Quelqu’un à qui parler

Et si un adulte pouvait parler avec lui-même lorsqu’il était plus petit ? C’est le postulat du formidable album Quelqu’un à qui parler de Grégory Panaccione. Un coup de cœur de la rédaction !

Samuel fête ses 35 ans, seul face à son gâteau d’anniversaire… Comme chaque année, il boit et téléphone à son ex qu’il n’a pas vue depuis 8 ans et se fait rembarrer. Pour compléter ce tableau pas très heureux, il noie son portable dans le champagne. Il ne lui reste plus que le téléphone fixe, mais qui appeler ? Le seul numéro qu’il connaît par cœur, c’est celui de la maison de son enfance. Il appelle, un garçon décroche, c’est lui… à 10 ans !

Ce Samuel jeune est plein de rêves et d’espoirs sur son avenir…
Mais à 35 ans, qu’a-t-il fait de sa vie ? Peut-il encore rectifier le tir ?

Et vous, que diriez-vous à l’enfant que vous étiez ?

« Et toi Marco qui ambitionnait simplement
D’être heureux dans la vie
As-tu réussi ton pari ?  » – Patrick Bruel

Qui de mieux que Grégory Panaccione (Un océan d’amour, Chronosquad) pour adapter Quelqu’un à qui parler, le roman de Cyril Massarotto ? Cet auteur a le don pour faire passer les expressions et les sentiments à travers son trait. Et une fois de plus c’est une grande réussite. Comme à chaque lecture, il réussit à me charmer de bout en bout.

Alors oui, vous l’avez compris, je suis tombé amoureux de ce récit qui nous fait réfléchir sur nos rêves, nos envies, nos espoirs et nos désirs. C’est un immense coup de cœur. N’hésitez surtout pas à téléphoner à l’enfant qui est en vous.

  • Quelqu’un à qui parler
  • Auteur : Grégory Panaccione, d’après le roman de Cyril Massarotto
  • Editeur : Le Lombard
  • Prix : 22,50 €
  • Parution : 27 août 2021
  • ISBN : 9782808203500

Résumé de l’éditeur : Samuel broie du noir. Et il y a de quoi ! Il est célibataire, vit dans un petit appartement sous un toit de Paris et se morfond dans un travail qui ne le passionne pas… Seul chez lui le soir de son anniversaire, Samuel s’amuse à appeler le seul numéro qu’il connait par coeur, celui de sa maison d’enfance. À sa grande surprise, quelqu’un décroche : lui-même. Le petit Samuel, 10 ans, qui rêve d’être footballeur, de voyager et d’écrire des romans pour impressionner les filles… Comment garder la tête haute quand on doit avouer à l’enfant qu’on était qu’on n’a réalisé aucun de ses rêves ? Il est temps pour Samuel de reprendre sa vie en main…

Kowloon Generic Romance T2

Kowlon Generic Romance 2. Dans le quartier labyrinthe de Kowloon, une agent immobilière ne se souvient pas être tombé amoureuse de son collègue. Pourtant, tandis que sa mémoire la fuit, la même histoire se reproduit. La cité nous envoûte. C’est une bien étrange atmosphère pour l’amour.

Jun Mayuzuki nous a jeté un sort. Le tome 1 nous aspirait irrémédiablement. Avec ce tome 2 nous sommes prit au piège dans l’ambiance mélancolique de Kowloon.

Kujirai prend conscience de son affection pour Kudô. Elle aurait pu tendre une main vers lui, se confier à cœur ouvert. Mais voilà qu’elle trouve cette photographie dans un tiroir de son collègue. Une femme qui lui ressemble à se méprendre. Et ses mots :

Reiko & Hajime Congratulations !

Des mots de mariage. Mais Reiko Kujirai n’en a aucun souvenir. D’ailleurs, elle ne se souvient pas de sa vie au-delà des six derniers mois. Comme si Kowloon avait englouti sa mémoire. Reiko poursuit sa vie, tranquillement. Comme si de rien n’était. Et ce n’est pas la seule. Car Hajime Kudô, lui, n’a jamais montré qu’ils étaient mariés. Ou qu’elle ressemblait à se point à son épouse absente.

Qui est donc cette femme sur la photo ? Pourquoi n’a-t-elle pas de mémoire ? Peut-elle tenter de lui ressembler encore plus ? Retrouver ses souvenirs ? A-t-elle le droit d’aimer Kudô dans ces conditions ?

Tandis que les questions se bousculent dans sa tête, l’effervescence de Kowloon poursuit son œuvre. Le quartier fourmille d’activités, de nouveaux arrivants bruyants à tous points de vue s’installent. Les méandres du quartier puzzle se perdent un peu plus en profondeurs. Des chemins inconnus s’ouvrent. Dédale après dédale, allégorie d’un amour qui cherche son fils d’Ariane, et d’une femme qui se perd dans sa mémoire.

Une fois de plus, le charme de Kowloon Generic Romance nous emporte. Autant par la sensualité pulpeuse de son dessin que par le mystère étouffant qui court les couloirs sombres de Kowloon. C’est un petit bijou sucré, doucement amer, qui coule sur le cœur. Notre soif littéraire se noie dans Kowloon Generic Romance T2 de Jun Mayuzuki, chez Kana. Mais dès la dernière goutte finie, la dernière page tournée, on demande immédiatement le tome 3. A paraître le 3 décembre.

  • Kowloon Generic Romance T2
  • Auteur : Jun Mayuzuki
  • Traducteur : Pascale Simon
  • Editeur : Kana, collection Big Kana
  • Prix : 7,45 €
  • Parution : 3 septembre 2021
  • ISBN :  9782505089926

Résumé de l’éditeur : Dans son appartement éclairé par les rayons du soleil couchant, Reiko Kujirai a pris conscience de son attirance pour son collègue, Kudô, qui lui inspire des sentiments nostaliques et amoureux. Ces sentiments qu’elle dissimule vont se transformer en désir secret et entraîner des conséquences surprenantes.
Découvrez cette histoire d’amour idéale narrée dans un style plein d’élégance.

The Witch and the Beast T3

The Witch and the Beast T3. « C’est bien la plus faible de toutes. Néanmoins, elle a la capacité d’anéantir le monde. » Ashaf et Guido sont sur les traces d’une nouvelle sorcière. Kousuke Satake nous raconte une nouvelle enquête étrange ou s’entremêlent géopolitique et criminels. 

Guido et Ashaf débarquent sur le troisième continent. Dans une ville, des corps mutilés aurait été retrouvé. Selon les dire, c’est le travail de sorcière. Mais à peine arrivé, une succession de rencontres et d’événements mettent la puce à l’oreille d’Ashaf. Il y a bel et bien une sorcière dans le coin, mais l’affaire semble bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Ashaf et Guido se retrouve confrontés au Cercle des Chevaliers Sacrés. Un corps armé spécialisé dans la traque aux sorcières. Sous les ordres du Colonel Matt Cooger, « l’Homme de glace« , la sixième régiment pourchasse Helga Velvet, la « Sorcière Inébranlable« . Mais dans l’ombre, d’autres tirent les ficelles. Car Helga détient l’un des artefacts les plus puissant du monde.

La chasse est ouverte.

A travers ce troisième tome, l’univers de The Witch and the Beast gagne encore plus en complexité. Les forces qui sont liées et s’opposent aux sorcières, chacune à leur façon, s’incorporent peu à peu au récit. Kousuke Satake nous dépeint un monde à la géopolitique très dense, où les forces du bien et du mal sont diablement entremêlées.

Chaque tome de The Witch and the Beast est rythmé par les mêmes éléments : un peu de géopolitique, un peu d’histoire et beaucoup de combat. Le style du manga penche en faveur d’une violence vicieuse et un peu gore. La magie y est omniprésente et complexe. La politique de la sorcellerie ressemble à une véritable enquête policière. Rien n’est jamais ce qu’il paraît.

Si l’univers du manga est captivant, si les enquêtes de Guido et Ashaf sont prenantes, ce troisième tome ne met pas en avant ces personnages principaux. Ashaf est toujours aussi énigmatique et les secrets de Guido toujours aussi secret. Si dans le tome 2, une fenêtre a été ouverte sur leur intimité respective, le tome 3 nous laisse sur notre faim.

Ça n’en reste pas moins un tome dynamique, très riche en information – sur l’univers donc – qui pourrait bien propulser le  récit vers l’étape suivante.

  • The Witch and the Beast T3
  • Auteur : Kousuke Satake
  • Traductrice : Anaïs Koechlin
  • Editeur : Pika Editions
  • Prix :  7,50 €
  • Parution : 8 septembre 2021
  • ISBN : 9782811661434

Résumé de l’éditeur : Les corps mutilés de plusieurs victimes auraient été découverts sur les terres éloignées du Troisième continent. Pour Guido et Ashaf, c’était enfin l’occasion d’affronter une sorcière, mais dès leur arrivée, ils sont confrontés au Cercle des Chevaliers sacrés, un corps armé passé expert dans la traque des sorcières. Une lutte féroce pour capturer cette ensorceleuse s’engage alors entre les deux organisations !

Maux Mêlés

Maux mêlés : Tsukasa, une lycéenne blessée par les garçons doit apprendre à cohabiter avec les nouveaux pensionnaires de l’Auberge Familiale. Un des pensionnaire déteste les filles et le deuxième se dit amoureux d’elle.

Tsukasa n’aime pas les garçons, elle ne les aime vraiment pas. Ils la blessent, la mettent mal à l’aise. Avec eux elle ne sait jamais comment réagir, elle se trouve gênante sans cesse. A ses yeux, elle accumule les bourdes et c’est de pire en pire.

Tsukasa est piégée dans un véritable cercle vicieux. Voilà où elle en est quand son père, son grand-père et sa grand-mère décident d’adapter l’auberge familiale à la fréquentation d’hiver : Nul.

Ils ouvrent donc une pension familiale pour les jeunes lycéens et étudiants qui travaillent dans la ville. C’est ainsi que deux garçons du même lycée que Tsukasa se mettent à habiter sous son toit.

L’un, c’est Ren Matsuoka. Il est renfrogné et déteste les femmes. L’autre, c’est Ryohei Miwa, il est envahissant, spontané et se dit amoureux de Tsukasa. Il n’en fallait pas plus pour mettre la jeune fille dans un embarras total.

Maux Mêlés est une histoire d’adolescents abîmés qui tentent de se construire tant bien que mal. Ils sont maladroits, avec les autres mais surtout avec eux-mêmes. En apprenant à s’ouvrir les uns aux autres, en apprenant la confiance et la complicité, peut-être que chacun d’eux – eux qui se cherchent si désespérément – parviendra à se trouver.

Edités chez Akata, Maux Mêlés est un récit qui oscille entre amitié et amour. Une tranche de vie lycéenne très douce – au dessin épuré- dans laquelle tout lecteur qui a, un jour, été adolescent se reconnaîtra.

  • Maux Mêlés
  • Scénariste : Meguru Izawa
  • Dessinatrice : Tohru Tagura
  • Traductrice : Ryoko Akiyama
  • Editeur : Editions Akata
  • Prix :  8,05 €
  • Parution : 26 août 2021
  • ISBN : 9782369747439

Résumé de l’éditeur : Tsukasa Ayase est en deuxième année de lycée. Plus jeune, elle a été traumatisée par un de ses camarades d’école… Depuis, elle fuit les interactions avec les garçons. Habitant avec son père et ses grands-parents, son quotidien va être chamboulé quand, à cause de la baisse du tourisme dans sa région, la pension familiale qui lui sert de maison va devenir une auberge pour lycéens. Du jour au lendemain, elle devra, bien malgré elle, cohabiter avec deux camarades d’école. Mais l’un d’entre eux semble aussi enfouir dans son cœur une douleur inavouée…

Le goût des Retrouvailles

Le goût des Retrouvailles. Rustubo a 9 ans. Elle n’a jamais connu sa maman et son papa l’a abandonné à la naissance. Puis un jour sans prévenir, il demande à sa famille de la loger le temps d’un été. Nozo Itoi raconte cette famille abîmée avec beaucoup de douceur, mais aussi, étrangement, avec beaucoup de sévérité. 

Rutsubo n’a jamais parlé. Depuis sa naissance elle ne décroche pas un mot. Ce n’est pas qu’elle est muette, c’est qu’elle n’avait, à l’origine, aucune envie de venir au monde. Cette enfant farouche est la narratrice de son histoire. A travers ses pensées, le lecteur découvre une enfant bornée et résolument sceptique. Son naturel désabusé ne lui vient pas de nul part.

Elle se souvient de tout. Lorsqu’elle était dans le ventre de sa mère, celle-ci lui parlait. Elle lui parlait de n’importe quoi, mais beaucoup de son père. Alors Rutsubo a une idée très claire du caractère de cet homme. Il a abandonné sa mère, il l’a forcé à vivre, elle, le bébé à naître. Ce type est un bon à rien, coureur de jupon et sûrement pas un bon père.

Mais voilà. Shima demande à la loger durant l’été de ses 9 ans. Comment pourra-t-elle supporter la cohabitation avec lui ? Shima l’accueille donc, maladroitement. Il habite avec Masahiro, un type bruyant qui s’es fait « voler » sa copine par Shima. Il semble d’ailleurs être tout le temps appelé par des femmes. Durant le séjour de Rutsubo, il n’est pas souvent à la maison. Mais il lui fait découvrir peu à peu son univers. Himeko l’amie d’enfance de Shima, Hiroshi du restaurant à sushi. Il s’efforce de mettre sa fille à l’aise, essaye de tenir son rôle de père. Mais on ne devient pas parent du jour au lendemain.

Et Rutsubo qui a décidé de ne jamais le pardonner ne sait pas quoi faire de ses sentiments pêle-mêle, mi-figue mi-raisin. Elle le trouve charmant et insupportable, négligent et attentionné tout en même temps.

Nozo Itoi raconte une drôle d’histoire. Deux personnes essayent de se rabibocher sans vraiment se connaître. Elle raconte un homme qui ne sait pas comment aimer et une enfant beaucoup trop mature pour son âge. Elle raconte l’homosexualité des femmes dans un monde sexiste, la jalousie entre rival. C’est un récit familiale complexe et attendrissant, dotée d’une héroïne intéressante et d’un papa antipathique au possible. Les personnages de Nozo Itoi ont beaucoup à nous dévoiler.

Le goût des Retrouvailles a un graphisme très claire, épuré, avec peu de paysage dessiné. Par contre la nourriture est si bien traitée qu’elle en donne l’eau à la bouche. Sortie du manga, il y a fort à parier que vous aurez envie d’huîtres panées (entre autre).

C’est une série courte, agréable et intrigante à retrouver aux éditions Akata.

  • Le goût des Retrouvailles
  • Autrice : Nozo Itoi
  • Editeur : Akata
  • Prix :  6,99€
  • Parution : 26 août 2021
  • ISBN :978-2369747714

Résumé de l’éditeur : Rutsubo, à neuf ans seulement, porte déjà un regard cynique sur les adultes. Elevée par ses grands-parents, elle n’a jamais pardonné à son père de l’avoir abandonnée dès la naissance. Sa mère, quant à elle, est décédé lors de l’accouchement. Elle ne comprend pas ce qu’elle fait dans ce monde… Et le temps d’un été, pourtant, c’est auprès de son père qu’elle va vivre. Ce dernier, plutôt tombeur de femmes, devra adapter son quotidien pour accueillir chez lui cette fillette qu’il n’a jamais connue. La communication s’annonce compliquée car Rutsubo, elle, n’a jamais parlé. Entre non-dits, souffrances et secrets de famille, la cohabitation ne sera pas aisée…

The Book case of Arne

Lynn est passionnée des vampires. Une véritable fan girl. Alors lorsqu’elle rencontre LE vampire, elle saisit sa chance.  Soraho Ina et Harumurasaki nous emmènent dans un monde de fantasy horrifique à la Jack l’éventreur avec The case book of Arne chez Soleil manga.

Il y a fort longtemps, les 9 rois démons ce sont liés pour créer un vampire capable d’affronter le plus redoutable des chasseurs de Vampire. On l’appelle Neuntöte.

Lynn est complètement obsédée par cette histoire. Elle l’a regarde encore et encore. Elle s’est renseignée comme personne sur les Vampires. C’est un fan girl absolue. A vrai dire, ça lui permet aussi de ne pas trop penser à sa mère, décédée deux ans plus tôt. Ni à son père, qui ne parvient pas à faire son deuil.

Son père est dans un état plus déplorable de jour en jour. Mais dès qu’on tente de lui rappeler le décès de sa femme, il peut devenir terrifiant. Heureusement, Lynn vit dans une grande demeure avec plein de gens qui prennent soin d’elle depuis toute petite.

Une nuit, alors qu’elle vient de regarder encore une fois l’histoire de Neuntöte, elle voit son père sortir de la maison en veillant bien à ne pas être suivit. Inquiète et intriguée, la jeune fille le suit. Dans les ruelles d’une ville glacée, elle le perd de vue. C’est alors qu’à la place, elle tombe sur deux cadavres et un monstre !

Terrifiée, elle retient sa respiration, ferme les yeux, sert fort l’amulette de sa mère, et pouf. Elle se retrouve dans une autre ville, pas plus accueillante, avec une chauve-souris qui l’invite à la suivre. C’est ainsi que Lynn fait la rencontre d’Arne et son acolyte Zisye.

Arne mène des enquêtes dans le monde des non-humains. A peine secourue par l’étrange duo, Lynn en profite illico pour lui donner une affaire. Elle veut savoir ce que cache son père.

Soraho Ina adapte le jeu vidéo de Harumurasaki. L’univers est sombre, dans une ambiance London 1888, polar et gotique. Mais les personnages dénotent avec leur apparence mignonne et caractère enfantin. Ils sont simples mais aussi originaux. Le style du manga est un peu chaotique, assez chargé.

The case book of Arne est un manga écrit à six mains. Soraho Ina adapte une œuvre d’un duo d’auteurs : Harutarô et Murasaki. C’est une lecture tranquille, sympathique, son ambiance un tantinet glauque a son charme. Une lecture parfaite pour une période d’Halloween à retrouver chez Soleil Manga.

  • The case book of Arne T1
  • Auteur : Soraho Ina
  • Créateurs originaux : Harutarô et Murasaki
  • Éditeur : Soleil Manga
  • Prix : 7,99 €
  • Parution : 07 juillet 2021
  • ISBN : 9782302094291

Résumé de l’éditeur : Lynn est une jeune fille noble dont la mère est décédée il y a deux ans. Alors que son père, malade et incapable d’accepter la mort de sa femme, sort en pleine nuit, Lin décide de le suivre et se retrouve au beau milieu d’un meurtre. Elle va alors faire la rencontre d’Arne, un vampire détective qui manipule les pouvoirs surnaturels. Ils vont devoir agir ensemble pour résoudre ce macabre mystère !

Dieter est mort

Dieter est mort est un très joli album signé Frederico Chemello, Maurizio Furini et Agnese Innocente aux éditions Shockdom.

2022 le phénomène Timed éclate. Des gens ordinaires se voient dotés de pouvoir extraordinaires. On les appelle les Mines. Mais ces pouvoirs peuvent aussi être une malédiction. Dieter, un jeune écolier, est mort après une chute du haut d’un bâtiment. Mais personne n’y prête attention ou presque. Même s’ils n’étaient pas amis, Niklas souhaite découvrir pourquoi et comment il est mort. Dieter était soupçonné d’être une Mine est-ce la vérité ?

L’univers Timed est bien pensé, les « Mines » sont des « étrangers ». Les gens en ont peur. Loin d’être des Iron-Man, ils doivent se cacher ou cacher leurs pouvoirs. Le thème de la différence est ainsi abordé. À travers ce prisme, cela permet de faire réfléchir sans pour autant avoir une approche frontale. On ne s’ennuie pas une seconde avec cette lecture qui m’a donné envie de découvrir les autres titres de cette collection et notamment « Tirésia ».

Dieter est mort : Une lecture rythmée avec une approche intelligente. J’ai hâte d’en apprendre plus sur ces « Mines ». Pour les adolescents et les adultes. Une très belle découverte.

  • Dieter est mort
  • Scénariste : Federico Chemello
  • Dessinateurs :  Maurizio Furini et Agnese Innocente
  • Éditeur : Shockdom
  • Prix : 15 €
  • Parution : 16 juillet 2021
  • ISBN : 9788893363402

Résumé de l’éditeur : Le suicide de Dieter, un écolier berlinois intelligent et brillant, semble susciter l’indifférence totale de la part de tous ses camarades. Sauf pour Niklas, un jeune homme de dix-huit ans, un TIMED doté d’une particulière habileté, qui veut découvrir à tout prix la vérité qui se cache derrière cette terrible tragédie.

Kill Annie Wong

Kill Annie Wong est un superbe thriller de Swann Meralli, Gaël Henry et Paul Bona, édité par Sarbacane.

Enzo, 24 ans, est un tueur à gages confirmé. Il aime Jean Reno (son modèle dans le film Léon), Le grand bleu (le film mais surtout la mer) et la chanson que sa maman lui chantait quand il était petit.

Même s’il ne sait pas qui interprète cette merveilleuse mélodie, c’est cette musique qu’il écoute inlassablement lorsqu’il élimine ses victimes. Alors, quand un jour, il s’aperçoit que sa mission est de liquider la cantatrice qui chante cette chanson, il doit choisir… L’exécuter ou la sauver à ses risques et périls…

La dernière fois que j’ai quitté une lecture de Swenn Meralli, c’était Une rencontre. Là, on change du tout au tout pour se retrouver dans un thriller, qui m’a fait penser au 7e art. Léon (mais en même temps comment ne pas y penser), Roméo + Juliette et même une pointe de Tarantino (ceux qui me connaissent savent que c’est très rare que j’y fasse référence tellement ce réalisateur est incomparable). L’ensemble se passe dans une immense métropole coréenne où la pègre, les magouilles politiques et la violence font rage. Le scénario est sur le fond assez simple mais sa simplicité fait aussi son efficacité. De l’action, de l’amour et de l’humour tout y est et c’est véritablement bien dosé. Côté dessin acidulé, je trouve qu’il colle parfaitement au contexte et à l’histoire, il lui donne encore plus de pep’s.

Vous aimez les thrillers, où le héros est attachant et loin du stéréotype à la James Bond ? Et bien moi oui et je vous avoue que j’ai pris un énorme plaisir en lisant Kill Annie Wong. Pourtant, je ne m’y attendais pas forcément en lisant ce véritable page-turner. Un gros kiff.

  • Kill Annie Wong
  • Scénariste : Swann Meralli
  • Dessinateur : Gaël Henry
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 24,90 €
  • Parution : 25 août 2021
  • ISBN : 9782377316991

Résumé de l’éditeur : À Chogsu Siti, mégapole coréenne tentaculaire, au bord de l’implosion, où politique rime avec crime organisé, vit Enzo, 24 ans, muet et tueur à gages ultra performant. Enzo a deux passions dans la vie : Le grand bleu, et la voix d’une mystérieuse chanteuse dont il se repasse le morceau en boucle quand il massacre des anonymes pour le compte de ses clients. Sa dernière mission qui lui vient tout droit du chef de la police: s’en prendre à ce salaud de Mon-Sik, gangster qui veut détrôner la puissante maire aux élections, en attaquant sa petite copine. Mais voilà, alors qu’Enzo s’apprête à passer à l’action, il s’aperçoit que sa cible est en fait la cantatrice qui se cache derrière la voix qu’il aime tant. Pour Enzo, c’est le dilemme : tuer ou sauver Annie Wong ?

Les lions endormis

Les lions endormis est une superbe histoire intimiste et délicate de Sylvie Gaillard et Fanny Montgermont, éditée par Grand Angle.

Joana se réveille, un sms, elle est en retard, une ligne de cocaïne pour se réveiller. Elle dit au mec qui est dans son lit, qu’elle n’a pas l’intention de le revoir. Et c’est parti… Elle rejoint sa mère… Maigre, elle a l’air fatigué, mais elle essaie de faire bonne figure.

Sa vie est ainsi, on a l’impression, qu’elle ne va au bout de rien, qu’elle gâche tout. Toutes ses relations amoureuses se terminent mal. Elle annule ses cours de chant et ses répèt’ avec son groupe. Bref, tout part en vrille ! Elle le sait, mais elle n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Heureusement elle a des amis fidèles pour l’aider… Le chemin est long, dur, avec des rechutes, des pièges mais il faut garder le cap et se battre pour en sortir, pour s’en sortir…

Ce récit de Les lions endormis est celui d’une addiction mais pas seulement. C’est aussi le récit d’une femme qui est perdue, qui manque de repères, d’ancrage et peut-être même de présence. Elle cherche sa place, une légitimité dans sa vie. Magnifiquement servi par le travail graphique de Fanny Montgermont, le scénario de Sylvie Gaillard est efficace et très bien construit. Il est centré sur une partie de la vie de Joana qui raconte son histoire.

J’allais oublier. Enfin non, j’avoue je ne voulais pas que ce soit le propos principal de mon retour, Joana Balavoine est la fille de Daniel Balavoine, qu’elle n’a pas connu, car il est mort juste avant sa naissance.

Un histoire dure, sensible, humaine, d’une femme qui a osé raconter sa déchéance et sans filtre. C’est ce qui fait la très grande force de cette lecture. Je vous la conseille vivement. Découvrez-la, elle vous fera bien réfléchir !

  • Les lions endormis
  • Scénariste : Sylvie Gaillard
  • Dessinatrice : Fanny Montgermont
  • Éditeur : Grand Angle
  • Prix : 18,90 €
  • Parution : 01 septembre 2021
  • ISBN : 9782818976975

Résumé de l’éditeur : « La drogue s’attaque à tout le monde, sans distinction. Nous sommes tous ses proies potentielles. » Joana n’a jamais connu son père, Daniel Balavoine, décédé avant sa naissance. Les deux âmes n’ont fait que se croiser. Alors, Joana se cherche une identité et une légitimité. Tiraillée par une culpabilité inconsciente, elle trouve refuge dans la drogue qui lui donne l’illusion que tout va bien. La dégradation de son état physique est un électrochoc. Elle doit combattre cette emprise qui la dévore et lui dérobe une partie d’elle-même. Cependant la tâche s’avère plus compliquée que prévu, car la drogue est pugnace. On ne la quitte pas en un claquement de doigts.

Mes mauvaises filles

Mes mauvaises filles est une véritable lecture émouvante autour de l’euthanasie signée Zelba, aux éditions Futuropolis.

Bri est la mère de Ylva et Liv. Les deux sœurs sont très différentes et ce depuis toutes petites. Différentes mais soudées. Et il va falloir l’être soudées, car elles vont devoir faire ce que personne n’a envie de faire : accepter de laisser partir leur mère. Être là, choisir le jour et l’heure de la mort de Bri comme elle le souhaitait.

Comment aborder la mort d’un proche, la fin de vie, la mort assistée, le respect du choix du mourant et la place de la famille dans ces moments-là ? Et pour autant ne pas faire un livre trop lourd, trop pesant, voire trop fort pour être lu dans sa totalité ? Si vous voulez une réponse il vous suffit tout simplement de lire cette bande dessinée de Zelba  qui raconte l’histoire de sa famille. L’autrice de Dans le même bateau a réussi à nous parler d’euthanasie tout en arrivant à y insérer des touches humour et de légèreté. Bri est là, présente, même après sa mort, à travers une voix off. C’est véritablement bien pensé pour mieux découvrir les personnalités de chaque personnage et l’histoire de cette famille.

Oui le thème est dur, fort, sensible et toujours pas vraiment réglé légalement en France. Oui forcement Mes mauvaises filles brasse, mais vous n’en sortirez pas sans avoir souri. Cet équilibre parfait donne une magnifique lecture qui saura je l’espère vous émouvoir.

  • Mes mauvaises filles
  • Autrices : Zelba
  • Éditeur : Futuropolis
  • Prix : 21 €
  • Parution : 08 septembre 2021
  • ISBN : 9782754830539

Résumé de l’éditeur : En 2006, deux soeurs aident leur mère à mourir. A sa demande, elles donnent la mort à celle qui leur a donné la vie. Après Dans le même Bâteau, Zelba signe un roman graphique bouleversant et lumineux sur cet acte vertigineux. Elle évoque le moment, à la fois intime et universel, de la perte d’un être cher. Il aura fallu 13 ans à Zelba pour raconter cette histoire, croiser ses souvenirs avec ceux de sa soeur, changer certains noms et romancer en partie. Elle aborde de front l’euthanasie, ou la mort assistée, sujet qui suscite des débats contradictoires en Europe. Forte de son expérience, elle milite pour que chaque personne puisse choisir, le moment venu, de mourir comme elle l’entend. A quel moment les soins palliatifs se transforment en acharnement thérapeutique ? Combien de temps peut-on décemment prolonger l’agonie ? Peut-on décider de mourir ? L’euthanasie, ou la mort assistée, est une question délicate à laquelle les pays d’Europe répondent de manière très différente. C’est en tout cas un sujet sensible qui parle à tout le monde. Le jour de la mort de Vincent Lambert, le 11 juillet 2019, Zelba décide de raconter les derniers instants de la vie de sa mère et dans quelles circonstances sa soeur et elle ont accepté de l’assister à mourir. Cette histoire, Zelba la porte en elle depuis 13 ans et avait tenté plusieurs fois de la raconter avant de renoncer. Ce jour-là, elle comprend qu’il est temps de témoigner et partager cette expérience douloureuse et universelle.

L’agence des invisibles

Les éditions Philéas dévoilent la première enquête de L’agence des invisibles, intitulée : Friedrich Müller, Marc Levy, Sylvain Runberg et Espé.

Angleterre novembre 1941, onze avions allemands participent à des opérations de bombardements sur Plymouth. Sept avions sont rentrés, trois ont été abattus mais qu’est-il arrivé au onzième Heinkel 111 ?

New-York, 2022, l’Agence des invisibles est une équipe qui a pour vocation de donner des réponses aux familles de disparus pendant les différentes guerres. Peu importe le camp ou l’origine. La fille de Friedrich Müller, le pilote de l’avion porté disparu, veut connaître la vérité sur la disparition de son père et trouver des réponses à ses questions. Les premiers indices vont mener les membres de l’agence à Knighton, un petit village prospère… Quels lourds secrets vont-ils déterrer ?

Pour son premier scénario original de bande dessinée, Marc Lévy fait équipe avec Sylvain Runberg (On est chez nous), un des auteurs, scénaristes les plus prolifiques. À eux deux, ils maîtrisent toutes les ficelles pour que le lecteur soit embarqué dans un récit et c’est terriblement efficace. On y retrouve une intrigue à tiroirs rondement menée et quelque chose me dit qu’on n’est pas au bout de nos surprises.

J’ai eu l’impression de me trouver dans une très bonne série américaine, où chaque épisode devrait révéler des informations sur les personnages principaux, avec des zones d’ombre et de trouble. Le dessin d’Espé (Le perroquet, Le col de Py) colle au format et à l’impression qu’ont voulu donner les deux scénaristes.

Ce premier tome de L’agence des invisibles, véritablement efficace, donne envie d’avoir entre les mains, les prochaines enquêtes et ainsi d’en savoir plus sur cette agence et ses membres. Notre plaisir va être mis à rude épreuve, 10 à 12 tomes sont prévus sur 10 ans.

  • L’agence des invisibles, tome 1 : Friedrich Müller
  • Scénaristes : Marc Lévy et Sylvain Runberg
  • Dessinateur : Espé
  • Editeur : Phileas
  • Prix : 15,90 €
  • Parution : 16 septembre 2021
  • ISBN : 9782491467203

Résumé de l’éditeur : L’Agence des Invisibles, menée par Norman Cooper et son ami Kuma Takara, retrouve la trace de personnes disparues au cours des grands conflits, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours, et reconstitue le déroulement des derniers jours de leur vie ainsi que les circonstances de leur disparition. Comment ne pas vouloir découvrir l’histoire d’un parent proche, quelle famille peut prétendre ne pas connaitre de zones d’ombre, ne pas avoir de secrets ou d’arrangements avec la vérité ? Qui peut être certain de connaitre vraiment l’histoire des siens ? Julia Müller débarque à New York pour savoir ce qui est arrivé à son père, Friedrich Müller, navigateur dans la Luftwaffe disparu avec son bombardier en 1941. L’Agence des Invisibles est réputée comme la meilleure quand il s’agit de retrouver des personnes disparues.

L’insurgée de Varsovie

L’insurgée de Varsovie de Jean-Pierre Pécau, Dragan Paunovic et Bertrand Denoulet conte le destin hors norme de Maria Sabina Devrim, résistante de la Seconde guerre mondiale, aux éditions Delcourt.

Septembre 1944, alors que la Seconde guerre Mondiale fait rage, Varsovie est détruite par le troupes allemandes. Malgré le chaos et une ville qui ressemble plus à un champ de ruines, des résistants essaient, tant bien que mal, de tenir tête aux Allemands en attendant le soutien russe qui ne viendra jamais. Maria Sabina Devrim, 21 ans s’est engagée de toutes ses forces dans l’insurrection. Jamais elle n’a baissé les bras, jusqu’à la dernière minute.

En partenariat avec Guerres & Histoire, Delcourt nous fait découvrir des destins d’hommes et de femmes pendant différentes guerres. Cette bande dessinée s’appuie sur l’article et l’interview de Maria Sabina Devrim qui sont parus en 2014. Tout au long de l’album, on suit l’histoire de cette jeune femme qui n’a eu de cesse de se battre contre l’envahisseur. La Lecture est rythmée, intense, forte avec une très bonne mise en image.

J’affectionne les petites histoires dans la grande Histoire. Le destin de Maria Sabina Devrim est très dur comme celui de celles et ceux qui se sont toujours battus pour la liberté sans jamais baisser les bras.

À noter, un très intéressant dossier rédigé par Masha Otkhmezuri se trouve en fin de L’insurgée de Varsovie.

  • L’insurgée de Varsovie
  • Scénariste : Jean-Pierre Pécau
  • Dessinateur : Dragon Paunovic
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 15,50 €
  • Parution : 25 août 2021
  • ISBN : 9782413038344

Résumé de l’éditeur : 1944, alors que l’Armée rouge approche de Varsovie, la résistance polonaise déclenche l’insurrection. Les Allemands réagissent avec férocité. Durant trois mois, les résistants vont se battre contre les SS. À 21 ans, Maria Sabina Devrim fait partie de la résistance, elle se bat jusqu’au bout et échappe à la mort. Plus tard, expatriée en France, elle racontera son histoire…