Je suis Sofia

20 ans après avoir été fille au pair à Rome, Céline retourne voir la famille de Gioia et Massimo, avec qui elle avait tissé des liens si forts. En 1996, les deux garçons de la famille avaient 5 ans pour Edoardo et 18 mois pour Amedeo. En 2016, à l’aéroport, Gioia présente sa fille Sofia. Passé le léger embarras, Celine comprend qu’Edoardo est devenu Sofia.

Après quelques jours avec cette famille qu’elle aime tant, elle rentre en France, la tête pleine de souvenirs et d’interrogations. C’est alors qu’elle décide, avec l’accord de Sofia, de faire une bande dessinée sur la transition.

Sans tabou, Céline, Sofia et sa famille parlent de cette cette transition. On découvre l’expérience de cette famille. L’acceptation, les peurs quant aux conditions des transgenres dans un société qui ne les accepte pas encore, la transformation (opération) physique M to F, la dilatation (je vous laisse découvrir). Tout y passe, les moments difficiles, la douleur, l’incompréhension et la tristesse, mais aussi l’amour, la joie et l’envie de faire découvrir pour mieux accepter.

Céline Gandner apprend, comprend, nous fait comprendre qu’il faut accompagner et non stigmatiser et s’engage à travers cette BD pour que la société progresse. Une belle découverte.

  • Je suis Sofia
  • Scénariste : Maël Nahon
  • Dessinatrice : Céline Gandner
  • Editeur : Marabulles
  • Prix : 18,95 €
  • Parution : 21 avril 2021
  • ISBN :  9782501146746

Résumé de l’éditeur : Je suis Sofia, résonne telle une affirmation. Le récit est raconté de l’intérieur au plus près des personnages. Céline la scénariste invite à vivre la transition de genre de l’aîné de la famille dans une famille catholique à Rome. En 1996, Céline est fille au pair à Rome et elle s’occupe alors de deux petits garçons italiens : Edoardo 5 ans et Amedeo 18 mois. 21 ans plus tard, elle part les retrouver… les petits bambini ont bien dû grandir ! Céline n’est au courant de rien. Arrivée à l’aéroport, on lui présente Sofia. Mais qui est donc Sofia ? Et là, en un battement de cil, elle reconnait Edoardo sous les traits féminins de Sofia. Le choc. Sofia vient de faire son coming out transgenre. Céline partage un week-end avec toute la famille. Elle y retournera en 2019 après l’opération de Sofia en Thaïlande pour la transition Male to Female. C’est à ce moment que Sofia veut se confier et tout raconter sans détour au plus près de ses émotions et de son corps. Son frère Amedeo et ses parents l’accompagnent au mieux, chacun avec l’ouverture d’esprit qui lui est propre. C’est troublant de vérité. Sofia a attendu ses 26 ans pour oser parler de son désir de transition.

Welcome to the Ballroom T2

On l’a lancé sur la piste d’une compétition hors norme alors qu’il danse depuis quelques semaines seulement. Tatara n’est pas près. Pas une seule seconde. Pourtant, pour sa partenaire, il va falloir briller aux yeux du public et du jury.

Il ne s’attendait pas à ça en venant assister à La Coupe du Prince Mikasa. Il venait voir la performance de Shizuku et Hyodo. Mais Hyodo est absent pour la deuxième épreuve. Impossible de le trouver. Et voilà que Sengoku a une idée de génie ! Mettre Tatara sur la piste de danse à la place de Hyodo. Avec un peu de fard, le subterfuge passera sans difficulté. Embarqué dans les évènements malgré lui, Tatara obéit. Il se retrouve au bras de Shizuku : opération sauver la compétition.

Si le couple de danseurs ne participe pas, ils sont éliminés d’office. Mais si Tatara se fait prendre, ils le seront aussi. Car en compétition de danse de salon, il n’y a pas droit aux remplaçants. Alors Tatara, sans connaissance de la chorégraphie, danse. Invente. Survit. Et s’éclate comme c’est pas permis !

Dans ce second tome, Tomo Takeuchi nous emmène dans des montagnes russes émotionnelles. Nos sentiments se tordent comme le fer sous les coups du forgeron, craquent et fondent comme la guimauve dans le feu. Tatara s’engage dans l’aventure de sa vie et de gré ou de force, on le suit.

Welcome to the Balroom est une fois de plus un manga qui parle d’adolescence, de recherche, de dépassement et d’acception de soi. Il transmet les émotions du héros avec intensité. Ses conflits intérieurs sont offert au lecteur avec poigne et finesse en même temps. C’est un plaisir de se laisser emporter dans cette histoire à l’univers atypique et à la thématique si universelle.

Cette année 2021 a vu surgir en France plusieurs mangas très forts dans cette catégorie. Welcome to the Ballroom chez Noeve Grafx mais aussi Ao Ashi chez Mangetsu ou encore Blue Period chez Pika Edition. Des mangas sui bons à lire et qui nous donnent de sacrées leçons de vie.

  • Welcome to the Ballroom T2
  • Autrice : Tomo Takeuchi
  • Traducteur : Ryoko Akiyama
  • Editeur : Noeve Grafx
  • Prix : 7,95 €
  • Parution : 29 octobre 2021
  • ISBN : 9782383160144

Résumé de l’éditeur : Collégien en déroute, Tatara Fujita ne sait pas quoi faire de sa vie. Il na ni talent, ni passion, ni grande envie de chercher. Le hasard et une bande de caïds mal intentionnés lui feront rencontrer Kaname Sengoku, danseur professionnel qui à la suite d’un quiproquo le traînera jusqu’à un nouveau studio de danse de salon. Tatara y découvre l’univers de la danse sportive. Ne serait-ce pas là le début dune nouvelle passion ?

The Witch and the Beast T4

Un artefact capable de détruire le monde, des magiciens à la puissance sans limites… la bataille fait rage. Comment Guido et Ashaf vont-ils s’en tirer cette fois ? Et s’ils n’étaient qu’au début d’un drame ? 

Ce tome 4 achève la bataille entamé au tome 3. Et nous découvrons pantois que cette bataille monstrueuse n’est que l’excuse qui amène nos héros dans la pire des situations.

The Witch and the Beast, de Kousuke Satake, poursuit sur sa lancée : le découpage des arcs est étrange, comme maladroit, pourtant il nous amène à tout les coups sur des chemins tortueux et intriguant. Dans un sens ça fonctionne du feu de Dieu, mais dans un second, c’est fichtrement compliqué à suivre.

Alors pourquoi continue-t-on la lecture cette série bizarrement conçu ? Parce qu’elle ne ressemble à rien de ce que le genre propose.

Ce n’est ni une grande saga de Dark Fantasy, ni un série suffisamment légère pour être lu à la va vite. Son rythme étrange est déroutant, mais ses péripéties captivantes. The Witch and the Beast a cette particularité que les héros connaissent très bien leur passé et leurs secrets respectifs sans en laisser une miette au lecteur. Et nos yeux affamés cherchent désespérément une révélation à se mettre sous la dent. Lorsqu’elle arrive, elle nous échappe aussitôt.

Là où le tome 3 nous laisse sur notre faim et romp avec l’intimité de ses personnages, le tome 4 fait un immense bond en avant. Guido va-t-il retrouver la sorcière qui l’a maudit ? Mais qu’elle était leur relation en fin de compte ? Pourquoi a-t-il été maudit ? Quel type de créature monstrueuse est-il vraiment ? Et comment diable Ashaf a fait pour se lier et se faire – à peu près – obéir par cet être surpuissant ?

Tant de question qui commencent à trouver des réponses.

Ce tome 4 propose autant de politique que de combats, de nouveaux personnages prennent place et ont potentiel à rester. 8 tomes sont à ce jour sortis au Japon, The Witch and the Beast a donc encore beaucoup – beaucoup – de péripéties survoltées à nous faire découvrir.

  • The Witch and the Beast T4
  • Auteur : Kousuke Satake
  • Traductrice : Anaïs Koechlin
  • Editeur : Pika Editions
  • Prix :  7,50 €
  • Parution : 3 novembre 2021
  • ISBN : 9782811665364

Résumé de l’éditeur : La sorcière est désormais aux griffes du bourreau. Malgré sa tentative de libération ratée, Guido réussit à récupérer l’épée maudite de justesse et compte bien répliquer, tandis qu’Ashaf est immobilisé de force par une magie spirituelle et que le colonel Cooger des Chevaliers sacrés est sévèrement blessé suite à la trahison de son bras droit. Parviendront-ils à freiner la folie destructrice du bourreau qui veut briser le sceau retenant l’épée maudite ?

Dernier Souffle

Allongé dans la neige, un couteau planté dans l’épaule, l’homme se relève et se dirige vers sa cabane et y découvre son père adoptif mort. À la recherche du coupable, sans compromis, au péril de sa vie, il va se mettre en quête du meurtrier, traquant tous ceux qui se trouvent sur son chemin, jusqu’au dernier.

En 2018, Thierry Martin a envie de lâcher prise, d’improviser. Le 4 août, il poste une première image sur instagram avec comme objectif, un jour une case (dans la mesure du possible). Le titre, « The Hunter » (le chasseur). Une immersion muette qui dure jusqu’en mars 2019. Il en ressort une expérience scénaristique très proche du cinéma. Le graphisme en noir, gris bleuté et blanc est à couper le souffle (oui elle est facile) mais c’est tellement vrai.

Le western se réinvente en BD depuis plusieurs années, avec notamment, La Venin, Stern, Undertaker, Fausse piste, et bien d’autres encore. Mais je n’avais encore jamais vu ce thème traité de cette manière. Entièrement muet, en format à l’italienne, Thierry Martin nous transporte avec intensité dans cette traque. Ce qui est marquant avec cette lecture c’est qu’on est pris dans une véritable frénésie qui nous pousse à tourner les pages, encore et encore, afin de connaître l’issue de cette histoire.
Cette immersion exaltante est, bien entendu, due à la qualité du graphisme, à l’approche scénaristique mais également à la qualité de l’objet proposé par Noctambule.

Dernier Souffle, un western muet, une approche cinématographique, un graphisme saisissant, une aventure haletante, vous l’avez compris, c’est une lecture qu’il ne faut pas louper. Cette BD casse les codes et c’est terriblement bien vu et efficace. N’hésitez surtout pas à partir à la chasse de ce très bel objet.

  • Dernier Souffle
  • Auteur : Thierry Martin
  • Editeur : Soleil, collection Noctambule
  • Prix : 26,00 €
  • Parution : 20 octobre 2021
  • ISBN : 9782302090903

Résumé de l’éditeur : Signé Thierry Martin, Dernier Souffle propose de suivre la traque obsédante et silencieuse, menée par un homme porté par le souffle de la vengeance. Une traque immuable aux multiples rebondissements dont les plus terribles prédateurs ne seront peut-être pas ceux qu’on imagine… Un western haletant né sur Instagram, un défi scénaristique et graphique, une improvisation maîtrisée, au jour le jour.

Four in Love

Lorsque Crystal Kung se penche sur le sentiment amoureux, cela donne Four in Love, un magnifique album édité par Paquet. Love, Love, Love !

4 histoires. 4 histoires dont les personnages principaux sont l’amour et la recherche d’amour.
L’amour en fil rouge de l’album.

Sans un mot, sans une phrase, nous accompagnons des femmes et des hommes dans leur quête, avec l’espoir, la désillusion, la tristesse ou le courage.

Cette jeune femme, seule, qui remonte le ruban la liant à son amoureux.se, tout en affrontant de nombreuses difficultés (celles de la vie ?)

Cette jeune femme qui s’imagine une belle relation prenant des teintes de Comédies Sentimentales ou quand les sourires fantasmés laissent la place à la vraie tristesse et à la solitude…

C’est une chronique de Four in Love, sans préparation, que je vous livre à propos de ce superbe album que j’ai découvert par un total hasard (le hasard ??). Le petit format m’a interpellé, la couverture a attrapé mon attention et l’univers graphique a définitivement conquis mon cœur de bedephile!

Une superbe artiste, Crystal Kung, qui signe avec Four in Love son deuxième album et m’a déjà poussé à m’intéresser à sa première production!

Je crois que je tiens là mon deuxième coup de cœur de l’année !

  • Four in Love
  • Autrice : Crystal Kung
  • Editeur : Paquet
  • Prix : 20 €
  • Parution : 9 juin 2021
  • ISBN : 9782889321964

Résumé de l’éditeur : L’amour est invisible, Le fil rouge qui relie la monde. La force qui permet de dépasser le néant, l’anxiété et l’adversité.

Fang chasseuse de démons

Fang est une chasseuse. Sa spécialité : les démons. Sa quête permet de rendre la région où elle habite, la plus sûre possible. Joe Kelly et Niko Henrichon dévoilent ses premières aventures dans Fang la chasseuse de démons, un superbe récit fantastique édité par Les humanoïdes associés !

Ils sont partout, les démons!

Ils peuvent prendre l’apparence d’ être humain, menacer l’équilibre d’un village et semer la paranoïa, comme à StonefieldIroh, un modeste père de famille, est accusé d’en être un, de démon!! La foule est prête à le lyncher, l’accusant de tous les maux qui accablent le village. Le sort d’Iroh semble être scellé lorsque Fang, une renarde chasseuse de démons, entre en scène et prouve que la Bête n’est pas celle que l’on croit. Par son agilité, sa sagesse et sa détermination, Fang va libérer le village et rapidement partir.

Mais pas de temps pour le repos car Fang est sollicitée par une mère qui recherche désespérément son fils. Cette mission va mener la renarde dans une ville tenue par des ours en armes, semblant protéger un secret…

L’histoire de Fang la chasseuse de démons se déroule dans un univers médiéval et japonisant où les humains côtoient des animaux doués de parole et évoluant sur deux pattes. Une ambiance particulière, superbement appuyée par un dessin de toute beauté et une mise en couleurs impeccable. Niko Henrichon, dont j’ignorais l’existence et le talent avant cette lecture, fait une entrée fracassante dans mon palmarès personnel !

L’histoire, signée Joe Kelly, est parfaitement écrite, pas de temps morts, quelques pointes d’humour et nous laisse sur de nombreuses ouvertures. Elle nous donne aussi envie de vite en savoir plus sur l’histoire personnelle de cette petite héroïne si particulière!

Vous l’avez compris, cette rencontre avec Fang a été terrible!! Cet ouvrage m’a vraiment séduit jusqu’au coup de cœur !

  • Fang, chasseuse de démons, tome 1
  • Scénariste : Joe Kelly
  • Dessinateur : Niko Henrichon
  • Éditeur : Les Humanoïdes Associés
  • Prix : 14,50 €
  • Parution : 13 octobre 2021
  • ISBN : 9782731613599

Résumé de l’éditeur : Dans un monde où cohabitent humains et animaux doués de parole, Fang la renarde a fait de la chasse aux démons sa spécialité. Sous le dessin de Niko Henrichon magnifié par une mise en couleur directe à l’aquarelle, la chasseuse traque les esprits malfaisants au coeur d’un univers fantastique teinté de folklore chinois. Duels à mort, Seigneur des ténèbres, impertinence et poésie sont au menu de cette nouvelle série aux allures de conte initiatique, peuplée de personnages hauts en couleur.

Deux passantes dans la nuit – T2 – Anna

Suite de la nuit qui changera la vie de deux jeunes femmes, Arlette et Anna, que rien ne destinait à se croiser. Patrice Leconte, Jérôme Tonnerre et Alexandre Coutelis signent aux éditions Grand Angle le second tome de Deux passantes dans la nuit et racontent Paris sous l’Occupation à travers cette rencontre. Si Arlette a retrouvé son fiancé, Anna est toujours la recherche d’une solution pour se fournir de faux papiers d’identité après s’être fait confisquer les siens.

Anna : Fuir pour survivre

Anna est en recherche d’un moyen de se fournir de faux papiers d’identité. Son contact, Madame Gabrielle, habite un immeuble d’un quartier populaire et devrait lui indiquer où se les procurer. C’est finalement Arlette qui la rencontre, afin qu’Anna puisse rester discrète. Bien lui en a pris car la concierge de l’immeuble, elle, est loin d’être d’une discrétion à toute épreuve…

Dès le passage d’Arlette, coup de téléphone direct aux services de police. Ceux-là même qui ont failli arrêter les deux jeunes femmes plus tôt dans la nuit. Il faudra toute l’énergie et la capacité d’improvisation d’Anna pour leur éviter à toutes les deux de retomber dans leurs griffes, quitte à se mettre sous la protection des pensionnaires exotiques du Jardin des Plantes.

« Même après la nuit noire, le soleil finit par se lever »

Ce second tome évoque les faces sombres de la société française au temps de l’Occupation. Dénonciations, chantages, tortures ou meurtres, tout se trame dans la nuit. Mais aussi quelques lueurs d’espoir, telles ce repas chez les anciens employeurs d’Arlette, qui apportera à Anna le moyen de fuir Paris.

Mais Arlette se retrouvera bien malgré elle de nouveau arrêtée et emmenée vers une destination bien plus sordide que la prison qu’elle vient de quitter la veille. Ce n’est que quelques mois plus tard, à la fin de la guerre, qu’elle revient vers ce quartier des halles de Paris qui a marqué un tournant dans sa vie et qu’elle cherchera à retrouver Anna.

Il reste bien une lueur d’espoir dans le parcours de ces deux jeunes femmes. C’est sans doute ce qu’il faudra retenir de cette virée nocturne en commun. L’entraide est au rendez-vous, même si risque il y a , même si la mort n’est pas loin.

« L’important ce n’est pas de partir, mais de revenir »

Et, avec la fin de la guerre et le retour d’Arlette à Paris, la vie reprend, les couleurs reprennent leur place dans le dessin de Coutelys. Arlette retrouve Anna.

Plus noir que le premier tome, ce second volet de « Deux passantes dans la nuit » séduit par son rythme, l’espoir, l’amitié, la liberté qui s’en dégagent. Une belle lecture.

  • Deux passantes dans la nuit, tome 2/2 : Anna
  • Scénaristes : Patrice Leconte et Jérôme Tonnerre
  • Dessinateur : Alexandre Coutelis
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 16,90 €
  • Parution : 1er septembre 2021
  • ISBN : 9782818975480

Résumé de l’éditeur : Arlette sort de prison, heureuse d’être libre dans Paris occupé. Anna, magicienne, est flanquée à la porte du cabaret dans lequel elle se sentait à l’abri. Les chemins de ces deux femmes se croisent, le hasard sachant si bien organiser les rencontres inattendues. Autant Arlette est insouciante et légère, autant Anna semble se méfier de tout, comme si elle était traquée.
Elles sillonneront en une nuit Paris, la Ville Lumière sans lumières, à la recherche de ce qui pourra leur sauver la vie, deviendront amies par la force des choses, ne pourront éviter les contrôles d’identité, les silhouettes sombres, les menaces diverses, les désillusions, toutes ces choses qui obligent à fuir, encore et toujours, jusqu’au lever du jour.

 

Amélia Woods

Orpheline de mère, Amélia Woods possède un don particulier : celui d’avoir des flashs lorsqu’elle touche des gens. Carole Breteau et Morgane Lafille dévoilent Le manoir de Lady Heme, le premier volet de cette très jolie série fantastique jeunesse.

Depuis la mort de sa mère, la jeune Amélia est perturbée : le contact des gens lui est difficile et de curieux sentiments l’envahissent. Afin de trouver un peu de calme et pour compléter une étude qui la mènera à l’université, elle décide, malgré les doutes de son père, de s’exiler quelques temps près de St Mickael’s Bay, dans le manoir de Lady Heme.

Elle y fait rapidement connaissance de la propriétaire des lieux ainsi que de Georges Fish, un jeune résident.

Mais pendant la nuit, poursuivant un chat voleur, Amelia découvre une magnifique bibliothèque garnie d’ouvrages uniques, et fait la connaissance de Lord Charles, un jeune homme aux yeux verts, qui la met en garde contre Lady Heme et lui conseille de vite quitter le manoir….

L’Angleterre, fin du 19ème siècle, un manoir, des phénomènes non expliqués, une héroïne au fort caractère. Tout est présent  dans ce premier opus d’Amélia Woods, pour que je plonge dans la lecture de cette nouveauté!

Le dessin de couverture m’avait déjà tapé dans l’œil, avec cette jeune femme aux grands yeux, au fond de la mer parmi les algues. Intrigant.

Et très bonne surprise car le graphisme est le même une fois les pages tournées. Le dessin de Morgane Lafille est délicat et dynamique, les expressions et la gestuelle des personnages sonnent juste. La mise en couleurs est impeccable et bien soignée.

Le récit de Carole Breteau, de son côté, est très fluide. L’histoire évolue rapidement sans impression de manque. Les dialogues sont parfaits!!

Ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler plus sur l’histoire. Ici, on ne divulgache point, la découverte reste quasi totale ! Sachez que l’on va de surprise en surprise !!

Vous l’avez bien compris, j’ai pris grand plaisir à faire connaissance avec Amelia Woods et son univers particulier. Alors si vous aussi, appréciez les ambiances fantastiques, je vous donne rapidement rendez-vous au manoir de Lady Heme. Vous ne serez pas déçu !

  • Amélia Woods, tome 1 : Le manoir de Lady Heme
  • Scénariste : Carole Breteau
  • Dessinatrice : Morgane Lafille
  • Éditeur : Vents d’Ouest
  • Prix : 14,95 €
  • Parution : 22 septembre 2021
  • ISBN : 9782749309491

Résumé de l’éditeur : Une jeune femme en quête de sa magique vérité.Angleterre, veille du XXesiècle, un manoir isolé au coeur d’une baie de carte postale. Amélia, jeune femme férue de rationalisme est venue pour étudier les oiseaux, s’éloignant de Londres et de son père, universitaire trop protecteur. Depuis le décès de sa mère, elle ne peut toucher autrui sans être assaillie par des flashs, des bribes de futurs étrangers, des émotions qui ne lui appartiennent pas et dont les irruptions la déstabilisent de plus en plus. Le manoir de Lady Hème aurait dû être le lieu tranquille où poser ses valises, apaiser son deuil, pour renouer avec certitudes scientifiques et cartésianisme… À l’inverse, la bâtisse semble concentrer les étrangetés autant qu’exacerber le malaise d’Amélia… Chat voleur et fantasque, petit bouc opiniâtre, logeuse inquiétante, architecture capricieuse, et mystérieux inconnu surgissant à la nuit tombée vont bouleverser la réalité de la jeune femme… Bientôt, toutes ses certitudes seront balayées.Magie et suspense sont au coeur de ce diptyque pétillant. Un récit initiatique dans lequel une «jeune femmemoderne» remet en cause tout ce qu’elle croit savoir et éveille sa part spirituelle afin de trouver sa vérité, à l’âge où sentiments et secrets familiaux sont susceptibles d’encore tout bouleverser.

Billy Brouillard au pays des monstres

Le petit détective du bizarre, Billy Brouillard est énervé depuis qu’il a surpris une conversation de ses parents. La haine l’envahit. Guillaume Bianco dévoile Billy Brouillard au pays des monstres, encore un superbe nouvel opus de cette géniale série !

Après avoir terrassé un spectrodino, Billy revient chez lui, fier d’avoir réussi sa mission. Il entend alors une conversation entre ses parents, sur le point de se séparer. Chacun fait des reproches à l’autre, notamment sur l’éducation de leur fils.

« – Regarde ton ventre ! Il va finir par avoir le même !

– Mieux vaut un p’tit gros, qu’une lopette, car à force de trainer dans tes jupes, il est chétif et peureux ! »

Billy est énervé, pire, il renvoie sa sœur Jeanne dans sa chambre malgré sa demande d’aide à son grand frère : un monstre serait caché sous son lit.

Pris de remords, il consent à aller voir ce qui se passe. Trop tard : le monstre a enlevé la petite fille. Il demande alors à Célène, son amie la sorcière, de l’aider à retrouver Jeanne

La colère, la haine et le rejet sont au cœur de ce nouveau tome de Billy Brouillard. Comme à son habitude, Guillaume Bianco se sert de son petit détective du bizarre pour aborder des thématiques importantes pour les plus jeunes. Ici, la violente dispute de ses parents et leurs reproches vis-à-vis de l’éducation de leur fils entrainent des catastrophes et une aventure fantastique de tous les dangers.

Aveuglé par sa colère, Billy ne vient même pas en aide à sa petite sœur. Cette émotion décuple ses forces mais souvent d’une mauvaise manière.

On est toujours sous le charme de cette magnifique série, intelligente et drôle. Guillaume Bianco rivalise d’ingéniosité dans ses dessins. Comme l’album précédent, il invite les plus jeunes à utiliser la loupe à filtre rouge insérée dans le livre pour découvrir d’autres illustrations cachées dans ses belles planches.

  • Le détective du bizarre : Billy Brouillard au pays des monstres
  • Auteur : Guillaume Bianco
  • Coloristes : Cyrille Bertin et Barbara Canepa
  • Editeur : Soleil, collection Métamorphose
  • Prix : 17,95€
  • Parution : 03 novembre 2021
  • IBAN : 9782302095045

Résumé de l’éditeur : Un soir, Billy Brouillard surprend ses parents en pleine dispute. En cause, les défauts de leur fiston ! Plus tard, dans la nuit, Jeanne est enlevée par le monstre du placard. Billy franchit la porte du pays des monstres pour voler à son secours. Parviendra-t-il à vaincre ses doubles, et à dompter cette colère qui frémit en lui pour la retrouver ?… (Incluse la loupe de trouble-vue à filtre rouge.)

Bergères guerrières 4

C’est la fin de l’aventure Bergères guerrières ! Et on est à la fois triste et heureux de ce nouvel opus de Jonathan Garnier et Amélie Fléchais. C’est beau, c’est grand et c’est émotionnellement fort !

Il est des séries jeunesse que l’on suit avec délice ! Il est des séries jeunesse dont on attend le nouveau tome avec impatience ! Il est des auteurs et autrices jeunesse que l’on aime lire ! Bergères guerrières est tout cela et bien plus encore !

J’appréhendais depuis un an ce dernier volume ! Depuis qu’Amélie Fléchais et Jonathan Garnier avaient annoncé la fin de la saga, j’étais à la fois attiré – pour connaître le dénouement – et j’avais peur de lire car je savais que ce serait fini. Pire, je n’avais lu que quelques planches du PDF, trop angoissé à l’idée que cela puisse se terminer. J’attendais alors l’album, en version papier, pour goûter tout le sel des pages de la dessinatrice.

Je ne dévoilerai rien de l’intrigue pour ne pas gâcher le plaisir de lecture aux fans de la série. Juste que Jonathan Garnier a encore réussi à me bouleverser. Dans la même veine émotionnelle que Momo, on est stressé pour ses héros, on est en colère contre les obstacles sur leur route et on peut lâcher une larme quand ils sont en prise avec les absents ou les morts.

Le scénariste de Timo aborde – parfois frontalement – des sujets forts : la guerre, l’exil, les personnes innocentes qui se sacrifient pour protéger les leurs, les murs pour repousser les ennemis, la maladie qui se diffuse et qui tue lentement des innocents mais également les femmes, le féminisme, la sororité, la magie noire, l’amitié, l’amour, les retrouvailles mais aussi la perte d’êtres chers.

Ce dernier opus de Bergères guerrières, c’est un flot d’émotions, c’est un récit poignant, une saga à recommander à toute la famille.

Jonathan Garnier, lorsque je l’avais interviewé, rêvait secrètement de pouvoir imaginer des spins-off à sa série – notamment raconter l’histoire du grand frère de Liam – mais est-ce encore d’actualité ? Si oui, alors vivement que l’univers si riche et intelligent des Bergères guerrières puisse s’étoffer.

Bergères guerrières : Une des sagas jeunesse fantastique les plus qualitatives de ces dernières. Une série forte, intelligente, portée par un merveilleux dessin.

  • Bergères guerrières, tome 4/4 : L’abîme
  • Scénariste : Jonathan Garnier
  • Dessinatrice : Amélie Fléchais
  • Éditeur : Glénat, Tchô! la collec
  • Prix : 18,50 €
  • Parution : 17 novembre 2021
  • ISBN : 9782344042175

Résumé de l’éditeur : La fin du voyage. Molly, Liam et Sarah ont réussi miraculeusement à s’extirper du labyrinthe caverneux qu’ils empruntaient pour atteindre les terres mortes. Ils ont été secourus par des villageois éleveurs de chiens. Ils sont encore sous le choc de ce qui s’est passé en sortant de la grotte, un éboulement les a séparés de leurs compagnons de route et le sort de ces derniers est incertain. Tandis que les habitants du village envoient une expédition pour les secourir, les enfants ne peuvent faire qu’une chose : attendre et espérer… L’arrivée au village leur a permis une découverte inespérée. Liam a retrouvé Adam, son frère qu’il n’avait pas vu depuis 10 ans est bien vivant. Tant de questions à lui poser… Qu’est-il arrivé aux autres hommes ? Où en est la guerre ? Le père de Molly est-il encore vivant ? Pour obtenir des réponses à toutes ces questions, et trouver un remède au mal qui ronge Molly et Liam, le voyage se poursuit. Les blessures se font chaque jours plus profondes mais le groupe devra encore affronter moult péripéties pour atteindre les terribles terres mortes en restant soudé. Bergères Guerrières est de ces séries qui se bonifient d’album en album. Dans ce quatrième et dernier tome, Jonathan Garnier et Amélie Fléchais signent le point final d’une oeuvre éblouissante. Un objet graphique somptueux pour une épopée merveilleuse, magique et inoubliable peuplée de personnages incroyablement attachants.

 

Allons z’enfants tome 1 François et Josette (1870- 1918)

S’il existe bien des matières qui ne sont pas faciles à appréhender par les plus jeunes, l’Histoire  en fait effectivement bien partie.

Mais avec Allons z’enfants de Yan Le Gat (scénario) et Pierre Fouillet (dessin), publié chez Sarbacane, cette matière devient alors un véritable jeu d’enfants. Dans le premier tome (François et Josette) de cette série qui en comportera trois, c’est la période courant de 1870 à 1918 qui est abordée.

François naît en Bretagne en 1876 au sein d’une famille d’agriculteurs. Passionné par l’école et grâce à Jules Ferry qui l’a rendue obligatoire par des Lois de 1881 et 1882, le garçon veut continuer ses études et découvrir le monde.

L’option qui s’ouvre à lui, pour réaliser son rêve, est de s’engager dans un régiment d’infanterie de marine, à Brest. S’intéressant aux nouvelles technologies de l’époque, c’est par l’intermédiaire de la photographie et en tant que photographe de l’armée, qu’il va s’engager pour une mission en Afrique.

La Guerre de 1870, Fachoda en 1898, la Révolte des Boxeurs en Chine en 1901 et la Première Guerre mondiale, voilà les événements qui sont passés en revue et très bien expliqués dans le cahier documentaire situé en fin d’album.

Les auteurs abordent ces conflits sans langue de bois et surtout sans minimiser le rôle de la France colonialiste et va-t-en-guerre pendant cette période de la IIIe République. Ils ont fait le choix d’utiliser l’humour, ce qui ne manquera pas de plaire aux plus (et moins) jeunes.
D’ailleurs, je ne qualifierais pas cet album de lecture jeunesse mais plutôt de lecture tout public. Même si les auteurs ont choisi de s’adresser aux enfants, nombres d’adultes pourront y trouver leur compte afin de rafraîchir des mémoires parfois embuées.

Cette très intéressante initiative va se poursuivre dans un deuxième tome de 1918 à 1945 et dans un troisième et dernier tome de 1945 à 1963. Une façon très intelligente d’aborder les trois conflits auxquels la France prendra part, mais pas seulement, et qui auront rythmé cette période de presque cent ans.

N’hésitez surtout pas avec Allons z’enfants à vous replonger, seul.e. ou en compagnie de plus jeunes, de façon pédagogique et humoristique dans cette Histoire, dont certains repères nous font parfois cruellement défaut.

  • Allons z’enfants, tome 1 : François et Josette ( de 1870 à 1918)
  • Scénariste : Yan Le Gat
  • Dessinateur : Pierre Fouillet
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 13,90 €
  • Parution : 01 septembre 2021
  • ISBN : 9782377317042

Résumé de l’éditeur : Allons Z’enfants, est une nouvelle série jeunesse en trois tomes, qui raconte avec humour aux enfants le monde d’hier pour comprendre le monde d’aujourd’hui par… « le petit bout de la lorgnette ». L’album se divise en deux parties : une première grande partie sous la forme d’un récit et une deuxième partie, plus courte, sous la forme documentaire, vient préciser certains points historiques du récit. Tome 1 (sur 3) : François & Josette (de 1870 à 1918) : 1891. Depuis toujours, les Quélennec cultivent fièrement la terre et vivent aux rythmes des saisons dans leur cher Finistère. Joseph et Jeanne-Louise ne peuvent donc qu’espérer que leurs garçons, François et Yves, reprennent l’affaire familiale. Mais François, lui, ne rêve que d’une chose : parcourir le monde et ses trésors infinis qui s’ouvrent à lui à l’aube du XXe siècle. Alors, sans trop savoir dans quoi il s’embarque, il prend une décision qui va bouleverser son destin : s’engager dans la Coloniale. Dans son régiment, il découvrira Paris, l’Afrique de l’Ouest, les horreurs de la colonisation, les discours haineux et l’antisémitisme… mais aussi l’amour pour Josette et une vocation pour la photographie. Si l’histoire de François se termine sur les champs de bataille de la Grande Guerre, les aventures de Jean, son jeune fils, ne font que commencer…

Supers cycle 2, tome 1 : (r)évolutions

Voici le nouveau cycle de Supers, la sympathique série de Dawid et Frédéric Maupomé. Une nouvelle page qui s’ouvre sur des tensions, des questionnements et de l’action.

Dans le premier cycle de cette série qui comporte cinq tomes, on fait connaissance avec trois enfants, Benji le petit frère, Lili la sœur et Mat le grand frère. Ils ont des super-pouvoirs, viennent d’une autre planète mais ne savent pas où sont leurs parents. Afin de se fondre dans la population, ils s’efforcent de ne pas utiliser leurs pouvoirs. Mais parfois ils n’ont pas le choix, surtout quand la population est à la merci d’un pyromane en série. Malheureusement, ils se retrouvent vite pourchassés par la police scientifique qui cherche à s’accaparer leurs pouvoirs…

Après la fin du premier cycle qu’on n’avait pas vue venir, Frédéric Maupomé et Dawid débutent un nouveau cycle, où nos protagonistes ont cinq ans de plus. Les Supers vont devoir faire des choix pour leur avenir dans un pays qui cherche à contrôler les libertés individuelles et qui se bat sur tous les fronts. Est-ce que nos super-héros resteront unis et auront les même idées pour le futur ?

Faire évoluer les personnages en les plongeant à l’âge adulte et dans une société très politisée peut sembler très risqué. Mais les auteurs le font avec intelligence et cela donne plus de profondeur à leurs personnages qui grandissent comme leurs lecteurs. Comme nous, les Supers se posent des questions fassent à leur vie, leurs choix et ce qu’ils sont au plus profond d’eux. Cette période de la vie est, bien évidemment, un moment où on se questionne sur ce que l’on est et ce que l’on veut devenir… Côté graphisme, la transition est maîtrisée avec justesse. C’est toujours un très grand plaisir de retrouver le trait de Dawid.
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Le premier cycle était vraiment SUPER (elle est facile), mais j’avoue que le second m’intrigue plus et j’ai hâte de voir nos personnages et cette histoire évoluer. Un passage à l’âge adulte extrêmement bien réussi pour cette merveilleuse série.

  • Supers, cycle 2, tome 1 : (r)évolutions
  • Scénariste : Frédéric Maupomé
  • Dessinateur : Dawid
  • Éditeur : La Gouttière
  • Prix : 18€
  • Parution : 29 octobre 2019
  • ISBN : 9782357960411

Résumé de l’éditeur : Cinq années se sont écoulées, les Supers ont grandi. En dépit de leur plus grande expérience et de leur maturité nouvelle, ils continuent à faire face à leurs incertitudes et tentent de se construire en tant qu’individus dans une société en proie aux conflits et à la remise en question des choix gouvernementaux. Chacun de leur côté, ils se forgent une opinion propre et font de leur mieux pour agir selon leurs valeurs.