Le roi des bourdons

Quand un auteur de bandes dessinées se transforme en super-héros pour rendre la justice, cela donne Le roi des bourdons, un album signé David de Thuin chez Glénat.

Rohmer, un dessinateur employé par Chatterbooks, vient d’être licencié. Au bout de sa vie, il tente de se suicider en sautant du toit d’un immeuble. Il est rattrapé par Hyperclébard, le super-héros toutou.

Zola est un dessinateur de bandes dessinées amateur. En attendant d’être publié, il travaille comme manutentionnaire chez Chaterbooks. Pour chaque nouveau projet, il le soumet à cette maison d’édition. En vain. Son patron préférerait qu’il se lance dans le « gag ».

De son côté, François, le frère de Zola zone, boit et ne fait rien de ses journées et sa mère est hospitalisée, elle n’a plus toute sa tête.

Pour garder la maison familiale vivante, les deux frères s’y installent. Dans le jardin, Zola entend des bourdons lui parler. Mieux, ils l’entourent et se transforment en combinaison. Il devient alors un super-héros…

Nommé dans la Sélection Officielle à Angoulême, Le roi des bourdons est un album sympathique de David de Thuin. Dans la veine des albums anthropomorphes de Lewis Trondheim, il ne parvient néanmoins pas à en atteindre la force et la folie.

La faute à un récit trop riche d’informations, à une volonté de ne pas aller vers un genre (chronique sociale, histoire de super-héros, comédie, polar…). Le lecteur se retrouve écartelé, sans jamais comprendre où il en est. Le récit part dans tous les sens, multiplie les pistes, les fausses intrigues et l’on en perd la fil principal. Quel est le véritable message de De Thuin ?

Restent des thématiques contemporaines bien senties (vécues ?) : le travail d’auteur de bandes dessinées, les relations auteur/éditeur, la maladie, l’abandon, les relations de fratrie, la jalousie et la notoriété. Si l’on ajoute à cela, deux super-héros dont l’un est tiraillé dans ses convictions, de l’humour et l’on obtient un album plaisant mais sans plus parce qu’un peu foutraque. Le roi est des bourdons est très étrange et aurait mérité plusieurs volumes pour tout aborder.

Dans un premier temps, David de Thuin a voulu auto-éditer Le roi des bourdons (il existait 6 épisodes). Il les a retravaillé pour les proposer en une seule histoire.

  • Le roi des bourdons
  • Auteur : David de Thuin
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 19€
  • Parution : 4 septembre 2019
  • IBAN : 9782344028933

Résumé de l’éditeur : La vie, c’est pas comme dans les bandes dessinéesZola est auteur de BD. Enfin, disons qu’il aimerait bien… Mais les projets qu’il soumet aux toutes puissantes éditions Chatterbooks, unique maison d’édition de Chattertown où il travaille comme manutentionnaire, sont systématiquement refusés. Pour tout dire, ici on est plus enclin à faire prospérer leur poule aux oeufs d’or, les aventures d’Hyperclébard le super-héros, qu’à accepter les oeuvres intimistes de jeunes auteurs en herbe. Mais un jour, alors qu’il travaille dans le jardin de sa mère, Zola sauve un bourdon de la noyade. Il n’imaginait pas que ce geste anodin allait peut-être changer sa vie à tout jamais. Métamorphosé en super-héros, Zola le « Roi des bourdons » va alors devenir le rival dans la vraie vie d’Hyperclébard…Le Roi des bourdons est autant une aventure loufoque qu’un récit de super-héros décalé et une critique en creux du milieu de l’édition de bande dessinée. De son dessin animalier et son sens du dialogue percutant, l’auteur de La Proie parvient à brosser quantité de sujets fondamentaux avec une légèreté coutumière. Deshumanisation de la société, désillusions professionnelles, acceptation du deuil ou conformisme sociétal sont ainsi passés au crible avec une sensible touche d’humour et une bonne dose de tendresse. S’il avait d’abord publié Le Roi des bourdons en 6 petits volumes autoédités, David de Thuin a décidé, pour cet ouvrage exceptionnel, de réécrire et redessiner intégralement cette histoire en un seul volume.

La fistule

Avoir une fistule ce n’est pas drôle, surtout si elle est placée dans le cerveau. Isidore M’Buma en fait l’amère expérience dans La fistule, une comédie décalée aux éditions Lapin.

Dessinateur né en 1981, Isidore M’Buma coule des jours plutôt heureux avec Marion, son amie, jusqu’au soir du 29 janvier 2014. Comme si on lui plantait un couteau dans le cerveau, il défaille. Un mal impossible à faire passer même avec un Doliprane.

Ensemble, ils partent aux urgences de la ville pour comprendre d’où viennent ces violentes céphalées. Après une IRM, l’on découvre une léger saignement dans son cerveau. Le médecin – un peu zinzin – n’est pas satisfait : il veut savoir d’où vient ce saignement. Rasage des parties intimes et sonde dans l’urètre pour une artério, tout est sacrifice et douleurs. Il a fait un AVC. Après plusieurs jours à l’hôpital, les médecins lui diagnostiquent une fistule au cerveau. Une de ses veines ne peut supporter un afflux de sang important arrivant d’une artère et elle explose…

De son expérience dramatique, Isidore M’Buma en tire un album décalé, fou et très drôle ! Il faut souligner que le pauvre auteur n’a pas de chance : rien ne fonctionne dans son rétablissement. L’ artériographie et la colle pour la fistule qui foirent ou les multiples interventions chirurgicales qui sont des échecs; rien ne lui est épargné !

Restent la folie de M’Buma. Tout tourne à la rigolade pour lui : les toilettes intimes par des infirmiers, le docteur à l’accent à couper au couteau, ses danses nues ou ses bourses qui enflent. Son dessin proche des mangas apporte aussi son lot d’humour par son côté kawaï.

La fistule : c’est déjanté, c’est drôle et l’on passe un moment sympa de lecture !

  • La fistule, a Buma true story
  • Auteur : Isidore M’Buma
  • Editeur : Lapin
  • Prix : 18€
  • Parution : 12 septembre 2019
  • IBAN : 9782377540518

Résumé de l’éditeur : En l’an de grâce 2014 Buma, 33 ans, va devoir faire face au pire ennemi qu’il a eu à affronter jusqu’à maintenant : la terrible fistule. Tout le monde connaît son nom mais rares sont ceux qui l’ont réellement rencontrée. Commence alors pour notre héros un périple médical haletant et éprouvant. « Une lettre d’amour au flan pâtissier – un régal » – Flan magazine ; « Une ode à la contemplation sociale mêlée à un regard acéré sur la conjoncture médicale prédominante de notre civilisation décadente qui nous laissera un goût de révolte et de liberté. » – Les inglobuctibles ; « Buma n’est pas aussi mignon en vrai. » – Obtu ; « La première BD avec Dhierry Beggaro et Julien Lebers ! Une valeur sûre. » – Télé 7 boules ; « Personne ne décède à la fin, dommage. » – Crémation passion.

Acte de dieu

Après Les visées (avec Thomas Gosselin), Giacomo Nanni imagine Acte de dieu, une bande dessinée sur la place de l’Homme sur Terre aux éditions Ici même.

Les Appenins, Italie. Un superbe chevreuil est apeuré. Non loin d’une autoroute, il erre sur le parking d’un supermarché. Dès que la nouvelle est annoncée, de nombreux badauds tentent de l’approcher, le photographier ou lui donner à manger (pizza, donuts, salade ou croquettes pour chien). Beau comme dans les livres, ils aimeraient l’apprivoiser. Arrivent alors les carabinieris, les gendarmes, qui tentent de l’attraper…

Si cette histoire de Giacomo Nanni commence comme un très beau conte pour enfant, elle dérive rapidement vers un drame. En effet, les Appenins sont une région sismique qui se réveille de temps à autre pour rappeler la force de la nature. Tout tourbillonne alors dans Acte de dieu : chasseurs, voyeurs ou gendarmes.

Pour renforcer le propos naturaliste de son histoire, l’auteur italien fait raconter son histoire par le chevreuil. Ce narrateur donne alors ses impressions et surtout ne comprend pas toute cette folie autour de lui. Comme si la nature ne comprenait pas les Hommes. Giacomo Nanni parle alors de fin du monde, de dérèglement climatique et des effets néfastes de l’homme sur la Terre. Il y ajoute une dimension surnaturelle avec par exemple des licornes.

La narration est simple, redoutable et belle mais ce que l’on apprécie encore plus c’est le trait pointilliste de Nanni. Tel Roy Lichstenstein, il multiplie les points de couleurs pour emporter avec lui le lecteur.

Acte de dieu : l’Homme, la nature, la vie…

  • Acte de dieu
  • Auteur : Giacomo Nanni
  • Editeur : Ici Même
  • Prix : 19.50€
  • Parution : 11 avril 2019
  • IBAN : 9782369120506

Résumé de l’éditeur : « Giacomo est l’un des auteurs de bande dessinée vivant les plus intelligents et les plus talentueux. Il est aussi l’un des rares que j’envie » GIPI. Dans ce récit choral, Giacomo Nanni, par la virtuosité d’une écriture hypnotique et d’un dessin pointilliste aussi précis qu’envoûtant, nous parle de la Terre, des hommes, et de leur impitoyable rapport de force. Fascinant.

Spray

Spray, tagueur des bas fonds de Montréal, vit toujours à 100 à l’heure. Cédric Loth dévoile sa vie dans un album singulier et fort aux éditions Mosquito.

Sortie d’un drivin’ciné, une voiture est percutée par un chauffard. A son bord, un père et son fils, Buddy. Le premier meurt, le second est éjecté des dizaines de mètres plus loin.

Sonné et amnésique, il décide de faire du stop. Un chauffeur de camion transportant des porcs le prend au passage. Il lui conseille une adresse : celle d’un club de strip-tease où travaille Blanche-Neige. Mais avant d’y arriver, il est coursé par des skineads néo-nazis.

Chez Blanche-Neige, il découvre une famille aimante. Il commence alors à exercer ses talents de dessinateur, de tatoueur et de graffeur. Il devient alors Spray

Le monde du 9e art avait perdu de vue Cédric Loth. En effet depuis les années 1980, il avait travaillé pour des agences publicitaires. Pages dans Métal Hurlant et un seul album Atlantic City, il avait mis de côté son premier amour pour la bande dessinée. Après plus de trente ans, voici donc son deuxième récit dessiné.

Le lecteur est d’abord bluffé par un trait fort, singulier et original ! Son dessin est nerveux et d’une réelle force graphique. Ses couleurs aquarellées sont aussi très belles. Il rappellera aux amateurs des bandes dessinées 80-90, les histoires que l’on pouvait lire dans Métal Hurlant. Il distille une ambiance sombre des bas-fonds montréalais remarquables. Les Skins qui pourchassent toute sa vie Spray qui les défient, le bar à prostituées ou les usines désaffectées participent de cette atmosphère glauque à souhait.

Reste l’histoire, un peu confuse, délicate parfois à suivre. Dommage parce que les propos sont subtils et mettent le doigt sur des thématiques contemporaines fortes.

  • Spray
  • Auteur : Cédric Loth
  • Editeur : Mosquito
  • Prix : 20€
  • Parution : octobre 2019
  • IBAN : 9782352835226

Résumé de l’éditeur : Spray est un tagueur fou qui vit à Montréal dans le pont Jacques Cartier depuis que des bikers nazis ont décidé de lui faire la peau. Entre les cochons en liberté et les strip-teaseuses sa vie est décidément compliquée… L’auteur canadien s’était fait connaître pour ses publications dans Métal Hurlant.

Tu mourras moins bête #5

La future présidente du jury du festival d’Angoulême 2020, Marion Montaigne, dévoile le cinquième volume de Tu mourras moins bête, sa formidable série scientifico-humoristique chez Delcourt.

Après un 4e volet enthousiasmant, Marion Montaigne est de nouveau sur le pont avec ce 5e opus de Tu mourras moins bête. Encore un must !

L’autrice de Dans la combi de Thomas Pesquet poursuit son incursion dans le monde merveilleux et riche des sciences. Si les 264 pages de ce nouveau recueil sont très drôles, elles restent avant tout très documentées. Pour cela l’autrice de Youri et Margarine peut s’appuyer sur des travaux, des discussions et autres rencontres avec des femmes et des hommes de science.

Tel Candide, Marion Montaigne pose des questions pas si bêtes que cela, qui permettent au grand public de se cultiver. Pour cela, elle interroge les disciplines scientifiques par des cas modernes : les pigeons de Game of Thrones, les jeux-vidéos et la violence, ou encore Skynet. Ajouter à cela des questions d’ordre plus intimes (le clitoris ou le pénis) mais également les poils des insectes et cela donne une album riche et passionnant mâtiné d’un humour présent à chaque page.

Marion Montaigne invite aussi ses amis pour dessiner les cartes postales qui ouvrent la vingtaine de chapitres, notamment Mathieu Burniat, Joseph Falzon, Robin Cousin, Clément Fabre, Pochep ou encore Benjamin Renner.

En 2013, Tu mourras moins bête fut récompensé par le Prix du public à Angoulême. Un trophée amplement mérité tant cette série est l’une des plus intelligentes dans son domaine.

Tu mourras moins bête, mais également les collections Sociorama, La petite bédéthèque des savoirs ou encore le merveilleux Soon de Cadène et Adam, tous ces albums donnent envie ou répondent à notre curiosité. Le but est atteint ! Enjoy !

  • Tu mourras moins bête, tome 5 : Quand il n’y en a plus, y en a encore
  • Autrice : Marion Montaigne
  • Editeur : Delcourt, collection Humour de rire
  • Prix : 19.99€
  • Parution : 30 octobre 2019
  • IBAN : 9782413021896

Résumé de l’éditeur : Le professeur Moustache revient éclairer nos lanternes sur les prothèses responsables de la mauvaise humeur de Dark Vador, la quantité de poils qu’un chat doit entretenir ou les gestes à connaître pour remettre un pénis échoué à la mer. Sachez aussi que les fourmis ne sont pas si travailleuses et que s’il n’y a pas de pilote dans l’avion, un pigeon pourrait bien vous sauver la mise…

Fichtre !

Après Roucou, les éditions Çà et là proposent Fichtre !, un superbe recueil de strips signé Alberto Montt !

Dosis Diaras est le blog en langue espagnole qu’il faut suivre ! Son auteur, Alberto Montt, y publie régulièrement des strips humoristiques. Très prisé par les visiteurs – jusqu’à 100 000 par jour ! – ce site fait de cet artiste, l’auteur le plus suivi d’Amérique latine.

Cet Équatorien exilé au Chili depuis 1998 rivalise d’imagination pour proposer des très belles illustrations sur une page. Tout concourt à cela : le monde qui l’entoure, la politique, les arts, les sciences, la religion, la mort, l’Histoire, la psychanalyse, les superhéros et même Baudelaire et ses Fleurs du mal.

C’est drôle, jamais méchant et toujours intelligent. Les 16 pages sont portées par un dessin d’une grande lisibilité. Les personnages au grand nez s’écharpent et s’aiment; c’est toujours spirituel.

  • Fichtre !
  • Auteur : Alberto Montt
  • Editeur : Çà et là
  • Prix : 14€
  • Parution : 18 octobre 2019
  • IBAN : 9782369902775

Résumé de l’éditeur : Connu dans toute l’Amérique latine, Alberto Montt publie des dessins humoristiques depuis une douzaine d’années sur son blog Dosis Diarias qui reçoit jusqu’à 100 000 visites quotidiennes. Fichtre ! rassemble plus de 150 de ces cartoons à l’humour complètement déjanté. On y croise Dieu, le Diable, des vaches folles, des microbes dépressifs, des super héros qui tapent la discute au troquet et des hommes des cavernes accros aux réseaux sociaux…

L’art de Princesse Mononoké

En janvier 2000, la France découvrait Princesse Mononoké, le chef-d’oeuvre de Hayao Miyazaki. Les éditions Glénat proposent un art-book de ce film d’animation intemporel. C’est sublime !

C’est avec Princesse Mononoké que Hayao Miyazaki obtient ses lettres de noblesse dans le monde entier. Sorti au Japon en 1997, ce merveilleux long métrage d’animation de 134 minutes fut réalisé par les studios Ghibli. En France, trois ans plus tard, 750 000 spectateurs se pressent dans les cinéma pour admirer le film. Un succès énorme qui permet de faire comprendre que les dessins animés ne sont pas uniquement pour les enfants.

D’une rare beauté au niveau graphique, cette fresque naturaliste possède un savoir-faire en animation rarement égalé. Avec Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké est une œuvre maîtresse de Miyazaki, mettant en lumière sa pensée. S’y incarnent son rapport au monde et à la nature, cet esprit quasi animiste qui traduit la vie en toute chose et qui a porté l’artiste à créer cette ode à la terre.

Cet art-book de 220 pages met en lumière toute la magie des illustrations du maître mangaka. Les images sont majestueuses et hypnotiques. Il suffit de se pencher sur les cellulos qui permettent de peintre les décors – il y en a eu 144 000 en tout pour le film – ou les images issues de l’anime pour goûter tout le sel de cet enchantement.

En plus cela, les lecteurs peuvent découvrir des poèmes et une introduction sur Princesse Mononoké de Miyazaki, Décors somptueux (forges, forêts…), recherches pour les personnages (le démon, Ashitaka, Yakkuru, San, les sylvains, le dieu-cerf, Dame Eboshi…), l’animation numérique ou encore de magnifiques layouts choisis par le réalisateur.

L’art de Princesse Mononoké : pour poursuivre la magie de Noël et débuter l’année 2020 avec des étincelles dans les yeux. Du grand art !

  • L’art de Princesse Mononoké
  • Auteur : Hayao Miyazaki
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 24.90€
  • Parution : 02 janvier 2020
  • IBAN : 9782344031728

Résumé de l’éditeur : Le chef d’oeuvre incontestéPremier film à avoir fait connaître le nom de Miyazaki auprès d’un large public, Princesse Mononoke est l’un de ces films qui ont changé l’Histoire, en démontrant aux yeux de tous que les films d’animation n’étaient pas seulement destinés aux enfants.Après Mon Voisin Totoro et Le Voyage de Chihiro, c’est donc au tour de ce chef d’oeuvre mythique de rejoindre cette collection Ghibli, où vous pourrez découvrir les plus grandes oeuvres du studio initié par Miyazaki, via de splendides art books, des anime comics et également des pictures books disponibles dans la collection Glénat jeunesse.

Je suis au pays avec ma mère

Avec ce livre témoignage dessiné, « Je suis au pays avec ma mère », édité chez Atrabile, Irène De Santa Ana  (psychologue-psychothérapeute à Genève) nous raconte la rencontre et le suivi de Cédric, un jeune requérant d’asile originaire d’un pays d’Afrique de l’ouest.

Cédric a dû fuir son pays après l’assassinat de son père et de sa sœur qui essayaient de protéger le commerce familial, en laissant sa mère seule au pays. Arrivé en Suisse, sa demande d’asile a été refusée et c’est donc en toute illégalité qu’il vit à Genève.

Pendant plusieurs mois au gré des rencontres et des risques d’expulsion, la psychothérapeute décrit le suivi de ce jeune homme à travers les rêves dessinés qu’il lui raconte.

Cette lecture alterne donc entre les rêves dessinés de Cédric et l’interprétation, de la psychologue, sous forme de texte.

De manière brute mais nécessaire, le lecteur est plongé dans la réalité des jeunes enfants migrants sans famille que l’on considère à peine comme des humains.

Le dessin épuré d’Isabelle Pralong sert de manière intelligente ce récit très poignant.

Ce roman graphique fait partie de la Sélection Officielle à Angoulême en 2020.

  • Je suis au pays avec ma mère
  • Scénario : Irène De Santa Ana
  • Dessin : Isabelle Pralong
  • Éditeur : Atrabile
  • Prix : 18.00€
  • Parution :  Septembre 2019
  • ISBN : 9782889230853

Résumé de l’éditeur : C’est dans le cadre d’une psychothérapie qu’Irene de Santa Ana a rencontré Cédric; Cédric, jeune requérant, sort de plusieurs mois d’errance, dormant dans des parcs après avoir essuyé un premier refus à sa demande d’asile. Le statut de «débouté» prive Cédric de bien des droits accordés aux êtres humains, et le plonge dans d’épaisses limbes administratives, mais également existentielles. Au pays, plus rien ne l’attend; en Suisse, l’espoir de pouvoir rester est plus que ténu. De cette psychothérapie, Irene de Santa Ana va faire un article, et c’est de cet article qu’Isabelle Pralong s’est emparée pour Je suis au pays avec ma mère. Isabelle Pralong s’est intéressée plus particulièrement aux rêves de Cédric, qu’elle met ainsi en image. Le texte de l’article, complètement repensé et réécrit par Irene de la Santa Ana, vient ici introduire, commenter voire compléter les pages dessinées. Eminemment métaphorique, porteuse de sens, cette matière onirique rend compte à sa façon de l’état psychologique dans lequel doit évoluer et (sur)vivre Cédric, la complexité de son ressenti, de ses sentiments. Livre singulier dans une bibliographie singulière, Je suis au pays avec ma mère s’immisce dans des territoires politiques et sociaux sans une once de misérabilisme, et tente d’aborder autrement une question de société toujours irrésolue.

Obie Koul

Un week-end sur deux chez mon père est le premier volet de Obie Koul, la nouvelle saga de Makyo, mise en image par Alessia Buffolo chez Kennes.

Obie et sa maman viennent tout juste d’emménager dans un nouvel appartement. L’adolescent fait connaissance de son nouveau collège et notamment de Killian, la brute épaisse qui aime harceler les autres. Il est aidé par Boris, qui n’hésite pas à le remettre à sa place le bad boy.

Le soir, le père d’Obie vient lui rendre visite, lui donne une manette qui déplace les objets, mais ne reste pas. L’adolescent se rend alors dans le camion où sont entreposés les meubles de la famille et y colle des gommettes. Mais voilà, des malfrats le cambriolent et emportent tout avec eux. Par une simple pression des touches, Obie fait revenir tous les objets dans l’appartement.

Le lendemain, il rencontre Axelle, qui devient rapidement son amie…

Nommé dans la Sélection collège d’Angoulême 2020 et lauréat du Prix du conseil départemental 41 à BD Boum de Blois en 2019, Obie Koul est une bonne aventure fantastique pour les plus jeunes. Sans révolutionner le genre, il permet de passer un temps sympathique de lecture.

Il faut dire que Pierre Makyo (Manipulator, Bugz) est un très grand auteur de bande dessinée. Il sait tenir en haleine son lectorat, même si ici, l’on voit assez vite arriver les nœuds de l’histoire. On y apprend qu’Obie est le fils d’un couple d’extra-terrestres et qu’il va devoir passer certains week-ends chez son père parce que ses parents sont divorcés. L’auteur de Balade au bout du  monde ajoute aussi à ce premier volume les thématiques des violences scolaires et du harcélement.

Il est accompagné au dessin par Alessia Buffolo. Le trait semi-réaliste de l’autrice italienne est plutôt agréable, même si parfois on peut déceler quelques erreurs anatomiques d’une case à l’autre.

Obie Koul : une belle entrée en matière pour une aventure fantastique plutôt réussie.

  • Obie Koul, tome 1 : Un week-end sur deux chez mon père
  • Scénariste : Pierre Makyo
  • Dessinatrice : Allisia Buffolo
  • Éditeur : Kennes
  • Prix : 11.95€
  • Parution : 22 mai 2019
  • ISBN : 9782302078949

Résumé de l’éditeur : Mia vit sur terre, Elzeki est extraterrestre. Mia a été enlevée par Elzeki lors d’une mission d’exploration. Ils se sont aimés, puis séparés. De leur amour hétéroplanétaire est né un fils, Obie. À 12 ans, l’adolescent ne sait toujours rien des origines de son père. Lorsque ses parents lui expliquent enfin la vérité, il n’en revient pas. Dorénavant, il va devoir passer un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires sur une autre planète… Trop cool

Cartoon, tome 3 : Chaperlipopette

Revoilà Cartoon, le chat de Mistinguette ! Pour ce troisième recueil signé Greg Tessier et Amandine, nous retrouvons le félin chez le vétérinaire. Un album sympathique chez Jungle !

Depuis 2011, Greg Tessier et Amandine donnent vie à Chloé – alias Mistinguette – une collégienne un peu gaffeuse mais ô combien attachante. Ils lui imaginent des aventures drôles et sympathiques. En octobre paraissait déjà le 10e volume, en plus des romans toujours écrits par le duo d’auteurs.

Comme la série, dans la collection Miss Jungle, fonctionne plutôt bien en terme de vente, la maison d’édition leur a donné carte blanche pour une série parallèle intitulée Cartoon.

Cartoon, c’est le nom du chat de la famille de Mistinguette. Facétieux et drôle, il n’hésite jamais ni à manger, ni à dormir, ni à s’amuser pour le plus grand plaisir des jeunes lecteurs. Dans ce troisième opus, le félin doit se rendre pour la première fois chez le vétérinaire. Cage pour le transporter, animaux dans la salle d’attente, carnet de santé ou vaccins, tout y est. En plus des gags en une planche, les auteur ont préparé un dossier de 3 pages sur le thème des vétérinaires. Quant au dessin d’Amandine, il est agréable, très cartoon et coloré.

  • Cartoon, tome 3 : Chaperlipopette !
  • Scénariste : Greg Tessier
  • Dessinatrice : Amandine
  • Éditeur : Jungle, collection Miss Jungle
  • Prix : 10.95€
  • Parution : 27 novembre 2019
  • ISBN : 9782822228534

Résumé de l’éditeur : Alors qu’il commence enfin à trouver sa place dans la famille de Mistinguette, Cartoon – notre adorable et désopilant chaton âgé de trois mois – doit faire face à une nouvelle épreuve : les premières visites chez le vétérinaire ! Entre le stress provoqué par les trajets, la légendaire maladresse d’Antoine – le père de famille – ou encore les rocambolesques rencontres avec d’autres animaux, le matou ne sera pas au bout de ses peines. Ajouter à cela la présence d’un rugueux vétérinaire, le bien-nommé M. Bourrot, et notre petit héros n’aura plus qu’à bien s’accrocher !

Trolls de Troy #24

Voici déjà le 24e tome de Trolls de Troy ! Comme le temps passe vite lorsque l’on est attaché à une belle petite série. Un caillou sur la tête met en scène Waha partie à la recherche d’un dragon qui peut souffler du froid et est signé Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier.

Alors que Danthrakon ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable, Arleston revient en force avec un  nouvel opus de Trolls de Troy. Et ça se sent, il aime cette série. C’est vraisemblablement celle qui lui colle le mieux. Jeux de mots, calembours, noms rigolos, quêtes complétement insensées et magie, tout est là pour passer un excellent moment de lecture !

Une météorite fonce droit sur le village de Waha ! Malgré un pouvoir un peu aléatoire et qu’elle ne maîtrise toujours pas, la jeune trolle-humaine réussit à stopper la course de la boule de feu. Mais en faisant cela, elle arrête le temps ! Les habitants sont comme statufiés.

Elle se rend alors chez Waderëh, le mage vivant à l’écart du village. Accompagné de Tyneth, elle découvre que le plus simple est de trouver un dragon des neiges, capable de souffler de l’air très froid. Elles partent alors vers les très hautes montagnes…

Station montagnarde, ski, hôtel de luxe mais aussi le comte de Nauyelle et ses filles, les thématiques partent dans tous les sens et c’est très drôle !

Comme à son habitude, le trait de Jean-Louis Mourier nous enchante ! Les planches sont toujours foisonnantes de détails, le bestiaire dingue et les couleurs de Claude Guth, des merveilles !

  • Trolls de Troy, tome 24 : Un caillou sur la tête
  • Scénariste : Christophe Arleston
  • Dessinateur : Jean-Louis Mourier
  • Éditeur : Soleil
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 04 décembre 2019
  • ISBN : 9782302078949

Résumé de l’éditeur : Une météorite va écraser le village troll ! Heureusement, Waha, grâce à son pouvoir aléatoire, bloque l’astéroïde juste au dessus du village. Mais il n’y a pas que ce gros caillou en feu qui se retrouve figé : Tetram, Puitépée et tous les villageois sont également pétrifiés ! Les seuls à pouvoir encore bouger sont Waha, la petite Tyneth et le vieux sorcier. Et pour se débarrasser de la météorite incandescente, il va falloir trouver un dragon cracheur de glace…

Manu l’intégrale

L’adolescent rocker Manu est de retour ! Fluide Glacial dévoile l’intégrale des ses aventures signées Frank Margerin. Un must pour les nostalgiques du grand dessinateur !

En 1979, Frank Margerin imagine Lucien et ses amis pour la revue Métal Hurlant. Paraissent ensuite six albums aux éditions les Humanoïdes Associés. C’est le début du succès pour l’auteur né à Paris en 1952.

En 1989 – trois ans avant de devenir Grand Prix de la ville d’Angoulême – Margerin est contacté par la petite société de production Jingle pour créer une série animée autour de Lucien. N’étant pas très chaud – comme il l’explique en préface de l’intégrale – il décide d’inventer un personnage de toute pièce, Manu. Les épisodes sont diffusés sur La Cinq puis sur France 2.

Dans son style caractéristique humoristique, l’auteur de Je veux une Harley (avec Cuadrado), met en scène un adolescent de 14 ans à l’esprit rocker. Perfecto sur le dos, long nez pointu, mèche blonde (pour l’hommage à Tintin) et Converse aux pieds, Manu est le pendant agité de Lucien.

Ciblé pour les adolescents, Manu connait alors des aventures en album. Pour cela, Margerin est aidé à l’encrage par Alteau et sa femme pour les couleurs.

Les recueils sont composés de courts récits très drôles et ancrés dans l’air du temps, à savoir les années 90. On retrouve son copain/souffre-douleur Robert, Josiane sa sœur, Simone et Raoul, son père et sa mère et Youki – pour Gotainer – le chien de la famille.

Manu : cette intégrale est idéale pour les amateurs de Margerin, les nostalgiques des années 80-90 et les rockers au grand cœur !

  • Manu, l’intégrale
  • Auteur : Frank Margerin
  • Editeur : Fluide Glacial
  • Prix : 25€
  • Parution : 11 septembre 2017
  • IBAN : 9782378782764

Résumé de l’éditeur : Manu, le petit frère de Lucien ! En deux mots : Manu est un adolescent au look un peu rocker avec son blouson en cuir et sa mèche jaune. Banlieusard moyen, il sait que, dans la rue, pour faire du fric faut chanter de la soupe, car si tu chantes du rock, non seulement tu ne fais pas une tune mais en plus tu pètes ta guitare… Manu c’est l’ado typique rocker sur les bords qui trouve toujours la connerie à faire et qui s’en sort plus ou moins bien ! À travers les aventures de Manu, Margerin pose mine de rien un regard amusé et caustique sur les grands problèmes de son époque. Cette intégrale regroupe les trois tomes des Aventures de l’insupportable Manu et un dossier sur la création de la série, de la BD à la télé pour au nal revenir à la BD.