assistants – s’il y en a – et les éditeurs. Alors que Kiryu souhaiterait publier un bon gros shônen qui déménage, son patron lui ordonne d’imaginer une belle grosse romance « harem manga », à des années-lumière des son genre favori. Elle rechigne et découvre un attrait pour le shôjo. Elle peut alors mettre en avant ses atouts. Son travail est néanmoins perturbé par sa propre vie sentimentale, incarné par son jeune assistant et un scénariste. Il faut dire que « l’amour » est absent de la vie de la mangaka, elle n’en a que faire et ses seules représentations elle les a reçu de ses lectures de mangas.

Prépublié dans la revue Ura Sunday des éditions Shogakukan au Japon depuis 2016, Aromantic (love) story plaira à un très large public et pas uniquement aux amateurs de shôjo. Le triangle amoureux couplé à l’univers manga tient en haleine le lecteur. Féministe et engagée, cette série tente de déconstruire les stéréotypes concernant les femmes. A lire ! (le tome 2 est sorti le 23 août dernier).

  • Aromantic (love) story, volume 1
  • Autrice : Haruka Ono
  • Editeur : Akata
  • Prix : 6.99€
  • Parution : 03 mai 2018
  • IBAN : 9782369742715

Résumé de l’éditeur : Futaba Kiryû, 32 ans, est autrice de mangas. Ce qu’elle adore par-dessus tout, c’est dessiner des shônen bien sociaux ! Le problème, c’est que ce genre ne marche plus du tout… Du coup, pour essayer de vraiment lancer sa carrière, son éditeur lui propose (impose ?) de s’essayer à un autre genre de shônen : le harem manga ! Gros hic : elle déteste ça, et surtout… elle ne s’intéresse pas du tout à l’amour. Bien malgré elle et agacée par l’injonction sociale qui impose aux femmes d’être forcément amoureuses, elle entame l’écriture d’un shônen manga romantique. Contre toute attente, le succès est immédiat, et la voilà condamnée à continuer de dessiner une série à laquelle, elle-même, elle ne comprend rien… Pour ne rien arranger, elle se retrouve très vite prise entre deux feux : d’un côté, la touchante vénération d’un assistant de douze ans son cadet, de l’autre, la séduction flamboyante d’un scénariste d’anime quadragénaire. Une situation cauchemardesque pour cette célibataire endurcie…

Le super week-end de l’espace

Raconter les planètes, les étoiles et la Voie lactée en bande dessinée pour enfant, cela n’allait pas de soi. Gaëlle Alméras réussit ce pari audacieux avec la publication de l’album Le super week-end de l’espace.

Amis d’enfance, Orni et Castor sont invités par Rat dans sa cabane extraordinaire transformée en observatoire du ciel. Si Castor est heureuse de pouvoir venir observer les étoiles cette nuit-là, son petit ami est moins enthousiaste. C’est le début d’une soirée la tête en l’air à découvrir la Voie lactée, les constellations et le huit planètes du système solaire…

Délicat de faire un résumé de cet excellent album tant Le super week-end de l’espace est riche, complet et très instructif, idéal en somme pour les jeunes lecteurs. Sans être rébarbatif ni trop pédago, le récit de Gaëlle Alméras est passionnant. En faisant incarner son histoire par trois amis animaux, son propos est d’une belle justesse pour les plus petits.

La dessinatrice (Bambou chez Diantre) est une véritable passionnée d’astronomie, elle est aussi médiatrice au Planétarium de Vaux-en-Velin. C’est en 2015 qu’elle commence son exploration de l’espace sur son blog où elle écrit les Chroniques super-scientifiques de Castor. Cet album est le prolongement de cette exploration sur le web.

Pour ce sympathique et très joli album, elle s’est appuyée sur les conseils de Hélène Courtois, astrophysicienne et de Jean-François Gonzalez, enseignant-chercheur.

Sa partie graphique est superbe ! Son dessin en noir et blanc agrémenté de sublimes trames donne des planches sans vignettes très belles. Soulignons le travail impeccable de Gaëlle Alméras sur les cartes du ciel. Enfin, on aimerait adopter ses trois personnages attachants, dans la veine de ceux de Marc Boutavant.

Le super week-end de l’espace : un album-documentaire à mettre entre toutes les mains des petits amateurs du ciel et de l’espace. On passe un excellent moment de lecture et c’est intelligent !

  • Le super week-end de l’espace
  • Autrice : Gaëlle Almérias
  • Editeur : Maison Georges
  • Prix : 19.50€
  • Parution : 08 juin 2018
  • IBAN : 9791091180498

Résumé de l’éditeur : Une BD pour les curieux d’astronomie, à lire à partir de 8 ans ! Par une belle fin d’après-midi, Orni, Castor et Rat partent camper pour le week-end. Une surprise les attend : leur copain Rat les héberge dans son observatoire construit dans un arbre. La cabane est magnifique et toute équipée pour d’incroyables découvertes : le ciel, les étoiles, notre galaxie, l’infini… En un mot, l’astronomie ! Qu’il s’agisse de comprendre la différence entre météorites, comètes et astéroïdes à partir d’un caillou, de découvrir les lumières, visibles et invisibles, à l’occasion de l’apparition d’un arc-en-ciel ou encore d’apprendre comment trouver l’étoile polaire en jouant au pirate… Tout est prétexte à s’interroger pour mieux comprendre notre univers.