Catamount 4

Voici le quatrième opus de Catamount, le sympathique western de Gaet’s et Benjamin Blasco-Martinez aux éditions Petit à Petit. Passionnant !

Catamount, pourchassé par les shérifs et les chasseurs de primes, se réfugie dans une maison isolée, où une vieille dame qui a tout perdu sauf sa ferme, le protège, malgré la prime de 10 000 $ pour sa capture. Catamount est bien décidé à se racheter et venir en aide à cette pauvre femme et à son fils. Sur le chemin de la rédemption, il aidera également une jeune harcelée par des bandits.

Ce quatrième tome est construit comme un one-shot et peut se lire même si vous n’avez pas lu le premier. Mieux encore il vous donne envie de lire les aventures précédentes de Catamount. Le dessin de Benjamin est juste magnifique qu’il s’agisse des paysages, des personnages mais également des scènes d’actions… Tout est beau et bien réalisé.

Vous cherchez un western dynamique, bien scénarisé et bien dessiné ? Et bien go go go… même si vous n’avez pas lu les tomes précédents vous pouvez le lire sans problème et c’est aussi une des force de cet opus. Un très bonne lecture, une très bon moment bref. Il ne faut pas hésiter.

  • Catamount, tome 4 : La rédemption de Catamount
  • Scénaristes : Benjamin Blasco-Martinez et Gaet’s
  • Dessinateur : Benjamin Blasco-Martinez
  • Coloristes : Benjamin Blasco-Martinez et Emilie Beaud
  • Editeur : Petit à Petit
  • Parution : 15 janvier 2021
  • Prix : 16.90€
  • ISBN : 9782380460810

Résumé de l’éditeur : Traqué par les shérifs, poursuivi par les chasseurs de primes, Catamount est devenu plus sauvage que la bête fauve qui l’a sauvé à sa naissance. Sur le chemin de sa fuite, la rencontre d’une vieille dame au coeur de porcelaine va lui offrir une chance de se racheter. Une dernière chance …

Résine

Résine doit fuir son village parce qu’elle est une sorcière. Dans son nouveau village, elle se fait de nouveaux amis. Ses aventures sont contées par Elodie Shanta dans un très joli album jeunesse édité par La ville brûle.

Résine vit avec son mari Claudin qui vient juste d’apprendre que sa femme est une sorcière mais ce n’est pas grave, il l’aime quand même. Ils ont dû fuir le village où ils vivaient pour que Résine ne se fasse pas brûler. Bon ce n’est pas grave, plus les sorcières sont mises au bûcher plus leurs pouvoirs sont importants mais quand même. Installée dans un nouveau village, Résine et ses nouveaux amis sont bien décidés à se battre contre les injustices que subissent les sorcières.

Cette lecture jeunesse est une petite merveille de douceur et de drôlerie. Avec un univers médiéval et un peu fantastique disons-le, Elodie Shanta (Crevette, Crevette les premières années, Cécil et les objets cassés) aborde avec humour et fantaisie les thèmes du sexisme et des violences faites aux femmes. Et pour lutter contre les préjugés rien de tel que l’entraide et l’amour n’est-ce pas ?

Résine est une très jolie lecture tendre douce mais qui sait aborder des thèmes importants. Qu’il est bon parfois de lire de si belles petites lectures.

  • Résine
  • Autrice : Élodie Shanta
  • Éditeur : La ville brûle
  • Prix : 17 €
  • Parution : 19 février 2020
  • ISBN : 9782360121366

Résumé de l’éditeur : Claudin rentre chez lui affolé : sa femme Résine est accusée d’être une sorcière. Ils s’enfuient et commencent une nouvelle vie dans le village de Floriboule, mais leur arrivée est à l’origine de nombreux problèmes : accusations infondées, procès en sorcellerie, confrontation avec des villageois aussi sexistes qu’obscurantistes. Résine, Claudin et leurs allié.es (l’apothiqueresse et sa compagne, la boulangère Amarante et le lutin Scorbul) essayent de rétablir la justice et d’échapper au bûcher. On retrouve dans Résine l’univers fantasticomédiéval et l’humour d’Elodie Shanta au service d’un récit incisif et de problématiques plus graves, telles que le sexisme et les violences faites aux femmes. Il est aussi question dans Résine de sororité, d’entraide, de l’importance de dépasser les apparences… et d’amour !

Jacob Mimi et les chiens parlants

Les éditions La Pastèque dévoilent Jacob Mimi et les chiens parlants, une très jolie fable jeunesse signée Elina Braslina et Sanita Muižniece.

Jacob doit aller passer la semaine chez Ange, son oncle. S’il ne semble pas du tout heureux d’apprendre cela de la part de son père, il doit se résigner. Pourtant, rapidement Mimi sa cousine le prend sous son aile. Il est surpris de cela. Il faut dire qu’il n’a jamais appréciée la jeune fille, la trouvant trop expansive et désagréable.

Le duo s’entend à merveille jusqu’à se retrouver dans une cabane en bois perchée en haut d’un arbre. Ils sont suivis par une meute de chien. Cette petite peste de Mimi abandonne Jacob. Énervé, il commence à dessiner. Tout ce qu’il dessine devient alors réel. En premier lieu, l’immeuble au milieu du square…

Sanita Muižniece a décidé d’adapter l’histoire d’un film d’animation d’Edmunds Jansons, lui même adapté d’un roman de Luīze Pastore, « Maskačkas stāsts » (Un récit du quartier de Maskatchka). Cette belle aventure pour les jeunes lecteurs est construite comme une fable écolo. Il y a du fantastique avec les chiens parlants, mais aussi par les dessins de Jacob mais également une belle quête avec l’empêchement de construction de l’immeuble.

Sans oublier une dose d’humour, la scénariste peut aborder les thèmes de l’amitié, de la solidarité mais aussi de l’environnement.

Le trait d’Elina Braslina est d’une belle modernité dans Jacob Mimi et les chiens parlants. Sans contour défini, ses décors et ses personnages acquièrent ainsi de la légèreté. Son coté un peu rétro dans ses couleurs apportent beaucoup de chaleur.

  • Jacob, Mimi et les chiens parlants
  • Scénariste : Sanita Muižniece
  • Dessinatrice : Elina Braslina
  • Éditeur : La Pastèque
  • Prix : 16 €
  • Parution : 08 janvier 2021
  • ISBN : 9782897770976

Résumé de l’éditeur : En vacances chez sa turbulente cousine Mimi, Jacob ne se doute pas un instant de l’aventure qui l’attend. Mis au parfum des plans diaboliques d’un promoteur imm obilier, les deux enfants réussiront-ils à sauver un joli quartier de Riga me nacé de disparaItre sous les gratte-ciel ? Pour y arriver, Jacob et Mimi devront s’allier à la bande la plus étonnante de la ville : les chiens parlants.

Batman The Dailies 1944-1945

Les éditions Urban Comics publient le deuxième volume de Batman The Dailies. Ce recueil regroupe les strips du Chevalier noir courant sur les années 1944 et 1945. Passionnant !

On pensait tout connaître de Batman ! C’était sans compter sur Batman The Dailies. Si l’on sait que l’homme chauve-souris fut créé dans le n°27 de la revue Detective Comics datant de 1940, l’on sait peu que ses aventures furent aussi publiées dans des journaux sous la forme de strips.

Tous les jours, les lecteurs retrouvaient ainsi une bande de 3 à 5 vignettes des aventures de Batman. Il fallait néanmoins plusieurs semaines pour découvrir l’entièreté du récit.

Dans ce deuxième tome de Batman The Dailies, huit histoires sont regroupées. Elles sont l’œuvre d’Alvin Schwartz pour les scénarios, les dessins par Bob Kane et Charles Paris pour l’encrage. Si le trait semble marqué, il n’en est pas du tout désuet. Au contraire, il y a énormément de puissance dans la partie graphique de Kane.

En ce qui concernent les histoires imaginées par Schwartz, elles sont très accrocheuses. Construites comme des polars, elles ne manquent pourtant pas d’humour.

L’édition de Batman The Dailies est aussi très soignée. Publié dans un format à l’italienne (comme Hagar Dunor ou Cul de sac dans la même collection), l’album est très joliment mis en lumière par une couverture renforcée et gaufrée mais également par un papier de qualité.

Pour accompagner ce deuxième opus, une préface revient sur un historique de la bande dessinée quotidienne de Batman dans les années 1940, sur le super scénariste Schwartz, sur les dessinateurs, mais également sur le rôle des agences de diffusion (McClure) et les syndicats. Puis, une présentation de chacune des 8 histoires qui composent l’album

  • Batman The Dailies, tome 2 : 1944-1945
  • Scénariste : Alvin Schwartz
  • Dessinateurs : Bob Kane et Charles Paris
  • Editeur : Urban Comics, collection Urban Strips
  • Parution : 22 janvier 2021
  • Prix : 23 €
  • ISBN : 9791026818915

Résumé de l’éditeur : Dans les années 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, Batman et Robin n’étaient pas seulement des héros de comic books ou de serials, ils évoluaient également dans les pages des différents quotidiens des États-Unis. Enquêtant sur des affaires criminelles intenses et retrouvant même leur pire ennemi, le Joker, Batman et Robin y évoluaient dans des aventures concoctées, entre autres, par leurs co-créateurs, Bob KANE et Bill FINGER : un univers de film noir passionnant où le danger guette à tous les coins de rue !

 

Les déracinés

L’histoire tout en délicatesse d’Alamah et Wilhelm, deux juifs fuyant l’horreur nazie pour la République dominicaine. Les déracinés est un très bel album de Catherine Bardon et Winoc aux éditions Philéas.

Vienne, Autriche, les années 1930. Alamah et Wihelm se marient mais l’annexion de l’Autriche (Anschluss) rend la vie particulièrement impossible pour les Juifs. Il n’y a plus qu’une seule solution, fuir le pays et la ville où ils sont né. Mais la fuite est compliquée, les USA n’offrent plus de visas. Ils ont alors la possibilité d’aller en République Dominicaine où le dictateur en place offre 100 000 visas aux Juifs d’Europe.

Commence alors une nouvelle vie en exil loin de leurs racines.

Les déracinés est l’adaptation du roman éponyme édité à plus de 500 000 exemplaires qui met en exergue un pan peu connu de l’Histoire. Les faits sont réels, mais les personnes et la vie de cette famille prise dans les méandres de la Seconde guerre mondiale, n’est quant à elle, qu’une fiction. un mélange intelligent qui happe le lecteur.

Ce n’est pas à proprement dit une bande dessinée historique mais elle nous en apprend beaucoup sur cette période. Un très bon moment de lecture pour cette fresque romancée.

  • Les déracinés
  • Scénariste : Catherine Bardon, d’après son propre roman
  • Dessinateur : Winoc
  • Editeur : Philéas
  • Parution : 21 janvier 2021
  • Prix : 18.90 €
  • ISBN : 9782491467159

Résumé de l’éditeur : Des cafés viennois des années trente aux plages des Caraïbes, laissez-vous transporter par cette histoire d’amour et d’exil et le destin exceptionnel d’Almah et Wilhelm. Après l’Anschluss, le climat de plus en plus hostile aux juifs pousse Almah et Wilhelm à s’exiler avant qu’il ne soit trop tard. Ils n’ont d’autre choix que de partir en République dominicaine, où le dictateur promet 100 000 visas aux juifs d’Europe. Fondée sur des faits réels, « une fresque historique haletante » (Lire) qui révèle une partie méconnue de notre histoire. Le premier tome d’une tétralogie à succès. Une adaptation menée par Catherine Bardon l’autrice de la saga et Winoc auteur notamment de De mémoire chez Grand Angle.

Le smartphone et le balayeur

Les éditions Les arènes BD publient Le smartphone et le balayeur, un recueil de strips signé Emmanuel Guibert. Fin et drôle !

Il sait tout faire ! Emmanuel Guibert sait vraiment tout faire ! C’est pourquoi ses pairs l’ont d’ailleurs élu Grand prix d’Angoulême en janvier 2020.

Capable de passer d’une merveilleuse série jeunesse (Ariol) à des récits intimistes historiques (La guerre d’Alan ou Le photographe) ou des histoires plus humoristiques (La fille du professeur…), il lorgne vers un nouveau genre inexploré jusqu’alors avec Le smartphone et le balayeur. Rien ne lui échappe et encore une fois, il réussit admirablement ce qu’il entreprend !

Cette fois-ci, il s’attaque aux strips, art séquentiel des plus délicats. En quelques lignes, l’auteur doit trouver une chute sur la dernière case et retomber sur ses pieds.

Si l’on ne peut le comparer aux maîtres du strip que sont Schulz, Quino, Watterson ou encore Kelly, il nous régale de ses fantaisies technologiques.

On suit avec délectation, les réparties ciselées entre ce balayeur des rues et d’un smartphone tombé exprès d’une poche de vêtement. Leurs duels verbaux sont philosophiques, oniriques et humoristiques.

Qui aurait pu croire qu’un téléphone mobile pourrait deviser avec un agent de la propreté ? Un monde lointain entre eux ? Pas si sûr ! Ils ont beaucoup de choses en commun. Comment les découvrir ? En lisant leurs drôles d’aventures de rue.

  • Le smartphone et le balayeur
  • Auteur : Emmanuel Guibert
  • Editeur : Les arènes BD
  • Prix : 20 €
  • Parution : 21 janvier 2021
  • ISBN : 9791037502193

Résumé de l’éditeur : Un antidote au tout numérique. Un comicstrip décalé et philosophique par le lauréat du Grand Prix d’Angoulême 2020. « Comme tous les matins, le balayeur entame son tour de quartier. Par terre, il avise un téléphone portable. S’ensuit une longue conversation entre ces deux êtres qu’apparemment tout sépare; Un objet technologique en beurnaoute complet, sursaturé de contenus qui défilent à la vitesse d’un prompteur emballé, et un fonctionnaire territorial catégorie C qui dépoussière à longueur d’années le même pâté de maisons. Eh bien, contre toute attente,ils ont beaucoup à se dire. Socrate faisait de la maïeutique dans les rues, là où sont les citoyens, les ordures et les pâquerettes qui poussent entre deux pavés. Vingt-six siècles après, le smartphone et le balayeur reprennent le plumeau !

Iris deux fois

Ecrivaine à succès, Iris est heureuse jusqu’au jour où elle à l’impression d’être une autre femme après une nuit surprenante. Anne-Laure et Naomi Reboul imaginent Iris deux fois, un très joli album intimiste aux éditions Sarbacane.

Iris est heureuse. Elle vit dans le Quartier latin, c’est une grande romancière déjà primée deux fois et elle s’apprête à recevoir le fameux prix Renaudot pour son dernier roman.

Mais à la veille de recevoir cette récompense, elle se réveille avec une sensation horrible. Cette nuit-là, elle n’est pas l’Iris à qui tout sourit, mais l’Iris avec une vie que personne n’envie. Son mari est alcoolique, elle travaille dans la librairie d’un centre commercial et elle élève un enfant en grande difficulté.

Dès lors chaque nuit, la romancière vit cette vie dont elle ne veut pas. Les deux mondes s’opposent s’entrechoquent.

Qui est Iris ? Quelle vie est la vraie ? Où est la vérité ?

A la manière d’un film, ce thriller psychologique sème le doute dans l’esprit du lecteur. Iris la romancière est perdue au point de ne plus croire en elle. En alternant les deux vies d’Iris, Naomi et Anne-Laure Reboul (La tomate) donnent un rythme à cette lecture qu’on dévore pour essayer de démêler les fils de cette intrigue implacable. Lorsque que j’ai lu le pitch il y a plusieurs mois, j’ai tout de suite senti une attirance pour ce titre et maintenant que je l’ai lu, je vous confirme qu’il va au-delà de mes attentes.

J’ai été troublé, intrigué et happé par cette bande dessinée qui bouscule les principes de la réalité et qui nous pousse à réfléchir aux conséquences de nos choix. Une vraie réussite, une pépite, je dirais même que cette lecture est un très gros coup de cœur.

  • Iris deux fois
  • Scénariste : Anne-Laure Reboul
  • Dessinatrice : Naomi Reboul
  • Editeur : Sarbacane
  • Parution : 03 février 2021
  • Prix : 24 €
  • ISBN : 9782377315581

Résumé de l’éditeur : Iris a réussi sa vie : trois romans plébiscités, un mari éditeur attentionné, un appartement confortable au coeur du quartier latin… Et pourtant, alors qu’elle s’apprête à recevoir un important prix littéraire, un mauvais rêve vient assombrir ce bonheur sans nuage. Chaque matin, elle se réveille avec la très nette sensation de vivre la nuit la vie d’une autre version d’elle-même, un double déchu, abîmé, au bord du gouffre, une Iris des mauvais choix et des galères, une Iris de la France d’à côté. Et si ce cauchemar n’en était pas un ? Si cette vie d’écrivaine à succès n’était qu’une illusion ? Un drame littéraire intimiste et troublant qui nous donne à réfléchir sur la question du choix et de ses conséquences, sur notre condition sociale et sur la fragilité du principe de réalité… Troublant.

Vann Nath

Peintre sous la terreur des Kmers rouges, Vann Nath se battra toute sa vie pour que leurs crimes soient reconnus. Matteo Mastragostino et Paolo Castaldi relate son existence dans un très bel album aux éditions La Boîte à Bulles.

Cambodge 1970, Vann Nath est peintre et quand les Khmers rouges prennent le pouvoir, ils l’enferment dans la tristement célèbre prison « S-21 » à Phnom Penh où des milliers de personnes sont mortes. Il n’a pas le choix, pour survivre il doit peindre.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Dès 1979, ce peintre s’est battu pour que les crimes ne restent pas impunis. Ceci est son histoire.

Cette biographie nous met dans l’ambiance dès la couverture et j’aime quand on ressent les choses dès la première vision. Là, on voit le peintre le dos, en sang, un homme le surveille avec une mitraillette et une ombre géante se trouve derrière lui… Le ton est donné. Tout le long du récit, on retrouve cette atmosphère terrible, on ressent le poids de ce que cet homme a pu vivre et ressentir, on voit les barbares et les exactions. Terrible, horrible à chaque niveau. Lors des procès, les bourreaux se défendent en disant qu’ils ne faisaient qu’obéir… À la fin du livre, on découvre le combat de Vann Nath pour que les crimes ne restent pas sans coupable.

Cette lecture brasse mais elle est utile. J’en ai encore la chair de poule. Une bande dessinée que je ne suis pas prêt d’oublier. À lire pour comprendre, à partager pour ne pas oublier et pour combattre tous ces types de violences.

  • Vann Nath
  • Scénariste : Matteo Mastragostino
  • Dessinateur : Paolo Castaldi
  • Editeur : La Boîte à Bulles
  • Prix : 22 €
  • Parution : 04 novembre 2020
  • ISBN : 9782849533796

Résumé de l’éditeur : En 1978, alors qu’il est encore un tout jeune peintre, Vann Nath est arrêté par les Khmers rouges. Accusé de violation du code moral, il est enfermé à la tristement célèbre prison de Tuol Seng à Phnom Penh, plus connue sous le nom de S-21. Dès lors, sa peinture deviendra sa planche de salut puisqu’il sera contraint, comme bon nombre d’artistes et artisans cambodgiens, de mettre son talent au service de la dictature. A travers ce récit, on découvre les racines de l’art de Vann Nath, pour qui peindre est devenu, à sa libération, un devoir de mémoire et d’hommage aux victimes du régime de Pol Pot. Au-delà de sa portée biographique, cet ouvrage présente le combat mené par le peintre pour que les crimes de ses bourreaux ne sombrent pas dans l’oubli. Un album aussi passionnant que percutant…

L’école buissonnière

Et si la seule échappatoire à la pression de la police collaborationniste était le maquis ? Patrice Ordas et Alain Mounier imaginent le basculement de quatre adolescents vers la résistance dans L’école buissonnière, un très bel album édité par Grand Angle.

Quand la jeunesse est rebelle et solidaire, elle est belle ! Pas simple de s’engager dans la résistance lorsque l’on est adolescent et que la priorité est de survivre.

Tout de suite, on pense bien évidemment à la merveilleuse série Les enfants de la résistance (Dugomier, Ers / Le Lombard) mais l’album de Patrice Ordas et Alain Mounier plait également. Si les personnages des premiers ont décidé d’entrer en résistance, ceux de cette bande dessinée le font suite à un événement, sans au départ le vouloir vraiment.

Alors que le bac approche, Colette, Jacques, François et Jean sont de plus en plus tendus. La faute à une pression de la société occupée par les Allemands. Alors qu’ils partent faire un tour en barque, un soldat ennemi est trop insistant envers Colette. Excédé par les mains baladeuses de l’Allemand, Jean le pousse dans l’eau. C’est ce geste de révolte qui fait basculer les quatre dans une course-poursuite où seul le maquis semble pouvoir les protéger…

Disparu en décembre dernier, Patrice Ordas aimait énormément l’Histoire. Avec Alain Mounier, ils avaient imaginé L’ambulance 13, une série sur la corporation des soignants lors de la Première guerre mondiale.

Point de Croix-rouge dans L’école buissonnière. Changement de conflit pour le duo d’auteurs qui on le sent, s’entendait à merveille. Leur complicité rejaillit dans ce one-shot agréable à la lecture.

Comme ses précédentes publications (Tango, Une folie très ordinaire), on est attiré par la très belle partie graphique du dessinateur.

L’école buissonnière : une très belle histoire d’adolescents solidaires et résistants.

  • L’école buissonnière
  • Scénariste : Patrice Ordas
  • Dessinateur : Alain Mounier
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 14,90 €
  • Parution : 13 janvier 2021
  • ISBN : 9782818976128

Résumé de l’éditeur : Ils auraient dû avoir leur bac en 1943. Certains le passeront à la Libération. D’autres n’en auront jamais l’occasion… Décembre 1943. Pour Jacques, François et Jean, le baccalauréat est en ligne de mire. Mais une altercation avec un soldat allemand va bouleverser le cours de leur vie. D’autant que les racines juives de Jacques le mettent maintenant en grand danger. Accompagnés de Colette, cousine de François, et avec ce sentiment qu’un étau se resserre inexorablement sur eux, ils fuient vers la Corrèze. Là-bas, leur seule échappatoire est d’intégrer le maquis, et de résister.

La vague

Les soignants français ont vu déferler sur l’hôpital La vague du Covid 19. Cette pandémie a mis en lumière les carences liées aux baisses des budgets par l’État. Olivier Luge a compilé des tranches de vie pendant les confinements dans cet album aux éditions Humensciences.

Nils Ledoux débarque tout juste dans le service d’addictologie d’un hôpital pour y effectuer un stage. A peine arrivé, l’interne est mis au parfum : le service est transformé en Unité Covid 19. Lavage des mains et vêtements de protection seront désormais ses nouveaux amis…

A travers Nils, Olivier Luge raconte le quotidien d’un service hospitalier au temps de la pandémie du Covid 19. Lui-même médecin, l’auteur livre de petites tranches de vie entre résignation, surprises et humour. Ces saynètes, il les a soit vécu soit recueillies de d’autres soignants.

Patients déboussolés, fatigue du personnel, médaille en chocolat et morts qui se cumulent sont au cœur de La vague, un très joli témoignage sur le délicat travail des soignants en temps de crise.

Au-delà des applaudissements à 20h, on sent bien que ces femmes et ces hommes attendent plus, plus de moyens financiers, matériels et humains pour que perdure l’hôpital public.

Cet album nous permet de leur dire merci. C’est peu mais ça vient du coeur !

  • La vague
  • Auteur : Olivier Luge
  • Editeur : Humensciences
  • Prix : 12 €
  • Parution : 20 janvier 2021
  • IBAN : 978-2-37931-334-9

Résumé de l’éditeur : Un étudiant en médecine en pleine crise de vocation, des médecins paramilitaires ou très zen, des infirmières rebondissantes et des patients tenaces tentent ensemble, sous une averse de consignes sanitaires contradictoires, de ne pas boire la tasse. Bienvenue dans la vague du Covid sur laquelle surfe Cov le virus, animateur teigneux d’une chaîne YouTube diffusant des fake news.

Rages 1

Dans un monde peuplé d’animaux, leur seule chance de survie semblerait être de l’autre côté d’un grand mur. Mais voilà, il faut traverser un faisceau de lasers pour y arriver. Tome et Dan dévoilent le premier volume de Rages, une très belle série fantastique noire.

Le scénariste Philippe Tome est à l’honneur chez Kennes avec deux publications simultanées. L’éditeur belge propose La mort à lunettes (avec Goffaux) et Rages (avec Dan).

Pour cette dernière, l’auteur du Petit Spirou (avec Janry) a imaginé un univers anthropomorphe glaçant.

Cela fait 10 jours que Za-Ill, Ra-Igg et Jin marchent pour atteindre le Mur et découvrir la ville de An-Amh. Pour franchir l’immense construction, l’ours blanc et les deux pandas doivent traverser le rideau de titane, un faisceau de lasers meurtrier…

Cette fable dystopique est ciselée de main de maître par Tome. Les lecteurs sont happés par une intrigue qui se met en place avec précision au fur et à mesure qu’ils tournent les pages.

L’on apprécie avant tout la complexité de la personnalité de ces animaux. Chacun porte en lui le bien et le mal. Tout n’est pas manichéen dans le récit du scénariste de Seul (avec Gazzotti). Il y a forcément des nuances dans ses personnages.

L’histoire est plaisante, la partie graphique l’est aussi. Les deux compères se connaissent pour avoir travaillé sur le dernier Soda. Le dessinateur dévoile un bestiaire où les personnages ont de vrais instincts animal. Sanglants ou affamés, ils sont très loin des clichés disnéens.

  • Rages, tome 1 : Le rideau de titane
  • Scénariste : Philippe Tome
  • Dessinateur : Dan
  • Editeur : Kennes
  • Prix : 16,95 €
  • Parution : 16 septembre 2020
  • IBAN : 9782380751482

Résumé de l’éditeur : Dans ce pays imaginaire (mais l’est-il tant que cela ?) peuplé exclusivement d’animaux, tout oppose le Nord et le Sud jadis en guerre et désormais séparés par un mur infranchissable : Le Rideau de Titane. D’un côté, la dictature, les persécutions ; de l’autre, ce qui apparaît comme la Liberté, la Terre promise. Dans cette amère fable politique, Saakhi et Jin, un couple de pandas, cherchent à se réunir. Mais le monde futuriste d’An-Ahm n’est pas le paradis espéré. La révolution éclate et le destin les porte bientôt à la tête de camps mortellement opposés.

Eat and Love Yourself

Jeune vingtenaire, Mindy se sent mal dans sa peau à cause de son poids. Cela est donc délicat dans son travail et dans sa vie intime. Sweeney Boo déroule son quotidien dans Eat and Love Yourself, un très bel album positif chez Ankama.

A 27 ans, Mindy n’est pas la plus heureuse des femmes. Si son amie Shaé tente de la faire sortir et de lui remonter le moral, cela ne fonctionne pas. Complexée par son poids, elle se renferme sur elle. Seuls son chat et le chocolat lui font du bien.

Son boulot de serveuse dans un café et sympa mais elle ne semble pas s’y épanouir et sa vie intime est au point mort.

Un jour après son service, elle passe à la supérette du coin pour acheter des friandises, notamment une nouvelle barre chocolatée Eat and Love Yourself. En en mangeant un bout, elle revit des bribes de son passée…

Eat and Love Yourself, c’est un très joli album positif sur l’acceptation de soi. Mindy vit mal son surpoids. Son trouble de l’alimentation lui joue des tours sur sa santé physique et mentale. Elle se renferme et n’ose plus. Ses troubles du comportement alimentaire (TCA) nous sont montrés par l’ingestion de la barre de chocolat, sorte de porte dimensionnelle vers son passé : ses parents, l’école et le regard des autres.

Ce côté fantastique est la très bonne idée de l’album. Eat and Love Yourself parle de cela. D’ailleurs, ces thématiques sont rarement abordées en bande dessinée. Il faut toute l’habileté et la bienveillance de Sweeney Boo pour bien les restituer.

Sans aucun jugement et même si parfois cela est dur pour Mindy, l’album est optimiste et ne donne pas de leçons.

Les personnages principaux de l’autrice sont avenants et attachants, tandis que les planches sont agréables à l’œil. Tout plait dans cet album, le propos comme le dessin. Une vraie réussite !

  • Eat, and Love Yourself
  • Autrice : Sweeney Boo
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 19,99 €
  • Parution : 05 février 2021
  • IBAN : 9791033512493

Résumé de l’éditeur : Mindy a 25 ans et travaille dans un café de Montréal. Timide et mal dans sa peau, elle souffre d’un trouble du comportement alimentaire depuis l’enfance. Un soir, pour satisfaire une crise de boulimie, elle achète une tablette de chocolat qui va changer sa vie…