Zaza Bizar

Avec une infinie bienveillance, de la justesse et de l’amour, Nadia Nakhlé dévoile Zaza Bizar, une merveilleuse bande dessinée sur une petite fille atteinte de dys. Un album original et bouleversant !

Élisa est une jeune fille comme les autres, enfin presque. Elle ne parle pas car, dès qu’elle ouvre la bouche, les mots qu’elle prononce sont incompréhensibles par les autres. Elle ne le fait pas exprès et pourtant tout le monde se moque d’elle, les enfants et les plus grands. Seule, elle est dans son monde, là où elle peut rêver sans qu’on l’embête. Un lieu où ses troubles du langage ne sont plus un problème. Zaza Bizar n’est pas la seule enfant un peu « spacial », Téo lui aussi est conspué par les autres. Ensemble ils se sont promis de toujours être là l’un pour l’autre.
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Lorsque que j’ai vu que Zaza Bizar était le nouveau roman graphique de Nadia Nakhlé, j’avais énormément d’attentes car j’avais placé Les oiseaux ne se retournent pas tout en haut de mon classement en 2020. Tout d’abord une lecture de Nadia c’est un univers. Ne cherchez pas un découpage standard. L’autrice, et c’est une très grande force selon moi, a un style bien à elle. Son dessin sensible est empli d’onirisme et d’humanité. C’est beau, très beau. Dans Zaza, l’enfance est encore au cœur des préoccupation de l’autrice qui aborde surtout les différences et en particularité les troubles du langage.

Comment fait-elle ? Comme fait Nadia Nakhlé pour mettre autant d’humanité, de simplicité et de douceur tout en abordant des thèmes durs et même parfois cruels ? Alors oui je me suis pris une nouvelle claque par tant de générosité et d’amour dans sa façon de compter ce récit.

  • Zaza Bizar
  • Autrice : Nadia Nakhlé
  • Editeur : Delcourt
  • Parution : 08 septembre 2021
  • Prix : 19,99 €
  • ISBN : 9782413027652
Résumé de l’éditeur : Élisa, surnommée Zaza Bizar par les enfants de son école, souffre de troubles du langage. Roman graphique poétique sur le thème de la différence, cet album décrit le paradoxe d’une parole empêchée et d’un langage libéré. Élisa, 8 ans, surnommée Zaza Bizar par ses camarades de classe, souffre de troubles du langage. Loin des railleries des « enfants moqueurs », Élisa trouve refuge auprès de son journal intime, auquel elle confie ses révoltes et ses rêves. Au fil des pages, l’enfant apprend à surmonter ses peurs et se construit un monde imaginaire dans lequel sa singularité a toute sa place.

Comme une comète

Rarement abordé en bande dessinée, la dépression postpartum l’est enfin par l’entremise d’Aurélie Crop. Comme une comète, un très bel album édité par La boîte à bulles.

Amandine et Samuel vont bientôt avoir un petit garçon qu’ils attendent avec impatience. Mais après l’accouchement rien ne se passe comme prévu. Amandine vit très mal son postpartum, elle souffre, elle n’arrive pas à trouver des points positifs à ce qui devrait pour être les plus beaux jours de sa vie. L’allaitement est extrêmement douloureux… Elle n’en peut plus… Alors que la situation s’améliore, qu’elle se sent mieux plus sereine, le couperet tombe, Max est albinos… Il va falloir alors vivre avec ce handicap…

Aurélie Crop, sans filtre mais avec pudeur, nous parle dans une première partie de la dépression postpartum, comme un guide, que nous parents aurions aimé posséder, avant d’avoir des enfants. Dans la seconde partie elle nous guide, là encore, pour que nous comprenions mieux ce qu’est l’albinisme et ses conséquences. Une palette de six couleurs claires et très douces contrebalancent les moments qui sont parfois bien difficiles à vivre. Ne nous y trompons pas, l’autrice ne s’apitoie pas sur son sort, elle nous livre juste sa vie et son amour pour Max.

Écrire pour aider, pour accompagner, pour que d’autres puissent mieux comprendre et surtout mieux appréhender certaines difficultés. Aurélie Crop nous offre Comme une comète, un livre fort, sensible, dense et terriblement humain. Un grand merci pour cette lecture à cœur ouvert.

  • Comme une comète
  • Autrice : Aurélie Crop
  • Editeur : La Boîte à Bulles
  • Prix : 27 €
  • Parution : 20 octobre 2021
  • ISBN : 9782849534069

Résumé de l’éditeur : Amandine est graphiste, et dans sa vie professionnelle comme privée, tout doit être parfait. Entre le boulot et l’écriture d’un roman, elle n’a pas le temps de se préparer à l’arrivée de son futur enfant. D’ailleurs, elle n’a qu’une hâte : que sa grossesse vienne à son terme ! Quand la délivrance arrive enfin, Amandine se retrouve vite désemparée. « Une comète s’est écrasée sur ma vie ». Elle vit très mal son postpartum, peinant à trouver sa place, ses repères et culpabilisant de cet état de fait… Et puis, alors que les choses semblent s’apaiser, le verdict tombe : Max, son fils, est atteint d’albinisme. C’est un choc pour la jeune mère, qui voit ses rêves d’avenir chamboulés. Forcée de repenser sa vision de la vie, Amandine devra faire preuve de courage, de résilience et d’inventivité pour élever Max et lui faire découvrir le monde qui l’entoure. Petit à petit, mère et fils apprendront à vivre avec ce handicap. Au travers de ce roman (autobio)graphique riche en émotions et d’une grande délicatesse, Aurélie Crop a voulu partager son expérience pour avertir les futurs mamans des moments difficiles voire violents, des moments de solitude et de honte qu’elles pourraient traverser pour devenir mère.

Lucja

Lucja. En Pologne, dans un XVe siècle uchronique, des chevaliers s’affrontent lors de compétitions, armés de leur armure à vapeur. Coji Inada raconte une histoire de guerrière dans un monde d’homme, de steampunk à une ère médiévale qui n’a de médiévale que le titre. 

Lucja Jadwiga est une chevalière qui se bat à la seule force de ses poings. Ses bras sont deux prothèses vieillottes dont elle est très fière. Grâce à elles, elle se fait un nom dans les arènes des combats de chevalier en armure à vapeur. Lucja aux poings d’acier. Mais, les combats sont violents, ses bras mécaniques sont usés et peu d’ingénieurs savent les réparer. Lors d’un combat contre le puissant Lord Tomasz, son bras droit est arraché. Sans réparation, elle peut dire adieu à la seule chose qui lui donne une raison de vivre : le combat.

Accompagnée par Wojciech,  dont on ne connait pas bien le titre ni le rôle, elle rencontre Lucy, une ingénieure de talent qui après quelques péripéties, accepte de réparer ses bras aussi vieux que la technologie steampunk.

Le manga Lucja est le combat de deux femmes puissantes dans un monde d’homme. La baston et l’ingénierie. Entourée de mystère, la technologie steampunk a complétement transformé la Pologne. On y croise des chevaliers en armure volante, des animaux mécaniques, des camions-atelier mobile et bien d’autres bizarreries qui n’ont rien à faire au XVème siècle.

Lucja raconte une histoire de justice et de barbarie, de folie humaine et d’amitié.

Porté par un scénario un peu fragile, ce manga contient cependant une multitude de petits plaisirs satisfaisants à lire : à commencer par des mystères, des combats et des Nanas supers fortes et bornées comme jamais.

Le dessin de Coji Inada est facile à suivre, des combats dynamiques, des personnages expressifs. Lucja est édité par Vega Dupuis. C’est une lecture sympa à l’univers riche en rebondissement.

  • Lucja, a story of steam and steel
  • Mangaka : Coji Inada
  • Editeur : Vega
  • Prix : 8€
  • Parution : 3 septembre 2021
  • IBAN : 9782379501401

Résumé de l’éditeur : Dans une Pologne fantasmée où la machinerie Steampunk actionne des armures spéciales, un grand tournoi de combats est organisé chaque année. Se présente alors une jeune femme aux bras mécaniques qui va devoir passer toutes les étapes pour devenir la Knight King.

Antonio

Voici un très bel hommage que Michèle Standjofski a voulu rendre à son grand-père Antonio. Et même si certains souvenirs ne sont pas très sûrs ou ont été enjolivés, l’histoire de ce napolitain né en 1894 se déroule bien là sous nos yeux.

D’ordinaire, je ne parle que très rarement des dessins en début d’écrit, mais là, il fallait souligner l’importance qui a été accordée aux couleurs.

Tous les dessins ont été réalisés par l’autrice au crayon à papier et les touches de couleurs apportées changent en fonction de l’endroit où se situe Antonio.

Le garnement qui déambulait enfant dans les rues de Naples, matérialisée par la couleur jaune, est parti en 1911 travailler avec son père à Constantinople. L’ancienne Byzance et de l’actuelle Istanbul sont elles rehaussées de jaune et de bleu. Mais une fois adulte en 1922, Antonio va s’installer au Pirée, le port d’Athènes où le bleu va s’installer dans les dessins.

Le périple d’Antonio, une fois marié, ne s’arrête pas là, puisque c’est à Beyrouth qu’il s’installe en 1928 avec femme et enfants. La Suisse du Moyen-Orient se pare alors de bleu et de orange. Et quand en 1935, Antonio est mobilisé en Abyssinie (l’actuelle Éthiopie), le Duce ayant décidé d’envahir l’Empire de Haïlé Sélassié Ier, c’est le marron qui fait son apparition. Antonio continuera ensuite ses pérégrinations en bleu et jaune puis en bleu et orange.

Mais comment Michèle Standjofski (Toutes les mers) a-t-elle pu condenser en 254 pages la vie ou plutôt les vies de son bisaïeul ? Le parcours d’Antonio est tout bonnement ahurissant à une époque où les moyens de communication n’étaient pas ce qu’ils sont actuellement. De plus, cette première moitié du 20e siècle est, dans ces régions, balayée par les conflits, guerre italo-grecque, guerre gréco-turque, guerre d’Abyssinie, les deux conflits mondiaux…

Cet album est un véritable livre d’Histoire et d’histoires, tout ce que j’aime dans la bande dessinée. Une lecture passionnante pour une vie incroyable.

  • Antonio
  • Autrice : Michèle Standjofski
  • Editeur : Des ronds dans l’o
  • Prix : 26€
  • Parution : 08 septembre 2021
  • ISBN : 9782374181127

Résumé de l’éditeur : Né à Naples en 1894, Antonio Caffiero a très tôt manifesté un goût marqué pour les histoires qu’elles soient réelles ou imaginaires. Ses aventures, Antonio les vit ou les imagine sur fond de plusieurs conflits – guerre italo – grecque, 1ère guerre mondiale, guerre gréco – turque, démembrement de l’empire ottoman, guerre d’Abyssinie, Deuxième Guerre mondiale – qu’il traverse avec un détachement qui s’accentue au fil des années. Rythmé par une voix off qui n’est autre que celle de son arrière-petite-fille, l’autrice Michèle Standjofski, le récit prend toute son ampleur grâce au graphisme réalisé aux crayons de couleur.

Amore

Zidrou et l’amour, c’est une merveille ! Le scénariste et le dessinateur mettent en image Amore, une très belle histoire d’amour éditée par Delcourt.

« L’amour L’amour c’est plus d’une fois
Un panier vide au bras
L’arc-en-ciel sur deux cœurs

L’amour, l’amour
L’amour c’est quand tu m’aimes
L’amour c’est quand je t’aime
Sans te le dire
Sans me le dire » de Mouloudji

Comment résumer une bande dessinée qui de suite vous attire avec ce titre Amore et cette image de l’amour à l’italienne, un couple qui s’embrasse sous la pluie… Quel romantisme !!! Alors j’ai décidé de mettre les paroles de cette chanson qui me semble totalement adaptée et que vous connaissez probablement tous. Amore c’est un prologue, un épilogue et 7 histoires. Les auteurs nous plongent dans l’amour dans tous ses états… La séduction, l’amour passion, l’amour qui se termine mal, l’amour qui traverse les épreuves, l’amour qui traverse le temps, l’amour toujours… Côté graphisme, on retrouve le charme à l’italienne de David Merveille qui vient se calquer avec une très grande justesse sur toutes ces histoires. Un grand bravo car ce sont bien 7 histoires et le style reste similaire tout en apportant une sensibilité différente.

L’amour ce n’est pas juste un JE T’AIME, c’est aussi, un silence, un regard, un souffle, un contact, une histoire, une mémoire, un rêve, un pardon… Un grand merci pour cet « Amore »

  • Amore
  • Scénariste : Zidrou
  • Dessinateur : David Merveille
  • Editeur : Delcourt
  • Parution : 19 septembre 2021
  • Prix : 19,99€
  • ISBN : 9782413011224

Résumé de l’éditeur : Séduction, tentation, passion, séparation… réchauffés par le soleil de l’Italie, Zidrou et David Merveille composent une superbe symphonie amoureuse en 9 mouvements. On ne présente plus Zidrou, il a ce pouvoir, rare, de provoquer des émotions, de remuer vos sentiments… Avec Amore, il a cousu sur mesure pour son dessinateur épris de culture italienne, une de ses plus belles oeuvres. Qu’elles finissent mal, qu’elles finissent bien, impossible de rester de marbre devant ces histoires d’amour portées par l’immense talent pictural de David Merveille.

La falaise

La falaise, c’est une histoire douloureuse sur le harcèlement, la différence et l’exclusion. C’est album fort de Manon Debaye est édité par Sarbacane.

Astrid est blonde aux cheveux longs. Elle est douce, elle vit dans une famille « modèle », elle est la chouchoute des profs et la souffre-douleur d’un groupe d’élèves.

Charlie est brune aux cheveux courts. Elle est bagarreuse, elle vit dans une famille qui dysfonctionne totalement, elle fait partie du groupe d’élèves qui n’hésitent pas à se battre contre d’autres élèves.
Elles sont totalement différentes mais pourtant, chaque après-midi, elles se retrouvent près de la falaise.
Ensemble, elles vont faire un pacte… Avant les 13 ans de Charlie, elles se suicideront main dans la main…

Manon Debaye a choisi de conter une histoire très contemporaine en prenant comme base la différence, l’exclusion, les conflits familiaux et le harcèlement scolaire qui poussent certains jeunes à commettre l’irréparable. C’est fort, intense et rythmé. Le dessin tout en crayon de couleur est impressionnant de vérité.

Bousculée, au bord du précipice, l’autrice nous livre La falaise qui ne peut pas laisser insensible. Elle nous envoie en pleine face le mal-être de nos adolescents pour mieux nous faire réfléchir et c’est merveilleusement bien traité. Une lecture que je ne suis pas près d’oublier.

  • La falaise
  • Autrice : Manon Debaye
  • Editeur : Sarbacane
  • Prix : 25 €
  • Parution : 01 septembre 2021
  • ISBN : 9782377317035

Résumé de l’éditeur : Deux filles, un serment… L’une est aussi blonde, douce et rêveuse, que l’autre est brune, violente et en colère. La famille de l’une est aussi riche et équilibrée, que la famille de l’autre est brisée et dysfonctionnelle. Au collège, quand l’une est plongée corps et âme dans ses lectures ou dans l’écriture d’histoires merveilleuses, l’autre harcèle, insulte et frappe avec la Bande qui l’accepte car elle n’est pas une « vraie fille ». Tout les oppose. Tout sauf la falaise où elles se retrouvent chaque jour en cachette et le serment de sang qu’elles y ont fait de ne pas survivre à leurs 13 ans. Vendredi, avant midi, Astrid et Charlie sauteront-elles dans le vide ou sauront-elles faire face à leurs sentiments et sauter le pas qui les sépare ?

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette, vous connaissez, c’est une histoire d’amour tragique. Grâce à Lorenzo Mattotti, vous allez la découvrir sous un nouveau jour. Merveilleux ! Un album Martin de Halleux.

Roméo, un Montaigu, aime Juliette une Capulet. Ces deux familles se déchirent et s’entretuent au cœur de Vérone. Alors comment dans ces conditions l’amour peut vivre ? Lorenzo Mattotti, nous livre sa version de la seule et unique nuit que ces deux amoureux ont passée ensemble.

À travers un carnet de 54 croquis, l’auteur nous parle d’Amour.

Ses dessins sont réalisés au crayon, en épurant au maximum pour ne garder que l’essentiel, les mouvements, les sentiments, les doutes, la sensualité, la peur, les sourires et surtout l’AMOUR. Mais pourquoi alors ne pas avoir fait une histoire dans l’histoire ? Peut-être parce que l’Amour n’a pas toujours besoin de mise en scène, pas besoin de mots et qu’il s’exprime d’une manière unique à travers les gestes, les souffles, les regards et la sensualité du cœur qui bat sous votre oreille.

Avec ces 54 croquis de Roméo et Juliette, Lorenzo Mattotti nous entraîne dans cet amour, avec une simplicité et une beauté sans artefacts. L’amour tout simplement …

  • Roméo et Juliette
  • Auteur : Lorenzo Mattotti
  • Editeur : Martin de Halleux
  • Parution : 01 octobre 202&
  • Prix : 19€
  • ISBN : 9782490393237

Résumé de l’éditeur : Lorenzo Mattotti dessine le moment indicible, dans la tragédie de William Shakespeare, où les deux amants vont passer leur seule et unique nuit ensemble.

 

Saint-Elme tome 1

Oh que voilà un début de polar excitant ! Saint-Elme, c’est une histoire de Frederik Peeters et Serge Lehman.

Un nuit, « quelque part dans les Alpes », des hommes dans une camionnette qui roule sur une grenouille, un chien qui aboie, une jeune fille mystérieuse, un carnage… Saint-Elme, toujours beaucoup de grenouilles, Franck un célèbre détective arrive sur place pour rechercher un homme. Dans la soirée, une vache est acquittée par la population avant de prendre feu. Une famille règne en maître sur la vallée…

Voilà le point de départ de Saint-Elme cette série policière bizarre et noire de Serge Lehman et Frederik Peeters. Les auteurs de L’Homme gribouillé nous livrent dans ce premier tome sur quatre prévus, les bases d’une intrigue qui promet de nous surprendre. Un scénario haletant et des couleurs qui viennent vous percuter. On y retrouve la patte de Frederik Peeters que j’aime tellement.

Je vous en dirais pas plus, mais c’est une tuerie… Avec ce duo d’auteur je ne pouvais qu’aimer (vous me connaissez, j’ai un très grand faible pour Frederik Peeters). Alors courez, mais faites attention, avec toutes ces grenouilles, le sol est glissant…

  • Saint-Elme, tome 1 : La vache brûlée
  • Scénariste : Serge Lehman
  • Dessinateur : Frederik Peeters
  • Éditeur : Delcourt
  • Parution : 13 octobre 2021
  • Prix : 16,95€
  • ISBN : 9782413030171

Résumé de l’album : Le détective Franck Sangaré, accompagné de son assistante, l’étrange madame Dombre, débarquent à Saint-Elme, une petite ville de montagne réputée pour son eau de source. Ils sont sur les traces d’un fugueur disparu depuis trois mois : enquête apparemment facile. Sauf qu’à Saint-Elme, tout le monde vous le dira : « Ici, c’est spécial. »

Le dernier Atlas

Voici déjà le troisième opus de la belle saga Le dernier Atlas de Vehlmann, De Bonneval, Tanquerelle et Blanchard. Encore un tome de folie !

Alors qu’à la fin du tome 2, la disparition de l’Umo est venue surprendre tout le monde, le tome 3 vient lui résoudre l’équation de cette fabuleuse histoire de 720 pages. On retrouve tous nos personnages en France alors que la situation sociale et politique est devenue extrêmement instable. Et c’est là, que l’Umo décide de réapparaître. D’où vient-il ? Que veut-il ? Est-ce un danger pour l’humanité ? Est-ce un signe de Dieu ? …

Uchronie, polar, science fiction, docu-fiction, Le Dernier Atlas navigue à vue entre tous ces thèmes et nous pousse à réfléchir. Le troisième tome nous bouscule et il est bien difficile de prévoir la fin avant les 3/4 de cet album, preuve que les auteurs ont su ménager le suspens. Cette histoire est baignée dans l’Histoire telle qu’elle aurait pu être et ça lui donne encore plus de profondeur.

Trois tomes en trois ans, et pourtant chaque tome est dense et intense. Les quatre auteurs ont fait un travail de dingue pour nous livrer un récit qui aborde les grandes dérives de notre société tout en les plongeant dans une réalité alternative. Du grand art.

  • Le dernier Atlas, tome 3/3
  • Scénaristes : Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann
  • Dessinateur : Hervé Tanquerelle
  • Design : Fred Blanchard
  • Coloriste : Laurence Croix
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 03 septembre 2021
  • Prix : 26€
  • ISBN : 9791034737932

Résumé de l’éditeur : Alors que la France se remet difficilement d’une catastrophe nucléaire, la mystérieuse créature appelée Umo fait son retour, cette fois en France. Après l’avoir combattue en Algérie, l’équipage du George Sand, le dernier Atlas, se prépare donc à une nouvelle confrontation, cette fois sans Tayeb… Le vrai combat ne se situe-t-il toutefois pas ailleurs ? Par exemple dans notre capacité à écouter le message des « Enfants-Umo », nés un peu partout dans le monde ? Car de quoi l’étrange Umo est-il l’incarnation ?

Les grands chemins

Pensionnaires d’un orphelinat, Mauro et Jean aiment jouer les bandits sur Les grands chemins. Marie-Christophe Ruati-Arn et Romain Tazsek racontent leurs aventures dans ce très joli album jeunesse édité par La joie de lire.

Jeunes adolescents orphelins, Jean et Mauro ont l’habitude de sortir de leur institut, non pour se promener, mais pour voler. Maison, carrosse ou château, rien ne leur résiste. Mais un jour, la mère supérieure leur annonce que leur orphelinat est sous la menace d’une fermeture. Les loyers au propriétaire ne sont pas donnés dans les temps…

Faites de grands aplats de couleurs, les planches de Romain Tazsek sont colorées et très modernes. Le diplômé des Arts décoratifs de Paris réalise des pages d’une grande lisibilité, idéales pour les plus jeunes lecteurs. On est subjugué par ses verts, jaunes et rouges.

Quant à l’histoire, on aime à suivre ces deux garnements, rejoints par Phil, dans leurs méfaits. Il y a de l’aventure, de l’action et de l’humour dans l’intrigue imaginée par Marie-Christophe Ruata-Arn. Le duo est bien plus humain et à bien plus de cœur que ne le laissent entendre leurs vols.

  • Les grands chemins
  • Scénariste : Marie-Christophe Ruata-Arn
  • Dessinateur : Romain Tazsek
  • Éditeur : La joie de lire, collection Somnambule
  • Prix : 17,90 €
  • Parution : 14 octobre 2021
  • ISBN : 9782889085590

Résumé de l’éditeur : Quel ennui serait une vie sans aventures ! Et ce ne sont pas Mauro et Jean qui diraient le contraire. Pour tromper le morne quotidien de l’orphelinat, ils mènent une double vie : bandits de grands chemins. Mais les choses se passent rarement comme ils l’espèrent. Le vol de ce qu’ils croient initialement être un trésor les entraînent dans une suite de péripéties improbables… jusqu’à une chute inattendue et jubilatoire !

L’humour est l’une des forces de cette bande dessinée qui joue sur le comique de situation et les dialogues des personnages. La narration enjouée et efficace de Marie-Christophe Ruata-Arn compose à merveille avec la vivacité et la naïveté étudiée des images de Romain Taszek.

Anders et le château

Explorer un château quasi abandonné, telle est la nouvelle aventure d’Anders et ses amis. Gregory Mckay imagine leur périple dans Anders et le château, un très joli album jeunesse chez The Hoochie Coochie.

Après Anders et la comète et Anders et le volcan, le petit écureuil est de retour dans Anders et le château et c’est toujours autant agréable de suivre ses aventures. Avec Skip son animal ailé qui lui permet de voler, il décide d’aller visiter une bâtisse abandonnée à Rochevieille.

Bernie et Veronica sont de la partie pour découvrir les secrets de ce château. Surtout que dans le même temps, les trois compères construisent une cabane, digne d’une forteresse…

Dans ce nouvel récit signé Gregory Mackay, l’entraide et l’amitié sont toujours de mise. L’auteur aborde aussi d’autres sujets, notamment la vanité à travers Maksen, le nouveau personnage mais aussi les relations adultes/enfants. Sur ce point, les parents, présents dans les opus précédents, le sont moins ici. En effet, ils laissent plus de liberté aux petits héros et donc une certaine autonomie.

En sélection jeunesse à Angoulême et lauréate du First Gold Ledger Award 2020 en Australie, la série Anders est un univers riche et intelligent. Pour ne pas prendre les jeunes lecteurs pour des idiots !

  • Anders et le château
  • Auteur : Gregory Mackay
  • Editeur : The Hoochie Coochie
  • Prix : 18€
  • Parution : 22 octobre 2021
  • IBAN: 9782916049830

Résumé de l’éditeur : C’est l’automne à Chiffonville… Tandis que les parents profitent des dernières journées ensoleillées pour s’amuser, Anders et ses amis se lancent dans une nouvelle aventure qui les mènera des rayons de la Grande Bibliothèque jusqu’au-delà de la Forêt des Brumes, au château de Rochevieille depuis longtemps oublié. Intrépides, solidaires, organisés et ingénieux, la petite bande aura bien besoin des qualités de chacun pour relever les défis qui se proposeront à eux. Car comme l’apprendra Maksen, le nouveau venu, c’est finalement dans l’adversité que se révèlent le caractère des individus et la force du collectif. Après Anders et La Comète et Anders et le Volcan (sélections jeunesse du Festival d’Angoulême en 2017 et 2019), Anders et le Château est le troisième volume des aventures du jeune écureuil imaginé par l’auteur australien Gregory Mackay. Ce tome présente une réelle rupture dans la série ? : les enfants ont grandi et acquis de la maturité, et la présence parentale est désormais un écho lointain et bienveillant. Ainsi il est temps pour Anders et sa bande de faire profiter de leurs acquis à leur benjamine Whinney -? la cousine de Bernie ? – et au nouveau, Maksen. Premier livre arborant les couleurs originales de l’auteur (ici, de superbes aquarelles aux teintes automnales), The Hoochie Coochie a voulu marquer cette étape en proposant un écrin renouvelé et façonné avec un soin d’orfèvre ? : reliure bodonienne sérigraphiée et couverture cartonnée embossée et coupée au format. Un objet délicieusement abouti pour un livre dont les qualités ont d’ores et déjà été récompensées du First Gold Ledger Award 2020, la plus haute distinction décernée à une bande dessinée en Australie.

Coming In

Coming In. Accepter ce que l’on est afin que les autres vous acceptent tel.le.s que vous êtes, voilà qui ressemble très souvent à un long parcours semé d’embûches. Certaines différences sont mieux tolérées par la société que d’autres. En matière de sexualité, reconnaissons-le, nous vivons dans un monde hétéronormé. Certain.e.s se chargent régulièrement de nous le rappeler haut et fort.

Alors comment faire quand on se sent autre, pour vivre pleinement sa vie amoureuse ? Cette question, Élodie se l’est posée trop longtemps. Qui est-elle ? Son idéal de vie est pourtant celui de la famille dite traditionnelle avec des enfants. Mais comment se fait-il, malgré sa volonté de ressembler à son rêve, qu’elle soit si mal dans son corps et dans sa tête quand elle est avec un homme ?

C’est donc tout un cheminement, qu’Élodie Font avait décrit précédemment dans son podcast Coming In (disponible sur ARTE radio), qui nous est présenté graphiquement dans cet album éponyme dessiné par Carole Maurel. Mais au fait pourquoi Coming In ? Parce qu’avant de dévoiler son homosexualité aux autres, via son coming out, ne faut-il pas d’abord se la dévoiler à soi-même et surtout s’accepter ainsi.

Je n’irais pas par quatre chemins, j’ai été chamboulée par ce récit. Ayant pu rencontrer les autrices, ayant pu les écouter et surtout entendre, ce qu’Élodie voulait nous dire, je n’ai pas ouvert cet album comme j’ai l’habitude de le faire. J’ai débuté ma lecture avec Élodie présente à mes côtés. Elle me racontait son parcours. Ses mots se transformaient en une voix, la sienne. Les dessins de Carole Maurel (Ecumes, En attendant Bojangles, Collaboration horizontale, Jeannot) empreints de tant de douceur et de tendresse, ne pouvaient que s’animer devant mes yeux ébahis et embués par la page 80. Comment ne pas être touchée et émue par une telle déclaration d’amour ?

Cet album, c’est la vie. Celle d’une femme et de sa différence. Il nous est destiné, nous qui avons tous une différence quelque part, même si elle n’est pas d’ordre sexuel. Apprenons enfin à nous accepter pour ce que nous sommes, et surtout pas, pour ce que nous aimerions être, puisque ce n’est pas nous.

Merci Élodie et Carole pour cette lecture, merci pour ce coup de ????.

  • Coming In
  • Scénariste : Elodie Font
  • Dessinatrice : Carole Maurel
  • Editeur : Payot Graphic
  • Prix : 19 €
  • Parution : 29 septembre 2021
  • ISBN : 9782228929097

Résumé de l’éditeur : Le récit bouleversant et drôle de l’acceptation de son homosexualité par une jeune fille, de ses 15 ans à ses 30 ans, sous la forme d’un roman graphique poétique et sensible. «« Quand on évoque l’homosexualité, on pense souvent au « coming out », ce moment où l’on s’ouvre à nos proches de notre différence. Dans mon cas, le plus difficile a été de me le dire à moi-même, de faire le deuil de tout ce que j’avais projeté, de faire le deuil de mon hétérosexualité. »«D’oser, enfin, être celle que j’étais depuis toujours. De faire mon « coming in ». »» «Coming in» raconte une quête d’identité impérieuse, vitale : le déni de soi d’abord, la souffrance infinie qui en découle, jusqu’à la libération et la jouissance d’être soi-même, quand le moi social et le moi intime s’alignent, enfin.