Des sorcières et des hommes

Voici la version papier  française du compte Instagram à succès @war.and.peas : Des sorcières et des hommes, une bande dessinée hilarante, absurde et féministe, éditée par First !

Vous avez bien lu « War and peas » (Guerre et petits pois) et non « Guerre et Paix » de Tolstoï, c’est ça ! « Des sorcières et des hommes » et non « Des souris et des hommes » de Steinbeck ! Dès la couverture on sait déjà qu’on est partis pour une bonne dose d’humour (petit clin d’œil à Eugène Delacroix pour la revisite en couverture de son tableau « La liberté guidant le peuple » peint en 1830).

Dans ces strips on va trouver, la sorcière pas farouche (elle est même très coquine), la mort qui aimerait bien prendre sa retraite, un robot amoureux, un jeune fantôme qui a envie de vivre, des nuages, des montagnes et même Bob et Bob qui cherchent à combler un vide.

En 2011 Jonathan Kunz & Elizabeth Pich un duo d’illustrateurs ont créé la page @war.and.peas (891K abonnés à ce jour) où chaque dimanche, ils postent de courtes saynètes pleines d’humour. Noir, absurde, sarcastique, mais toujours drôle.

Vous avez envie de rire tout simplement, sans prise de tête ? Ce premier livre des auteurs, Des sorcières et des hommes, a été traduit dans différentes langues et c’est un vrai succès. Est-ce ce que j’ai besoin d’en dire plus ? Tout simplement, « c’est bon, c’est même très bon ». Faire rire ou sourire systématiquement en quatre cases, c’est une véritable performance. Je reprendrais bien une dose de ce rire là.

  • Des sorcières et des hommes
  • Auteur : War and Peas
  • Editeur : First éditions
  • Prix : 7,95
  • Parution : 06 mai 2021
  • ISBN : 9782412067680

Résumé de l’éditeur : Entre les aventures d’une sorcière coquine, les revendications de la Mort (qui trouve ne pas être assez payée pour son job) et la vie quotidienne de simples humains, le compte Instagram offre de succulentes BD avec son humour absurde, décalé et engagé.

Venez rire des déboires de ces personnages hauts en couleur et laissez-vous surprendre par une multitude de situations im-pro-ba-bles !

Anna

Oscar, un artiste, manipule son entourage afin d’accéder à la popularité et au succès. Stéphane Betbeder et Christophe Bec content son parcours dans Anna aux éditions La boîte à bulles.
Oscar se voit comme le mâle dominant. Dans son entourage, il y a les suiveurs : « Hervé est laid, toujours puceau, d’une hygiène douteuse, pervers et lâche », « Antoine, votre soi-disant ami : vous le connaissez depuis l’enfance. Mais une rivalité malsaine vous oppose de plus en plus », « Mathilde, votre souffre-douleur. Vous ne cessez de l’humilier, chaque fois qu’elle ose s’affirmer » et « Barbara, votre petite amie. Avec qui vous passez les nuits mais rarement les journées ». Oscar est le mâle alpha de la troupe et il le fait bien sentir dès qu’il en a l’occasion. Pourtant ils sont toujours là. Puis il y a Anna, celle qu’il a séduite puis abandonnée quand le jeu n’avait plus d’intérêt. Oscar tel le lion pensait régner sur son monde, mais même s’il imaginait les tenir en laisse, il se trompait…

Anna est un polar en huit clos est noir à souhait. Plus l’histoire avance plus on déteste Oscar et son air supérieur mais plus on sent qu’il va se passer quelque chose qui va venir changer la physionomie des relations entre tous ces acteurs. La voix off, enfin les voix off viennent appuyer le ressenti poisseux et glauque de l’histoire. Cette réédition a entièrement été retravaillée à partir des originaux de Christophe Bec. La noirceur des dessins n’a d’égal que celle des personnages.

C’est glauque, sombre, on attend que le mâle dominant trouve son maître mais quand, qui et comment va-t-il chuter ? On se plaît à détester chaque personnage. Un thriller psychologique merveilleusement bien mené. J’ai aimé cette atmosphère. J’en veux encore…

  • Anna
  • Scénariste : Stéphane Betbeder
  • Dessinateur : Christophe Bec
  • Editeur : La Boîte à Bulles
  • Prix : 22 €
  • Parution : 19 mai 2021
  • ISBN : 9782849533888

Résumé de l’éditeur : Oscar se voit comme un dominateur-né qui aime être entouré de courtisans ou plutôt de souffre-douleur. Accompagné de sa bande de suiveurs, il prépare l’exposition qui imposera à tous l’ampleur de son talent. Oscar est sans pitié. Il a aimé sa voisine, Anna, abusé quelques temps de sa naïveté avant de rompre. Point final de l’histoire, pensait-il. Mais Oscar se trompait, Anna lui réservait quelques surprises. Initialement, « Anna » s’appelait « Hôtel Particulier » et seul le premier tome de ce thriller psychologique était paru aux éditions Soleil. En 2004, La Boîte à Bulles en avait proposé une version intégrale déjà intitulée « Anna », mais celle-ci ne rendait pas grâce au travail d’encrage de Chistophe Bec. En voici donc une version grand format entièrement retravaillée, du lettrage aux scans… L’occasion de découvrir tout le charme et le venin jubilatoire de cet album, le plus intimiste de l’oeuvre de Christophe Bec, entièrement réalisé d’après des images tournées pour l’occasion. Une peinture de moeurs aussi saisissante que cruelle et ironique et une plongée dans le milieu de l’art contemporain caustique à souhait. Un microcosme que Stéphane Betbeder connaît bien pour l’avoir fréquenté quelques temps.

J’ai tué le soleil

J’ai tué le soleil, c’est LE récit survivaliste du génial Winshluss édité par Gallimard BD. Un grand album !

Dans le monde d’après, un homme essaie de survivre. Il ne sait comment, ni pourquoi mais il s’est réveillé à la limite de la mort sous des cadavres entassés, le monde en feu. Il a dû fuir, voler des habits et des armes. Seul, il avance, sans but précis sans savoir qui il est vraiment. La seule information qu’il a sur lui c’est un bracelet d’hôpital où il y a inscrit Karl. Qui est-il ? Est-il le seul rescapé sur cette terre ? Quel est ce projet qu’il retrouve petit à petit dans les fragments de sa mémoire ?

Post-apocalypse et survivalisme sont les maîtres mots de J’ai tué le soleil qui ne s’encombre pas d’emballer l’histoire dans du papier alu. Winshluss (Dans la forêt sombre et mystérieuse) nous livre un récit cru, franc, direct, sombre et rythmé. On tourne les pages, avide d’en savoir plus sans pouvoir s’arrêter mais quand un crâne explose…

Le dessin lui aussi est sombre et même parfois extrêmement sombre ce qui accentue l’intensité ce roman graphique. Plus 90% des pages sont en noir et blanc et quand l’auteur utilise la couleur, il le fait avec parcimonie. Au delà du noir et blanc il y a une récurrence du jaune et du bleu pour des scène et des informations bien précises et c’est judicieusement pensé. En plus d’une histoire bien mise en place, Winshluss nous intrigue et nous bouscule avec son chapitrage « Après… » « Avant… » « Maintenant … » qui vient ajouter une couche d’incertitude.
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Avec J’ai tué le soleil, j’ai aimé sortir de ma zone de confort pour me confronter à ce récit postapo. Je me suis pris une grosse claque. C’est terriblement efficace et en plus c’est furieux. Bref une lecture qui va ravir les amoureux du genre mais pas seulement.

  • J’ai tué le soleil
  • Auteur : Winshluss
  • Editeur : Gallimard BD
  • Prix : 22
  • Parution : 26 mai 2021
  • ISBN : 9782075084109

Résumé de l’éditeur : Avec pour unique bagage un sac à dos et un fusil à la main, un homme marche en quête de nourriture. Il tente de survivre jour après jour dans une nature belle mais sauvage. Et il s’en sort plutôt bien, quand il n’est pas surpris par un ours ou par une meute de chiens errants. Calme, il paraît pourtant seul au monde. Qui est-il? Pourquoi son regard vrille-t-il d’un coup lorsqu’il découvre une empreinte de chaussure dans la neige? Pour son retour à la bande dessinée adulte, Winshluss traite de la notion de trauma dans un récit survivaliste apocalyptique d’une grande force visuelle.

La fille du quai

Les éditions Glénat dévoilent le premier opus de La fille du quai, la nouvelle série d’Alexine et Fabrice Meddour. Un très joli conte universel.

Sur un pont, quelque part, une calèche est arrêtée par des pillards.

Le cocher résiste, blesse un des voleurs, mais ne peut empêcher le cheval de bondir dans l’eau qui gronde. A l’intérieur, père et fils sombrent…

L’enfant, seul survivant, est recueilli par un groupe de Gitans. Haurel, c’est son nom, devient un enfant joyeux, léger et fort, qui court, vole littéralement, de morceaux de bois en pierres, sans jamais toucher le sol.
Un jour, alors qu’il est perché sur les épaules d’Herdal, Haurel aperçoit sur le quai une belle dame sous une ombrelle. Instantanément, il tombe en syncope…

 

Un conte sombre et romantique

Pour son deuxième scénario (après Bianca, dans la collection Sorcières) Alexine adapte un conte, une histoire de belle dame qui jette un sort à l’insensé qui s’intéresse à elle. L’homme devient “sa proie” et le prix à payer est la mort…

Elle attend sur le quai sans bouger

Une dame, Le quai

Une dame avec une belle robe

Elle est belle, tellement belle

Elle me sourit sous son ombrelle

Elle a de grands yeux.

Exploitant cette base folklorique, Alexine tisse une histoire d’amour malheureux et sombre, qui emprunte autant au folklore de nos campagnes maritimes qu’à la littérature romanesque. On suit ainsi l’histoire d’Aurel, orphelin marqué par la mort par noyade de son père. Sa rencontre avec La Fille du Quai , enfant, puis en tant qu’homme, va le poursuivre sa vie durant. Cette fille de l’eau, sorte d’Ondine, ou de Sirène déterminera sa triste et dramatique vie amoureuse…

Dessin sensuel et sombre

C’est le dessin en couleur directe de Fabrice Medours qui accompagne ce conte romantique et sensuel. J’avais beaucoup apprécié son John Arthur Livingstone – Le roi des signes avec Bonifay au scénario. J’y retrouve tout son talent pour croquer les gueules déformées et caricaturales du petit peuple, mais aussi, pour sublimer les courbes des belles dames. Cette Fille du quai donne à Fabrice Meddour l’occasion de sortir de belles planches légèrement érotiques quand la dame se donne à Aurel. Son amour des courbes féminines transparaît dans son dessin extrêmement sensuel, ou les lavis en couleur directe (colorisation postérieure en numérique) donne un rendu tout en nuance.

Alors, envie de sombrer dans les bras d’une Ondine ? Éviter La Fille du Quai, mais pas son adaptation en album BD. 

  • La Fille du Quai
  • Scénariste : Alexine
  • Dessinateur : Fabrice Meddour
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 15,50 €
  • Parution : 15 juillet 2021
  • ISBN : 9782344009024

Résumé de l’éditeur :Celui qui voit la fille du quai y reste à jamais enchainée. Haurel a 8 ans quand son destin est bouleversé par la fille du quai. D’apparence humaine, cette créature qu’on aperçoit toujours près des points d’eau commet les pires méfaits sans y voir le moindre mal. Pourtant, elle s’attache mystérieusement à Haurel et souhaite s’accaparer son amour. Mais la jalousie maladive et poussive dont elle fait preuve devient la pire des malédictions pour le jeune homme. Tout au long de son existence, il ne pourra jamais offrir son affection à quiconque sans que la fille du quai ne vienne se venger. Conte fantastique et halluciné, La fille du quai est aussi une histoire d’amour qui touche à l’horreur, l’érotisme et le thriller.

Découvrir Tokyo en manga

Alors que les Jeux olympiques viennent de s’achever au Japon et que ceux paralympiques arrivent à la fin du mois d’août, les éditions Petit à petit permettent aux lecteurs de Découvrir Tokyo en manga. Un sympathique recueil pour aller à la rencontre de la culture japonaise.

A travers 144 pages, Découvrir Tokyo en manga parvient à nous enchanter, nous intriguer et nous donner un maximum d’informations sur la capitale nippone. Ce recueil réussit même à ne pas trop en dire pour inviter les lecteurs à venir voir de lui-même sur place.

Coordonné par Nicolas Finet (éditeur chez Rue de l’échiquier, spécialiste du Japon) et Jean-David Morvan (scénariste notamment de La ferme de l’enfant-loup ou Le combat du siècle), ce livre-documentaire est passionnant. Très bon guide pour découvrir Tokyo, il est composé de 30 courts chapitres montrant les quartiers de la ville.

Pour chacun d’entre eux, une page de présentation, des planches de bande dessinée mise en image par des mangakas et une double-page pratique (les lieux importants, un petit historique et des clins d’œil aux séries manga qui en parlent).

Ainsi, le lecteur peut faire un petit pas dans Shibuya et son célèbre passage piéton, Yoyogi et son parc de 54 hectares, Roppongi et son activité noctambule, Ginza et ses théâtres, Jimbôchô et ses librairies, Ueno et son musée national, ou encore Yamanote qui permet de partir pour les îles d’Izu.

Ce dernier quartier est d’ailleurs mis en image par Atsushi Keneko, le célèbre mangaka de Wet Moon et Atomic (s)trip. Avec lui, on peut noter l’apport dessiné de Kan Takahama (L’amant) ou Seiho Takizawa (Sous le ciel de Tokyo).

Découvrir Tokyo en manga : un vrai guide dessiné pratique et ludique pour mettre en lumière la capitale japonaise. Une vraie réussite !

  • Découvrir Tokyo en manga
  • Auteurs : Nicolas Finet et Jean-David Morvan
  • Dessinateurs : Collectif
  • Éditeur : Petit à Petit
  • Prix : 19,90 €
  • Parution : 14 mai 2021
  • ISBN : 9782380460216

Résumé de l’éditeur : 16 mangaka japonais vous font découvrir la ville la plus fascinante d’Asie, quartier par quartier, dans ce Docu-Manga fabriqué dans la tradition japonaise. Pour la première fois en langue française, un ouvrage conjugue récits dessinés et pages documentaires pour vous offrir les clés de la capitale japonaise. Seize mangaka – huit femmes et huit hommes, toutes et tous Japonais – ont mis leur talent de raconteurs d’histoires au service de ce projet inédit, pour redécouvrir quartier par quartier, en 30 chapitres et autant de récits originaux, l’essentiel de la ville la plus fascinante d’Asie. En écho à leurs petites et grandes histoires de Tokyo, d’hier et d’aujourd’hui, découvrez conseils pratiques, cartes, adresses, astuces : à chaque quartier sa sélection d’incontournables à ne surtout pas rater. Bon voyage !

XXI – été 2021 : Dix amis un seul compte en banque

La revue du grand reportage, XXI est en kiosque dans un numéro été 2021 intitulé Dix amis un seul compte en banque. Au menu : reportages, bande dessinée, enquêtes et carnet.

Le numéro 55 de XXI est de nouveau formidable. Créé en janvier 2008, cet hebdomadaire est actuellement dirigé par Franck Bourgeron, le journaliste et auteur de bande dessinée. Il faut souligner que le créateur est aussi directeur de 6 mois et des merveilleuses revues Topo et La revue dessinée (Histoire dessinée de la France).

XXI fut cofondée par Patrick de Saint-Exupéry (La fantaisie des dieux) et Laurent Beccaria (Propriétaire des éditions Les Arènes). En 13 ans, elle a accueilli de nombreux articles de journalistes de très grande qualité.

Ainsi pour ce nouveau numéro, une enquête Dix amis, un seul compte en banque autour d’un groupe de personnes ayant mis en commun leurs revenus mise en image par Vincent Mahé. Suivent ensuite un article Le dopant des champs autour d’un engrais chimique nocif, un carnet de photographie Adios Venezuela de Fabiola Ferrero, sur l’exil d’habitants du pays vers d’autres contrées; un papier d’Elise Rouard et illustré par Kristelle Rodeia mettant en scène la rencontre de lycéens et de travailleurs handicapés.

Nicolas Autheman livre un récit sur Vermeer mis en image par l’auteur de bande dessinée Olivier Balez (L’homme qui ne disait jamais non, Beauté noire & le groupe Prospero).

Anne-Gaëlle Amiot met en image l’article de Johannes Böhme sur des enfants-soldats en Ouganda et enfin Les secrets de familles sont narrés par Suzanne Privat et illustrés par Tristan Garnier, sous la forme d’une bande dessinée.

A noter que l’abonnement à durée libre de la revue XXI est de 17€ par numéro et celui à l’année est de 76€.

  • XXI, été 2021, numéro 55
  • Editeur : Quatre
  • Prix : 19€
  • Parution : 21 juin 2021
  • ISBN: 9782356381668

Résumé :

Dix amis, un seul compte en banque – Été 2021

XXI vous emmène à la rencontre de vos voisins.

Jamais nous n’avons passé autant de jours, de mois, dans un périmètre si étroit. Les confinements, le télétravail ont redéfini nos horizons. Des inconnus sont devenus des amis. Ils n’étaient qu’un nom sur une boîte aux lettres, une silhouette au supermarché. Nous avons engagé la conversation. La silhouette a pris chair, le bruit est devenu parole. L’avantage avec cette promiscuité inattendue, c’est qu’elle permet tous les fantasmes. Et si je ne vivais pas ici, mais chez eux ?

En Normandie, des handicapés reçoivent en stage les lycéens d’en face. À la blanchisserie, au restaurant, on parle foot et Playstation. À Paris, Suzanne Privat s’est aperçue que ses enfants fréquentaient la même école que ceux d’un mouvement catholique unique, radical mais pas reclus, en plein cœur du 20e arrondissement. Ou quand « l’infra-ordinaire », cher à Georges Perec, percute « l’extraordinaire ». Emmanuel Carrère est parti chez nos voisins belges. Il raconte dix amis qui partagent leur argent, comme si la haie était tombée, les gardénias enjambés. Ce qui est à toi est à moi.

Au Venezuela, une jeune photographe ferme les maisons de ses proches, partis pour l’étranger. L’avenir en forme de question : quand il n’y a plus de voisins, que reste-t-il ?

Léna Mauger et Marion Quillard

Robinson à Pékin

Être pris dans le tourbillon des émeutes de la Place Tien An Men, c’est l’histoire d’Eric Meyer, un journaliste résidant en Chine depuis 1987. Sous les pinceaux d’Aude Massot, il raconte sa vie dans cet immense pays dans Robinson à Pékin, un album édité par Urban Comics.

Débarqué à Pékin en 1987, le journaliste-pigiste français Eric Meyer s’astreint à écrire un ou deux articles par jour afin de vivre correctement. Après un séjour chez son ami Jasper qui l’héberge, il réussit tant bien que mal à trouver un appartement par l’entremise de la Compagnie de logement, la seule agence de la ville spécialisée pour les étrangers.

Mais son séjour de travail est surtout marqué par les émeutes de la Place Tin An Men qui faillit faire vaciller le pouvoir en place…

Avec Robinson à Pékin, Eric Meyer relate son quotidien dans la capitale chinoise. Loin des cartes postales ou de la propagande du Parti communiste chinois, il brosse le portrait d’une mégalopole en effervescence, qui bouillonne. Le plus intéressant étant bien évidemment les répressions contre les révolutionnaires en 1989 lors des émeutes, le reste n’ayant pas un grand intérêt. En effet, le quotidien semble assez banal chez les Meyer malgré le lieu de vie, lui tellement singulier.

Pour accompagner en dessin, le journaliste, c’est Aude Massot qui met son talent d’illustratrice au service de cet existence peu commune d’un Français en Chine. L’autrice de Chronique du 115 réalise de superbes planches, tout en délicatesse, à l’aquarelle. C’est en effet le point fort de Robinson à Pékin parce que le récit en lui-même n’est guère passionnant. Dommage.

  • Robinson à Pékin
  • Scénariste : Eric Meyer
  • Dessinatrice : Aude Massot
  • Editeur : Urban Comics
  • Prix : 25€
  • Parution : 04 juin 2021
  • ISBN: 9782372590846

Résumé de l’album : En atterrissant à Pékin le 5 septembre 1987, le journaliste Eric Meyer n’aurait jamais imaginé rester sur place plus de quelques mois. Pourtant, plus de trente belles années séparent ce jeune homme curieux et débordant d’entrain de l’homme qui nous raconte aujourd’hui son histoire. Celle d’un coup de foudre pour une culture aux antipodes des codes occidentaux, d’une vie semée d’embûches mais d’autant d’émerveillements. Car décider de vivre en Chine, d’y travailler et d’y fonder une famille, c’est choisir de plonger dans l’inconnu, chercher à comprendre l’autre sans le juger, respecter sans pour autant adhérer. Et en effet, certains événements trouvent difficilement de justifications recevables. C’est à ce moment-là que la plume du reporter s’élève et prend le risque de dénoncer les agissements d’un régime froid, impitoyable et tout puissant en apparences. Dans ROBINSON À PÉKIN, Eric Meyer revient sur ses deux premières années de vie en Chine, son acclimatation à la vie locale, mais aussi sur « le printemps de Pékin » qui vit se multiplier les manifestations d’étudiants, d’ouvriers et d’intellectuels chinois, jusqu’à leur répression, le 4 juin 1989, sur la place Tian’anmen. Un témoignage unique en son genre, foisonnant d’anecdotes et de situations à peine croyables. Une tranche de vie à nulle autre pareille.

Marco & Co tome 2

Chouette ! Le deuxième tome de Marco & Co est dans les bacs ! Olivier Jouvray et Sylvain Bec poursuivent les aventures très drôles de Marco, jeune étudiant en art à Paris.

Paris. Marco est toujours autant chouchouté par Cloclo, sa grand-mère, chez laquelle il est hébergé. Tout droit débarqué de sa cambrousse, il entre dans quelques jours dans son école d’art. Le garçon au bonnet à pompon ne connait rien de la ville, de la vie et de Paris.

Entre ses amis étudiants, sa mamie qui veut les inviter au restaurant, des parents au bord de la déprime, Lucifer le chat et des profs un brin caustiques, la rentrée est sportive pour Marco

Marco & Co, c’est vraiment un petite série sympa et super drôle, une parenthèse enchantée distrayante pour oublier le monde qui nous entoure. C’est frais, c’est amusant et bien écrit. Olivier Jouvray met en scène des personnages aussi drôles les uns que les autres. Tout d’abord Marco, un peu naïf qui découvre la vie à la capitale. Il y a aussi son père, un grand costaud, qui stresse pour lui à distance et qui déprime de le voir si loin mais également Cloclo, une grand-mère dont tout le monde rêve. Dynamique, moderne et cynique, elle est la vraie caution humoristique de la série. Entre le restaurant promis aux amis des Marco ou sa voiture rouge, tout est là pour nous faire rire.

Comme des petites saynètes qui s’enchaînent pour construire un long récit, le scénariste réussit à nous emmener vers des terres si drôles. Son comparse, Sylvain Bec, apporte aussi son lot d’humour par un dessin très lisible et très expressif.

On choisit pas sa famille, comme pourrait le dire ce pauvre Marco, jeune adulte campagnard débarqué à Paris. Pour notre plus grand bonheur et nos parties de fou rire. Bravo aux deux auteurs, c’est chouette Marco & Co !

  • Marco & Co, tome 2 : on choisit pas sa famille
  • Scénariste : Olivier Jouvray
  • Dessinateur : Sylvain Bec
  • Editeur : Gallimard BD
  • Prix : 13€
  • Parution : 16 juin 2021
  • ISBN: 9782075121293

Résumé de l’album : Intégrer une école d’art parisienne quand on débarque de sa campagne, bonjour le stress ! Mais Marco vit en coloc avec sa mamie complètement folklo, et ses camarades de classe sont aussi paumés que lui… Tout devrait donc bien se passer.

 

Au-delà des étoiles tome 2

Après un premier tome qui nous avait agréablement surpris, Cee Cee Mia et Lesdeuxpareilles livrent le deuxième volet de Au-delà des étoiles, la sympathique série jeunesse sur les danses urbaines chez Dupuis.

Rien ne va plus pour Les étoiles ! Dénoncé par Synapse, l’un des leurs, les cinq membres se retrouvent en fâcheuse posture au commissariat du quartier. Leurs parents sont furieux contre cette intrusion dans la piscine municipale. Entre cris et claque, ils passent un sale quart d’heure.

Surtout que Kam, leur prof de danse, n’est pas au mieux : son meilleur ami est en soins intensifs. Il réussit à arranger le coup avec le policier qu’il connait bien. Mais le groupe vole en éclats : certains parents interdisent à leurs enfants de continuer à danser…

Au-delà des étoiles continue de nous surprendre. Si les scènes de danse sont merveilleusement mises en image par Lesdeuxpareilles, le fond de la série est toujours aussi prenante. Parce qu’on ne parle pas que de danse, on parle de groupe, d’adolescence, de grosse bêtises, de coups de gueule, de coup de cœur, de repentance, d’interdit et d’amitié. Cee Cee Mia nous emmènent avec facilité dans cet univers très bien observé par les jumelles scénaristes. Tout sonne juste dans cette série. On se prend d’affection pour Les étoiles, ces adolescents si généreux et si humains.

Vivement le troisième opus pour voir où Lesdeuxpareilles et Cee Cee Mia vont nous entraîner. Vers les étoiles ?

  • Au-delà des étoiles tome 2 : La famille, la vraie !
  • Scénariste : Cee Cee Mia
  • Dessinatrices : Lesdeuxpareilles
  • Éditeur : Dupuis
  • Prix : 12.50 €
  • Parution : 02 juillet 2021
  • ISBN : 9791034747665

Résumé de l’éditeur : Au quartier des étoiles, le crew est au bord de l’implosion. Dénoncés alors qu’ils avaient pénétré par effraction dans la piscine municipale, les cinq ados, amis depuis l’enfance, se retrouvent au commissariat et risquent de payer très cher cette virée clandestine. Ainsi Kam ne pourra pas continuer les entraînements car le break a été supprimé des activités subventionnées par la municipalité. Sans compter que le père de Finley, adjoint au maire de la ville, furieux, menace de faire raser la cité. Mais pourquoi leur nouvel ami Synapse les a-t-il trahis ? Sur fond de petites embrouilles et de trafic de drogue, seul l’amour de la danse et du hip-hop permettra à ces jeunes étoiles qui n’aspirent qu’à briller de surmonter l’adversité et de réaliser leur rêve.

L’île entre deux mondes T2

Tatsumi poursuit sa découverte de l’île guidé par ses deux élèves et son amie d’enfance. La grand-mère du village distille ses messages sibyllins le long des pages. L’île entre deux mondes se dévoilent sans jamais révélé l’ensemble de ses secrets.

Asuka Ishii nous emmène une fois de plus dans un voyage inoubliable. Sur les rivages de l’île bleu, le surnaturel côtoie les profondeurs de la nature. Ensemble, ils appellent les personnages à plonger en eux-mêmes, renouer avec l’intimité du monde sauvage. Doux et farouches, ils s’immiscent dans les moindres interstices du quotidien. La vie insulaire force le contact avec un autre monde. Un monde de l’indicible que pourtant certain peuvent sentir.

Le trait fin et lumineux du manga, son édition en grand format – chez Pika Edition – nous immerge dans un univers flottant et rafraichissant. Un style qui sied à merveille aux chapitres nettement découpés d’Asuka Ishii.

A travers de petites histoires, l’autrice nous raconte le quotidien de son héros, Tatsumi, jeune professeur. Ce quotidien qui, au tome 1 se voyait bouleversé, est maintenant définitivement en train de changer. Peu à peu il se rapproche de cette île de son enfance qu’il a oublié. Pourtant, les choses lui sont de plus en plus familières. Et peut-être qu’il est moins étranger qu’il ne le pensait. Peut-être qu’il y a une raison à son amnésie.

Au fil des pages, Aoshima révèle ses secrets. Le surnom de cette île entre deux mondes prend alors tout son sens. Ce manga nous invite à une promiscuité avec la nature et ses mystères, sa poésie et sa violence. Cette invitation fait d’Aoshima autant un personnage que les habitants qui la peuplent.

Avec poésie, donc, Asuka Ishii nous murmure les secrets de son monde construit d’après le folklore japonais shintoïste. La duologie de L’île entre deux mondes devient une étape supplémentaire – et incontournable – entre les univers de Mushi-Shi de Yuki Urushibara et les films de Makoto Shinkai, nimbés de la culture shintô.

C’est une lecture que l’on vous conseille de tout cœur. Surtout si vous avez des envies d’évasion.

  • L’île entre deux mondes T2
  • Auteur : Asuka Isshi
  • Éditeur : Pika Graphic – Pika Editions
  • Prix : 14 €
  • Parution : 15 juillet 2021
  • ISBN : 9782811659851

Résumé de l’éditeur : Aoshima, une île caressée par le vent et les vagues, débordante de lumière. Tatsumi y a vécu lorsqu’il était enfant et le voilà de retour pour enseigner dans l’école Aoto. Au contact de la nature omniprésente, il est confronté à des phénomènes étranges et à de nouvelles expériences sensorielles très agréables, comme s’il touchait du doigt aux différentes couleurs de la vie.

L’Eden des sorcières

L’Eden des Sorcières. Dans un monde que la nature a déserté, des lieux refuges existent, loin des hommes, que seules les sorcières peuvent habiter. Pilly est une jeune sorcière qui voit sa vie bouleversée. Yumeji nous emmène les routes morte de la Terre des hommes où Pilly va devoir affronter son destin…

Autrefois, la Terre était luxuriante. Une belle planète verte où les animaux et les plantes vivaient en harmonie. Jusqu’à l’arrivée de l’Homme. L’Homme n’entend pas la Voix des choses. Il détruit tout sans vergogne. Alors les animaux et les plantes se sont retirés. Le monde n’est plus qu’une vaste étendue grise, poussiéreuse, rocailleuse.

Cependant il existe des refuges cachés des hommes. Dans des cavités difficiles à atteindre, sous la chaleur de puits de lumière et la fraîcheur de la végétation, les sorcières vivent encore en harmonie avec la nature. Pilly vit dans un de ces sanctuaires avec Toura, une vieille femme puissante. Malgré toute la confiance de cette dernière, Pilly désespère de ne toujours pas pouvoir entendre la Voix des plantes.

Elles coulent des jours heureux. Cependant Toura est vieille. Un jour, elle s’effondre. Ne sachant pas quoi faire, Pilly décide d’aller en ville, croise les doigts pour trouver un médecin. Mais c’est le début d’une descente en enfer. Elle découvre la violence des hommes, l’exécution des sorcières, la pauvreté ambiante. Le Sanctuaire est découvert, des hommes en armes saccagent le lieu et Toura rend son dernier souffle. Protégée in-extrémis par un gigantesque loup sortie d’un pot de terre, Pilly prend la fuite.

La jeune fille sans confiance va devoir surmontée sa peur, apprendre à connaître ce monde inhospitalier et ces hommes si diverses et variés qui le peuplent. Pilly se lance à la recherche de l’Eden des sorcières, sorte de jardin originel où vivent les autres sorcières, les plantes et les animaux. Réussira-t-elle à réveiller ses pouvoirs dans l’adversité ?

L’Eden des Sorcières est un manga beau. Un grand soin est apporté au paysage, à la texture des roches, des feuillages, des chevelures et autres fourrures. Yumeji a un trait fin, très épuré, avec peu d’ombrage. C’est un manga assez lumineux, faisant ressortir en même temps la sécheresse des zones mortes et la fraîcheur des lieux de refuges.

Pilly est une jeune fille qui ne croit pas en elle-même. Habitée par un doute permanent, elle se repose avant tout sur les autres. Sa quête pour puiser sa propre force intérieur semble longue et tumultueuse. Malgré tout, Pilly est un personnage plutôt attachant. Et pour une personnalité comme la sienne, assez antipathique, c’est une bonne surprise. Elle est amenée à rencontrer des personnages autrement haut en couleur, tendres, brutes, attachants ou machiavéliques.

Edité chez Ki-oon, L’Eden des Sorcières de Yumeji est un manga, plein de bonnes idées qui ne demande qu’à être encore plus développées.

  • L’Éden des sorcières, tome 1
  • Auteur : Yumeji
  • Traducteur : Geraldine Oudin
  • Editeur : Ki-oon
  • Prix :  7,90 €
  • Parution : 2021
  • ISBN : 9791032710036

Résumé de l’éditeur : Autrefois, plantes et animaux vivaient en harmonie… jusqu’à l’arrivée de l’homme. Incapable de coexister avec les autres espèces, il les a détruites sans remords. Faune et flore ont alors décidé de fuir et de se cacher… Voilà des centaines d’années que le monde n’est plus qu’une vaste étendue désolée. Pourtant, il existe encore de rares enclos de verdure : ce sont les repaires secrets des sorcières, ces femmes d’exception sensibles à l’appel des plantes. Rendues responsables de leur disparition, elles sont la cible de la haine des humains…

Pilly a grandi dans un de ces sanctuaires. Élevée par la puissante Toura, elle tente de développer ses pouvoirs… sans succès ! Pour l’encourager, la vieille femme lui offre une graine qui doit la mener un jour vers l’Éden, un jardin verdoyant réservé à l’élite de leur communauté. La jeune apprentie n’a aucune envie de partir et préférerait passer sa vie à l’abri des regards. Mais son monde s’écroule le jour où des hommes en armes s’introduisent dans sa cachette ! Face à la violence des envahisseurs, tout semble perdu… quand soudain la graine de Pilly donne naissance à un énorme loup, mi-animal mi-végétal ! Serait-il le guide vers la terre des élues ?

The Witch and the Beast T2

The Witch and the Beast 2 : Guido et Ashaf poursuivent leur enquête dans la ville de Haiden. La sorcière semble plus décidée que jamais à semer la mort et la destruction. Mais « même sans lever la malédiction… Nous sommes plutôt redoutables. » L’affrontement peut commencer !

La sorcière de Haiden a lancé un nouvel avertissement au commissariat central. Keira compte sur l’aide de l’Ordre Noir pour venir à bout de cette sorcière cruelle qui a détruit sa famille. Pourtant l’aboutissement de son enquête pourrait bien lui apporter plus de mauvaises surprises que prévu.

Le tome 2 de The Witch and the Beast enchaîne les petites histoires. Il nous offre l’occasion de rencontrer l’incroyable Fanola et le très dévoué Johan. Il nous dévoile davantage les magies les plus sordides de cet univers. Des grimoires à la nécromancie. C’est aussi l’occasion de se rapprocher un peu plus près des secrets de Guido et des étranges desseins d’Ashaf.

Ce tome 2 nous offre une nouvelle séquence de gore dans une ambiance lugubrement raffinée. L’univers se complexifie et dépeint un tableau qui gagne peu à peu en charme. Le dessin tout en finesse de Kousuke Satake colle une fois de plus parfaitement à l’atmosphère froide et délicate de son récit.

The Witch and the Beast, édité chez Pika Edition devient une série de plus en plus intéressante, de plus en plus intrigante. Dynamique, c’est une bonne lecture pour se changer les idées.

  • The Witch and the Beast T2
  • Auteur : Kousuke Satake
  • Traductrice : Anaïs Koechlin
  • Editeur : Pika Editions
  • Prix :  7,50 €
  • Parution : 7 juillet 2021
  • ISBN : 9782811661427

Résumé de l’éditeur : La ville de Haiden est secouée par une série de tueries qu’une sorcière semble perpétuer par frivolité, au point que les journaux surnomment cette affaire “le jeu de la sorcière”. Un jour, le commissariat central reçoit un préavis de massacre, comme pour ridiculiser l’incapacité de la police à mettre un terme à ces violences répétées. Pour Guido et Ashaf, dépêchés spécialement pour résoudre l’affaire, c’est une véritable déclaration de guerre ! Parviendront-ils à arrêter la folie meurtrière de cette sorcière d’une effroyable cruauté ?