Blue Flag 6

Toujours intelligente et accrocheuse, la série Blue Flag se dévoile dans un sixième volume drôle et sensible, signé Kaito aux éditions Kurokawa.

Et si ce sixième opus était celui des révélations, celui de l’éclatante vérité qui mine les héros de Blue Flag ? Mami et Taichi s’échangent des petits cadeaux porte-bonheur afin de réussir leurs examens. Mais, le choix de leurs futures études est une source de tension entre eux. Ils n’ont pas fait de demande dans la même université. Cet potentiel éloignement va-t-il signer la fin de leur histoire ?

Si leur amour semble pur et réciproque, le jeune adolescent semble toujours autant peu sûr de lui. Il est troublé par ses sentiments qui se dévoilent très incertains. Ces incertitudes concernent Tôma, son meilleur ami. Le grand, beau et sportif adolescent fait tourner les têtes de toutes les jeunes filles mais semble ne pas pouvoir/vouloir de grandes histoires d’amour avec ses camarades de classe.

En attendant, c’est le début de la fête d’automne du lycée. Un moment qui permet de ne pas penser aux tracas de la vie quotidienne et de s’amuser…

Blue Flag, c’est notre série coup de cœur manga avec des lycéens de ces dernières années ! Grâce à son œil aiguisé sur l’adolescence japonaise, Kaito propose un vrai et beau portrait de la jeunesse de son pays. Après les tomes 2, 4 et 5, ell poursuit cette excellente plongée dans l’intimité de trois jeunes lycéens, entre études, amitié et amour. C’est toujours tendre et drôle. La lecture de ce sixième opus est plaisante et l’on passe un excellent moment avec Taichi, Tôma et Mami. Les tensions naissent dans le couple à cause du choix de leur université. Tandis que Taichi est toujours autant troublé par son ami Tôma. Le manga aborde donc avec habileté et tout en pudeur les attirances entre personne de même sexe, les amours homosexuelles. C’est doux et chaleureux.

  • Blue Flag, tome 6
  • Autrice : Kaito
  • Éditeur : Kurokawa
  • Prix : 7.65 €
  • Parution : 20 août 2020
  • ISBN : 9782368529645

Résumé de l’éditeur : Fin, drôle et pudique, Blue Flag est une fenêtre sur la tolérance. Les feuilles des arbres changent de couleur, l’automne est là ! Le jour de la fête du lycée, Taichi et Tôma discutent de leur avenir. Toutefois, ils ont du mal à se comprendre… Plus tard, Tôma va se retrouver en tête à tête avec Mami, qui lui dit tout ce qu’elle a sur le coeur. En retour, il décide de lui avouer son secret. Chacun va devoir faire des choix qui auront des répercussions sur le reste de leur vie.

Qui est Charlemagne ?

Empereur à la barbe fleurie, inventeur de l’école, Charlemagne est pourtant très loin de cette légende. Qui est Charlemagne ? est le 5e volume de la collection Histoire dessinée de la France, est signé Sylvie Joye et Damien Vidal. Passionnant !

Après Les origines, Les gaulois, La Gaule romaine, Les barbares, Les Carolingiens et A la vie et à la mort les éditions La Découverte et La revue dessinée dévoilent un album courant de Pépin le bref à Hugues Capet.

Pour découvrir le vrai Charlemagne, celui éloigné du Roman national – cher aux nationalistes et l’extrême-droite –  ou de la représentation très messianique du XIXe siècle, Sylvie Joye et Damien Vidal ont choisi deux adolescents, Carl et Bertille. Les deux élèves découvrent l’empereur au Louvre, suivent leur professeur ou parlent même avec l’illustre personnage historique. La barbe fleurie et la chanson de France Gall sont donc à jeter aux oubliettes du château d’Aix-la-Chapelle.

Avec une pointe d’humour, les lecteurs naviguent dans cette période où le royaume de France fut divisé, réunifié, agrandit et de nouveau divisé.

Les 112 pages de la bande dessinée sont suivies d’un dossier pédagogique de 54 pages signé Sylvie Joye, autrice de l’album et professeur d’histoire médiévale à l’université de Nancy.

Damien Vidal (Le contrepied de Foé) met en image les faits historiques avec efficacité. Son trait jeté est d’une belle lisibilité, ce qui permet au texte de garder toute sa force. Son découpage est dynamique et ses grands aplats de couleurs sont très bien sentis.

Les premiers volumes de la collection Histoire dessinée de la France nous ont énormément plu, ce nouvel opus nous enchante. On attend avec impatience les très prochains opus. Cette collection pédagogique est idéale pour les collégiens, les lycéens et toute la famille. Elle est bien illustrée et très accessible. Une vraie grande réussite !

  • Histoire dessinée de la France, tome 5 : Qui est Charlemagne ? de Pépin le Bref à Hugues Capet
  • Scénariste : Sylvie Joye
  • Dessinateur : Damien Vidal
  • Éditeur : La Découverte / La revue dessinée
  • Prix : 22 €
  • Parution : 02 septembre 2020
  • ISBN : 9791092530445

Résumé de l’éditeur : Sacré Charlemagne ! Son aura a traversé les siècles et son influence a profondément marqué la géographie, les modèles de pouvoir et la littérature de toute l’Europe. L’empereur a été le modèle de tous les souverains qui lui ont succédé immédiatement, mais également pendant les siècles suivants. Il est le fil rouge de ce volume, qui retrace l’histoire de toute la dynastie carolingienne, du viiie au xe siècle. Qui est le véritable Charlemagne, parmi les différentes images que les artistes et les rois ont donné de lui au travers des siècles ? On croise aussi bien Louis XIV et Charles de Gaulle que Napoléon III, qui viennent décrypter les différentes images de Charlemagne et rappeler tout ce qu’ils ont repris de lui. Charlemagne, c’est en effet une image du pouvoir et le parangon de toute souveraineté à partir du Moyen Age. L’imagerie populaire a retenu un Charlemagne qui  » a inventé l’école  » : ce sont donc deux collégiens, Carl et Bertille, qui rencontrent tous ces hauts personnages et mènent le lecteur au fil d’un récit qui les fait voyager depuis le Louvre jusqu’à Aix-la-Chapelle, en passant par leur salle de classe. Le lecteur apprend avec eux l’histoire du monde carolingien. Au-delà des vicissitudes de la dynastie elle-même, que leur présente un guide passionné qui ressemble fort à l’ami et biographe de Charles, Eginhard, ils croisent guerriers et paysans, princesses et boulangers, pour finir par échapper de justesse aux vikings qui lancent leurs attaques contre l’empire. Carl et Bertille découvrent aussi que, s’il n’a pas inventé l’école, Charlemagne a été un souverain soucieux de culture. Principal initiateur de la  » Renaissance carolingienne  » , il laisse un héritage dont les traces sont encore nombreuses aujourd’hui.

Alice sous la Terre

Les éditions FRMK publient Alice sous la Terre, l’histoire originale de Lewis Carroll, le premier récit mettant en scène Alice Liddle, la fameuse Alice d’Alice au pays des merveilles.

Quelle riche idée ont eu les éditions FRMK de publier Alice sous la Terre ! Sous une couverture cartonnée rose, le récit de Lewis Carroll est magnifié. La structure avait déjà exhumé Alice’s Adventures Underland en 2006 et poursuit son travail de mémoire avec ce livre d’une belle force !

En 1864, Lewis Carroll offre à Alice Liddle – la jeune fille qui lui inspira le personnage d’Alice au pays des merveilles – un carnet composé du texte Alice sous la Terre et 37 dessins à la plume. Aujourd’hui, FRMK réédite le tout.

Si Alice au pays des merveilles reste le récit le plus connu de l’auteur britannique, Alice sous la Terre l’est beaucoup moins. Il faudra attendre de nombreuses années avant de découvrir ce texte après la publication du fameux roman.

Pour accompagner les illustrations de Lewis Carroll, Amandine Boucher imite la calligraphie de l’auteur, ce qui confère à l’objet une grande beauté, un écrin pour le texte du romancier.

On se plait à tourner les pages tant l’histoire est passionnante et prenante. Quant aux dessins, ils sont d’une belle modernité faisant penser à ceux d’Edward Gorey (Les Jumblies), un auteur américain (1925-2000).

  • Alice sous la Terre
  • Auteur : Lewis Carroll
  • Éditeur : FRMK
  • Prix : 18 €
  • Parution : 18 juin 2020
  • ISBN : 978-2930204871

Résumé de l’éditeur : 1862, Charles Lutwidge Dodgson, assistant de faculté au Church College d’Oxford, offre en cadeau de Noël à Alice, une des trois filles du doyen, le manuscrit d’un récit fantasque relatant les aventures d’une petite fille tombée au centre de la Terre. Augmenté, le texte sera publié en 1865 sous le titre Alice au pays des merveilles. Edition manuscrite en français du carnet originel.

Mes génies

Devenir enseignant dans une académie de dessin n’était franchement pas un rêve pour Wandrille. Dans Mes génies, il se met en scène dans le rôle de professeur. Amusant !

Auteur de bandes dessinées (Premières vendanges avec Anne-Lise Nalin) et co-créateur de la maison d’édition Warum avec Benoît Preteseille, Wandrille est un acteur important du 9e art et plus particulièrement la scène indépendante française.

Un jour, un de ses amis auteur lui aussi (Eric Dérian ?) lui propose un drôle de projet : devenir professeur de bande dessinée dans une académie spécialisée. Alors qu’il avait mis ses crayons de côté et que Warum/Vraoum était un peu en stand-by, Wandrille accepte le challenge.

Sous ses airs bourrus, c’est un grand spécialiste de la discipline que l’on découvre. Il connaît parfaitement l’histoire du médium – il a reçu un Fauve patrimoine à Angoulême en 2016 pour Vater und Sohn – mais également l’art de la narration.

Dans Mes génies, on le découvre tour à tour, blasé, déconcerté ou étonné par ses élèves à la culture BD très limitée. A travers 160 pages, les lecteurs découvrent un milieu éducatif surprenant. Wandrille ne se donne pas le beau rôle et fait preuve d’une auto-dérision bien sentie, et c’est drôle.

Validé par Eric Dérian, ancien directeur de l’Académie Delcourt-Brassart, Mes génies plait par son humour qui fait mouche à chaque page !

  • Mes génies
  • Auteur : Wandrille
  • Éditeur : La Cafetière
  • Prix : 12 €
  • Parution : 25 Septembre 2020
  • ISBN : 9782847740271

Résumé de l’éditeur : 

Un auteur de BD se retrouve enseigner dans une académie spécialisée où il doit transmettre son savoir à de jeunes apprentis bédéastes pas toujours rapides du bulbe. Ce professeur aura bien du mal à faire comprendre à ses Michel-Ange les subtilités de l’Art séquentiel : placer une bulle, rythmer un récit, décrocher un contrat juteux. Ce récit, d’inspiration autobiographique (par un auteur également éditeur, blogueur, graphiste, traducteur, chroniqueur, constitue une plongée féroce et jouissive dans l’univers impitoyable des études d’art. Il rappellera des souvenirs à tous ceux qui ont étudié et offrira une douce vengeance aux professeurs de toute matière. Le lecteur aura autant un aperçu des bases de la BD que de la meilleure façon de traumatiser un étudiant avec juste deux mots difficiles. De quoi donner envie de faire de la BD tout en perdant toute vocation d’enseignement.

Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret

Un tout petit être s’éveille à la vie dans le magnifique Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret, un conte familial de Capucine, Sybilline et Jérôme d’Aviau.

Pour fêter ses 15 ans, les éditions Ankama ont eu la riche idée de publier à nouveau leurs coups de cœur, Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret est de ceux-là et c’est une bonne nouvelle !

Vierge de tous souvenirs, un tout petit être s’éveille au monde dans une forêt. Pourquoi est-il là ? Il n’en sait rien ! Alors qu’il tente de trouver des réponses à ses questionnements, il découvre un géant qui serait celui qui l’a créé et baptisé Alphonse Tabouret. Grâce à cet homme, il apprend de nombreuses choses.

Alors que son nouvel ami part, Alphonse continue son chemin. Pendant plusieurs jours, il est seul. Tellement seul qu’il décide de retrouver le géant. Ses recherches sont vaines…

Très beau conte pour toute la famille, Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret est une très jolie lecture. A travers 180 pages, les lecteurs découvrent un petit être innocent et naïf qui découvre le monde qui l’entoure. Cette quête initiatique est d’une grande justesse tant dans la forme que dans le fond. Sybilline imagine un langage singulier où les expressions familières sont détournées comme si elles pouvaient sortir de la bouche d’un enfant. Et cela est d’une grande douceur !

Le trait de Jérôme d’Aviau (Rat et les animaux moches) est idéal pour Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret. Fait d’un dessin d’une grande simplicité, les planches possèdent un charme immense. Alphonse est un bonhomme bâton et les décors fait de hachures.

  • Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret (Edition 15 ans d’Ankama)
  • Scénariste : Sybilline
  • Lettrage : Capucine
  • Dessinateur : Jérôme d’Aviau
  • Éditeur : Ankama
  • Prix : 16,90 €
  • Parution : 19 juin 2020
  • ISBN : 9791033511823

Résumé de l’éditeur : Il était une fois, Alphonse Tabouret. Il est né dans une forêt, avec le Monsieur, qui s’est un peu occupé de lui, mais pas très longtemps. Un jour le Monsieur se fâche, pour une broutille de rien du tout, et laisse Alphonse tout seul. C’est là que son périple commence. Au fil des rencontres, il découvre des gens, bestioles, bidules, qui le font grandir un peu et lui font vivre des aventures chouettes et sans trop le vouloir vraiment. Le T.G.V. d’Alphonse Tabouret, c’est une promenade un peu naïve et tendre, avec parfois des trucs rigolos.

Les terrestres

Tout le monde connait Noël Mamère (enfin presque) journaliste, homme politique et surtout écologiste. A travers 6 reportages, il entraîne Raphaelle Macaron (qui est loin d’être une écologiste convaincue) sur les traces de « L’effondrement »… Petit à petit, au fil des rencontres, la dessinatrice comprend, apprend, s’inquiète sur ce qui semble définir la fin du monde… Mais est-ce la fin du monde ou la fin de notre monde tel qu’il fonctionne aujourd’hui ? Et cette fin ? C’est pour quand ?

J’avoue, même si j’essaie à mon niveau, je n’en fais surement pas assez pour faire changer les choses. Mais est-ce que mon action suffit pour renverser la tendance ? Seul certainement pas.. mais à nous tous ???

Dans ce livre, on rencontre des personnes qui font, qui essayent, qui se trompent et qui recommencent.. Des exemples à suivre ou pas. Et bien souvent ces exemples on ne peut les comprendre qu’en s’y intéressant de prêt. C’est ce que nous propose Raphaëlle et Noël.

Avec cette BD, j’ai été tout d’abord intrigué, puis embarqué au rythme des rencontres. J’ai appris et compris certaines choses. Les auteurs nous proposent une autre vision du monde sans nous l’imposer.

Pédagogique, instructif, non sans humour, les éditions du faubourg offre une lecture qui va vous bousculer et vous faire réfléchir.

  • Les terrestres
  • Auteur : Noël Mamère
  • Dessinatrice : Raphaelle Macaron
  • Éditeur : Editions du faubourg
  • Prix : 20,00€
  • Parution : 17 Septembre 2020
  • ISBN : 9782491241162

Résumé de l’éditeur : Face au brouhaha ambiant, aux discours anxiogènes, Raphaelle Macaron demande à Noël Mamère : vais-je assister à la fin du monde ? Et le vieux sage à moustache de lui répondre : la fin d’un monde, celui de l’abondance des ressources, celui de la croissance infinie. Accompagnés des angoisses de l’une et la curiosité insatiable de l’autre, ils partent en reportage, rencontrer la galaxie « effondriste », ceux qui se préparent à vivre en autonomie, ceux qui résistent aux grands projets, ceux qui veulent préparer une alternative globale à coups d’oasis… Ils philosophent, Raphaelle s’inquiétant de savoir s’il sera raisonnable d’avoir des enfants ou pas, comparant les situations avec avec son pays, le Liban, déjà effondré. Et rencontrent finalement Pablo Servigne qui remet les pendules à l’heure.

Transparente T3

Aya Kunomiya a grandit avec un père violent jusqu’à ce qu’elle acquiert le pouvoir de se rendre Transparente et finalement de se débarrasser de son père définitivement. Mais une adolescente avec du sang sur les mains peut-elle accéder au bonheur ? Aya pourra-t-elle se pardonner ?

Dans ce troisième volume de Transparente de Jun Ogino, édité chez Kurokawa, Kana l’ami et voisine d’Aya est à l’hôpital suite à une attaque au couteau. Et Aya est persuadée que c’est de sa faute. Après avoir tenté de protéger son amie d’un harceleur très intrusif, c’est Kana qui empêche le harceleur de se venger et prend le coup de couteau à sa place. Hantée par le fantôme de son père, Aya est désormais convaincue d’être une source de malheur pour son entourage et surtout de ne pas avoir droit au bonheur. Alors que son pouvoir avait commencé à disparaître, il revient en force. Et c’est son autre amie Shiori qui lutte pour la rattraper avant que le pire n’arrive.

Ce troisième tome de Transparente prend le contrepied du deuxième. Tandis qu’elle commençait à trouver sa place, Aya vacille de nouveau. Elle continuait de cacher ses capacités à ses amies et le fait d’avoir tué son père à Kana, mais elle commence à comprendre quel est le poids du secret sur ses relations.

Une fois de plus Transparente nous interroge sur la place de la justice, de la sécurité émotionnelle, sur l’investissement dans les relations humaines. Aya n’est pas au bout du chemin, ni de sa lutte pour s’accrocher à la vie. On continue de suivre ses périples moraux, toujours à la frontière du pire imaginable.

Les liens avec ses amies se renforcent, se tordent et se serrent. Mais Jun Ogino laisse d’autres aspects de côté. Comme la relation d’Aya avec sa mère et surtout, son frère qui a totalement disparut du récit. Dans cette histoire familiale, amicale et personnelle peut-être auront nous d’autres occasions d’être surpris par les personnages et les événements.

Transparence nous promet encore bien des surprises avant la fin. Des changements chez Aya mais pas seulement. Kana et Shiori prennent de plus en plus de place, rendant les choses plus complexe de livre en livre.

  • Transparente, volume 3
  • Auteur : Jun Ogino
  • Editeur : Kurokawa
  • Parution : 10 septembre 2020
  • Prix : 7.65€
  • ISBN : 9782368529805

Résumé de l’éditeur : Aya a avoué. Un aveu fait uniquement à Shiori, l’une de ses deux amies. Loin de la rejeter, Shiori accepte Aya dans toute sa complexité. Dans le même temps, son autre amie, Kana, est espionnée par un camarade de lycée, qui va jusqu’à lui voler des sous-vêtements et poser des micros chez elle. Grâce à son don de transparence, Aya parvient à le piéger.
La jeune fille constate cependant qu’à mesure qu’elle trouve sa place parmi les siens, son pouvoir s’atténue. Mais l’agression de Kana par son harceleur la fait à nouveau basculer dans les ténèbres…

Drifting Dragons T3

Le Quin Zaza est de retour dans les nuages !  Drifting Dragons de Taku Kuwabara édité par Pika nous emporte dans la nouvelle aventure de Takita, toute jeune recrue à bord du dirigeable chasseur de dragons.

Cela fait des jours que le Quin Zaza erre sans le moindre dragon à l’horizon. Mika fait sécher de la viande, Niko et Soraya parient de l’argent aux dés, Vannie a la gueule de bois et Capella baille à la barre. Quand une drôle d’ombre surgit sous la nacelle. Ce n’est pas un dragon mais un banc entier de petits dragons formant une immense boule visqueuse dans le ciel. C’est le branle-bas de combat sur le pont. Les chasseurs de dragons se préparent. Pour des créatures à peine plus grosses qu’un humain il faut être minutieux. Mais en pleine chasse, l’imprévu frappe. La proie se débat et Takita, cramponnée à ses tentacules, bascule dans le vide avec elle. L’équipage est béat, Takita va-t-elle survivre à la chute ? Comment la retrouver sur la terre ferme ?

Pour la nouvelle recrue du Quin Zaza, c’est une aventure en solitaire. Chanceuse et débrouillarde, elle tente de rejoindre le dirigeable mais se met aussi à veiller sur un drôle de compagnon d’infortune. C’est également l’occasion de nouer de nouvelles amitiés et de découvrir des lieux à la fois merveilleux et terrifiant.

C’est encore une fois une très belle aventure que nous raconte Taku Kuwabara. Comme à son habitude, il ponctue les pages de recettes culinaires arrangées façon dragon. Ses inspirations orientales et occidentales parcourent le récit et nous font voyager dans notre propre monde. Quant à ses graphismes, il n’y a pas assez de synonyme du mot « époustouflant » pour dire à quel point ils coupent le souffle.

On découvre une Takita plus mature mais toujours aussi enthousiaste. Les liens entre les membres d’équipage se nouent et se resserrent. Ils ressemblent un peu plus à chaque tome à une famille d’aventure et Taku Kuwabara nous invite un peu plus à chaque page à participer au voyage.

C’est un superbe troisième volume pour Drifting Dragons. Riche en émotions, magnifique par ses dessins, revigorant par ses personnages. Quand je lirai le prochain, j’aurai l’impression de retrouver des copains.

  • Drifting Dragons T3
  • Auteur : Taku Kuwabara
  • Éditeur : Pika, collection Pika Seinen
  • Prix : 7,50€
  • Parution : 16 septembre 2020
  • ISBN : 9782811656607

Résumé de l’éditeur : Le Quin Zaza quitte Quon avec une information de taille : un gigantesque banc de petits dragons est dans la région ! L’équipage s’active pour effectuer quelques belles prises, mais Takita, emportée par un dragon, tombe du vaisseau. Elle se réveille au fond d’une vallée avec, à ses côtés, le bébé du dragon qui a amorti sa chute. Un attachement réciproque naît entre eux, mais la place du petit dragon est ailleurs…

Notre-Dame de Paris

Quel projet ! Celui d’adapter en bande dessinée, le chef-d’oeuvre de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris ne fut pas une mince affaire. Damien Macdonald s’attaque au roman culte avec belle manière. Passionnant !

L’auteur franco-écossais, dont c’est le premier album de bande dessinée, Damien Macdonald débute sa carrière dans le 9e art par un pari fou : celui de mettre en image Notre-Dame de Paris. Diplômé de philosophie et d’histoire de l’art, il savait pourtant où il mettait les pieds avec ce projet. 336 pages plus tard, l’on peut dire que l’objectif immense est atteint.

Cette bande dessinée est une agréable surprise; une lecture fluide qui happe de la première à la dernière page. Si tout le monde connait l’intrigue du roman de Victor Hugo, paru en 1831, souvent l’on ne connait pas tous les détails. Souvent décliné en film (Jean Delannoy avec Gina Lollobrigida et Anthony Quinn), film d’animation (Disney), en spectacle musical (Robert Hossein, Luc Plamandon), l’œuvre le fut aussi en album, notamment l’excellente version de Jean Bastide et Robin Recht en 2012.

Pour cette déclinaison réussie, Damien Macdonald joue de son trait comme jeté en noir et blanc avec vivacité et modernité. Les planches à l’encre de Chine sont prenantes. Cela donne une nouvelle force au roman de Victor Hugo. Comme si l’on découvrait encore des parcelles inconnues dans ce chef-d’oeuvre de la littérature française. Il y a beaucoup d’intelligence et de force dans les expressions de Quasimodo – comme effacé – et Esmeralda, convoitée par tous.

Quant au texte et aux dialogues, l’auteur reste d’une grande fidélité au Notre-Dame de Paris original. Tout est là, à la virgule près. Les lecteurs sont donc enthousiastes en observant les pages défiler devant eux. Parfois ardu, Notre-Dame de Paris de Damien Macdonald est le cadeau idéal pour les amoureux de ce texte et de Victor Hugo. D’ailleurs, en achetant cette bande dessinée, vous ferez une bonne action puisque 1€ est reversé pour rebâtir la cathédrale victime d’un terrible incendie le 15 avril 2019.

  • Notre-Dame de Paris
  • Auteur : Damien Macdonald d’après le roman de Victor Hugo
  • Editeur : Calmann-Lévy Graphic
  • Parution : 03 juin 2019
  • Prix : 25 €
  • ISBN : 9782702169056

Résumé de l’éditeur : Victor Hugo a publié Notre-Dame de Paris en 1831.Ce fut un succès immédiat.

Ce roman graphique est une invitation à découvrir, ou redécouvrir, ce chef-d’oeuvre, avec les mots de Victor Hugo.

Un euro par ouvrage sera versé pour la reconstruction de la cathédrale.

Les cahiers d’Esther. Histoires de mes 14 ans

Bonne nouvelle : Les cahiers d’Esther sont de retour ! Voici les histoires de l’année de 14 ans de l’héroïne de Riad Sattouf. Encore une pépite !

Après quatre excellents tomes, Riad Sattouf met en scène la jeune Esther dans sa 14e année. De nouveau les gags en une planche racontant un petit moment de sa vie sont délicieux et très drôles ! L’on apprécie de plus en plus cette adolescente attachante, très en phase avec son temps et qui parfois même philosophe.

Lorsqu’elle se rend à l’exposition de Riad Sattouf et qu’elle découvre les planches des Cahiers, on rit énormément. On est autant touché lorsqu’elle est confrontée à la misère et lorsque son frère macroniste n’a plus foi en l’humanité. On apprécie beaucoup ses nouvelles prises de positions pour la planète et son léger goût pour la politique qui en découle.

Il y a toujours les amies, mais également la boule divinatoire, les garçons, le collège ou encore Ninon, la fille bi très engagée et féministe.

Riad Sattouf rayonne. L’auteur de L’arabe du futur est vraiment un artiste de bande dessinée de ces dernières années, un chef de file que l’on aile suivre. Tous ses albums sont positifs, drôles et sonnent justes.

  • Les cahiers d’Esther, Histoires de mes 14 ans
  • Auteur : Riad Sattouf
  • Editeur : Allary
  • Parution : 11 juin 2019
  • Prix : 16.90€
  • ISBN : 9782370733214

Résumé de l’éditeur : Les filles populaires qui mettent pas de manteaux, la chanteuse Angèle, les « Gilets jaunes », le réchauffement climatique, l’incendie de Notre-Dame, son chat titange, sa copine bi, Nacho Obispo son corres’ espagnol… Esther a un regard de plus en plus cocasse et acéré sur son entourage et l’actualité. C’est l’année de sa 4e ! LA SÉRIE : La série Les Cahiers d’Esther a été initiée par Riad Sattouf en 2015 avec une idée un peu folle : se faire le porte-voix d’une jeune fille d’aujourd’hui pour assister, année après année, à ses transformations, et montrer l’évolution de notre société à travers ses yeux. Chaque semaine, la jeune fille anonyme qui se cache derrière Esther se confie à Riad Sattouf. Elle lui raconte son quotidien, ses états d’âme, sa vision du monde. Riad Sattouf les met ensuite en mots et en images pour composer une planche de bande dessinée, prépubliée dans L’Obs. Les planches correspondantes à une année scolaire sont réunies en albums. Histoires d’enfants pas forcément pour les enfants, témoignage sur notre époque. Le lecteur embarque pour un voyage quelque peu agité : suivre, pendant neuf ans, les métamorphoses d’une enfant en adulte. La série Les Cahiers d’Esther est adaptée par Riad Sattouf en dessin animé. La première saison a été diffusée sur Canal+ et est disponible sur YouTube ;

Mercy

Les éditions Glénat dévoilent le premier opus de Mercy, la série fantastique de Mirka Andolfo. Sympathique !

Ce jour, c’est la cérémonie du souvenir de l’explosion de la mine pour le petit village du Klondike de Woodsburg. Après l’événement aux abords du cimetière où sont enterrés les victimes, deux hommes se moquent de lady Swanson et de ses fils. Ils en seront quitte lorsqu’ils iront dans une maison close. Il ne vaut mieux pas se frotter de trop près à la gente dame.

Il faut souligner qu’Hellaine est une créature fantastique et qu’elle veut acheter une mine dont le lac souterrain est une porte d’entrée vers son univers.  Quant à Rory, jeune orpheline amérindienne, elle bouleverse Mme Swanson…

Très bon début de saga pour ce premier opus de Mercy. Les lecteurs sont tout de suite plongés dès la première page dans un univers fantastique proche du thriller, à la vue du corps décharné d’un homme dans la mine.

Si pour l’instant la trame de l’intrigue se met gentiment en place, on navigue à vue et l’on a trop de questions pour être vraiment accroché par l’histoire. Dommage parce que l’univers est bien là et les personnages assez mystérieux pour normalement entrer de plein pied dans l’histoire.

Restent les très belles planches de Mirka Andolfo. Les pages de l’autrice italienne de Contro Natura sont saisissantes de réalisme. Ses créatures sont superbes.

  • Mercy, tome 1 : La dame, le gel et le diable
  • Autrice : Mirka Andolfo
  • Editeur : Glénat, collection Hors Collection
  • Parution : 02 septembre 2020
  • Prix : 14.95 €
  • ISBN : 9782344041505

Résumé de l’éditeur : Jusqu’à quel point peut-on changer par amour ?Alaska, fin du XIXe siècle. Hellaine, une femme d’apparence noble et aux origines mystérieuses, débarque dans la petite ville de Woodsburg non loin de l’épicentre de la ruée vers l’or du Klondike, Dawson City. Elle cherche à acheter la concession d’une mine à l’abandon. Car ce que tout le monde ignore, c’est que sous les décombres se cache un lac souterrain donnant accès à une autre dimension peuplée d’êtres cauchemardesques. Hellaine est en réalité l’un de ces êtres. Et manifestement, elle a un plan. Un plan qui va être bouleversé par l’apparition de Rory, une jeune orpheline amérindienne pour qui Hellaine va se prendre d’affection après l’avoir délivré des griffes de son agresseur…Créée par Mirka Andolfo (Contro Natura), Mercy est l’histoire d’une sorte de Dracula au féminin qui trouvera la rédemption grâce à l’amour inconditionnel d’une fille adoptive qu’elle va rencontrer par accident. Une fable romantique résolument classique mais moderne, où le Grand Nord devient le théâtre d’un fantastique horrifique proche de Entretien avec un vampire.

Ombrane

Créature fantastique mystérieuse, Ombrane apparaît dans une forêt. Ses aventures sont contées dans un très joli album signé Bastien Lextrait et Julien Hanoteaux aux éditions Akileos.

Qui est-elle ? Pourquoi apparait-elle à cet instant, dans cette forêt ? Jeune fille aux grands yeux ronds, au visage sans bouche et aux cheveux très blancs, Ombrane s’émerveille de tout ce qui l’entoure après son apparition. Marchant sans but, elle entre dans un village, devient l’attraction et dans même le soir autour du feu…

Construit comme un conte fantastique, Ombrane plait avant tout par le graphisme de Julien Hanoteaux. La jeune créature mystérieuse est belle sous les pinceaux de dessinateur. Sur les planches, sa chevelure et ses deux grands yeux sont comme grattés. Cette technique permet de détacher les deux éléments de son corps de la vignette. Elle rajoute au côté mystérieux d’Ombrane. Les décors sont aussi très réussis, notamment dans le forêt (Ombrane entourée de lucioles) mais également le village alors abandonné. Les couleurs sont tranchantes dans les moments de tension ou de découvertes de la jeune femme. Julien Hanoteaux n’hésite pas à utiliser des teintes fortes et marquées pour cela. Un jeune auteur à vraiment suivre !

L’intrigue de Bastien Lextrait n’est pas toujours très simple à suivre. Il manque un peu de lisibilité dans l’histoire alors que le postulat de départ est lui excellent. Entre poésie, philosophie et thématiques très actuelles, Ombrane est un album rafraichissant. Pour une première bande dessinée du duo, elle est a encourager.

  • Ombrane
  • Scénariste : Bastien Lextrait
  • Dessinateur : Julien Hanoteaux
  • Éditeur : Akileos
  • Prix : 17 €
  • Parution : 16 juillet 2020
  • ISBN : 9782355744754

Résumé de l’éditeur : À travers les propos d’un conteur, nous vous proposons de suivre l’épopée tragique d’Ombrane, une mystérieuse créature éphémère née de la nuit, destinée à arpenter le monde et assister au déclin du royaume des Hommes, avant de disparaître avec eux. Durant son voyage, elle liera un attachement profond à ces derniers et partagera leurs émotions qui iront des plus petites joies du quotidien aux plus grandes peurs existentielles.