la vie des très bêtes, l’intégrale

Marion Montaigne aime la science, qui le lui rend bien ! Les éditions BD Kids publient l’intégrale de La vie des très bêtes, un recueil drôle et grinçant autour des affres et des tares des bestioles sur Terre. Réjouissant !

Découverte avec le blog Tu mourras moins bête (décliné en série d’albums chez Delcourt), Marion Montaigne se penche sur la vie des très bêtes, les bestioles qui sont sur Terre (pour plus trop longtemps si l’on en croit nos scientifiques). Si pour les fiches du Professeur Moustache, elle partait de questionnements (la psychologie de la foule, pourquoi les passagers d’un avion n’ont-ils pas tous un parachute ?…) et y répondait de manière scientifique, pour cette intégrale, elle s’intéresse à une pléiade d’animaux.

A travers 158 pages, l’autrice de Dans la combi de Thomas Pesquet prend son jeune lectorat par la main pour lui parler de choses délirantes autour d’un animal pour toujours retomber sur ses pattes. Il y en a une bonne soixantaine.  Solidement documentées, ces deux pages pour chaque animal sont hilarantes et permettent d’apprendre plein d’anecdotes. Du bousier qui roule sa boule pour sa promise à la découverte de l’ornithorynque par le capitaine Hunter au XVIIIe siècle qui ne sait pas comment le définir, en passant par le requin qui détecte un goutte de sang dans des milliers de litres d’eau, au têtard et sa grosse tête, au lombric qui est un animal super-costaud, au pic-boeuf qui nettoie les gros animaux ou encore le rhinocéros qui a perdu ses poils au fil du temps; tout est là pour nous faire rire !

Les fiches de cette drôle d’encyclopédie animalière fut prépublié dans le magazine DLire et avait fait l’objet de deux albums avant cette intégrale. L’humour de Marion Montaigne fait mouche à chaque fois parce qu’il est piquant, grinçant et décalé. L’album se termine par une dizaine de pages de quiz pour le plus grand bonheur de tous !

  • La vie des très bêtes, l’intégrale
  • Autrice : Marion Montaigne
  • Editeur : BD Kids
  • Prix : 12.50€
  • Parution : 13 octobre 2018
  • IBAN : 9791036303401

Résumé de l’éditeur : Les animaux sont partout mais, au fond, les connaissons-nous vraiment ? Connaissez-vous par exemple les travers de la vie de pigeon voyageur ou la passion des parasites pour les voyages ? Savez-vous comment le rhinocéros voit le monde qui l’entoure, ou que le dindon est un oiseau qui désapprit à voler ? Découvrez une multitude de choses surprenantes sur les animaux et leurs pensées les plus intimes… Après le triomphe de « Dans la combi de Thomas Pesquet », retrouvez l’intégrale de « La vie des très bêtes » : un déluge de situations humoristiques et de vraies informations pour apprendre enfin tous les secrets des « très bêtes » !

Le secret de Zara

Zara aime dessiner, aime cela plus que tout ! La petite fille dessine et souvent sort du cadre au grand désespoir de ses parents qui aimeraient cadrer ses envies. Fred Bernard et Benjamin Flao imagine Le secret de Zara, une formidable bande dessinée pour les jeunes lecteurs.

Zara est une petite fille très vivante et attiré par tout ce qui l’entoure, notamment la nature. Elle vit avec ses parents ouverts et très aimants. Vendeurs de matériel d’artistes depuis trois générations, ils ont pu faire découvrir toutes les subtilités des Arts à leur fille. D’ailleurs, elle a attrapé le virus du dessin. Tout le temps, tous les jours, elle dessine ! Souvent ses dessins débordent des feuilles pour se retrouver là sur un mur, là sur une table.

Pris dans son élan créateur, elle ne voit pas où est le mal, c’est naturel. De leur côté ses parents doivent tout rattraper et tout nettoyer, une galère ! Son papa lui dit même : « Fini la peinture, Zara. Tu es encore trop petite pour ça… » après une après-midi peinture lors de son anniversaire avec ses copains. Elle lui répond : « Mais c’est pas possible, papa ! C’est … c’est toute ma vie, maman ! »

Après Pieter et le loken, La poudre d’escampette, Capitaine Fripouille ou Quand le cirque est venu, la collection Les enfants gâtés des éditions Delcourt s’agrandit avec Le secret de Zara. Tout de suite on est charmé par cette petite fille et l’univers imaginé par Fred Bernard et Benjamin Flao. En seulement 24 pages, ils entraînent les jeunes lecteurs dans la folie-douce de Zara.

Lorsque l’on est petit, on nous met dans les mains des crayons et on dessine; c’est notre premier moyen de communication avant de savoir écrire. Puis les années passant, beaucoup laissent tomber ce médium pour autre chose; restent les amateurs, les artistes. Zara déborde d’énergie et d’envie, elle ne se soucie pas des marges, elle crée sans se rendre compte. Cette boulimie de dessin est réfrénée par ses parents qui pourtant connaissent bien le milieu de l’art pour y travailler. C’est cette belle dualité et cet affrontement qui ne tourne pas ni au sang ni aux cris – et c’est appréciable – qui est ainsi mis en scène de façon subtil.

Fred Bernard rend aussi hommage aux Arts sous toutes leurs forme et particulièrement le dessin, un milieu qu’il connait bien (auteur de nombreux ouvrages dont Lady Sir ou Gold star mother). Pour l’accompagner dans cette très jolie aventure, le scénariste à de nouveau fait appel à Benjamin Flao avec lequel il a signé Essence (Futuropolis). Le dessinateur de Va’a, Mauvais garçons et Kililana Song dévoile des très belles planches colorées où Zara avec ses grands yeux semble comme envoutée par le dessin.

Le secret de Zara : une très jolie ode au dessin, un petit bijou pour les plus petits !

  • Le secret de Zara
  • Scénariste : Fred Bernard
  • Dessinateur : Benjamin Flao
  • Editeur : Delcourt, collection Les enfants gâtés
  • Prix : 13.50€
  • Parution : 07 novembre 2018
  • IBAN : 9782756074085

Résumé de l’éditeur : Les parents de Zara possèdent un magasin pour artistes. C’est là qu’elle découvre sa passion pour la peinture. Mais rien n’arrête sa fougue créatrice et ses dessins se poursuivent immanquablement au-delà de sa feuille, sur les tables, sur les murs… au désespoir de ses parents qui placent les tubes de couleur en hauteur et interdisent à Zara d’y toucher avant d’être assez grande pour les atteindre.

Whitehorse, volume 2

En 2015, Samuel Cantin dévoilait le premier volume de Whitehorse, un album singulier et étonnant aux éditions Pow Pow. Aujourd’hui, il entraine le lecteur dans la suite des aventures de Laura et Henri, un joli deuxième tome.

Tome 1, résumé de l’éditeur : Le couple formé de Henri, misanthrope, et Laura, comédienne à l’aube du succès, commence à se désintégrer lorsque cette dernière a l’opportunité d’aller tourner un film sur les caribous à Whitehorse avec le détestable réalisateur prodige Sylvain Pastrami… L’amour saura-t-il survivre au cruel milieu du cinéma québécois ?

Dans cette deuxième partie de Whitehorse, Henri Castagnette est dépité : Laura a bien décidé de se mettre en couple avec Sylvain et a quitté le foyer pour Whitehorse. Comme un malheur n’arrive jamais seul, on a diagnostiqué une maladie rare au jeune homme (le syndrome de la tortue). Mais c’était sans compter sur sa grande force de conviction pour aller reconquérir le cœur de son aimée. Accompagné de Diego, il part en deltaplane direction la maison de Pastrami.

Du côté de Laura, rien n’est tout rose non plus : elle se rend compte que Pastrami n’est pas celui dont elle rêvait. Pire, c’est un véritable tyran sur le plateau de tournage, s’en prenant aux assistants et autres techniciens. Ajouter à cela, Sébastien – 12 ans – embauché pour tenir à l’écart Henri et on obtient un album complètement farfelu…

Auréolé de nombreux prix pour le premier volume (Bédélys meilleur album de l’année en 2016 ou lauréat du Prix Marc-Olivier Lavertu 2016), Samuel Cantin déploie tout son talent pour imaginer une suite folle à Whitehorse. Comme le précédent, l’album est loufoque et très drôle. L’auteur de Vil et misérable dépeint avec un grande justesse les tracas et les travers d’une génération de jeunes québécois parfois à la dérive mais aussi les affres de la condition d’artiste. Les dialogues sont fous comme le veut le récit. Bavard et détonnant !

A noter que Whitehorse est en lice pour le Prix ACBD Québec 2018 avec deux autres albums : Vogue la valise de Siris et Moi aussi je voulais l’emporter de Julie Delporte.

  • Whitehorse, tome 2
  • Auteur : Samuel Cantin
  • Editeur : Pow Pow
  • Prix : 24€
  • Parution : 16 mars 2018
  • IBAN : 9782924049389

Résumé de l’éditeur : Whitehorse. Capitale du Yukon. C’est dans ce paradis nordique isolé que Sylvain Pastrami, nouvelle coqueluche du cinéma québécois, a décidé de tourner son prochain long métrage : un  » double documensonge  » sur une équipe de tournage filmant un documentaire sur les caribous homosexuels. C’est aussi là que notre héros, Henri, doit se rendre pour reconquérir le coeur de la belle Laura – qui l’a quitté pour aller tenir le rôle principal dans le film de Pastrami. Henri devra affronter ses propres démons, ainsi qu’une horde de pélicans géants survolant la ville en permanence, s’il désire renouer avec l’amour de sa vie.

Les riches au tribunal

Après Panique dans le 16e et Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?, Monique Pincçon-Charlot, Michel Pinçon-Charlot et Etienne Lécroart dévoilent Les riches au tribunal, un album sous-titré L’affaire Cahuzac et l’évasion fiscale.

En février 2016 commence le procès de Jérôme Cahuzac accusé de fraude et d’évasion fiscales. Tout le monde à en tête le fameux moment où l’ancien ministre de l’économie de François Hollande avoue à la télévision en 2013, soit un an après sa nomination. Pourtant quelques mois avant, il avait nié les faits devant l’Assemblée Nationale.

En suivant ces heures de procès, le couple de sociologues Pinçon-Charlot, spécialisé dans les inégalités financières et s’intéressant avant tout aux riches, peut ainsi témoigner de ce système étonnant mis en place par Cahuzac. Tout était calculé et négocié au plus près.

Monique et Michel Pinçon-Charlot connaissent depuis longtemps le socialiste. Ils avaient notamment collaboré avec lui pour la réédition de l’ouvrage sur Sarkozy, Le président des riches. Alors président de la Commission des finances, l’homme les avait intrigué. Ils s’intéressent alors de plus à lui lors de L’affaire de l’hippodrome de Compiègne mettant en cause le prédécesseur de Cahuzac au ministère de l’économie, Eric Woerth. Ils sont titillés par autant de complaisance de celui qui doit lutter contre l’évasion fiscale. Ils cumulent alors tous les documents sur lui (ouvrages, articles de presse…).

Les deux sociologues (titulaire au CNRS, Institut de recherche sur les sociétés contemporaines) suivent avec attention le procès jusqu’au 15 mai 2018 et son verdict ( 4 ans de prison dont 2 avec sursis, 300 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité). L’album est rapidement sur les rails à partir des notes des Pinçon-Charlot (fin du procès mai, publication septembre).

A travers 128, le trio d’auteurs nous donnent tous les détails et ça donne le tournis ! A partir du cas Cahuzac, ils développent leur thèse sur l’évasion fiscale en générale, qui est un sacré manque à gagner pour les caisses de l’Etat (on parle de 80 milliards d’euros – on peut imaginer ce que l’on pourrait en faire). L’album chronologique est précis, solidement documenté et pour happer le lecteur, très drôle (c’est la patte de Lécroart). L’auteur de Vanité est très à l’aise dans cet exercice plus compliqué qu’il n’y parait. Il apporte son savoir-faire dans les caricatures et ses personnages ont des trognes amusantes. Il n’hésite pas à se mettre en scène (une belle auto-dérision) ainsi que le couple de sociologues. On sent qu’ils fonctionnent à merveille, qu’ils se connaissent.

Les riches au tribunal : instructif, pédagogique et drôle !

  • Les riches au tribunal (L’affaire Cahuzac et l’évasion fiscale)
  • Scénaristes : Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon-Charlot
  • Dessinateur : Etienne Lécroart
  • Editeur : Delcourt – Seuil
  • Prix : 18.95€
  • Parution : 05 septembre 2018
  • IBAN : 9782413009849

Résumé de l’éditeur : A la lumière du procès de J. Cahuzac, les sociologues montrent que la fraude fiscale est un système tout à fait organisé au sein des familles politiques et expliquent le fonctionnement de l’évasion fiscale.

 

Davy Mourier vs Cuba

Partir à Cuba avec sa mère, Davy Mourier (La petite morte) est réticent. Surtout que ce voyage va se transformer en véritable cauchemar pour l’auteur de bande dessinée. Il raconte ce périple dans Davy Mourier vs Cuba, un album très drôle chez Delcourt.

A 60 ans, la mère de Davy Mourier a des envies de voyage. Malgré un mal de dos et un mari qui n’aime pas sortir du territoire, elle décide de convaincre son fils de venir avec elle. Accompagnée de sa nièce et d’un ami, le quatuor part pour l’aéroport pour un périple de plusieurs jours au pays du Leader Maximo.

L’embargo américain étant levé depuis peu, Cuba s’ouvre au tourisme un peu plus. Davy pourtant avait des réticences avant d’embarquer et il a le nez creux : pas d’internet ou alors il faut payer très cher pour l’utiliser, notamment grâce au Clic, une monnaie touristique mais vraie arnaque. En plus de ça, Air France fait des siennes et prolonge de fait le séjour qui n’est pas paradisiaque.

Les galères s’accumulent pour le petit groupe mais Davy Mourier a décidé de tourner tout cela en dérision. Et oui, il faut le dire  : c’est extrêmement drôle !  Touristes rois, Raoul et Fidel comme des icônes, ainsi que le logement chez l’habitant pour être au plus près d’eux – de l’éthique contrairement aux clubs Med –  ouragans et inondations, tout est bon pour faire rire le lecteur. Avant tout, dans ce portrait familial, il se moque de lui. Cette belle auto-dérision fait plaisir à voir.

Davy Mourier vs Cuba : périple galère chez le leader Maximo. C’est bon et c’est très drôle !

  • Davy Mourier vs Cuba
  • Auteur : Davy Mourier
  • Editeur : Delcourt, collection Shampooing
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 6 juin 2018
  • IBAN : 9782226401564

Résumé de l’éditeur : Davy Mourier n’aime pas voyager. Il n’aime pas les dictatures. Il n’aime pas les endroits sans wifi. Mais il aime sa maman, alors pour lui faire plaisir, il va l’emmener à Cuba, combo fatal de toutes ses hantises. Coup de chance, il pourra y ajouter une nouvelle terreur pas du tout prévue : Irma, ouragan de catégorie 5, le plus puissant depuis 1980.

La brigade des cauchemars, tome 2

L’année dernière sortait le premier volume de La brigade des cauchemars, une excellente série signée Franck Thilliez et Yomgui Dumont. Pour ce deuxième volet, les lecteurs retrouvent Sarah, Tristan et Esteban qui s’infiltrent dans les cauchemars de patients pour les aider. Enthousiasmant !

Tome 1 : Albert Angus est un scientifique étonnant. Il a réussi à construire un programme autour des rêves et des cauchemars. Esteban et Tristan, deux enfants recueillis par le professeur, participent à ce projet. Ils sont envoyés dans les songes d’adolescents pour y détecter le problème et tenter de le résoudre. Ils pénètrent alors dans le cauchemar de Sarah, une patiente qui souffre d’un mal récurent.

Pour le deuxième volet de La brigade des cauchemars, les lecteurs retrouvent Sarah qui maintenant fait partie de l’unité depuis que ses parents ont eu un accident de la route mortel. Recueillie elle aussi par Albert Angus, elle va pouvoir mettre en pratique ses compétences dans les songes des adolescents. Il y a Léonard, un mystérieux patient enfermé depuis des années mais aussi Nicolas, tout juste admis dans les locaux de la Brigade. Le trio d’amis entrent alors dans le cauchemar de ce dernier…

Nous n’avions pas pris le temps de vous présenter le premier opus de La brigade des cauchemars – énorme erreur ! – tant le duo Thilliez-Dumont nous régale ! L’univers imaginé par l’auteur de romans thriller à succès est singulier et tout de suite accrocheur. A travers ce trio d’amis un peu disparate mais tellement solidaire, il parvient à tenir en haleine son jeune lectorat. Non loin de Inception de Christopher Nolan, il mène son récit de main de maître. C’est intelligent, surprenant et haletant.

Par cet invention du professeur, il peut parler aux lecteurs de l’adolescence, des démons de cette période charnière et des peurs enfantines, avec brio et tout en subtilité. Pour ce volume, il parle aussi du deuil et de l’abandon. Les mystères autour de ses trois protagonistes (Tristan peut marcher dans les rêves mais est cloué à un fauteuil dans la réalité ou Esteban qui ne connait rien de son passé) mais aussi autour de Léonard, étrange patient, sont forts. Pour les enfants il ne faut pas rester coincé dans ces mondes parallèles.

Cet univers frissonnant est magnifiquement mis en image par Yomgui Dumont. Après Puzzle (avec Mig), Franck Thilliez à très bien choisi son partenaire de jeu. Le dessinateur de L’école de Pan réalise de superbes planches. Son trait moderne et très vivant lui permet de restituer admirablement l’ambiance sombre et mystérieuse du récit.

La brigades des cauchemars : percutant, intelligent, innovant et haletant ! Une vraie réussite !

  • La brigade des cauchemars, tome 2 : Nicolas
  • Scénariste : Franck Thilliez
  • Dessinateur : Yomgui Dumont
  • Editeur : Jungle, collection Jungle Frissons
  • Parution : 26 septembre 2018
  • Prix : 13,95€
  • ISBN : 9782822222655

Résumé de l’éditeur : Quelques mois ont passé depuis que Sarah a quitté la clinique et intégré le lycée de la ville. Après la mort tragique de ses parents adoptifs, la jeune fille est recueillie par le professeur Angus qui souhaite l’incorporer à la Brigade des cauchemars aux côtés de Tristan et Esteban. A peine Sarah a-t-elle terminé sa formation qu’un autre patient : Nicolas. Voilà l’occasion pour la nouvelle équipe de tester ses capacités en s’infiltrant dans un cauchemar. Mais un imprévu vient chambouler leur mission : un intrus s’est glissé dans la tête de Nicolas et la Brigade doit à tout prix le rattraper !

Kong Kong, tome 1 : le singe sur le toit

Abélard découvre stupéfait qu’un immense gorille habite sur le toit de son immeuble. Vincent Villeminot et Yann Autret proposent le premier tome de Kong Kong, une sympathique histoire jeunesse chez Casterman.

Avec ses parents, Abélard emménage dans un nouvel appartement au 82e étage d’une immense tour. Lui ce qu’il aime par dessus tout ce sont les chevaliers – d’ailleurs il est l’un d’entre eux – mais les escaliers de l’immeuble se prêtent mal à ses envies de combattre les méchants. Il faut dire que les portes voisines sont toutes fermées et qu’il aura du mal à sauver des vies.

Lors d’une de ses escapades, il croise Héloïse, sa nouvelle voisine du dessous. Elle lui révèle alors un secret : sur le toit, vit Kong Kong, un gigantesque gorille. Les trois vont alors devenir inséparables et vivre d’étonnantes aventures, le tout sous les airs de guitare de Abélard

Voici un premier volume prometteur ! Jouant avec le mythe de King Kong, Vincent Villeminot dévoile un récit sympathique, drôle, poétique et chaleureux. Ce trio hétéroclite charme le lecteur par ses aventures et des situations cocasses originales. Normal lorsque l’on a affaire à un gros monstre poilu. A chaque fois qu’il se déplace ou lorsqu’il danse, c’est tout l’immeuble qui risque de s’écrouler. Héloïse, Abélard et Kong Kong ont soif d’être ensemble et cette amitié doit alors surmonter toutes les épreuves.

Dans un environnement peu avenant – un gratte ciel gris dans une immense ville grise – le scénariste réussit à mettre de la joie et du bonheur dans ce lieu.

Construite en chapitre (et c’est ce qui est dommage, cela casse un peu le rythme, même si d’habitude un chapitrage est idéal pour les enfants – c’est le seul bémol), l’histoire bénéficie d’une magnifique partie graphique de Yann Autret dont c’est la première bande dessinée. Illustrateur (notamment pour les romans de Gudule), il réalise de très belles planches grâce à un trait moderne et très vivant.

  • Kong Kong, tome 1 : un singe sur le toit
  • Scénariste : Vincent Villeminot
  • Dessinateur : Yann Autret
  • Editeur : Casterman
  • Parution : 22 août 2018
  • Prix : 14,95 €
  • ISBN : 9782203157576

Résumé de l’éditeur : Un premier tome plein d’esprit et d’humour absurde ! Abélard emménage dans une tour immense, où l’ascenseur est toujours en panne. Heureusement, juste en-dessous de chez lui, il y a Héloïse. Mais Héloïse a déjà un camarade de jeu qui, lui, vit sur le toit…

Jeanne détective de la jungle

Jeanne n’est pas une petite fille comme les autres, elle est enquêtrice dans la jungle. Michel-Yves Schmitt et Lucie Maillot dévoilent ses premières enquêtes dans Jeanne détective de la jungle à La Boîte à Bulles.

Entre Marcel-Emilien le pique-boeuf qui a disparu et une ruche détruite, Jeanne a de quoi faire ! Aidée de Léon-Casimir et François-Xavier, la jeune détective parcourt la savane et la jungle pour tenter de résoudre ces drôles de mystères. Elle va de ci de là pour interroger les animaux suspects ou non.

Débrouillarde, inventive et fin limier, Jeanne, le personnage imaginé par Michel-Yves Schmitt a tout pour nous plaire. Le scénariste de Alexandrine (avec Thomas Priou) dépeint un univers africain sympathique, toujours positif et chaleureux. Malgré des animaux revêches ou qui se défendent des accusations, ce monde est agréable. L’atmosphère détendu est agrémenté par un humour qui convient idéalement aux plus jeunes lecteurs. Le suspense est aussi palpable, ce qui rend les enquêtes justes et très vraies.

Jeanne détective de la jungle bénéficie aussi d’un bestiaire où les animaux ont un caractère bien trempé et qui possèdent tous des prénoms composés hétéroclites faisant penser parfois à une vieille France désuète.

Pour accompagner le scénariste, Lucie Maillot dévoilent des planches à l’aquarelle sympathiques et très belles. Diplômée des Beaux-Arts de Metz, l’illustratrice publie ici son premier album de bande dessinée et c’est une véritable réussite. Ses vignettes sans cadre et ses images pleine-page nous charment par un ton différent de ce que l’on voit en BD, qui ressemblerait à l’univers de Margo Renard (The monkey family).

  • Jeanne détective de la jungle, tome 1 : Premières enquêtes
  • Scénariste : Michel-Yves Schmitt
  • Dessinatrice : Lucie Maillot
  • Editeur : La Boite à Bulles, collection Malle aux images
  • Parution : octobre 2018
  • Prix : 16€
  • ISBN : 9782849533178

Résumé de l’éditeur : Le pique-boeuf Marcel-Emililen a disparu ! Et ça n’est pas dans ses habitudes. Six jours que sa femme Sylvie-Eglantine et ses enfants s’inquiètent de son absence. Heureusement, Jeanne, détective de la jungle, n’a pas son pareil pour résoudre des telles conquêtes. Accompagnée de ses fidèles acolytes, les singes Léon-Casimir et François-Xavier, la voilà partie au coeur de la jungle à la recherche du malheureux disparu. L’enquête les mènera sur les traces de trois suspects potentiels, Lucien-Jérémie, l’éléphant à la défense brisée, Damien-Jean le buffle mal luné et Gaspard-Luc, le rhino bigleux. A peine rentrée chez elle, Jeanne se retrouve aux prises avec un nouveau mystère auquel sont mêlés cette fois un ratel amateur de miel et des serpents gloutons.

Les concontes : les contes, à la sauce concon

Les concontes : Et si les contes de notre enfance n’était que des mythes, et que leurs véritables histoires se cachaient entre ces planches ? Revisite réussie pour Witko et Nena !

Vous pensiez connaître les contes qui ont bercés votre enfance ? Vous vous trompez. Ou plutôt vous avez été trompés. Durant des années, une société secrète a soigneusement effacée toutes les traces originelles des contes pour les rendre plus politiquement correct, mais la vérité se cache dans ses bulles. « Le petit Chaperon rouge qui tache« , « Planche Neige et les 7 nains« , « La bifle au bois dormant« , autant de titres que le temps a remanié pour être beaucoup plus sobre.

Plus sérieusement, Witko et Nena signent ici une revisite des contes à la sauce concon très réussie. Des jeux de mots grivois, des illustrations qui ne manquent pas de rappeler d’anciens livres scolaires mais avec un trait et une rondeur caractéristique des BD modernes, Les concontes ne sont pas à mettre entre toutes les mains, mais sont une véritable pépite.

En plus de revisiter les contes de notre enfance, on découvre également quelques références à notre monde moderne avec, par exemple, une princesse qui balance son prince. Un recueil de contes à lire au plus vite aux éditions Fluide Glacial (Mars, Football District).

  • Les concontes
  • Scénariste : Nena
  • Dessinateur : Witko
  • Editeur : Fluide Glacial
  • Parution : 22 août 2018
  • Prix : 10,95 €
  • ISBN : 9782378780302

Résumé de l’éditeur : Quand il débarque dans sa piaule alors qu’elle n’a rien demandé, la Belle au bois dormant n’a qu’une devise : balance ton prince ! Alors qu’à l’autre bout du royaume avec son gros haricot magique, Jacques sera plus chanceux : les ogresses aussi aiment la chair fraîche. Oubliez tout ce que vous savez sur les histoires de princesses et de chevaliers : tout était faux ! En réalité, Barbe Bleu écume les speed dating, Blanche Neige ne pense qu’à se remplir le soutif, et le Petit Chaperon Rouge a une cirrhose carabinée…

Nous étions dix

Que se passe-t-il lorsque 10  personnages partent à l’aventure et que petit à petit ils s’éloignent du groupe ? Nine Antico imagine Nous étions dix, un petit bijou de livre jeunesse aux éditions Albin Michel.

« Nous étions dix et rien, absolument rien ne nous effrayait… »

Ile du Frioul, au large de Marseille. Dix personnages (ami.e.s, fratrie, enfants en centre de vacances ?) décident de sortir du bâtiment pour partir à l’aventure, la nuit venue. Alors que normalement « rien ne les divise », au fur et à  mesure de leur route, l’un d’eux décide de s’arrêter et de quitter le groupe. Joachim préfère retourner dormir, Santiago aller manger ou encore Colette qui a mal aux pieds. Tous ont une bonne raison d’abandonner.

Nous étions dix est une très belle fable de répétition de Nine Antico, l’autrice de bande dessinée qui nous avait déjà charmé avec Autel California et America. Loin des histoires pour ado-adultes, elle imagine un récit doux et chaleureux où ses personnages se « perdent » pour un ailleurs meilleur. La force du groupe se délite lorsque la volonté des individus est plus forte. Elle met aussi en lumière, les peurs enfantines lorsque la nuit tombe.

Malgré les défections nombreuses, ce livre est optimiste et gai, drôle et charmant. En plus d’un texte où les mots sont bien choisis et pesés, Nous étions dix bénéficie du talent graphique original de Nine Antico. Le livre se compose toujours de la même manière, à gauche un texte et en face de grandes illustrations ou illustrations demi-page comportant aussi une phrase. Le trait est léger, les personnages sans visage (pour mieux s’identifier) et la gamme chromatique très jolie, proche de celles des Expressionnistes.

Nous étions dix : surprenant, singulier et brillant conte moderne de Nine Antico. Un petit bijou !

  • Nous étions dix
  • Autrice : Nine Antico
  • Editeur : Albin Michel Jeunesse, collection Trapèze
  • Prix : 18€
  • Parution : 29 août 2018
  • IBAN : 9782226401564

Résumé de l’éditeur : « Nous étions 10 et RIEN, absolument RIEN ne nous effrayait…  Nous avancions en ligne, unis comme les doigts de la main, nous n’avions qu’une seule devise : rien, rien, rien ne nous divise ! »

Par cette déclaration décidée, débute l’histoire de 10 enfants téméraires qui, une nuit d’été, quittent leur pensionnat pour explorer l’île du Frioul. Mais dès la page suivante, l’enthousiasme s’émousse : ils ne sont plus que 9, puis 8, 7, etc. Et la ritournelle se compte à rebours jusqu’à un « j’étais seule » qui clôt l’aventure. Car à mesure qu’ils progressent dans le paysage nocturne, le courage des enfants faiblit et leur groupe s’amenuise, chacun trouvant un bon prétexte pour regagner son lit… À partir de 6 ans.

 

Claude et Morino

En lice pour la Pépite 2018 catégorie Bande dessinée du Salon du livre de Montreuil, Claude et Morino est une sympathique histoire de Adrien Albert.

Jeune taureau, Morino habite seul dans sa caravane au milieu de nulle part. Comme tous les soirs avant de dormir, il aime se préparer une tisane. Mais voilà, cela fait faire pipi. Pour ne pas avoir à sortir, il a fabriqué une trappe pour uriner. C’était sans compter sur Claude, un squelette tranquillement installé sous terre.

Trempé par l’urine de Morino, il entre alors dans la caravane. Le taureau l’aide à se laver mais Claude ne veut plus partir. « Quand un squelette réveilleras, auprès pour la vie restera », telle est la malédiction. Cassant sa routine de solitaire, Morino accepte ce nouvel ami un peu encombrant…

Excellent album jeunesse Claude et Morino ravira les plus petits. Fondé sur un duo disparate mais complémentaire, le récit de Adrien Albert est intelligent et très drôle. Si la malédiction est imposée au départ, contraint, Morino va s’attacher à cet être si différent de lui. Le taureau est robuste et vivant, tandis que son nouvel ami est frêle et mort. Cet attelage inédit fonctionne à merveille par les situations cocasses et les aventures aquatiques qu’il rencontre.

Les deux âmes solitaires vont bien se trouver, laisser de côté les préjugés pour former une paire d’amis solide et solidaire. C’est étonnant, original, loufoque et pétillant. Le tout est porté par un dessin numérique clair et lisible, très sympathique.

Claude et Morino : très joli livre jeunesse, drôle et décalé. On recommande chaudement !

  • Claude et Morino
  • Auteur : Adrien Albert
  • Editeur : L’école des loisirs
  • Prix : 13.50€
  • Parution : 07 mars 2018
  • IBAN : 9782211235341

Résumé de l’éditeur : Comment ils se sont rencontrés ? C’est simple. En pleine nuit, comme d’habitude, Morino est allé faire pipi par la trappe spéciale de sa caravane. Mais cette fois, le pipi de tisane est tombé sur un petit squelette enterré dessous et l’a réveillé. Il s’appelle Claude, il est d’une agréable couleur verte, il est curieux de tous les détails de la vie sur terre qu’il a oubliés, et il se prend d’affection pour Morino qui finit par le trouver un peu collant. Pourtant, plus il cherche à s’en débarrasser, plus Claude lui devient indispensable. A partir de 7 ans.

Moi aussi je voulais l’emporter

Ouvrage féministe, Moi aussi je voulais l’emporter est un album de Julie Delporte édité par Pow Pow et en lice pour le Prix ACBD Québec 2018.

C’est en 2014 que Julie Delporte décide de partir sur les traces de Tove Jansson, l’autrice et créatrice des Moomins. Elle entreprend alors un périple en Finlande afin de recueillir un maximum d’information sur cette créatrice et sur cette femme d’exception.

Ce cheminement l’amène à parler aussi d’elle et des femmes qui l’ont construite, mais aussi des grandes figures du féminisme. Ainsi, elle nous transporte dans les lieux de son enfance, ceux qui l’ont façonnés. Elle parcourt aussi ses rencontres sentimentales et artistiques, ses joies et ses peines.

Née à Saint-Malo en 1983, Julie Delporte part s’installer à Montréal. Elle commence à s’intéresser à Tove Jansson, notamment par les Moomins et découvre une femme très libre dans cette Finlande d’après Seconde guerre mondiale. Moderne et indépendante, elle a vécu de nombreuses années avec Tuulikki Pietilä, sa compagne graphiste. Par cette figure, l’autrice française pose des questions essentielles : pourquoi n’y a-t-il pas plus de femmes dans tous les domaines de l’Art ? Mais aussi les relations femmes-hommes dès le plus jeune âge et dans l’éducation.

  • Moi aussi je voulais l’emporter
  • Autrice : Julie Delporte
  • Editeur : Pow Pow
  • Prix : 26€
  • Parution : 16 janvier 2018
  • IBAN : 9782924049488

Résumé de l’éditeur : « À quel âge ai-je commencé à me sentir flouée d’être une fille ? » C’est autour de cette interrogation initiale que s’articule Moi aussi je voulais l’emporter, réflexion personnelle sur le genre qui devient au fil des pages une sorte de récit d’apprentissage féministe. Inspirée par la figure de Tove Jansson, créatrice des Moomins à laquelle devait d’abord être consacré l’ouvrage, Julie Delporte se remet en question tout en remettant en question la place des femmes dans le monde, pour en arriver finalement à cette réalisation : « Je suis en train de tomber amoureuse de l’idée d’être une femme. »